Engagement au travail, jusqu’où ça tient ?

Engagement au travail, jusqu’où ça tient ? Romain Oger

Engagement au travail, jusqu’où ça tient ? – Romain Oger – Podcast #540 hrmeetup.©

Il y a un moment intéressant quand un podcaster en reçoit un autre, pas pour parler technique ni pour « faire un bon épisode », mais plutôt pour voir ce qui reste quand on parle vraiment de travail.
C’est au cœur du podcast hrmeetup.©, consacré aux ressources humaines et aux passions au travail, produit par The Podcast Factory Org asbl-vzw.

Romain Oger partage un parcours construit sur le terrain : plus de 15 ans en grande distribution, du premier job étudiant jusqu’à des fonctions de direction. Ce type de trajectoire, côté RH on le connaît, mais ici elle est racontée sans filtre de « carrière parfaite ». Et c’est là que l’écoute change.

Certains passages reviennent sur des choses simples en apparence : le rapport à l’engagement, la place du manager, l’attention portée aux équipes. Des détails, mais ce sont souvent eux qui structurent tout le reste.

Il y a aussi cette question, en filigrane, difficile à trancher : jusqu’où une organisation peut accompagner sans perdre de vue les réalités individuelles ? Pas de prise de position tranchée, ni de récit à charge. Juste une matière concrète, qui peut faire écho différemment selon les contextes.

Pour les profils RH, managers ou dirigeant·es : qu’est-ce qui fait aujourd’hui qu’un engagement professionnel tient dans le temps ?

À écouter sans chercher une réponse unique.

Podcast produit par The Podcast Factory Org asbl-vzw
Épisode enregistré à transforma bxl à Bruxelles, lieu d’innovation et d’expérimentation.
Épisode disponible avec transcription complète et traductions (sous titres sur Youtube @thepodcastfactoryorg)

#PodiBUZ, la marque éditoriale de The Podcast Factory Org asbl-vzw

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Séquençage du podcast « Engagement au travail, jusqu’où ça tient ? » :

  • [00:00:30] Alignement avec le rêve d’adolescent
  • [00:02:19] Entrée dans la grande distribution
  • [00:02:52] Évolution et logique de progression interne
  • [00:04:33] Carrière longue vs nouvelles réalités RH
  • [00:05:58] Féminisation des postes de direction
  • [00:06:37] Impact du Covid, parentalité et réalités personnelles
  • [00:09:48] Nuance et regard sur les entreprises
  • [00:10:30] La grande distribution comme école
  • [00:11:54] La fonction de management et sa charge mentale
  • [00:12:18] Vie personnelle et impact sur la carrière
  • [00:13:37] Expérience chez Norauto et nouvelles limites
  • [00:14:33] Comment se réinventer professionnellement ?
  • [00:14:53] Le sentiment de gâchis
  • [00:15:11] Faire le deuil du passé
  • [00:15:19] Bilan de compétences et repositionnement
  • [00:15:49] Le retour potentiel en entreprise
  • [00:16:17] Trouver l’équilibre avec sa vie privée
  • [00:16:39] L’entrepreneuriat : réalité financière et pression du démarrage
  • [00:17:35] Orientation vers la création de contenu
  • [00:17:53] Podcast et modèle économique
  • [00:18:42] Transmission et formation
  • [00:21:10] Monétisation du contenu
  • [00:21:44] Multiplier les axes sans se disperser
  • [00:22:42] Le podcast de Romain Oger : De rien
  • [00:22:47] Paradoxe du nom et du positionnement
  • [00:24:23] Conseils transposables à la vie d’entrepreneur
  • [00:26:54] Trouver des invités : lâcher prise
  • [00:28:06] L’agilité pour un entrepreneur solo
  • [00:29:41] Définition d’un bon RH
  • [00:31:40] L’effet waouh en management
  • [00:33:15] Message aux RH, dirigeants et DRH
  • [00:33:40] Contacter Romain Oger et son podcast
  • [00:33:56] Clôture de l’émission

La transcription du podcast « Engagement au travail, jusqu’où ça tient ? » :

Télécharger la transcription du podcast.

[00:00:00] Jingle Intro: Your are listening « The Podcast Factory Org ».

[00:00:02] Michel Godart: Bienvenue pour un nouvel épisode de votre podcast hrmeetup.©, le podcast qui vous parle des passions au travail et des thèmes RH. Et aujourd’hui, je suis assez fier de recevoir une personne qui se déplace de très loin en France, qui s’est déplacé pour suivre une formation podcast, mais qui m’a surtout inspiré par son histoire de carrière. Je me suis dit que ça valait franchement la peine de t’inviter, parce que tu te relances dans un domaine qui me plaît beaucoup, qui est aussi le podcast, donc on va aussi parler de podcast. Bonjour Romain.

[00:00:28] Romain Oger: Salut Michel, Merci beaucoup pour l’invitation en tout cas.

Alignement avec le rêve d’adolescent

[00:00:30] Michel Godart: Romain Oger, on a une question rituelle (Romain Oger: Ok) de ton rêve d’adolescent à ce jour, que s’est-il passé? Et le but de la question, c’est de savoir est-ce que tu es aligné avec ton rêve d’adolescent finalement, maintenant?

[00:00:43] Romain Oger: Un de mes premier rêve c’était d’être avocat. Finalement le côté je pense justice, défendre les gens comme tu peux voir finalement dans un certain nombre de feuilletons. Et je te dirais assez rapidement que, en fait, j’ai été très vite désabusé de ça.

[00:00:54] Michel Godart: Ça t’a dirigé vers un choix d’études particulier?

[00:00:56] Romain Oger: Ouais, ouais. En fait j’ai aimé plein de choses, donc c’était ça la difficulté. J’ai fait plutôt un bac littéraire parce que j’aimais bien, alors je n’ai aucun talent de mes mains, j’ai aucun talent d’artiste. Par contre, je suis très curieux intellectuellement de l’art avec un grand A. Donc forcément, je me suis plutôt dirigé vers un bac littéraire. En plus, j’adore voyager donc le côté langues aussi m’intéressait énormément. Sauf que voilà, être un littéraire, un artiste, un amour de l’art, il faut aussi le mettre en lien finalement avec une rentrée financière et puis quelque chose de plus réaliste parfois. Sorti du bac, tu dois choisir où tu vas, quelle fac tu vas prendre. J’avais passé quelques concours pour les écoles de commerce, mais je n’étais pas assez studieux pour ça, donc j’ai pas forcément réussi les concours ou intégrer l’école de commerce. Et puis en réfléchissant, je me suis dit pourquoi pas la fac de droit? Le problème c’est que j’étais très fêtard aussi à l’époque (Ensemble: Rires). Et donc qui dit fac de droit dit tu te pointes un peu aux cours comme tu veux, tu as un contrôle mais que tu as à la fin de l’année, qui potentiellement te valide ou non donc tu peux très bien ne rien faire toute l’année, arriver au contrôle à la fin et puis de te louper. Et donc j’avais trouvé quelque chose d’intermédiaire finalement qui était, en France ça s’appelle le « DUT Carrières juridiques », c’est un diplôme qui se fait sur deux ans, par contre tu es obligé de te pointer en cours, tu as vraiment acte de présence, signature, et tu as surtout des contrôles tout au long de l’année en continu, qui fait que tu ne joues pas ta vie sur un contrôle quoi. Donc « DUT Carrières juridiques » j’avais bien aimé parce que j’ai appris plein de choses. Néanmoins le côté justice, j’ai découvert que le droit n’était pas forcément juste, et que voilà tu pouvais aussi défendre des méchants, que c’était aussi de l’apprentissage et du par cœur, des fois au mot à mot. Et voilà, il y a un certain nombre de choses qui m’ont fortement déplu dans ces études-là.

Entrée dans la grande distribution

[00:02:19] Michel Godart: Ça t’a dirigé vers quelle carrière?

[00:02:20] Romain Oger: Alors rien à voir mais pour payer mes sorties en discothèque, je travaillais assez tôt, notamment chez Leroy Merlin donc j’ai fait de la caisse. Dès que j’avais un samedi après-midi après mes cours, un dimanche, un jour férié, etc. J’allais travailler pour avoir un petit peu d’argent de poche et être autonome sur mes sorties et pouvoir me faire plaisir.

[00:02:35] Michel Godart: Donc job d’étudiant?

[00:02:36] Romain Oger: Exactement. Et en fait j’ai adoré ce que j’ai trouvé chez Leroy Merlin. En plus, j’étais avec beaucoup d’amis sur la ligne de caisse, c’était très convivial, bonne ambiance de boulot, on ressortait, on se retrouvait. Et je me suis dit bah pourquoi pas essayer de faire un stage dans le commerce? Et donc j’ai rattrapé une troisième année de licence dans le commerce en faisant mon premier stage chez Leroy Merlin.

Évolution et logique de progression interne

[00:02:52] Michel Godart: D’accord. Et donc à un moment donné, tu es devenu directeur?

[00:02:55] Romain Oger: Ouais. En fait l’ambiance vraiment grande distribution fait que c’est, tu vis vraiment dans une grande famille, tu es très investi hein? Moi à l’époque, tu m’aurais coupé les veines je saignais vert comme on dit. Donc voilà, là vraiment férue de mon ancienne, mon entreprise. J’ai enchaîné avec un master spécialisé dans la grande distribution, à l’origine je suis originaire de Rouen, mais pour faire mon master, parce qu’à l’époque il n’y avait pas de master du côté de Rouen, je suis monté sur Lille. Parce que j’avais vécu deux ans du côté de Bruxelles, donc je voulais retrouver des gens très… Avec un esprit très convivial, très accueillant et aussi très festif, et donc je ne voulais pas aller à Paris. J’ai vu qu’il y avait Lille, en plus Lille c’est le bastion de la grande distribution, notamment avec le groupe Mulliez voilà il y a beaucoup d’enseignes, historiquement, qui sont nées là-bas. J’ai dit banco j’y vais, et j’ai bien fait parce que j’y suis resté huit ans avant de revenir sur Rouen mais ça m’a énormément plu. De très belles histoires chez Leroy Merlin, d’abord en tant que salarié pur et dur, et puis j’ai aussi gravi les échelons en même temps que mon expérience et mon cursus scolaire. Donc j’ai fait effectivement chef de secteur, responsable de rayon avant, où j’étais, j’animais vraiment une équipe sur le terrain, moi j’ai fait beaucoup…

[00:03:48] Michel Godart: Donc tu as gravi les échelons?

[00:03:50] Romain Oger: Ouais. Ouais, ouais, en même temps que mes études. C’est aussi, alors c’est la chance avec cette grande distribution c’est que tu as vraiment une capacité forte d’évolution, mais en passant tous les échelons. Sauf si tu as un cursus avant, etc. mais tu ne vas pas arriver comme ça de but en blanc à des hauts postes, il va falloir que tu fasses tes preuves. Avantages-inconvénients. Mais le gros avantage c’est que tu passes par plein de postes différents, ça te permet de découvrir plein de choses et moi je suis très fière de savoir vendre, d’avoir été bon vendeur avant d’être bon responsable, et avant d’être bon chef de secteur d’avoir été bon vendeur, voilà. Il s’avère que le Covid est passé par là. J’ai eu aussi un fils, enfin voilà un certain nombre d’aventures pro et perso, et quand j’ai voulu retourner à Rouen, me rapprocher de la famille, il n’y avait pas forcément de place chez Leroy Merlin donc j’ai trouvé la porte chez un cousin proche qui s’appelait Norauto. Et j’étais directeur de magasin dans un centre automobile Norauto pendant environ trois ans.

Carrière longue vs nouvelles réalités RH

[00:04:33] Michel Godart: Alors, moi j’ai envie de te poser déjà une question, tu sais quand t’entends ton parcours de carrière, ça ressemble un peu au parcours de carrière qu’on connaissait il y a une certaine époque (Romain Oger: Mm), où effectivement, on pouvait monter les échelons dans une entreprise, la longévité était une norme. Maintenant, on est dans des parcours de vie professionnels qui sont de plus en plus courts, où il est de moins en moins évident j’ai le sentiment, ça peut être une impression, un préjugé, tu peux me corriger, où il est moins évident de monter et de faire une vraie carrière dans une enseigne, dans une entreprise. Est-ce que le secteur dans lequel tu as travaillé actuellement est toujours une opportunité dans ce sens? Est-ce qu’il est toujours possible, dans le secteur d’où tu viens, de gravir les échelons, d’encore monter, malgré les changements de paradigmes de la société actuelle?

[00:05:10] Romain Oger: Oui, moi j’en suis persuadé. C’est une école qui est dure mais qui est très formatrice. Je pense que si tu es un minimum investi et que tu as envie d’y aller, déjà l’avantage c’est que tu as beaucoup de chance en fait, c’est un secteur qui recrute énormément, qui a besoin, mais que ce soit en terme de vente mais aussi de logistique ou même dans les sièges sociaux, sur autre chose, sur du produit, sur du sourcing, sur de l’informatique. Donc c’est des métiers qui ne cessent d’évoluer et de rechercher. Et je pense qu’effectivement, alors, avec maintenant le recul, c’est vrai que quand tu es arrivé à un certain niveau de poste, il y a moins de places, donc ça devient encore plus difficile. Donc là tu as quelques éléments qui rentrent en compte quand même avec ton expérience aussi, ton réseau, forcément, comme dans toutes les grandes entreprises. Mais tu as fortement tes chances de t’élever en termes de compétences et de niveau social à travers ça, oui.

[00:05:50] Michel Godart: Tu dirigeais des équipes?

[00:05:51] Romain Oger: Oui.

[00:05:51] Michel Godart: Tu as déjà été confronté à des gens qui n’y croyaient pas, à cette carrière et cette évolution possible? Tu as déjà dû recadrer des personnes?

[00:05:57] Romain Oger: Non, pas dans la grande distribution.

Féminisation des postes de direction

[00:05:58] Michel Godart: C’est quelque chose qui est connu?

[00:05:59] Romain Oger: Ils le vivent et ils le voient. Ils voient des personnes qui ont commencé en caisse et qui ont atterri, deux ou trois ans après, à des niveaux de postes. Ils ont connu des personnes qui étaient vendeurs, qu’ont fini directeur magasin, voire plus haut directeur région. Et ils voient aussi qu’ils font l’effort les boss, en ce moment donc la leader France c’est Agathe Monpays, donc déjà c’est une femme il faut le souligner, c’est une super ouverture d’esprit que fait Leroy Merlin. Et bien Agathe elle est passée par le rayon, elle a fait plusieurs postes, plusieurs rayons, et moi je connais plein de personnes qui sont effectivement, hauts gradés entre guillemets, qui ont goûté la réalité du terrain. Et ça c’est hyper important parce qu’ils ont partagé un moment, des peines, des difficultés, ils ne sont pas hors-sol par rapport aux difficultés des magasins quoi!

[00:06:32] Michel Godart: Alors on les félicite pour le choix féminin mais j’ai envie de te répondre en parallèle que ça devrait être une norme et pas une exception.

Impact du Covid, parentalité et réalités personnelles

[00:06:37] Romain Oger: Je suis d’accord avec toi, oui

[00:06:37] Michel Godart: Ça c’est mon côté engagé que tu connais bien (Rires). Alors ton parcours de carrière, donc tu changes d’enseigne, puis tu me parles d’un Covid, d’une naissance, (Romain Oger: Oui) et puis on peut parler de ce qui se passe et de comment tu te réorientes. Tu fais quelque chose de particulier? Tu peux me raconter la suite de ta carrière?

[00:06:50] Romain Oger: Ouais. Ben après bon, ce n’est jamais simple à synthétiser parce que c’est le cheminement d’une vie, c’est plein de petites expériences. Mais j’ai eu en fait, comme dans beaucoup de moments, moi c’est plutôt pas l’entreprise qui m’a embêté, c’est potentiellement le boss que j’ai eu en face à un moment ou à un autre. J’ai eu la chance à chaque fois d’avoir des boss qui me poussaient, et qui m’aidaient, qui voulaient vraiment me faire avancer

[00:07:06] Michel Godart: Te stimuler.

[00:07:07] Romain Oger: En fait c’est top parce que quand tu as des gens qui sont vraiment dans cette logique-là, ils vont toujours te pousser, même si c’est, au début tu le prends mal mais ils vont te pousser pour que tu ressortes le meilleur de toi même.

[00:07:16] Michel Godart: L’excellence.

[00:07:16] Romain Oger: T’évolue. Et donc, si tu veux, moi j’ai connu on va dire de mes 18 ans quand je suis rentré chez Leroy, parce que je suis rentré à 18 ans, jusqu’à presque treize ans après que de l’évolution. Alors avec plus ou moins de longueur, plus ou moins de difficultés, mais j’ai connu que de l’évolution. Et à un moment, quand effectivement, quand tu arrives et que tu as une personne qui croit plus en toi ou, voilà, alors peut-être qu’elle était d’ailleurs lucide à ce moment-là, j’en sais rien, toujours est-il que tu le vis mal. Entre deux effectivement, j’ai eu un premier fils, tu te rends compte que mon ex-femme était infirmière, moi j’étais dans l’industrie, donc forcément tu dois (Michel Godart: Oufff les planning, ouais, ouais) tout le temps changer tes horaires, au dernier moment on te demande d’avoir de l’agilité. Si tu ne le fais pas tu es pointé du doigt tout ça, donc quand tu es habitué et pas de problème, moi je le faisais très gracieusement mais quand tu as un enfant, que tu as une crèche, que tu dois aller le chercher à telle heure, ben ça devient une usine à gaz. Et comme nous on était dans le Nord, on n’avait pas de famille, ça devenait compliqué. Deuxième élément qui m’a aussi énormément impactée, c’est qu’avec mon ex-femme, on a perdu un enfant donc à la naissance, j’ai eu besoin de revenir au travail assez rapidement pour penser à autre chose. Mais finalement en fait, il y a eu très peu d’écoute de la part de mon manager tu vois. Et en fait tu te dis « Je fais l’effort, je reviens, pour me changer les idées mais il n’y a aucune contrepartie derrière ». Je me suis dit « Mais en fait je suis un numéro » tu vois (Michel Godart: Ok), et j’ai personne en face. Premier choc par rapport à mon enseigne qui m’a reculé, alors, pas forcément par rapport à l’enseigne, encore une fois par rapport à personne mais ça m’a fait mal. Et puis on déménage, parce que gros besoin de se retrouver auprès de la famille, de re profiter, mon Covid, tu réfléchis aussi à, tu dis « La vie est courte, voilà, il faut peut-être penser (Michel Godart: À ce qui fait sens), peut-être penser à autre chose que le boulot ». En plus, je ne t’ai pas dit mais infirmière, mon ex-femme a été aussi réquisitionnée. Donc moi je me suis retrouvé avec mon premier enfant toutes les semaines de confinement, et là où tout le monde a kiffé son confinement, ben moi je l’ai mal vécu parce que j’ai plutôt changé des couches et fait du « areuh areuh ». Donc tu vois, moi qui aimais bien aussi m’enrichir intellectuellement, bouger, ben… J’adore mon fils, mais je me suis senti vachement limité et bloqué dans cet instant avec mon ex-femme, elle qui en plus mettait sa vie en péril potentiellement tout ça, bon bref. Donc quand j’ai voulu déménager, on m’a dit il n’y a pas de place chez Leroy Merlin, donc ça pareil j’étais très frustré aussi, je me dis « Putain, j’ai toujours tout donné pour Leroy Merlin ». Une fois je me rappelle, je suis allé au travail avec mon fils dans sa poussette, pour faire un inventaire, parce que je n’avais aucune solution de garde et tout, mais je suis quand même allé au boulot avec lui tu vois (Michel Godart: Wow). Donc hyper complexe mais pour dire le niveau d’engagement, et en fait à aucun moment la boite m’a dit « Bah vas-y, on va te trouver,… Tu es un élément formidable on va te trouver une place ». J’ai jamais su le pourquoi du comment, je serai peut-être jamais. Toujours est-il que…

[00:09:18] Michel Godart: Ils en sont peut-être même pas conscients de ce qu’ils ont fait!

[00:09:19] Romain Oger: Ouais, non mais c’est ça. Après ben peut-être que, encore une fois, la bosse que j’avais à l’époque n’avait pas ce regard sur moi, ce que je peux comprendre. Et donc elle a pas poussé mon dossier tu vois, encore une fois, timing… (Michel Godart: Des relation humaine en fait) timing, personne, bon bah voilà, donc pas de place. Ou peut-être qu’il y avait juste pas de place et qu’il ne pouvait rien faire. Moi je pense qu’on peut toujours en créer quand on veut garder quelqu’un, mais ça (Michel Godart: Ouais) c’est mon point de vue. Donc j’ai repris mon petit cartable, ce qui a été aussi dur parce qu’en fait j’avais un bac plus cinq, treize ans d’expérience, et pour autant tu te rends compte bah non, tu recommences tout à zéro (Michel Godart: Wow) et c’est hyper compliqué de trouver du boulot. Surtout que quand c’est d’une région à l’autre, tu as les visio mais tu vois c’est pas forcément évident de se vendre non plus.

Nuance et regard sur les entreprises

[00:09:48] Michel Godart: Je t’ai invité pour ça aussi hein? (Romain Oger: Ouais) Parce qu’il y a tellement de choses dans ton parcours qui interpellent sur les réalités sociales des entreprises maintenant. On se plaint parfois qu’on ne trouve pas des gens pour certains secteurs de métiers, mais on ne se rend pas compte dans les entreprises que si on traite mal les gens, ou qu’on n’est pas attentif… Dans ton témoignage, forcément on ne va pas donner, c’est pas sexy, quand tu entends ce genre de choses, tu te dis « C’est pas sexy, c’est pas là que je vais postuler » si tu entends ce genre de choses après (Romain Oger: Ouais, ouais). Alors qu’en fait, d’un autre côté tu as dit aussi « J’ai passé de nombreuses années heureuses où j’ai vraiment évolué, on m’a donné ma chance » (Romain Oger: C’est exactement ça). Il y a une espèce de paradoxe et de dualité où tu te dis « Ma balance, elle est en déséquilibre, je ne sais plus mettre le curseur au bon endroit », c’est un peu comme ça qu’on comprend?

[00:10:20] Romain Oger: Ben oui, en fait moi je veux vraiment faire la nuance parce que je ne crache pas du tout dans la soupe (Michel Godart: Voilà). J’ai eu des enseignes qui sont formidables, qui m’ont offert des opportunités et qui font qui je suis aujourd’hui, avec des personnes qui y sont d’ailleurs toujours, qui ont cru en moi, et qui sont au top.

La grande distribution comme école

[00:10:30] Michel Godart: Ça reste une bonne école?

[00:10:32] Romain Oger: Voilà. Et même les personnes peut-être qu’on à un moment ou un autre cru en moi en moins, bien elles ont leur regard, elles ont leur histoire de vie, je ne peux pas… J’ai eu beaucoup de mal à comprendre ça, et à me détacher de ça pour sortir de la boîte c’est que, moi j’avais des objectifs, je voulais les atteindre et, je dis limite je pouvais mettre toute ma vie perso de côté pour aller chercher ces objectifs pro. Sauf qu’à un moment, sur des tailles de boîte comme ça, c’est pas toi qui va changer la boîte en fait. Donc soit tu acceptes les règles du jeu de la boîte, et tu modifies ton comportement ou tes objectifs pour y rester et y aller, soit tu dis « Bah c’est tout » et tu changes de boîte et de fusil d’épaule tu vois? Pour revenir au manager, je trouve ça hyper important parce que, moi j’ai pas été peut-être tout le temps parfait non plus en tant que manager, et quand tu l’es c’est là que tu vois la difficulté. Je trouve que tu as quand même des détails en tant que manager qui sont hyper importants, d’ailleurs on t’inculque je trouve beaucoup en grande distrib, mais que tout le monde ne pratique pas, par exemple « le bonjour ». Moi je sais que, Leroy Merlin, il y avait un magasin il y avait parfois 100 ou 150 personnes dans le magasin. Et ben de prendre la demi-heure qu’il te faut, pour faire le tour du magasin, serrer toutes les mains, avec un vrai bonjour, droit dans les yeux, et un vrai « Comment ça va? ». Pas le « Comment ça va? » ou tu passes en coup de vent mais le « Comment ça va? » où tu attends une réponse, et tu vas vraiment (Michel Godart: Sentir) jauger la température, sentir le mood de ton collaborateur, de ta collaboratrice, c’est hyper important. S’intéresser à eux, mais vraiment, c’est-à-dire combien ils ont d’enfants, les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien. Mais en fait, tu ne peux pas manager, animer une équipe, si tu n’as pas tous ces éléments en tête en fait. Parce que quelqu’un qui est en retard, il a pris cinq minutes, tu vas lui mettre un taquet, mais il a une sale histoire de vie derrière et il y a un vrai problème, tu vois il a un décès ou quoi que ce soit… Tu vas mettre une cartouche mais tu vas le regretter dix minutes après quand tu vas avoir la vérité. Je pense qu’il y a plein de choses où il faut faire attention.

La fonction de management et sa charge mentale

[00:11:54] Michel Godart: Le management tu ne t’y diriges plus? (Romain Oger: Non). J’entends des choses qui me parlent, qui disent « waouh ».

[00:11:58] Romain Oger: Ouais, ben (Michel Godart: Chouette manager) ça je pense que c’est la grande distribution qui me l’a appris, c’est de bien écouter l’histoire de chacun, et si tu veux le meilleur des autres, il faut d’abord avoir le meilleur de toi en tant que manager. Et le bon niveau d’exigence, et le bon niveau de remise en question, accepter les feedbacks, enfin un certain nombre de choses qui sont importantes. Après je m’y destine plus parce que c’est une charge en fait, c’est une vraie charge mentale en fait, j’aurais plus deux enfants, j’en aurais encore quinze de plus.

Vie personnelle et impact sur la carrière

[00:12:18] Michel Godart: Tu as quand même la particularité d’avoir une compagne qui est infirmière, qui a déjà une charge mentale très forte (Romain Oger: Ouais) dans son métier et dans sa vie privée, parce qu’il faut pas oublier que les femmes ont une charge mentale très forte, de par (Roman Oger: Exactement ça) défaut.

[00:12:28] Romain Oger: Maintenant je suis séparé, mais je pense que c’est ça aussi qui a fait qu’à un moment notre histoire elle s’est séparée, c’est que : on avait tous les deux des métiers prenants, voilà, on a eu des histoires pas forcément tout le temps évidentes. Il y a mes fils qui ont très mal dormi pendant deux ans, donc ne pas dormir, ça tue des couples aussi, enfin voilà, un certain nombre d’éléments qui se sont rajoutés. Pour revenir à l’humain en fait, je dirais, des fois t’es même, il y en a qui arrivent à prendre du recul, ce qui n’était pas forcément mon cas mais des fois tu vas au-delà en fait de ton travail. J’ai déjà une petite apprentie de 17 ans qui a essayé de raccrocher les wagons, qui n’était pas forcément une vie simple, décrochage scolaire et tout. Elle se réinscrit à un BTS, elle n’y arrive pas. Et ben au lieu de la lâcher, je me suis retrouvée, je ne sais plus, un vendredi matin dans un bar-tabac avec la maman qui ne voulait pas forcément se déplacer tu vois, en magasin pour me rencontrer. Mais moi j’ai fait l’effort de me déplacer et d’aller les rencontrer dans un bar-tabac, donc complètement en dehors du cadre, pour faire le point avec la maman, pour voir comment on pouvait l’attirer. Et bon elle a été au bout de ces deux ans, tu vois? Donc voilà, après faut doser, mais en tout cas par rapport à l’engagement c’est pour ça que j’en veux plus. Moi je trouve que, on dit souvent, il y a un truc que j’aime pas c’est, pour moi c’est : le courage managérial. Et ben pour moi tu vois c’est un pléonasme, c’est-à-dire que être un manager, ça implique forcément d’être courageux. Et ça implique de l’engagement humainement et sous plein d’autres aspects, tu peux être que manager avec tout ce que ça inclut, sinon t’es pas manager en fait tu vois? Tu es un petit chef, et c’est pas pareil.

Expérience chez Norauto et nouvelles limites

[00:13:37] Michel Godart: Je ne savais pas tout ça et tu vois, au fond de moi je sentais que tu allais me lâcher des trucs comme ça (Ensemble: Rires). On a pris le temps de faire un peu connaissance et quand, je crois qu’on est des miroirs d’âme, et quand on attire les autres à soi c’est qu’il y a des choses qui parlent (Romain Oger: Mm) et des valeurs fortes que je ressens chez toi, qui sont assez alignées à ma vision et à mes valeurs et, profond respect quoi, chapeau. Qu’est-ce qui en découle? Tu l’as dit « J’ai repris mon cartable sous la main (Romain Oger: Ouais ben donc je te dis), sous le bras ».

[00:13:58] Romain Oger: J’ai replongé trois ans chez Norauto quand je suis allée à Rouen. Bon j’ai, pareil j’ai appris beaucoup de choses, j’ai rencontré des personnes hyper agréables. Sauf que à un moment, un ras le bol un peu sur pas mal de niveaux, en plus on voulait me muter à 1h30 de chez moi avec deux garçons en bas âge donc heu…

[00:14:11] Michel Godart: De nouveau les contraintes familiales.

[00:14:12] Romain Oger: Très compliquées tu vois? Alors qu’en plus j’étais en séparation, enfin voilà, encore une fois je pense qu’on n’a pas totalement regardé (Michel Godart: La réalité de ta vie) la réalité de ma vie, moi, on n’a pas pris en compte ça. Et en fait j’ai été en séparation, j’avais fait quand même quinze ans de grande distrib tu vois, j’arrive à 36 ans, envie de profiter de plus en plus de mes enfants, de les voir grandir, de pouvoir aller les chercher à l’école le jour où j’ai envie. Et donc ben je me suis dit « C’est le moment en fait pour claquer la porte et essayer de me lancer dans un projet quoi. »

Comment se réinventer professionnellement ?

[00:14:33] Michel Godart: Romain C’est le but aussi de ce podcast, comment est-ce qu’on se réinvente avec un parcours pareil? Parce que tu avais tellement de qualité sur ce que tu faisais (Romain Oger: Ouais). Repartir à zéro (Romain Oger: Ouais), reconstruire, est-ce que c’est évident? Quelles sont les premières questions qui te passent par la tête?

[00:14:46] Romain Oger: Premier obstacle moi c’est de faire le deuil sur ce que je quitte, la carrière que je voulais, alors directeur magasin je ne dirais pas que c’était la finalité pour moi mais ça commençait à être bien.

Le sentiment de gâchis

[00:14:53] Michel Godart: Mais tu as un sentiment de gâchis qui s’installe? Tu te dis « J’ai perdu des années », non?

[00:14:56] Romain Oger: Au début ouais quand même (Michel Godart: Ouais) parce que j’ai fait mes études par rapport à ça, j’ai creusé de l’expérience. Et puis toutes les heures que tu as donné, le sang et la sueur (Michel Godart: Les sacrifices faits) que tu as mis, ben tu as l’impression que tu, pas que tu les mets à la poubelle mais que tu aurais pu en faire moins du coup. Mais finalement, quand tu prends le recul, bah en fait non. Ce que tu as vécu, tu l’as vécu, ça t’a aidé pour ce que ça t’a aidé.

Faire le deuil du passé

[00:15:11] Michel Godart: Et c’est une superbe école.

[00:15:12] Romain Oger: Et c’est ton expérience, ton bagage que tu prends avec toi. Donc ouais, la première chose c’était plutôt de faire le deuil, j’ai eu plus de mal d’ailleurs avec Leroy Merlin, parce que plus d’années, plus de choses vécues, hyper compliqué…Ouais.

Bilan de compétences et repositionnement

[00:15:19] Michel Godart: Plus d’implication émotionnelle.

[00:15:21] Romain Oger: Et à l’époque, je pense que l’aide de mon ex-femme, de me pousser à retourner sur Rouen, m’a aussi aidé à franchir le cap. Du coup, comme je l’avais vécu chez Leroy, un peu moins chez Norauto, même s’il y avait de la déception forcément, je suis toujours attaché, moi je ne fais pas les choses à moitié donc j’avais de l’engagement. Et après, ce qui est hyper dur, c’est de dire « Ok, j’ai des compétences managériales etc. Mais quand même vachement typé grande distrib, comment je les transfère à un nouveau métier en fait? ». J’ai fait des bilans de compétences en France, avec l’APEC notamment, etc. Mais tu te rends compte que tu as beau avoir deux bac plus cinq, une super expérience, tu reviens sur le marché de l’emploi tu es personne en fait.

Le retour potentiel en entreprise

[00:15:49] Michel Godart: J’ai une question pour toi (Romain Oger: Ouais). Imagine que Leroy Merlin, un directeur haut placé entende ce podcast et qu’ils disent « On a fait le con, il faut récupérer cet élément », ils te contactent, tu dirais quoi?

[00:15:58] Romain Oger: Je dirais « Je suis… En tout cas, je suis super flatté qu’il m’appelle, ça me ferait hyper plaisir ».

[00:16:02] Michel Godart: Mais tu te relancerais dans une aventure comme ça?

[00:16:03] Romain Oger: Mais je pense pas.

[00:16:04] Michel Godart: Avec le recul?

[00:16:04] Romain Oger: Non, je ne pense pas.

[00:16:05] Michel Godart: Non, plus?

[00:16:05] Romain Oger: Non, je ne pense pas parce que tu as connu en plus l’entreprise d’une certaine façon, et ça bouge super vite, tu quittes six mois l’entreprise elle est, elle n’a déjà plus la même forme donc ça serait difficile et puis, moi j’ai pas envie d’être le vieux grincheux qui ressasse tu vois (Michel Godart: Rires), ce qu’il a connu avant, c’était…

Trouver l’équilibre avec sa vie privée

[00:16:17] Michel Godart: Oh ma frustration d’avant tu vois?

[00:16:19] Romain Oger: Non mais faut pouvoir se projeter aussi. Il ne faut jamais dire jamais, tu ne sais pas ce que te réserve la vie. Et puis là je ne suis pas prêt tout de suite, encore une fois, à reprendre une équipe, à avoir cette responsabilité (Michel Godart: D’accord). Je suis content de retrouver du temps pour moi aussi. Le fait d’être maintenant séparé, en garde alternée, ça me permet d’avoir des semaines un peu plus off où je reprends plaisir dans mon bien-être perso et tout. Donc c’est peut-être un peu égoïste mais (Michel Godart: Mais c’est important) ça me permet quelque part de me reconstruire aussi tu vois?

L’entrepreneuriat : réalité financière et pression du démarrage

[00:16:39] Michel Godart: Mais c’est important, la vie est courte, on l’a dit tout à l’heure!

[00:16:40] Romain Oger: Et je trouve que l’entrepreneuriat, ce qui a été dur aussi, pour partager ça pour ceux qui peut-être ont envie de franchir le pas, c’est qu’effectivement tu n’as pas de salaire immédiat, qui va tomber quoi que tu fasses, tu n’es pas payé à l’heure.

[00:16:50] Michel Godart: On va passer aux parties volet entrepreneuriat parce qu’à un moment donné, si je comprends bien, tu décides de te lancer comme entrepreneur.

[00:16:55] Romain Oger: C’est exactement ça. C’est-à-dire que, bon après tu as les indemnités chômage, moi j’avais un petit peu d’épargne donc t’as pas une pression, mais en même temps, tu as un train de vie qui fait, alors attention moi je ne suis pas à un train de vie à rouler sur l’or et avoir des dépenses extravagantes (Michel Godart: Mais tu sens la différence quoi). Mais effectivement, ben tu as des charges, t’as un loyer, tu as ceci cela, un crédit. Et donc ben tu te rends compte que ça fond vite donc, moi la première pression que j’ai eu, en tout cas, c’est de me dire « Ok, je me lance, mais j’ai, le salaire ne tombe pas tout seul », il faut construire. Et en fait, en entrepreneuriat c’est pas des salaires réguliers, c’est des choses que tu vas apprendre comme ça, donc faut mieux prévoir. Et puis tu as plus de liberté parce que tu peux t’organiser, mais si tu ne te bouges pas les fesses, bah ça (Michel Godart: C’est un piège), ça ne tombe pas tout seul (Michel Godart: C’est un piège). Et donc tu vois, à l’inverse, tu peux avoir le côté extrême où tu vas bosser de 7h à 2h du mat, sans jamais lever le pied, est-ce que c’est bien de l’autre côté?

Orientation vers la création de contenu

[00:17:35] Michel Godart: Alors la question que les auditeurs et auditrices se posent en nous écoutant, c’est: « Mais quel secteur est celui que tu as choisi pour te lancer comme indépendant dans ton aventure entrepreneuriale, de quoi on parle? »

[00:17:45] Romain Oger: Yes! Donc moi j’ai choisi la création de contenu, et donc le podcast.

[00:17:48] Michel Godart: Forcément, on comprend qu’on s’est rencontré (Ensemble: Rires) et qu’on a échangé entre nous.

Podcast et modèle économique

[00:17:53] Romain Oger: C’est ça

[00:17:53] Michel Godart: Et tu as décidé d’en faire ton métier, c’est quand même assez rare parce que, le podcast le challenge c’est d’en vivre (Romain Oger: Oui). Et je crois qu’il y a pas un podcasteur en Europe qui te dira, aux États-Unis c’est différent, mais en Europe, à part des sociétés de prod ou des assos comme la mienne ou des choses comme ça, c’est très difficile. Et même dans mon asso, on ne se paye pas de salaires par exemple donc ça devient très difficile de vivre parfois du podcast, il faut vraiment avoir une belle stratégie, un bon plan, enfin… Alors j’ai pas envie que tu partages toutes tes astuces et que tu te grilles hein, (Romain Oger: Non mais…) la question n’est pas là.

[00:18:17] Romain Oger: Je les partage avec plaisir.

[00:18:18] Michel Godart: Mais vas-y, explique-nous un peu, quel est le plan, quelle est l’idée?

[00:18:21] Romain Oger: Alors je t’avouerai, je ne suis pas totalement sec. Moi ça fait quoi, cinq mois que j’ai claqué la porte et qu’on a dit stop, et ça fait trois mois donc j’avais lancé, je ne sais pas quand passera cet épisode, mais moi j’ai lancé en octobre 2025 mon podcast pour ma 36ᵉ bougie, je me suis fait un beau cadeau d’anniversaire. Et en fait, aujourd’hui ma réflexion c’est de me dire « Tu vois, je ne vais pas vivre du podcast, je vais vivre d’un écosystème de création de contenus » où en fait t’as pas une seule source de revenus, et c’est ça qui peut être rassurant.

Transmission et formation

[00:18:42] Michel Godart: Ça, c’est intelligent.

[00:18:43] Romain Oger: C’est de se dire en fait, je ne veux pas que demain mon podcast soit que de la pub ou que je ne sais quoi, que de la collab, ou que… Je veux, en fait voir toutes les cordes qui sont possibles à mon arc. Et en fait, tout cet écosystème consolide les différentes parties. Et, voilà si j’ai un moment un truc qui marche un petit peu moins qu’un autre, donc là je suis plutôt dans la phase de création mais, forcément au début tu es plutôt à monter une audience, à avoir de la légitimité pour potentiellement demain, avoir une aide financière de quelque manière possible. Parce qu’on parle de sponsoring souvent, mais ça peut être de l’affiliation, enfin, tu as quand même déjà une dizaine, rien qu’avec le podcast en tant que tel, audio ou vidéo, façon de monétiser. Mais après tu vois par exemple moi je donne des cours à côté, donc là aujourd’hui je donne des cours plutôt sur toute la partie managériale, ce qui est ma force et mon background, donc j’ai grand plaisir parce que je le fais en tant qu’indépendant, donc j’ai des horaires beaucoup plus cool. Et c’est l’aspect que j’aime bien, c’est de transmettre, partager, tu vois?

[00:19:27] Michel Godart: Ah oui, ça c’est génial hein?

[00:19:28] Romain Oger: La frustration c’est qu’aujourd’hui je le fais sur du management, voilà sur du commerce, donc je connais par cœur. Mais ce sur quoi j’aurais peut-être envie de faire un pas de côté. Par contre, je me crée une expérience dans de la formation, je crée du réseau avec les écoles. Et là tu vois, j’ai contacté des écoles, ça va peut-être se faire tout doucement, mais l’idée c’est plutôt de faire des interventions demain sur les sujets qui maintenant me tiennent à cœur, c’est-à-dire : réseaux sociaux, création de podcasts, ou les thématiques de mon podcast donc investissement financière, émancipation financière.

[00:19:51] Michel Godart: Et il y a une très, très, grande (Romain Oger: Ouais) demande et surtout chez le jeune public et ça commence vraiment à être un rêve de métier d’être influenceur, d’être créateur de contenu. On le voit de plus en plus, alors maintenant il y a la question des IA, ça peut faire peur à certains (Romain Oger: C’est ça), mais je pense qu’en fait c’est un atout (Romain Oger: Oui) et que ça peut faciliter. Et la passion de partager ses connaissances c’est juste magique quoi, en fait.

[00:20:10] Romain Oger: Et puis là les écoles, c’est que tu te rends compte en fait, la plupart du temps ils ont des budgets pour offrir à leurs élèves, et ça c’est top, des modules complémentaires. Donc moi l’école où je suis, c’est un BTS, et par exemple, la directrice super intelligent, elle a pris quelqu’un pour donner justement des cours sur l’IA parce que c’est quand même le sujet du moment sur lequel il faut être. Mais tu vois, demain, peut-être que ce ne sera plus la prio ou qu’elle aura plus de budget, et que l’éducation financière. Donc là j’ai une autre école qui m’a contacté, elle était plutôt intéressée par ça. Et l’avantage, donc on parlait de différentes manières d’en vivre, ça tu peux le démultiplier, ça peut être aussi des ateliers dans les entreprises, ça peut être des conférences (Michel Godart: Exact) dans des salons, sur des talk-show. Et puis si on veut rêver plus grand.

[00:20:43] Michel Godart: Propose des formations de podcast, comme nous on le fait dans notre assos (Romain Oger: Ouais, voilà), ça tient la route (Romain Oger: Et après je pense que…). En entreprise, il y a de la demande.

[00:20:47] Romain Oger: Je pense que, comme tout le monde en fait, il y a des choses qu’on ne veut pas forcément monétiser. Tu vois, par exemple, moi je ne me vois pas faire payer des épisodes parce que… Parce que de toute façon ils sont libres de le faire, attention quand, dans ce que je dis il n’y a aucun jugement. Mais effectivement quand tu dis à une entreprise « Viens d’en faire un épisode, on parle de ta société, je te prends 1000 balles en échange », pour moi tu n’es plus totalement libre de ta ligne éditoriale, donc tu vois faut faire attention. Mais du coup tu as d’autres moyens. Et demain, si on rêve grand, ça peut être un livre, ça peut être un studio d’enregistrement à mon nom…

Monétisation du contenu

[00:21:10] Michel Godart: Ça peut être produire une chaîne de podcast pour la boîte, mais pour elle, et qu’elle gère elle.

[00:21:13] Romain Oger: Ouais, ça peut être plein de trucs, c’est ça je trouve qui est magique. Il faut réussir à un moment, et c’est ça la difficulté que d’ailleurs je suis en train de vivre, de consolider et te dire « Ok, bah toute l’énergie que je mets, il faut aussi qu’à un moment elle vienne payer », tu vois? Il ne faut pas que ça soit non plus tout le temps dans de l’utopisme et de l’idéologie. Moi, j’y crois beaucoup, je pense qu’à un moment il n’y a pas de choses qui se font au hasard, et comme tu dis, si tu es quelqu’un d’attrayant, tu vas attirer les bonnes personnes vers toi. Tu as des choses qui vont se créer, et aujourd’hui toutes les choses que je décrochais en tant qu’entrepreneur, c’est un bon karma et c’est un enchevêtrement de cause à effet.

[00:21:40] Michel Godart: Oui, tu dégages (Romain Oger: Fortuites tu vois?) de la good vibe, tu attires de la good vibe en fait

[00:21:43] Romain Oger: Ouais, c’est exactement ça, ouais.

Multiplier les axes sans se disperser

[00:21:44] Michel Godart: Alors moi, si je peux me permettre un feedback, la vie que j’ai eu m’a permis d’observer beaucoup de choses. J’ai observé une chose, c’est qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs qui se sont lancés dans leur métier passion, et dans des métiers passion spécifique, si je prends le thème du service traiteur ou de l’Horeca par exemple, c’est par vagues, par périodes, il y a des périodes très creuses tu vois? Il y a plein de métiers comme ça en fait, tu te rends compte uniquement quand tu es dedans, la tête dans le guidon, qu’il y a des périodes creuses. Et si tu as tout sur un canal d’entrée de revenus, à chaque période creuse tu galères, et si tu ne sais pas gérer ton argent et répartir sur l’année, tu es mort (Romain Oger: Oui). Ce que j’ai appris d’intéressant, c’est que les entrepreneurs qui réussissent le mieux dans ceux que j’ai rencontrés, c’est ceux qui justement associent plusieurs cordes à leur arc, comme tu le dis si bien. Et je crois qu’effectivement, cumuler plusieurs compétences différentes et cumuler plusieurs objectifs différents, sans s’éparpiller pour autant, ça peut être une force et une grande forme d’intelligence pour pérenniser ton projet.

[00:22:30] Romain Oger: C’est ça, et après moi mon idée c’est un peu ça et c’est aussi un peu la thématique du podcast. Alors je sais que toi tu n’aimes pas trop parler d’argent, mais j’y vais quand même. Moi, effectivement ma thématique c’est un Investissement Business Réussite, mais l’idée c’est que je ne me place pas du tout en sachant, je me place justement…

Le podcast de Romain Oger : De rien

[00:22:42] Michel Godart: Donc ça c’est ton podcast, il s’appelle?

[00:22:44] Romain Oger: De rien.

[00:22:44] Michel Godart: De rien.

[00:22:45] Romain Oger: De, plus loin, rien. Vous pouvez écouter le…

Paradoxe du nom et du positionnement

[00:22:47] Michel Godart: Paradoxal au thème de l’argent.

[00:22:49] Romain Oger: Voilà. Mais vous pouvez écouter le teaser « Pourquoi De rien? ». Grosso modo, c’est parce que moi je ne suis pas l’élite, je suis classe moyenne plutôt, même je dirais moyenne basse. Donc j’ai pas des milliers et des millions d’euros à placer pour en vivre. Je pars de rien, voilà c’est pas l’élite. Et puis aussi on parle de tout et de rien, donc je ne veux pas me focaliser si on parle de la bourse, de l’immobilier. En fait, on va aller explorer un certain nombre de sujets, on va voir comment on peut aspirer à une vie meilleure, à une sérénité financière. Et encore une fois, ce n’est pas vivre pour l’argent, c’est comment l’argent peut nous aider à mieux vivre.

[00:23:17] Michel Godart: Comment il peut être un moteur?

[00:23:18] Romain Oger: Ouais, c’est ça. Et en fait, tu vois, aujourd’hui moi j’ai commencé à investir, alors c’est aussi pour ça que j’ai fait cette thématique, c’est que déjà en grande distribution, quand je voyais que ça allait bloquer à un moment de ma vie avec mes enfants et tout, je me disais « Ok, comment je peux récupérer mon temps? Il va falloir que j’ai d’autres sources de revenus, comment je fais pour avoir des sources de revenus? ». Donc j’ai exploré plein de trucs, je me suis cassé la gueule, j’ai perdu de l’argent et tant mieux, ça a fait mon expérience. Mais ça du coup, maintenant je veux le partager. Et à l’inverse, il y a des choses qui marchent. Là, j’ai investi dans des appartements que je loue, aujourd’hui ça me rapporte rien du tout. C’est-à-dire que limite je m’appauvris parce que il y a certains moments où je dois faire un effort d’épargne, mais moi j’ai juste pour optique de dire « Ok. arrivé à ma vieillesse, à la retraite, peut-être une retraite qu’on n’aura jamais. Je pourrais compter potentiellement sur un petit matelas pour moi, pour mes enfants, pour mes parents, qui en auront peut-être besoin. Et je m’assure quelque part une espèce de sérénité par rapport à ça », voilà. Donc après, chacun à son niveau de pouvoir d’achat, de vie qu’il a envie tu vois, on en fait ce qu’on veut. Mais moi en tout cas, je pense que je serai assez heureux, et déjà je suis très heureux dans ma vie de tous les jours mais, je pense que t’as pas besoin de gagner énorme pour bien vivre. Tu as un toit sur la tête déjà, tu es en bonne santé c’est cool. Maintenant, comment on peut faire pour avoir de l’argent sans contrepartie de ton temps. Parce que ce qui ne s’achète pas et ce qui est le plus précieux c’est le temps. Et moi, je veux du temps pour aller faire du vélo avec mes deux fils.

Conseils transposables à la vie d’entrepreneur

[00:24:23] Michel Godart: Bonne remarque, très bonne remarque. Alors moi j’ai une question qui va peut-être te surprendre, mais j’aime parfois faire le lien entre la vie qu’on a passé, l’expérience qu’on a acquise, les leçons qu’on a prises et ce qui se passe dans ton parcours d’entrepreneur. Je ne dis, t’as forcément, pour les gens qui vont se lancer dans un métier comme ton parcours, des conseils que tu donnerais à quelqu’un : si tu veux monter dans une boîte, il faut faire attention à tel point, à tel point, à tel point (Romain Oger: Mm). Donc ça c’est ma première question (Romain Oger: Oui) qu’est-ce que tu conseillerais aux gens qui rentreraient dans cette carrière-là que tu as eu avant? Peu importe comment ça s’est passé après pour toi, l’idée c’est de prendre des quelques premiers conseils. Et la deuxième partie de la question, pour ne pas te piéger, c’est de voir : est-ce que ces conseils que tu donnerais à des personnes qui nous écoutent aujourd’hui, tu pourrais les transposer dans ta vie d’entrepreneur d’aujourd’hui et aussi en tirer des leçons? Donc il y a deux questions en une. Est-ce qu’on peut partir sur cette voie?

[00:25:08] Romain Oger: Ouais, c’est pas simple parce que je pense je n’aurai pas les mêmes conseils, tout à fait. Pour moi, ça reste deux mondes différents, même s’il y a des choses qui s… (Michel Godart: Il n’y a rien qui est transposables?). Je vais te donner à chaud là les premiers conseils qui me viennent. En tout cas en tant que salarié, pour moi déjà c’est : fait le boulot. Pour moi c’est toujours 50 sur 50, si tu as des ambitions que ce soit salariales, d’évolution, déjà est-ce que tu es en position de donner le meilleur de toi-même, de remise en question, de t’adapter aux gens etc. C’est la première chose. Deuxième question, c’est ouverture aux gens, j’ai longtemps cru en tant que jeune responsable de rayon, que en fait, la valeur travail était plus importante que les relations humaines. Et tu vois, parfois, moi de perdre cinq minutes à la machine à café, c’était cinq minutes que je perdais sur mon temps de travail. Sauf qu’en fait non, tu te rends compte que tu avances beaucoup plus vite avec les autres, donc faire preuve d’empathie, une ouverture et une curiosité sur les autres, c’est hyper important, dans toutes les relations et à tous les niveaux. Un troisième conseil que je pourrais donner, qui ne va peut-être pas plaire aux employeurs, mais c’est : à un moment, c’est les deux premiers éléments sont respectés, c’est-à-dire que tu donnes le meilleur, tu te remets en question, etc. Tu fais attention dans les relations à construire avec du collectif tout ça, mais que par contre, tu as quelqu’un en face de toi qui est obtus et qui veut pas bouger, à un moment t’acharnes pas, tu vas perdre des années de ta vie et de l’énergie. C’est soit tu te repositionne, et tu arrives à te réaligner avec la personne, soit tu quittes la boite. Et malheureusement, parfois, il y a, je pense qu’il y a des sociétés où il vaut mieux arriver de l’extérieur : tu négocies mieux en arrivant de l’extérieur que en interne, où on ne voit plus forcément ta valeur à un instant « T ».

[00:26:20] Michel Godart: J’ai fait le même constat que toi sur ma carrière, effectivement (Romain Oger: Voilà). Donc c’est pour ça que j’ai changé beaucoup de boîtes et j’ai fait beaucoup de switch comme on dit, c’est le switching.

[00:26:26] Romain Oger: Alors je ne l’ai pas eu parce que j’avais une espèce de dynamique et je ne regrette pas du tout. Mais il y a peut-être des moments où il y avait des longueurs, j’aurais dû le faire. Et je trouve qu’aujourd’hui, contrairement à ce qu’on dit, les jeunes ont énormément d’opportunités, ont ce choix. Et donc ils peuvent plus facilement mettre en concurrence, donc ça je pense qu’il ne faut pas hésiter à le faire. L’entrepreneur à la limite tu vois…

[00:26:41] Michel Godart: Tout ce que tu viens de me dire (Romain Oger: Ouais le…), j’ai l’impression que ça s’adapte à l’entrepreneur non?

[00:26:44] Romain Oger: Le truc transposable. Alors, pas forcément le fait de switcher, mais en tout cas le truc transposable c’est effectivement de toujours faire attention aux gens et avoir une écoute plus, plus, (Michel Godart: Ah oui), je pense que…

[00:26:51] Michel Godart: On dit toujours un entrepreneur qui n’a pas de réseau, il a moins de chance de réussir (Romain Oger: Ouais) bien

[00:26:53] Romain Oger: Je suis d’accord avec toi

Trouver des invités : lâcher prise

[00:26:54] Michel Godart: Donc là on est dans le relationnel humain (Romain Oger: Ouais) et dans « fais ton taf » bah ouais l’entrepreneur à un moment donné il ne compte pas ses heures. Donc les deux premiers conseils, je dirais que ils collent parfaitement. Et j’ai même envie de dire que le troisième conseil, si tu me permets de faire la transposition à ta place, c’est : ben il y a des clients qui ne sont pas pour toi, si tu as en face de toi un client obtus qui n’apprécie pas la valeur de ton travail, qui la sous-estime, peut-être que ce n’est pas un client pour toi?

[00:27:13] Romain Oger: Ouais je suis d’accord et tu vois c’est rigolo, mais moi ça s’avérait d’autant plus en tant que podcasteur sur effectivement le fait de switcher, mais par rapport à l’ego. Et notamment, un exemple qui me vient en tête, c’est de trouver des invités, ce qui est pas évident. Parce qu’au début t’as pas de communauté, t’es pas connu, t’es personne entre guillemets. Et en fait des fois il y a des gens qui te répondent pas, qui regardent ton message, qui te lâchent un vu. Puis qui te répondent pas, tu te dis « Mais en fait il m’a ghosté, il m’a snobé quoi ». Et en fait, des fois tu as envie de répondre « Ouais, tu pourrais me répondre » ou tu vois? Tu te sens un peu touché parfois. Et en fait, moi je me suis toujours dit « Il faut aussi mettre les lunettes des gens », peut-être qu’il est hyper chargé, peut-être qu’il a un événement familial, un truc dans sa vie

[00:27:43] Michel Godart: Ouais, c’est ça quoi.

[00:27:44] Romain Oger: Peut-être qu’il a des prios. À chaque fois que j’ai fait cet effort-là, je te jure c’est véridique, ça pouvait mettre une semaine, deux semaines, trois semaines mais la personne est toujours revenue vers moi (Michel Godart: Mais voilà), soit avec un oui, et tant mieux je me suis pas grillé une cartouche, soit avec un non mais en justifiant et tout, c’est très, très, très, très, rare, ça doit être 0 à du 0,01 % les personnes qui m’ont pas répondu.

[00:28:00] Michel Godart: Ce que j’entends c’est un message d’alerte : attention à nos pulsions.

[00:28:03] Romain Oger: Ouais c’est ça, toujours avoir le regard des autres, se mettre à la place de.

L’agilité pour un entrepreneur solo

[00:28:06] Michel Godart: J’ai entendu, on a fait une formation en podcast que tu as suivie, parce qu’on se partage nos expériences (Romain Oger: Yes) et nos connaissances, l’entraide dans la communauté podcast est très forte, il faut le savoir pour ceux qui découvrent ça. Les podcasteurs sont très unis et très solidaires en général, en tout cas les podcasteurs natifs, j’ai entendu dans la formation que quand je parlais d’agilité, d’approche Lean, ça te parlait vraiment (Romain Oger: Ouais). Donc ça, c’est des choses que, c’est un domaine que tu connais (Romain Oger: Oui). Est-ce que tu sens que ce sont des choses qui vont aussi t’aider maintenant dans ton rôle d’entrepreneur, même si c’est entrepreneur solo?

[00:28:30] Romain Oger: Oui, oui c’est formidable. J’ai eu la chance de vivre des ateliers chez Leroy Merlin par rapport à ça, en tant que manager.

[00:28:34] Michel Godart: Ils sont en mode agile?

[00:28:36] Romain Oger: Ouais. Alors pas tous hein? Parce que tu as quand même une autonomie sur chaque magasin, etc. Libre au comité de direction de fonctionner comme il veut. Néanmoins, moi je trouve que la méthodologie est hyper importante et les outils qui sont utilisés t’aident beaucoup. Parce qu’en fait, tu peux avoir un comité de direction avec 10 000 idées, rester une journée entière enfermé, et puis tu ressors t’as pas de concret, tu n’as rien. Non, mais c’est arrivé ça, tu vois (Michel Godart: Oui). Et en fait, le fait d’avoir un Kanban, d’avoir tes objectifs que tu as découpés, on utilise le jargon en sprint. Avec Ok, le premier sprint il va durer quinze jours, qui s’occupe de ce sujet-là? De te forcer à avoir des rendus selon la temporalité que tu as choisie. Mais par exemple, tous les lundis, vous devez venir avec une feuille de route nous présenter votre rendu. Tu vois, c’est des rendez-vous qui t’engage auprès du collectif ou tu es obligé de rendre et de produire. Et donc forcément, ça moi je peux l’appliquer en tant qu’entrepreneur. Et encore plus d’ailleurs, parce que si je pars dans tous les sens, à droite à gauche, je peux faire tout et n’importe quoi mais c’est quoi mon objectif? C’est quoi mon rendu? (Michel Godart: Exact). Et je trouve que par exemple, le fait de devoir délivrer, tu t’engages auprès de ta communauté « Je vais vous faire deux épisodes par semaine » (Michel Godart: On en parlait tout à l’heure hein?), c’est une superbe… Tu vois quelque part c’est une super méthode agile parce que tu sais que toutes les semaines tu as un truc à délivrer, peu importe la manière dont tu vas le faire, le résultat qui compte c’est les deux épisodes. Comment tu t’organises derrière (Michel Godart: Ouais c’est ça. Challenger le respect…) pour le, être optimal et qualitatif.

Définition d’un bon RH

[00:29:41] Michel Godart: De la promesse éditoriale? (Romain Oger: Oui) Ouais tout à fait, bravo, bravo! Trois questions de clôture, comment tu définirais un bon responsable des ressources humaines, ou une bonne responsable des ressources humaines? C’est quoi les qualités première des responsables des ressources humaines?

[00:29:52] Romain Oger: Première qualité, c’est l’empathie. L’empathie, j’en parlais en amont, c’est est-ce que tu connais tes équipes dans, effectivement leurs vraies compétences, mais aussi en allant plus loin dans leur personnalité, leurs traits de caractère, voire leur famille. Est-ce que tu connais bien la personne, tu la cerne bien et tu connais tout l’enjeu derrière? Ça c’est la première chose, deuxième chose, je pense qu’il faut rester équitable. Il ne faut pas viser l’égalité. Tu vois, moi je suis un peu contre, quand on dit égalité hommes-femmes, égalité, égalité de sens large… Moi je ne suis pas tout à fait d’accord, je pense qu’il faut être équitable. Il faut prendre en fait le meilleur dans l’instant T, la situation. Je te prends un exemple sur : nous on avait fait des horaires participatifs, c’était hyper intéressant, c’est-à-dire on mettait les bases de la l’égalité machin, et après ils pouvaient déposer les horaires qu’ils souhaitaient faire en fait dans la semaine, ce qui est super. Et en fait, rapidement on s’est dit « Ouais, il faut être égalitaire et tout ». Donc ça veut dire quoi? Si t’es égalitaire ça veut dire : toi, tu as le même nombre de matins, tu as le même nombre d’après-midi, tu as le même nombre de samedis. Sauf que quand tu questionnes les équipes, il va dire « Non mais, moi avoir mon samedi, ça ne me va pas du tout, je m’en fous. En fait, c’est le lundi qui est important parce que du coup je peux récupérer mon gosse à la crèche, et je vais pouvoir profiter le lundi en fin de journée avec lui ».

[00:30:54] Michel Godart: On fait une abstraction d’un volet complet d’information.

[00:30:57] Romain Oger: Ben oui. Et en fait, tu te rends compte que quand tu questionnes bien les gens, ils n’ont pas du tout les mêmes besoins. Et donc en étant équitable, c’est plutôt de satisfaire au maximum le plus grand nombre à partir du moment où ça respecte ton business model et que la boutique elle tourne.

[00:31:07] Michel Godart: C’est là où ça va même au-delà de la loi, ça va simplement dans le bon sens de l’humain.

[00:31:11] Romain Oger: Voilà. Et donc des fois, à vouloir juste être égalitaire, bête et méchant et dire je veux mon quota d’homme, mon quota de femmes, non en fait. Si aujourd’hui les femmes elles travaillent super bien sur ce domaine-là, que j’ai besoin de ça dans mon équipe parce que justement, trop macho, trop rentre dedans, on va apporter une touche de féminité mais c’est l’inverse, il y a de la féminité, tu vois moi je t’ai en ligne de caisse, et c’était un univers où il y avait beaucoup de femmes, et j’ai des chefs de secteur qui m’ont fait rentrer, et qui faisaient rentrer un petit peu d’hommes, et ça ajoutait une autre touche tu vois. Et je pense que c’est comme une équipe en fait, on prend souvent les équipes de foot, si demain tu n’as que des attaquants, à un moment je pense que la richesse d’une équipe c’est justement les différences qui la composent

L’effet waouh en management

[00:31:40] Michel Godart: Donc l’équité (Romain Oger: Ouais). Deuxième question, un endroit où tu es allé, dans ta vie, ta carrière, peu importe, et tu as eu un effet waouh. Est-ce que tu as connu ce genre d’endroit? Si oui, lequel et pourquoi? Et sinon, qu’est-ce qui te donnerait un effet waouh quand tu te rends quelque part où tu te dis « Mais ici, on a juste envie d’y bosser quoi ».

[00:31:56] Romain Oger: Ouais. Alors j’ai pas d’endroit en tête particulièrement, mais en fait moi je regarde énormément, quand je suis client, dans les restos et tout. Et en fait, ce qui me fait l’effet waouh à chaque fois, et je ne changerai pas d’avis, c’est la qualité d’accueil qu’on peut te faire. En fait, il y a des endroits, tu peux avoir 60 collaborateurs, tu rentres, tu ressors, tu as eu zéro regard, zéro bonjour, zéro est-ce que je peux vous aider? Et ça, ça me choque parce qu’aujourd’hui, il y a très peu de raisons qui font que les clients se déplacent encore, que ce soit dans des restaurants et des magasins. Les deux raisons c’est quoi? C’est la rapidité de délivrance. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, Amazon ne sait pas te livrer plus rapidement, généralement toi tu es à dix quinze minutes de route de ton magasin, donc si tu déplaces, tu es encore plus rapide que de la délivrance en livraison, même si ça va peut-être s’estomper un jour. Et deuxième gros argument que ça ne sera pas remplacé pour l’instant, c’est l’humain, la rencontre, le contact que tu peux vivre. Si demain on paye des salariés, d’ailleurs c’est la charge la plus élevée dans une entreprise, tu le sais très bien, et que on ne s’en sert pas comme élément concurrentiel, et qu’on ne fait pas vivre une expérience à nos clients waouh! Bah en fait ça sert plus à rien, on fait des frais pour rien. Et à chaque fois que je suis allée, en tout cas moi je choisis par exemple mes restaurants comme ça, tu peux avoir la meilleure bouffe etc. Si tu as quelqu’un qui sait pas trop recevoir, qui te dit pas bonjour, qui a pas le petit mot d’attention en plus à table pour toi, pour tes enfants et tout. Par contre, celui qui va dire « Ah bah les enfants ils sont super sages en tous cas, si vous voulez on a des crayons de couleurs pour les occuper »

[00:33:07] Michel Godart: Ça fait toute la différence.

[00:33:09] Romain Oger: Tu vois le petit bonbon quand tu arrives à la caisse, c’est des détails qui coûte que dalle, mais tu as fait preuve d’une attention et là tu fais un effet waouh.

Message aux RH, dirigeants et DRH

[00:33:15] Michel Godart: Dernière question, tu as tous les RH, patrons d’entreprises, directeurs des ressources humaines qui nous écoutent, tu leur passerais quel message?

[00:33:20] Romain Oger: Faites attention à ne pas toujours vouloir être dans la productivité continue, et je sais qu’ils sont nombreux à le faire et qu’ils portent beaucoup de sujets à ce propos-là, donc c’est cool. Mais continuez en fait à avoir conscience que ce qui fait une entreprise, c’est bien les êtres humains qui la composent et qui font encore la différence aujourd’hui. Donc prenez soin de cette ressource, parce que c’est ce qui va continuer la croissance de votre boutique.

Contacter Romain Oger et son podcast

[00:33:40] Michel Godart: Romain : Final, un site internet, comment te contacter, le nom de ton podcast en rappel et puis on se revoit bientôt?

[00:33:46] Romain Oger: Podcast « De rien », je suis très joignable sur LinkedIn, mais vous pouvez m’écrire sur toutes les plateformes que vous voulez : Spotify, Apple Podcasts, YouTube, Insta. N’hésitez pas à vous connecter à moi, ça me ferait toujours plaisir d’échanger quand vous voulez.

Clôture de l’émission

[00:33:56] Michel Godart: Alors on a un super tip pour ça dans ce podcast, dans le texte descriptif il y aura un lien vers un Voice mail (Romain Oger: Trop bien, ouais) et donc les personnes peuvent cliquer sur ce lien, parler, s’entendre, s’écouter, recommencer s’ils ne sont pas contents du résultat, mentionner leurs emails, envoyer. Je reçois, je te forwarde, et puis tu pourras écouter les messages avec la voix des gens qui te parlent (Romain Oger: Trop cool). Et s’ils disent qu’on peut partager, on partagera en commentaires du podcast. Merci.

[00:34:15] Romain Oger: Soyez nombreux à me laisser des commentaires, je serai trop content.

[00:34:17] Michel Godart: A très bientôt.

[00:34:18] Romain Oger: Salut, salut! Ciao

[00:34:19] Michel Godart: À bientôt.

[00:34:19] Michel Godart: Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground », espace de coworking à Evere. Depuis janvier 2025, et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisé par « Plugin Company », notre opérateur de bornes et de cartes de recharge privilégié. « The Podcast Factory Org » est très fier d’être membre de « KAYA » – Coalition des Écopreneur et Écopreneures, et de collaborer avec le « Love Health Center ». Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site « What’s Your Story point be ». N’oubliez pas de vous abonner à notre chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg, nous y proposons le podcast en format vidéo avec la transcription en sous-titres en plusieurs langues.

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