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Emmanuel van der Plancke – Mon cafetier

Emmanuel van der Plancke
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hrmeetup.© podcast #473 – Emmanuel van der Plancke : du bon café en grains choisit avec soin par « Mon cafetier ».

Dans ce podcast, j’ai le plaisir de recevoir à mon micro un autre membre de l’espace coworking transforma bxl à Evere : Emmanuel van der Plancke, pour nous partager son parcours d’entrepreneur.

Ingénieur civil, après 23 années en entreprise, Emmanuel van der Plancke décide de se lancer comme entrepreneur…un chalenge où la recherche de sens est l’un des éléments des plus importants pour lui !

Depuis longtemps il identifie les failles d’un système incohérent avec d’un côté une volonté de croissance exponentielle et de l’autre une planète aux ressources limitées, dans un coin de sa tête s’installe déjà une envie de combattre l’obsolescence programmée

Jusqu’au jour ou un évènement, qu’il voit non pas comme une difficulté mais bien comme une opportunité, se produit et le mets face à un choix… un de ces instants où l’on se demande si on change totalement de vie, ou si on s’expose à répéter, peut-être, sans cesse le même scénario.

Les parcours d’entrepreneur ne se ressemblent pas tous, mais quand on y met valeurs, sens et du « bon sens »….on trouve « Mon cafetier« 

Si vous aimez le café, ce podcast vous est chaudement recommandé, prenez un plaid, un coussin, installez-vous confortablement avec, on l’espère, déjà une tasse de café entre les mains puis écoutez cette interview… Moi je pense que vous risquez bien de devenir un de ses clients mais c’est à vous d’en juger.

Vos retours sont les bienvenus.

Bonne écoute et n’oubliez pas que la plus belle des récompenses pour un invité, c’est avant tout : un like, un partage et / ou un commentaire sous le podcast….

Si vous êtes sourds ou malentendants, nous commençons aussi, quand nous avons les ressources nécessaires, à retranscrire nos podcasts en textes. Vous retrouvez le texte en fin d’article.

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Séquençage du podcast avec Emmanuel van der Plancke :

  • 00:13 Introduction
  • 00:30 Est-ce que tu es aligné avec ton rêve d’adolescent ?
  • 02:06 Un job à la sortie des études ?
  • 02:50 Ce à quoi les études d’ingénieurs civils ne préparent pas forcément
  • 03:15 Quand et pourquoi avoir choisi la route de l’entreprenariat?
  • 05:42 Alors comment on en vient à l’idée et quel est ton idée ?
  • 07:49 L’obsolescence programmée pour inspirer un nouveau modèle plus responsable
  • 09:24 De quel produit parlons-nous ?
  • 09:40 Pourquoi le café ?
  • 09:43 Une première société pour illustrer
  • 11:36 La seconde et, ici aussi, une réflexion sur son impact environnemental
  • 14:08 On loue des machines à café ?
  • 15:30 Les machine font la mouture du grain ?
  • 16:10 Pour les entreprises, pour les particuliers ?
  • 18:17 Un auditeurs pourrait louer ton système en tant que particulier ?
  • 18:32 Mais à quel prix ?
  • 19:36 Quid si je pars de chez moi une période déterminée, répétée…
  • 20:42 Deux forfaits, utilisez le site internet pour vous guider dans votre choix
  • 22:04 Location à l’étranger ou juste en Belgique ?
  • 22:12 Il y a des concurrents sur ce modèle ?
  • 22:50 Quels ont été les points bloquants ?
  • 24:19 Quels sont les éléments qui ont stimulé l’envie entrepreneuriale ?
  • 24:51 C’est quoi, pour toi, un RH ?
  • 26:00 Ton effet waouh ?
  • 26:53 Un message à passer à tous les directeurs des ressources humaines ?
  • 28:00 Clôture du podcast

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Le transcript du podcast avec Emmanuel van der Plancke :

  • 00:00 Michel : Ce projet podcast est un projet créé par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de transforma bxl innovation playground.
  • 00:09 Jingle intro : recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements ), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory »
  • 00:13 Michel : Bienvenu pour un nouvel épisode hrmeetup, on y parle des thèmes RH et des passions au travail mais aussi des parcours entrepreneurs et ici, chez transforma, que j’ai croisé une personne qui est très sympa avec qui j’ai beaucoup échangé qui s’appelle Emmanuel van der Planck
  • 00:29 Emmanuel van der Plancke : Bonjour Michel
  • 00:30 Michel :Et on s’est dit « mais on va faire un podcast » parce que ton parcours, on a envie d’en parler, il y a des points qui moi m’interpellent et que j’ai peut-être envie de mettre en évidence aussi. Tu es passionné par ton travail et j’ai envie de partager ça avec nos auditeurs. On va parler entrepreneuriat ; moi une question traditionnelle chez hrmeetup c’est : de ton rêve d’adolescent à ce jour que s’est-il passé ? Est-ce que tu es aligné que ton rêve d’adolescent ? Est-ce que tu avais un rêve d’adolescent d’abord ?
  • 00:52 Emmanuel van der Plancke : Ah c’est une bonne question, j’ai dû un peu remonter dans ma mémoire… oui, j’avais certainement un rêve d’adolescent. Peut-être qu’il devait être assez conventionnel parce que comme j’étais assez bon élève, je m’étais dit « ben je vais faire carrière » hein ! C’est normal, c’est ce qu’on attend d’un bon élève non ? Et donc je m’imaginais devenir responsable d’entreprise et avoir un curriculum brillant et cetera. Et donc pour ça, il fallait faire des études universitaires mais j’étais plutôt curieux et assez polyvalent donc j’avais pas d’orientation très déterminée jusqu’à ce que ma mère me dise : mais en fait, tu présenterais pas l’examen d’entrée d’ingénieur civil parce que c’est une bonne, un bon diplôme ça ! A vrai dire, je ne m’étais jamais vraiment posé cette question parce que je ne m’étais pas vraiment préparé à ça dans les options que j’avais prises. Mais voilà, je me suis décidée au mois de juin, j’ai passé l’examen en juillet et je l’ai réussi… donc en fait l’ayant réussi, je me dis, bah je vais peut-être me lancer dans ces études-là hein ? On verra bien où ça mène !
  • 01:41 Michel : Alors ça t’as mené où justement ?
  • 01:42 Emmanuel van der Plancke : Ca a répondu à ma curiosité intellectuelle et j’avoue que dans la compréhension des choses je dirais, ces études étaient assez passionnantes parce qu’on voit au niveau scientifique, technologique, d’abord comment fonctionnent les principes de bases scientifiques et puis comment on peut les appliquer de manière concrète dans différents domaines. Ca a aiguisé ma curiosité intellectuelle mais voilà ça ouvre plein de possibilités et j’avais pas d’idée très claire non plus niveau professionnel vers où j’allais aller à ce moment là encore.
  • 02:06 Michel : Quand on sort des écoles d’ingénieur souvent on vient se faire frapper à la porte et recruter…Est-ce que ça a été ton cas ?
  • 02:11 Emmanuel van der Plancke :  Et ben malheureusement je suis sortis dans une année ou c’était une crise de l’emploi. Autant les années d’avant on venait chercher les diplômés avant qu’ils aient terminé autant ça n’avait pas été tellement mon cas à ce moment-là, donc j’ai dû rentrer par la petite porte… j’ai sonné, frappé chez Hewlett Packard qui cherchait des étudiants pour tenir un centre de démonstration d’imprimante et voilà c’est comme ça que j’ai commencé mon travail.
  • 02:30 Michel : Dans le milieux des imprimantes…
  • 02:31 Emmanuel van der Plancke :  Voilà, dans le milieu de l’informatique et de l’IT et puis en fait peu de temps après j’étais engagé d’abord dans une banque, mais je me suis pas trop plu, l’idée de rester ne me plaisait pas trop. Et puis j’ai été engagé par une petite société qui faisait de l’IT, qui vendait des systèmes informatiques et plus précisément les louaient, ce qui est intéressant c’est que c’est un business model que j’ai retrouvé 20 ans plus tard !
  • 02:50 Michel : Alors, justement, dans une école d’ingénieurs il y a bien deux choses qu’on t’apprend pas : la première, et c’est peut-être le petit clin d’œil qu’on va faire aujourd’hui, c’est, on t’apprend pas à faire du management people, on t’apprend pas à gérer des équipes.
  • 02:59 Emmanuel van der Plancke :  Ca manque peut-être un peu.
  • 03:01 Michel : Un élément qui va intervenir quand tu lances ta boite et que tu grandis, que tu crées un parcours entrepreneur, à un moment donné tu dois gérer du personnel. En dehors de cette parenthèse là, ce qu’on ne t’apprend pas non plus, comme ingénieur, c’est d’office envisager que tu vas être indépendant !
  • 03:13 Emmanuel van der Plancke :  Ah certainement par c’est vrai que
  • 03:15 Michel : Comment est-ce que t’en es arrivé de l’employé « je cherche une position qui me plaît, qui me passionne, qui me motive et qui m’anime, une recherche de sens » à « je me lance comme indépendant, je me lance comme entrepreneur »
  • 03:25 Emmanuel van der Plancke :  Alors c’est un cheminement qui a pris du temps. Il faut savoir que je me suis lancé, comme entrepreneur, à peu près 20 ans… même plus précisément 23 ans, après avoir commencé ma carrière et donc ça veut dire que j’ai d’abord eu un long chemin en entreprise avant. Et là je dirais que c’est plus dans l’état d’esprit, dans les valeurs, qu’on arrive petit à petit vers l’entreprenariat. Je dirais que la première chose c’est que j’ai travaillé comme ingénieur dans diverses fonctions qui étaient à la fois spécialiste produit, marketing, prévente, architecte solution, puis gestion de projet donc j’ai évolué mais toujours dans des domaines, en fait, de mise en application de nouvelles technologies pour développer des solutions nouvelles. Donc c’était souvent de l’innovation avec un point commun c’est une approche souvent transversale, ça veut dire, mais comment voir de manière globale, dans une solution, comment on s’applique des nouvelles technologies. Et donc ça a éveillé ma curiosité de réfléchir à comment faire du nouveau, avec de l’ancien…
  • 04:11 Michel : Ca par contre, ça va être un point essentiel et une super bonne école pour ton projet qui va suivre !
  • 04:16 Emmanuel van der Plancke :  Exactement, alors un autre point qui rejoint plus le HR : c’est que j’ai toujours eu un grand questionnement de l’environnement dans lequel j’étais. Toujours ayant un pied dedans et un œil dehors pour dire… pour observer les choses extérieures. J’ai été engagé dans une société, qui en fait, était en plein déclin ; je suis arrivé à son apogée et j’ai suivi le déclin en voyant aussi tous les travers sociétaux de comment est-ce qu’on peut gérer la difficulté dans une grosse entreprise. Voir aussi qu’une grosse entreprise, je vais utiliser un mot provocateur, mais c’est un peu, surtout quand elle est en difficulté, c’est un peu un dinosaure qui n’est plus tout à fait dans le bon environnement. C’est très difficile de s’adapter et de changer et de reprendre la bonne direction. Le modèle social et sociétal dans lequel on est n’est probablement pas orienté vers le changement, il est plutôt orienté vers une forme de performance. Mais quand l’environnement est modifié il est très handicapé. En fait je me suis rendu compte que mon avenir n’était plus dans ce modèle de société-là, en tout cas pas dans celle-là, après une xièm restructuration j’ai dit à mon patron « écoute, cette fois-ci, si tu peux me permettre de prendre le train, j’aimerais bien parce que je ne vois pas que je puisse rester encore ici jusqu’à ma pension. Parce que, un, il n’y a pas l’opportunité. Puis 2 : je ne crois pas que c’est ce que j’ai envie de faire ». Et donc j’ai eu cette opportunité alors, soit à ce moment-là de prendre un autre contrat, dans une autre filiale du même groupe. Je me suis dit, je vais recommencer la même chose ailleurs. Et je me suis dit, non, si vraiment là maintenant j’ai l’opportunité avec un préavis d’avoir un petit capital qui me permet d’être autonome financièrement pendant un certain temps, je dis c’est le moment pour se lancer à son propre compte.
  • 05:35 Michel : Le premier gros challenge Emmanuel c’est l’idée. Entreprendre, c’est d’abord avoir une idée !
  • 05:41 Emmanuel van der Plancke : Tout à fait, tout à fait !
  • 05:42 Michel : Alors comment on vient à l’idée et quel est ton idée ? Quel a été ton idée ? Est-ce que tu en as eu plusieurs ? Directement la bonne ?
  • 05:47 Emmanuel van der Plancke : D’abord mon métier c’était d’avoir des idées. J’ai la chance, où la malchance, d’avoir une pensée assez arborescente, mon esprit vagabond dans beaucoup, beaucoup, de domaines différents. Alors il y a eu un déclic ; un déclic : c’est que, déjà petit enfant ou adolescent, il y avait quelque chose qui me titillait, qui titillait mon intelligence d’ingénieur et rationnelle. C’est-à-dire…en fait, on parle de croissance économique et on dit que c’est une donnée essentielle dans le modèle économique dans lequel on est. Sauf, que moi, je me souvenais, que quand j’ai vu ce que c’était une exponentielle, c’est un truc qu’on dessine les 2, 3 premières cases et puis ça crève le plafond ! Je dis mais, il y a quelque chose qui ne va pas, la croissance continue ça ne peut pas exister ! Je me posais des questions sur le monde économique dans lequel on était. Et notamment, dans mon analyse, j’ai pris conscience qu’il y avait des choses qui n’allaient pas. Mais notamment l’empreinte environnementale qu’on laisse, même le modèle sociétal un peu monolithique qui a l’air de laisser beaucoup de gens pour compte et cetera. Et donc je me suis posé pas mal de questions-là dessus et un jour, j’écoute souvent la radio dans la voiture, j’ai écouté une émission intéressante de quelqu’un qui avait fait un burnout et qui s’était recyclé dans le coaching d’entreprise et qui a écrit un bouquin qui s’appelle « Sans plus attendre » et qui parle en fait, du fait : un, que on est dans une situation pré-apocalyptique, c’est à dire qu’on va un peu droit dans le mur au niveau de la pression environnementale, au niveau même de l’équilibre sociétal dans le modèle dans lequel on est. Et puis 2, il avait une note d’espoir que j’ai vraiment bien entendu. Il a dit mais en fait, aujourd’hui, il y a pas mal de nouveaux modèles économiques qui sont là, qui se mettent en place, qui n’ont plus besoin que d’une chose, c’est d’être éprouvé, et pour les éprouver il suffirait de 2, 3% de « Trend setter », fin, de faiseur de tendances, qui montre que ça fonctionne, pour que, en fait, on puisse entraîner la majorité et peut être que, à ce moment-là, la transition pourrait se faire en douceur
  • 07:20 Michel : Alors, les auditeurs ne le voient pas, mais t’as tout d’un coup les yeux qui brillent
  • 07:23 Emmanuel van der Plancke :  Oui,parce que à ce moment-là il y a eu le déclic (Michel : Je vois, je vois), je me suis dit : « I want to be in the happy few ». J’aimerais bien être dans un de ceux-là, qui permettent de prouver que le modèle fonctionne. Et en fait, dans les modèles dont il parlait, il y en a un en particulier qui m’intéressait, et on va revenir à ce que j’ai dit au début, parce que ça ressemble à de la location sans vraiment être de la location. C’est l’idée que, en fait, aujourd’hui on est dans un modèle économique de vente ou quand on vend un objet, le vendeur il pense déjà à l’objet suivant qu’il va vendre après !
  • 07:49 Michel : Et l’obsolescence programmée entre autres
  • 07:51 Emmanuel van der Plancke : Exactement, le simple fait d’acheter un bien ou un objet, c’est le lit de l’obsolescence. Parce qu’en fait on est complice du fait que celui qui nous le vent mais il fait sa marge à multiplier les cycles de vente et quelque part il ne va pas intégrer la qualité, le fait qu’on puisse lui donner une longue vie, le fait qu’on puisse facilement le réparer, que ce soit fait avec des matériaux durables et cetera et cetera.
  • 08:10 Michel : Pas toujours, plus avant, beaucoup moins maintenant en tout cas, si on voulait nuancer.
  • 08:14 Emmanuel van der Plancke : Oui, tout à fait mais le simple modèle de vente aujourd’hui
  • 08:17 Michel : Pose déjà questionnement
  • 08:18 Emmanuel van der Plancke : Pose question parce que, quand on conçoit un objet à la vente, on va concevoir le fait qu’il doit avoir une durée de vie limitée parce que s’il a une durée de vie illimité ; soit il coûterait beaucoup trop cher et on ne saurait pas le vendre par rapport à la concurrence ; soit on l’aurait vendu une fois, et puis dans, 5 ans plus tard on mettre la clé sous le paillasson parce qu’on pourrait pas renouveler les ventes par après. Il y a quelque chose dans l’équation qui ne fonctionne pas très bien. Et donc le modèle qui m’a intéressé, c’était ce qu’on appelle l’économie de la fonctionnalité en français ou en anglais « product as a service ». C’est l’idée qu’en fait, si on vous vend le produit, non pas comme un objet dont vous prenez la propriété, on vous envoie la fonctionnalité, eh bien en fait les intérêts de l’utilisateur vont s’aligner avec ceux du vendeur. C’est à dire que le vendeur il va essayer d’avoir une relation à long terme avec vous, il va essayer d’intégrer de la fiabilité dans son produit parce que (Michel : Et la qualité), et la qualité parce qu’il ne voudra pas le renouveler trop souvent, ça lui coûterait trop cher, parce qu’il le vendrait sous forme de service. Donc au moins il renouvelle, le mieux c’est. Il va intégrer la réparabilité, parce que si jamais ça tombe en panne, ça peut, ça doit être facilement réparable. Et aussi même, le concept même d’innovation, il faut une évolutivité dans le produit. Il n’est pas question de sortir un nouveau produit qui va avoir de nouvelles fonctionnalités qui vous demande de jeter l’ancien comme certaines sociétés, dont notamment la plus grosse capitalisation Bruxelles mondiale, font maintenant tous les 6 mois.
  • 09:24 Michel : Le produit, dont on va parler, c’est un produit que tout le monde consomme et je crois qu’en Belgique on est l’un des plus gros consommateurs de ce produit. Alors ce n’est pas le chocolat !
  • 09:33 Emmanuel van der Plancke : C’est un très bon complément au chocolat, quoi qu’on pourrait en discuter, et c’est, effectivement c’est un produit consommable, c’est le café !
  • 09:40 Michel : Pourquoi le café ; justement c’est l’occasion de dire « le pourquoi » !
  • 09:43 Emmanuel van der Plancke : Je vais faire un tout petit pas en arrière. Donc je vais dire au niveau des modèles sociétaux économiques, il y avait 2 sociétés qui m’ont marqué si fort parce que à la fois ils ont un marketing absolument génial, une approche très systémique et très globale ; que j’aime bien c’est l’idée d’une solution complète… et à la fois, derrière ça, dans les coulisses, il y a un modèle de business qui est scandaleux dans ces 2 là, le premier j’ai…
  • 10:02 Michel : Attention au noms que tu cites
  • 10:03 Emmanuel van der Plancke : Je vais le citer pour le côté génial ! Le premier c’était le modèle Apple. Donc Apple, il a sorti le smartphone qui technologiquement n’avait rien d’innovant, il existait déjà des équipements avec un écran touch screen, avec une caméra et cetera. La combinaison de tout était déjà un peu plus innovantes mais ce qui était vraiment le making point c’est le fait qu’il y avait tout un écosystème applicatif et de développeurs derrière qui soutenait l’objet et qui a fait que ça a été un véritable boom !
  • 10:26 Michel : Tu ajoutes à ça une communauté de fans assez importante
  • 10:28 Emmanuel van der Plancke : Mais qui s’est créé grâce à ça !
  • 10:29 Michel : Ben elle existait déjà, moi j’en faisais partie hein !
  • 10:31 Emmanuel van der Plancke : Oui, il y avait évidemment les utilisateurs Mac et cetera. Mais c’est devenu grand public (Michel : C’est vrai) et c’est devenu un objet vraiment sexy, attirant et cetera donc c’est…
  • 10:38 Michel : C’est vrai qu’il y a un bouleversement majeur, une révolution comme disait Steve Jobs, ça a été la révolution : ça c’est clair !
  • 10:43 Emmanuel van der Plancke : Oui c’est ça, mais derrière ça, on a inventé l’ordinateur jetable ! C’est à dire que maintenant tous les 6 mois, il y a un nouveau modèle qui sort et le message marketing c’est : « jetez votre ancien, le nouveau et meilleur ». On doit se poser la question de « pourquoi ? » mais surtout, derrière ça, ce qu’on ne voit pas c’est qu’il y a un enjeu environnemental colossal, que le nombre de matières premières qu’il faut procéder pour fabriquer les « chip » qui a dedans est énormes, qu’ils empoisonnent des gens…
  • 11:05 Michel : Il y a Greenpeace qui s’est penché sur l’informatique et qui a dénoncé certaines fabricants, certaines marques, en disant voilà attention à certains produits qui sont toxiques pour l’environnement et la santé. Et certains acteurs, Apple en a fait partie à un moment donné, ont remis un peu de réflexion dans l’histoire et repris des routes différentes sur certains choix de composants… mais voilà on reste quand même dans l’interrogation.
  • 11:24 Emmanuel van der Plancke : On reste dans un produit à ventre et on reste dans une obsolescence programmée qui est plus basée sur l’innovation. C’est à dire qu’en fait on va sortir un produit qui va dire que le précédent a dépassé. Hors, on peut se demander pourquoi parce qu’il répond à tous les besoins quasiment qu’on peut imaginer
  • 11:36 Michel :Alors la 2e société ?
  • 11:37 Emmanuel van der Plancke : C’est un vendeur de capsules qui s’appelle Nespresso. Et là de nouveau quand je me suis lancée dans le domaine, j’ai rencontré pas mal de gens du métier m’ont dit : mais il ne faut pas cracher dans la soupe, Nespresso a vraiment fait du bien pour le café parce qu’ils ont redonné des lettres de noblesse au café. A l’époque le café c’est un produit consommable « Mainstream », de relativement mauvaise qualité, les gens ne payaient pas cher pour ça, il buvait n’importe quoi, il buvait ce qu’on leur donnait. Et Nespresso quelque part en a fait un produit de luxe, et on paie de 40 cent la tasse pour avoir une tasse de café. Avec un objet qui est attirant, qui est sexy, qui est joli et cetera. Mais d’abord un modèle de machine qui sont des machines low cost, qu’on va remplacer très vite parce que quand ils sont en panne, on sait, quasiment ça coûterait plus cher de la réparer que d’en racheter une nouvelle
  • 12:14 Michel :Et pour l’environnement entre le filtre à café de grand-mère, récupérer le Marc de café, et la petite capsule, il y a quand même un problème.
  • 12:20 Emmanuel van der Plancke : Voilà, et ça c’est l’autre gros problème. Et le plus gros à mon sens, enfin, aussi gros si on fait un petit bilan de matière : il faut 3 fois plus de matière première pour créer l’emballage capsule que le volume de café qu’il y a dans la capsule. On est dans une équation qui ne peut pas être verte. Même si on la recycle, on peut tout faire, c’est un produit qui ne sera jamais durable, c’est le concept même, c’est dans son ADN ! Donc voilà, en fait, comment est venue l’idée ? C’est de se dire, bon 2 choses : un, je voulais une application domestique pour l’économie de la fonctionnalité. Donc ce « product as a service » dont je vous avais déjà parlé et j’avais déjà réfléchi à différentes choses. Surtout qu’on en avait même parlé dans les séminaires que je faisais au niveau professionnel. On disait : si un client vous dit, je voudrais acheter une machine à laver, vous dites non, non, d’abord j’aimerais bien comprendre votre besoin ! Qu’est-ce que vous voulez faire ? S’il vous dit : en fait, moi ce qui est important, c’est que je suis très occupé et le dimanche soir il faut absolument que toute mes chemises soit prête pour la semaine parce que je n’ai pas le temps de les repasser…et bien en fait, vous n’avez pas besoin d’une machine à laver, vous avez besoin d’un service de pressing. Quel est le service qu’on peut offrir ? Voilà c’était pour l’exemple d’une machine à laver, ça pourrait être un frigo. Un frigo, mais un frigo en soit ça n’a aucune valeur, ça n’a une valeur que pour la nourriture qu’il y a dedans, il faudrait trouver un produit ménager mais qui a une solution complète. Et donc c’est devant une machine à café l’évidence m’est arrivée. Je me dis mais, en fait, le café c’est un système complexe. C’est en fait une machine qui nous fait un café, et le café c’est de la boisson dont on a besoin le matin pour être bien réveillé, de bonne humeur, grâce à la dopamine qu’il contient, même plus que la caféine… voilà cette solution complète d’offres et l’intérêt que : à la fois il fallait une machine pour le faire et à la fois il y a un consommable qui crée un revenu récurrent et qui permet de financer le modèle. L’idée elle est venue devant la machine, je me prenais une capsule que je payais, parfois il restait avalé dans la machine, c’était très frustrant parce que l’argent, lui, il n’était pas rendu. Et je me suis dit mais en fait le budget qu’on paye une capsule, il y a un écart de prix qui est au moins 50% plus cher que le grain qu’on mettrait dedans pour faire le même café et avec la différence de prix on a tout à fait de quoi financer l’utilisation d’une machine. Et donc voilà que j’avais le business model, qui était l’ADN de l’affaire que j’ai lancé.
  • 14:08 Michel :Donc si je te comprends bien, il s’agit de louer des machines à café
  • 14:10 Emmanuel van der Plancke : On peut dire que c’est une forme de location. Sauf que la location dans la plupart du temps, quand c’est un actif de ce type-là c’est sur un contrat de longue durée, à durée fixe. C’est en fait un pseudo financement parce qu’à la fin de la durée, on va reprendre la machine, on va en proposer une nouvelle, et probablement qu’il ira au rebut et parce qu’on vous ne la garantira plus après l’utilisation de cette période donnée. Tandis que nous, on a vraiment le « Pay as you use », on paye l’utilisation de la machine, on a un contrat flexible, on vous met une machine à disposition avec le café, vous payez un prix à la tasse pour le tout (Michel : quoi qu’il se passe ?) Quoi qu’il se passe et la machine est garantie à vie. Ca veut dire qu’en fait, au début de sa vie tant qu’elle est sous garantie fournisseur, elle sera réparée chez vous… et si elle n’est plus réparée sous garantie, on vous fait un échange standard pendant toute la durée de votre abonnement.
  • 14:50 Michel : Ce qui ne vous empêche pas, vous, de la récupérer et de la réparer !
  • 14:52 Emmanuel van der Plancke : Et nous bien entendu nous la réparons et la récupérons. Il faut savoir que ce type de machine. Le choix pour contrebalancer les capsules, c’est dire : nous, la seule manière durable de consommer le café, pour nous, c’est le grain. Parce qu’en fait, je prends une petite analogie d’ingénieur, mais moudre du grain c’est comme allumer un feu, en fait on est en train d’activer une réaction chimique qui est l’oxydation du grain du café, qui fait en fait neutralise les arômes. La raison pour laquelle on crée une capsule, ou tout un emballage hermétique, c’est parce que on a allumé un feu et qu’il faut empêcher qu’il brûle avant que ça arrive dans la tasse du client. En fait, c’est aberrant d’allumer le feu en usine… quand on allume une allumette, on ne va pas l’allumer à 3 km de l’endroit où on veut allumer le feu… donc juste avant qu’on consomme, et comment on fait ça ? Et ben en moulant simplement le grain juste avant de le consommer
  • 15:30 Michel :Les machines qui vous placez font la mouture du grain ?
  • 15:33 Emmanuel van der Plancke : C’est ça, tout à fait ! Ce sont des machines automatiques, ce qu’on appelle expresso. Alors expresso c’est un peu une ambiguïté dans le vocabulaire actuel, c’est que expresso on dirait que c’est un petit café ! En fait, expresso, ça veut d’abord dire un café sous pression. Ce sont des machines qui fonctionnent sous pression exactement sur le même principe de pression que les capsules, sauf qu’au lieu de travailler avec du moulu à l’avance on moud le grain à la tasse… ça vous permet d’avoir un grain bien frais et en fait on retourne au principe de nos grand-mère, ce qui est intéressant, dans les business modèles nouveaux, c’est que souvent on va retourner (Michel : On va retourner aux sources !) à la bonne manière de faire d’antan !
  • 16:01 Michel :Voilà, on va retourner aux sources, et au bon sens en fait !
  • 16:03 Emmanuel van der Plancke : Au bon sens qu’on a perdu. Parce que le marketing nous a fait oublier notre bon sens et que maintenant on doit réfléchir mais c’est quoi la bonne manière de consommer ?
  • 16:10 Michel :Waouh, je suis assez impressionné, c’est une bonne idée ! Je connaissais un peu ton activité mais je ne connaissais pas les détails. Moi ici, ce qui m’interpelle maintenant, ce qui me questionne, parce que quand je t’écoute j’ai juste envie de faire une chose : c’est d’aller signer un contrat avec toi (Emmanuel : bonne idée) On sent que tu es passionnée par ton sujet, que tu défends un idéal et une vision très cohérente. Quel est le public que tu cibles ? Parce que j’ai l’impression que ta formule se destine aux entreprises mais est ce que le grand public n’est pas aussi intéressé par ce genre d’approche ? Une famille nombreuse ou même une famille normale je veux dire !
  • 16:37 Emmanuel van der Plancke : Ben, j’aime bien la question parce que c’est souvent ce qu’on me pose comme question et pourtant, rien dans ce que j’ai dit, a dit que je m’adressais aux entreprises
  • 16:44 Michel :Non je sais mais c’est l’idée qu’on se fait rapidement, on se dit tiens : est-ce que c’est pas un produit qui intéressera plus particulièrement une entreprise ? Pourquoi parce que, au boulot, tout le monde va à la machine à café. C’est le lieu social, c’est le lieu où on papote, on croise les autres et on boit un café quoi et je crois que les entreprises sont parmi les plus gros acheteurs de café du coup. Parce qu’il y a la masse de personnes qui sont concentrés sur la journée. Voilà pourquoi on parle d’entreprise (Emmanuel : Tout à fait). Le privé, avant le boulot et après le boulot, c’est un café le matin et quelques-uns le soir puis c’est fini… donc par rapport à la quantité d’usage, ouais, j’aurais tendance à dire entreprise.
  • 17:14 Emmanuel van der Plancke : Mais entreprise. Je dirais d’abord une chose, les entreprises sont déjà bien servies. La plupart des entreprises ont des machines à café, toutes quasiment. Pas toutes avec des Moulins dedans mais c’est quand même une tendance qui se développe. D’ailleurs une parenthèse que j’ouvre et je ferme assez vite, c’est pas parce qu’on a une machine à moulin et du café dedans, qu’on fait nécessairement du bon café. Il y a aussi un savoir-faire
  • 17:32 Michel : Souvent le café est ignoble !
  • 17:34 Emmanuel van der Plancke : Je vais même dire quelque chose d’un peu provocateur, on peut avoir du café soluble qui est bon et on peut avoir du café en grain qui est très mauvais. Il y a un savoir-faire qui est derrière aussi et ce savoir-faire (Michel : Un savoir-faire et des choix). Savoir-faire c’est comment on maîtrise l’ensemble la transformation, on va dire de l’arbre à la tasse, on dit « the tree to cup », en anglais, c’est ça qui fait la différence entre un bon et un mauvais fournisseur. Maintenant, moi mon challenge, c’est effectivement, comme je l’ai dit, c’était de s’attaquer au grand public. Parce que je crois, si on reprend l’objectif initial qui était dire je voudrais prouver qu’un modèle fonctionne…
  • 18:00 Michel : Fonctionne et avoir un impact social positif c’est le grand public qui t’intéresse, évidemment
  • 18:03 Emmanuel van der Plancke : C’est le grand public et moi justement l’acquisition d’une telle machine ça vous coûter plusieurs centaines d’euros en tant que particulier, c’est un peu un non-sens économique parce que pour 3 cafés par jour même si je le dis sur la différence de prix je vais l’amortir en 3 ans c’est quand même un gros investissement
  • 18:17 Michel : Un auditeurs qui nous écoute, qui est amateur de café, pourrait louer ton système en tant que particulier ?
  • 18:21 Emmanuel van der Plancke : Oui, et comme je disais ce sont des contrats sans obligation de durée ; c’est à dire que dès qu’il arrête le contrat moi je reprends la machine, je la reconditionne pour qu’elle puisse être replacer chez un autre client et elle va continuer sa vie
  • 18:32 Michel : Alors, les auditeurs qui nous écoutent vont avoir une question classique, traditionnelles, qui ne sera peut-être plus à jour si on réécoute ce podcast dans un an, dans 2 ans, parce que les choses varient dans le monde et les coûts aussi. Mais à quel prix, prenons l’exemple de maintenant en 2022, en janvier, quels sont les tarifs qu’on peut s’attendre à payer pour ce genre de service ? Est-ce qu’on peut en toucher un mot ?
  • 18:50 Emmanuel van der Plancke : Ce qui était facile, pour me prémâcher le travail, c’est que j’ai pris un benchmark : le benchmark c’était le prix de la capsule ; capsule premium, c’est à dire la capsule de marque, on ne va pas citer encore la marque de tout à l’heure. Pour moi le « break event » va être à partir de 4 cafés par jour d’une capsule de marque, on peut financer une machine, et le café. Et alors je dis, en plus de ça, on reçoit la livraison qui est comprise dans le prix tous les mois chez soi (de la quantité anticipée à l’avance, donc vous ne devez la programmer), c’est automatique avec une possibilité de réajuster tous les mois le volume dont vous avez besoin. Et vous recevez en même temps tous les produits d’entretien que vous ne devez pas aller courir chercher dans un magasin et même une cartouche filtrante qui vous permet d’avoir une qualité d’eau sans calcaire, sans chlore, avec un bon goût qui permet d’avoir un goût de café optimum
  • 19:28 Michel : Donc il faut quand même boire minimum 4 cafés par jour
  • 19:30 Emmanuel van der Plancke : On peut à partir d’une tasse par jour avoir notre système, évidemment un buveur occasionnel c’est moins intéressant
  • 19:36 Michel : Je me dis « OK », peu importe qu’on consomme peu ou beaucoup de café, il y a des moments dans la vie, on peut avoir un accident, être hospitalisé, partir à l’étranger pour une mission et la machine à café reste à la maison
  • 19:47 Emmanuel van der Plancke : Mais justement, et c’est ça qui est intéressant
  • 19:48 Michel :Qu’est-ce qu’on fait dans ce cas-là ?
  • 19:49 Emmanuel van der Plancke : On rend la machine, on arrête le contrat
  • 19:50 Michel : Donc on peut résilier le contrat à ,n’importe quel moment? (Emmanuel : tous les mois) Tous les mois on peut résilier le contrat et le reprendre après ?(Emmanuel : Et le reprendre après) Et c’est pas un surcoût pour toi, entrepreneur, à perte, de faire comme ça « un peu yoyo » avec les gens qui, bah ils ont une vie mouvementée, un patron d’entreprise qui voyage beaucoup et qui serait amené à 3, 4 fois sur l’année rendre la machine là recommander…
  • 20:06 Emmanuel van der Plancke :Ca ne s’estjamais présenté en général c’est plutôt (Michel : les vacances ?) C’est un événement qui se passe. Non, pendant les vacances vous pouvez suspendre la livraison. Donc pendant 2 mois par an, ça c’est normal
  • 20:13 Michel : La machine reste
  • 20:14 Emmanuel van der Plancke : La machine reste et vous ne payez rien. (Michel : 2 fois par an) 2 fois par an (Michel : Et pour une période de ?) 2*1 mois
  • 20:19 Michel : 2*1 mois. Waouh ! Oui ; donc c’est assez sympa ça, c’est assez flexible, donc n’y a pas vraiment de tracas et là maintenant je comprends mieux que tu n’as pas encore eu le cas de figure ou le gars te rend la machine, la reprendre avant…
  • 20:28 Emmanuel van der Plancke : Ben le but c’est quand même d’avoir une consommation qui est plus ou moins stable dans le temps. Et c’est vrai que bon si c’était le cas et qu’on la rendrait tous les 2 mois, il y aurait certainement un prix qu’on rajouterait dans le nombre de reconditionnement parce que ça a effectivement un coup ! Mais en moyenne, j’ai fait le calcul récemment, la machine reste 29 mois chez un client
  • 20:42 Michel : Tu peux nous donner une idée de coûts mensuel parce que finalement l’auditeur qui nous écoutent va se dire : bon, moi j’achète des capsules, ça me coûte, je sais pas moi autant le paquet de autant de capsules, je renouvelle mon paquet et puis ma machine je l’ai acheté cash… elle va tenir 2, 3 ans si j’ai de la chance et puis je suis bon pour en acheter une. Et donc quand on fait, à titre personnel, dans son budget ménage tous ces calculs, c’est intéressant de se dire ben tiens, je peux calculer par moi ça me coûte combien, et combien ça me coûterait par mois pour toi…
  • 21:05 Emmanuel van der Plancke : Donc en ligne on peut effectivement calculer directement le coût lié à sa consommation
  • 21:09 Michel : Quel est ton site internet
  • 21:10 Emmanuel van der Plancke : C’est assez simple c’est 3 fois W point mon cafetier, en un mot, .com. Alors on commence à une offre à 29,70€ pour 30 tasses par mois : là on est à 90cents la tasse mais c’est « machine comprise » avec tout le service qui va avec, donc ça c’est le prix d’entrée et on a l’optique de l’ajuster pour qu’il soit le plus juste possible et qu’il reste compétitif par rapport à l’achat. Si on passe sur un système à 4 tasses par jour-là on est à une cinquantaine d’euros, à peu près, on tourne, comme je dirais, aux alentours de 40cents. Aujourd’hui une capsule ça va de 39 à 43, même maintenant avec les nouveaux systèmes, ça fait 60, 70cents la tasse !! On reste vraiment dans plutôt la fourchette basse de ce prix-là dès qu’on atteint un certain volume quoi
  • 21:44 Michel : Ouais, sans compter qu’on ne calcule jamais dans le prix d’achat cette fameuse machine et pour le peu qu’on veuille un café de qualité ou d’un peu plus haut, au niveau du standing, c’est directement des machines beaucoup plus cher également
  • 21:54 Emmanuel van der Plancke : Essayons d’arrêter de jeter les machines ! La vision qu’on a, c’est qu’à terme, on devra concevoir la machine différemment parce qu’elle devra être adapté. Ce sera, en fait l’idéal, ce sera de concevoir une machine qui n’est pas prévue pour la vente
  • 22:04 Michel : Tu fais en dehors des frontières ?
  • 22:05 Emmanuel van der Plancke : pour le moment pas ! Mais on fait toute la Belgique, ont livre de Ostende jusqu’à Malmédy, en passant près de bouillon enfin donc un peu partout.
  • 22:12 Michel : Je te souhaite que très vite ça aille au-delà des frontières ! D’autres personnes copie ce modèle ? Il y a des concurrents ? Tu as déjà pris un instant pour te pencher sur la question ? J’imagine que oui…
  • 22:20 Emmanuel van der Plancke : Alors il y a pas mal de sociétés qui font des abonnements sans machine pour les particuliers, mais je pense pas que c’est un grand, grand, succès parce qu’il y’a pas d’éléments de fidélisation, on va dire. Et alors il y a effectivement des locations pour des machines pour les entreprises. Pour les entreprises ça existe, mais ça, ça fait déjà longtemps que ça existe. Mais location plus pure et simple de machine, je crois pouvoir dire qu’on est les seuls à le faire en Belgique. Il y a une société en Hollande qui fait de la location de l’électroménager « As a service » mais quand même avec des contraintes de durée où vous avez des pénalités à payer si vous rompez les contrats plus tôt… je pense qu’on est les plus flexibles et vraiment qu’on est innovant sur ce domaine-là, oui tout à fait.
  • 22:50 Michel : Waouh,pas mal donc produit bien présenté. Revenons à ton parcours d’entrepreneur, moi une question qui est importante, je voudrais relever avant qu’on passe à la clôture de cette émission et aux trois questions RH classiques, c’est : quels ont été les points bloquants dans ton parcours d’entrepreneur et qu’elles ont été des éléments facilitateurs ?
  • 23:04 Emmanuel van der Plancke : Ben je dirais que le premier frein c’est un frein personnel (Michel : c’est la peur ?) Bon d’abord, ce n’est pas évident de larguer son boulot, il faut une opportunité. Là je vous ai dit le si j’avais pris la restructuration je n’aurais pas eu de quoi payer mon salaire pour démarrer l’activité… donc ça c’est déjà une opportunité qui était nécessaire. Mais c’est aussi se dire : est-ce que mon modèle fait du sens ? Enfin, moi, ce qui est, quand j’ai pensé à cette idée devant une machine à café, je me suis dit mais… ça me paraît tellement évident que je ne comprends pas pourquoi (Michel : quelqu’un d’autre ne l’ai pas fait ) personne d’autre ne l’a fait ? Et quand j’en parlais, je n’osai sais même pas en parler autour de moi ! Mais je me dis c’est tellement évident qu’on va me piquer mon idée ! Et puis un jour ma femme qui me voyait revenir dépité du boulot mais allez lance-toi dans tout café ! Et je lui dis, mais, enfin tu n’y pense pas ? Comment veux-tu que je gagne ma vie avec ça quoi ? Allez…
  • 23:38 Michel : Comment s’appelle l’activité, on va quand même le signaler au passage, comment s’appelle le produit ?
  • 23:41 Emmanuel van der Plancke : La société s’appelle « Mon cafetier ». Le cafetier c’est l’artisan du café et mon cafetier ben c’est celui qui est chez moi en plus et (Michel : voilà) et il est tout à fait particulier, il fait le café le meilleur du monde voilà.
  • 23:50 Michel : OK alors donc les points bloquants c’est ces interrogations, c’est l’opportunité qu’il faut avoir, il y a d’autres choses qui ont été vraiment bloquantes ?
  • 23:56 Emmanuel van der Plancke : Ce qui est difficile et qui est encore difficile aujourd’hui c’est que le modèle de financement des machines, on a d’abord financée par fonds propres, et donc on a fait une campagne de crowdfunding récemment qui nous a permis d’avoir de nouveaux investisseurs. Mais aujourd’hui les banques et les compagnies de leasing sont très frileuses de financer ce genre de modèle là
  • 24:11 Michel : Surtout avec un business model qui sort des normes
  • 24:13 Emmanuel van der Plancke : Voilà, oui, c’est le principe de toute l’économie circulaire hein ! Je pense que aujourd’hui il faudra réinventer l’économie financière aussi
  • 24:19 Michel :Alors on va passer sur une clôture positive ! Quels sont les éléments qui ont stimulé ton envie entrepreneuriale, les choses qui t’ont donnée des petits « boost » comme ça ?
  • 24:26 Emmanuel van der Plancke :  J’ai tout un encadrement aussi dans l’initiative d’entreprises, j’ai participé au Green Lab à Bruxelles, on a vu d’autres entrepreneurs. Il y a quand même… plus on apprend sur les traverses, les coulisses du modèle économique, sur les enjeux qu’il y a, plus quelque part on se dit : mais en fait non, c’est une nécessité ce que je fais ! Si j’avais pas les valeurs derrière, j’aurais déjà arrêté depuis longtemps parce qu’il y a quand même beaucoup, beaucoup, de (Michel : De valeurs en jeux) de difficultés à franchir mais on se dit ça fait vraiment du sens ! Moi je dirais que ce qui m’a motivé aussi c’est de dire enfin je trouve une unité entre mes valeurs personnelles et mon travail
  • 24:51 Michel : C’est un très, très, beau message. Il y a 3 questions de clôture RH classique ; c’est quoi, pour toi, un RH ? Quelle est la vision du RH que tu as ?
  • 24:58 Emmanuel van der Plancke :  Ben je trouve qu’il y a déjà une ambiguïté dans la question parce que RH ça fait déjà directeur de ressources humaines. En fait, RH, c’est l’homme et la femme qui est en face de toi c’est ça…
  • 25:06 Michel : Tu peux choisir le type de définition que tu préfères, sur laquelle tu préfères te pencher.
  • 25:10 Emmanuel van der Plancke : Si on parle de RH ça risque d’être dangereux dans ce sens-là parce que moi je crois que le modèle social dans lequel on est, est obsolète
  • 25:15 Michel : D’accord bah voilà (Emmanuel : donc ce) ça répond à ma question, donc on a une obsolescence (Emmanuel : on a une obsolescence), qui n’est pas programmée
  • 25:19 Emmanuel van der Plancke : Et pourquoi, parce que le contrat social aujourd’hui, dans le travail, d’abord personne ne veut l’appliquer parce qu’il a un coût trop élevé et que par ce fait là il est infantilisant parce que les gens ont peur de quitter la pseudo protection qu’ils ont. Il y a un vrai problème sociétal qu’il faudra résoudre. Pour moi, le RH au niveau de la ressources humaines (je n’aimerais pas dire « aux ressources humaines », ça devait être l’épanouissement humain, le développement de la personne humaine) ça passe par l’autonomie, par l’apprentissage de la phase adulte. Pour moi l’entreprenariat c’est une partie de cette autonomie-là. Et je pense, un enjeu fondamental, c’est donner la réciprocité de l’autonomie à l’individu, qu’il ait le choix de décider et qu’il se rendent compte aussi que quand il n’est pas utile quelque part… j’étais content d’entendre ce matin à parler des jeunes qui cherchent du boulot, ils veulent faire quelque chose qui a du sens, quand ce qu’on fait n’a plus de sens ben ne restez pas, enfuyez-vous !
  • 26:00 Michel : c’est une bonne, bonne, remarque effectivement ! Alors ma 2e question c’est l’effet waouh, tu connais ? C’est un endroit où tu vas et puis waouh il se passe quelque chose ! On a tout pensé pour qu’on y soit bien pour bosser. Est-ce que t’as connu ce genre d’endroit déjà et sinon bah qu’est ce qui te donnerait un effet waouh ?  Est-ce que j’ai rencontré cet endroit ? Ce qui est intéressant, en tout cas dans les espaces de coworking que je fréquente pour le moment, c’est que on a plein de jeunes entreprises qui créent des nouvelles initiatives, qui a toute une dynamique sociale où on peut échanger et toute une réflexion qui se fait et ça c’est vraiment passionnant ! Plus que le lieu, parce que le lieu finalement c’est juste une manière de faciliter les choses
  • 26:32 Michel : Ton ont effet waouh c’est plutôt l’esprit coworking
  • 26:35 Emmanuel van der Plancke : Plutôt l’esprit coworking, l’esprit d’entraide aussi parce qu’ici on se croise (Michel : C’est vrai) dans les couloirs, il y a parfois.. on donne un petit coup de main, un coup de pouce (en dehors des grandes discussion) en dehors discussion, c’est formidable et c’est vrai que s’il y avait pas l’entourage et même, dans les gens qui me soutiennent, dans mon actionnariat d’entreprise, je crois que j’aurais déjà dû arrêter il y a longtemps donc ça c’est important d’avoir ce facteur humain qui là pour nous soutenir en tout cas
  • 26:53 Michel : Moi ce que j’ai beaucoup apprécié dans nos échanges, c’est que tu es un entrepreneur qui met l’éthique au centre, les valeurs au centre, et ça c’est très important à mes yeux. Et c’est ce que je retrouve chez beaucoup de membres de transforma et c’est pour ça que je m’y plaît particulièrement, et je suis assez fièr d’avoir mon siège social pour mon asbl ici. Parenthèse étant fermée il me reste une question pour toi : tu as un message à passer à tous les directeurs des ressources humaines, je dis bien les directeurs des ressources humaines où patrons d’entreprises, qui nous écoutent… qu’est-ce que tu auras envie de leur passer comme message ?
  • 27:17 Emmanuel van der Plancke :  je pense que c’est vraiment de mettre la personne au centre, le développement personnel, mais ce qui est délicat dans la fonction d’HR c’est qu’on n’a pas sa propre liberté non plus, donc voilà il y a les contraintes du système dans lequel on se trouve
  • 27:26 Michel : on oublie parfois que la personne qui doit avoir cette casquette de DRH ou de RH a aussi son environnement, sa réalité, ses impératifs dont le grand public n’est pas forcément conscient, dont le candidat n’est pas forcément conscient. Et que c’est parfois difficile de pouvoir englober quelque chose qu’on ne voit pas et qu’on ne connaît pas dans une réflexion, dans un échange, ça c’est vraiment le challenge je pense.
  • 27:46 Emmanuel van der Plancke : Mais je pense que, voilà, si j’avais un message à donner c’est vraiment faire attention à l’épanouissement de chacun là où il est. Et peut être pouvoir dire en face, fin et prendre conscience quand ça ne va pas et pouvoir le dire, et voir quelles sont les actions à faire ! Mais il faut pouvoir penser en dehors de la structure de la société, c’est ça qui est, malheureusement un RH ce n’est pas son métier.
  • 28:00 Michel : « Think out of the box » (Emmanuel : voilà : Thinx out of the box) ce sera un bon mot de conclusion. Emmanuel je voudrais te remercier de m’avoir consacré ton temps, d’avoir partagé ta passion, ton sourire, ton enthousiasme et ses yeux qui pétillent quand tu parles de ton projet. C’est juste magique, moi c’est ce que je cherche. Je me suis décrit comme chasseur de passion, voilà, je suis en plein dans ma cible, merci pour ça ! Alors si vous aussi, auditeurs, vous avez envie de participer à ces podcasts, de venir parler de votre métier, de votre parcours, de votre passion, si vous avez envie d’aborder un thème ressources humaines RH spécifiques, soyez les bienvenus, contactez-moi, envoyez-moi un petit mail et je vous inviterai ici chez transforma, c’est complètement gratuit, c’est un moment de fun, on boit un café ensemble, on papote, on met ça au micro et puis on partage, c’est génial ! Alors si vous avez envie de sponsoriser ou de supporter ce type d’initiative et qu’elle vous plaît, si vous avez pris du plaisir à nous écouter et si vous avez envie surtout de faire honneur à cet invitée qui prend son courage à deux mains pour venir parler au micro : il y a 2 choses très simples et très faciles à faire, et qui vous coûte rien du tout, c’est un partage de ce podcast, un Like et alors… la cerise sur le gâteau, c’est si vous nous faites un commentaire en nous donnant votre avis, votre opinion sur ce qui a été dit ! C’est vraiment une plus-value ! 1000 merci, à très bientôt et on se retrouve pour un prochain podcast !
  • 29:02 Emmanuel van der Plancke : Au revoir moi Michel
  • 29:03 Jingle outro : recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements ), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory »
  • 29:08 Michel : Ce projet podcast est un projet créé par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de transforma bxl innovation playground.

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Michel Godart

Passionné par la technologie, l'humain, féministe et écoresponsable, Michel Godart a pour objectif de vulgariser un maximum l'information. Dans tous ses projets podcast, il souhaite inspirer par les exemples qu'apportent ses invités au micro. Le podcast est pour Michel un garant de démocratie : c'est un média produit PAR le citoyen POUR le citoyen !

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