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Olivier Bouche – Régénérons nos organisations

Olivier Bouche
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hrmeetup.© podcast #474 – Olivier Bouche – Régénérons nos organisations

Dans ce podcast, grâce à la mise en contact de Fred Colantonio, j’ai eu la chance de recevoir à mon micro Olivier Bouche.

Entrepreneur compulsif et autodidacte, il a notamment participé à la création des premiers espaces de coworking et incubateurs pour étudiants entrepreneurs en Belgique. Aujourd’hui, l’homme se consacre avec son équipe au Management Régénératif, afin de régénérer l’humain dans l’entreprise.

Si vous êtes sourds ou malentendants, nous commençons aussi, quand nous avons les ressources nécessaires, à retranscrire nos podcasts en textes. Vous retrouvez le texte en fin d’article.

« Nous pouvons décider de nous mettre en route et de créer un monde plus inclusif, plus joyeux, plus paisible. Que le temps de la prédation et de la domination peut faire place au temps de l’équilibre et de l’harmonie entre les Hommes et avec la nature. »

C’est l’intime conviction d’Olivier Bouche.

Dans cet épisode nous avons voulu pendre un instant pour nous pencher sur le parcours de l’auteur, derrière l’ouvrage, et puis sans pour autant rentrer dans les détails du livre, vous laissant ainsi encore le plaisir de vous le procurer et de le lire, le débat est naturellement venu sur les thèmes des ressources humaines.

Que ce soit l’employé, le DRH ou le CEO d’une entreprise : qui a le réel pourvoir de garantir le succès d’un changement ? C’est l’une des questions qui s’invitera dans notre échange.

Un podcast qui vous éclaire sur l’ouvrage, son intention, son message, qui vous donnera envie de vous le procurer mais aussi un échange riche et des constats indéniables

Alors, envie d’en savoir plus ? Appuyez sur le bouton play et c’est parti pour 31 minutes que vous ne verrez pas défiler tant mon invité est à la fois inspirant et passionnant !

Si un passage en particulier vous intéresse nous vous proposons un séquençage de l’épisode ci-dessous.

Pour les personnes malentendantes ou ayant des troubles de l’audition nous proposons une transcription en fin d’article.


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Liens utiles :

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Séquençage du podcast d’Olivier Bouche :

Séquençage de l’épisode :

  • 00:14 Introduction
  • 00:28 Présentation rapide
  • 00:52 Du rêve d’adolescent à ce jour : es-tu aligné ?
  • 02:07 L’orientation pour les études
  • 03:36 Une inspiration d’un titre similaire ou très proche ?
  • 04:47 Comment est née l’idée de rédiger un ouvrage sur ce thème ?
  • 06:01 Des besoins identifiés
  • 07:36 À quand date le début de la rédaction ?
  • 07:46 Quel pourcentage de vécu ? Valider les idées, l’inspiration des neurosciences
  • 08:32 Les messages clefs de l’ouvrage, que nous devrions absolument retenir ?
  • 08:58 Soft Skills Vs Hard Skills
  • 09:41 Ce qui est a été oublié, ce qui doit être enterré
  • 10:58 L’esprit de compétition prend ses racines très tôt
  • 13:00 Le temps pour changer et les stimulants aux changements
  • 15:46 Qu’est-ce qui bloque ? Des belles théories à la pratique
  • 18:07 La « value-washing » ou de réelles valeurs
  • 20:07 Un système économique qui n’est pas revu : secouer les actionnaires ?
  • 21:20 La crise sanitaire : une première petite claque ?
  • 22:52 Quelles sont tes activités en parallèle ?
  • 24:14 Tu accompagnes les entreprises uniquement en Français ?
  • 25:07 Où te trouver, te contacter
  • 25:30 Comment définis-tu les ressources humaines ?
  • 26:46 Un effet « Wouaw » ?
  • 28:10 Un message pour les DRH, CEO ou patrons qui nous écoutent ?
  • 30:51 Clôture du podcast

Ou écoutez ce podcast via InstagramTV :

Le transcript du podcast d’Olivier Bouche :

00:00 Michel Godart : Ce projet est une initiative produite par l’ASBL The Podcast Factory Org, avec le sponsor de transforma bxl innovation PlayGround

00:08 Jingle intro : recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements ), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory »

00:14 Michel Godart : Bienvenue pour un nouvel épisode hrmeetup, votre podcast sur les passions au travail et les ressources humaines. Et je dois aujourd’hui remercier mon ami Fred Colantonio qui m’a mis en contact avec Olivier bouche enchanté (Olivier Bouche : Enchanté) Alors Olivier une présentation rapide, telle qu’elle m’a été envoyée : « entrepreneur compulsif et autodidacte, Olivier a notamment participé à la création des premiers espaces de coworking – ça tombe bien on est dans un espace coworking inspirant – et incubateur pour étudiants entrepreneurs en Belgique. Il fut aussi professeur invité à la grande école de management de Grenoble ». Date de sortie de ton livre le 14/02/2022. Je viens de lâcher un morceau, on sait qu’on va parler d’un livre que tu as écrit, juste ?

00:50 Olivier Bouche : Ouais c’est tout à fait juste 

00:52 Michel Godart : On a des traditions chez hrmeetup, je t’ai un peu prévenu mais tu as été surpris, je l’ai vu. Est-ce que tu avais un rêve d’adolescent ; et le but de la question, c’est un « icebreaker » : c’est faire connaissance, mais surtout c’est de voir si tu es aligné avec ce rêve d’adolescent finalement ? Ça t’a guidé pour tes études ou pas ?

01:06 Olivier Bouche : Alors c’est vrai que j’étais un peu surpris et je vais te dire tout de suite pourquoi. Parce qu’en fait quand j’étais adolescent je pense que je n’avais plus aucun rêve. J’étais plutôt dans un état de conscience qui me projetait dans « finir ma vie sous un pont, à la rue et terminer comme mendiant » en fait. Donc c’est ça qui m’a un peu surpris, je me suis dit mince : à l’adolescence je n’avais plus aucun rêve, je n’y croyais plus… 

01:26 Michel Godart : C’est indiscret de te demander qu’est ce qui conduit à une vision qui est quand même négative, on peut dire que c’est négatif !

01:31 Olivier Bouche : Oui, c’est une vision très négative et très noire de la vie ! Alors je pense qu’il y a plusieurs choses, d’abord, d’une part mon tempérament probablement qui a tendance à se pose énormément de questions sur ce qu’il vit et le fait que, à l’époque, je vivais excessivement mal mon parcours scolaire. Voilà, j’étais… (Michel Godart : C’était un cumul quoi, un cumul de choses) C’était un cumul de choses et voilà, une grande difficulté à m’intégrer, je dirais, dans le modèle éducatif tel qu’il était, tel qu’il est je pense encore toujours en place aujourd’hui en Belgique.

01:54 Michel Godart : Le modèle éducatif ne mute pas assez vite (Olivier Bouche : Non) par rapport au changement de paradigme de la société quoi !

01:59 Olivier Bouche : Tout à fait et puis je pense qu’il n’est pas fait pour tout le monde en fait, c’est un standard qu’on a créé mais il faut accepter qu’il y ait des enfants, des jeunes, qui effectivement n’arrivent pas à rentrer dans ce moule.  

02:06 Michel Godart : Est-ce que malgré tout tu as réussi à prendre une orientation spécifique ? Tu avais quand même des choses qui t’attiraient, qui t’ont inspiré ou pas du tout et tu as directement été autodidacte en te disant « bon, je travaille et je tire mon plan » ?

02:15 Olivier Bouche : Je pense que là mes parents étaient derrière moi et je les en remercie parce que, même si je n’ai pas choisi une orientation de cœur (parce que pour être très franc, l’orientation que j’ai choisi c’était en fonction de la difficulté des études), mes parents voulaient absolument quand même que je termine des études. Moi, à l’époque, je crois que je n’avais même plus envie mais j’ai testé plusieurs choses au début de mes études supérieures, je me suis rendu compte après 3 jours généralement que ça n’allait jamais le faire… Donc moi j’étais prêt à lâcher mais voilà j’étais dans un environnement où il fallait absolument faire des études ; je les en remercie parce que finalement par plein de trucs et astuces pour être très, très, franc : je suis parvenu à un moment donné à sortir avec un diplôme en service social. Un graduat, tout ce qui est orientation vers les métiers d’assistante sociale, d’éducateur, ce genre de chose… (Michel Godart : Tu as travaillé dans le secteur ?) J’ai travaillé un tout petit peu dans le secteur. En fait, ce qui s’est passé c’est que, et là c’est un grand changement dans ma vie, c’est que j’étais en études supérieures : le cycle court, c’était très, très pratique. Donc je faisais un stage en dernière année de mes études et là en fait le directeur de la boîte dans laquelle je faisais mon stage, qui était aussi mon superviseur de stage, m’a projeté en une soirée du statut de stagiaire au statut de président de son conseil d’administration. (Michel Godart : Waouh) c’est là que j’ai compris potentiellement que je ne finirai pas dans la rue (Michel Godart : Tu t’es rendu compte que tu avais des talents ?) Je me suis rendu compte que, je ne sais pas si j’avais des talents, je ne pense pas, à l’époque. Enfin si, il y en avait certainement bien entendu (Michel Godart : On ne donne pas ce genre de fonctions sans raison) bien sûr que j’en ai. Mais en tout cas j’ai eu une première lueur d’espoir parce que je me suis rendu compte qu’il y avait enfin une personne qui avait vu quelque chose chez moi que personne n’avait vu, et qui me donnait une chance par rapport à ça. Ca, ça a changé quelque part le regard que j’ai porté sur moi.

03:36 Michel Godart : Aujourd’hui on vient parler d’un ouvrage que tu as écrit qui est «Régénérons nos organisations » (Olivier Bouche : Tout à fait) ça me fait penser un peu à « Reinventing Organisation » d’une certaine personne connue. Est-ce qu’il y a un lien ? (Olivier Bouche : Alors) Est-ce que tu t’en est inspiré ? (Olivier Bouche : Écoute) Tu étais précurseur ou tu as suivis ? Questions embarrassantes ! 

03:52 Olivier Bouche : Elle n’est pas embarrassante parce que en fait c’est un titre, qui à un moment donné a failli être « réinventons nos organisations». C’est à dire que je suis en train de tourner des vidéos autour du livre avec Marc Vossen qui est le responsable de NRJ, Nostalige, Chérie FM ; Il me dit mais moi j’ai besoin d’un titre… et je ne l’avais pas encore choisi ! Et donc je regarde Marc et on discute un peu tous les deux,   puis je dis « sur ce que je raconte, ça devrait être normalement réinventons nos organisations » et donc on a d’abord mis « Réinventons nos organisations ». Quand je suis rentré chez moi je me suis dit « merde » je suis en train vraiment… (Michel Godart : Une recherche Google aurait été pertinente avant) Oui, on ne l’a pas fait ! D’autant plus qu’on était dans le mood des vidéos (Michel Godart : Oui et l’improvisation) et on ne se posait pas de questions. Et même Marc, on n’avait pas « tilté » alors qu’on connaît tous les deux à la fois l’auteur et à la fois le bouquin. J’ai dit à Fred écoute : « on ne peut pas faire ça » et comme, moi sur le côté, je suis actif vraiment dans tout ce qui est régénération, économie régénérative pour le moment, voilà on a switché vers le terme « Régénérons nos organisations » et je pense qu’il est tout à fait en ligne de tout ce qui est écrit dans le livre en fait.

04:45 Michel Godart :Tu m’as expliqué, tu rentrais dans le secteur social. Comment on en arrive à tout d’un coup se dire « je vais rédiger un ouvrage sur un thème » et « qu’est-ce que j’ai comme connaissance par rapport à ce thème » ; c’est quoi l’histoire qui est derrière ?

04:55 Olivier Bouche : Si je reprends là où j’en étais, très rapidement, on me fait confiance pour la première fois, je me retrouve la tête d’une boîte. Je n’ai aucune compétence pour ça, je suis profondément incompétent parce qu’il va falloir gérer toutes des sujets que je ne maîtrise pas. De ce fait là en fait comme je vais être amené à apprendre beaucoup de choses, je vais rencontrer une autre personne qui s’appelle Jean-Marc Richir qui est un prof de marketing, vers qui je vais me retourner pour essayer d’avoir un mentor par rapport à cette fonction de présidence d’une association qui gère quand même 8 employés à l’époque. Dans la relation que je vais créer avec lui, tout doucement, il va me proposer de venir travailler avec lui sur la création d’un des premiers centres d’entreprise ici à Bruxelles qui s’appelait (Michel Godart : on ne parlait pas encore de coworking à l’époque) Non on parlait pas encore de working, La Lustrerie. Et là je vais me créer une carrière entre guillemets d’accompagnement de start-up, de start-up ce genre de chose, puis je vais m’installer moi-même comme indépendant dans le Conseil en création de valeur économique et sociétale. Et à un moment donné je vais me rendre compte qu’il y a des concepts pour moi c’est très facile ; mais que pour mes clients, et même pour moi-même : quand je les crée pour moi-même, en fait le véritable défi c’est pas d’avoir le bon concept en tête, c’est de l’amener à terme.

05:53 Michel Godart : Mais en pratique en fait (Olivier Bouche : Ouais c’est le réaliser) C’est le grand écart entre le livre « Reinventing Organisation » et dans la pratique, ce qui se passe dans les entreprises (Olivier Bouche : Ah ça on est bien d’accord oui) On fait un bond en avant déjà trop vite mais, quand même, il y a un gros lien. Donc en fait observe des besoins ? Au départ ce sont des besoins tu observes, des manques, des dysfonctionnements, qui vont t’amener à une réflexion sur trouver des solutions peut-être ?

06:12 Olivier Bouche : Oui, et donc je vais m’intéresser justement beaucoup moins au marketing et beaucoup plus à l’humain en refaisant un petit lien avec mes études en tant que tel. Mais je me suis surtout intéressé à l’époque tout ce qui était lié aux neurosciences. Et donc à un moment donné je suis tombé sur des modèles qui ont commencé à m’interpeler : toutes les recherches notamment de Jacques Fradin à l’époque sur la personnalité primaire ; ou de Dick Swaab sur le potentiel inné de talents, comme ils appellent ça. Et donc c’est toutes des choses qui vont percoler dans ma tête et puis ce qui va se passer à un moment donné, et donc à ce moment-là je cherche des outils pour aider des gens à s’améliorer (Michel Godart : Et tu mets en pratique) je commence à les mettre en pratique… mais il y a des choses qui coincent dans ma tête, il y a des choses qui ne me vont pas, dans ce que j’entends, dans ce que je comprends. Et là il s’est passé quelque chose d’un peu particulier dans ma vie c’est que, à un moment donné, j’ai eu une tumeur au cerveau. Donc j’ai subi trois opérations et c’est sur mon lit d’hôpital qu’un jour je me suis dit « tiens, et si… et si tout ce que j’ai découvert dans les neurosciences, et sur le fonctionnement cérébral – si tu veux – répondait à une logique fractale » ? Donc c’est un modèle mathématique, en tant que tel, qui analyse le vivant, donc c’est vraiment un modèle qui représente le vivant. Et le jour où j’ai eu cette intuition, j’ai pris un papier, j’ai commencé à… (Michel Godart : A rédiger) A rédiger très rapidement, griffonner des schémas, et j’ai envie de dire que nonante pour cent du livre et dans ce schéma de départ (Michel Godart : Waouh) Après il a fallu que je démontre tout ça, fallait aller jusqu’au bout, mais je vais dire, cette idée de départ en fait, elle est fondamentale dans l’histoire du livre parce que je me suis très vite rendu compte que j’avais mis le doigt sur quelque chose qui est de l’ordre de l’évidence. Et dans un premier temps j’étais persuadée que tout le monde avait vu ça avant moi !

07:35 Michel Godart : Le livre il est sorti le 14 février 2022, il a… (Olivier Bouche : Là je suis en 2010) Tu as commencé en 2010. (Olivier Bouche : La première intuition c’est en 2010) C’est 12 ans de réflexion et de rédaction (Olivier Bouche : C’est 12 ans de réflexion et six mois de rédaction, oui). Quel est le pourcentage, si je devais le demande maintenant, est basé sur des expériences pratico-pratiques, que tu as vécu dans les réponses apportées aux gens ?

07:53 Olivier Bouche : Alors le pourcentage, au départ je suis tout seul, donc je suis avec mon idée, je me dis « il y a un truc vraiment, tout le monde aurait dû le voir. Pourquoi est-ce qu’on ne l’a pas vu » (Michel Godart : Oui c’est interpellant) C’est très perturbant parce que moi j’étais pas neuroscientifique au départ. Je crois que j’étais passionné par ça et il y a la question de la crédibilité derrière ce qu’on a en main et donc dans un premier temps (Michel Godart : J’ai tendance à dire que les passionnés vont parfois plus loin que les études). Oui, voilà peut-être, probablement, et je suis assez de ton avis fondamentalement. Et puis à un moment donné j’ose en parler et puis là je vais constituer une équipe. Moi ça fait 12 ans que j’expérimente maintenant (Michel Godart : Tu as pu valider que tes idées fonctionnent ?) Oui, c’est clairement validé, c’est pour ça que j’ai osé le sortir ! Sinon je n’aurais jamais osé le sortir. Et celui qui me dit que c’est pas valide, je l’attends au tournant (Rires communs

08:32 Michel Godart : Si on devait te demander quels sont les moments clés de l’ouvrage ? Quels sont les éléments importants ? Ce que tu te dis : «je ne veux pas qu’on les oublies», ceux-là 

08:38 Olivier Bouche : Sans tout dévoiler je pense que le message principal est quasiment unique du livre c’est :  on s’est probablement trompé sur la nature humaine, on la regarde d’une manière qui n’est peut-être pas adéquate aujourd’hui, depuis des années. Et il y a quelque chose qu’on a complètement mis de côté aujourd’hui dans les organisations de travail, comme dans nos vies de tous les jours, qui est ce que j’appelle la valeur de nos tempéraments.

08:58 Michel Godart : Est-ce qu’on n’est pas en train d’y revenir parce que longtemps les RH se sont focalisés sur les « Hard skills », ce sont les compétences, les connaissances techniques pures (Olivier bouche : Tout à fait) Et puis maintenant on se rend compte que ça ne marche pas si bien sans les Softs Skills. Et qu’à la limite les Hard Skills ça peut s’apprendre mais les Softs Skills c’est une question d’attitude, d’humain, d’éducation, du vécu…. Et ça, ça ne se change pas en un jour et ce sont des choses qui sont beaucoup plus fondamentales. J’ai le sentiment moi qu’il y a une grosse prise de conscience qui se fait depuis quelques années là-dessus et que maintenant je dirais que la majorité des focus se portent sur les Softs Skills : j’ai tort ?

09:27 Olivier Bouche : Non. Non, non, je pense qu’aujourd’hui comme je le disais aussi dans le livre : tout est en chemin. Donc je ne pense pas que j’arrive à quelque chose qui est révolutionne tout parce que j’observe effectivement que les choses sont en train d’évoluer et d’évoluer principalement dans le bon sens, en tout cas sur une série de points (Michel Godart : On va dire qu’il y a des entreprises qui restent assez dinosaure et qui ont du mal de changer leur position) Disons que (Michel Godart : Rires) il y a quelque chose pour moi qu’on a oublié, il y a quelque chose qu’on va devoir faire mourir (Michel Godart : Raconte) Donc ce qu’on a oublié c’est vraiment le potentiel du tempérament parce que en fait je pense que nous naissons tous avec un tempérament différent. Donc ça ce sont les neurosciences qui l’ont clairement démontré, ce n’est pas moi qui affirme ça comme ça. Nous avons tous un premier tempérament à notre naissance dans lequel on va se replonger chaque fois qu’on est au naturel. Et en fait, ce que dit le livre, c’est que si on comprend la raison d’être du tempérament, en fait, on comprend le rôle fondamental qu’une personne peut jouer de manière beaucoup plus facile que les autres dans une entreprise (Michel Godart : Et le sens dans lequel elle veut aller) Et le sens dans lequel on veut aller. Alors si on commence à monitorer l’entreprise en fonction des principaux enjeux stratégiques et pas opérationnels qu’elle va vivre. En fait, on se rend compte que si nous sommes tous nés avec des tempéraments différents c’est parce que ça a du sens, c’est parce que dans une production humaine on va avoir besoin à un moment donné de tels types de tempérament ( Michel Godart : De complémentarité) pour y aller facilement et de complémentarité. Donc ça, c’est ce qu’il faut vraiment prendre conscience, c’est vraiment la valeur du tempérament. Arriver dans l’entreprise quelque part à recréer un lien entre les enjeux et les bonnes personnes. Ce qu’il faut faire disparaître c’est la culture de la prédation, du succès, de l’individu…

10:58 Michel Godart : Alors là on fait un bond mais fantastique et tu me tends une perche incroyable à revenir au début de notre question : l’éducation. Parce que si tu apprends aux enfants, dès la plus basse (Olivier Bouche : Tout à fait) scolarité, à avoir un esprit de compétition avec des points (Olivier Bouche : Tout à fait), on ancre tellement fort dans le cerveau ce réflexe que là c’est… on se pose la question : est-ce que c’est encore possible de changer finalement ces gens ? Parce que quand tu vis toute ta vie là-dedans, à moins d’avoir un accident de vie comme le tien ou comme d’autres ont, ces missions impossibles. Les témoignages que j’entends de personnes qui change radicalement sur ce thème c’est quand ils ont eu un Burnout. Je prends cet exemple !

11:31 Olivier Bouche : Tout à fait, on est bien d’accord et pour revenir à la question de l’éducation, je suis complètement d’accord, on est éduqué là-dedans, on ne se rend même pas compte à quel point (Michel Godart : Ca fait des dégâts) on est là-dedans. (Michel Godart : Oui et ça fait des dégâts) Et que ça fait des dégâts, je dirais même que toute une série de personnes que je rencontre aujourd’hui, qui sont dans le développement personnel, sont encore là-dedans ! (Michel Godart : Oh oui clairement) parce que l’objectif c’est quand même chaque fois d’aller plus loin, plus haut, plus grand (Michel Godart : C’est la culture de l’excellence qui prime à un niveau où ça devient déraisonnable). Ça devient déraisonnable et c’est tellement déraisonnable que c’est une autre partie du livre. Je pense que, si aujourd’hui… Quand j’ai écrit le livre on est au début de la crise sanitaire et je dis clairement dans le livre – et je le maintiens aujourd’hui – et c’est notre cerveau qui nous l’apprend (ce n’est pas de la magie) nous allons au-devant de crise de plus en plus violente. Et on a eu le COVID, maintenant on a L’Ukraine, qu’est-ce qu’on aura par la suite : la crise climatique, si l’Ukraine n’est déjà pas une partie de la crise climatique, enfin bref. Et donc je pense que nous n’aurons pas le choix de changer et je pense que la vie est bien faite en fait. Parce que si nous n’y arrivons pas de nous-mêmes, je suis persuadé que quelque part ce qui va se passer va nous obliger à aller véritablement vers un nouvel état de conscience pour l’être humain tout simplement.

12:36 Michel Godart : Ce que j’aime bien c’est que tu mets à un moment : « Est-il possible que notre cerveau nous ai joué un vilain tour ? la réponse est clairement oui ! (Olivier Bouche : Ah mais je pense que notre cerveau est en train de déployer une histoire. Alors je ne sais pas si tu connais Sébastien Bohler…) Mais est-ce que c’est le cerveau qui joue un mauvais tour ou est-ce que c’est notre système de vie en groupe qui nous a conduit dans une voie ? Une voie de garage, c’est cette fameuse voie de l’excellence à outrance qui dépasse la cohérence, qui dépasse le bon sens. (Olivier Bouche : Oui) Il y a les deux et alors il y a le 3e facteur, si tu me le permet, c’est le temps ! Combien de temps faut-il pour changer quelque chose ? Combien de temps faut-il pour ancrer quelque chose ? Combien de temps faut-il pour réagir, rebondir, la différence entre la réactivité et la Pro activité, est-ce qu’on en parle dans le livre ?

13:14 Olivier Bouche : On ne parle pas de la notion de temps mais je peux y répondre sans aucun problème. Ce que je te dirai c’est que dans le modèle tel qu’il a été déployé, tel que à un moment donné il apparaît très clairement. C’est aussi ce lien quelque part entre, je dirais, tous les petits individus que nous sommes en tant que tels et une représentation de l’histoire de l’humanité comme étant un méta cerveau si tu veux ; qui est en train de déployer sa propre histoire. Et, tu parlais juste avant de Burnout, tu disais il faut le burnout pour qu’on se rende compte de ça (Michel Godart : La petite claque dans le visage quoi) Oui, je pense que l’humanité est arrivée à cette période, elle va se prendre une vraie claque dans le visage. Le modèle le dit clairement, on est arrivé exactement dans ce moment où… Parce que le burnout, il ne vient pas de nulle part, c’est généralement à un moment donné, on essaie d’être toujours dans l’amélioration continue, on essaye de comprendre pourquoi ça ne va pas, on se prend la tête pour être de plus en plus performant. Et à un moment donné, il y a tout qui craque… Ben pour moi c’est exactement ça, l’exemple du burnout, l’humanité va faire son burnout, ce n’est pas possible autrement. (Michel Godart : Mais si on observe le monde, l’humain a toujours fait une copie de ce qu’il est, en tant qu’entité, à la grande échelle et dans tous les secteurs) tout à fait, on est bien d’accord. Et donc quand tu parles de burnout et de la notion de temps ; ben dans ma vie peut être que faire un burnout ça va me prendre deux ans pour m’en remettre (Michel Godart : Oui) mais si tu veux dire ça d’un point de vue beaucoup plus méta (Michel Godart : C’est pour ça que j’en parle du temps, tu m’as compris je crois) attendons-nous quand même à ce que ça prenne quelques dizaines d’années probablement (Michel Godart : sauf qu’on a plus le temps) Sauf qu’on va se prendre la claque et je vais dire que… (Michel Godart : Oui c’est ça et c’est de la que vient l’effet de la claque) Voilà, la claque et je pense que c’est…Enfin, dans le livre j’ai encore un secret espoir parce que je l’’ai écrit il y a de ça deux ans, les débuts de….voilà. Aujourd’hui, tu me demandes si je garde le même espoir que l’homme arrive à créer sa propre crise ? Aujourd’hui je n’y crois plus, je pense qu’il va la subir. Les évènements extérieurs comme l’Ukraine, les pandémies, comme tout ce qui va se passer au niveau du réchauffement climatique, ce sont des choses qu’on va devoir accepter de subir parce que nous n’allons pas nous-mêmes, à un moment donné, décider de tout changer, je n’y crois plus, ça c’est impossible.

15:06 Michel Godart : Sans être négatif, je me dis que l’enfant qui apprend à rouler à vélo, il chute d’abord (Olivier Bouche : D’abord). La claque du burnout permet quoi ? De rebondir, d’être résilients et de retrouver du sens à ta vie. Je dirais qu’à l’échelle mondiale malheureusement, c’est horrible ce que je vais dire, il y aura des dégâts monstrueux ; mais je pense que c’est un passage obligé s’il faut vraiment avoir un restart. C’est un peu le restart en fait

15:27 Olivier Bouche : C’est carrément le restart et donc le livre est extrêmement positif à la fin (Michel Godart : Oui, voilà) parce que effectivement on va devoir se prendre (Michel Godart : Mais ne donne pas la fin, faut laisser les gens l’acheter et le découvrir) Non. Non, non, non mais je dis : je reste excessivement optimiste pour l’avenir ; mais pas sur le court terme parce que je pense qu’il faut d’abord qu’on passe par cette tempête qui durera le temps qu’elle devra durer avant qu’effectivement quelque chose en nous renaisse d’une manière très différente.

15:46 Michel Godart : C’est comme si la société n’est pas capable de faire confiance à son sens, à son sentiment, de se dire « je dois changer ». Et c’est un peu, je rejoins, si on fait la métaphore avec les entreprises, ces entreprises qui ont des RH qui te disent « Reinvening Organisation » c’est génial, inspirant, je crois qu’ils auront le même effet avec ton ouvrage… et puis dans la pratique, ils ont beau être fan, ils ont beau valider ; mais ça ne bouge pas beaucoup ! On reste dans des systèmes « silos », on reste dans des systèmes où il y a des aberrations entre ce que pense la direction avec cette orientation positive et au final les gens qui sont en dessous, qui n’arrivent pas à dépasser. Alors il est question de valeurs, alors aussi un phénomène en termes de valeur : tu me diras si c’est une fausse observation de ma part ou pas, ou une mauvaise interprétation, mais je constate qu’il y a de plus en plus de sociétés qui mettent en avant des valeurs où finalement on se dit : « est-ce qu’elle ne mette pas ses valeurs en avant parce qu’elles savent très bien qu’elle ne les assume pas ? ». C’est ce que j’appelle le « Valuewashing » tu vois ? Être pour l’humain et traiter les gens comme des moins que rien ! Est-ce que ça fait sens de mettre en avant qu’on est pour l’humain ? Tu comprends ? Quelle est ton observation par rapport à ces deux phénomènes : d’un côté les valeurs et d’un côté la difficulté de changer le dinosaure qui a tellement pris ses positions qu’a la limite il est impossible de le lever…

16:48 Olivier Bouche : Alors je vais commencer peut-être par la deuxième et je viendrai à la première après. Donc sur la question du dinosaure, oui ça c’est, enfin moi quand j’interviens dans les entreprises je sais que c’est une transformation qui prendra plusieurs années (Michel Godart : Tu es réaliste) Oui, tout à fait réaliste. C’est-à-dire ; je pense que très rapidement en mettant les équipes dans la situation idéale et en étant moi en permanence pour m’assurer qu’ils ne sortent pas de cette situation idéale, ils comprennent tout de suite la plus-value (Michel Godart : Parce qu’ils ont un effet immédiat). Ils ont un effet immédiat. Par contre après, arriver à réorganiser toute l’organisation au travers de ce que l’on vient de vivre ça prend un temps considérable parce qu’au quotidien on replonge tous dans nos apprentissages ; c’est à dire qu’il faut faire un effort pour changer. Et dans le monde dans lequel on vit, ben le temps, le temps l’immédiateté, étant ce qu’il est… on n’a pas le temps de faire cet effort et donc on revient très rapidement dans les fonctionnements qui étaient ceux de cinq minutes avant que j’aie.

17:35 Michel Godart : Oui et en plus avec un effet pervers qui est le fait d’avoir besoin d’une approche holistique et systémique parce que quelqu’un qui va prendre des changements d’attitude en entreprise, si à son privé ne les applique pas, que ça ne se transporte pas au privé, il y a une contradiction. Et il va être dans un jeu de théâtre, un jeu de rôle à l’entreprise je fais tel mode de fonctionnement parce qu’on me l’a appris, qu’on m’a dit que ça m’apporte… mais une fois que je rentre à la maison je reprends tous mes vieux vices ! 

17:56 Olivier Bouche : Exactement (Michel Godart : Je prends un exemple hein) Non, non, on est bien d’accord et donc ça prendra du temps ! Je veux dire c’est pas le tout de dire voilà « si on fonctionne comme ça c’est génial », « ah oui, je le vois, je le vis, en une demi-heure j’ai compris, c’est incroyable moi en une demi-heure je viens de gagner 5 mois de travail » (Michel Godart : ma question sur les valeurs n’est pas innocente, tu t’en doutes il y a un lien entre les 2) Et donc je vais revenir sur les valeurs, donc effectivement, voilà ça, ça se voit très rapidement. Et maintenant si je reviens à la question des valeurs (Michel Godart : Et c’est peut-être pour ça qu’elles sont là les valeurs, parce que le DRH se dit « Ah si on mettait de la valeur dans tout ça, peut-être qu’on pourrait motiver mieux les troupes »). Oui, mais je pense aujourd’hui, pour moi, la chose la plus fondamentale ce ne sont plus les valeurs, la chose la plus fondamentale c’est la raison d’être de l’entreprise. C’est aussi des choses que je dis à tous mes clients vous me mettez trois belles valeurs là, sur votre mur, et vous dites « on les fait vivre hein tu sais Olivier dans notre entreprise » et puis moi je regarde le CEO et je lui dis « Ok, c’est super mais pourquoi ? C’est quoi ta raison d’être ? Est-ce que ta raison d’être est suffisamment forte ? Est-ce qu’elle est vraiment profondément ancrée dans un objectif sociétal et pas simplement dans la rémunération de ton actionnaire ? Si c’est le cas vire-moi ces trois valeurs et mets-en moi cent-cinquante. Parce que si tu veux aller jusqu’au bout de ta raison d’être sociétale, pourquoi te limiter à trois valeurs ? » (Michel Godart : Oui, il y a un raisonnement à avoir). « Embrasse-les toutes et pas juste trois ! Tu rentres dans une logique marketing qui vient des grands groupes ! (Michel Godart : Les sept bons conseils, les dix défauts, les trois clés du succès, enfin tu vois ? Rires) Oui, c’est les grands groupes qui se rendent compte que finalement leur raison d’être c’est du bullshit ; on commencé à se dire : « mais pour quand même, à un moment donné, se dire qu’on n’est pas si bullshit que ça, on va mettre des belles valeurs chez nous » (Michel Godart : On va mettre des petites fleurs et des petits oiseaux qui chantent) Et donc maintenant tu as des « PME » qui commencent à réfléchir à des valeurs alors qu’elles ont une raison d’être sociétale qui est fondamentale (Michel Godart : Et bien plus importante). Et bien plus importante, et à ces gens-là je dis mais : « arrêtez de rentrer dans le jeu des grands, assumez le fait que vous embrassez toute valeur humaine qui vous permettra d’avancer dans le déploiement de la raison d’être qui est la vôtre » 

19:43 Michel Godart : Et puis même une valeur ça doit se vivre comme je l’ai dit ! Si c’est pour ne pas la vivre et être en incohérence totale avec son (Olivier Bouche : Alors là c’est encore pire ça. Alors ça c’est encore pire.) raisonnement, c’est le pire. Oui mais le problème c’est que, des constats pareils moi j’en entends autour de moi tous les jours ! (Olivier Bouche : Moi aussi) et ça c’est un interpelant quand même (Olivier Bouche : Oui) Et là, peut-être un message aux DRH…moi je le leur fais, je leur dis les gars….il est temps d’y réfléchir quoi.

20:01 Olivier Bouche : Aux DRH et encore plus aux CEO moi je dis toujours ! C’est enfin, c’est aussi au CEO de prendre les…parce que ce ne sont pas toujours les DRH qui vont pouvoir prendre ça ! 

20:07 Michel Godart : Alors justement, quand on cible ici ; on cible le DRH, le CEO mais… je n’y crois à la limite pas parce que derrière ça, il y a le système économique et le système d’actionnariat. Et c’est à la limite à ce niveau-là tout se joue ! (Olivier Bouche : Oui) et c’est peut-être ça aussi le frein qui fait que c’est dinosaure ont du mal de lever le popotin, si je reprends mon expression et mon image.

20:23 Olivier Bouche : On est bien d’accord, tu as un CIO, un DRH, qui est complètement de ce que je raconte mais qu’au-dessus ce sont des actionnaires qui vont juste lui dire « On s’en fout » (Michel Godart : Donc le pauvre gars il est entre deux : il y a au-dessus « on s’en fout » et on a en bas « on n’y croit pas et on va pas suivre ») Oui ! Donc ceux qu’il faut aller voir ce sont les actionnaires et donc ça, enfin moi j’ai des actions aussi de terrain aujourd’hui où, dans le cadre de certaines de mes activités, on va directement trouver les actionnaires en disant « mais écoutez, si c’est comme ça que vous voulez continuer à piloter votre boîte ? » on leur dit simplement « osez encore regarder vos enfants droits dans les yeux hein ?» (Michel Godart : clairement oui) Voilà hein (Michel Godart : C’est clair) C’est la seule chose que j’ai à leur dire… « vous voulez continuer comme ça ? Super, allez voir vos enfants, demandez-leur leurs rêves, leurs idéaux, posez-vous la question de savoir est-ce que fondamentalement je fais quelque chose pour faire avancer l’avenir de mes enfants ou je fais tout ça juste pour moi, et pour mon fric ? » Je suis un peu cash hein ? Mais…

21:13 Michel Godart : Tu réponds déjà à ma troisième question, c’est ton message pour la DRH qui nous écouterait je crois ici. On a anticipé la troisième question, on l’a mise bien en avant (Rires). Dit, j’ai une autre question pour toi qui n’a peut-être pas un rapport direct avec ton livre mais quand même… La pandémie, tu en as parlé, tu as écrit cet ouvrage pendant la pandémie. La pandémie elle a donné une leçon pratico-pratiques et déjà une petite claque aux entreprises et elle les a obligés à revoir la notion de confiance envers leurs employés pour autoriser le télétravail. Et on aurait pu se dire, avec une telle leçon, voilà l’électrochoc il a déjà commencé, on peut aller plus loin. Et j’ai le sentiment que c’est : « on noie le truc dans l’œuf », on dirait que ça s’arrête là… Est-ce que c’est un sentiment que tu as aussi ? Est-ce une déception de ta part ? Ou est-ce que tu te dis non, non, on peut encore croire qu’il y aura d’autres rebonds, d’autres ressauts ? 

21:50 Olivier Bouche : Je pense que c’est comme dans burnout de nouveau ; au début tu te prends une claque et puis une fois que tu l’as passé ta envie de revenir (Michel Godart : Tu veux pas trop y croire, oui) Tu veux revenir à ce que tu as toujours fait avant (Michel Godart : Ta zone de confort) ta zone. Oui, ta zone de confort dans laquelle tu étais toujours avant. Et en fait il faut plusieurs claques, pour un moment donné, oser le vrai basculement. Donc tu as vu, comme tu dis, on a fait un peu plus confiance, davantage confiance, on a dû, on s’est rendu compte qu’on pouvait faire confiance (Michel Godart : Et ça a bien marché en fait) Et ça a super bien marché vu que la productivité était même meilleure ; mais voilà c’est derrière. Et donc, oui, on va garder, on garde quand même, je pense que les entreprises gardent quand même quelques apprentissages de ça… mais probablement qu’il faudrait une deuxième grosse claque et puis une troisième grosse claque pour vraiment amener le basculement et c’est la même chose quand on parle du burn-out pour moi… c’est, c’est (Michel Godart : ce n’est qu’une échelle). C’est une échelle et tant que t’es pas au-dessus, tu tombes pas. Donc il faut aller jusqu’au-dessus pour que à un moment donné les gens disent « Ok, on revoit tout quoi »

22:47 Michel Godart : Bon allez, on a peut-on encore une petite lueur d’espoir (Olivier Bouche : Ah mais moi je suis persuadé que ça va arriver) qu’ils comprendront le message avant, qu’il y ai un sursaut avant quand même. Avant qu’on passe à nos trois questions RH qui sont notre rituel de clôturer, où on pourra encore faire des liens avec ton ouvrage, moi j’aimerais inviter les auditeurs à aller acheter ce livre et le lire : c’est pour ça que je n’en ai pas trop dit non plus pour ne pas tout dévoiler, je veux vraiment que les gens fassent la démarche de se le procurer, de lire et de se rendre compte à quel point il y a de la pertinence dedans. Ce qui m’intéresse maintenant ce serait quand même, avant de clôturer, de passer un petit mot sur qu’est-ce que tu fais dans la vie aujourd’hui. Alors, à part écrire, tu m’as sous-entendu dans ce que tu m’as donné comme réponse que tu accompagnes les entreprises… donc j’ai envie d’en toucher un mot.

23:21 Olivier Bouche : Oui tout à fait. Donc aujourd’hui concrètement j’applique ce qui est marqué dans le livre dans toute une série d’entreprises (Michel Godart : Tu définis ça comme quoi ? Comme coach en entreprise ? Comme accompagnateur ?) Accompagnateur de transformation dans une vision qui est très, très particulière vu que c’est vraiment rentrer dans ce que j’appelle le management régénératif. Qui n’est pas un management pyramidal où flat c’est beaucoup plus bio inspiré, c’est un mouvement permanent de leadership distribué qui change en fonction des enjeux. Et qui tient compte de deux choses super importantes, misant sur la facilité, misant aussi sur ce qu’Olivier Amand appelle la sous-optimalité. Misant sur des nouveaux paradigmes pour recréer de l’envie, du bien-être, pour régénérer l’humain, pour faire en sorte qu’il ressorte de l’entreprise avec plus d’énergie que quand il y est rentré le matin, avec plus de plaisir que quand il est rentré le matin. Plutôt que de rentrer chez lui en disant quelle journée de merde encore…Rires. (Michel Godart : Oui, c’est vrai que là il y a des gens qui vont se reconnaître malheureusement j’ai l’impression) Oui il y a énormément, moi je connais énormément de gens qui rentrent en disant « pffff, content qu’elle est finie »

24:14 Michel Godart : Alors la Belgique c’est un pays compliqué :trois langues nationales, tu imagines ? Et il y a même une quatrième qui est l’anglais, qu’on pratique. Dans quelle langue tu peux intervenir dans les entreprises ?

24:21 Olivier Bouche : J’interviens essentiellement en français. Alors pour deux raisons : d’une part parce que c’est ma langue maternelle et je pense que qu’il y a des choses quand même qui sont (Michel Godart : Plus efficientes dans la langue maternelle) Plus efficientes dans ma langue maternelle. D’autre part parce que fondamentalement, à la suite de ma tumeur au cerveau, j’ai développé une épilepsie du langage. Donc quand je dois chercher des mots, je peux faire une crise épilepsie. Mais je suis entouré de différentes personnes qui interviennent, elles, en néerlandais pour la partie néerlandophone ou en anglais s’il faut avoir une partie mixte. Mais moi je n’interviens personnellement qu’en français. Donc j’interviens essentiellement avec d’autres personnes que tu connais peut-être comme Valérie Malisse qui a notamment écrit avec Marc Vossen de NRJ le bouquin « Balancez vos ondes positives » et donc qui travaille sur tout ce qui est leadership inspiré et inspirant. Donc je travaille avec des gens qui sont déjà dans la place, aujourd’hui les entreprises qui me font confiance sont des entreprises qui ont compris l’importance du modèle et qui ont envie, d’eux, d’oser !! 

25:06 Michel Godart : D’oser et bouger. Alors Olivier, les auditeurs vont t’entendre et s’ils ont envie d’en savoir plus ils peuvent te contacter ? (Olivier Bouche : Bien sûr ils peuvent me contacter). Est-ce qu’on peut donner le l’url de ton site ?

25:14 Olivier Bouche : La manière la plus simple de me trouver c’est soit sur LinkedIn, sur le site de l’organisation qui est https://www.4p.agency

25:25 Michel Godart : Et alors ça nous mène un nos fameuse question de clôture de podcasts. Tu as eu l’info genre cinq minutes avant le podcast. Comment est-ce que tu définirais un RH ? Et j’imagine que tu as déjà eu des réflexions sur le sujet puisque tu as quand même écrit un livre qui les touchent particulièrement.

25:38 Olivier Bouche : Aujourd’hui j’ai deux visions du gestionnaire des ressources humaines. Tout d’abord je dirais la vision du financier qui gère un poste de coût. Je pense que c’est important peut-être aujourd’hui, ou demain, je ne vois pas ce que ça apporte… Il y a vraiment cette vision, et donc c’est ce tempérament aussi, parce que pour moi ce qui est important c’est, derrière le RH, c’est qui la personne ? Et je pense que la personne va faire le job. Je vois, d’une part, des financiers qui ont pris des fonctions de DRH et dans ce cas-là on est très, très, très dans les chiffres et dans le suivi effectivement des coûts, de processus très carrés, rigides, dans l’entreprise, à des évolutions de carrière et ce genre de chose. Ou alors on a effectivement des gens qui ont peut-être un tout autre bagage, qui sont plus orientés humains, ou qui ont fait un burnout, ce genre de choses et qui, à un moment donné, arrivent avec une posture qui est plus centrée sur le développement je dirais du bien être en entreprise. Pour moi je dirais : ça c’est les 2 visions que j’ai du DRH. Et la vision idéale que j’aurai d’un DRH c’est une personne qui peut-être ose re questionner et d’ailleurs je n’ai pas peur de dire que d’ici la fin de l’année ; donc j’ai le temps : je ne prends pas beaucoup de risques, on va organiser avec plusieurs un colloque sur : l’innovation radicale dans les ressources humaines. Justement pour repartir d’un autre, tout autre point de vue sur l’être humain en fait. De ne plus partir quelque part sur cet être qui doit absolument tout le temps se battre pour être meilleur que ce qu’il n’est, là, pour le moment.

26:46 Michel Godart : J’ai une 2e question qui est l’effet « waouh ». A mon avis on va aussi un peu toucher de l’humain derrière. Tu sais, cet effet « wouah » c’ets un endroit où tu te rends et puis tu ne t’y attends pas, l’espace de travail ou le lieu, c’est juste le mot qui vient en premier dans la tête c’est « waouh ». Est-ce que tu as déjà vécu ce sentiment en visitant une entreprise ou un endroit, ou au travail ? Ou est-ce que tu ne l’as jamais eu, et si tu ne l’as jamais ressenti, qu’est ce qui te donnerait un effet « waouh » ? Un moment où tu te dis « ça va être difficile dans un contexte pareil de vouloir rester à la maison » Et je n’ai rien contre le télétravail, je précise, la question n’a aucun rapport.

27:14 Olivier Bouche : Oui, non, elle n’a aucun rapport et pourtant je vais te ramener à la maison, je vais t’expliquer pourquoi. En fait pendant le COVID, voilà moi je suis confiné, je vais être très franc : les activités, elles sont au point mort. Et donc je vais me construire un espace de travail dans mon jardin. Je vais vraiment me construire un espace ouvert complètement sur la nature, donc j’ai la chance de vivre en bordure d’une très, très, très belle forêt et donc j’ai un espace de travail qui surplombe quelque part la forêt, qui est complètement ouvert. Et c’est quand je me suis installé ; parce qu’au départ je vais être très franc, je l’avais construit pour mes enfants…(Rires) et quand je me suis retrouvée là, dans cet espace en me disant quel bonheur, quel pied d’être en contact avec la nature comme ça…. J’ai dit à mes enfants, vous pouvez peut-être prendre une partie mais l’autre c’est pour moi. Et j’ai amené l’électricité et j’ai commencé à plugger mon PC là et tous les étés j’y vais bosser quoi… c’est là que je vais bosser, voilà, c’est ça c’est mon effet waouh : c’est moi, avec la nature.

28:06 Michel Godart : Oui, c’est sympa, c’est un beau message aussi (Olivier Bouche : Et donc des fois je fais des réunions là-bas aussi) Oui pas mal. Dernière question, je crois que tu y as répondu tout à l’heure… c’est un message aux DRH, tu as déjà pas mal transmis de messages aux DRH, toutefois est-ce qu’il y a quand même encore un point que tu aurais envie de leur mentionner ? De lire ton livre, ça c’est une évidence !

28:20 Olivier Bouche : Oui, bien sûr) mais…Non, osez. Osez la différence, osez oser prendre le temps aussi ! C’est vraiment ça, c’est de se dire « Ok, dans tout ce qu’il y a à faire » parce que je connais quand même quelques DRH, ils ont des agendas voilà… (Michel Godart : On en est tous conscient) comme toute personne quelque part à ce niveau-là… mais à un moment donné, si on veut vraiment donner une chance justement, pas devoir attendre tout ce qui me tombe dessus, il va falloir qu’à un moment donné les gens acceptent de prendre un peu de temps pour réfléchir autrement. (Michel Godart : S’arrêter) S’arrêter (Michel Godart : Et réfléchir) et prendre le temps de (Michel Godart : reculer même peut être ? Pour mieux sauter) Reculer, mieux sauter et allez voir des choses justement (Michel Godart : Inspirantes ailleurs) Inspirantes ailleurs, c’est à dire que ce que moi j’ai découvert, je ne l’ai pas découvert dans les métiers des RH, je l’ai découvert dans des visions humaines amenés par les neurosciences ! Je peux parler de Sébastien Bohler je peux parler d’Olivier Hermant, je peux parler… alors Olivier Hermant n’est pas un neuroscientifique ; de Dik Swab, ce genre de chose… Parce que, en fait, l’intérêt de ça c’est de reprendre conscience qu’on s’est peut être trompé sur la vision de cet être humain qui doit être tout le temps en sur optimalisation, ou en surcapacité, et qu’en fait ça crée une énorme fragilité. 

29:25 Michel Godart : Si on observe l’humain : Qu’est-ce qu’on fait avec la planète ? On fait exactement la même chose. On espère d’une planète des ressources illimitées alors que (Olivier Bouche : Oui) structurellement, elle est limitée (Olivier Bouche : Oui et l’être humain) Et on est en dépassement de ses ressources…

29:37 Olivier Bouche : Et l’être humain c’est la même chose. Et si je prends une analogie avec celui qui fait un marathon par exemple : il sait très bien qu’il ne peut pas courir tout le temps un marathon. Donc il court, tous les jours, tranquillement, alors certain nombre de kilomètres. Et une fois, ou deux par an, il va faire un marathon. Si on garde cette image-là dans les entreprises en disant, en fait, il y va y avoir deux ou trois périodes où l’individu va devoir vraiment monter en puissance pour porter le schmilblick et le reste du temps restons sur une routine. Une routine de délivery… et c’est pas du tout comme ça que ça se passe, c’est : on demande aujourd’hui aux employés d’une entreprise d’être tout le temps dans leur marathon, notre corps ne le supporterait pas, mais on est en train de faire subir ça à notre tête… et il ne faut pas s’étonner que aujourd’hui la perte de sens soit là, que les dépressions soient là, que les burnout soient là (Michel Godart : Que les burnout explose, oui), que toutes les maladies psychosociales explosent et c’est logique. Et plus on continuera comme ça, plus ça va exploser.

30:29 Michel Godart : On espère que ton message sera clairement entendu et je le rappelle on peut se procurer ton ouvrage, j’imagine que sur ton site on fait la référence vers l’ouvrage aussi (Olivier Bouche : Sur mon site ou sur le site de l’éditeur l’attitude des héros) voilà, on fait un petit coucou à Fred Colantonio et à Vincent Truyen parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait des connaissances en commun ! (Olivier Bouche : Tout à fait) et je fais un gros clin d’œil à Vincent qui partage beaucoup de valeurs avec moi ; donc je suis très fier de citer son nom et de le mentionner ici. On va clôturer, je te remercie pour ton temps et ta confiance (Olivier Bouche : Merci à toi) Je remercie nos auditeurs d’avoir pris le temps de nous écouter et je vous invite aussi à nous rejoindre au micro. Si vous avez envie de parler du thème RH ou d’une façon de penser le travail différemment, ou simplement la passion de votre métier et bien venez à mon micro me rencontrer, on en parlera ensemble et ce sera un chouette moment de détente et d’échanges ici chez transforma à Bruxelles, à Evere, à très bientôt. Merci (Olivier Bouche : Je vous confirme c’est très sympa) Rires Partagez, likez, commentez… et vous pouvez même laisser des voicemails : donc on peut ré entendre votre voix avec votre question et on y répond dans un prochain podcast ! Lancez-vous, vous allez voir c’est marrant ! A bientôt, ciao ciao.

31:23 Jingle intro : recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements ), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory »

31:28 Michel Godart : Ce projet est une initiative produite par l’ASBL The Podcast Factory Org, avec le sponsor de transforma bxl innovation PlayGround

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Michel Godart

Passionné par la technologie, l'humain, féministe et écoresponsable, Michel Godart a pour objectif de vulgariser un maximum l'information. Dans tous ses projets podcast, il souhaite inspirer par les exemples qu'apportent ses invités au micro. Le podcast est pour Michel un garant de démocratie : c'est un média produit PAR le citoyen POUR le citoyen !

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