Carmelo Giuliana, entreprendre en Espagne avec Hola Patatas

Carmelo Giuliana - Entreprendre en Espagne avec Hola Patatas

Entreprendre en Espagne avec Hola Patatas | Carmelo Giuliana – Podcast RH hrmeetup.© #545

Derrière la frite belge, une histoire d’entrepreneuriat, de famille et de management humain

Bien avant Hola Patatas, à 15 ans, Carmelo Giuliana travaillait déjà dans les mariages. À peine sorti de l’école il devenait indépendant.

Plus de vingt ans d’entrepreneuriat et de management plus tard, son rêve d’ouvrir une friterie à l’étranger se réalise et l’emmène en Espagne : Hola Patatas voit le jour. Ce n’est pas le Canada dont il parle dans l’interview mais l’Espagne, plus proche de la Belgique où il garde encore l’établissement « Les 2 Haines » à La Louvière.

Carmelo a créé et géré des établissements, constitué des équipes, appris à travailler avec des personnalités très différentes jusqu’au jour où il fait enfin vivre la frite belge à l’étranger. Aujourd’hui c’est en Espagne, à Quesada, qu’il poursuit cette histoire avec Hola Patatas. Mais « derrière la frite », son histoire c’est surtout une manière d’entreprendre, de manager l’humain, de travailler en famille aussi (L’interview de son épouse Rosa va suivre bientôt).

Carmelo parle de ses collaborateurs comme de personnes avant de parler de personnel, il explique pourquoi on ne manage pas tout le monde de la même façon, pourquoi le contexte compte et pourquoi, dans l’HORECA, l’état d’esprit de celui qui travaille finit aussi par arriver jusqu’au client. C’est ici une expérience du management construite année après année au contact de ses équipes.

Cet épisode ne raconte pas que les diplômes ne servent à rien, ce serait beaucoup trop simple, il rappelle plutôt qu’il n’existe pas qu’un seul chemin pour apprendre, entreprendre, diriger des équipes et finalement réaliser un projet que l’on porte depuis longtemps.

Et lorsque Michel Godart demande à Carmelo ce que l’adolescent qu’il était penserait de l’homme qu’il est devenu, quelques mots suffisent. Le reste mérite d’être entendu.

Podcast produit par The Podcast Factory Org asbl-vzw
Épisode enregistré chez Hola Patatas, en Espagne.
Épisode disponible avec transcription complète et traductions (sous titres sur Youtube @thepodcastfactoryorg FR/NL/DE/EN/ES)
#PodiBUZ, la marque éditoriale de The Podcast Factory Org asbl-vzw

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Espagnol : La transcripción completa de este pódcast está disponible como subtítulos del vídeo en cinco idiomas: francés, neerlandés, alemán, inglés y español.

Séquençage du podcast Carmelo Giuliana – Entreprendre en Espagne avec Hola Patatas :

  • [00:00:02] Du rêve d’adolescent à la frite belge
  • [00:00:55] De l’école à l’indépendance
  • [00:01:51] Ce qui donne du sens au métier de restaurateur
  • [00:02:05] Hola Patatas à Quesada
  • [00:02:08] Quand l’Espagne passe du rêve au projet
  • [00:02:39] La famille comme premier lien avec l’Espagne
  • [00:03:09] Le cœur en Espagne, le pied en Belgique
  • [00:03:45] Le déclic
  • [00:04:26] Ce que l’on laisse derrière soi
  • [00:04:49] La fatigue de l’entrepreneur en Belgique
  • [00:05:17] Se découvrir autrement en quittant son pays
  • [00:06:05] Entre cultures italienne et espagnole
  • [00:06:38] Les retours en Belgique
  • [00:06:43] Les Deux Haines à La Louvière
  • [00:07:00] L’importance des équipes
  • [00:07:31] Quand le métier devient une passion
  • [00:07:51] Qu’est-ce qui fait vraiment une frite belge ?
  • [00:09:35] Méthode, expérience et savoir-faire
  • [00:09:48] La réputation de Carmelo à Quesada
  • [00:10:03] Une clientèle internationale chez Hola Patatas
  • [00:10:37] Quand une friterie devient plus qu’un endroit où manger
  • [00:11:44] Faire découvrir d’autres spécialités belges
  • [00:12:00] Les rencontres humaines créées par le commerce
  • [00:13:41] Pourquoi les clients reviennent-ils ?
  • [00:13:55] Créer une communauté autour du commerce
  • [00:14:41] L’accueil comme une histoire d’amour
  • [00:14:53] Du commerce aux ressources humaines
  • [00:15:23] Compétence ou état d’esprit ?
  • [00:15:36] La place du comportement dans le recrutement
  • [00:15:48] Recruter aussi au feeling
  • [00:15:53] Ce que l’expérience change dans le recrutement
  • [00:16:02] Garder les mêmes critères de recrutement en Espagne
  • [00:16:27] La confiance construite avec une équipe fidèle
  • [00:16:32] Créer une véritable relation de confiance
  • [00:16:40] Rosa, partenaire de vie et d’entrepreneuriat
  • [00:16:59] Quand la vie personnelle tourne autour de l’entrepreneuriat
  • [00:17:17] Ce que l’on oublie du quotidien d’un entrepreneur
  • [00:17:35] Le soutien de Rosa dans l’aventure entrepreneuriale
  • [00:17:47] Une histoire d’amour derrière l’entreprise
  • [00:18:11] Les enfants et la transmission familiale
  • [00:18:50] Manager une équipe multiculturelle en Espagne
  • [00:20:03] La relation avec les collaborateurs comme récompense
  • [00:20:42] Pourquoi Carmelo accorde un congé à un collaborateur
  • [00:21:12] Contextualiser son management
  • [00:21:22] Son conseil à celui qui veut tout quitter pour l’Espagne
  • [00:21:36] L’histoire d’un collaborateur qui a osé le suivre
  • [00:22:44] Que dirait l’adolescent de 15 ans à Carmelo aujourd’hui ?
  • [00:23:25] Conclusion

La transcription du podcast Carmelo Giuliana – Entreprendre en Espagne avec Hola Patatas :

Télécharger la transcription du podcast.

[00:00:00] Intro: You are listening to « The Podcast Factory Org ».

Du rêve d’adolescent à la frite belge

[00:00:02] Michel Godart: Aujourd’hui hrmeetup.© est un peu particulier puisque nous sommes en Espagne, du côté de Quesada, et nous sommes à la rencontre d’un Belge qui a décidé d’y importer un petit morceau de Belgique, la friterie belge, ses produits et son savoir-faire. Carmelo, quand tu étais ado, c’était quoi ton rêve d’adolescent? On commence toujours nos podcasts de cette manière-là chez hrmeetup.©. Et de ton rêve d’ado jusqu’à aujourd’hui, qu’est-ce qui s’est passé? Est-ce que tu as le sentiment que tu es resté aligné avec ce rêve?

[00:00:24] Carmelo Giuliana: Mon rêve d’adolescent, c’est une très bonne question. En fait, quand on est adolescent, on a plusieurs rêves (Michel Godart: Oui), déjà à la base. Mais le premier rêve c’était de jouer de football professionnel, ça bien sûr.

[00:00:31] Michel Godart: Comme beaucoup d’ados.

[00:00:32] Carmelo Giuliana: Comme je suis Italien d’origine, ben j’aurais voulu jouer dans le championnat italien comme tout… Voilà, comme beaucoup d’ados, comme beaucoup de personnes à l’heure actuelle aussi. Et puis finalement, ben voilà, le rêve s’est transformé en frites belges.

[00:00:44] Michel Godart: Alors justement, là on n’est pas vraiment dans le rêve d’ado alors on va essayer de comprendre un peu tout ton parcours aujourd’hui. Qu’est-ce que tu as fait comme premier métier dans ta vie professionnelle? Qu’est-ce que tu as fait comme études? Ça a commencé par quoi ton parcours?

[00:00:53] Carmelo Giuliana: J’ai terminé en général.

De l’école à l’indépendance

[00:00:55] Michel Godart: Et tu as commencé à bosser pour des patrons ou tu as tout de suite été dans une mentalité indépendant.

[00:00:58] Carmelo Giuliana: A peine je suis sorti de l’école, j’étais indépendant. Mais pendant mes études j’ai travaillé pour des patrons, (Michel Godart: Voilà) effectivement.

[00:01:04] Michel Godart: Donc tu connais (Carmelo Giuliana: À quinze ans) le milieu du travail.

[00:01:06] Carmelo Giuliana: À l’âge de quinze ans j’ai commencé à travailler dans les mariages.

[00:01:09] Michel Godart: En traiteur, avec les banquets.

[00:01:10] Carmelo Giuliana: Nous, comme nous sommes d’origine italienne, je suis d’origine italienne, bon comme la communauté Louviéroise on va dire, qui n’est pas mal en citoyens italiens, beaucoup de mariages (Michel Godart: Oui). Beaucoup de mariages, j’ai commencé au bar, j’ai commencé à servir, voilà. Mes premiers pas dans la restauration, dans l’Horeca, c’était les mariages le week-end, avec de l’ambiance, c’était vraiment agréable.

[00:01:31] Michel Godart: C’est de là que vient ton beau sourire et ton enthousiasme avec les clients (Carmelo Giuliana: Je pense) et ton côté client hein (Carmelo Giuliana: Je pense). Franchement, on le sent bien (Carmelo Giuliana: Je ne sais pas, oui peut-être) quand on vient ici. Je peux témoigner, j’ai un peu échangé avec toi, on voit tout de suite l’accueil qui est présente, (Carmelo Giuliana: Oui) des gens qui ont fait de l’Horeca quoi.

[00:01:42] Carmelo Giuliana: Ben oui, moi j’aime bien ce métier, c’est un métier formidable. On croise énormément de personnes, de personnalités différentes, de profils différents. Et puis ben on est là pour s’amuser.

Ce qui donne du sens au métier de restaurateur

[00:01:51] Michel Godart: Qu’est-ce qui te touche le plus dans ton métier, dans le métier du service, la restauration. C’est quoi le super kiff ?

[00:01:56] Carmelo Giuliana: C’est quand les gens partent avec un sourire, et qu’ils ont bien mangé, ils ont mangé une bonne frite.

[00:02:00] Michel Godart: Et tu sais que c’est grâce à toi, en plus.

[00:02:02] Carmelo Giuliana: Grâce à moi ou grâce à la patate. Mais en tout cas les deux!

Hola Patatas à Quesada

[00:02:05] Michel Godart: Il s’appelle comment ton commerce ici à Quesada?

[00:02:07] Carmelo Giuliana: Hola Patatas.

Quand l’Espagne passe du rêve au projet

[00:02:08] Michel Godart: Hola Patatas, ça va être le sujet de ce podcast. On ne va pas parcourir tout ton parcours en Belgique, mais à un moment donné dans ta vie, tu te dis « Ben je vais aller en Espagne ». Et à quel moment l’Espagne est-elle passée de « Ce serait chouette d’y vivre » à « Je pars et je le fais ».

[00:02:22] Carmelo Giuliana: Ben écoutez, je le fais… Le faire, c’était difficile. En Belgique, j’ai eu énormément de commerces (Michel Godart: Oui), j’ai eu plusieurs établissements simultanément, donc énormément de responsabilités donc je ne pouvais pas partir. En 2018-2017, ma sœur est partie en Espagne pour toujours.

La famille comme premier lien avec l’Espagne

[00:02:39] Michel Godart: Ah d’accord (Carmelo Giuliana: Voilà). Donc tu avais déjà un membre de la famille (Carmelo Giuliana: J’ai des membres de…) qui était venu, que tu venais voir.

[00:02:42] Carmelo Giuliana: Voilà, voilà. J’ai un petit peu triché on va dire. J’ai des membres de ma famille très proche, vu que j’ai une sœur qui est partie en Espagne. Moi qui ai fait des investissements, notamment du côté de Tenerife, voilà, donc j’avais déjà aussi, la même date, j’avais déjà aussi quand même un pied en Espagne.

[00:02:56] Michel Godart: Ah voilà.

[00:02:56] Carmelo Giuliana: Et mes parents qui ont suivi parce que, pour l’amour de leurs enfants, ils ont voulu se rapprocher. Donc ils ont été du côté de ma sœur, donc bien évidemment ici, du côté de Villa Martin, du côté de Cabo Roig, voilà la Costa Blanca.

Le cœur en Espagne, le pied en Belgique

[00:03:09] Michel Godart: Donc dans ton cas, c’est pas j’avais un pied en Espagne, j’avais déjà mon cœur en Espagne!

[00:03:13] Carmelo Giuliana: J’avais déjà…

[00:03:14] Michel Godart: Et le pied en Belgique.

[00:03:15] Carmelo Giuliana: Oui, absolument. À partir de ces dates-là, oui. Et puis, comme rêve d’enfant, on a toujours voyagé. J’ai toujours voulu faire des frites à l’étranger. Quand j’allais au Mexique, je voulais faire des frites au Mexique. Quand j’allais en Italie, je voulais faire des frites en Italie. Quand…

[00:03:28] Michel Godart: Mais tu peux pas te diviser dans tous les pays.

[00:03:29] Carmelo Giuliana: Voilà. Voilà, voilà, voilà, mais on avait toujours. J’étais parti au Canada, à Montréal, j’adorais l’avenue Sainte-Catherine et je me suis dit « Ah je verrais bien une belle friterie ici, un bel établissement à l’avenue Sainte-Catherine à Montréal ».

[00:03:38] Michel Godart: Et si tu grandis, qui sait.

[00:03:39] Carmelo Giuliana: Voilà. Donc c’est souvent parti de mes lèvres quand je parlais d’étrangers, les frites, je les ai apporté avec moi, tout le temps. Donc du coup…

Le déclic pour Carmelo Giuliana Hola Patatas

[00:03:45] Michel Godart: Et au moment du déclic, le déclic.

[00:03:47] Carmelo Giuliana: Le déclic? Avec l’Espagne? Ben c’est quand j’ai vendu mes établissements (Michel Godart: Oui). À ce moment-là, après 25 ans de carrière j’ai commencé à vendre des établissements, me défaire de friterie qui était là pour moi depuis 20 ans (Michel Godart: Oui). J’appelle ça mes bébés (Michel Godart: Ah ouais). Et puis un à un, on vend un, puis un an ou deux on vend l’autre et jusqu’au moment où il en reste un. À partir du moment où les ouvriers chez moi, celles qui me restent, sont là depuis une décennie et qu’ils me disent « Va rejoindre ta famille ». Parce que finalement je n’avais plus de famille en Belgique (Michel Godart: Ouais, c’est ça quoi!) quasi. Proche, encore une fois.

[00:04:15] Michel Godart: Donc c’est une partie d’isolement qui fait le déclic (Carmelo Giuliana: Voilà) et le bon moment. Le bon instant.

[00:04:18] Carmelo Giuliana: Ouais. On va dire que les planètes se sont alignées.

[00:04:20] Michel Godart: Ouais, et ça remonte à quand?

[00:04:22] Carmelo Giuliana: Ça remonte il y a deux ans.

[00:04:23] Michel Godart: Deux ans.

[00:04:24] Carmelo Giuliana: Deux ans, oui, deux bonnes années.

Ce que l’on laisse derrière soi

[00:04:26] Michel Godart: Et qu’est-ce que tu laisses derrière toi en Belgique, du coup? Parce que tu laisses aussi quelque chose derrière toi en Belgique quand tu quittes la Belgique, non? À part la culture, Mons, La Louvière…

[00:04:33] Carmelo Giuliana: Ouais, je laisse mes amis, je laisse l’ambiance belge (Michel Godart: Oui), je laisse ma jeunesse, je laisse ma vie, je laisse mon expérience. Il y a beaucoup de choses qu’on laisse en Belgique. Après, j’ai un avis, par rapport à la Belgique, ben si je suis partie c’est que, voilà, qui n’est pas toujours favorable à la Belgique. Je ne vais pas le mentionner, chacun…

La fatigue de l’entrepreneur en Belgique

[00:04:49] Michel Godart: Bah pour les entrepreneurs, on ne va pas se cacher (Carmelo Giuliana: Voilà), on va pas se mentir, il y a beaucoup de gens qui pensent de plus en plus à s’expatrier.

[00:04:53] Carmelo Giuliana: Une fatigue on va dire (Michel Godart: Ouais) qu’en Belgique, après six établissements depuis 25 ans, une fatigue de payer l’État.

[00:05:01] Michel Godart: Oui c’est ça.

[00:05:01] Carmelo Giuliana: Parce que ils sont de plus en plus gourmands, et nous, nous sommes de plus en plus fatigués. Et on se pose la question si un jour on va continuer à savoir les payer parce que la fatigue d’un indépendant en Belgique, parfois elle est au-dessus. Ils demandent de plus en plus et on n’arrive plus à assimiler paiement et la fatigue.

Se découvrir autrement en quittant son pays

[00:05:17] Michel Godart: Je crois qu’il y a même pas besoin de le citer (Carmelo Giuliana: Psychologique aussi), je crois que les gens s’en doutent (Carmelo Giuliana: Oui). C’est connu, statistiquement on est quand même un des pays d’Europe les plus taxés, que ce soit pour en employé, ou en patron. Certainement plus en patron, je crois que c’est le poumon de l’économie belge (Carmelo Giuliana: Je pense), ce sont les indépendants, il ne faut pas l’oublier, il ne faut pas se leurrer. Alors, on va revenir à ton métier, ta passion. Qu’est-ce que tu as découvert sur toi en quittant la Belgique, est-ce qu’on se découvre parfois plus belge lorsqu’on est à l’étranger justement ?

[00:05:41] Carmelo Giuliana: Une question on va dire, allez, qui est un peu difficile à répondre (Michel Godart: Oui, j’imagine). Parce que, quand on quitte la Belgique, moi personnellement, je voulais complètement quitter la Belgique, un décrochage total. Avec la nature, parce qu’il y a beaucoup plus de nature ici (Michel Godart: Oui, c’est clair), qu’en Belgique. Après tout ce qui est plage, comme je l’ai dit il y a beaucoup plus de nature. Et, simplement même la langue, changer de culture, comprendre un peu les Espagnols.

Entre cultures italienne et espagnole

[00:06:05] Michel Godart: Alors l’italien-espagnol, le pont est difficile?

[00:06:08] Carmelo Giuliana: Non, pas du tout (Michel Godart: Non). Pas du tout, pas du tout, ce sont deux caractères de chiens, on va dire.

[00:06:14] Michel Godart: Ça moi j’ai pas dit hein à mon ami ? Moi j’adore les Italiens et j’adore les Espagnol. C’est deux (Carmelo Guiliana: Mais moi j’aime bien…) peuples que j’adore.

[00:06:21] Carmelo Giuliana: Mais ce sont deux bons caractères bien trempés, allez on va dire, on va dire ça.

[00:06:24] Michel Godart: Ben il faut ça dans la vie, non?

[00:06:25] Carmelo Giuliana: Voilà, voilà. Pour avancer je pense que c’est ce qu’il faut (Michel Godart: Oui). Après bon, la Belgique, la Belgique ne me manque pas, personnellement, les amis me manquent. Voilà, ouais les amis bien évidemment, les conversations, les soirées, la langue me manquent aussi parce que ben…

Les retours en Belgique

[00:06:38] Michel Godart: Mais tu y retournes de temps en temps ?

[00:06:39] Carmelo Giuliana: Oui, moi j’y retourne. J’ai toujours un établissement qui existe (Michel Godart: Où ça, où ça?) depuis.

[00:06:42] Carmelo Giuliana: À La Louvière.

Les Deux Haines à La Louvière

[00:06:43] Michel Godart: À La Louvière, et ça s’appelle comment ?

[00:06:44] Carmelo Giuliana: Ça s’appelle Les deux Haines.

[00:06:46] Michel Godart: Les deux Haines.

[00:06:46] Carmelo Giuliana: Et c’est exactement à Haines-Saint-Pierre.

[00:06:48] Michel Godart: D’accord. Ben écoute voilà, on va dire à nos auditeurs et auditrices qui seraient encore en Belgique, qui n’ont pas la chance de venir découvrir tes bonnes frites ici, à la Belge, on en parlera tout à l’heure (Carmelo Guiliana: Ouais, ouais, ouais), ben qui peuvent aussi aller (Carmelo Giuliana: Absolument, absolument) déguster ton savoir-faire là-bas.

[00:06:59] Carmelo Giuliana: J’ai une équipe formidable.

L’importance des équipes

[00:07:00] Michel Godart: On va en parler aussi ça. On va en parler des équipes.

[00:07:02] Carmelo Giuliana: Ils peuvent aller faire un saut, à La Louvière…

[00:07:04] Michel Godart: On mettra l’adresse (Carmelo Giuliana: Moi ça m’arrive), on mettra l’adresse dans le texte.

[00:07:06] Carmelo Giuliana: En parlant de ça, des anecdotes, il y a un mois d’ici je suis parti en Belgique et, bon j’ai travaillé avant de décoller (Michel Godart: Ouais), bien évidemment. Je décolle à 17 h, j’ai des amis qui m’appellent, ils me disent « Carmé t’es en Belgique », je dis « Oui ». Et il me fait « Qu’est-ce que tu fais? », ben je suis à la friterie. On arrive, donc à midi Je faisais des frites pour mes amis de Belgique, aux deux Haines. Je prends l’avion et je m’en vais à 14h30 à l’aéroport, je prends l’avion à 17h. 19h30 j’atterris, à 20h je faisais des frites en Espagne.

Quand le métier devient une passion

[00:07:31] Michel Godart: Waouh! Tu vis la frite quoi!

[00:07:33] Carmelo Giuliana: Je ne me suis pas rendu compte hein? Parce que ça fait partie de ma vie.

[00:07:35] Michel Godart: C’est tellement naturel.

[00:07:36] Carmelo Giuliana: Mais quand on en parle, et quand on y réfléchit, je me dis « C’est magnifique, c’est beau ».

[00:07:40] Michel Godart: C’est beau. C’est comme on dit: un métier passion, on travaille plus, on s’amuse.

[00:07:44] Carmelo Giuliana: Oui, oui, oui, oui, oui

[00:07:44] Michel Godart: C’est clair.

[00:07:45] Carmelo Giuliana: Mais très important d’avoir « On s’amuse ». Mais vous savez, c’est très important d’être bien entouré. Mais je suis très, très, bien entouré.

Qu’est-ce qui fait vraiment une frite belge ?

[00:07:51] Michel Godart: Ouais, ça c’est important. Carmelo, tout le monde peut faire et vendre des frites, mais qu’est-ce qu’il fait pour toi qu’une frite mérite réellement d’être appelée « Une frite belge »

[00:07:59] Carmelo Giuliana: Une frite belge?

[00:08:00] Michel Godart: Je prends l’accent hein ?

[00:08:01] Carmelo Giuliana: C’est difficile à dire.

[00:08:02] Michel Godart: C’est quoi le cachet belge ?

[00:08:03] Carmelo Giuliana: Le cachet belge ? C’est la graisse.

[00:08:05] Michel Godart: Ah ben voilà, tu le dis le secret quand même.

[00:08:09] Carmelo Giuliana: C’est la graisse parce que…

[00:08:10] Michel Godart: Le choix de la graisse.

[00:08:11] Carmelo Giuliana: On a une très bonne graisse en Belgique (Michel Godart: Voilà). On a de très bonnes graisses, plusieurs marques, elles sont très bonnes. Après, il faut savoir régler tout ça aussi (Michel Godart: Oui, il y a une question de savoir-faire) Il faut savoir marier tout ça. Il faut peut-être bien l’écouter la patate, c’est con, mais c’est comme ça, quand elle cuit elle parle, parfois.

[00:08:26] Michel Godart: On m’a expliqué que tu as un art de traiter ta patate. On m’a parlé de ta façon de les éplucher, de les couper, d’avoir des tailles de frites précises. Voilà, j’ai mis mon petit doigt, je me suis informé.

[00:08:34] Carmelo Giuliana: Vous savez, la pomme de terre c’est quelque chose de vivant.

[00:08:36] Michel Godart: Exact.

[00:08:37] Carmelo Giuliana: Quand elles sortent de la terre, elles continuent à vivre, elles continuent à se transformer.

[00:08:41] Michel Godart: Ben les gens qui avaient des caves à l’époque, ils se rappellent, quand on mettait les patates dans les casiers dans les caves, ça continuait de germer, ça pousse.

[00:08:46] Carmelo Giuliana: Absolument, donc ça continue à vivre. Donc, après la pomme de terre, il faut savoir de quelle façon elle continue de vivre. Et l’adapter par rapport à ce qu’elle demande.

[00:08:54] Michel Godart: Tu as dû t’adapter, mais qu’est-ce que tu as dû adapter par rapport à la frite ou ta façon de travailler? Et où est la limite où à un moment donné tu te dis « Non, ça ne change pas, sinon c’est plus des frites belges ».

[00:09:01] Carmelo Giuliana: Tout d’abord c’est pas des frites belges, ce sont des frites espagnoles.

[00:09:04] Michel Godart: Bah voilà, on va préciser.

[00:09:06] Carmelo Giuliana: Ça c’est la première des choses dans la question. Après, j’ai pas dû adapter quelque chose, j’ai simplement pris une pomme de terre espagnole, qui me convenait, après plusieurs tests bien évidemment.

[00:09:16] Michel Godart: Ah voilà (Carmelo Giuliana: Mais…). Tu as testé quand même.

[00:09:17] Carmelo Giuliana: Oui bien sûr (Michel Godart: Voilà), il y a le calibre, il y a la catégorie de pomme de terre, il y a beaucoup de sortes de pommes de terre bien évidemment, donc on a dû tester la qualité. On a dû tester une pomme de terre, parmi tant d’autres. Et, comme je l’ai dit, le calibre aussi c’est très important. Après, on a simplement amené la Belgique à côté de cette pomme de terre (Michel Godart: Voilà c’est ça), c’est tout.

Méthode, expérience et savoir-faire

[00:09:35] Michel Godart: Donc en gros, si je te comprends bien?

[00:09:36] Carmelo Giuliana: J’ai rien refusé, j’ai tout amené.

[00:09:38] Michel Godart: La patate peut changer, ce qu’il faut c’est la méthodologie, l’approche, le savoir-faire, l’expérience. C’est surtout ça que tu apportes ?

[00:09:44] Carmelo Giuliana: Oui. Je pense, je pense, je dis pas que je suis le meilleur ou un professionnel ou quoi.

La réputation de Carmelo Giuliana Hola Patatas à Quesada

[00:09:48] Michel Godart: Ah tu as excellente réputation dans l’environnement, tout le monde me parle de toi hein ?

[00:09:51] Carmelo Giuliana: Mais ça fait plaisir.

[00:09:52] Michel Godart: Je suis une semaine ici, tout le monde parle de frites ici hein ?

[00:09:54] Carmelo Giuliana: Ça fait vachement, vachement, plaisir, bien évidemment mais en tout cas je mets du cœur (Michel Godart: Oui). Alors je crois que ma religion par rapport à la frite est la meilleure, parce que c’est ce que je pense.

Une clientèle internationale pour Carmelo Giuliana chez Hola Patatas

[00:10:03] Michel Godart: J’aime bien comment tu prononces ça. Alors qui est-ce qui pousse la porte aujourd’hui? Est-ce que ce sont des belges installés ici, des touristes, des espagnols, d’autres nationalités? J’ai l’impression que c’est un peu tout le monde, non?

[00:10:12] Carmelo Giuliana: Ton impression est bonne.

[00:10:13] Michel Godart: Ouais, j’avais tantôt des gens de Manchester qui parlaient avec moi (Carmelo Giuliana: Oui. Oui, ben oui, oui). Ils sont là en train de manger d’ailleurs

[00:10:17] Carmelo Giuliana: Ben écoutez. Nous sommes au matin, enfin il est 13h, on est d’accord: pour nous la frite c’est le matin, d’accord ? J’ai ouvert il y a 30 minutes.

[00:10:23] Michel Godart: Exact.

[00:10:24] Carmelo Giuliana: Ok. Et directement, j’ai eu une table d’espagnol, une table d’Irlandais, une table de Belges en bas, j’ai une table de français (Michel Godart: Les gens de Manchester). Et j’ai les gens de Manchester que tu viens de mentionner (Michel Godart: Trop class), donc voilà. Donc, que dire? Je pense que j’ai un peu l’Europe.

Quand une friterie devient plus qu’un endroit où manger

[00:10:37] Michel Godart: Est-ce qu’au bout d’un moment, une friture comme la tienne devient autre chose qu’un endroit où on vient manger?

[00:10:41] Michel Godart: Oui.

[00:10:42] Carmelo Giuliana: Ah explique moi, ça j’ai envie de savoir.

[00:10:44] Carmelo Giuliana: Bah on a fait un bel endroit je crois. Tu l’as dit, on est commerçant depuis quelques temps, on travaille le soir, bon voilà on a cette expérience. Et puis j’ai assimilé l’ambiance, je voulais qu’on passe un bon moment. Surtout, en Espagne on a fait quelque chose qui me tenait à cœur, donc c’est-à-dire que le client peut prolonger. Grâce à ces nationalités, qu’on a mentionné il y a quelques instants, en Belgique ils vont vers le comptoir, prennent leurs frites, ne prennent pas de café, ne prennent pas de dessert, ne prennent pas la peine de voir à côté de la frite qu’est-ce qu’il peut y avoir (Michel Godart: Oui, je vois). Donc, nous, commerçants, nous friterie en Belgique, on se limite à la frite. Mais, ici, je me suis amusé parce que on arrive à faire une petite brasserie avec ça, une petite brasserie, on arrive à inculquer aux Espagnols une petite entrée. Ils prennent toujours une petite entrée les Espagnols, c’est-à-dire quelques fricadelles avec un petit poulycroc ou une croquette de vol-au-vent et après ils passent au plat, et après ils passent même au dessert.

Faire découvrir d’autres spécialités belges

[00:11:44] Michel Godart: Ah oui d’accord, ça c’est particulier.

[00:11:45] Carmelo Giuliana: Ça c’est la nationalité qu’on a ici, et grâce à ces nationalités-là, on peut mettre en avant aussi la gaufre de Liège et la gaufre de Bruxelles.

[00:11:54] Michel Godart: Mais génial ça! (Carmelo Giuliana: Voilà), tu es un ambassadeur belge en fait!

[00:11:56] Carmelo Giuliana: Non mais ça s’y prête, ça fait partie de la même famille (Michel Godart: Oui, pas mal), tu vois?

Les rencontres humaines créées par le commerce

[00:12:00] Michel Godart: Pas mal. Est-ce que au niveau humain, on parle de rencontre et d’échange avec la personne, est-ce qu’il t’est arrivé une aventure ici ou tu as rencontré quelqu’un que tu n’aurais peut-être jamais probablement rencontré en Belgique?

[00:12:08] Carmelo Giuliana: Mais j’en rencontre tous les jours.

[00:12:10] Michel Godart: C’est le fait de rencontrer des nationalités différentes déjà, (Carmelo Giuliana: Oui) je pense.

[00:12:12] Carmelo Giuliana: Oui, et puis le sourire des gens. Vous savez, les personnes, l’espagnol et les étrangers me disent toujours « Mais qu’est-ce qu’elle a cette frite? Qu’est-ce que vous mettez sur la frite qui donne un goût pareil? ». Nous les Belges, on le sait, c’est ce qu’on mange tous les vendredis en Belgique quasi.

[00:12:27] Michel Godart: Ouais c’est vrai (Carmelo Giuliana: Voilà) c’est le jour du vendredi. (Carmelo Giuliana: Je dis le vendredi parce que…). Madame nettoie, on va chercher des frites.

[00:12:30] Carmelo Giuliana: Voilà. Voilà, voilà, voilà. Mais, on va dire que je suis resté surpris parce que, les étrangers qui ne connaissent pas notre produit, qui ne connaissent pas notre frite belge, ils pensent qu’il y a une structure, on met quelque chose sur la frite

[00:12:45] Michel Godart: Un secret (Carmelo Giuliana: Oui, un secret), je l’ai dit hein ?

[00:12:47] Carmelo Giuliana: Mais ça change. Et ça c’est exceptionnel parce que les gens nous demandent « Mais qu’est-ce que vous avez mis sur vos frites? », Rien, rien.

[00:12:54] Michel Godart: Carmelo, est-ce que malgré tout, il n’y a pas un moment tu peux te dire « Mais qu’est-ce que je suis venu foutre ici? » (Michel Godart: Ah non). C’est déjà arrivé? (Michel Godart: Oh non jamais) non. Donc aucun regret?

[00:13:02] Carmelo Giuliana: Maintenant que j’ai ouvert oui. Avant d’ouvrir oui, je me posais la question « Qu’est-ce que je suis venu foutre ici? » (Michel Godart: Oui), Absolument. Et le fait d’avoir ouvert, c’est la réponse à ma question. Qu’est-ce que je suis venu foutre? Mais je suis venu foutre, je suis venu faire des frites, finalement. J’ai pris tout avec moi, j’ai pris la meilleure chose que je pouvais prendre en Belgique, je construis une maison aussi, donc je fais le modèle que j’avais en Belgique, quasi le même ici. J’adorais ma maison en Belgique, j’adorais mon terrain… Et j’adorais ma friterie.

[00:13:27] Michel Godart: Est-ce que tu reconstruis ta vie ici?

[00:13:29] Carmelo Giuliana: Je construis ma vie ici avec ce que j’aime le plus en Belgique, je l’ai rapporté avec moi.

[00:13:34] Michel Godart: Tu le vois donc comme une continuité (Carmelo Giuliana: Oui) ou un restart?

[00:13:36] Carmelo Giuliana: Non, non, je me vois une continuité ici.

[00:13:38] Michel Godart: Tu le vois comme une continuité ?

[00:13:39] Carmelo Giuliana: Oui, je veux rester ici, bien évidemment.

Pourquoi les clients reviennent-ils ?

[00:13:41] Michel Godart: Et pourquoi tu penses que les gens reviennent vraiment chez toi?

[00:13:43] Carmelo Giuliana: Ben parce que peut-être qu’ils n’ont pas le choix ?

[00:13:46] Michel Godart: Non, ça je crois pas, il y a cette concurrence Carmelo.

[00:13:48] Carmelo Giuliana: Bah ils reviennent peut-être pour mon sourire ou parce qu’on arrive à transformer quelque chose de bien, un bon moment. Il peut y avoir plusieurs facteurs le fait qu’ils reviennent.

Créer une communauté autour du commerce

[00:13:55] Michel Godart: Moi de mon feeling, je vois surtout ton côté orienté client très sympa, ton sourire effectivement. Et tu l’as dit tantôt en fait ton secret hein? Tu crées une communauté, c’est unique (Carmelo Guiliana: Oui). J’ai pas eu ce sentiment-là quand je suis allé ailleurs ici (Carmelo Giuliana: C’est vrai?). Ça fait quatre ou cinq ans que je viens ici, chaque année, j’ai pas vu ce genre d’échange. Parce qu’on s’est arrêté, on a été faire un tour avec mon van ensemble tu vois (Carmelo Giuliana: Oui). Déjà rien que ça, tu vois je… Jamais j’ai fait ça avec quelqu’un d’autre quoi (Carmelo Giuliana: C’est vrai?), tu vois.

[00:14:15] Carmelo Giuliana: C’est le feeling, Ça s’est passé tout seul. Et puis il faut savoir une chose, c’est que : je suis d’origine sicilienne. Et le fait d’être d’origine sicilienne, on aime bien inviter, on aime bien… Ma grand-mère je me souviens, il y avait toujours quelqu’un à la maison. On part de ce principe, on part de ses racines, qui font que, moi quand les gens viennent à la friterie que ce soit en Belgique, ou ici en Espagne, ils sont à la maison. Le Sicilien et la nourriture, c’est l’ambiance assurée.

L’accueil comme une histoire d’amour

[00:14:41] Michel Godart: C’est une histoire d’amour, j’ai envie de dire c’est une histoire d’amour.

[00:14:43] Carmelo Giuliana: Que ce soit Noël, que ce soit Pâques, on a toujours quelque chose

[00:14:45] Michel Godart: L’accueil, l’accueil, les autres ouais.

[00:14:48] Carmelo Giuliana: Et moi je le transforme au quotidien. Parce que je suis heureux quand les gens viennent chez moi et ça me fait plaisir.

Du commerce aux ressources humaines

[00:14:53] Michel Godart: Carmelo tu le représente bien, et je suis assez fier de faire (Carmelo Giuliana: Merci) cette interview avec toi aujourd’hui. On va clôturer tout doucement cette interview, je sais que tu es fort occupé, je vais pas prendre trop de ton temps. On est dans un podcast où on parle de ressources humaines, de travail, de passion au travail, je crois que la passion travaille, là on a le cacher immédiatement, le cadre est scellé. Maintenant, nos trois questions RH, d’accord ? Quand tu engages quelqu’un, parce qu’ici on est dans une autre culture, un autre pays forcément. Est-ce que tu préfères quelqu’un qui sait parfaitement déjà faire le métier, ou quelqu’un qui a plutôt le bon état d’esprit et à qui tu peux apprendre le métier? Qu’est-ce qui est le plus important?

Compétence ou état d’esprit ?

[00:15:23] Carmelo Giuliana: Ça dépend, ça dépend la personne, ça dépend le feeling, ça dépend les besoins. Si on a déjà, généralement on fait une équipe, et si on a déjà une ou deux personnes qui savent déjà mettre la main à la pâte, on peut commencer à se pencher sur le côté humain et apprendre, voilà.

La place du comportement dans le recrutement

[00:15:36] Michel Godart: Donc là, c’est le comportement qui est le plus important.

[00:15:37] Carmelo Giuliana: Ça dépend. Maintenant, je donne la chance, j’ai donné de la chance, que ce soit en Belgique ou ici, beaucoup de personnes qui ne s’y attendaient pas (Michel Godart: Ouais), simplement sur le regard, sur le moment.

Recruter aussi au feeling

[00:15:48] Michel Godart: Question de feeling de nouveau?

[00:15:50] Carmelo Giuliana: Sur le feeling, sur le moment où la personne vient se présenter, aussi.

Ce que l’expérience change dans le recrutement

[00:15:53] Michel Godart: Mais la question est importante pour moi à ton niveau parce que, justement, tu ne fais pas que un business et un commerce que tu lances ici, tu en as eu d’autres avant en Belgique (Carmelo Giuliana: Ah oui) donc tu as une expérience!

Garder les mêmes critères de recrutement en Espagne

[00:16:02] Carmelo Giuliana: Oui, pour ça, oui. Pour ça oui!

[00:16:02] Michel Godart: Et tu as changé cette habitude de recrutement ? (Carmelo Giuliana: Non) Tu as gardé les mêmes normes, les mêmes critères ?

[00:16:06] Carmelo Giuliana: Je garde la même chose, on ne change pas une équipe qui gagne (Michel Godart: Oui), c’est comme ça. Et puis en Belgique, il faut savoir que la seule établissement qui me reste, mes ouvriers, enfin mes ouvriers, ma famille professionnels, ouvriers, voilà, on peut voir les choses de leur point de vue. Ils sont là depuis quinze ans.

[00:16:19] Michel Godart: Ouais.

[00:16:20] Carmelo Giuliana: Donc, quasi tous, ils m’ont tous mis un coup de pied au derrière en disant « Va-t’en Espagne on se charge de tout », c’est comme ça que ça s’est passé « Et ne vend pas ».

La confiance construite avec une équipe fidèle

[00:16:27] Michel Godart: Et c’est agréable ?

[00:16:29] Carmelo Giuliana: Oh c’est magnifique, c’est agréable, c’est quelque chose d’extraordinaire.

Créer une véritable relation de confiance

[00:16:32] Michel Godart: Tu as créé une relation de confiance?

[00:16:34] Carmelo Giuliana: Oui (Michel Godart: Ouais), et puis, il faut savoir une chose, je ne sais pas si tu vas l’aborder, ou pas, mais j’ai une femme extraordinaire.

Rosa, partenaire de vie et d’entrepreneuriat

[00:16:40] Michel Godart: Oui, on va en parler. Je l’ai croisé, directement le sourire et la même approche que toi quasi.

[00:16:44] Carmelo Giuliana: Oui elle est, voilà je sais pas si je t’en…

[00:16:46] Michel Godart: Elle va t’entendre, elle va t’entendre (Carmelo Giuliana: Je ne sais pas si j’en parle), on lui fais un beau compliment là.

[00:16:48] Carmelo Giuliana: Si j’en parle maintenant.

[00:16:49] Michel Godart: Ouais tu peux en parler maintenant, vas-y (Carmelo Giuliana: Si tu as une question à me poser par rapport à elle?). On est en podcast, on peut tous dire Carmelo.

[00:16:53] Carmelo Giuliana: Ben écoute, j’ai une femme extraordinaire parce que (Michel Godart: Elle te supporte déjà) je ne suis pas l’homme. Oui voilà déjà, parce que je suis quelqu’un de très, très, très, nerveux, hyperactif.

Quand la vie personnelle tourne autour de l’entrepreneuriat

[00:16:59] Michel Godart: Non, je te parle de supporter dans tes œuvres d’entrepreneuriat (Carmelo Giuliana: Oui ben voilà), maintenant tu dévoiles autre chose là.

[00:17:02] Carmelo Giuliana: Oui, oui. Non, non, mais non mais même, même… Ma vie en fait se porte autour de mon professionnel (Michel Godart: Oui). On est ouvert sept jours sur sept depuis 25 ans, on va dire que (Michel Godart: Waouh). Oui. Oui, oui, oui, oui, oui… Et quand j’avais trois établissements ou quatre établissements en simultané, c’était sept jours sur sept. Ici en Espagne, je m’octroie le dimanche.

Ce que l’on oublie du quotidien d’un entrepreneur

[00:17:17] Michel Godart: Et ça ne s’arrête pas à l’établissement. Parce que, beaucoup l’oublient (Carmelo Giuliana: Ah non) quand on se lance comme entrepreneur, il y a la compta, il y a la paperasse (Carmelo Giuliana: Ah il y a…ah, il y a mon numéro de TVA…). Et en Belgique on est particulièrement pas gâté là-bas.

[00:17:25] Carmelo Giuliana: Ah non. Mon numéro de TVA existe depuis 1999 ou 2001, quelque chose comme ça.

[00:17:28] Michel Godart: Ah ouais quand même.

[00:17:29] Carmelo Giuliana: Ah oui. Oui, oui, oui, oui, non. Non bien évidemment, mon nom existe depuis 2000, voilà, et mon entreprise également.

Le soutien de Rosa dans l’aventure entrepreneuriale

[00:17:35] Michel Godart: Alors on revient à ta femme. Donc elle t’a supporté pour te soutenir dans tes entreprises?

[00:17:39] Carmelo Giuliana: Ouais elle m’a supporté énormément.

[00:17:40] Michel Godart: Elle supporte ton caractère tu m’as dit.

[00:17:41] Carmelo Giuliana: Elle supporte mon caractère, mais elle a un savoir-faire énorme en friterie.

[00:17:44] Michel Godart: C’est vrai ?

[00:17:45] Carmelo Giuliana: Oh mais faut savoir, on a commencé à travailler ensemble à 18 ans.

Une histoire d’amour derrière l’entreprise

[00:17:47] Michel Godart: D’accord, il y a une histoire d’amour derrière.

[00:17:50] Carmelo Giuliana: Ah ben oui.

[00:17:51] Michel Godart: Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble alors maintenant?

[00:17:52] Carmelo Giuliana: Ben depuis 1999.

[00:17:54] Michel Godart: Te trompe pas sur la date hein ? Tu vas ramasser un coup de casserole hein ?

[00:17:56] Carmelo Giuliana: Non. Non, non, non, non, je vais même préciser le 2 juillet 1999.

[00:17:59] Michel Godart: Ça c’est beau (Carmelo Giuliana: Voilà), ça c’est… Alors là, ça c’est beau.

[00:18:01] Carmelo Giuliana: Voilà. Voilà, voilà. Non c’était une histoire exceptionnelle, il n’y a pas de mots. Mon épouse il n’y a pas de mots, c’est, c’est moi et elle, c’est comme ça. C’est une histoire de vie, des enfants…

Les enfants et la transmission familiale

[00:18:11] Michel Godart: Tu as des enfants? Combien d’enfants?

[00:18:12] Carmelo Giuliana: Deux enfants

[00:18:12] Michel Godart: Deux enfants.

[00:18:13] Carmelo Giuliana: Deux enfants.

[00:18:14] Michel Godart: Et ils ont quel âge?

[00:18:14] Carmelo Giuliana: À l’heure actuelle il y en a un de 17 ans (Michel Godart: Oui), et une petite de treize ans.

[00:18:17] Michel Godart: Ben on leur fait coucou aussi, au passage.

[00:18:19] Carmelo Giuliana: Bien sûr, on fait toujours coucou, pour les enfants.

[00:18:20] Michel Godart: Ils sont aussi dans le support et dans l’aide?

[00:18:21] Carmelo Giuliana: Mais bien sûr, ils sont nés dedans !

[00:18:24] Michel Godart: C’est l’esprit familial ?

[00:18:25] Carmelo Giuliana: Ouais, ouais. Mais surtout que maintenant mon fils en Espagne travaille avec nous.

[00:18:27] Michel Godart: Ils vont faire, ah il fait la friture aussi?

[00:18:29] Carmelo Giuliana: Il fait plus le bar.

[00:18:30] Michel Godart: Plus le bar.

[00:18:31] Carmelo Giuliana: Il a l’opportunité de choisir. Et je pense qu’il a commencé comme moi, à quinze ans j’ai fait des mariages, j’étais au bar.

[00:18:36] Michel Godart: Il suit l’exemple du father.

[00:18:37] Carmelo Giuliana: Voilà. Après bon ben on a fait des frites, mais voilà. Mon fils, voilà, et d’ailleurs il travaille très bien.

[00:18:42] Michel Godart: Ouais, chapeau, super (Carmelo Giuliana: Il travail, très bien). La pomme ne tombe pas très loin de l’arbre, j’ai envie de dire.

[00:18:47] Carmelo Giuliana: Non, complètement. Comme on dit « Les chiens ne font pas des chats ».

Manager une équipe multiculturelle en Espagne

[00:18:50] Michel Godart: Tu es belge, tu entreprends en Espagne, et tu accueilles une clientèle probablement très internationale comme tu l’as dit tantôt, est-ce que cette expatriation a changé ta manière de manager et de gérer les gens? Parce que, malgré tout, les gens que tu engages ici ils n’ont pas forcément la culture belge.

[00:19:04] Carmelo Giuliana: Absolument, absolument. Bon, parfois les mots me manquent (Michel Godart: Oui) pour bien décrire où ce que je veux en venir. Après, il faut savoir que, que ce soit en Espagne ou en Belgique, les profils de chaque ouvrier sont différents. Donc pour arriver à un point A à un point B.

[00:19:17] Michel Godart: Donc ce n’est pas la culture (Carmelo Giuliana: Non, ça n’a rien à voir), c’est plus les personnes.

[00:19:19] Carmelo Giuliana: Ça n’a rien à voir. C’est profils, c’est essentiellement la personne, au profil privé. Même en Belgique, on doit devoir dire quelque chose à un ouvrier, ou trois ouvriers différents, on va passer par trois chemins différents, on va aller peut-être sur trois profils différents pour arriver au bout.

[00:19:34] Michel Godart: Ben c’est là la force du manager et l’intelligence (Carmelo Giuliana: Voilà) de manager (Carmelo Giuliana: Et en Espagne…), c’est l’intelligence (Carmelo Giuliana: C’est l’humain) c’est l’intelligence émotionnelle.

[00:19:39] Carmelo Giuliana: C’est ça.

[00:19:40] Michel Godart: C’est l’intelligence émotionnelle (Carmelo Giuliana: C’est ça). C’est comprendre les émotions des gens, les écouter, leur parler avec leurs mots (Carmelo Giuliana: Manager ou éducateur), tu leur fait un effet miroir.

[00:19:45] Carmelo Giuliana: On va vers cette partie-là.

[00:19:46] Ça c’est toi qui choisis.

[00:19:47] Carmelo Giuliana: On va vers cette partie-là. Après toutes ces années, après ça fait plus de 20 ans qu’on a quand même du personnel. Et généralement le personnel je suis en bon contact avec tout le monde, les personnes qui s’arrêtent chez moi sortent toujours par la grande porte (Michel Godart: Tu gardes des bons contacts). Parce qu’ils sortent par respect, bien sûr (Michel Godart: Oui). Ou ils veulent changer de métier, ou il y a un problème familial.

La relation avec les collaborateurs comme récompense

[00:20:03] Michel Godart: Et ça c’est peut-être la plus belle récompense pour toi, par rapport non plus aux clients mais par rapport aux gens qui bossent avec toi.

[00:20:08] Carmelo Giuliana: Mais bien sûr (Michel Godart: Oui). Mais bien sûr, et ils le savent (Michel Godart: Oui), ils le savent. Vous savez, quand il y a un ouvrier qui me demande un jour de congé, je lui donne. Vous savez pourquoi? Par contre, je lui donne parce que, en fait, dans l’Horeca, l’ouvrier, la personne, le personnel, est devant le client, d’accord ? Donc si il a pas son jour de congé, que sais-je, pour une raison ou l’autre, importante, moins importante, ok. Mais si ça s’avère que c’est important, il va être triste. Devant le client le jour de congé que je ne lui ai pas donné, il va être triste.

Pourquoi Carmelo accorde un congé à un collaborateur

[00:20:42] Michel Godart: Et ça t’en tient compte ?

[00:20:43] Carmelo Giuliana: Ça j’en tiens compte. Et je dis toujours « Je donne congé à mes ouvriers, même si c’est moi qui dois le remplacer », parce que nous sommes dans l’HORECA. J’aurai une entreprise de construction, et que ça aurait été un ouvrier dans la construction qui fabrique 20 mètres carrés de murs par jour, peut-être que ma réponse aurait été différente (Michel Godart: Ouais tu t’adaptes). J’aurais peut-être dit « Non, je ne te donne pas congé ». Parce que, s’il n’est pas content, le mur ne va pas avoir de réaction. S’il travaille triste devant un mur, c’est ça aussi le management. Après, voilà, il y a deux façons…

Contextualiser son management

[00:21:12] Michel Godart: Contextualiser, contextualiser, ouais.

[00:21:13] Carmelo Giuliana: Il y a deux façons de gérer les personnes. Et que ce soit en Espagne, ou en Belgique, ça reste des humains, avec tous des profils différents, tous.

Son conseil à celui qui veut tout quitter pour l’Espagne

[00:21:22] Michel Godart: Ok. On a deux petites questions puis je vais te libérer parce que j’entends que le monde arrive tout doucement. Si demain un Belge de 30, 40 ou 50 ans te dit « Carmelo, j’en ai marre, je plaque tout, je pars vivre et travailler en Espagne », quelle est la première chose que tu lui réponds?

[00:21:34] Carmelo Giuliana: Ben viens. – Rires de Michel Godart- J’en ai un qui est venu!

L’histoire d’un collaborateur qui a osé le suivre

[00:21:36] Michel Godart: Pourquoi tu m’étonnes pas?

[00:21:37] Carmelo Giuliana: J’en ai un qui est venu.

[00:21:38] Michel Godart: C’est vrai ?

[00:21:38] Carmelo Giuliana: J’en ai un dans cette équipe, j’en ai un. Je rentre en Belgique, je vais manger dans un établissement, je connais cette personne depuis quelques années, d’accord? Il sait que je vais en Espagne, je parle avec lui et je dis « Je vais ouvrir un établissement ». Il me dit « C’est pas vrai ». Je dis « oui ». Il me dit « Je viens avec toi ». Bon, je prends ça (Michel Godart: Tu crois que c’est un mot comme ça en l’air) sur la rigolade. Voilà, je crois… Et finalement il me téléphone deux ou trois semaines après en me disant « Carmé, est-ce que c’est vrai que tu vas ouvrir? J’ai entendu », « Oui c’est vrai », « J’arrive ». Il a attendu un an, il a continué à travailler en Belgique, il a rien dit par respect pour son employeur bien évidemment, d’accord ? Parce que, à l’étranger c’est toujours, vous savez il y a toujours des personnes qui disent on va ouvrir, on va pas ouvrir donc (Michel Godart: Il y a une dose d’inconnue) il ne sait pas sur quel pied danser (Michel Godart: Il y a une dose d’inconnue, voilà ouais) donc il ne sait pas si je suis sérieux ou pas? Donc du coup ben, il a attendu un an, mais il est là, il est en bas, il est ici sous nos pieds, en train de fabriquer à manger pour les tables qui a…

[00:22:27] Michel Godart: Il s’appelle comment?

[00:22:28] Carmelo Giuliana: Oscar.

[00:22:28] Michel Godart: Oscar. Bonjour Oscar et chapeau hein! Quel courage! Quel courage!

[00:22:32] Carmelo Giuliana: C’est une personne très, très, très, très gentille.

[00:22:34] Michel Godart: Ouais, je l’ai vu. Je crois que c’est lui que j’ai vu parce qu’il y avait une personne quand je suis arrivé donc. Sourire aussi comme toi (Carmelo Giuliana: Oui), directement.

[00:22:39] Carmelo Giuliana: C’est un italien.

[00:22:39] Michel Godart: C’est la marque de famille.

[00:22:41] Carmelo Giuliana: C’est ça. Il est content de faire des frites comme moi, on parle la même langue.

Que dirait l’adolescent de 15 ans à Carmelo aujourd’hui ?

[00:22:44] Michel Godart: Pour clôturer Carmelo, je vais revenir à mon rêve d’ado du début tu vois? Si l’ado que tu étais pouvait entrer aujourd’hui ici, te voir en Espagne derrière cette friterie, et découvrir tout ce qui s’est passé entre les deux. Qu’est-ce que tu crois qu’il te dirait?

[00:22:56] Carmelo Giuliana: Je suis fier de toi – Rires. Tu as suivi ton cœur.

[00:23:00] Michel Godart: Très belle interview, je te remercie. Est-ce qu’il y a un dernier mot que tu as envie de dire?

[00:23:04] Carmelo Giuliana: Non pas spécialement, je pense que j’ai fait le tour. Mais j’embrasse ma femme quand même parce que (Michel Godart: Elle s’appelle comment ton épouse?), Rosa, elle s’appelle Rosa. Pendant que je suis en train de parler avec toi, je la regarde en train de prendre une commande, et je suis fier d’elle, voilà.

[00:23:16] Michel Godart: Ouais t’as le cœur qui bat (Carmelo Giuliana: Ouais. oui, oui, oui), je le vois (Carmelo Giuliana: Absolument). Et les yeux qui brillent…

[00:23:18] Carmelo Giuliana: Absolument.

[00:23:18] Michel Godart: Et les yeux qui brillent.

[00:23:19] Michel Godart: Ce soir gros câlin Rosa hein ?

[00:23:21] Carmelo Giuliana: Oh, c’est pas nécessaire – Rires – C’est déjà fait.

Conclusion

[00:23:25] Michel Godart: Alors Carmelo, sache que dans ce podcast, il y a un texte explicatif dans lequel les gens vont pouvoir trouver un lien. Et si tu partages ce podcast dans ta communauté en Espagne ou en Belgique, ils peuvent cliquer sur ce lien avec leur smartphone. Il y a un micro dans un smartphone, ils peuvent te parler sur un voicemail (Carmelo Giuliana: Bon), s’entendre, faire envoyer en mettant leur email et je peux te l’envoyer. Et s’ils me disent (Carmelo Giuliana: Bon) on peut le faire entendre aux autres, qui me le disent à la fin, et bien moi quand je publierai ton podcast je mettrai en commentaire. Et donc, on entendra les voix des gens de faire un compliment, de dire une gratitude, de dire merci. Et pourquoi pas de poser une question et tu pourras répondre.

[00:23:55] Carmelo Giuliana: Ah super.

[00:23:55] Michel Godart: Ça marche ?

[00:23:56] Carmelo Giuliana: Écoute, ça me semble vraiment super.

[00:23:58] Michel Godart: Merci Carmelo pour ta confiance (Carmelo Giuliana: Merci à toi), à bientôt.

[00:24:00] Carmelo Giuliana: Un grand, grand merci.

[00:24:00] Michel Godart: Je t’en prie.

[00:24:00] Carmelo Giuliana: Et je vous embrasse tous.

[00:24:03] Intro: You are listening « The Podcast Factory Org »

[00:24:04] Michel Godart: Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground », espace de coworking à Evere. Depuis janvier 2025, et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisé par « Plugin Company », notre opérateur de bornes et de cartes de recharge privilégié. « The Podcast Factory Org » est très fier d’être membre de « KAYA – Coalition des Écopreneur » et Écopreneures, et de collaborer avec le « Love Health Center ». Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site « What’s Your Story point be ». N’oubliez pas de vous abonner à notre chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg, nous y proposons le podcast en format vidéo avec la transcription en sous titres en plusieurs langues.

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