Isabelle Deliége – Let’s Change

Dr Isabelle Deliége, Let's Change
 

Isabelle Deliége – Let’s Change. Podcast #525 hrmeetup.©

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Pour cet épisode d’hrmeetup.© nous vous proposons une rencontre avec Isabelle Deliége (Let’s Change)

Thème : Neurodiversité, changement organisationnel, communication, coaching & RH

Dans cet épisode riche en réflexions, Isabelle Deliége, docteure en communication, nous partage son parcours et sa vision d’un monde du travail plus juste et plus humain.

On parle de :

  • l’accompagnement des personnes neuroatypiques
  • les erreurs fréquentes des entreprises face à la diversité cognitive
  • l’importance de l’intelligence collective
  • l’impact de l’agilité quand elle est (mal) comprise
  • le rôle stratégique des RH dans un monde en pleine mutation

Isabelle lance également un appel à témoignages pour son podcast Diversino : elle recherche des dirigeant·es neuroatypiques prêt·es à partager leur parcours, leurs défis, et comment cela peut devenir un levier de transformation.

À écouter absolument si vous êtes RH, manager, atypique ou simplement humain·e et curieux·se.

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Séquençage du podcast avec Isabelle Deliége :

  • [00:00:02] Introduction et présentation d’Isabelle Deliége
  • [00:00:21] Quel était ton rêve d’adolescente ?
  • [00:01:29] Un choix d’étude en lien ?
  • [00:04:01] Alignée à ce jour ?
  • [00:04:07] Présentation de Let’s Change
  • [00:04:16] Depuis quand ?
  • [00:04:25] Le podcast Diversino
  • [00:06:13] Docteur sur le statut LinkedIn
  • [00:07:38] Quel a été le moment déclencheur de Let’s Change ?
  • [00:09:07] Un message clé sur le jugement des autres ?
  • [00:10:25] Comment travaille-t-on avec toi ?
  • [00:12:21] Agilité en entreprise, compatible avec ton rôle ?
  • [00:13:08] L’agilité pour tous, pas que pour l’IT
  • [00:14:05] Et la question des langues en Belgique ?
  • [00:14:45] Où en es-tu aujourd’hui avec Let’s Change ?
  • [00:16:08] Un mot sur le podcast Diversino
  • [00:17:04] Comment savoir si on est neuro-atypique ?
  • [00:17:58] Un conseil à un·e entrepreneur·e débutant·e ?
  • [00:19:08] Pour toi, c’est quoi un bon RH ?
  • [00:20:17] Un neuro-atypique ferait-il un bon RH ?
  • [00:21:24] Ton plus bel effet « Woaw » professionnel ?
  • [00:23:32] Message final aux RH et dirigeant·es ?
  • [00:24:22] Où peut-on te retrouver ?
  • [00:24:41] Clôture de l’épisode

La transcription du podcast avec Isabelle Deliége :

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Jingle Intro: [00:00:00] « Vous écoutez The Podcast Factory Org ».

Michel: [00:00:02] Bienvenue pour un nouvel épisode hrmeetup.©, votre podcast sur les passions au travail et les ressources humaines. Aujourd’hui, j’ai le grand honneur et le plaisir de recevoir une personne qui est devenue amie, si je peux le dire.

Isabelle Deliége: [00:00:16] Bien sûr

Michel: [00:00:16] Isabelle Deliége, bonjour Isabelle.

Isabelle Deliége: [00:00:19] Bonjour Michel, merci de m’accueillir.

Michel: [00:00:21] Tu connais un petit peu le principe du podcast Michel: hrmeetup.©, on a toujours une question fétiche qui est hyper importante et qui est parlante je trouve. C’est de mon rêve d’adolescente à ce jour, que s’est-il passé, mais la clé de la question c’est : est-ce que finalement aujourd’hui, tu es alignée avec ton rêve d’adolescente?

Isabelle Deliége: [00:00:35] Écoute, en préparant cette interview je me suis dit « Mais moi j’avais pas vraiment un rêve de profession claire en étant ado », d’ailleurs c’était même une préoccupation en me disant « Ah, qu’est-ce que je vais faire? » parce que j’étais intéressée par tellement de choses, j’étais très curieuse (Michel Godart: Rires – Tiens, tiens) . Et si on prend les choses sous cet angle, je crois que j’ai été assez cohérente avec moi-même. Mais par contre, il y a une chose qui était claire, pour moi, je pense même depuis l’enfance, c’est que, je me suis toujours vue comme devenir une maman. Et ça, ce rêve-là ou ce projet-là, il est réalisé parce que j’ai un beau grand Sacha qui a dix ans et une magnifique petite violette de sept ans (Michel Godart: Félicitation). Ça c’est pour le volet plus privé, et pour le volet pro, en fait comment j’ai donné une place à cette curiosité débordante dans mon parcours professionnel ? Ben c’est qu’en fait, j’ai navigué dans une multitude de domaines et de secteurs. J’ai commencé ma carrière dans le monde académique, dans la recherche.

Michel: [00:01:29] Tu as fait quoi comme études?

Isabelle Deliége: [00:01:30] J’avais fait la communication.

Michel: [00:01:32] Donc toujours dans l’esprit d’être curieuse ?

Isabelle Deliége: [00:01:34] En fait ce qui m’animait, depuis toujours, c’est de comprendre comment les gens fonctionnent entre eux. Et j’avais pris la communication, j’ai complété avec de la psychologie, j’avais pris des cours en sociologie, j’ai toujours eu envie de multiplier les angles d’approche. Il y a cette première étape, le monde académique, qui m’a emmenée, parce que mon terrain de recherche était dans le secteur de la santé mentale, des familles qui avaient de multiples problèmes avec leurs enfants, et j’ai atterri dans le monde associatif où mes collègues, c’était plutôt des psychiatres et des psychologues. Et puis j’ai découvert les métiers de l’intervention en organisation, j’avais envie pas seulement d’étudier, de comprendre et de rapporter, mais de pouvoir faire évoluer la situation.

Michel: [00:02:14] Avoir un impact ?

Isabelle Deliége: [00:02:15] D’avoir un impact, exactement (Michel Godart: Ah ouais). Et ça, mon terreau d’apprentissage ça a été une grande organisation parapublique, sous la forme des mutualités. Et là j’ai appris plein de métier de consultant finalement, gestion de projet, amélioration de processus. Jusqu’à mes deux autres métiers qui sont toujours dans mon activité maintenant : l’accompagnement du changement, le Change Management, et le Coaching. Ça, c’est une première longue partie de ma carrière qui m’a pris une vingtaine d’années. Et puis à 40 ans, j’en ai marre du monde associatif public et je fais le switch inverse de la plupart des gens qui font une première partie de carrière dans le privé puis qui vont dans le social. Moi je dis mais je veux découvrir le secteur privé, je deviens consultante, embauchée dans une petite boîte de conseil. Et là, mon expérience de la multitude d’organisations prend un trajet exponentiel. Donc je vais découvrir et intervenir à la fois dans le secteur de la métallurgie, des télécommunications, le logement social. Et donc, en passant par les fiscalistes et les juristes, parce que la société se fait racheter par un gros, gros, cabinet, le cinquième mondial. Et donc, ça fait de moi un profil assez tout terrain, ou 4X4 comme dirait ma coach.

Michel: [00:03:28] Multi casquettes comme on dit parfois chez nous hein ? Ok.

Isabelle Deliége: [00:03:31] Oui. Et je mets une forme de point d’honneur, si tu veux Michel, et ça, ça vient peut-être de mes origines plus modestes, mais mes quatre grands parents étaient agriculteurs et puis moi je me suis retrouvée dans le monde académique avec les profs d’unif, c’était quand même pas mon univers de base. Et du coup je mets toujours un point d’honneur à pouvoir être comprise et à pouvoir interagir avec fluidité avec toutes sortes de profils, depuis les patrouilleurs qui font l’inspection des conduites de gaz jusqu’au roi de la fiscalité en fait.

Michel: [00:04:01] Alors Isabelle, alignée avec ton rêve finalement ?

Isabelle Deliége: [00:04:04] Ben aujourd’hui, oui, je développe les activités de « Let’s Change ».

Michel: [00:04:07] Ta société s’appelle « Let’s Change ».

Isabelle Deliége: [00:04:10] « Let’s Change », Oui c’est ça. Parce qu’elle est née de cette envie de vraiment amener des transformations durables dans les organisations.

Michel: [00:04:16] Elle est née quand ?

Isabelle Deliége: [00:04:17] Elle est née en 2021 maintenant. Et puis entre temps, depuis trois ou quatre ans maintenant, la neurodiversité s’est invitée dans mes activités.

Michel: [00:04:25] Et c’est un peu le sujet hein, de ce podcast, c’est de parler de ta carrière, de ton parcours et finalement de comment tu en arrives à : non seulement traiter de ce sujet, mais on va dire aussi aux auditeurs et auditrices que tu as même lancé ton propre podcast qui s’appelle « Diversino » sur le neuro atypisme et sa gestion en entreprise aussi !

Isabelle Deliége: [00:04:43] Exactement, « Diversino » c’est le podcast de la neurodiversité au travail. Parce que ça me tient à cœur de faire sortir le sujet des cabinets de psy, comme tu m’interroge sur mon propre parcours, ben en fait c’est en lien avec mon parcours. Moi, j’ai découvert au-delà de mes 40 ans que j’étais concernée par des formes de neurotypies, et j’ai pu donner d’autres explications au sentiment de décalage qui m’habitait depuis toujours. Et, du coup je me suis partie en mission pour que d’autres trouvent leur place, leur voie, se comprennent, plus facilement que moi. Et d’où cette envie débordante de créer un podcast pour parler de ça aussi au travail parce que, on pourrait dire c’est personnel, c’est lié à ton fonctionnement, mais en fait, quand on est extrêmement curieux, qu’on a la pensée en arborescence, qu’on est hypersensible, tout ça se rejoue aussi au travail. On peut faire face à des feedback du style « Mais enfin, t’es quand même fort susceptible »…

Michel: [00:05:39] Ah ! Cette remarque !

Isabelle Deliége: [00:05:41] Mais : non, pourquoi tu veux changer de projet, tu viens à peine de…? Tu es bien là, pourquoi est-ce qu’on devrait encore faire changer les choses ?

Michel: [00:05:48] Pourquoi aller si vite Isabelle ?

Isabelle Deliége: [00:05:50] Ou alors les gens qui comprennent absolument pas où on veut en venir quand on fait des liens entre des sujets apparemment différents.

Michel: [00:05:56] Oui parce que c’est quoi le rapport là ? Je comprends plus.

Isabelle Deliége: [00:05:57] Exactement, en passant par les conflits potentiels avec les collègues, avec la hiérarchie. Parce que, quand on n’est pas concerné soi-même non plus et qu’on est face à quelqu’un qui a une autre manière de réfléchir que soi, ça peut être aussi un petit peu menaçant pour les autres.

Michel: [00:06:13] Comme tout projet qui démarre dans l’entrepreneuriat, on démarre un projet sur une idée d’un business, d’une passion, de quelque chose qui nous parle. Tu viens très bien d’expliquer ce qui résonne en toi sur ce sujet. Mais ça veut dire aussi qu’on part d’un constat. Le constat, tu en as un peu parlé, on peut détailler un peu le constat, mais avant, je voudrais m’arrêter sur un point : sur ton profil LinkedIn, je lis « Docteur Isabelle Deliége ». Docteur pourquoi ? Pourquoi le docteur est important ?

Isabelle Deliége: [00:06:37] Parce que j’ai un doctorat en communication et que ça reste dans toute ma carrière professionnelle un des projets, peut-être (Michel Godart: Phare) le plus exigeant, qui a demandé que j’aille puiser le plus loin dans mes ressources (Michel Godart: Voilà). Pour le mener à bien, pour croiser des angles angle d’approche, et que c’était déjà, là, le cœur de mon sujet, comment les gens collaborent ensemble ?

Michel: [00:06:57] Je me suis permis cette remarque, parce que comme on parle de neurodiversité et de comportement, et de lien avec la santé mentale, je ne voudrais pas qu’on laisse croire à l’auditeur et auditrice que des docteurs en médecine sur ce sujet, c’est tout à fait différent, et c’est important de le préciser. Très, très, à nuancer, parce que sinon on serait en faute de donner une croyance erronée aux gens et de leur insuffler, via cette approche, une interprétation complètement à côté de la plaque.

Isabelle Deliége: [00:07:19] Exactement. En effet, je me suis formé sur la question des neurotypies, j’ai un bagage de base en psychologie, mais ça ne fait (Michel Godart: Et puis tu es concernée) pas de moi… Et je suis concerné, j’ai mon expérience de vécu (Michel Godart: IL n’y a pas meilleure école), mais ça ne fait pas de moi ni un docteur en médecine, ni une psychothérapeute. La casquette que je mobilise pour accompagner les gens, c’est celle de coach ou de mentor.

Michel: [00:07:38] Maintenant je vais revenir à cette question : quel était le constat ? Où est le moment clé où on se dit « Ah, il manque un truc, c’est moi qui vais l’apporter. Dans cette société c’est moi qui veux jouer ce rôle, ça me ressource ».

Isabelle Deliége: [00:07:47] J’ai vu et entendu tellement d’atypique se sentir en recherche en disant « Je dois trouver ma place au travail, il y a un truc qui cloche avec moi, (Michel Godart: Est-ce qu’on peut dire en souffrance?) je devrais peut-être aller ailleurs. Peut-être une forme de souffrance mais surtout ce sentiment de décalage et de se dire « Il y a quelque chose qui ne va pas bien chez moi » ou peut-être dans l’environnement, parfois on balance de donner la responsabilité aux autres ou bien juste à soi. Et là je me suis dit « Il y a vraiment du gâchis, de potentiel, parce que ces gens sont brillants, ils ont des talents, ils peuvent amener plein de choses en entreprise, mais s’ils ne sont pas soutenus au niveau individuel pour y arriver » (Michel Godart: Si on optimalise pas les conditions). Et aussi au niveau collectif et organisationnel, tout le monde se prive de ces talents. Donc c’est pour ça que moi j’ai deux volets dans mes interventions : l’empowerment des individus concernés, et ça c’est via les trajets de coaching individuel, que ce soit à titre privé ou financé par l’organisation. Ça peut-être aussi le trajet du manager de la personne neurotypique parce que c’est pas simple de manager un neurotypique et de le réaligner quand il part dans tous les sens hein, soyons honnêtes. Et puis il y a aussi un volet qui est plus d’intervenir sur l’organisation pour que les gens en organisation comprennent mieux et adaptent les conditions de travail pour que les zèbres et les autres puissent performer.

Michel: [00:09:07] Je crois que c’est important de rappeler aux gens que : arrêtez de regarder les autres et de les juger, sans tenir compte d’un jugement envers vous-même aussi, et de comprendre l’interaction des deux, et le canal dans lequel la communication se fait. Je crois que toutes les clés se trouvent dans cette trilogie, dans ce triptyque.

Isabelle Deliége: [00:09:22] Je comprends ce que tu veux dire et en même temps, là tu viens titiller la spécialiste de la communication en moi (Michel Godart: Ben oui, je profite) en prenant ce modèle mathématique de la communication qui a été inventée à l’époque du Télégramme, donc il est (Michel Godart: Ouais) un petit peu archaïque. Il y a toute une dimension aussi du bruit et de la redondance (Michel Godart: Mais symboliquement intéressants), il y a des éléments… Exactement, et il y a plein d’éléments utiles. Personnellement, je souscris davantage à une approche de la communication en tant que chef d’orchestre, et où l’émetteur et le récepteur dont tu parles, ont chacun leur univers de référence au niveau sémantique, et où on est plus dans une co-construction du sens, à deux, et dans un effet de spirale plutôt que dans l’image du canal qui… En fait celle du canal, moi elle me dérange un petit peu, elle vient gratter je veux dire…

Michel: [00:10:05] Je vais devoir corriger ma métaphore parce que ce que tu dis en fait comme feedback m’éveille et confirme tout à fait ce que je cherche à illustrer, mais où je prends peut-être la mauvaise métaphore, effectivement oui, c’est vrai que le canal c’est un peu restrictif.

Isabelle Deliége: [00:10:16] Exact, c’est un modèle inventé par les ingénieurs, moi je lui préfère ce modèle du chef d’orchestre qui a été.

Michel: [00:10:21] Pas mal.

Isabelle Deliége: [00:10:22] Rendu public par Yves Winkin de l’Université de Liège.

Michel: [00:10:25] Alors on a parlé de qui tu es, de ce que tu proposes, pas encore tout à fait, on a dit le pourquoi, quel était le constat, tu as lancé l’activité Let’s Change, tu as parlé un peu de ce que tu fais. Comment ça se passe, comment est-ce qu’on collabore avec le docteur Isabelle de Liège ?

Isabelle Deliége: [00:10:36] On peut collaborer avec moi (Michel Godart: Sur quels thèmes) de différentes manières. Autour de la question de la neurodiversité au travail, j’offre à la fois des accompagnements individuels, pour les profils neurotypiques ou leur manager, comme je l’ai dit. Aussi des sensibilisations en entreprise sous forme de conférences, ou de workshops, ou de formations. Mais j’ai aussi les autres casquettes qui sont celles de accompagner les transformations dans les organisations, qu’elles soient d’ordre liées à l’introduction d’une nouvelle technologie ou que ce soit des transformations plus liées à des réorganisations des départements (Michel Godart: Tout ce qui est changements, d’ailleurs le nom le dit bien : Let’s change) voilà (Michel Godart: Laissons changer), c’est ça. C’est tout ce qui est lié au changement d’une manière ou d’une autre, et qui va concerner ce qu’on appelle en anglais le People Side Of Change », le côté humain du changement, parce que c’est peut-être dans le domaine technologique que c’est le plus caricatural, mais on peut avoir tendance en entreprise à penser une solution informatique avec les utilisateurs, à la développer, à l’amener, à la livrer, et puis à s’étonner dans le pire des cas, que l’adoption de ce changement ne se fasse pas de manière si fluide que ça. Or, il y a tout un travail d’impliquer les personnes concernées ou certains de leurs représentants, leur faire voir la nécessité, les faire coconstruire la solution, leur proposer d’en parler autour d’eux, qui va vraiment fluidifier les choses. Et ça, c’est un autre de mes dadas ou de mes kiff en fait, c’est de pouvoir fonctionner en intelligence collective, c’est à dire associer les principaux concernés, je te parlais l’autre fois des spécialistes qui inspectait les conduites de gaz, à, comment on va pouvoir construire l’application qui va leur permettre de mieux gérer leur travail au quotidien. Et qu’est-ce que eux ont comme idée en fait ? Et là, on investit du temps, mais en fait on en gagne beaucoup après aussi parce que (Michel Godart: C’est ça) au moment du lancement les choses sont plus fluides.

Michel: [00:12:21] Ce que tu racontes là me fait beaucoup penser à l’approche agile, l’agilité où on implique les « Stakeholders » hein, comme on dit. Est-ce que les entreprises agiles sont des entreprises où tu auras moins de travail ou qui vont collaborer plus facilement avec toi ? C’est pas le sujet du podcast, mais ça m’interpelle du coup.

Isabelle Deliége: [00:12:35] Écoute en tout cas, ce que je peux te dire, c’est que j’ai été amené à collaborer plusieurs fois, avec cette casquette de Change Manager, dans des équipes agiles. Donc ça demande (Michel Godart: Alors plus facile ou plus difficile?) peut-être des réajustements (Michel Godart: Ouais), puisqu’on est moins avec un planning défini sur (Michel Godart: Oui, c’est ça) six mois, un an. Y compris pour les activités liées au changement, mais ça ne supprime pas la nécessité du métier, en tout cas dans les situations où moi je suis intervenue. S’il y a des auditeurs qui sont dans des formats de gestion de projet agile et où ils disent que ce n’est plus nécessaire, je serais curieuse de le savoir.

Michel: [00:13:08] Moi je fais un petit clin d’œil à mes amis de chez Pyxis Belgique, qui accompagne les entreprises dans l’agilité, l’agilité ça concerne pas seulement l’IT mais tous les départements d’une part, et ça avant tout ben : des attitudes. Et c’est vrai que si on oublie que ces attitudes, ça ne sert pas à grand-chose d’avoir des procès si l’attitude ne suit pas derrière, et là on rejoint ton travail.

Isabelle Deliége: [00:13:23] J’ai collaboré plusieurs fois avec des coachs agiles et c’est vrai que j’ai pu constater beaucoup de points communs entre nos approches (Michel Godart: Mais oui!). Et parfois en organisation, dans les approches agiles on a tendance à ne garder que les éléments hard, c’est à dire les rituels, les processus (Michel Godart: Les tableaux Kanban, les réunions debout) avec les kanban, les réunions debout mais on oublie parfois le volet attitude, et le volet humain. Et du coup, quand on fait ce switch là à moitié sur le hard mais pas sur le soft, et bien on n’a pas résolu le problème et on a toujours besoin de quelqu’un qui s’occupe du soft. Après, que ce soit le coach agile ou le Change Manager, finalement, on s’en fout un peu du titre du moment que ce travail-là : accompagner le volet humain, doit se faire parce que sinon ça insécurise trop les équipes.

Michel: [00:14:05] Tu sais que la Belgique est un pays compliqué (Isabelle Deliége: Oui), on a trois langue nationale (Isabelle Deliége: Oui), avec en plus l’anglai donc on est quand même dans quatre langues à gérer. Il y a le néerlandais, le français, l’anglais, l’allemand. Tu parles plusieurs langues ou comment tu fais quand il y a une entreprise avec le bilinguisme présent est nécessaire ?

Isabelle Deliége: [00:14:20] C’est vrai qu’on ne peut pas travailler à Bruxelles, ou en tout cas c’est difficile, sans parler aux différentes langues. Et donc du coup, moi j’interviens en français, néerlandais, anglais régulièrement. Je connais aussi l’italien mais que jusqu’à présent j’ai peu (Michel Godart: On t’a pas encore demandée) utilisé professionnellement. Et donc c’est un aspect que j’avais tendance à considérer comme allant de soi, mais en fait (Michel Godart: Mais pas tant que ça). De facto, dans cette magnifique Belgique, on est tout le temps dans l’interculturel.

Michel: [00:14:45] C’est la force de ce pays, et d’ailleurs la devise c’est : l’union fait la force Isabelle ! Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter, pour ton futur ? Comment tu vois ton futur ? Où tu en es maintenant par rapport à ton projet Let’s Change ? Si tu devais faire un petit bilan là aujourd’hui, mais on peut se revoir dans un an au micro et faire un autre bilan dans un an, j’en serais très ravi.

Isabelle Deliége: [00:15:01] Je dirais que, il y a eu plusieurs phases dans la vie de la société, de l’activité, avec au début beaucoup de Change Management et puis en cours de route, le coaching qui prend de plus en plus de place, le sujet de la neurodiversité qui vient s’intégrer, ça a été aussi tout un trajet pour moi de l’assumer, d’oser en parler. Aujourd’hui, je me sens alignée avec ça et j’en parle volontiers. Et donc du coup, ce qu’on pourrait me souhaiter, ben c’est que le magnétisme et la loi de l’attraction opèrent. C’est à dire que : viennent à moi les personnes que je suis le plus en mesure d’aider. Que ce soit pour sensibiliser à la neurodiversité en entreprise, pour prendre sa place vraiment pleinement et rayonner en tant qu’atypique, ou pour faciliter des collaborations qui sont un petit peu difficile, dans des sujets complexes, tendus, où c’est le bazar comme on dit parfois mais…

Michel: [00:15:52] Dans un monde qui change beaucoup, en plus.

Isabelle Deliége: [00:15:53] Dans un monde qui change beaucoup (Michel Godart: Et très vite), les environnements VUCA. En fait, moi j’adore la complexité.

Michel: [00:15:59] Ben tiens, tu m’étonnes.

Isabelle Deliége: [00:16:00] J’y obtient des résultats, montre l’expérience, donc, voilà, c’est ce que je me souhaite (Michel Godart: Et je vous invite…) et beaucoup d’écoute pour « Diversino », aussi.

Michel: [00:16:08] Oui j’allais le dire et je vous invite à écouter le podcast d’Isabelle, parce qu’il en vaut vraiment la peine, il y a vraiment des échanges mais hyper intéressant, moi je trouve ces épisodes chaque fois hyper passionnants, souvent c’est 1h, mais vraiment on apprend plein de choses et c’est passionnant. Une dernière question par rapport à ton activité, puis on va passer à notre rituel de clôture sur trois questions RH. À moins qu’on ait oublié quelque chose, dont tu aurais voulu parler ?

Isabelle Deliége: [00:16:25] Ben en fait, en parlant de « Diversino », j’avais envie d’en profiter, si tu m’autorises (Michel Godart: Bien sûr), pour lancer un petit appel à témoin.

Michel: [00:16:32] Oui, bien sûr.

Isabelle Deliége: [00:16:33] Mon ambition maintenant, c’est de trouver des dirigeants et des entrepreneurs qui se reconnaissent d’une manière ou d’une autre comme neuro atypiques, et qui soient d’accord de parler de leur parcours mais surtout des challenges qu’ils ont rencontrés et de comment ils ont trouvé des solutions, ou en quoi c’est un atout aujourd’hui. Parce que je crois que ça peut vraiment inspirer plein d’autres personnes qui sont en questionnement, qui se demandent vers où aller. Et leur montrer que c’est possible, donc si certains d’entre eux nous écoutent, contactez-moi.

Michel: [00:17:04] Et si vous n’êtes pas concerné, partagez ce podcast, likez-le, commentez-le et faites-le suivre auprès d’une personne qui peut-être, elle, sera concernée et pourra contacter Isabelle pour lui donner son feedback, ou échanger avec elle. Alors, justement, on n’est pas toujours tous conscients d’être neurotypique, est-ce que tu as une astuce pour savoir si on l’est ou pas ?

Isabelle Deliége: [00:17:21] Avec une question comme ça à la volée, je ne pourrais pas, mais prenez contact avec moi. J’ai en gestation un questionnaire en ligne mais il n’est pas encore fini. Mais j’ai des outils pour notamment vous aiguiller par rapport à la chose qui est peut-être la plus simple à détecter, c’est celle de l’hypersensibilité. Après, comme tu le faisais remarquer, quand on est dans la neurodiversité, on touche aussi à des troubles neuro développementaux, il ne faut pas jouer aux apprentis sorciers donc je n’irais jamais prétendre diagnostiquer quelqu’un qui souffre d’un potentiel trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, il faut laisser à chacun son expertise… Ou de l’autisme, voilà.

Michel: [00:17:58] Un conseil à quelqu’un qui voudrait se lancer dans l’entrepreneuriat. Ton parcours d’entrepreneuriat, qu’est-ce que tu en retire ? Si tu devais donner une ou deux leçons que tu as prises là, tout de suite à partager avec quelqu’un pour qu’il ne fasse pas peut-être la même erreur ou qu’il profite de ton expérience. Tu aurais envie de partager quoi ?

Isabelle Deliége: [00:18:12] Moi je dirais entourez-vous. J’ai longtemps voulu faire tout toute seule, dans plein de domaines que je connaissais : pas la com, le marketing, même le montage typique (Michel Godart: Il n’y a pas un côté neurotypique? Il n’y a pas un coté neuro atypique d’avoir du mal de déléguer dans l’histoire?). Je ne sais pas si c’est neuro atypique (Michel Godart: Trop perfectionniste?) ou bien si c’était la volonté (Michel Godart: De tout gérer?) d’y arriver. Ou peut-être, peut-être une difficulté d’oser investir en soi, se payer l’aide nécessaire des services des autres, mais depuis que je le fais, ben je trouve que c’est plus apaisé pour moi et que les choses se débloquent, et qu’elles se concrétisent plus vite. Donc, je dirais oui, se trouver et sa tribu de père, ça c’est vital pour se sentir entouré et soutenu. Parce que quand on passe du salariat à l’entrepreneuriat, c’est quand même un gros switch (Michel Godart: Ben oui) et c’est un changement de mentalité qui ne se fait pas en un jour. Et se trouver aussi la tribu de prestataires de cœur et de gens qui peuvent (Michel Godart: Des passionnés) nous aider, nous soutenir, de manière utile pour nous faire faire des bonds de géant.

Michel: [00:19:08] Ok, merci pour ce feedback Isabelle. On va passer à nos trois questions RH, notre rituel de clôture (Isabelle Deliége: Oui). Alors tu vas dans les entreprises régulièrement, puisque tu accompagnes ces entreprises, pas seulement individuellement mais aussi en entreprise, on l’a dit tout à l’heure, les équipes, tu es confrontées aux RH ou aux DRH ? Si tu devais nous dire aujourd’hui quelle serait ta perception d’un RH efficient, d’un bon RH, tu auras envie d’utiliser quelques mots-clés ou de dire quoi ?

Isabelle Deliége: [00:19:29] Mais moi je dirais que, un bon RH, c’est un RH qui est ouvert. C’est cette disposition mentale à s’ouvrir à une autre pensée, un autre angle d’approche, peut-être à d’autres plans que ceux qu’il avait fait pour son entreprise. Parce que c’est vital de pouvoir capter le feedback ou les éléments qui remontent. Et c’est aussi un bon RH, quelqu’un qui est attentif au sens que ça a pour les personnes qui travaillent dans l’organisation. Je vois trop souvent des cultures affirmée sur le papier et en décalage avec la réalité et le vécu des gens. Or on sait combien c’est important cette forme de congruence pour tout le monde, et pour les publics des neurotypiques avec lesquels moi je travaille c’est juste de l’ordre de l’insupportable s’il y a des incohérences comme ça, donc vous risquez de les perdre en route, et pas seulement qu’eux.

Michel: [00:20:17] Ça fait naître une question en moi qui n’était pas du tout prévu et attendu, mais j’ai envie de la poser, c’est plus fort que moi, tu me connais un peu hein ? Je me dis « Tiens, le RH il est confronté au Business Partner, aux réalités de l’entreprise en terme de chiffre d’affaires, de gestion des ressources, dans la pure définition du terme ressources humaines. Et puis le RH, on lui demande d’être humain finalement, on lui demande plein de qualités, très à l’écoute, d’ouverture d’esprit etc etc etc ». Et je me dis mais le RH doit être super talentueux pour jongler avec ses émotions, être super curieux, ne pas trop aimer les injustices non plus, parce que c’est quand même son rôle de garder l’église au milieu du village… Et avec toutes ses pensées qui viennent dans ma tête en une fois, je me dis mais « Est-ce qu’un neurotypique n’est pas une bonne personne pour être un bon RH ? »

Isabelle Deliége: [00:20:54] Ahhh Écoute, je pense que les neurotypiques peuvent être bien à plein de places et d’endroits différents. C’est vrai que, dans le métier de DRH il y a une gestion d’une grande complexité. Ce que j’avais en tête aussi, sur un bon profil RH, c’est quelqu’un qui est capable de jongler aussi bien avec le hard RH, la paye, les structurations de fonctions, il y a quand même tout à faire.

Michel: [00:21:15] Ça se divise de plus en plus hein, souvent mais, oui, c’est vrai.

Michel: [00:21:18] Et aussi le soft, et d’intégrer les deux pour que ce soit cohérent (Michel Godart: Ouais), donc pourquoi pas des neuro atypiques?

Michel: [00:21:24] Belle réflexion. Alors notre deuxième question de clôture c’est un effet « waouh »! C’est un endroit où quelqu’un que tu rencontres ou une chose qui se passe dans ta vie en entreprise, ou un endroit où tu te rends et tu dis « Wouah, ici il y a un truc qui donne juste envie de… Ouais, là il fallait être ». Est-ce que c’était déjà arrivés ? Et si pas, qu’est-ce qui te donnerait ce petit effet wow dans ta vie ?

Isabelle Deliége: [00:21:41] L’effet « WOW » que moi j’ai eu, c’est ma première mission combinée de coaching d’équipe et de coaching de dirigeants. À cette époque-là, j’étais en mission dans les télécoms, je faisais pas du tout du coaching je faisais du Lean management, donc l’amélioration de processus, on essaie de repérer (Michel Godart: Il y a encore des similitudes…) les gaspillages (Michel Godart: Avec l’agilité aussi, il y a des choses qui sont similaires) voilà ça c’était mon cœur de mission, donc dans la même organisation. Et je me sentais totalement désalignée, enfin ça n’allait pas quoi pour moi là-bas. Et au même moment, via une opportunité via un collègue en disant « Tu sais dans cette équipe il y a des trucs qui vont pas, l’ambiance est mauvaise, il faudrait faire un truc, est-ce que tu peux pas m’aider? ». Et là on a fait vraiment un chouette boulot en commençant par faire du coaching du manager, et où je me suis rendu compte avec lui qu’en fait il avait, il était à la tête de deux sous-équipes, mais il était issu d’une des deux dont il était plus proche et de l’autre il était plus éloigné. Avec l’accompagnement, il s’est repositionné, il s’est déployé à la tête de ses deux équipes. Le plus beau compliment c’était dans la clôture et il dit « Rien n’a changé vu de l’extérieur, et pourtant je me sens aussi bien que quand j’ai eu ma promotion », parce qu’il avait repris sa position autrement. Et on avait combiné ce trajet individuel avec du coaching d’équipe, dans cette équipe qu’on disait mauvaise ambiance, mauvaise collaboration. On a travaillé en workshop, avec l’approche Appréciative qui se focalise sur les drivers, les motivations des personnes et sur ce qui va déjà bien pour inclure et amener un changement dans l’organisation. Et comme c’était concomitant à l’autre mission, et dans la même boîte, en fait, à chaque fois que j’allais dans la mission de coaching, j’étais là « Ah waouh, c’est trop cool, je me sens à ma place ». Et je voyais aussi les gens qui étaient censés aller mal et qui étaient contents, et donc là je me suis dit « Waouh », ça c’était mon « Waouh, Waouh, Waouh! »

Michel: [00:23:32] Ah! Des jolies petites solides graines que tu as bien arrosé et fait fleurir, c’était sympa, j’aime bien ton feedback. Alors, dernière question, tu as maintenant ici des tas de patrons d’entreprises, d’RH et de DRH qui peuvent t’écouter potentiellement. Tu devrais clôturer cette interview en leur passant un message, quel message te tient le plus à cœur à la faire passer ?

Isabelle Deliége: [00:23:49] Ah ben moi je leur dirai « Allez plonger dans la boîte de vos talents neurotypiques en entreprise. Ouvrez-vous à cette dimension-là dans un contexte de la guerre des talents et où le désengagement et la démotivation est énorme et coûtent plusieurs milliers de dollars au niveau mondial, d’après les enquêtes de Gallup. Allez chercher le potentiel caché chez ces profils qui sont peut-être un petit peu différents, qui ont des petits picots à première vue, mais vous allez découvrir des trésors ».

Michel: [00:24:22] Wouaw, et où est-ce qu’on peut te contacter ? Où est-ce qu’on peut te joindre Isabelle ? Moi je suis intéressé, je viens de t’écouter, tu m’as convaincu hein, donc je vais faire appel à tes services, je me rends sur ton site internet ?

Isabelle Deliége: [00:24:30] Oui, vous pouvez me contacter via mon site « 3W Let’s Change point be » comme changement. L.E.T.S.C.H.A.N.G.E, ou bien via mon profil LinkedIn.

Michel: [00:24:41] Ça marche, super! 1000 merci, à très bientôt et puis : abonnez-vous au podcast Diversino, c’est vraiment sympa. Je vous vends pas un truc sans avoir pris la peine d’écouter, au contraire, je les ai tous écoutés « un par un ».

Isabelle Deliége: [00:24:52] Merci Michel pour l’invitation et pour ta contribution à « Diversino »

Michel: [00:24:56] Je t’en prie (Isabelle Deliége: À bientôt) à bientôt, au revoir

Michel: [00:24:58] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground ». Depuis janvier 2025, et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisés par « Plugin Company », notre opérateur de bornes et de cartes de recharge privilégié. « The Podcasts Factory Org » est très fier d’être membre de « KAYA – Coalition des Écopreneurs » et Écopreneures, et de collaborer avec le « Love Health Center ». Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site « What’s Your Story point be ».

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