Thomas Wansart Néo & Néa : passer de la compréhension à l’action

Rubrique KAYA, Parole d’Écopreneur : Passer de la compréhension au pouvoir d’agir librement - Thomas Wansart - Néo & Néa

Comment passer de la sensibilisation au climat à des changements qui tiennent réellement dans le temps ?

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Thomas Wansart Néo & Néa – Parole d’écopreneur.e – Rubrique Kaya. Midoricast : Podcast #257

Thomas Wansart, fondateur de Néo & Néa, travaille précisément sur ce qui est souvent oublié entre comprendre son empreinte carbone… et parvenir à agir.

Avec Candice Enderlé et Michel Godart, il explore une approche qui mêle données, bilan carbone, sciences comportementales et réalité du terrain. Car savoir ce qu’il faudrait changer ne signifie pas forcément pouvoir ni vouloir le faire.

Mobilité, alimentation, logement, énergie : derrière chaque choix apparaissent des contraintes différentes. Et plutôt que de culpabiliser ou d’imposer une trajectoire identique à tous, Néo & Néa cherche à comprendre les freins, les valeurs et les leviers capables d’ancrer le changement dans la durée.

  • Jusqu’où repose la transition sur les citoyens ? 
  • Quel rôle doivent jouer les entreprises et les pouvoirs publics ? 
  • Comment entreprendre avec une vision écologique lorsque les règles du marché ne vont pas toujours dans la même direction ?

Thomas partage aussi ce que cette ambition implique humainement : la gouvernance de Néo & Néa, le rôle de sa communauté, la confiance… et cette étrange coexistence entre fierté, lucidité, optimisme et fatigue. Un épisode de « Parole d’Écopreneur », le podcast KAYA consacré aux parcours de celles et ceux qui entreprennent autrement.

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Séquençage du podcast avec Thomas Wansart – Néo & Néa :

  • [00:00:00] Introduction de « Parole d’Écopreneur »
  • [00:00:16] Thomas Wansart : de l’entrepreneuriat à l’engagement climatique
  • [00:01:22] Néo & Néa : passer de la compréhension à l’action
  • [00:02:09] Citoyens, entreprises, politiques : qui doit agir ?
  • [00:02:56] Le déclic climatique de Thomas
  • [00:03:33] Comment Néo & Néa accompagne concrètement le changement
  • [00:05:45] Des changements choisis plutôt qu’imposés
  • [00:08:49] Empreinte carbone, énergie et dépendance aux fossiles
  • [00:10:14] Transition écologique, économies et inégalités
  • [00:12:06] Entreprendre pour le climat : entre fierté, lucidité et fatigue
  • [00:14:28] Que signifie « entreprendre autrement » ?
  • [00:16:43] Comment Néo & Néa incarne cette vision
  • [00:18:10] Quel rôle pour le politique et l’innovation ?
  • [00:20:16] La gouvernance de Néo & Néa : humain, confiance et communauté
  • [00:22:52] Thomas Wansart et son engagement au sein de KAYA
  • [00:24:24] Faire communauté entre écopreneurs
  • [00:24:42] Une baguette magique pour changer le monde
  • [00:25:35] Comment ancrer durablement le changement ?
  • [00:26:12] Où retrouver Néo & Néa ?
  • [00:26:29] Conclusion

La transcription du podcast avec Thomas Wansart – Néo & Néa :

La transcription du podcast

Introduction de « Parole d’Écopreneur »

[00:00:00] Michel: Bienvenue pour un nouvel épisode de « Paroles d’Écopreneur »

[00:00:02] Candice Enderlé: Les parcours inspirants de celles et ceux qui entreprennent autrement.

[00:00:05] Michel: Et c’est un podcast « KAYA », par Midoricast, soutenu par la « Loterie nationale ». Bonjour à tous et à toutes, aujourd’hui, au micro j’ai ma collègue Candice Enerlé, bonjour Candice.

[00:00:15] Candice Enderlé: Bonjour Michel.

Thomas Wansart – Néo & Néa : de l’entrepreneuriat à l’engagement climatique

[00:00:16] Michel: Et nous avons comme invité : Thomas Wansart. Alors Thomas, on va commencer par une courte présentation, qui es-tu en quelques mots?

[00:00:23] Thomas Wansart: Je m’appelle Thomas, j’ai 38 ans, je suis originaire de Waimes, un petit village en Wallonie et ça fait quelques années que j’habite à Bruxelles. Et j’ai fondé, il y a maintenant un an et demi, l’entreprise « Néo & Néa ». Avant ça, j’avais fondé d’autres projets, à la fois sur les enjeux inégalités Nord-Sud, mais aussi sur les questions climatiques, beaucoup énergie-climat, depuis cinq-dix ans maintenant.

[00:00:42] Michel: Donc engagé très tôt dans pas mal de choses j’ai l’impression.

[00:00:45] Thomas Wansart: Oui, j’ai commencé à entreprendre assez tôt, quand on était déjà petit. Avec mes potes, on avait une vingtaine d’années, on avait acheté des monocycles et notre objectif était de louer des monocycles pour entreprendre, gagner un peu des sous. Sauf que le problème, c’est que les monocycles, c’est très compliqué à manipuler donc louer quelque chose que les gens ne savent pas utiliser, c’est pas le bon plan. Il y a 25 ans, j’ai cofondé « Ecos », qui est une petite ONG, qui finance des écoles au Burkina Faso. Donc on a construit des écoles pour plus ou moins 500 élèves, des dortoirs réservés exclusivement aux jeunes filles, et des bourses de scolarité aussi réservées à des jeunes filles vulnérables. Donc ça fait dix ans qu’on fait ça et le projet continue, c’est un projet que je mène en parallèle de « Néo & Néa ».

[00:01:18] Candice Enderlé: Tu as quoi comme formation?

[00:01:20] Thomas Wansart: Moi, j’ai une formation en sciences de gestion.

Néo & Néa : passer de la compréhension à l’action

[00:01:22] Michel: Un gestionnaire, il n’y a rien de mieux pour faire des projets avec un impact positif, et on le sent, on l’entend, il y a déjà une histoire derrière avant même de commencer. Alors Thomas, aujourd’hui on va parler de ton activité avec « Neo & Néa », et j’ai envie de te demander : quel est le secteur dans lequel tu es actif, pour qu’on comprenne un peu mieux pour les auditeurs et auditrices?

[00:01:39] Thomas Wansart: Exactement. « Neo & Néa » en fait, c’est partir de la sensibilisation pour aller vers la compréhension, pour mener à l’action, autour des actions pour préserver le climat, on va dire ça comme ça. Et donc ça, c’est vraiment un secteur un peu particulier parce qu’on regroupe à la fois de la formation, l’utilisation de la donnée, et puis tout ce qui va être sciences comportementales pour activer les gens. Et beaucoup de mesures, donc c’est plutôt une mesure bilan carbone, empreinte carbone, donc c’est multisectoriel mais avec un objectif commun : arriver à réduire nos émissions, à réduire notre dépendance aux énergies fossiles, et donc notre impact sur le climat.

Citoyens, entreprises, politiques : qui doit agir ?

[00:02:09] Michel: Ça s’adresse au B2C!

[00:02:11] Thomas Wansart: C’est B2C. Mais en fait, la complexité, c’est que pour, dans nos modes de vie on a besoin : à la fois de politiques publiques fortes, qui nous permettent de changer, donc là on est plutôt dans du B2B. On a besoin de produits et de services qui sont cohérents par rapport aux changements, donc là on est dans du B2Me. Et puis on a besoin d’embarquer les gens, qui doivent faire ces choix au regard des uns et des autres, et donc là on est dans du B2C. Et donc c’est toute la complexité d’arriver à faire collaborer les trois types de personnes, on va dire, d’organisation.

[00:02:38] Michel: Trois types de profils, oui.

[00:02:39] Thomas Wansart: De profils. Pour arriver à un changement, parce qu’en fait, nous on est convaincus que le changement, il passe à la fois par les citoyens, mais aussi par de bonnes politiques publiques, mais aussi par de bons produits et de bons services.

[00:02:48] Candice Enderlé: Oui, c’est vraiment écosystémique en fait.

[00:02:50] Thomas Wansart: Voilà. Dans la vision qu’on a développée, on ne peut pas se passer de cette vision systémique pour arriver au changement, et à l’ambition qu’on s’est donné, voilà.

Le déclic climatique de Thomas

[00:02:56] Michel: Quel déclic t’a conduit à orienter sur cette activité-là ? Parce que tu es déjà actif dans des causes, donc il y a un moment il y a un clic qui se fait ?

[00:03:02] Thomas Wansart: Oui. Donc j’étais actif dans des causes, l’une des raisons c’est de voir les conséquences du changement climatique, notamment au Burkina Faso, où eux étaient directement touchés (Michel: Ah ouais!) et particulièrement les populations les plus vulnérables. Ça c’était il y a une dizaine d’années.

[00:03:13] Michel: Et on comprend mieux pourquoi tu en parles du coup, parce qu’il y a un lien fort!

[00:03:15] Thomas Wansart: Oui, il y a un lien fort avec ça. Et puis aujourd’hui, il y a les inondations à Liège qui aurait pu être un autre déclic. Il y a les vagues de chaleur, quand on est chez soi et qu’il fait très chaud, ça peut être un autre déclic. En fait, je pense qu’on a tous des déclics différents, ça, ça a été le mien. Et en fait, dans le futur, je pense qu’il y a de plus en plus de gens qui vont aussi avoir ces déclics de par les conséquences qui vont les toucher dans leur quotidien.

Comment Néo & Néa accompagne concrètement le changement

[00:03:33] Michel: Tu peux un peu expliquer concrètement, moi je suis citoyen, comment ça se passe ?

[00:03:36] Thomas Wansart: En gros, on a développé un parcours qu’on coconstruit avec différentes organisations, donc je vais prendre un exemple. Si on travaille avec une commune, qui s’adresse à ses citoyens et citoyennes, on va proposer aux habitants de cette commune de calculer leur empreinte carbone. Ça va donner aux citoyens et citoyennes une compréhension de leur dépendance énergétique. Ça va aussi leur donner la compréhension de savoir qu’est-ce qu’il faut faire et qu’est-ce qu’il ne faut pas faire dans leur quotidien. Cependant, ce changement de comportement va être dépendant. Toute une série de choses. Pour isoler ma maison, si je suis locataire, je ne sais pas le faire. Si je veux circuler à vélo, s’il n’y a pas de pistes cyclables sécurisées ou qu’on me vole mon vélo, c’est compliqué. Et donc en fait, on va travailler avec les pouvoirs publics pour pouvoir dire « Ok, ici on a une population de 1000 personnes qui ont une empreinte totale de on va dire 10.000 tonnes de CO2, ben Notre objectif c’est d’arriver à 9.000 Tonnes. Et la configuration de ma population est telle qu’elle est. Et donc, par exemple, je voudrais savoir le régime alimentaire de ma population ». Et donc on va pouvoir se dire « Ben tiens, est-ce qu’on n’essaierait pas de aider ces gens à manger un peu plus de protéines végétales, par exemple », ou les personnes vont dire « Bah en fait, ils font beaucoup de trajets de dix kilomètres, mais ils utilisent beaucoup la voiture. Comment est-ce qu’on fait pour switcher? Et c’est là que « Néo & Néa », sa plateforme et ses outils, permettent de greffer d’autres acteurs qui vont par exemple proposer un accompagnement pour la découverte du vélo en ville (Michel: Ouais voilà). Donc les gens vont former des gens. Ou bien un atelier de cuisine végétarienne, je fais découvrir une recette végétarienne que je vais la répliquer chez moi. Et donc après, en fonction des populations auxquelles on s’adresse, il y a différents angles à prendre. Sur l’alimentation, on peut prendre l’angle de la santé, les gens vont changer pour la santé et pas pour l’environnement et c’est très bien. Dans d’autres cas, c’est dire « Vous êtes italien, vous adorez la cuisine italienne. Ben venez, on fait un atelier de cuisine italienne », et c’est des recettes végétariennes qui vont répliquer, chez eux, mais elles sont végétariennes en fait. Et donc nous, on a développé des outils de mesure qu’on met à disposition de toute une série d’organisations pour permettre de mesurer l’efficacité de leurs campagnes de sensibilisation sur les changements de comportements, et d’avoir aussi une réflexion sur les valeurs, parce qu’en fait les comportements s’ancrent réellement dans des valeurs (Candice Enderlé: Mm – Michel: Exact). Moi, je peux changer un petit truc à la surface, mais si je ne l’ancre pas, je vais peut-être changer pendant six mois, mais pas pendant un an, pas pendant deux ans, pas pendant dix ans. Si je découvre une recette que j’adore, je la fais découvrir à mes enfants, ils vont potentiellement la répliquer une fois par semaine, une fois par mois, pendant cinq ans, dix ans, 20 ans. Et donc là, on va avoir un impact à long terme et un changement assez important.

Des changements choisis plutôt qu’imposés

[00:05:45] Candice Enderlé: C’est ça, un changement pérenne aussi parce que vous proposez tout un tas de mesures qui sont « sur mesure » aussi finalement.

[00:05:50] Thomas Wansart: Voilà. Donc c’est vraiment hyper important. Si on fait un atelier pour une commune, donc en fait, ça va être un atelier, on va créer des jeux de cartes, c’est très ludique la manière dont on amène tout ça. On n’amène pas du tout de culpabilisation, les gens jouent avec des cartes, ils disent « Ben moi ça je veux bien faire, je suis capable de le faire, ça, j’ai des freins ». Donc, les gens peuvent exprimer leurs freins, leurs frustrations, et toutes ces informations servent, nous servent à nous, mais servent aussi finalement aux personnes qui vont mettre en place les politiques publiques auprès de leur population. Ça leur permet de mieux les connaître, et du coup, que ce soit adapté, personnalisé. Et donc les jeux de cartes qu’on fait, sont aussi personnalisés. C’est à dire que dire « Vous devez prendre le train » à des gens où il n’y a pas de gare tout près, ça ne fonctionne pas. Et donc on va dans les cartes dire « Si vous habitez » par exemple, bon je vais revenir sur un exemple que je connais bien, à savoir Waimes-Malmedy. « Si vous habitez à Malmedy et que vous allez travailler à Liège, ben le fait de passer de la voiture individuelle pour aller travailler à Liège, si vous switchez et que vous prenez votre voiture pour aller jusqu’à la gare de Verviers, et que là vous prenez le train, vous allez éviter autant de CO2 ». Et donc nos cartes sont personnalisées au regard du profil des personnes (Michel: Wouaw). On fait toujours ça avec les entreprises, donc c’est un peu la même logique hein, il y a beaucoup d’entrepreneurs etc. Le bilan carbone, c’est une cartographie des émissions de l’entreprise, et puis après on va s’adresser aux gens pour savoir qu’est-ce qu’ils ont envie de faire? Qu’est-ce qu’ils sont capables de faire? Quels sont leurs freins? Est-ce que c’est le marché et la compétition? Est-ce que c’est le coût de l’investissement? En gros, on exprime les freins pour définir ce qui est possible de faire, et ce qui n’est pas possible de faire, pour après agir : soit directement en interne, c’est exactement ce qu’on dit pour changer ce qu’on met dans son assiette, ça dépend de moi (Candice Enderlé: Oui). C’est moi qui décide de ce que je mets dans mon assiette. Construire une piste cyclable, c’est plus compliqué.

[00:07:15] Candice Enderlé: Mais vous donner le choix en fait. Et ça c’est hyper important aussi, c’est que la personne puisse se rendre compte « Ok, il y a différentes possibilités » et en fonction de ces valeurs, en fonction de son implication, en fonction de ses possibilités, elle a le choix de s’orienter vers telle ou telle solution.

[00:07:30] Thomas Wansart: Exactement. Donc nous, on a une vision qui est commune, un objectif qui est commun, mais la manière d’y arriver, chacun a des contraintes différentes, et donc c’est à cette personne de définir comment y arriver.

[00:07:40] Candice Enderlé: Et c’est important de respecter ça aussi (Thomas Wansart: Exactement), parce que les personnes se sentent plus valorisées aussi dans leur choix, et justement pas culpabiliser du coup.

[00:07:47] Thomas Wansart: Oui. En fait, pour atteindre un changement systémique, il faut que 80-90 % des gens soient d’accord. Dans la vision que nous on a, on explique : aujourd’hui on a une empreinte carbone qui est plus ou moins de 13 tonnes en Belgique (Candice Enderlé: Mm) en tenant compte des émissions importées donc on a une vision systémique hein, ce n’est pas uniquement territorial. C’est un peu technique mais je ne vais pas rentrer là-dedans. Et donc on dit « Voilà, idéalement, on devrait atteindre une empreinte qui va de 6 à 8 tonnes (Candice Enderlé: Ah ouais) de CO2 équivalent. Et on n’annonce pas les deux tonnes en 2050, les deux tonnes en 2050 aujourd’hui ne sont pas possibles, en tant qu’individu c’est impossible donc ça peut être décourageant. Les 6 à 8 tonnes, c’est possible mais on dit « Voilà, vous avez un quota, de 6 à 8 tonnes, et vous mettez dans ce que vous voulez. Si vous êtes fan de rallye, vous faites X milliers de kilomètres de rallye. On ne va pas vous interdire de faire votre passion. Par contre, on vous fait prendre conscience que votre passion elle a un impact important. Mais voilà, vous continuez à faire du rallye mais par contre : je peux manger peut-être un peu moins de viande, ou voyager peut-être un peu moins en avion ». Enfin voilà, donc chacun est libre de faire ce qu’il veut, mais si on veut arriver à un monde entre guillemets décarboné, enfin pas entre guillemets, un monde décarboné, mais en fait on doit faire des changements. Mais on veut laisser la liberté à chacun de faire les changements qui lui semblent cohérents, et possibles, voilà.

Empreinte carbone, énergie et dépendance aux fossiles

[00:08:49] Michel: Moi ce que j’aime bien dans ce que tu as dit, c’est qu’il y a une approche dans ce que j’entends qui est assez agile. Quand on prend la ludothèque (Thomas Wansart: Oui), c’est assez agile comme approche. Et ce que j’aime bien aussi, c’est que tu parles de santé, et ça c’est un point d’honneur où chez Midoricast, on revient régulièrement. Pourquoi? Parce que pour moi, la santé c’est un enjeu climatique et environnemental aussi. Quand on n’est pas bien et qu’on prend des médicaments, on fait fonctionner des industries pharmaceutiques et on élimine dans la nature des médicaments qu’on a ingérés. Et donc on pollue nous-même, on devient un polluant. Donc, si je comprends bien, si je résume tout ce qui vient d’être expliqué, la mission principale de ton organisation, c’est vraiment de s’attacher à l’impact carbone (Thomas Wansart: Oui) et l’empreinte écologique.

[00:09:23] Thomas Wansart: Donc nous, on a un focus sur l’énergie fossile, réduction des énergies fossiles, qui est un enjeu à la fois climatique (Michel: Mm) par le fait qu’elle augmente le changement climatique, mais aussi stratégique, géostratégique. C’est-à-dire qu’un pays comme la Belgique, qui a une dépendance à 75 % de ses énergies fossiles, demain, sachant que l’Europe va avoir moins d’énergies fossiles, va se retrouver contraintes. Donc il y a à la fois un enjeu environnemental, mais aussi une question de réduire cette dépendance pour être plus autonome en tant que pays, en tant que nation, en tant que citoyen quoi! Si demain il y a moins d’essence, si demain il y a moins de fioul, si demain il y a moins de… Ben en fait, tout le monde va être touché par ça. Et l’anticiper aujourd’hui, c’est extrêmement important parce que on ne va pas, il n’y a pas de pétrole sous Bruxelles (Michel: En Belgique) ou en Belgique. Et donc en fait, cette dépendance-là, il faut la réduire aussi pour des raisons je vais dire stratégiques, en plus de climatique qui pour moi sont largement suffisantes, mais qui ne sont pas forcément suffisantes pour tout le monde quoi!

Transition écologique, économies et inégalités

[00:10:14] Michel: Est-ce que, quelque part, tu n’as pas un super levier puissant dans ton action dans le sens où, quand vous faites des propositions de solutions, les gens vont les utiliser. Et puis ils vont se rendre compte, parce que c’est le cas, qu’ils vont faire de grosses économies. Les gens voient des contraintes, mais quand ils réalisent des économies portefeuille qu’ils font, là il y a un levier puissant qu’on a. Est-ce que ça arrive souvent ce genre d’histoire? Est-ce que tu le constates?

[00:10:33] Thomas Wansart: Oui. En fait, tout ce qui va parler de réduction, un peu de suffisance, de sobriété, on se rend compte que les personnes en situation précaire, elles ont déjà tous ces comportements (Candice Enderlé: Oui). Ces personnes-là, on n’a rien à leur apprendre, entre guillemets.

[00:10:44] Candice Enderlé: C’est ça, parce qu’il y a une question économique derrière.

[00:10:46] Thomas Wansart: Voilà (Candice Enderlé: Qui est assez évidente). Sur la question économique, elle est évidente. Et donc en gros, c’est plutôt les classes moyennes, les classes aisées qui vont se dire « Ah mais tiens, je réalise que ». Alors, dans certains cas, il y a un parfait match : réduire ses dépenses énergétiques, ça marche parfaitement. Réduire le nombre de kilomètres parcourus, ça marche parfaitement. La voiture électrique aujourd’hui, elle est plus chère que la voiture essence, ça c’est pas un bon signal. Même si la première chose à faire, c’est réduire ses kilomètres. Un autre exemple c’est le train, le train est beaucoup plus écologique que l’avion, ben aujourd’hui malheureusement il n’est pas aussi compétitif que l’avion. Donc ça, c’est deux problématiques, donc dans certains cas, c’est pas toujours évident. Isoler sa maison, ça coûte quand même relativement cher, pour des économies d’énergie qui vont rester relativement faibles. Passer du mazout à l’électricité pour chauffer son logement, ben dans certains pays, c’est beaucoup, beaucoup plus avantageux qu’en Belgique. En Belgique, ça ne l’est pas encore assez. Donc effectivement, la sobriété, c’est souvent parfois que les gens confondent hein? Il y a une forme de sobriété qui peut être très heureuse hein : garder ses objets plus longtemps, vivre avec moins, gagner beaucoup de temps, c’est quelque chose qui rend extrêmement heureux. Mais quand elle est subie, c’est pas un choix, et donc arriver à amener ces nuances-là, c’est aussi important.

[00:11:43] Michel: Vous travaillez parfois avec le cluster Éco-construction? Parce que eux ils ont pas mal d’entreprises dans le bâtiment qui sont concernées par la remarque que tu viens de faire.

[00:11:49] Thomas Wansart: Oui, ben aujourd’hui on ne travaille pas directement avec eux, on est assez jeune, on a un an et demi.

[00:11:53] Michel: Mais on va faire la mise en contact, Candice ?

[00:11:55] Candice Enderlé: Bien sûr.

[00:11:55] Thomas Wansart: En a un an et demi on essaye de nouer beaucoup de partenariats, on est beaucoup en contact avec beaucoup de communes déjà, avec beaucoup d’entreprises mais pas encore avec eux donc c’est un grand plaisir, oui.

[00:12:03] Michel: Eh bien voilà, on a un point d’action pour nous Candice aujourd’hui.

Entreprendre pour le climat : entre fierté, lucidité et fatigue

[00:12:06] Candice Enderlé: Oui. Et Thomas, le matin quand tu te lèves, comment tu te sens?

[00:12:08] Thomas Wansart: Je pourrais qualifier de quatre adjectifs par rapport à ce que je fais (Candice Enderlé: Oui), à la manière dont je me sens. Le premier c’est fier, je pense que je suis assez fier de travailler là-dedans, d’avoir de l’impact, ou en tout cas d’essayer. Le deuxième c’est lucide, parce que les enjeux, quand on regarde les médias, etc. Il faut rester lucide. On est en train de travailler sur un problème extrêmement compliqué (Candice Enderlé: Oui), extrêmement systémique. Néanmoins optimiste, parce que j’ai l’impression que les gens, et les entreprises, sont plus demandeurs que ce que ne laisse paraître ce qu’on en entend. Récemment il y a eu un travail qui a été fait par HEC Paris, et « We are Europe » sur la « CSRD ». On entend partout qu’aucune entreprise ne veut la « CSRD », quand on fait une étude, 67 % ou 61 % sont pour, ce qui est bizarre.

[00:12:43] Candice Enderlé: Ça, c’est un chiffre qui parle hein!

[00:12:45] Thomas Wansart: Voilà, et c’est extrêmement important. Pour moi il y a un réel enjeu d’arriver à relayer ces voix des entreprises qui pensent différemment. Si on prend les agriculteurs c’est pareil (Candice Enderlé: Ouais). Quand on entend les agriculteurs, on dit « Ouais, on veut pas de normes environnementales, on veut pas de normes en terme… », Quand on parle avec eux, ils disent : « Non, non. Le gros problème c’est la concurrence, c’est les prix. Et en fait, si les normes environnementales peuvent nous protéger parce qu’on produit mieux, on est 100 % pour ». Si on prend les citoyens, le gaspillage, typiquement, c’est quelque chose qui est très ancré dans nos valeurs : ne pas finir son assiette, ça peut vous coûter des heures de tête à tête avec vos parents (Candice Enderlé: Avec vos enfants, oui), Votre papa, votre maman. Moi je me prends en tant qu’enfant, mais effectivement, avec vos enfants parce que c’est ancré, c’est une valeur qui est ancrée très profondément. Sur cette valeur potentiellement de antigaspillage, il y a moyen de faire des choses. Le fait de garder ses objets longtemps, c’est quelque chose qui est assez ancré dans nos valeurs. Et donc finalement, ces valeurs-là, elles sont là. La manière dont on les réveille, dont on fait comprendre que prendre un vol pour aller un week-end à Rome, à Barcelone, peu importe, c’est une forme de gaspillage énergétique (Candice Enderlé: Mm) qui s’inscrit en désaccord complet avec les lois de la physique hein, il y en a deux, il y en a une c’est « Rien ne se perd, rien ne se crée » (Candice Enderlé: Tout se transforme) et celle-là on l’a bien retenue. donc tout se transforme, ça veut dire que dès l’instant où je décide de faire quelque chose pour gaspiller une énergie dense dans une énergie moins dense, et ça va de utiliser deux tonnes pour déplacer un objet ou un corps de 80 kilos, c’est pas hyper efficace. On utilise une énergie très dense pour finalement quelque chose de, c’est un peu gaspiller de l’énergie hein, pour dire comme ça (Candice Enderlé: Mm). Il y a des exemples comme ça qui sont assez importants. C’est juste qu’on n’a peut-être pas aujourd’hui une compréhension claire de ce qu’est l’énergie, et de ce qu’est gaspiller aussi (Candice Enderlé: C’est ça) l’énergie, alors que ce qu’il y a dans notre assiette, on le voit (Candice Enderlé: Oui). Et donc cette information, cette sensibilisation, c’est aussi ce sur quoi « Néo & Néo » essaie de travailler. Et donc finalement, j’ai envie de dire que, j’ai un peu divergé dans la question mais je pense y avoir répondu. Et la dernière, c’est fatigué (Candice Enderlé: Oui) parce que c’est fatiguant. Aujourd’hui, les nouvelles ne sont pas forcément bonnes, c’est dur, c’est fatiguant et donc voilà, je dirais fatigué parce que : de par ma lucidité, je réalise que je suis face à ce que je suis fatigué.

Que signifie « entreprendre autrement » ?

[00:14:28] Candice Enderlé: Donc fier, lucide, optimiste, fatigué. Moi quelque part ça me rassure de t’entendre dire ça, parce que je sais que tu as les chiffres, je sais que tu as la science derrière toi, je sais que tu as le contact avec les citoyens, les pouvoirs publics et avec aussi les entreprises. Et donc je sais que tu as une vision globale, et que tu comprends vraiment bien le sujet dans l’entièreté de ses aspects. Et lucide, c’est un mot important je crois aujourd’hui. Parce que cette clairvoyance, c’est ce qui nous permet d’avancer « ensemble ». Donc voilà, moi je suis rassurée d’entendre ça. Pour toi, ça veut dire quoi entreprendre autrement ?

[00:15:05] Thomas Wansart: Entreprendre autrement, c’est entreprendre sur la ligne de ce qui est viable pour le marché, parce que… En gros, quand on entreprend, on a une nécessité d’être plus ou moins rentable, sinon on ne sait pas se payer de salaire. Ce à quoi le marché répond déjà, ça se fera (Candice Enderlé: Oui). C’est-à-dire que la CSRD est mise en place, il faut faire des bilans carbone, on fera des bilans carbone. Là où ça devient plus compliqué, c’est quand on est en avance sur le marché, ou que en fait on veut orienter le marché ou orienter les gens. Et donc là, on doit trouver, c’est un jeu d’équilibriste, et je pense que beaucoup d’écorepreneurs sont sur ce cas-là. En fait, ils savent ce qui est bon pour la planète, pour les gens, pour le vivant, mais le marché aujourd’hui ne permet pas d’y répondre. De manière générale, on est dans un marché international et donc il y a une compétition assez féroce. Et dans cette compétition féroce, il y a des respect de l’environnement qui sont très divergents entre la Belgique et l’Europe, et j’ai dis la Chine mais ça peut être d’autres pays aussi, mais aussi des conditions sociales et de travail qui sont très différentes. Et donc en gros, on est sur un équilibre, on doit trouver ce qui plaît à la fois au marché, aux gens, dans un système très compétitif, et ce qui nous permet d’en vivre, et ce qui correspond à nos valeurs pour que le marché change. Et donc voilà, entreprendre autrement je dirais que c’est un petit peu ça. Et je rajouterai peut-être aussi un point, qui est assez important, c’est que : permettre d’entreprendre autrement, en étant une voix et en faisant porter la voix des entreprises, c’est 67 % des entreprises qui sont pour la CSRD, sont, elles, pour un changement des règles du jeu!

[00:16:25] Candice Enderlé: C’est ça.

[00:16:25] Thomas Wansart: Aujourd’hui, pour moi, le jeu c’est un Monopoly, il y a des règles, sauf qu’on tourne en rond, on tourne en rond, mais…

[00:16:29] Candice Enderlé: Les règles sont plus bonnes en fait!

[00:16:30] Thomas Wansart: Les règles sont plus bonnes en fait. Et donc on peut rajouter des cases, et c’est très bien de rajouter des cases écologiques avec d’autres produits. Il y a aussi un enjeu à réfléchir sur les règles, et les règles ça vient d’en haut.

[00:16:39] Candice Enderlé: Et c’est pour ça qu’on est là.

[00:16:41] Thomas Wansart: Et voilà. Et c’est pour ça que « KAYA » est là, donc c’est très bien.

Comment Néo & Néa incarne cette vision

[00:16:43] Candice Enderlé: En quoi est-ce que « Néo & Néa » s’aligne sur cette vision de entreprendre autrement ?

[00:16:47] Thomas Wansart: Nous on a défini notre vision, c’est ce que j’expliquais tout à l’heure, le passage de treize à 6 à 8 tonnes. Tout ce qu’on fait vise à s’aligner avec notre vision, qui prône en fait un monde différent, un monde moins dépendant des énergies fossiles.

[00:16:59] Candice Enderlé: Par contre, j’ai juste envie de revenir sur un mot que tu as utilisé, quand on parle d’un nouveau monde, enfin du monde vers lequel on devrait tendre, on parle d’un monde plus sobre, d’un monde durable, d’un monde soutenable. Toi tu dis juste un monde différent. Et j’apprécie ça parce que ça laisse aussi la porte ouverte à plein de possibilités différentes. Et ça permet à tout le monde de pouvoir s’y retrouver et d’avoir sa propre vision, et sa propre approche du monde différent qui arrive.

[00:17:23] Michel: On sent un grand respect de ta part dans cette démarche.

[00:17:25] Thomas Wansart: Oui. Je pense que ce que tu évoques en tant que différent, pour moi, on a beaucoup à y gagner. Moi j’ai l’angle forcément climat, énergie (Candice Enderlé: Oui), environnement, qui est quand même un socle important pour le fonctionnement du monde. Mais il y a peut-être aussi à gagner du temps, et en fait les gens vont vouloir plus de temps pour faire certaines choses. Et il y a plein d’autres choses à gagner, que moi je maîtrise moins donc je n’en parle pas, mais par contre je suis convaincu que pour amener les gens vers un monde différent, amener 80-90 % des gens vers là, ben il faut que les gens s’y retrouvent et aient quelque-chose qui les emmène vers là. 80-90 % des gens, c’est beaucoup (Candice Enderlé: Oui) et prétendre dire « Voilà, c’est ça que vous voulez ». Je me permets d’avoir la prétention de dire « Un monde décarboné c’est ça? Comment se poser je sais il faut faire ça, ça, ça… Pour avoir un monde différent je n’ai pas cette prétention (Candice Enderlé: C’est ça). Il y a plein de gens qui doivent mettre leurs connaissances, leurs savoirs autour de ça.

Quel rôle pour le politique et l’innovation ?

[00:18:10] Michel: Et là, je pense que c’est le monde politique qui a un pouvoir de levier, d’action. Et donc ça nous mène à la question : qu’est-ce qui devrait se passer, au niveau du politique, pour que ce genre de choses et de missions que tu fais, que tu génères, que tu stimules, que tu actives (Thomas Wansart: Oui), soit une norme en fait, et pas une exception.

[00:18:25] Thomas Wansart: C’est une très bonne question. Je vais prendre un exemple par rapport au monde politique. En Allemagne, ils ont investi 340 milliards d’euros dans la rénovation et l’isolation des bâtiments. Ces 340 milliards-là ont permis de réduire de un kilowattheures par mètre carré la consommation d’énergie.

[00:18:39] Michel: Mais voilà.

[00:18:39] Thomas Wansart: Ils sont passés de 131 à 130. Ça veut dire quoi? Ça veut dire qu’ils ont complètement négligé l’effet rebond, qu’ils ont complètement négligé le fait des changements de comportement, et qu’ils ont potentiellement oublié d’avoir une vision commune (Candice Enderlé: Mm). C’est-à-dire que, les 340 milliards, rajoutez quelques millions d’euros ou même quelques centaines de milliers d’euros à « Voilà pourquoi on fait ça. L’idée en fait (Candice Endrerlé: Oui), c’est de réduire notre dépendance énergétique. Vous allez repasser dans un logement mieux isolé, mais on vous demande de veiller à la température à laquelle vous vous chauffez, sinon tout va être annulé ». Et ça, c’est extrêmement compliqué pour un politique parce que, mais en tout cas ne pas tenir compte de ça, ne pas tenir compte de l’effet rebond dans toutes les innovations techniques, technologiques qu’on fait, c’est répéter les erreurs du passé (Candice Enderlé: C’est ça?). Et comment est-ce que le politique peut prendre conscience de ça? C’est arriver à jumeler innovation technologique, compréhension de pourquoi on fait ça, embarquer les gens vers ce monde décarboné pour que les comportements, vertueux on va dire, les comportements moins énergivores, se maintiennent, même si la facture permettrait de ne pas les maintenir.

[00:19:34] Candice Enderlé: C’est ça en fait (Thomas Wansart: C’est une question d’argent aussi). La cohésion de l’utilisateur entre guillemets final est hyper importante (Thomas Wansart: Voilà). Parce que si on t’offre un objet que tu ne sais pas utiliser, et bien le risque c’est que tu l’utilises mal (Thomas Wansart: Oui). C’est un peu ça le principe.

[00:19:48] Thomas Wansart: Et l’autre enjeu, c’est pour ça que je parle souvent des 90, des 90 % (Candice Enderlé: Oui), c’est que aujourd’hui, les modèles que l’on a dans nos sociétés sont des personnes qui consomment énormément (Candice Enderlé: Mm). Le fait d’utiliser un jet privé pour aller d’un point A à un point B, on voit derrière ce qui va ressortir sur les réseaux sociaux c’est « Moi, on me demande de passer de la voiture à essence à la voiture électrique, alors que regardez-les ». Et ça c’est étudié, il y a des articles scientifiques qui montrent l’impact négatif sur l’engagement environnemental de la population (Candice Enderlé: Bien sûr – Michel: Sur le mental des gens), sur le mental, leur envie de changer. Et donc prendre conscience de ça, c’est aussi extrêmement important pour moi.

La gouvernance de Néo & Néa : humain, confiance et communauté

[00:20:16] Michel: Dans tout ce qu’on a dit pour l’instant, moi il y a un truc qui me parle, est-ce que ça a un impact dans la façon dont tu gouvernes ton organisation? Qu’est-ce qui te rend fier dans la gouvernance de ton entreprise?

[00:20:25] Thomas Wansart: Moi ce qui me rend fier, c’est qu’on a beaucoup de respect au sein de l’équipe.

[00:20:30] Michel: Donc l’humain au centre.

[00:20:31] Thomas Wansart: J’ai été travailler dans certaines boites où je n’aimais pas aller travailler. Quand on n’aime pas aller travailler quelque part, on ne se sent pas bien. Quand on devient patron, pour reprendre le rôle que j’ai dans mon activité, ben c’est important de se rappeler de la manière dont on pensait quand on était employé ou employée (Michel: Exact). Parce que du coup ça nous permet de nous dire « Attends, là j’ai décidé ça, mais j’en ai pas parlé. Finalement est-ce que j’aurais pas dû en parler? Là, j’aimerais bien faire que ceci se passe, est-ce que je l’oblige, est-ce que je vais faire comprendre pourquoi »

[00:20:55] Michel: C’est faire preuve d’empathie.

[00:20:57] Thomas Wansart: Voilà. Faire énormément preuve d’empathie, d’avoir de la confiance, et nous ça se traduit, à savoir qu’on a une équipe qui travaille très bien ensemble, mais on a aussi une communauté, derrière « Néo & Néa » (Michel: Ahhh). Il y a une cinquantaine de personnes qui soutiennent « Néo & Néo » à travers, par exemple la relecture du calculateur, le relais de nos événements, toute une série de choses. Et puis on a formé aujourd’hui 40 personnes à donner des ateliers qu’on a créé.

[00:21:18] Candice Enderlé: Beaucoup de bénévoles aussi !

[00:21:19] Thomas Wansart: Voilà, c’est beaucoup de soutien bénévole.

[00:21:21] Candice Enderlé: Un engagement quoi.

[00:21:22] Thomas Wansart: Voilà. Et donc ces 40 personnes qui sont formées aujourd’hui à nos ateliers, elles le donnent, nous on les a données aussi. Ça veut dire que, en un an depuis qu’on a créé l’atelier, il y a 4000 personnes qui ont participé. Donc 4000 personnes, c’est quand même pas mal.

[00:21:33] Candice Enderlé: C’est énorme.

[00:21:33] Thomas Wansart: Et, depuis qu’on a créé la plateforme, les gens invitent à calculer leur empreinte carbone sur « Néo & Néa », il y a 25.000 personnes qui ont calculé, en un an et demi, voilà (Michel: Et à ton sourire..), c’est des chiffres dont on…

[00:21:43] Michel: Je vois que ta batterie se charge là (Thomas Wansart: Ouais, c’est, c’est…). Tu disais que t’étais fatigué mais là ça charge ta batterie!

[00:21:47] Thomas Wansart: Ouais, ouais. Ouais, ouais. Ça vient de là, c’est des chiffres très importants. Je pense qu’il y a une vision que j’ai au départ, mais ce résultat-là, c’est pas du tout moi qui l’ai amené. C’est toute la communauté, c’est tous les gens qui nous soutiennent, qui partagent, qui relaient. Et l’importance de garder beaucoup d’empathie, beaucoup de respect, beaucoup de confiance, beaucoup de transparence aussi (Candice Enderlé: Oui), on a un rapport d’activité qui est : on explique les dépenses, les choix qu’on fait, la vision qu’on a, qui est pas du tout un rapport d’activité, je vais dire standards avec les comptes.

[00:22:12] Michel: C’est une vraie transparence.

[00:22:13] Thomas Wansart: Voilà. Moi je ne republie pas, donc j’ai fait de la compta, dans mes études. Le bilan comptable, je sais qu’il y a une personne sur 100 peut-être qui comprend ce que ça veut dire (Candice Enderlé: Mm) et donc je le traduis. Et j’explique ce qu’il y a derrière, voilà ce qu’on paye en charges sociales, voilà ce qu’on paye en ceci, il reste combien, ça. Parce que, pour que les gens fassent confiance à « Néo & Néa », donne un peu du temps pour « Néo & Néo », soutiennent « Néo & Néa », il faut qu’ils considèrent que le projet est beau, vertueux, mais surtout: qu’ils lui fassent confiance quoi, et ça, ça se travaille.

[00:22:39] Candice Enderlé: Je sais pas toi Michel, mais moi je suis plein d’admiration! (Michel: Ben j’ai, j’ai des frissons) Parce que je sens vraiment une posture d’humilité aussi de Thomas, dans tout ce que tu fais et je pense que c’est ça aussi qui permet aux gens d’adhérer à ce que tu proposes et d’avoir cette vision partagée finalement.

Thomas Wansart et son engagement au sein de KAYA

[00:22:52] Michel: Quelle est ta posture au sein de « Kaya » ? Comment tu te sens au sein de « Kaya » ?

[00:22:55] Thomas Wansart: Au sein de « Kaya » et de ce que représente « Kaya » pour le plaidoyer des entreprises, pour moi c’est extrêmement important. La voix des entreprises, de la majorité des entreprises.

[00:23:04] Michel: La voix des écopreneurs d’ailleurs.

[00:23:06] Thomas Wansart: Des écopreneurs mais je dirais même plus large en fait, parce qu’il y a beaucoup d’entreprises qui sont le nez dans le guidon, qu’on n’entend pas, mais qui subissent ces contraintes, qui aimeraient bien changer mais qui ne peuvent pas. Et donc je pense qu’il y a les Écopreneur « Kaya », on va dire, ceux avec la marque ou labélisé, mais que derrière « Kaya », il y a plein d’entreprises qui sont un peu entre les deux (Candice Enderlé: Oui). Et qui, pour moi, ont toutes intérêt à gagner avec ce que « Kaya » propose parce que, ce que « Kaya » propose, c’est aussi d’une certaine manière de les protéger par rapport à toutes les personnes qui ne respectent pas les conditions sociales et environnementales, qui sont déjà des acquis, par lequel les entreprises sont déjà contraintes.

[00:23:39] Candice Enderlé: Bien sûr.

[00:23:40] Thomas Wansart: « Kaya » essaye d’amener à changer, à faire évoluer, à augmenter encore ses contraintes sociales et environnementales, c’est extrêmement nécessaire. On a déjà toute une série d’acquis, mais dans un monde international, ces acquis-là sont systématiquement en concurrence avec d’autres. Et donc la voix de « Kaya » pour moi, doit aussi porter la voix des acquis qu’on a pour aussi avoir peut-être plus de gens. Et donc, par cela, moi je me sens très, les entrepreneurs, les entreprises, faire porter la voix, c’est extrêmement important et donc là je suis très content de faire partie de « Kaya ». Personnellement, on a un an et demi et j’ai pas le temps de m’activer ou de faire assez de ce que j’aimerais pour « Kaya », d’en parler autant. Il y a eu l’assemblée générale à laquelle j’étais, c’est important d’être là et du coup d’être présent et de, voilà, je ne vais pas dire que je vais m’engager beaucoup plus, mais un peu plus dans « Kaya » par la suite.

Faire communauté entre écopreneurs

[00:24:24] Michel: Ben d’autant plus que tu as déjà une casquette d’animateur de communauté, et tu fais communauté avec « Kaya », et je crois que c’est la bonne conclusion pour le résumer.

[00:24:31] Candice Enderlé: Tout à fait. Et puis tu es là aujourd’hui (Thomas Wansart: Oui bien sûr) pour en parler (Thomas Wansart: Je suis là, je suis là aujourd’hui pour en parler) et ça c’est super important.

[00:24:37] Michel: Et inspirer.

[00:24:37] Thomas Wansart: C’est peut-être le syndrome de…

[00:24:39] Candice Enderlé: De je ne fais pas assez ?

[00:24:40] Thomas Wansart: De je fais pas assez, de l’entrepreneur qui veut toujours faire plus (Candice Enderlé: Oui).

Une baguette magique pour changer le monde

[00:24:42] Michel: Ben en tout cas, tu crées des frissons, moi j’ai la chair de poule (Thomas Wansart: Ben voilà) depuis tantôt, donc ça me donne de la good vibe, et merci pour ça. Et en parlant de good vibes et de magie, parce que tu crées un peu de magie là, aux yeux de tout le monde, Si tu avais une vraie baguette magique, tu ferais quoi, Thomas ? Tu changerais le monde comment? Laisse l’utopie prendre place!

[00:24:56] Thomas Wansart: Je vais revenir un peu à mon introduction. Je pense que j’enverrais tout le monde en 2050, passer une semaine en 2050 (Candice Enderlé: Ah ouais) pour voir (Michel: Ah ouais) à quoi le monde ressemble. Parce que le problème que l’on a, c’est qu’on compare le demain avec les contraintes qu’on entend aujourd’hui, mais on le compare pas avec le demain et les contraintes qu’on va subir, qu’on le veuille ou pas. Et donc, une semaine en immersion pour comprendre ça, je pense que ça ferait tilter beaucoup de gens, ça ferait potentiellement avoir un gros impact. Et que quand les gens reviennent, ça serait mon plus grand souhait, qu’ils aient à la fois l’envie d’agir. Et l’autre point, qui est extrêmement important, c’est d’écouter ce que les scientifiques disent (Candice Enderlé: Oui), parce que eux, ils savent, ils étudient, ils ont raison. Et qu’ils les écoutent bien, et qu’on applique ce qu’ils proposent, voilà, ça c’est le message que j’aurais à leur dire.

Comment ancrer durablement le changement ?

[00:25:35] Michel: Et je complète avec « Et ancrer le changement, ce qui le rend pérenne ». Parce que dans la gestion de changement, ce que les gens oublient, c’est que : il faut prendre conscience, vouloir changer, appliquer le changement c’est déjà un gros travail, tu es en bonne place pour le savoir. Mais pour le rendre pérenne, il faut l’ancrer ces changements. Et puis toujours apte à s’adapter, puisque c’est le côté agile de la démarche, donc voilà, j’invite sur cette réflexion et cette clôture à nos auditeurs et auditrices à faire un petit commentaire, éventuellement. Peut-être à te laisser un message vocal, il y a un lien pour un message vocal, on peut, il y a un répondeur, on peut cliquer, on peut te laisser un message vocal, on transmettra. Et puis on a notre chaîne YouTube Candice !

[00:26:07] Candice Enderlé: Oui! Vous pouvez vous abonner à la page pour recevoir toutes les dernières interviews de « Parole d’écopreneur ».

Où retrouver Néo & Néa ?

[00:26:12] Michel: Exactement. Et abonnez-vous à la chaîne YouTube de « Kaya », allez sur le site, visitez le site. Et visiter ton site, alors ton site, ton URL c’est ?

[00:26:18] Thomas Wansart: « Néo & Néa » point be. Alors je vais l’épeler hein, il y a beaucoup de voyelles, c’est : « N E O,E,N EA – Point be ».

[00:26:25] Michel: Parfait, le lien sera dans la description, à très bientôt!

[00:26:27] Candice Enderlé: Merci beaucoup Thomas.

[00:26:28] Thomas Wansart: Merci beaucoup.

[00:26:28] Candice Enderlé: Merci Michel.

Conclusion

[00:26:29] Michel: Vous avez écouté un épisode podcast « Kaya », « Paroles d’écopreneur », des parcours inspirants de celles et ceux qui entreprennent autrement. Un podcast « Kaya », avec le soutien de la « Loterie Nationale ».

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