Jour du dépassement : pourquoi nous vivons à crédit ?

Jour du dépassement : pourquoi nous vivons à crédit ? – Podcast Midoricast – 6 Minutes pour comprendre #39

Jour du dépassement : pourquoi nous vivons à crédit ? – Podcast Midoricast – 6 Minutes pour comprendre #259

Chaque année, le jour du dépassement, ou Overshoot Day, marque le moment où notre consommation de ressources renouvelables dépasse ce que la planète peut régénérer sur douze mois. Mais derrière cette date se cache une question bien plus concrète : que signifie réellement vivre « à crédit » sur les ressources de la planète ?

Dans ce nouvel épisode de « 6 Minutes pour comprendre », la rubrique de Midoricast, Pierre Léonard décrypte ce que mesure le jour du dépassement, pourquoi les écarts entre pays sont parfois vertigineux et ce que cette pression sur les ressources peut signifier pour une entreprise.

Car il ne s’agit pas seulement d’environnement. Matières premières, approvisionnement, mobilité, dépendance aux ressources critiques : lorsque les limites physiques se rapprochent, certaines décisions apparemment secondaires deviennent stratégiques.

Et agir ne signifie pas nécessairement multiplier les petits gestes. Pierre Léonard propose une autre manière de regarder le problème : identifier d’abord ce qui pèse vraiment, pour pouvoir choisir où agir.

Liens utiles :

Jour du dépassement : pourquoi nous vivons à crédit ? : écouter le podcast

Pour vous abonner, choisissez votre application favorite dans la liste proposée sur le Linktree du podcast.

Choisir ma plateforme d’écoute

Laisser un message vocal

Une question, une gratitude, un commentaire ou un témoignage à partager ? Nous vous invitons à réagir à cet épisode via le répondeur vocal.

Accéder au répondeur vocal de Midoricast

Comment utiliser le répondeur ?

Ouvrez le lien, autorisez l’accès au microphone et suivez les instructions du répondeur pour enregistrer et envoyer votre message. Précisez si vous autorisez sa diffusion publique.

La vidéo « Jour du dépassement : pourquoi nous vivons à crédit ? » sur notre chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg

Fichiers de sous-titres à télécharger

Séquençage du podcast « Jour du dépassement : pourquoi nous vivons à crédit ? »

Les timecodes de ce séquençage mènent aux sections de la transcription sur cette page. Dans la transcription, les timecodes ouvrent le passage correspondant sur YouTube.

[00:00:00] Introduction de l’épisode

[00:00:10] Quand l’humanité commence à vivre à crédit écologique

[00:00:40] Jour du dépassement : que mesure-t-il vraiment ?

[00:01:01] Biocapacité et empreinte écologique : comprendre le calcul

[00:02:16] Pourquoi une seule planète ne suffit plus à notre consommation actuelle

[00:02:53] Les neuf limites planétaires en perspective

[00:03:25] Ce que vivre à crédit écologique signifie concrètement

[00:04:03] Quand les limites planétaires deviennent des risques pour l’entreprise

[00:04:21] Pourquoi le jour du dépassement varie autant selon les pays

[00:04:44] Le cas étonnant du Luxembourg

[00:04:52] Où se situe la Belgique ?

[00:05:10] Les pays qui restent plus proches de la biocapacité disponible

[00:05:48] Ressources sous tension : anticiper plutôt que subir

[00:06:11] Peut-on préserver un bon niveau de vie sans dépasser les limites ?

[00:06:54] Atténuation et adaptation : deux réponses complémentaires

[00:07:10] Entreprise : mesurer avant de pouvoir agir

[00:07:29] Identifier les postes qui pèsent vraiment

[00:07:57] À la maison : agir sur les bons ordres de grandeur

[00:08:22] Le jour du dépassement n’est pas une fatalité

[00:08:34] Prochain épisode : la mobilité décarbonée en entreprise

Jour du dépassement : pourquoi nous vivons à crédit ? : les questions clés

Qu’est-ce que le jour du dépassement mesure réellement ?

Pierre Léonard l’explique comme le moment où l’empreinte écologique humaine dépasse la biocapacité disponible pour l’année : autrement dit, lorsque la demande en ressources renouvelables et en capacité d’absorption devient supérieure à ce que la planète peut régénérer sur douze mois. Écouter / lire ce passage : [00:01:01]

Où se situe la Belgique dans le jour du dépassement ?

À la question de Michel Godart sur la position de la Belgique, Pierre Léonard indique dans l’épisode que son jour du dépassement tombe le 11 avril et explique que, si toute l’humanité vivait comme les Belges, il faudrait plus de quatre planètes. Écouter / lire ce passage : [00:04:52]

Peut-on rester sous les limites planétaires tout en conservant un bon niveau de vie ?

Pierre Léonard présente cette question comme l’un des enjeux centraux. Il cite l’Équateur et le Costa Rica comme des exemples donnant, selon lui, un début de réponse encourageant : un développement humain correct associé à une empreinte restant proche de leur biocapacité nationale. Écouter / lire ce passage : [00:06:11]

Par quoi une entreprise peut-elle commencer pour agir ?

Pierre Léonard recommande de commencer par mesurer : les matières premières utilisées, les déchets produits et la dépendance aux ressources critiques. Il propose ensuite d’identifier les postes qui pèsent réellement dans l’activité, notamment les achats et les déplacements, plutôt que de s’en tenir à des gestes essentiellement symboliques. Écouter / lire ce passage : [00:07:10]

Sur quoi agir en priorité à la maison ?

Pierre Léonard applique la même logique à l’échelle individuelle : regarder en priorité les postes qui ont le plus de poids (alimentation, mobilité, logement ou consommation d’articles jetables) plutôt que concentrer toute son attention sur des gestes dont l’effet reste limité en ordre de grandeur. Écouter / lire ce passage : [00:07:57]

Jour du dépassement : pourquoi nous vivons à crédit ? : transcription intégrale

Nous proposons la transcription intégrale ci-dessous pour permettre de lire les échanges et d’en retrouver les passages. Les propos restent attribués aux personnes qui les tiennent.

Télécharger la transcription au format TXT

Introduction de l’épisode

[00:00:00] Jingle Intro: You are listening to « The Podcast Factory Org ».

[00:00:02] Michel Godart: Bienvenue pour un nouvel épisode « 6 Minutes pour comprendre » avec Pierre Léonard, que je retrouve avec beaucoup d’enthousiasme et de sourires, une rubrique de Midoricast. La parole est à toi Pierre.

Quand l’humanité commence à vivre à crédit écologique : le jour du dépassement.

[00:00:10] Pierre Léonard: Bonjour Michel, bonjour tout le monde. Cette année, dans l’indifférence relative des vacances estivales, c’est le 30 juillet que l’humanité a fini de dépenser tout son budget écologique actuel, cinq mois avant le 31 décembre. Depuis ce jeudi de juillet et jusqu’à la prochaine réinitialisation du compteur en janvier, nous vivons à crédit sur les ressources de la planète. Et c’est un crédit qu’aucune banque n’accepterait de reconduire éternellement.

Jour du dépassement : que mesure-t-il vraiment ?

[00:00:40] Pierre Léonard: Bienvenue dans « 6 Minutes pour comprendre », et aujourd’hui j’avais envie de vous parler du jour du dépassement, le « Overshoot Day » en anglais. Ce qui ne mesure vraiment, pourquoi certains pays le franchissent en février quand d’autres ne le franchissent pas du tout. Et surtout, ce que nous pouvons concrètement en faire dans notre entreprise comme à la maison.

Biocapacité et empreinte écologique : comprendre le calcul

[00:01:01] Pierre Léonard: Le principe est en réalité assez simple, presque comptable. Chaque année, la planète produit une certaine quantité de ressources renouvelables : du bois, des poissons, des récoltes, et elle absorbe une certaine quantité de déchets, notamment notre fameux CO2, grâce aux forêts et aux océans. Cette capacité de régénération, on l’appelle la biocapacité. Elle se mesure en hectares globaux, une unité qui permet de comparer des terres agricoles, des forêts ou des zones de pêche sur la même échelle. En face, sur l’autre plateau de la balance, il y a notre empreinte écologique. La surface qu’il faudrait théoriquement pour produire tout ce que l’humanité consomme et absorber tout ce qu’elle rejette. Le jour du dépassement c’est donc ce moment de l’année où cette empreinte humaine collective dépasse la biocapacité disponible pour les douze mois. Calculée chaque année par l’organisation Global Footprint Network, ce jour recule d’année en année depuis les années 1970. À l’époque, il tombait fin décembre, aujourd’hui c’est fin juillet pour la Belgique et pour la France.

Pourquoi une seule planète ne suffit plus à notre consommation actuelle

[00:02:16] Pierre Léonard: Et donc concrètement, ça veut dire quoi? Il faudrait une planète et presque deux planètes, 1,73 planètes pour subvenir correctement à la consommation de l’humanité entière, donc cette planète virgule 73 c’est une moyenne mondiale. Donc le jour du dépassement, qu’est-ce qu’il fait? Il mesure en réalité un déséquilibre global entre l’offre et la demande de ressources renouvelables. Il existe un cadre complémentaire plus fin qui mesure la santé de la planète sur neuf dimensions précises, ce sont les limites planétaires dont j’ai parlé dans un des premiers épisodes de cette rubrique.

Les neuf limites planétaires en perspective

[00:02:53] Pierre Léonard: Je vous les repasse rapidement en revue : le climat, la biodiversité, Les cycles de l’azote et du phosphore, l’usage des sols, l’eau douce, l’acidification des océans, les aérosols et la couche d’ozone, et enfin la pollution par des substances comme le plastique. Le dernier bilan disponible ne mâche pas ses mots, sept de ces neuf limites planétaires sont déjà dépassées. La dernière en date c’est l’acidification des océans. Seule la couche d’ozone est la charge en aérosols, ces particules fines en fait, restent encore dans une zone qui est jugée sûre.

Ce que vivre à crédit écologique signifie concrètement

[00:03:25] Pierre Léonard: Et vivre à crédit écologique, ça n’a rien d’une abstraction comptable, ça se traduit très concrètement : déforestation continue, en particulier en Amazonie et en Indonésie. Effondrement de certains stocks de pêche parce qu’on prélève plus vite que les populations se renouvellent, raréfaction de l’eau douce dans plusieurs régions du monde, des nanoplastiques jusque dans le cerveau humain, et surtout l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère parce que les écosystèmes n’arrivent plus à absorber les 40 milliards de tonnes que nous émettons chaque année. Et rien que pour ça, on mobilise déjà la majorité de la biocapacité disponible.

Quand les limites planétaires deviennent des risques pour l’entreprise

[00:04:03] Pierre Léonard: Le résultat, on l’a vu cet été : vague de chaleur, sécheresse, tempêtes plus violentes, incendies. Pour une organisation, ce ne sont pas des statistiques abstraites, ce sont des chaînes d’approvisionnement qui grince, des matières premières qui se raréfient, des coûts qui montent, des assurances qui deviennent plus chères, des risques qui augmentent.

Pourquoi le jour du dépassement varie autant selon les pays

[00:04:21] Pierre Léonard: Et donc le 30 juillet qu’on a eu cette année, c’est une moyenne mondiale. Mais si on regarde pays par pays, c’est-à-dire la date à laquelle le budget mondial serait épuisé si toute l’humanité vivait comme ces pays, les écarts sont vertigineux. Le Qatar ouvre le mauvais classement dès le 4 février, suivi de près par le Luxembourg (Michel Godart: Hum?), le Luxembourg, effectivement.

Le cas étonnant du Luxembourg

[00:04:44] Michel Godart: Le petit pays Luxembourg?

[00:04:45] Pierre Léonard: Oui, oui. Pour le Luxembourg, il faudrait dix planètes, si tout le monde vivait comme les habitants de ce tout petit pays voisin.

Où se situe la Belgique ?

[00:04:52] Michel Godart: Et Pierre, moi j’ai entendu aussi qu’on me parlait que la Belgique était vachement moins bien classée que ce qu’on pourrait le penser.

[00:04:57] Pierre Léonard: Oui, Michel. La Belgique, son jour du dépassement, elle l’atteint le 11 avril. Ça veut dire qu’il faudrait plus de quatre planètes si tout le monde vivait comme les petits Belges. La France suit fin avril avec un peu plus de trois planètes.

Les pays qui restent plus proches de la biocapacité disponible

[00:05:10] Pierre Léonard: A l’autre extrémité, on a des pays qui sont tout à fait compatibles avec notre biocapacité, ou plutôt avec la biocapacité de la planète. L’Indonésie, l’Équateur, eux ne bascule à l’automne, et le Népal qui est justement, ou plutôt injustement, fortement frappé par les conséquences de ce changement climatique et du dépassement de ses limites planétaires. Lui, en fait, il a tout bon, c’est-à-dire qu’il a une empreinte de 0,8, ça veut dire qu’il n’excède jamais sa biocapacité (Michel Godart: Wouah). Donc si tout le monde vivait comme au Népal, on n’aurait pas de jour du dépassement, au contraire, on vivrait en débit plutôt qu’en crédit.

Ressources sous tension : anticiper plutôt que subir

[00:05:48] Pierre Léonard: Pour une organisation, comprendre où elle se situe sur cette échelle est un exercice éclairant. Il révèle sa dépendance réelle à des ressources sous tension avant que le marché ne le lui rappelle par : soit une hausse des prix, soit une rupture d’approvisionnement ou une pénurie. C’est un avantage concret, de nouveau, anticiper plutôt que subir.

Peut-on préserver un bon niveau de vie sans dépasser les limites ?

[00:06:11] Pierre Léonard: Et justement, dans notre logique économique actuelle, les pays réellement soutenable sont le plus souvent les plus faiblement développés, ce qui pose la vraie question: « Peut-on rester sous la limite planétaire tout en offrant un bon niveau de vie? ». Quelques cas donnent un début de réponse encourageant, comme je le disais, l’Équateur, le Costa Rica, qui combine un développement humain correct avec une empreinte proche de leur biocapacité nationale, ils ne dépassent pas les ressources qui leur sont allouées. Ce sont des exceptions rares, mais elles existent et elles montrent que la trajectoire n’est pas figée. À l’inverse, pour une entreprise qui ignore le sujet, le risque, c’est une dépendance non cartographiée à des ressources en tension, des coûts d’approvisionnement, tout ce que je viens d’expliquer.

Atténuation et adaptation : deux réponses complémentaires

[00:06:54] Pierre Léonard: Face à ce déséquilibre, deux réflexes complémentaires sont nécessaires : L’atténuation, l’adaptation. En sachant bien que l’adaptation, comme on l’a vu dans l’épisode précédent, va coûter beaucoup, beaucoup, beaucoup moins cher que ne rien faire et devoir réagir en catastrophe.

[00:07:08] Michel Godart: C’est un super bon argument je trouve.

Entreprise : mesurer avant de pouvoir agir

[00:07:10] Pierre Léonard: Mais pour pouvoir anticiper, évidemment, il faut savoir (Michel Godart: Oui) face à quoi on est. Donc mesurer, c’est la première chose, pour pouvoir agir. Par quoi est-ce que ça va passer dans l’entreprise? Et bien ça va commencer par le fait de mesurer ses matières premières, mesurer ses déchets, mesurer sa dépendance aux ressources critiques. Ça, c’est la première étape.

Identifier les postes qui pèsent vraiment

[00:07:29] Pierre Léonard: Ensuite, il va falloir identifier les postes où votre activité pèse le plus lourd, ça va souvent être les achats et les déplacements. Et remplacer les gestes symboliques. Créer un compost c’est très bien, attention, mais ça ne suffit pas, il va falloir remplacer ce geste symbolique par des actions qui vont avoir un impact réel pour votre entreprise, et intégrer cette lecture-là dans vos décisions stratégiques, et pas seulement une ligne dans votre rapport non financier annuel.

À la maison : agir sur les bons ordres de grandeur

[00:07:57] Pierre Léonard: À la maison la logique est la même à petite échelle, réduire ce qui pèse vraiment : alimentation, mobilité, logement, consommation d’articles jetables, plutôt que se concentrer sur les petits gestes qui font du bien finalement, mais sans changer l’ordre de grandeur. Le jour du dépassement, il recule quand des millions de petites décisions individuelles se transforment en décisions collectives, pour aller dans le même sens.

Le jour du dépassement n’est pas une fatalité

[00:08:22] Pierre Léonard: Pour résumer, le jour du dépassement n’est pas une fatalité climatique abstraite, c’est un budget que nous dépassons un peu plus tôt chaque année. Mais la bonne nouvelle, c’est que ce calendrier n’est pas gravé dans le marbre.

Prochain épisode : la mobilité décarbonée en entreprise

[00:08:34] Pierre Léonard: Merci d’avoir écouté cet épisode et la prochaine fois, nous parlerons de mobilité décarbonée dans l’entreprise.

[00:08:41] Jingle Outro: You are listening to « The Podcast Factory Org ».

[00:08:43] Michel Godart: Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl -Innovation Playground », espace de coworking à Evere. Depuis janvier 2025 et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisé par « Plugin Company », notre opérateur de bornes et de cartes de recharge privilégié. « The Podcast Factory Org » est très fier d’être membre de « KAYA » – Coalition des Écopreneur et Écopreneurs, et de collaborer avec le « Love Health Center ». Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site « What’s Your Story point be ». N’oubliez pas de vous abonner à notre chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg, nous y proposons le podcast en format vidéo avec la transcription en sous titres en plusieurs langues.

Revenir au séquençage

Play

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.