Cancer, ce que voit une médecin généraliste que nous ignorons souvent

Cancer, ce que voit une médecin généraliste que nous ignorons souvent

Cancer : ce que voit une médecin généraliste que nous ignorons souvent – Podcast #006 Au Cœur du Relais

Écoutez, partagez, et si vous le souhaitez, laissez un message vocal à Muriel, Médecin Généraliste présente au relais pour la vie, via le lien en description.

Dans cet épisode du podcast Au Cœur du Relais, Michel Godart reçoit Muriel Zwings, médecin généraliste à Braine-l’Alleud et participante de longue date du Relais pour la Vie.

Le Relais pour la Vie rassemble des bénévoles, des proches et des personnes concernées par le cancer autour d’un même objectif : soutenir la recherche et celles et ceux qui traversent la maladie.

Au fil de la conversation, elle partage son regard de terrain sur le cancer, le dépistage et la prévention.

  • Pourquoi a-t-on parfois l’impression que les cancers sont plus nombreux qu’avant ?
  • Les campagnes de dépistage changent-elles réellement les choses ?
  • Et que se passe-t-il lorsqu’un diagnostic bouleverse soudainement la vie d’une personne et de ses proches ?

L’échange aborde également une réalité moins visible: l’accompagnement quotidien des patientes et patients confrontés à la maladie. Derrière les examens, les traitements et les chiffres, il y a aussi des questions, des doutes, des démarches administratives et un besoin de soutien humain.

À travers son expérience de médecin généraliste, Muriel Zwings revient sur les défis du dépistage précoce, l’importance de la prévention et le rôle que chacun peut jouer pour soutenir les personnes touchées par le cancer.

Un épisode qui invite à réfléchir, à s’informer et à mieux comprendre une réalité qui concerne, directement ou indirectement, la plupart des familles.

Le Relais pour la Vie rappelle qu’il existe de nombreuses façons d’agir : participer, soutenir, écouter ou simplement être présent. Bonne écoute.

Ce podcast a été enregistré dans notre studio mobile, présent à l’événement : le PodiBUZ

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Note Importante :

Ce podcast se veut un espace de parole libre et bienveillant, où tous et toutes, bénévoles, participants et participantes, battants et battantes peuvent se déposer, partager, transmettre leurs expériences, leurs espoirs, leurs vécus et leurs épreuves. Un tel espace nécessite, de la part de chaque auditeur et auditrice, une écoute empathique, ouverte, sans jugement. Il est également essentiel que cette parole déposée ne soit pas freinée par la crainte d’une censure. La confiance est au cœur de ce projet : aucun passage ne sera coupé du simple fait qu’il contient une critique, un ressenti ou un constat vécu. Les histoires et les visions appartiennent à celles et ceux qui les partagent.

Notre intention, et cela se reflète dans la manière dont nous posons nos questions, est de créer un espace sans tabous, où tout peut être exprimé avec sincérité et aussi questionné. Nous n’avons aucune volonté de dénoncer ni d’accuser qui que ce soit, et certainement pas les médecins ou les soignants. Bien au contraire, nous souhaitons mettre en lumière les réalités, les émotions et les questionnements pour permettre un dialogue plus juste et humain.

Si certaines paroles peuvent paraître dérangeantes, il est important de se rappeler que toute critique exprimée avec sincérité peut devenir une formidable occasion de réflexion, d’évolution et d’amélioration.

D’autre part, le répondeur mis en place permet à chacun et chacune d’exercer un droit de réponse libre, pour autant que les propos restent respectueux et bienveillants. Merci à toutes et tous pour votre humanité, votre ouverture et votre compréhension.

Les acteurs et actrices qui pourraient se sentir concernés par cette note ne le sont jamais à titre personnel. C’est d’un système dans son ensemble dont il est question, un système qui, pour évoluer, a besoin d’écoute, de dialogue et de prises de conscience.

Liens Utiles :

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Séquençage du podcast Cancer, ce que voit une médecin généraliste que nous ignorons souvent :

  • [00:00:00] Introduction et présentation de Muriel Zwings
  • [00:00:29] Pourquoi participe-t-elle au Relais pour la Vie ?
  • [00:01:02] Dépistage du cancer : en détecte-t-on davantage ?
  • [00:02:32] Des cancers diagnostiqués chez des personnes plus jeunes
  • [00:03:06] Prévention, hygiène de vie et facteurs de risque
  • [00:04:09] L’alcool comme facteur de risque de cancer
  • [00:04:28] L’importance de l’anamnèse et des premiers symptômes
  • [00:05:01] La formation des médecins
  • [00:05:49] Le diagnostic différentiel en médecine générale
  • [00:06:04] Annoncer un diagnostic grave
  • [00:07:34] Le rôle du médecin généraliste dans l’annonce du diagnostic
  • [00:07:55] Accompagner les patients et leurs proches au quotidien
  • [00:08:51] Le Relais pour la Vie vu par une médecin généraliste
  • [00:09:25] Participer et soutenir le Relais pour la Vie
  • [00:09:32] Un engagement en politique locale
  • [00:09:48] Les défis de son mandat
  • [00:10:14] Clôture du podcast

La transcription du podcast Cancer, ce que voit une médecin généraliste que nous ignorons souvent :

Télécharger la transcription du podcast.

Introduction et présentation de Muriel Zwings

[00:00:00] Michel Godart: Bienvenue pour un nouvel épisode de podcast « Au cœur du relais », et nous sommes le dimanche 5 octobre, et ce podcast va vivre toute l’année. Et je vous le rappelle, il y a un lien vers un répondeur vocal donc si vous êtes immobilisé, à l’hôpital ou incapable de vous déplacer, vous pouvez déposer votre voix et participer. Vous m’envoyez, je l’écouterai, je ferai un montage et je publierai l’épisode. Aujourd’hui, en ce moment, j’ai dans mon PodiBUZ une médecin. Bonjour

[00:00:21] Muriel Zwings: Bonjour.

[00:00:22] Michel Godart: Alors je te laisse te présenter, rappelle-moi ton prénom?

[00:00:24] Muriel Zwings: Voilà, je m’appelle Muriel.

[00:00:25] Michel Godart: Médecin généraliste.

[00:00:26] Muriel Zwings: je suis médecin généraliste.

[00:00:27] Michel Godart: À Braine?

[00:00:28] Muriel Zwings: Ici à Braine-l’Alleud, oui.

Pourquoi participe-t-elle au Relais pour la Vie ?

[00:00:29] Michel Godart: J’ai envie de te demander, qu’est-ce qui t’a motivée à venir au relais? Qu’est-ce que tu y fais et depuis combien de temps?

[00:00:34] Muriel Zwings: Je suis Brainnoise depuis 25 ans, j’ai vécu donc 25 ans à Bruxelles, mais je connais le relais depuis la première édition.

[00:00:42] Michel Godart: Depuis quatorze ans?

[00:00:42] Muriel Zwings: Qui je pense, voilà, était il y a quatorze ans effectivement. J’habite pas très loin du stade Gaston Rêve donc (Michel: C’était facile) j’avais le relais dans mon jardin. Donc voilà, j’ai eu la possibilité très vite d’y participer, d’y participer avec mes enfants. Et évidemment d’être très sensibilisée par la cause vu que comme médecin, je côtoie des gens malades, je dirais au quotidien.

Dépistage du cancer : en détecte-t-on davantage ?

[00:01:02] Michel Godart: Ça allait être ma question suivante. Parce que comme médecin généraliste, est-ce que tu as le sentiment, parce que parfois on a des préjugés, on a des croyances, il y a de la vraie information, de la fausse information qui circule, on est bien d’accord comment ça se passe maintenant… Il est difficile de voir le vrai du faux. Mais toi, tu es dans le métier, c’est ton métier, au quotidien est-ce que tu as le sentiment qu’il y a de plus en plus de cancers que l’on dépiste? Première question.

[00:01:21] Muriel Zwings: Alors je pense qu’on est de plus en plus performant dans le dépistage.

[00:01:24] Michel Godart: Et ça, ça expliquerait le…

[00:01:25] Muriel Zwings: Ça, ça explique je crois, qu’on dépiste effectivement de plus en plus de cancers. Je ne pense pas qu’il y en a plus qu’avant, enfin, je ne sais pas, mais en tout cas (Michel: Tu n’as pas ce sentiment-là) je n’ai pas ce sentiment-là. Mais j’ai le sentiment qu’on fait de plus en plus de dépistages, on fait de plus en plus de campagnes de prévention, on est très attentif au dépistage. Et donc, heureusement, on dépiste des cancers de plus en plus précoces. Donc je me souviens que quand j’étais petite, on parlait beaucoup de cancer généralisé, ou de cancer des os, et on se rend compte qu’en fait c’était des cancers métastasés, ou des cancers vraiment généralisés, on ne savait pas quel était le cancer primitif. Je trouve maintenant que, heureusement, on détecte des cancers de plus en plus précoces, on arrive à soigner les gens. Et ça c’est, voilà, moi c’est mon cheval de bataille. C’est au quotidien, c’est d’arriver à sensibiliser les gens à cette prévention, à ce dépistage, à les motiver, à leur expliquer à quoi ça sert. Dans le dépistage, il arrive qu’on fasse des diagnostics positifs, alors c’est toujours triste et c’est compliqué d’annoncer un cancer mais, quelque part, quand on arrive à le diagnostiquer à ce moment-là, il n’est pas encore symptomatique. Mais voilà…

[00:02:29] Michel Godart: On a plus de chance de rémission.

[00:02:29] Muriel Zwings: On arrive souvent à sauver des vies, oui.

Des cancers diagnostiqués chez des personnes plus jeunes

[00:02:32] Michel Godart: On m’a dit aussi que de plus en plus de jeunes ont des cancers de plus en plus tôt. Est-ce que ça aussi c’est une croyance ou est-ce que c’est un constat, ou est-ce que c’est vrai?

[00:02:38] Muriel Zwings: Non je pense que malheureusement ça c’est un constat, c’est un constat. Mais de nouveau, est-ce qu’on les diagnostics plus tôt, plus fréquemment? C’est pas facile d’y voir clair. Je n’aime pas tellement les chiffres, j’aime pas tellement les statistiques.

[00:02:48] Michel Godart: Ton ressenti (Muriel Zwings: Voilà, voilà) est bien plus important que des statistiques, (Muriel Zwwings: C’est individuellement) tu confirmes (Muriel Zwings: Je confirme quand même, voilà) quand même que de plus en plus jeunes.

[00:02:53] Muriel Zwings: Notamment le cancer du sein chez des jeunes femmes, des femmes qui viennent d’accoucher. À qui ont dit « Madame, c’est pas grave, vous allez laisser un congestionné parce que vous venez d’accoucher, et que vous allez allaiter ». Et en fait, malheureusement pour certaines, on trouve des tumeurs, donc c’est catastrophique oui.

Prévention, hygiène de vie et facteurs de risque

[00:03:06] Michel Godart: Alors tu me parlais aussi dans ta première réponse, de prévention. Et moi je trouve qu’on fait, certes, des prévention comme les tests réguliers, même envoyés à domicile chez les gens pour le cancer (Muriel Zwings: Oui) de la prostate, on fait une campagne pour la prévention du cancer du sein, pour les préventions (Muriel Zwings: Colorectal) colorectal, on fait plein de petites choses comme ça. Mais il y a une partie qui manque encore trop, je pense, c’est la sensibilisation à l’hygiène de vie. Et peut-être à tout ce qui est législation sur les produits qu’on autorise ou qu’on autorise pas dans les additifs des aliments transformés, dans les produits de beauté. Il y a un gros travail là à faire, non?

[00:03:38] Muriel Zwings: S’il y a un gros travail mais, parfois c’est plus facile de rejeter la faute sur l’autre. J’entends par là que j’ai parfois des patients qui viennent en me disant « Oui, vous vous rendez compte ce qu’on met dans notre eau, ce qu’on met dans nos aliments » (Michel: Mais qui fument) mais qui fument!

[00:03:52] Michel Godart: Oui, (Muriel Zwings: Voilà) je le savais, je le savais, je le savais.

[00:03:54] Muriel Zwings: Et Donc ben moi je leur dit (Michel: Ça c’est la grosse clef) écoutez…

[00:03:56] Michel Godart: Je veux bien, mais il faut (Muriel Zwings: On peut se battre) arrêter la cigarette.

[00:03:58] Muriel Zwings: On peut se battre ensemble contre plein de choses mais, voilà, on peut peut-être regarder d’abord si on arrêtait quand même parce que « Mais non, mais ça c’est pas si important que ça » (Michel: Ben si). Si, si, je vous garantis que voilà, le reste n’est qu’une question de concentration.

L’alcool comme facteur de risque de cancer

[00:04:09] Michel Godart: Et là, on tombe déjà dans un piège (Muriel Zwings: Voilà). Il n’y a pas que la cigarette, il y a l’alcool.

[00:04:12] Muriel Zwings: Il y a l’alcool, l’alcool qui pour moi est un fléau peut-être encore pire actuellement (Michel: Parce qu’il fait des dégâts…) que la cigarette.

[00:04:17] Michel Godart: Dans la famille.

[00:04:17] Muriel Zwings: Tout à fait.

[00:04:18] Michel Godart: Et on ne met pas sur les bouteilles d’alcool « Ceci nuit gravement à la famille et à la santé ».

[00:04:21] Muriel Zwings: Voilà, voilà, voilà

[00:04:22] Michel Godart: On est bien (Muriel Zwings: On fera un podcast…) d’accord.

[00:04:22] Muriel Zwings: Sur l’alcool et sur les usages de l’alcool, voilà.

[00:04:25] Michel Godart: Mais je voulais faire le clin d’œil. Alors…

[00:04:26] Muriel Zwings: Et qui est pourvoyeur de cancer aussi, évidemment l’alcool hein?

L’importance de l’anamnèse et des premiers symptômes

[00:04:28] Michel Godart: Exactement, Exactement. Point suivant, il est très important, tu en a parlé aussi dans la première partie de ta réponse, parce que je t’écoute très attentivement, c’est le diagnostic. Alors, le dépistage, donc déjà, c’est de quelle manière un médecin prend au sérieux la plainte lors de l’anamnèse, ou lors des premiers symptômes d’un patient. Parce que si on dit à une patiente « Oui, mais vous n’allez pas très bien, vous n’avez pas le moral, parce que je vous connais hein? Je vous donne un antidépresseur », et qu’on prend le symptôme pas au sérieux, on rate une opportunité de dépister le cancer tôt déjà.

[00:04:54] Muriel Zwings: Je pense que quand on fait de la médecine générale, évidemment on est inondé de patients différents, de symptômes différents.

La formation des médecins

[00:05:01] Michel Godart: Mais est-ce qu’elle est sensibilisée à ça?

[00:05:02] Muriel Zwings: À l’Unif on n’est pas sensibilisé à ça (Michel: Et ça c’est peut-être le premier problème, oui). Donc déjà c’est une première chose et… Moi je dis toujours que, évidemment, notre esprit est très puissant et peut effectivement donner des messages à notre corps qui font qu’on exprime des symptômes hein? (Michel: Très vrai, très vrai) notre corps parle à la place de notre tête. Mais ça doit être, comme on dit souvent en médecine, un diagnostic d’exclusion. Ça veut dire qu’on cherche d’abord ce qui est grave, on cherche d’abord ce qui est organique, et puis, on se dit « Tiens, si on n’a rien trouvé au niveau organique, on va chercher au niveau fonctionnel, au niveau émotionnel, avec une expression organique ». Je pense à quelqu’un qui a, voilà de la diarrhée, alors on peut lui dire « Mais c’est parce que t’es stressé, chaque fois que t’es stressé t’as la diarrhée », mais il faut d’abord exclure qu’il n’y ait pas une tumeur intestinale avant de lui dire que c’est parce qu’il est stressé qu’il a la diarrhée. C’est la même chose pour des maux de tête, c’est la même chose… Enfin, il y a plein, plein, de symptômes.

Le diagnostic différentiel en médecine générale

[00:05:49] Michel Godart: Ce que j’entends c’est le schéma en fonctionnement entonnoir, et que dans ce fonctionnement d’entonnoir, s’il est mal réglé, on fait des mauvais choix.

[00:05:54] Muriel Zwings: Voilà, Tout à fait. C’est l’art de la médecine, c’est pour ça que ce n’est pas une science exacte non plus et que on nous apprend à faire des diagnostics différentiels.

[00:06:01] Michel Godart: Alors tu te rappelles du serment d’Hippocrate hein? Il y a plein de choses qu’on…

Annoncer un diagnostic grave

[00:06:04] Muriel Zwings: Il y a longtemps pour moi mais…

[00:06:04] Michel Godart: Oui mais, il y a longtemps pour beaucoup de médecins, il y a plein de choses qu’on peut en dire. Je passe là-dessus rapidement mais j’ai fait un clin d’œil, et je crois qu’il est suffisant. La deuxième chose qui va nous conduire à cet échange, c’est l’annonce. Il y a beaucoup de médecins qui n’ont pas forcément le meilleur des talents, on n’a pas non plus formation à l’université pour… Comment est-ce qu’on annonce à quelqu’un qui n’a plus que quinze jours à vivre?

[00:06:25] Muriel Zwings: Moi, je n’ai jamais annoncé à quelqu’un qu’il n’avait plus que quinze jours à vivre, parce que je dis toujours que je ne suis pas madame Soleil, que je n’ai aucune boule de cristal, et que tout médecin, aussi compétent qu’il soit, aussi avec autant d’expérience qu’il peut avoir, c’est déjà royalement planté sur la durée de vie de quelqu’un. Donc c’est horrible de dire à quelqu’un qu’il a quinze jours à vivre, donc là, on n’y est pas du tout. Je pense qu’on peut plutôt parler de comment est-ce qu’on annonce à quelqu’un (Michel: Qu’il y a quelque chose de grave), voilà, qu’il y a quelque chose de grave, et qu’on va se battre pour soigner, ensemble, son cancer, sa maladie et que, voilà. Jusqu’au dernier jour, on fera tout ce qu’il faut pour que la vie continue, et on se battra pour que cette vie continue. On n’annonce jamais à quelqu’un la durée de vie…

[00:07:08] Michel Godart: Qu’est-ce que tu donnerais comme conseils aux confrères? La meilleure façon de communiquer un résultat grave, ce serait quoi? Toi, en tant que généraliste?

[00:07:15] Muriel Zwings: Ah de convoquer les gens. On ne donne jamais un diagnostic grave au téléphone, ou dans un courrier.

[00:07:19] Michel Godart: Oui, ça c’est un point qui me paraît évident.

[00:07:19] Muriel Zwings: Ça paraît évident mais c’est, en pratique pas, toujours évident (Michel: C’est vrai?), justement. Oui, oui malheureusement

[00:07:22] Michel Godart: On en est à ce stade?

[00:07:24] Muriel Zwings: On a la richesse comme généraliste de connaître nos patients.

[00:07:27] Michel Godart: Ça aussi c’est un point.

[00:07:28] Muriel Zwings: Ça aussi c’est super important. Et donc, quelque part, on est les mieux placés pour annoncer ces mauvaises nouvelles.

Le rôle du médecin généraliste dans l’annonce du diagnostic

[00:07:34] Michel Godart: Est-ce qu’une solution ne serait pas que les spécialistes, oncologues et médecins qui ont le diagnostic de résultats graves, fassent finalement appel au recours aux médecins de famille pour communiquer? (Muriel Zwings: Alors ce serait bien) Est-ce que ce serait une surcharge pour vous?

[00:07:46] Muriel Zwings: Oui, oui, c’est une grosse surcharge pour nous. Et c’est une surcharge émotionnelle aussi, mais je trouve que…

[00:07:51] Michel Godart: Pourtant ce serait (Muriel Zwings: C’est là qu’on a notre rôle) pertinent.

[00:07:51] Muriel Zwings: Ce serait tout à fait pertinent parce (Michel: Ce serait une solution) qu’on a vraiment, ce serait une solution, ce serait une solution.

Accompagner les patients et leurs proches au quotidien

[00:07:55] Michel Godart: Bon, on espère qu’on nous entende. Comment est-ce que tu accompagnes les patients et leurs proches au quotidien, et notamment quand ils ont des cancers?

[00:08:01] Muriel Zwings: Ben j’essaye d’être toujours joignable, j’essaye d’être très disponible. Aussi bien pour des questions médicales que des questions pratiques, que des surcharges d’émotions voilà, je reste très, très, disponible. Ils ont toujours mon GSM et ils savent qu’ils peuvent m’appeler dès qu’ils en ont besoin. C’est une disponibilité, c’est le côté, je leur dis toujours qu’on forme une équipe en fait, on est là pour se battre ensemble. Et je peux être là pour leur apporter du confort, du confort au quotidien, des réponses pratiques à des petites questions, parfois qui n’ont peut-être rien à voir avec leurs problèmes de santé, mais parfois un problème administratif, un certificat qu’ils galèrent à avoir, un document pour la mutuelle, un petit coup de fil à passer. Voilà…, je…

[00:08:38] Michel Godart: Ça fait la différence?

[00:08:39] Muriel Zwings: J’ai à cœur, voilà c’est ça, de leur faciliter la vie, de leur alléger la vie quoi. Et ça c’est, je trouve que, quand je participe comme ça à leur maladie, et à leur vie en fait, j’ai l’impression de bien faire mon boulot.

[00:08:49] Michel Godart: J’ai envie de dire bravo docteur

[00:08:50] Muriel Zwings: Merci

Le Relais pour la Vie vu par une médecin généraliste

[00:08:51] Michel Godart: On va continuer un peu à l’interview sur un autre sujet. Comment tu vois l’action du Relais pour la vie?

[00:08:56] Muriel Zwings: Alors, pour moi le Relais pour la vie c’est une vitrine du cancer, de la maladie. Donc montrer à tout le monde qu’en fait, voilà, ça peut vraiment toucher tout le monde. On est en bonne santé aujourd’hui, on aura peut-être un diagnostic de cancer demain donc il ne faut jamais se sentir isolé et privilégié par rapport à ça. Je pense que ça permet, voilà, de dire à tout un chacun: le cancer ça existe et ça touche tout le monde, toutes les familles, à n’importe quel âge, et voilà. Donc vous pouvez participer, vous pouvez participer financièrement, matériellement, donner du temps, donner de l’écoute.

Participer et soutenir le Relais pour la Vie

[00:09:25] Michel Godart: Faire des actions possibles.

[00:09:26] Muriel Zwings: Faire des actions possibles, et voilà, c’est quelque chose qui unit tout un chacun autour d’une maladie, pour moi c’est ça le relais pour la vie.

Un engagement en politique locale

[00:09:32] Michel Godart: On a un esprit communautaire fort ici hein? On le sent bien. Puisque tu m’as confié que tu étais assez active en politique?

[00:09:37] Muriel Zwings: Ah voilà, ben j’ai eu la chance depuis fin de l’année passée de devenir échevine de la santé (Michel: Ah Ah), de l’environnement (Michel: Ah Ah), du bien-être animal (Michel: La clef, la clef!) et de l’égalité des chances ici à Braine-l’Alleud. C’est une belle, belle casquette pour moi.

Les défis de son mandat

[00:09:48] Michel Godart: C’est quoi le plus gros des challenges par rapport à ce que tu fais? Parce que j’entends qu’on va t’appeler sur la scène (Muriel Zwings: Oui, oui), on va clôturer rapidement (Muriel Zwings: Voilà), j’ai tellement plein de questions, je suis frustré mais bon, la priorité c’est d’être sur la scène après.

[00:09:58] Muriel Zwings: C’est d’en parler un maximum et c’est d’arriver à faire beaucoup de prévention en fait. Prévention de la santé, pour moi c’est vraiment quelque chose qui me tient vraiment à cœur. Et donc je me dis qu’avec cette double casquette, voilà, si je peux parler de la santé (Michel: Au moins toi tu sais de quoi tu vas parler), parler du dépistage, parler de la prévention, voilà, je sais de quoi je vais parler, tout à fait.

Clôture du podcast

[00:10:14] Michel Godart: Écoute, je ne vais pas te retenir, (Muriel Zwings: C’est gentil, merci) je sais qu’on t’attend sur la scène, mais je voudrais te féliciter et te remercier (Muriel Zwings: Merci). Et puis je crois que le Relais pour la vie a une bonne alliée en ta présence.

[00:10:23] Muriel Zwings: C’est super gentil, merci beaucoup (Michel: Merci, à bientôt) merci, merci.

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