Nicolas De Vicq – « Diversino » au festival PodBXL

Nicolas De Vicq invité de Diversino au festival PodBXL 2025

Replay PodBXL 2025 : Diversino – Nicolas De Vicq – Neurodiversité et entrepreneuriat, quand la différence devient un levier d’innovation

Replay du festival #PodBXL – Épisode spécial “Diversino” seconde interview – Podcast #034 PodBXL

Notre répondeur Vocal pour laisser un message vocal à Zineb Bensaid, Nicolas De Vicq ou à la Dr. Iabelle Deliégé en réaction à ce podcast « Diversino » : ici

Après un premier épisode centré sur l’expérience personnelle de Zineb Bensaid, la Dr Isabelle Deliége poursuit cette exploration de la neurodiversité avec un second invité : Nicolas De Vicq, entrepreneur, neuro-atypique et papa. Ensemble, ils abordent la réalité vécue des personnes neuro-atypiques dans le monde professionnel, leurs forces, leurs défis, et surtout les adaptations simples qui peuvent transformer un environnement de travail en véritable espace d’épanouissement.

Dans cet épisode enregistré en live au festival PodBXL 2025, Nicolas partage avec authenticité son parcours d’entrepreneur atypique, sa vision du management humain, et la manière dont il transforme sa différence en moteur de créativité et de cohésion. La conversation met en lumière ce que beaucoup taisent : la fatigue de l’hyper-adaptation, la nécessité d’un cadre bienveillant, et le pouvoir de la compréhension mutuelle entre profils neurodivergents et neurotypiques.

Isabelle, avec sa double posture scientifique et humaine, nous rappelle que l’inclusion commence par l’écoute, et qu’un regard bienveillant peut changer une culture d’entreprise.
Ce replay est une véritable invitation à repenser nos modes de collaboration et de communication. Un échange sincère, lucide, et profondément humain.

Parce qu’accueillir la différence, c’est créer des entreprises plus vivantes, plus justes et plus performantes.

Ce podcast, c’est aussi un hommage aux participantes du festival : relever le défi du live, devant un public engagé, n’est pas anodin. Chapeau à toutes celles et ceux qui ont osé partager leur parcours, et merci au public dont la présence et les questions ont enrichi la discussion.

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PodBXL ne s’arrête pas là : dès septembre 2025, la communauté continue de se tisser lors des soirées #podMeetup, chaque dernier mardi du mois. Venez rencontrer, échanger, créer du lien entre podcasteurices engagé·es, autour de valeurs d’inclusion, d’environnement et de solidarité.

Plus nombreux nous serons, plus loin nous pourrons porter les voix de celles et ceux qu’on n’entend pas assez, plus puissant sera le média podcast et plus belle, plus riche sera notre communauté. Car, pour rappel, PodBXL est le festival POUR, PAR et AVEC les podcasteurices.
Un podcast proposé par The Podcast Factory Org, avec le soutien de transforma bxl & Plugin Company. Nous sommes membre de la coalition KAYA – Écopreneur·es, et partenaires du Love Health Center.

Liens utiles :

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Séquençage du podcast Diversino partie 2 avec Nicolas De Vicq :

  • [00:00:09] Introduction et contexte
  • [00:01:02] Présentation de Nicolas De Vicq, coach d’Isabelle
  • [00:01:58] Les débuts de Diversino et de PodBXL
  • [00:02:47] La neuro-atypie dans le parcours entrepreneurial
  • [00:04:36] Se suradapter
  • [00:05:06] Sondage du public
  • [00:05:41] Comment j’ai viré mon patron
  • [00:07:41] Qu’est-ce qu’être neuro-atypique ?
  • [00:08:07] L’empathie intense
  • [00:08:43] Un super détecteur d’alignement
  • [00:09:40] Influence sur le travail et le management
  • [00:11:06] Conséquences de l’expérience en entreprise
  • [00:13:03] Des manipulateur·rice·s aux aguets
  • [00:13:54] Forces et atouts de sa singularité dans son business
  • [00:16:23] Être face à ses propres limites
  • [00:19:14] Un besoin de sécurité
  • [00:19:38] Sondage du public
  • [00:19:53] Les challenges à affronter
  • [00:20:27] Ne pas dévoiler trop vite toutes ses cartes
  • [00:23:58] Sondage du public : astuces mises en place pour se canaliser
  • [00:26:51] La connexion à l’invisible
  • [00:27:42] Sondage du public
  • [00:28:01] Ce qui devrait changer en entreprise
  • [00:29:29] Et en pratique ?
  • [00:32:33] Conseils aux entrepreneur·e·s pour réussir leur entreprise
  • [00:33:23] Clôture de l’épisode

La transcription du podcast Diversino partie 2 avec Nicolas De Vicq :

Dr. Isabelle Deliége: [00:00:09] Bienvenue sur Diversino, le podcast pour les atypiques qui cherchent leur place au travail, et qui les invite tout simplement à la prendre. Ici, on parle de neurodiversité afin de partager des trucs et astuces et des bonnes pratiques pour mieux l’intégrer dans les organisations et révéler son plein potentiel. Ce podcast s’adresse à la fois aux principaux concernés et aussi aux professionnels des RH, aux managers qui veulent faire en sorte que tout le monde puisse révéler tous ses talents au travail. Je m’appelle Isabelle de Liège, je suis docteure en sciences sociales et coach certifiée spécialisée dans l’accompagnement des personnalités atypiques.

Dr. Isabelle Deliége: [00:01:02] Bienvenue dans ce nouvel épisode de Diversino, j’ai le plaisir d’enregistrer aujourd’hui en direct du festival de podcasts de Bruxelles PodBxl organisé par Michel Godart, qui est aussi le monteur de cette émission. Aujourd’hui, j’accueille Nicolas De Vicq qui est business coach, auteur et conférencier. Tu accompagnes Nico la croissance professionnelle, personnelle et spirituelle des entrepreneurs. Et pour faire un petit peu de connexion entre nous deux, j’ai eu la chance d’être accompagné par toi il y a quelques années en tant que business coach, avec ta formidable épouse Sandrine.

Nicolas de Vicq: [00:01:39] Exact. Merci pour l’invitation et merci à tous ceux qui nous écoutent qui sont là dans la salle. Et puis bravo à toi du coup de lancer ce podcast et de faire vivre ce sujet qui est riche pour toi et pour nous tous. Donc bravo!

Dr. Isabelle Deliége: [00:01:52] Ouais, tu sais qui me tient à cœur depuis longtemps hein?

Nicolas de Vicq: [00:01:53] Ben ouais, je suis content de t’avoir coaché.

Dr. Isabelle Deliége: [00:01:58] Voilà ce qui arrive quand on invite ses anciens coachs et mentor, n’est-ce pas? Mais non ça me fait très plaisir. Et puis c’est toujours gai de voir justement le parcours, parce que quand on est en train d’avancer dans son trajet entrepreneurial, quand je suis en train d’avancer, je ne vois pas toujours les milestones et les étapes parcourues, peut-être que ça va parler à d’autres. Et de pouvoir revoir des personnes qu’on a vues, croisées à différents moments de son parcours, ça aide à réaliser les choses. D’ailleurs, on est en direct du festival de podcast et j’en profite aussi pour dire que l’année passée, j’étais dans le public avec mon projet de podcast dans les valises et je discutais avec tous les podcasteurs « Et toi t’as un podcast et tout? ». Je dis « Ouais, j’ai un projet, j’ai un projet », et ça me fait trop plaisir aujourd’hui d’être là, de l’autre côté du micro et dans ceux qui enregistrent.

Nicolas de Vicq: [00:02:43] Bravo à toi.

Dr. Isabelle Deliége: [00:02:47] Mais on est là aussi Nico pour parler de ton parcours. Et, justement, est-ce que tu peux nous expliquer comment tu as découvert ta propre neuro-atypie et comment ça se, ça s’entremêle avec ton propre parcours dans l’entrepreneuriat?

Nicolas de Vicq: [00:03:03] Oui, avec grand plaisir. Alors déjà le mot neuro-atypique, je ne suis pas familier avec ce mot-là, et c’est vraiment à travers ton invitation que c’est venu résonner en moi. Évidemment, je me suis posé la question « Tiens, c’est quoi le neuro-atypisme? Et qu’est-ce que ça signifie pour moi? ». Parce que c’est un mot qui peut être très large. Je me rappelle en tout cas, en tant qu’enfant, gamin, j’avais tendance à trouver les autres un peu cons. Très gentiment, ils étaient drôles mais j’avais l’impression de ne pas trouver résonance dans mes besoins d’exploration, de discussions. Donc j’étais toujours attiré par le monde des adultes (Dr. ISabelle Deliége: Oui), avec avec un contrepoids à ça qui était de vouloir être accepté par les adultes, de pouvoir être entendu. J’ai été très frustré des phrases des adultes en mode « Voilà les enfants, mangez ailleurs ou faites ceci, faites cela, ne nous dérangez pas, ne mangez pas trop de chips », « Allez vous faire foutre en fait, je suis comme vous » (Dr; Isabelle Deliége : Toi tu voulais passer du temps…) c’est juste que je suis un peu plus jeune.

Dr. Isabelle Deliége: [00:03:54] Avec les adultes plus que les enfants.

Nicolas de Vicq: [00:03:56] Ouais attirés par le monde des adultes et avoir vraiment un besoin de connexion avec quelque chose de vivant, d’intéressant, d’intelligent. J’étais plutôt fort à l’école, j’apprenais vite, mais je ne sais pas si, d’ailleurs j’ai jamais fait de diagnostic ou quoi, de douance ou de surdoué, j’ai pas envie de me projeter dans cette case-là. Mais ce qui est sûr, c’est que je me suis souvent senti en décalage avec les enfants de mon âge. Et jusqu’à l’adolescence, ça a été quelque chose d’un peu inconfortable quoi. Et avec un, je pense que j’ai mis en place une stratégie de suradaptation, j’ai très vite appris à devenir con, et ça m’a aidé à…. À jouer au con quoi, voilà.

Dr. Isabelle Deliége: [00:04:36] Donc tu te retrouvait à jouer, de parler de sujets qui t’intéressait pas trop pour te faire accepter.

Nicolas de Vicq: [00:04:42] Ouais, ou de m’adapter en tout cas, de pouvoir parler de tout, de rire aussi de… Et puis voilà, donc j’ai l’impression de quand même m’être suradapté. Et ça me sert pas mal aujourd’hui dans mon parcours entrepreneurial, et de discussion avec beaucoup de monde. Et je me mets pas non plus dans une catégorie où moi-même je suis intelligent tout le temps, je dis aussi des conneries, je fais aussi des conneries, mais c’est là où je me sens un peu différent d’autres personnes parfois.

Dr. Isabelle Deliége: [00:05:06] Ok, mais du coup, ça fait un temps de réflexion, et pour notre public ici et pour les auditeurs qui nous écoutent. Mais tiens, est-ce que vous ça vous est déjà arrivé aussi, étant enfant, d’avoir plus envie et d’être plus attiré de passer du temps avec les adultes qu’avec les enfants, voire de trouver que les discussions avec les enfants, c’était finalement moyennement intéressant? À nouveau, notre audience, si vous vous êtes d’accord.

Nicolas de Vicq: [00:05:27] Ah c’est mitigé.

Dr. Isabelle Deliége: [00:05:28] Passez aux cartons verts et rouges sinon. Oui, c’est plus mitigé. En effet, c’est une des caractéristiques des personnes à haut potentiel, qu’on utilise pour identifier chez les enfants, je dis ça, je dis rien.

Nicolas de Vicq: [00:05:39] Ouais voilà.

Dr. Isabelle Deliége: [00:05:41] Alors. Et pour ton parcours entrepreneurial, peut-être tu peux nous expliquer comment tu en es venu à ce rôle qui est le tien aujourd’hui?

Nicolas de Vicq: [00:05:50] Ouais, avec plaisir. Donc j’ai eu d’abord un parcours assez classique de faire des bonnes études, donc j’ai fait des études d’ingénieur pour atterrir dans le monde de la consultance, dans les grosses boîtes pharmaceutiques. Je suis devenu expert en poche en plastique, un peu malgré moi (Dr. Isabelle Deliége: Ok). Donc j’ai fait une crise de la trentaine en me disant « Mais non, c’est pas possible, je peux pas vivre ma vie à faire des poches en plastique pour mettre du vaccin, c’est juste pas possible ». Et donc j’ai pété vraiment un câble à ce moment-là en me disant « Bah tiens, si je passais à autre chose, si je virais mon patron? » D’ailleurs j’ai écrit un livre plus tard qui est dans le titre, qui a été choisi par l’éditeur, est « Comment j’ai viré mon patron » (Dr. Isabelle Deliége: C’est Exact). C’était au départ le titre d’un de mes chapitres, mais ils en ont fait le titre du livre.

Dr. Isabelle Deliége: [00:06:29] Je vous recommande.

Nicolas de Vicq: [00:06:30] Et là c’est marrant parce que, récemment là, depuis trois mois je suis maintenant patron d’une entreprise (Dr. Isabelle Deliége: Ah, ah) qui s’appelle Victoria, donc pour le Benelux. C’est une entreprise qui organise des ventes à domicile de bijoux, qui existe depuis 30 ans et avec un réseau de distributrice de plus de 2000 femmes, donc des femmes qui sont entrepreneuses. Et je vis cette mission-là comme un entrepreneur aussi parce que je vois, c’est une mission d’indépendants au sein de cette structure. Donc ça me questionne du coup sur quelle relation moi j’ai envie d’avoir avec l’équipe que je dirige, pour rester vraiment proche de mes valeurs et surtout pas tomber dans le piège dans lequel moi j’étais tombé en tant qu’employé à l’époque, donc voilà ça me permet de se faire ce chemin-là. Et puis à côté de ça, on a avec mon épouse, travaillé depuis quinze ans ensemble et monté un mastermind, donc un groupe d’entrepreneurs de réflexion, de travail sur la stratégie, sur le business, mais aussi sur la psychologie et la spiritualité, qui s’appelle le Cercle Impact. Et ça fait sept ans qu’on accompagne des supers personnes, toutes complètement barré, ou neuro-atypique c’est selon, enfin des entrepreneurs en tout cas atypiques, qu’on accompagne tous les trimestres dans la nature, à vivre des expériences d’intériorité profondes au service de leur business quoi.

Dr. Isabelle Deliége: [00:07:41] Oui, et tu parlais du terme neuro-atypique. En fait, on ne l’a pas défini, on en parle depuis un moment. En fait moi je dirais tout simplement que c’est une manière, différente des autres, d’être câblé au niveau neuronal, au niveau du cerveau, mais celui qui a entre les deux oreilles, mais pas que, aussi au niveau de la manière dont on ressent les choses, les émotions, dans le reste du corps, au niveau viscéral, et une autre manière de percevoir et de ressentir le monde en fait.

Nicolas de Vicq: [00:08:06] Exactement, ouais.

Dr. Isabelle Deliége: [00:08:07] Et où on a un grand sentiment, souvent, de décalage ou d’étrangeté, dont notre précédente invitée a déjà parlé et dont tu parles

Nicolas de Vicq: [00:08:17] Ouais, je me reconnaissais vraiment aussi dans ce qu’elle décrivait par rapport à cette, ce mot un peu large aussi qu’est l’empathie, qui est de pas spécialement dire « Bah tiens, je veux être en lien avec tout le monde », mais de très, très fort ressentir ce que les autres pensent et ressentent. Et ça c’est quelque chose que je capte très, très vite, voire trop vite (Dr. Isabelle Deliége: Oui). Du coup, ça m’arrive souvent de dire aux gens « Comment ça va, qu’est-ce qui se passe? Pourquoi ci, pourquoi ça? ». Donc voilà (Dr. Isabelle Deliégé: Oui), je sens directement comment les gens se sentent.

Dr. Isabelle Deliége: [00:08:43] Et ça tu le vois comme quelque chose de positif, ou parfois un petit peu dérangeant, ou les deux?

Nicolas de Vicq: [00:08:49] Ça peut être les deux, je pense qu’avec les années j’ai appris à ne pas être systématiquement en train de demander aux gens ce qui se passe pour eux. Aussi laisser les gens respirer, tout le monde a le droit à vivre ses émotions. Par contre, je pense que c’est quelque chose d’utile pour être assez rapidement en lien et ne pas passer à côté de quelqu’un qui dit quelque chose et qui ressent ou pense autre chose. Ça permet d’aller beaucoup plus vite en profondeur pour aller soit crever un abcès, soit libérer l’émotion d’une personne aussi qui ne s’autorise pas à s’exprimer quoi!

Dr. Isabelle Deliége: [00:09:18] Un super détecteur d’alignement, ou de non-alignement justement (Nicolas De Vicq: Ouais voilà, ouais) chez les entrepreneurs que j’accompagne, peut-être aussi chez les clients ou les membres de ton comité de direction.

Nicolas de Vicq: [00:09:27] Ouais c’est ça. Quand il y a du bullshit, je le sais vite quoi!

Dr. Isabelle Deliége: [00:09:30] Oui, oui, oui. Une petite tendance à mettre les pieds dans le plat de temps en temps? (Nicolas De Vicq: Oui, oui) moi je l’ai.

Nicolas de Vicq: [00:09:34] Ouais, ouais, les pieds dans le plat. Oui, c’est ça (Dr. Isabelle Deliége: Voilà c’est ça). Le nez dans le caca, comme on dit.

Dr. Isabelle Deliége: [00:09:40] Ok. Alors, comment est-ce que tu penses que cette manière différente que tu as de ressentir et d’appréhender le monde a pu influencer ta vision du travail, ta manière de travailler, de manager et de faire du business?

Nicolas de Vicq: [00:09:55] D’être passé par des très grosses entreprises où les systèmes demandent parfois de mettre vraiment les émotions de côté, en tout cas dans la manière dont ça fonctionne dans des énormes boîtes. Pharma par exemple, j’ai travaillé pour, enfin je ne vais pas les nommer ici mais, on les connaît les grosses boîtes pharma belges. Et dans ces entreprises-là, il y a très peu de place à l’émotionnel parce qu’il y a énormément de process à mettre en place, il y a la qualité des produits qu’il faut assurer, il y a toute la chaîne de production qui doit tourner, donc très, très peu de place aux émotions. Et moi, j’ai vraiment développé une allergie aux grosses boîtes pendant maintenant, dix ou quinze ans, où j’ai été explorer le contraire total, qui est vraiment de mettre l’humain, l’émotionnel, ce qu’il y a dans les tripes, vraiment au cœur de ce qu’on fait avec Sandrine. Et aujourd’hui, revenir vers le monde des entreprises mais chargé de ça, ça me permet, j’ai l’impression de, comme d’aller réparer deux trois choses. Alors on ne va pas changer le monde tout seul mais il y a une volonté, en tout cas dans l’équipe que je dirige maintenant, c’est une petite équipe, on est 20, c’est de vraiment faire de la place à ça. Donc j’ai organisé un premier team building où je leur ai fait tirer des cartes d’animaux totems et on a parlé, tout le monde s’est mis à pleurer, c’était très drôle. Ils n’avaient jamais vu ça de leur vie, ils disaient « Mais tu es complètement fous ». J’ai dit « Ok, mais on va faire un peu de la place à autre chose que juste les trucs de révisions trimestrielles, de résultats de machin, voilà. Faire de la place aux émotions ».

Dr. Isabelle Deliége: [00:11:06] Tu parlais d’allergies aux grosses boîtes, est-ce que tu peux, si on revient un petit peu en arrière, à l’époque où tu y étais dans ce genre de structure, nous expliquer ce que ça a produit sur toi et chez toi?

Nicolas de Vicq: [00:11:19] Il y a plusieurs axes par rapport à ça. Il y a eu un événement plutôt interpersonnel qui m’a vraiment profondément impacté, donc une des managers d’une des entreprises pour laquelle je bossais qui était dans un schéma de de manipulation malsaine à mon égard, mais aussi envers d’autres personnes et j’ai trouvé ça insupportable, donc c’est vraiment quelque chose qui m’avait profondément atteint. Bon, je suis parvenu à la faire virer, mais donc si elle entend elle va peut-être se reconnaître. Mais n’empêche que c’était insupportable pour moi que ça puisse exister, qu’on laisse des personnes toxiques œuvrer pendant des mois, des années, sans mettre ça de côté. Donc ça c’est quelque chose où je me dis tiens, ça arrive trop souvent dans les grosses boîtes (Dr. Isabelle Deliége: Oui). Et puis il y a aussi vraiment le: je me démenais avec un état d’esprit entrepreneurial à l’époque, je me rappelle avoir été vers mon patron de l’époque en lui disant « Ben tiens, j’ai envie d’évoluer, j’ai envie de faire plus du commercial, j’ai envie de me former, j’ai envie de faire deux années à Solvay en management ». Enfin je venais vraiment avec plein d’idées, et il m’avait dit « Bah non, c’est trop cher, on n’a pas le budget ». Je dis « Ok », je suis revenue le lendemain en disant « Bah voilà j’ai trouvé un truc, je vais le financer moi-même. Et vous vous allez m’augmenter dans deux ans quand j’aurai le truc, et entre temps je vais faire plein de business vous allez gagner des centaines de milliers d’euros en plus ». Et il a regardé, il a rigolé en disant « Nicolas, we are managing you. You are not managing the company ». J’ai dit « Bah merde, il a raison, j’ai rien, je peux pas, je peux pas être créatif ici ». Donc je lui ai donné ma démission le lendemain et c’est ça qui a donné lieu à ce « Comment j’ai viré mon patron ». C’est vraiment de me dire « Mais en fait, vous n’êtes pas à la hauteur de mes besoins, donc je m’en vais quoi ».

Dr. Isabelle Deliége: [00:12:50] Tu es trop proactif pour eux. Excellent.

Nicolas de Vicq: [00:12:54] Mais je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont là-dedans malheureusement. Et parfois, il faut un peu avoir la Niaque de se dire « Bah voilà, qu’est-ce que je tolère encore, qu’est-ce que je tolère et comment est-ce que je peux reprendre les choses en main ».

Dr. Isabelle Deliége: [00:13:03] Ouais et reprendre sa souveraineté et de se dire qu’en fait on est la personne la plus importante de sa vie, ouais, super important évidemment. Un autre point que tu viens de mentionner, je trouve que ça vaut la peine de le souligner, parce que ça arrive quand même assez souvent que les personnes neuro-atypiques soient des proies de choix pour les personnes (Nicolas De Vicq: Ouais) qui sont plutôt à tendance manipulation. Parce qu’il y a un côté brillant, il y a un côté enjoué, hyper empathique. Et puis souvent elles veulent sauver le monde, et amener plein de révolutions et de bonnes idées. Et elles se retrouvent alors la proie de ces personnes qui vont leur pomper leur énergie, et c’est assez difficile d’en sortir indemne.

Nicolas de Vicq: [00:13:41] Ouais, c’est très, très, vrai ce que tu dis.

Dr. Isabelle Deliége: [00:13:44] Donc c’est bon à savoir. Et la plupart du temps, je suis désolée, là tu as réussi à la faire virer, la personne, Je dirais chapeau mais souvent la meilleure solution en fait c’est de couper le contact en effet.

Nicolas de Vicq: [00:13:54] Oui, tout à fait.

Dr. Isabelle Deliége: [00:13:54] Pour sortir de là. Sans y laisser trop de plumes, prenez soin de vous. Alors je vais aussi te demander; en quoi tu trouves que ta singularité est une force et un atout pour toi et ton business. Il peut y avoir plusieurs réponses bien sûr.

Nicolas de Vicq: [00:14:08] Beh, aujourd’hui j’en suis convaincue. Peut-être il y a quelques années, moins. Je pense que j’ai marqué un tournant vraiment, quand on a fait un tour du monde en famille, j’avais lancé une entreprise sur internet avec cette idée aussi de pouvoir être vraiment libre géographiquement, libre de mon temps avec ma femme, mes enfants, et on a fait ce tour du monde. J’ai eu un gros craquage en arrivant à Bali, donc on préparait ce voyage depuis des mois, et on est vraiment parti en mode freestyle en se disant « Voilà c’est l’aventure, donc on réserve deux nuits, et un billet d’avion, et puis on part et on verra bien, pour un an ». Et ma neurologie n’a pas suivi donc j’ai vraiment, le terme péter un câble était vraiment approprié, j’ai fait un espèce de burnout de voyage et d’aventurier quoi, et je me suis senti vraiment aller dans le 36ᵉ dessous en me disant « Mais en fait je ne suis pas capable d’être aussi proche de mes angoisses et de mon stress ». Parce que j’ai toujours voulu dépasser mes peurs, j’espère que je ne m’écarte pas trop de la question initiale (Dr. Isabelle Deliége: C’est pas grave vas-y, vas-y), mais en tout cas, ça va m’amener vers la réponse je pense. Où là, j’ai compris là-bas qu’il fallait que j’apprenne à me foutre la paix aussi et a pas toujours vouloir dépasser toutes mes peurs, vouloir réaliser tous les rêves dans la douleur et dans la souffrance en me disant « Voilà j’ai peur, mais je le fais quand même », parce que j’ai beaucoup fonctionné comme ça (Dr. Isabelle Deliége: OK). Et c’est quelque chose qui a été un peu difficile à vivre où, je suis profondément angoissé en fait (Dr. Isabelle Deliége: Ok). Et là, depuis ce voyage, donc c’était juste avant le Covid, j’ai vraiment marqué là-bas cette intention pour moi de dire « Ben fous-toi un peu la paix, la vie est belle, profite (Dr. Isabelle Deliége: Oui) de l’instant présent, profite de ta femme, de tes enfants. C’est déjà génial tout ce qu’on fait, il n’y a pas besoin d’en faire toujours plus, plus plus, plus, plus » (Dr. Isabelle Deliége: Oui) et là j’ai fait ce virage-là. Et aujourd’hui du coup, j’utilise ce que moi je pense être une forme d’intelligence, peut-être plus holistique, donc cérébrale mais aussi une intelligence fort connectée à mon corps, à mon ressenti, à mon intuition. Et une forme d’hypersensibilité aussi, donc on parlait d’empathie mais aussi (Dr. Isabelle Deliége: Oui) de tout le temps, de ressentir les choses très, très fort, plus, plus, plus. Et aujourd’hui, ben je mets ça au service de choses plus simples en me disant « Comment est-ce que je peux être un super coach? Comment est-ce que je peux être un bon manager pour mon équipe? Comment je peux être un super papa, être un chouette mari pour ma femme et de vouloir moins peut-être changer le monde en entier, mais juste déjà faire ma part à mon niveau, c’est déjà très bien quoi ».

Dr. Isabelle Deliége: [00:16:23] Et pour revenir sur l’événement, au début de ton voyage, tu veux dire que toi tu as ressenti le fait de te lancer en voyage comme ça, avec ta famille, tout en faisant ton business en ligne, que c’était pour toi dépasser tes peurs, vraiment aller au plus loin, et que c’était peut-être un peu trop exigeant pour toi?

Nicolas de Vicq: [00:16:43] Il y a une phrase de Jung qui me parle bien, qui dit « L’angoisse est le vertige de la liberté ». Et je pense que là, on s’est mis tellement de liberté (Dr. Isabelle Deliége: Oui, ok) que moi je l’ai vécu comme un vertige énorme en me disant « Mais, ok maintenant on doit faire l’école aux enfants, on doit continuer à faire tourner notre business en ligne, on est au bout du monde, il n’y a plus nos parents pour nous aider ». En plus on est parti on n’avait pas grand-chose sur les comptes en banque, donc c’était vraiment en mode « Bon ben on verra bien quoi ». Et j’ai cru que j’étais prêt à vivre ça pleinement et en fait (Dr. Isabelle Deliége: Ok) j’étais face à mes propres limites à ce moment-là, eh bien en fait je suis quelqu’un de très sensible, très, très angoissé et je dois aussi respecter ça. Et pas tout le temps penser que je suis un warrior « peur de rien quoi ».

Dr. Isabelle Deliége: [00:17:20] Ok, non mais ça me parle vachement ce que tu partages là. Et je dirais même que ça fait écho à deux phases de ma vie à moi, pour partager quelque chose de mon vécu. D’une part quand j’étais dans, mon premier travail c’était d’être chercheuse en fait, et donc j’ai fait, j’avais un sujet de recherche, une bourse de recherche, pendant quatre ans. Et après je dis « Ah bon, on doit arriver à quelle heure au bureau? ». Tout le monde s’en fout, « Il faut faire quand, les premières échéances? ». « Oh bah tu sais, tu as le temps », et donc c’était aussi un cadre, pour une première expérience professionnelle à 20 ans, assez lâche en fait. Et à un moment, moi pfff, je crois que je balisais aussi en fait, j’arrivais pas à tout m’auto structurer. À ce moment-là je trouvais que c’était quand même assez flippant en fait, de devoir être à ce point libre. Et un deuxième moment dans ma vie où j’ai ressenti ça, c’est quand j’ai lâché mon gros client en intérim management et en consultance et où je me suis dit « Allez vas-y maintenant, fais enfin, développe ton business de cœur hein? Comme tu nous avais appris à l’appeler ». J’étais là: « Wouah totale liberté », et en même temps je vois que c’est, ça peut être angoissant parce que ça veut dire, pour moi, que je suis la seule responsable de mon cadre. Je m’entoure, je vois des gens, je prends des accompagnements ou je mets des choses en place qui m’aident à me structurer, mais à un moment je ressens tout à fait ce que tu dis, que cette liberté elle est, quelque part flippante. Ou moi je me suis dit « Ouais, mais je suis là, confrontée en plein à toutes les directions explosives dans lesquelles mon cerveau m’emmène ».

Nicolas de Vicq: [00:18:50] C’est ça. Quand tout est possible, ça amène un espace incroyable dans lequel on peut se sentir un peu, face au vide aussi, dans le vertige. Et je crois qu’on doit tous, et peut-être encore plus ceux qui sont dans cette neuro-atypie, c’est de se dire « Mais comment est-ce que je fais la balance entre mon besoin de sécurité, et mon besoin de liberté » (Dr. Isabelle Deliégé: Oui) pour poser un cadre dans lequel je peux me sentir bien, me sentir épanoui sans être en flippe totale. Et ça, c’est un travail que chacun doit faire pour soi quoi.

Dr. Isabelle Deliége: [00:19:14] Exact, exact. De prendre compte aussi de ce besoin de sécurité.

Nicolas de Vicq: [00:19:17] Et dans l’entrepreneuriat c’est encore plus vrai. Parce qu’on a tous, on a tous besoin de liberté d’expression, mais on a aussi besoin d’un cadre de sécurité qui nous permet d’évoluer (Dr; Isabelle Deliége: Ouais) sans avoir en permanence peur de se crasher, donc heu…

Dr. Isabelle Deliége: [00:19:28] Oui, oui, non c’est super fondamental. Moi j’ai travaillé ça en constellation holistique avec les différentes parties de moi, et c’est vrai que la sécurité venait pointer le bout de son doigt.

Nicolas de Vicq: [00:19:38] Sans blague?

Dr. Isabelle Deliége: [00:19:38] On n’est pas obligé toujours de lui rabattre le caquet. Mais tiens, du coup, est-ce que ça vous parle vous, ce côté vertigineux de la liberté? Est-ce qu’il y en a des cartons verts autour de nous et dans nos auditeurs? Oui, un petit peu, mais pas tous. Oui quand même, une majorité.

Nicolas de Vicq: [00:19:53] Il y a beaucoup de vert, oui

Dr. Isabelle Deliége: [00:19:53] Il y a quand même beaucoup de vert. On est une petite communauté des vertigineux de la liberté, c’est assez sympa. Alors, on a parlé des challenges que ça peut nous poser mais est-ce qu’il y a d’autres challenges que tu as vu que ta manière de fonctionner, différente des autres, te poses dans ta vie d’entrepreneur et comment tu y fais face?

Nicolas de Vicq: [00:20:17] Il y a un challenge qui est venu assez vite, c’est beaucoup de gens qui me renvoyaient le fait que j’étais limite chiant à savoir tout faire. Donc…

Dr. Isabelle Deliége: [00:20:27] Ah je crois que je te l’ai dit ça.

Nicolas de Vicq: [00:20:28] Ah ouais? Non mais ça c’est vraiment pénible parce que, moi j’arrivais à une soirée, s’il y a un piano ben je vais me mettre au piano. Puis à côté il y a une guitare, puis je me mets à chanter, a un moment les gens il te fait « Putain, tu joues au piano, joue à la guitare, tu chantes bien, t’es drôle, c’est quoi le truc? Tu es chiant » (Dr. Isabelle Deliége: Oui). Et ça, mais donc du coup, maintenant ma femme avait dit un truc bien, elle m’a dit « Quand tu arrives dans un endroit, sors pas toutes tes cartes tout de suite, donc vas-y, vas-y petit à petit, en fonction de qui est là ». Donc voilà, ça j’ai appris à gérer aussi mais c’est vrai que c’est quelque chose qu’on m’a souvent dit presque « Arrête d’en faire trop parce que comme tu fais tout mieux que tout le monde c’est énervant ». Et c’est marrant parce que maintenant je vois ça chez mes enfants, donc ils sont en train de faire pareil. Mais différemment, il y a le petit Edouard, lui c’est un hyperactif, hyper sociable, il parle à tout le monde, il va dans des lieux avec des adultes donc je vois le petit garçon que j’étais qui aimait parler à tout le monde. Et puis Charles, lui il est beaucoup plus discret mais par contre c’est aussi voilà: piano, guitare, chant, informatique. Dès qu’il touche un truc, au golf, en deux ans il est devenu le meilleur joueur du club. Enfin voilà, il y a vraiment ce côté « touche à tout et tout bien faire » qui peut agacer.

Dr. Isabelle Deliége: [00:21:35] Et tout réussi, oui. C’est vrai que ça me fait penser à l’épisode qu’on a enregistré avec Fabrice Michau, sur le fait que être haut potentiel c’est pas qu’une question de QI. Et il en parle en fait très, très bien, je vous invite à aller écouter. C’est la manière, il parlait, dont les femmes HPI, il dit qu’elles font bouger la crête des coqs dans les entreprises autrement. Mais on se rend pas toujours compte de l’effet qu’on produit quand on dit « Ah mais oui, mais on va réviser les process, on a atteint ses objectifs » et puis on dit « En même temps je suis aussi responsable du comité des parents, et puis je lance un petit business sur le côté », et c’est juste naturel. Et en fait, les gens en face de nous, ils se comparent, ils se disent « Mais enfin (Nicolas De Vicq: Ouais), comment est-ce qu’il ou elle, elle fait tout ça? Et puis potentiellement, ben la comparaison n’est pas flatteuse, mais du coup ça peut se retourner contre la personne parce qu’on n’a pas envie de la soutenir en fait. Et on va peut-être plutôt la flinguer à l’occasion, parce que c’est trop insupportable en fait, d’être à côté de quelqu’un qui brille autant.

Nicolas de Vicq: [00:22:33] À mon mariage, le discours de mon meilleur pote, Michael il a dit « Tu es le seul pote à qui j’ai toujours eu envie de mettre un poing dans la gueule » (Dr. Isabelle Deliége: Ah!). Voilà, ça me, ça m’est resté comme un mantra. Donc il faut apprendre à doser, voilà

Dr. Isabelle Deliége: [00:22:47] Ne dites pas tout. Enfin voilà, parfois il faut peut-être enlever des lignes sur le CV ou doser ce qu’on dit, à qui, il y a un petit côté caméléon et montrer les facettes aux personnes quand c’est judicieux.

Nicolas de Vicq: [00:22:57] Et en même temps, sans s’éteindre ou se diminuer (Dr. Isabelle Deliége: Oui). Parce qu’on pourrait se dire « Bah tiens, j’ai pas envie de trop me mettre en avant, sinon je vais prendre ça dans la figure. Donc je me cache ». Non, il y a des talents (Dr. Isabelle Deliége: Oui), ils sont chouettes à exploiter donc c’est juste une question de dosage et de circonstances quoi.

Dr. Isabelle Deliége: [00:23:12] C’est tout un travail d’assumer sa brillance, oser briller, mais en même temps éviter de se prendre trop de tartes quand même, au final. Ou bien voir avec qui on ose faire ça, ça c’est peut-être aussi un élément, de voir (Nicolas De Vicq: Ouais) de qui je suis entourée, et en fonction de mon entourage, comment je me comporte?

Nicolas de Vicq: [00:23:30] Et apprendre à se laisser un peu tranquille de temps en temps aussi. Que c’est aussi ok de temps en temps de se taper devant Netflix et se dire que « Voilà, il n’y a pas grand-chose à faire ». Ça, ça s’apprend aussi.

Dr. Isabelle Deliége: [00:23:40] C’est ça, on n’est pas obligé tous les soirs de (Nicolas De Vicq: Ouais) faire un cours de yoga en ligne, un webinaire (Nicolas De Vicq: C’est ça) ou de faire des lectures.

Nicolas de Vicq: [00:23:45] J’ai eu une cliente récemment qui m’a dit « Ouais j’ai suivi 40 formations ces deux dernières années, mais j’ai la tête tellement pleine que je ne sais même plus ce que je vais faire ». Je dis « Oui ben, de temps en temps il faut laisser l’esprit s’aérer aussi et… Laisser décanter tout ce qu’on a envie de faire ».

Dr. Isabelle Deliége: [00:23:58] Oui, et pour ça souvent revenir dans le corps avec une pratique, soit plutôt intense des arts martiaux, des sports à haute intensité, ou bien quelque chose de plutôt calme en mode sophro, yoga ou méditation enfin, prenez ce qui vous ce parle mais ça peut vraiment aider à justement calmer ce mental en ébullition. Parce que, j’avais encore une cliente hier qui me disait « Mais en fait j’ai l’impression que je ne trouve pas le bouton stop quoi! Même quand je dors je ne suis pas reposée, j’ai l’impression que mon cerveau il ne s’arrête jamais ». Ben ça fait une petite question tiens, est-ce que ça vous arrive parfois de vous dire « J’aimerais bien trouver le bouton stop de mon de mon cerveau ». Les petits cartons… Encore des cartons verts. Je vous promets, ce n’était pas une séance de psychanalyse en direct hein? Je décline toute responsabilité, c’était juste parce que Michel m’a dit « Fais de l’interactivité Isabelle ». Non, mais merci beaucoup à tout le monde de partager. Alors, quels trucs et astuces tu as pu mettre en place pour t’aider? Je ne t’ai pas encore demandé ça!

Nicolas de Vicq: [00:24:56] Non. Il y a un premier, en fait, là c’est vraiment récent mais je suis complètement dingue de jardinage là en ce moment (Dr. Isabelle Deliége: Ok). Ça me vide l’esprit, c’est incroyable, je suis vraiment les pieds et les mains dans la terre à planter des trucs, à retourner, à faire, à rendre ça beau. Voilà, ça me donne un projet très global dans lequel je m’amuse beaucoup, à côté de tout le boulot que je fais évidemment.

Dr. Isabelle Deliége: [00:25:23] Des autres fans de jardins dans l’assistance!

Nicolas de Vicq: [00:25:26] Après, moi c’est la musique. Donc je joue beaucoup de musique, et là j’ai la joie de pouvoir jouer en plus avec mes gamins qui se sont mis aussi aux instruments. Donc on est tout le temps en train de faire de la musique, ça c’est vraiment cool. Et sinon, dans des pratiques peut-être un peu plus introspectives, ben pendant le voyage j’ai vraiment, je suis vraiment plongé profondément dans les pratiques de yoga et de méditation. Évidemment c’est plus facile de méditer à Bali, face à la jungle, que dans sa chambre à Bruxelles, bon voilà, quoi que, on peut voyager avec sa tête j’en suis d’accord. Mais j’ai tendance à être vite distrait, je peux pas dire que je suis un pratiquant de la méditation très assidue, j’ai des phases quoi (Dr. Isabelle Deliége: Ok). Je sais que ça me fait du bien et je sais que ça me nourrit, le sport évidemment. Et puis, sinon moi je, alors là c’est un sujet un peu plus délicat, mais j’aime explorer les médecines chamaniques qui sont pour moi un très, très beau moyen de, déjà d’explorer. Je suis un aventurier de la vie donc, voilà que ce soit des psychédéliques ou simplement des médecines comme le cacao qui est très, très soft. Ou le tabac en jus, etc. mais qui sont des médecines qui sont introspectives, et qui permettent de trouver parfois un peu le bouton off. Ou en tout cas à jouer avec le curseur en disant « Bah tiens, est-ce que je suis? Est-ce que je peux encore plus revenir dans l’être plutôt que dans le faire. Plus dans le cœur que dans la tête? ». Et moi j’aime explorer ces médecines qui existent depuis des millénaires et qui sont très révélatrices.

Dr. Isabelle Deliége: [00:26:51] Et oserais-je te dire que la connexion à l’invisible, c’est aussi une caractéristique qu’on retrouve fréquemment chez les personnes (Nicolas De Vicq: Ah ben voilà) qui sont à haut potentiel?

Nicolas de Vicq: [00:27:00] Et là on s’est fait un dôme dans le jardin, un dôme géodésique dans le fond du jardin, à côté d’un petit étang. Et c’est comme une bulle de paix totale, donc on a fait notre petit monde de Bali à nous dans le fond du jardin. Et ça, c’est un espace où, même si ce n’est pas pour faire une méditation de manière ultra posée, etc. Juste aller se poser là, et voilà j’aime bien me tirer des cartes aussi. J’adore jouer avec des oracles d’animaux, j’adore jouer avec le tarot de Marseille, juste aller explorer les choses plus intuitives quoi.

Dr. Isabelle Deliége: [00:27:28] Oui, une manière de se connecter à son intuition pour beaucoup de monde, de tirer ses cartes (Nicolas De Vicq: Oui en tout cas). Je ne sais pas si tu l’utilises dans un sens pour prédire l’avenir ou plutôt pour te connecter à l’intuition…

Nicolas de Vicq: [00:27:36] Non, plutôt pour amener des grilles de lecture à ce que je vis et penser autrement sur une situation plutôt.

Dr. Isabelle Deliége: [00:27:42] Il y en a qui se tirent les…, qui aiment aussi utiliser les cartes pour jouer à ça tiens, voilà? Quelques praticiens (Nicolas De Vicq: C’est cool) dans l’audience, mais pas tant que ça, un petit peu, quelques-uns. Non, non, on n’en est pas sponsorisé par l’un ou l’autre jeu, pas encore, qui sait un jour…

Nicolas de Vicq: [00:27:56] De toute façon je ne suis pas si sûr que les tarot de Marseille est encore là pour prendre les royalties. À mon avis, il est parti.

Dr. Isabelle Deliége: [00:28:01] C’est vrai qu’il y en a beaucoup maintenant. Et qu’est-ce que tu aimerais voir changer dans le monde professionnel Nicolas? Pour justement mieux intégrer ces personnes qui, comme toi, comme moi, comme plein d’autres gens, ne fonctionnent pas exactement dans la norme.

Nicolas de Vicq: [00:28:17] Là j’ai envie de donner une réponse mais elle est un peu cul-cul mais c’est vraiment (Dr. Isabelle Deliége: Vas-y, vas-y on prend tout) c’est vraiment mettre, le mot qui me vient c’est l’amour. Alors c’est un très grand mot, mais ça manque d’amour quoi, dans les entreprises telles que je les vois aujourd’hui. Et quand je pense amour, c’est pas l’amour charnel, c’est pas l’amour sentimental, c’est juste aimer les gens et s’aimer soi. Et donc le travail de l’amour de soi est quelque chose que j’ai beaucoup exploré dans les activités de coaching et de tout ce qu’on fait avec Sandrine. Dans les organisations, dès qu’on parle de ça, ben déjà je vois qu’il y a beaucoup de gens qui sont vraiment durs avec eux-mêmes. Qui sont même, qui ont pas ça dans leur paysage mental, de se dire « Je pourrais me donner plus d’amour », ça n’existe même pas.

Dr. Isabelle Deliége: [00:28:56] Avec quoi il vient, il a trop fumé de cacao.

Nicolas de Vicq: [00:28:58] Ouais! Le monde du développement personnel n’est pas présent dans la plupart des cas, peu de place aux émotions. Et l’amour amène des émotions aussi, l’amour de soi, l’amour de l’autre, et c’est vraiment, et là je vois dans… Ben chez Victoria, avec ce réseau de milliers de femmes qui travaillent, je vois à quel point ça manque parfois de respect mutuel, de sororité presque, d’être vraiment en communauté, de s’entraider, il y a beaucoup, beaucoup d’ego, beaucoup de batailles individuelles qui sont qui sont un peu dommage et ça manque un peu de love quoi, voilà.

Dr. Isabelle Deliége: [00:29:29] Et concrètement, si on voulait suivre ton conseil et mettre plus d’amour et de sororité au sein des entreprises, ça pourrait prendre quelle forme pratico-pratique?

Nicolas de Vicq: [00:29:39] Je crois qu’on pourrait faire déjà quelque chose de très, très simple, c’est d’ouvrir des cercles de paroles un peu cadrés. C’est pas très compliqué à mettre en place, on n’est pas obligé de mettre une bougie au centre et de chanter des Aum dans les organisations. Par contre, juste déjà, c’est quoi un cercle de paroles? C’est, déjà c’est un cercle, avec des gens, il y en a un qui parle et les autres qui écoutent. Et on pose un cadre, avec un timing qui fait que les gens vraiment peuvent donner leur attention à quelqu’un, et exprimer pleinement ce qu’ils ont sur le cœur. Donc déjà, juste ce processus-là moi je l’ai mis en place, version petite avec mon équipe, et je vois que les choses évoluent. On ouvre nos réunions avec un petit cercle de gratitude. Au début, il se foutait de ma gueule, aujourd’hui ben il partage quand même des choses « Bah tiens, je suis reconnaissant de telle chose, ou merci et ça ». Et je vois qu’au fur et à mesure, les cœurs s’ouvrent. Et donc je pense que ça c’est quelque chose qu’on pourrait mettre en place facilement dans les boîtes, et qui pourrait faire beaucoup de bien. Mais ça on a besoin d’oser quoi!

Dr. Isabelle Deliége: [00:30:28] Oui, oui. Et puis on peut commencer vraiment super mollo. Moi j’avoue que, même dans les boîtes de pro de la finance, les spécialistes et les fiscalistes, on avait juste commencé les réunions par un petit moment d’inclusion, comme on dit, avec une météo interne. Et un des trucs qui me fait super plaisir, c’est que j’ai re croisé un partenaire quelques années après à Amsterdam, il me dit « Isabelle, on fait toujours la météo interne en hommage à toi ». J’étais là « Ouf! » bah écoute, dans le monde des fiscalistes, c’est magnifique.

Nicolas de Vicq: [00:30:56] Ouais ben c’est superbe, c’est super bien. Et aussi autoriser à aller au-delà de « Ah pour moi c’est un petit nuage qui passe. Pour moi c’est le gros orage ». C’est déjà bien, c’est une bonne première étape, mais pouvoir vraiment déposer ce qui ne va pas, ce dont on a besoin de libérer, ça c’est encore un next step (Dr. Isabelle Deliége: Exact). Et je pense que c’est, on peut faire de la place à ça quoi.

Dr. Isabelle Deliége: [00:31:13] Oui, et c’est peut-être un des challenges aussi, c’est de prendre les gens où ils sont et de voir c’est quoi le prochain pas accessible évidemment (Nicolas De Vicq: Oui, oui bien sûr, oui) en fonction de la situation. Mais pour les personnes qui aiment aller jusqu’à la moelle et au cœur du problème, comme moi, c’est vrai que arriver à peut-être prendre respiration, faire un pas en arrière, regarder là où en est l’organisation, l’équipe qu’on accompagne et dire qu’est-ce qui est accessible pour eux. Moi je sais ce que ce serait la Rolls Royce et ce qu’ils sont en mesure… Mais qu’est-ce qu’ils sont en mesure d’accepter? C’est quand même un pas utile pour pas se prendre toute la résistance contre soi.

Nicolas de Vicq: [00:31:45] Ouais. Alors ce qui est pas mal aussi, c’est de faire des expériences un peu plus disruptive. J’ai donné une conférence dans une grosse banque belge, il y avait 300 personnes je pense, ou 500, ouais c’était ça. Et je les ai tous mis pieds nus. Alors déjà les banquiers, quand on demande « Enlevez vos godasses et si vous puez des pieds, personne ne saura que c’est vous parce que vous êtes 500 dans la salle », c’était déjà une étape. Et alors je les ai mis deux par deux, face à face, à se regarder dans les yeux avec une musique de Moby, un peu un truc qui prend bien dans (Dr. Isabelle Deliége: Ok) les tripes et le cœur, et juste se plonger dans le regard d’un de leurs collègues pieds nus. Et toute la salle pleurait, et il s’est passé un truc, alors il y en a qui sont venus me dire « C’est n’importe quoi, on ne fait pas ça dans les entreprises ». Et puis d’autres sont venu me dire « Ah, merci! C’est la première fois que je vois qu’il y a de l’humain et de l’amour dans cette boîte ». Donc c’est vraiment, c’est vraiment intéressant d’oser parfois créer des schémas qui disrupte complètement et qui amènent (Dr. Isabelle Deliége: Génial) autre chose que de la discussion cérébrale quoi.

Dr. Isabelle Deliége: [00:32:33] Super! Merci de nous partager toutes ces expériences que tu as déjà eu l’occasion de mettre en place. Et le dernier point c’est: quels conseils tu donnerais aux entrepreneurs, futurs entrepreneurs pour réussir leur entreprise?

Nicolas de Vicq: [00:32:45] Bah c’est d’assumer vraiment pleinement qui ils sont, de s’aimer comme ils sont. Peut-être pas de se dire « Bah tiens, je vois telle, telle personne sur internet qui a l’air de penser, faire comme ça, je vais faire comme elle ». Les gens qui se copient les uns les autres, ça donne vite. Et en plus, maintenant avec l’intelligence artificielle, on dit tous les mêmes trucs de la même manière, avec les mêmes emojis et les mêmes structures de phrases donc, arrêtons quoi. Je crois que, c’est peut-être ça l’invitation du neuro-atypisme, c’est de se dire « On est tous un peu atypique à notre manière, et au plus on est soi, au plus ça marche ». En tout cas dans le business, moi je vois les clients que j’ai accompagnés, plus ils sont ancrés, au plus ils sont eux-mêmes, au mieux ça marche. Ceux qui essayent d’être quelqu’un d’autre, c’est beaucoup plus laborieux, donc ce serait ça mon conseil.

Dr. Isabelle Deliége: [00:33:23] Super, Soyez vous-même, les autres places sont déjà prises.

Nicolas de Vicq: [00:33:26] Voilà. Bon, ça a déjà été dit mieux que moi mais, c’est ça.

Dr. Isabelle Deliége: [00:33:29] Merci beaucoup Nicolas.

Nicolas de Vicq: [00:33:32] Merci à toi et bravo!

Dr. Isabelle Deliége: [00:33:34] À bientôt. Merci.

Dr. Isabelle Deliége: [00:33:40] Merci d’avoir écouté Diversino, si vous voulez m’aider à le faire voyager, vous pouvez me laisser un avis, un commentaire, ou le partager avec une personne que ça pourrait intéresser, je serai super heureuse de lire vos feedbacks et vos avis.

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