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Jean Seyll – Lucid

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Jean Seyll – Lucid
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Jean Seyll : « Créer des vêtements sans créer de problème ! » C’est le moto de Lucid – Midoricast : Podcast #140.

C’est avec Jean Seyll, que nous recevons à notre micro grâce à notre amie et membre d’honneur AnBé (Storylific), que nous allons vous présenter un projet inspirant, authentique, local, en circuit court… en fait les qualificatifs nous manquent pour décrire Lucid ! Vraiment ce podcast il faut l’écouter !

À partir du 06 mai 2022 et jusqu’au 06 juin 2022, vous pourrez participer à leur crowdfunding via Ulule.

Merci de les soutenir, tous les gestes comptent!

Chez Midoricast nous partons du principe que de critiquer un monde, sans agir soi-même pour le changer, est fortement incohérent. Nous avons ici une opportunité de soutenir un projet écologique, local et Belges qui répond aux enjeux liés au monde du textile…tant pour l’environnement que pour le social : let’s go les ami.e s!

Si un passage en particulier vous intéresse nous vous proposons un séquençage de l’épisode ci-dessous.

Pour les personnes malentendantes ou ayant des troubles de l’audition nous proposons une transcription en fin d’article.

Écoutez ce podcast via notre chaîne Youtube (abonnez-vous : merci! ) :

Séquençage du podcast Lucid :

  • 00:14 Présentation de l’invité
  • 02:09 Déjà été employé ?
  • 02:37 Comment s’est faite la prise de conscience ?
  • 04:16 Pourquoi le textile t’a frappé plus qu’autre chose ?
  • 05:18 Si la qualité ne suit pas : n’est-ce pas pire au final ?
  • 06:21 Cliché sur le marché de la seconde main ?
  • 06:42 Le nom de ton projet et pourquoi ce nom ?
  • 07:05 Comment est-ce que ça fonctionne ?
  • 07:32 Tes attentes pour le textile
  • 08:10 L’impact social
  • 09:16 Transparence complète
  • 09:23 Avec qui travaillez-vous ?
  • 11:20 Le coton gourmand en eau
  • 12:01 Type de vêtements, danger pour la santé ?
  • 13:23 Jusqu’où vont les analyses pour les labels
  • 14:07 Et quand la machine à laver évacue l’eau de rinçage ?
  • 15:40 Problématique des teintures, des particules fines ?
  • 16:33 Impression sur le textile : sérigraphie, flocage ou broderie ?
  • 17:56 Après l’impact environnemental, l’impact social
  • 18:53 L’inclusion
  • 19:45 Site Web
  • 20:27 Hors Europe ?
  • 20:31 Comment sont colorés les textiles ?
  • 21:06 Les différences en impact avec des chiffres
  • 21:54 Le mot de la fin
  • 22:16 Une campagne de crowdfunding du 6 mai 2022 jusqu’au 6 juin 2022 : participez !
  • 22:36 Clôture de l’émission

Ou écoutez ce podcast via InstagramTV :

Le transcript du podcast avec Jean Seyll :

Si tu apprécies notre démarche de transcrire les podcasts : parle de ce podcast à ton entourage

Nous pouvons allouer des ressources aux transcription grâce aux donations reçues vers notre association The Podcast Factory Org.

Le lien pour faire un don :https://buy.stripe.com/eVacQA1tGdZecZafYY

Début du podcast Lucid :

00:00 Michel:Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma bxl » innovation playground 

00:09 Jingle intro : Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory »

00:14 Michel : Bienvenue pour un nouvel épisode de « Midoricast », alors pour ceux qui prendraient le projet en cours de route « Midori » veut dire vert en japonais, pour l’écologie ; « Cast » pour podcast. L’écologie, oui, mais plutôt la transition, la réflexion positive, les exemples inspirants et c’est le but aujourd’hui. Et devant moi je reçois Jean Seyll. On s’est rencontrés par une personne interposée qui est « AnBé », qui est membre de notre ASBL, qui propose aussi des podcasts où, quand on l’écoute et qu’on fait des dons, elle fait planter des arbres grâce à ces donations. Donc c’est encore un projet qui nous parle et qui nous va droit au cœur, elle est venue d’ailleurs à notre micro. Et puis elle m’a parlé de toi et elle m’a parlé de ton projet…. Et je me suis dit « Ben voilà, encore un exemple positif à montrer à nos auditeurs ». Et un exemple positif à double titre parce que moi il m’intéresse particulièrement. Je trouve qu’il manque énormément sur le marché belge, mais je ne veux pas trop en dire, on va découvrir ça petit à petit, dans cette interview, avec toi. On va commencer par un petit mot de présentation : c’est quoi ton profil ? Tu as fait quoi comme parcours qu’on comprenne un peu comment est venue finalement l’idée de ce projet dans ton histoire de vie ?

01:07 Jean Seyll : Salut à tous, moi c’est Jean. Merci « AnBé » merci à Jonathan Bradfer qui nous a mis en contact avec AnBé aussi ! Donc moi j’ai 27 ans, là je suis sur Bruxelles depuis septembre dernier. J’ai su ramener ma copine parce qu’on était à Berlin, copine péruvienne, qui du coup elle n’était pas trop chaude de venir Bruxelles mais je lui ai expliqué mon projet et elle a su être convaincue. J’ai un profil assez standard entre guillemets, au niveau des études j’ai fait un ingénieur de gestion pendant 5 ans : donc 3 ans à Namur puis 2 ans à Louvain-La-Neuve. Et puis j’ai refait un master, après, en développement durable. Parce qu’ingénieur de gestion ne collait pas trop à mes valeurs ou à celle que je voulais mettre dans mon quotidien. J’ai refait 2 ans à Berlin en développement durable donc c’était un peu ce que je faisais en ingénieur de gestion mais avec des valeurs sociales et environnementales. Appliquées à chacun des thèmes, donc c’est vraiment cool, avec des gens hyper inspirants genre vraiment une classe de 40 personnes de tout horizon, là où j’ai rencontré ma copine d’ailleurs. Tous avec des profils vachement différents, avec des ambitions… une culture aussi vachement différente donc du coup ça a permis de, vraiment, m’ouvrir et de comprendre un peu mieux comment le monde fonctionnait, m’ouvrir à d’autres thématiques et problématiques.

02:04 Michel : Tu es sortie du parcours scolaire et estudiantin depuis quand ?

02:07 Jean Seyll : Depuis 2020 

02:08 Michel : Et tu as ? (Jean Seyll : 27) ans. 

02:09 Michel : J’ai 2 questions par rapport à ton parcours. Tu as déjà travaillé pour des patrons ?

02:12 Jean Seyll : Déjà j’ai fais des stages. J’avais un premier stage dans une grosse boîte d’import-export de fruits et légumes, il m’avait vendu le truc un peu genre « on fait de l’agriculture raisonnable et cetera » bon c’était vraiment une toute petite partie… et puis j’ai fait un autre, mais là c’était vraiment plus « en test », pendant mon 2e master. J’écrivais déjà mon mémoire à propos du recyclage dans la mode textile. Mais je me suis dit c’est bien de faire un stage pour voir un peu l’autre côté, donc avant d’être indépendant, peut-être de voir un peu ce que c’est de travailler vraiment dans une grosse boîte. J’ai fait un stage dans une grosse boîte de consultance

02:37 Michel : La question qui m’interpelle dans ton parcours c’est : quelle est la prise de conscience ? Elle s’est faite comment ? C’était intuitif, c’était naturel ? Ou c’est parce que tu étais sollicité dans ton entourage ? 

02:46 Jean Seyll : Je pense que c’était un mixte d’un peu de tout. Tu es toujours influencé par ta bulle, donc ta sphère d’influence justement : tes amis, ta famille et cetera… Donc je pense qu’il y a une partie là-dedans, il y a une énorme partie juste de connaissances et d’informations en fait. Le premier mémoire que j’ai dû écrire, donc pour mon premier master, c’était sur l’économie circulaire et c’était en 2016. C’était quelque chose qui était encore un peu aux balbutiements de l’économie circulaire, maintenant tout le monde comprend un peu le principe. Et en fait j’avais simplement vu à la télé des mecs qui réutilisent des pains dans les Delhaize et cetera, les pains impropres à la consommation entre guillemets, enfin ils sont justes durs et secs mais bon on pourrait toujours les manger. Ils les réduisent en espèce de farine et, avec, ils refaisaient de la bière ! Je trouvais le concept incroyable de réutiliser des déchets pour pouvoir faire quelque chose qui a de nouveau de la valeur. Alors qu’à la base le pain là, en question, il est juste mis dans les meilleurs des cas au compost mais c’est un déchet qui a de la valeur et qui n’est pas utilisé quoi ! Et je trouvais le principe incroyable, j’ai gratté un peu dans l’économie circulaire, dans les circuits courts…

03:35 Michel : Et c’est là que les prises de conscience (Jean Seyll : Oui) et les notions sont venues. 

03:38 Jean Seyll : C’est ça, c’est souvent de l’information, de la connaissance, et de se dire « Ok, il y a beaucoup de déchet, il y a moyen avec les déchets refaire des nouvelles matières premières » : je trouvais ça incroyable. Puis après tout ça, ça découle à une problématique. Problématique des déchets, des productions industrielles et cetera. Et puis, petit à petit, tu commences à vraiment avoir des savoirs et des connaissances qui viennent de droite à gauche. Mais je ne peux pas dire qu’il y a vraiment eu une prise de conscience à part cet exemple-là. Puis un autre exemple : ma marraine m’avait acheté une veste, elle revenait de vacances et elle m’avait acheté une veste, et c’est la marque « Picture » – je ne sais pas si tu connais – ils font vraiment du chouette travail. Et l’intérieur de la veste était fait entièrement en polyester recyclé, à l’époque ça représentait quand même quelque chose d’assez nouveau. C’était incroyable de se dire « waouh ce sont des bouteilles plastiques qui font l’intérieur de la veste » quoi. 

04:11 Michel : Ca t’as inspiré quelque part déjà quelque chose… (Jean Seyll : C’est ça).

04:13 Jean Seyll : Et après, petit à petit, documentaires, les personnes que tu rencontres et cetera

04:16 Michel :  Pourquoi le textile t’a frappé plus qu’autre chose ? Ça te semblait être un élément clé ou simplement ça a un intérêt ? Tu peux un peu expliquer ?

04:22 Jean Seyll : Alors intérêt non, pour les gens qui me connaissent la mode c’est vraiment un truc qui ne m’intéresse mais absolument pas ! Je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit comme effort pour m’habiller un jour dans ma vie. Pour moi c’était vraiment le fait que c’est une industrie qui concerne tout le monde. Et qui va continuer à concerner tout le monde parce que tout le monde doit s’habiller, tout le monde va continuer à s’habiller. Je trouvais le challenge vraiment très important. Ayant déjà fait de l’économie circulaire, j’avais commencé à regarder des documentaires aussi qui parlaient de plus en plus de la mode. Et l’économie circulaire, je trouve, était vraiment un système intéressant à mettre en place parce qu’un vêtement peut redevenir un vêtement. Il n’y a pas beaucoup d’industries dans lesquelles on peut vraiment avoir une boucle circulaire quand la logistique sera prête. Et donc du coup le challenge était assez intéressant. Et puis aussi c’était plus une espèce de questionnement parce que j’entendais beaucoup « coton organique », j’entendais beaucoup « coton bio », beaucoup de choses à ce propos puis je me suis dit « bah ça reste quand même une matière première qui demande beaucoup d’eau, qui est encore faite à l’autre bout de la planète, est-ce qu’il y a moyen d’avoir quelque chose de plus sympa à mettre en place ? » puis on parlait des matières recyclées, je me dis « est-ce que c’est vraiment quelque chose qui est enviable ?» Toutes ces questions-là était hyper intéressante, donc c’est plus un challenge. Et puis je me suis rendu compte qu’en fait il n’y a pas beaucoup de propositions

05:18 Michel :  On voulait faire un peu des vêtements avec les marques de notre ASBL, un peu pour les gens qui ont fait une donation, les remercier, où faire un crowdfunding, on avait plein d’idées. Et on a été très vite confrontés en fait à une offre sur le marché qui est fort limitée, voire parfois « pas crédible ». Et alors le comble c’est que j’ai testé avec des gens qui se profilent avec une action environnementale, avec une attitude informatique Green IT et puis ils te vendent des T-shirts, expliquent un peu le même discours que tu me tiens quoi ! Et puis j’ai acheté les produits, après 3 lavages t’as le truc qui part en cacahuète et finalement tu te dis « Mais Ok, ça a été écoresponsable, mais si je dois en acheter 10 au lieu d’un finalement ? » et c’est une question que je vais te poser aussi par rapport à tes produits, tu te rends bien compte, est-ce que parfois c’est pas un moindre mal ? Tu vois… Ce sont des questions qu’on peut se poser naturellement ! 

05:59 Jean Seyll : La meilleure consommation déjà c’est la consommation que tu ne fais pas. Je le dis à chaque fois, si vous voulez acheter des vêtements, vous devez avoir un besoin derrière. Par exemple, typiquement, moi j’achète principalement mes vêtements en seconde main. Quand j’ai besoin de vêtements j’achète en seconde main et je me rends compte aussi qu’il y a un problème avec le seconde main : c’est que tout le monde n’est pas prêt à acheter du seconde main parce que la logistique est compliquée, parce que tu vas dans un magasin : tu sais pas trop ce que tu vas avoir. Pour moi ce n’est pas encore très bien organisé, il y a beaucoup de choses à faire là-dedans !

06:21 Michel : Puis il y a encore le cliché : « Ah ça fait un peu pauvre »

06:23 Jean Seyll : Mais ça change, les gens commencent à porter de plus en plus de seconde main et c’est tant mieux : L’effet vintage. Mais je ne pense pas que c’est en focalisant uniquement sur le seconde main qu’on va pouvoir donner une solution concrète à l’entièreté de la problématique. Je pense que pour moi il doit y avoir du seconde main, il doit y avoir de la location, ça c’est vraiment encore plus compliqué. Et du coup des vêtements neufs mais qui sont faits de manière plus éthique, plus responsables, plus locales.

06:42 Michel : On va donner le nom du projet que tu as créé.

06:44 Jean Seyll : Lucid 

06:45 Michel : Il y a une origine au nom ?

06:46 Jean Seyll : Ca pars du fait qu’à la base j’avais un nom qui était déjà pris et puis j’ai dû trouver autre chose, et j’avais vraiment fait toutes les démarches, et puis après je me dis « Ah bah il est pris ». Et lucid c’est le fait de se dire que, de manière lucide, on sait qu’il y a une problématique au niveau de l’industrie du vêtement…

06:58 Michel : Donc c’est la lucidité

06:59 Jean Seyll : Voilà, c’est la manière la plus correcte actuellement de proposer une alternative concrète à ce monde industriel un peu compliqué !

07:05 Michel : Comment est-ce qu’on va faire ? Comment est-ce que Lucid va fonctionner ?

07:07 Jean Seyll : Lucid en fait ça parle vraiment de cette problématique que, moi personnellement, je ne trouvais pas ce que je voulais sur le marché du vêtement. Il n’y avait pas une solution complète dans le sens où il y avait soit des vêtements qui sont produits à l’autre bout de la planète, qui ont encore un impact environnemental : parce qu’il y a encore beaucoup de coton bio ; la tourmente avec ce qui se passe avec les ouïghours ; des usines dans cette région-là. On ne sait pas trop garantir exactement la transparence…

07:26 Michel : Il y a une offre. Mais tout ce qui est autour parfois n’est pas exactement répondant à nos attentes (Jean Seyll : Oui parce que je te dis) et apparemment tu as des attentes spécifiques aussi 

07:32 Jean Seyll : Pour moi il n’y a aucune marque, ou pas beaucoup de marques, qui coche vraiment la liste de toutes mes attentes. Le critère le plus primordial c’est l’impact environnemental du vêtement, donc il faut qu’il soit fait dans des bonnes matières, il ne faut pas qu’il soit produit à l’autre bout de la planète…

07:42 Michel : Le vrai problème c’est ça, c’est l’autre bout de la planète déjà !

07:44 Jean Seyll : C’est une partie du problème. Mais aussi un problème de résistance, le fait d’avoir un vêtement qui ne va pas après 3 lavages partir en cacahuète. Ça c’est important parce que, du coup, la meilleure manière de réduire l’impact d’un vêtement (Michel : c’est de moins consommer) et c’est de le faire durer le plus longtemps possible (Michel : Voilà, c’est ça) donc avoir des matériaux résistants et avoir aussi un certain savoir-faire qui fait en sorte que ton vêtement ne va pas après 3 lavages perde ses coutures…

08:01 Michel : Je soulève en pull, tu vois le t-shirt en dessous ? Voilà c’était ça : tu vois ? (Jean Seyll : Ah oui, ok, oui) voilà, il s’effrite quoi ! C’est tout, tout part ! (Jean Seyll : On en parlera après, je te dirais un peu le problème derrière) la colle part, oui tu m’expliqueras, tu m’expliqueras.  

08:10 Jean Seyll : L’impact social, je trouve ça assez intéressant d’être vecteur de progrès social entre guillemets  

08:14 Michel : Pas des gamins de 12 ans qui travaillent sous-payés 

08:16 Jean Seyll : C’est vraiment transparent, savoir avec qui tu travailles et comment tu travailles. Et ça avec Lucid on le fait mais je vais y venir après. La localité : donc le fait d’avoir vraiment ta chaîne de valeur qui soit la plus locale possible. Quand tu vois aussi ce qui se passe quand tu as un monde globalisé dès que tu as un problème dans une région. Ça peut impacter ta chaîne de valeur ce qui fait que du coup tu as un problème de résilience. 3 mots interdits mais il y a COVID, il y a les Ouïgours et il y a ce qui se passe en Ukraine ! Voilà ce sont des événements globaux qui vont impacter…

08:37 Michel : Trois grosse claque dans la société qui fait que maintenant on comprend « ouïe» tout mettre ailleurs de chez nous c’était pas la meilleure idée ?

08:41 Jean Seyll : Exactement, exactement. La résilience, vraiment créer de l’emploi, soutenir l’économie locale…

08:46 Michel : Je me demande si quelqu’un est capable de me répondre à la question suivante, à mon avis c’est facile, mais je lance le petit challenge parce que c’est une prise de conscience aussi : combien d’entreprises sont locales et Belges ? Je me pose la question !

08:56 Jean Seyll : Et c’est là qu’on en vient du coup : avec Lucid notre moto c’est « créer des vêtements sans créer des problèmes ». Donc on veut avoir une chaîne de valeur qui soit la plus locale possible, donc on aimerait bien tout créer en Belgique. On utilise les matières premières et donc, notre vêtement, on veut qu’il ait l’impact environnemental le plus faible possible. On veut créer du progrès social, on veut être le plus inclusif possible et on veut être très transparent, donc vraiment montrer exactement ce qu’on fait !

09:16 Michel : C’est ce que j’ai beaucoup apprécié sur votre site internet. Tout y est mis quoi ! (Jean Seyll : Tu vas sur le site…)A la limite…

09:18 Jean Seyll : Exactement, on pourrait nous voler notre recette… mais c’est tant mieux parce que du coup ça va faire en sorte qu’il y a plus de propositions intéressantes là-dessus quoi ! 

09:23 Michel : Ah oui, je réfléchis comme ça aussi. Dans le concret comment on travaille avec qui ? Moi j’ai lu un peu mais je vais te laisser un peu expliquer à nos auditeurs… donc vous avez une société en France. Il y a quand même, ça reste local, relativement, la France et la Belgique c’est très près l’un de l’autre ! (Jean Seyll : Oui, oui) Il faut relativiser. Je dis toujours : les gens en France ils font Marseille-Paris ce n’est pas loin ; mais en Belgique on leur dit Bruxelles-centre-Evere : « Oh, c’est trop loin ! », tu vois, c’est leur relativité de la distance.

09:44 Jean Seyll : Non c’est clair. On essaie vraiment, au début le challenge c’était d’avoir du 100% Belge. Puis on est vite revenu sur terre parce qu’on a plus beaucoup d’industrie en Belgique 

09:51 Michel : Qu’est ce qui manquait en Belgique ?

09:52 Jean Seyll : La matière première. On achète notre fils en Espagne, le fil recyclé est fait en Espagne. Là pour l’instant on prend de la matière recyclée parce que c’est ce qui nous paraissait, enfin moi j’ai étudié ça. Et au niveau de l’impact c’était ce qui était le plus réduit et en même temps le plus industriellement parlant prêt. On pourra parler du lin, du chanvre, ça ce sont des matières qu’on aimerait bien remettre dans nos prochaines collections. Du chanvre Français ou Belge, ça serait super intéressant d’avoir ça. Mais ça ce sera pour la prochaine collection, là pour l’instant le recyclé c’est vraiment ce qu’il y a de mieux et ce qui est de plus accessible et facile à mettre en place, entre guillemets, quand on démarre aussi petit et qu’on n’a pas encore de pouvoir de vraiment recréer une chaîne de valeur de chanvre et de lin. 

10:23 Michel : Donc ce fameux fil en Espagne c’est du plastique recyclé ?

10:26 Jean Seyll : C’est 45% coton recyclé. Ça ce sont des déchets textiles donc quand on coupe un vêtement, le vêtement il n’est pas carré, il n’est pas rectangulaire, il y a toujours des chutes. Et en fait notre partenaire espagnol il va récupérer toutes les chutes des industries parce que l’Espagne, le Portugal ce sont des grosses industries au niveau du textile. Il va tout récupérer, va tout mettre par couleur. Donc trier par couleur et par composition, donc il va reprendre que les 100% coton, tout par couleur, et puis après il va défibrer, donc vraiment réduire à l’état de fibres. Et puis on aura plus que des toutes petites fibres de coton rouge, de coton bleu, coton orange, et cetera Et avec ça il va faire un mixe pour arriver à la couleur qu’on aimerait bien avoir finalement. Et le problème de cette technique, cette technologie, c’est qu’on va réduire la taille de la fibre, ce qui fait qu’elle est moins résistante. Tu ne peux pas avoir du 100% coton recyclé actuellement, pas par cette technique-là. Ce qu’il fait c’est qu’il va devoir le mixer avec une autre matière, alors ça, il y a 2 manières de voir les choses soit tu le mix avec du coton vierge, donc soit du conventionnel, soit de l’organique (enfin du bio) indépendamment de… 

11:17 Michel : Et là on retourne aussi dans des questions environnementales de nouveau ! 

11:20 Jean Seyll : C’est ça, exactement. Donc nous on s’est dit on va prendre ça parce que du coup c’est du coton qui vient encore de : tu ne sais pas trop où, tu ne connais pas trop la transparence et cetera, ça consomme beaucoup d’eau, tu connais la problématique. Donc on s’est dit qu’on va le mixer avec du polyester recyclé, des bouteilles plastiques, du PET recyclé. Là, ce qui est bien avec ça, c’est que ça amène beaucoup de résistances. Parce que le polyester recyclé est aussi résistant que le polyester de base, vu que c’est simplement le polyester de base qu’on va faire fondre, on va récupérer le polymère et puis on va le retisser pour pouvoir refaire un fil. Donc là on a un mix, de ces 2 matières, qui est 100% recyclé du coup et qui nous permet d’avoir beaucoup de résistances. Le seul souci, et c’est là que je veux en venir aussi et c’est sur notre site web donc on est très transparent, c’est que ça crée aussi le souci de micro plastique, donc ces petites particules de plastique qui se décomposent, enfin qui sortent du fil entre guillemets donc la partie plastique. 

12:01 Michel : Je t’ai avoué aussi que c’était ce qui m’interpelle le plus. Parce que, tu fais des vêtements pour adultes ? Ou pour enfants aussi ? 

12:06 Jean Seyll : Non, pour adultes (Michel : Pour adultes)

12:07 Michel : Parce que tu sais, quand tu es papa, à un moment donné les enfants ils mettent dans la bouche leurs vêtements, leurs manches. Si c’est un vêtement qui perd des microparticules plastiques parce que c’est fait des matières recyclables (Jean Seyll : Oui) On en a parlé, le plastique il y a plusieurs sources : il y a des plastiques qui sont recyclables fait à partir de plastique sans trop de danger pour la santé, qui n’ont pas trop de pertes… Mais j’ai du mal d’y croire quand même, je crois qu’il y a toujours à un moment une perte ou l’autre et puis il y’a vraiment des plastiques qui sont à la limite dangereux pour la santé, cancérigènes donc…. Ca a interpellé quand même, dans les échanges qu’on a eus quand je t’approchais où que j’étais intéressé de me fournir des produits, c’était la première question que j’ai posée si je me rappelle bien (Jean Seyll  : Oui, oui) C’est cette question de : « tiens, est-ce qu’on a étudié l’incidence du plastique et pourquoi le plastique » puis deuxième aspect de cette explication que tu me donnes, c’est aussi que je me dis qu’on mélange un produit, qui est une chute certes, mais qui est un produit quand même relativement proche du naturel avec un produit très artificiel : est-ce qu’on peut faire la marche inversé quand ce vêtement, quand vos vêtements, sont en fin de vie ? Qu’est-ce qu’on peut faire ? Est-ce qu’on peut encore les recycler ? Est-ce qu’on peut encore faire quelque chose ? Donc il y a deux questions en une, je vais te laisser répondre !

13:01 Jean Seyll : Deux très bonnes questions. La première c’est qu’il y a des labels : le label « oeko tex » qui est un label qui va vraiment certifier le fait que le textile ou la matière est propre à la consommation, entre guillemets, en textile. Donc c’est à dire pouvoir vraiment le porter sur tes épaules les ce sont des label très sérieux. Dans la sainte Trinité des 3 labels dans la mode il y a le « oeko tex », « GOTS » et « GRS ». « oeko-tex » c’est vraiment sur la santé, l’aspect perte de micro plastiques, est-ce que ça va 

13:23 Michel : Mais ils réfléchissent tu penses au fait qu’un enfant pourrait mettre un vêtement bouche ?

13:26 Jean Seyll : Je ne sais pas exactement te certifier ça, donc je ne vais pas prendre de risque là-dessus. Je sais que ce sont des labels très poussés au niveau de l’impact du vêtement sur ta santé ou sur ta peau par exemple. Par exemple le fait que tu aies du polyester recyclé sur ta peau : garantir que tu ne vas pas commencer à voir des démangeaisons et ce genre de truc… 

13:38 Michel : Ils ont quand même une réflexion assez poussée et intelligente (Jean Seyll : C’est ça) sur le sujet quoi ! 

13:41 Jean Seyll : Par contre le fait d’ingérer en le mettant dans ta bouche et cetera, je sais pas s’ils ont été jusque-là. Mais comme je te disais aussi en off, les micro plastiques ça devient une problématique quand tu laves ton vêtement. Donc toi tu me parlais de la pluie par exemple, si il pleut, est-ce que tu vas perdre ça ? Ce n’est pas le pas parce-que il faut vraiment des conditions extrêmes, entre guillemets, que tu as dans un tambour de machine à laver qu’il y ai de la torsion, qu’il y de l’eau où t’es vraiment immergé dans l’eau et c’est plus le fait d’avoir vraiment ces cassures dans ton tambour qui fait que tu vas perdre, enfin que ça va casser un petit peu le polyester. 

14:07 Michel : Cette eau de la machine à laver elle est évacué dans la nature !

14:09 Jean Seyll : Alors voilà, nous ce qu’on s’est dit c’est que soit tu continues à supporter du coton organique et / ou du coton vierge et donc d’avoir encore de la matière première qui arrivent, qui doivent être créées pour ce vêtement et qui viennent de l’autre bout de la planète, qui consomme de l’eau et cetera : ça c’est une problématique. Mais le fait d’avoir à la fin : tu aurais dû 45% de coton recyclé et du 55% coton vierge ou quoi, à la fin tu as quand même un fils qui est 100% naturel. Donc pour le recyclage, comme tu dis, c’est positif. Parce que du coup c’est beaucoup plus facile à recycler, tu as juste à mettre avec les autres cotons, tu le défibre et tu refais de la matière : donc ça c’est le point positif par rapport au point négatif du coton. Et nous ce qu’on s’est dit c’est qu’on va mettre du polyester recyclé parce que ça va augmenter la résistance. Ce qui fait que ton vêtement va durer peut-être 5 à 10 ans de plus qu’un vêtement qui a été fait dans des matières naturelles. Pour moi c’est la meilleure manière de vraiment réduire l’impact du vêtement, c’est de le garder plus longtemps sur tes épaules. Tu ne vas pas vouloir le recycler ou tu ne vas pas vouloir le mettre à la poubelle parce que justement il aurait été plus résistant.

14:58 Michel : Qu’il ne se dénature pas (Jean Seyll : C’est ça) que les couleurs ne sont pas perdues 

15:01 Jean Seyll : Exactement. J’ai des t-shirts moi que j’ai depuis 10 ans je ne compte pas forcément les mettre à la poubelle ou aller les faire recycler parce que je continue à les porter, parce qu’ils sont encore en bonne forme. Par contre ça a une problématique, c’est ces micro plastiques mais pour y répondre il y a des manières très simples. Tu peux par exemple mettre tes vêtements dans des sacs de lavage, donc il y’en a un développé en partenariat avec Patagonia qui s’appelle « Guppyfriend », c’est vraiment très cool, moi j’en ai un ! Et en gros tu le mets dans un sac de lavage qui est une espèce de tamis (Michel : De filtre) Enfin de filtre, qui fait qu’il va vraiment garder tous ces micro plastiques, il garde jusqu’à, je pense que c’est entre 80 et 90% des micro plastiques. Donc tu mets tous tes vêtements qui contiennent des plastiques et à la fin, quand tu as fait 3 ou 4 lavages, tu peux même les récupérer. Parce qu’ils restent tous au même endroit, dans un coin du sac. Et donc tu peux les prendre et aller en disposer en les mettant dans la poubelle blanches ou bleues dépendamment d’où tu habites déjà.

15:40 Michel : J’ai joué un peu l’avocat du diable et je t’ai un peu provoqué sur des choses qui sont le plus « touchy ». Forcément les choses qui freinent les gens qui font une réflexion un peu plus poussée sur un choix conscient d’achat, ou pas. Evidemment je suis aussi conscient que quand on achète du textile classique, dit naturel, avec l’impact écologique que tu as expliqué, il ne faut pas se leurrer. Souvent ils sont colorés avec des teintures qui sont, elles, de toute façon catastrophique au niveau environnemental donc quelque part, dans la balance, c’est clair que ta solution est nettement plus positive (Jean Seyll : Je pense) d’une part. D’autre part, et là je reviens un peu dans le côté bienveillant aussi, ces vêtements c’est aussi parfois, et on a dit qu’on allait en parler, comme le t-shirt que je t’ai montré imprimé où décoré. Et la première usure que moi j’ai constaté sur ce type de t-shirt c’est que ça s’effrite, ça part, et ça fout le camp partout. Donc tu les perds dans ton salon, tu les perds dans la machine à laver, je retrouve ces microparticules d’impression : je les retrouve partout quoi ! Ça fait vraiment comme une peau qui pèle (Jean Seyll : Oui, oui) et ça c’est une catastrophe aussi en termes d’environnement, parce que là tu n’as même pas contrôle où tu peux te dire que tu limites la conséquence de ton impact, tu en fous partout !

16:33 Jean Seyll : C’est une réflexion qu’on avait aussi parce que là ton t-shirt tu vas continuer à porter, toi, parce que je pense que tu as des valeurs et cetera (Jean Seyll : Exact) mais le fait qu’il ait déjà ce design qui commence un peu à se désagréger et cetera.

16:41 Michel : Je le cache, je mets un pull. En été je mets des t-shirts de meilleure qualité ! 

16:44 Jean Seyll : Voilà c’est ça. Donc du coup ça donne déjà l’envie de vouloir disposer de ce t-shirt. Toi, tu ne le feras pas parce que du coup tu as une réflexion un peu consciente là-dessus mais pour beaucoup de gens c’est un facteur qui fait qu’ils vont disposer du t-shirt, qu’ils vont aller en racheter un autre. Par exemple pour notre t-shirt on a décidé de pas floquer ou de ne pas imprimé dessus, on brode.

16:58 Michel : Ah les auditeurs ne le voit pas ! Et là il est en train de se déshabiller devant moi ! Ca devient chaud aussi ce podcast (Jean Seyll : Chantonne en référence à un striptease) Ah oui voilà ! Oui ça c’est joli quoi ! (Jean Seyll : Tu vois il est brodé quoi. Ça rend le truc plus authentique.

17:06 Michel : On mettra les photos parce que les auditeurs vont être frustrés ils ne peuvent pas voir…. (Jean Seyll : De moi tout nu ?) Non, non, pas de toi tout nu. (Jean Seyll : Ok, oh zut, désolé les auditeurs) Ca y est on a un exhibitionniste à notre micro (Jean Seyll : Rires)! Non, non, plaisanterie à part, je rappelle aux auditeurs : le podcast est accompagné une version Youtube et InstagramTV où il y a des visuels qu’on fait défiler et dans ces visuels il y aura le t-shirt et on verra un peu la différence entre ce que tu nous montres, ce produit test, et celui-là où il a vraiment été brodé, on le voit clairement ! (Jean Seyll : Oui, là c’est brodé dedans)

17:28 Michel : C’est brodé à la main, non ? 

17:29 Jean Seyll : Non c’est une machine. Mais en fait nous on veut vraiment relocaliser un maximum les étapes de production. C’est brodé à Namur et en gros là c’était une réflexion aussi parce qu’on fait de la co-création avec notre communauté et donc j’ai demandé, ça fait déjà quelques mois, au tout début du t-shirt, je demandais « Voilà, vous êtes plus sérigraphie ? » Donc sérigraphie c’est un genre d’impression « Vous êtes plus flocage ? Vous êtes plus broderie ? » et les gens étaient d’office plus broderie. Puis j’ai expliqué un peu les différents points positifs, les avantages, les inconvénients, de chacune des techniques et là le fait que ça va vraiment durer dans le temps et que ça donne un petit côté authentique quoi !

17:52 Michel : Et tu peux broder n’importe quoi ? Je peux faire broder mon logo avec les couleurs et des dégradés de couleurs ?

17:56 Jean Seyll : Pour l’instant non. Mais bon on n’est qu’au début de l’aventure Lucid donc on a plein d’idées. Après l’impact environnemental du coup c’est l’impact social. Dans l’environnemental des circuits courts ça joue aussi parce que t’as les transports, la logistique.

18:05 Michel : Je dirais que les deux sont interconnectés 

18:06 Jean Seyll : Oui d’office. Donc quand tu disais développement durable, développement durable ce n’est pas que l’environnement, il y a du social aussi. Et de l’économie du coup tout est lié. Au niveau du social en fait on a décidé de vraiment être plus transparent et la meilleure manière d’être plus transparents c’est de vraiment avoir une chaîne de valeur que tu peux rencontrer. Donc ça veut dire une chaîne de valeur locale, et donc du coup notre fils est en Espagne : je ne suis pas encore allé en Espagne, je devais y aller puis j’ai chopé le COVID, donc je n’ai pas pu y aller. Et puis ce fil va passer de fil à textile dans le nord de la France, dans une entreprise familiale près Damien, donc ça c’est chouette – chez Malter – comme ça je les cite. Une fois que le textile est prêt, il arrive chez nous en Belgique et donc c’est là où on va beaucoup plus loin, c’est qu’en fait on a décidé de carrément faire la production en Belgique : ce qui est très rare. Je ne sais pas si tu sais me citer une (Michel : Oui, justement non !) marque qui le fait ?(Michel : J’en serait incapable !) tant mieux mais ce qui est bien c’est que on voit que depuis qu’on y est, et en fait ceux qui nous ont inspirés c’est « Hopte » je les cite aussi, aussi une marque de vêtements très engagé et ils font ça dans un atelier de travail adapté. Donc ils donnent de l’emploi à des personnes fragilisée par le

18:53 Michel : Tu anticipe une de mes questions encore ! L’inclusion ! Parce que dans les valeurs évidemment, pour moi, l’inclusion c’est important. 

18:59 Jean Seyll : Là du coup on est en plein dedans ! Mais qui donne du travail à des personnes fragilisées par le handicap, donc très positif et ça c’est à Philippeville, en Belgique, on soutient l’économie locale, on crée de l’emploi social, on est beaucoup plus résiliant, on est beaucoup plus transparent aussi…Ce qui fait que moi toutes les semaines je suis à l’atelier, donc je peux vraiment rencontrer les personnes avec qui je travaille et c’est hyper positif parce que tu sais que tu crées de la valeur pour eux, ils créent de la valeur pour toi, c’est du donnant-donnant. Et alors quand tu parlais de qualité justement, le fait de pouvoir chaque semaine faire des nouveaux prototypes, travailler sur la qualité. Ce t-shirt-là par exemple, il y a des mois de travail parce qu’on a vraiment checké « Alors, est-ce que le couture tiennent bien ici ? » Ça c’est un des premiers prototypes, et je les laver dans des conditions extrêmes, il est passé à du 60°, tout seul dans le tambour de la machine à laver – bon ce n’est pas très écologique mais c’était pour le test donc… Et tu vois qu’il est encore frais, il est encore hyper résistant, il a…

19:38 Michel : Ah oui moi je croyais qu’il était neuf en fait !

19:39 Jean Seyll : Ah non, non. Il n’a pas bougé ni rien. Ça c’est le genre de démarche qui nous permet de vraiment aller plus loin parce qu’on sait exactement comment on travaille ! 

19:45 Michel : Pour que les gens puissent aller voir aussi, on va donner l’adresse de ton site. Comme ça on peut aller sur ton site directement après l’écoute et on peut déjà aller voir ce que vous faites et un peu voir toutes les informations qui nous aurait manquées dans cette interview.

19:54 Jean Seyll : C’est www.belucidclauthing.be donc : be lucid clauthing point be” 

19:59 Michel : On ne peut pas tout dire, on l’a dit, au micro : donc on va inviter les auditeurs à aller voir parce que vous êtes comme tu l’as dit très, très, transparent et très authentique sur ce que vous faites. C’est vraiment évident de trouver l’information, on n’a pas à chercher, s’est mis en avant. Ca c’est vraiment ce que j’ai aussi apprécié chez vous ! Avant qu’on clôture tout doucement ce podcast : est-ce que t’auras envie encore de mentionner certains points qui me semblent importants sur ton projet d’une part. Et la deuxième question qui va suivre, c’est : est-ce que tu as envie de lancer un message aussi aux auditeurs ?

20:21 Jean Seyll : Les points importants ? Mais je pense qu’avec l’impact environnemental et social, le fait qu’on produise en Belgique, on a déjà fait un bon tour. 

20:27 Michel : Il n’y a rien hors Europe ?

20:28 Jean Seyll : Il n’y a rien hors Europe. Donc le fil Espagne, puis France, puis Belgique.

20:31 Michel : D’accord et au niveau des couleurs, des teintes ? Il y a un questionnement qui s’est fait ? C’est le dernier peut-être ici par rapport à ça.

20:36 Jean Seyll : Mais ce qui est bien du coup c’est que avec le recyclage… (Michel : Ils arrivent déjà coloré d’Espagne ?) Non, il n’y a même pas de teinte. On reprend les chutes de textiles et ces textiles-là, si tu mets différents grades de rouge par exemple, tu peux obtenir ce type de rouge là, (Michel : Ah oui, d’accord) tu ne dois pas remettre de la teinture dans ton produit. (Michel : Ah oui) Donc techniquement, après il y a des débats là-dessus, ça dépend de comment est-ce que tu analyses ton cycle de vie ? Est-ce que tu prends celui-là où est-ce que tu prends celui du textile précédent aussi ? Mais techniquement on n’utilise pas de substances toxiques pour nos vêtements, donc pas de teintures, pas de pesticides, (Michel : Wouah) pas de… 

21:02 Michel : C’est encore plus cool alors ! (Jean Seyll : Ah oui, non) j’avais même pas capté ! Cette partie-là je ne l’avais même pas captée, (Jean Seyll : Ah si, si) c’est bien qu’on en touche un mot !

21:06 Jean Seyll : Mais en gros quand tu, donc moi j’ai fait certaines analyses. Il y a des études assez poussées là-dessus, d’ailleurs faudrait que je le mette sur le site web. Mais en gros, quand tu compares le t-shirt ici que j’ai par rapport à un t-shirt en coton organique, donc s’il avait été fait en 100% coton bio. On consomme 90% en moins d’eau, 90% (Michel : C’est énorme) Et c’est du coton bio, ce n’est même pas du coton conventionnel, donc imagine par rapport à du coton conventionnel on est à 100% je pense ! On consomme quand même un petit peu d’eau parce que tu dois laver le textile voilà mais c’est (Michel : On se comprend bien) voilà. 

21:30 Jean Seyll : Il y a ça, au niveau du CO2, j’ai plus les chiffres en tête mais je pense que c’est 48%, par rapport à du coton bio encore. On a plus de 50% pour l’énergie et on est à 45% pour les produits toxiques par exemple. Parce que là du coup le coton organique c’est aussi un coton qui n’utilise pas de pesticides normalement, donc on est un peu plus bas et nous les produits toxiques qu’on utilise c’est, je pense, pour raffermir le tissu. Donc ce sont vraiment les finitions quoi : l’ennoblissement comme on dit dans l’industrie. Donc c’est vraiment un impact pare t-shirt qui est très réduit quoi ! (Michel : J’ai envie de dire whouaw !)

21:54 Michel : Et un projet super bien réfléchi ou tu sens que tout était bien réfléchi en profondeur et moi je dis « chapeau » ! Le message aux auditeurs pour clôturer ? Tu as envie de leur dire quoi ? « Achetez nos T-shirts, oui » (Jean Seyll : Rires) c’est clair !

22:02 Jean Seyll : Achetez nos T-shirts si vous en avez besoin déjà ! Et sinon vous pouvez nous soutenir on a une campagne de crowdfunding qu’on va lancer le 6 mai, jusqu’au 6 juin.

22:09 Michel : Ahhh super !

22:10 Jean Seyll : Et le but c’est vraiment d’exploser les scores pour montrer qu’une alternative Belge est faisable 

22:14 Michel : Le podcast va arriver juste à temps 

22:16 Jean Seyll : Parfait, du coup vous pouvez nous soutenir la plateforme « Ulule » et alors on ne fait pas que des t-shirts, on fait aussi des sweat-shirts et des hoodies qui sont aussi 100% recyclées, aussi produit en Belgique. Et voilà, et le but c’est de pouvoir investir le plus large possible, voilà n’hésitez pas à nous soutenir ! N’oubliez pas que, ça va peut-être paraître très naïf, mais n’oubliez pas que la vie est belle et que là si vous écoutez ce podcast en Belgique on est les chanceux…Donc il faut se dire ça tous les jours, qu’on n’a pas le droit de se plaindre !

22:36 Michel : Belle phrase de clôture, merci pour ta passion que tu as partagée de façon efficace et on espère que ça se partagera sur les réseaux sociaux ! D’ailleurs, si vous nous écoutez, une belle façon de remercier ton temps c’est déjà un « Like », un partage, un commentaire sur ce podcast. Mais d’autant plus que si vous faites un crowdfunding, et bien ce partage, ce like ou ce commentaire, ça peut permettre aussi une visibilité – parce qu’on mettra le lien dans l’article qui décrit le podcast – et donc ça vous amènera, je l’espère, du public qui vous supportera et sponsorisera votre démarche. En tout cas j’en ferai partie et en plus moi je crois que mon ASBL va se fournir de ces t-shirts chez vous, on va faire un essai et puis si c’est concluant – je pense que ce sera le cas – on va collaborer avec vous ! Voilà donc c’est un engagement officiel, public tu vois ? (Jean Seyll : « Yes », signé, « Yes » premier contrat – Rires) c’est mieux qu’un contrat. Voilà, merci pour votre écoute si vous voulez parler d’initiatives positives environnementale, que vous activez où dont vous êtes responsable, ou dans laquelle vous vous engagez, venez à mon micro en parler ! Faites un petit mail, contactez-nous sur la page du site The Podcast Factory Org et puis venez au micro, on aura un échange aussi détendu que ce jour avec notre invité. Et pour les donations « Welcome ». On peut aussi faire des donations vers notre ASBL pour supporter notre projet d’autant que depuis peu on fait la transcription intégrale des podcasts pour que les personnes avec un handicap auditif où sourdes puissent avoir le contenu du podcast en écrit, avec une time-line, et des liens cliquables. Merci à vous, à très bientôt.

23:48 Jingle outro : Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory »

22:53 Michel : Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL The Podcast Factory Org avec le sponsor de transforma bxl innovation playground.

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Michel Godart

Passionné par la technologie, l'humain, féministe et écoresponsable, Michel Godart a pour objectif de vulgariser un maximum l'information. Dans tous ses projets podcast, il souhaite inspirer par les exemples qu'apportent ses invités au micro. Le podcast est pour Michel un garant de démocratie : c'est un média produit PAR le citoyen POUR le citoyen !

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