Pyxis Belgique : Suis-je un équipier idéal ?

Pyxis Belgique

Suis-je un équipier idéal ? : feedback sur la journée organisée par Pyxis Belgique. Podcast #476 hrmeetup. ©

Dans cette capsule un peu différente dans sa structure, nous vous proposons d’écouter un feedback, un podcast « ambiance ». Ceci pour illustrer un évènement organisé par Pyxis Belgique.

Une journée « agilité » où les jeux ont pris place pour vous aider à répondre à une simple question : « Suis-je un équipier idéal ? ».

Laisser un message vocal personnalisé en réaction à ce podcast (via Vodio.fr) pour Éric Decossaux.

C’était un événement organisé chez Digital Station à Charleroi le 10 juin 2022 par Pyxis Belgique. J’y ai participé car Éric Decossaux, Pyxis Belgique, m’a gentiment envoyé une invitation. Quand un passionné de jeux invite un passionné de podcast, une magie s’opère et vous vous doutez bien que je n’allais pas quitter l’endroit sans un podcast souvenir!

Mais bien au-delà, cette capsule comprend des témoignages des participants, des questionnements et un mot-clef pour conclure!

Bien évidemment je pense qu’en les écoutant vous serez plus que certainement curieux et motivés pour participer à un prochain événement du type organisé par Pyxis Belgique. Pour mieux comprendre n’hésitez pas à aller réécouter l’interview de notre épisode #456 où je présentais Éric de Pyxis Belgique, et sa passion.

L’épisode commence aussi par un témoignage mis en avant, celui de Bernard Hansen, l’homme incontournable des lieux, véritable chef d’orchestre il est l’artisan de la magie des rencontres chez Digital Station et anime sa communauté ! Et lui aussi vous pouvez le découvrir plus longuement mais via une interview réalisée en partenariat avec Work and Meet : il vous suffit de suivre ce lien. 

Écoutez ce podcast via Podcastics et abonnez-vous, merci !

Pour vous abonner, choisissez votre App favorite via le bouton « See All » dans la liste proposée sur notre Linktree.


Si vous êtes sourds ou malentendants, nous commençons aussi, quand nous avons les ressources nécessaires, à retranscrire nos podcasts en textes. Vous retrouvez le texte ci-dessous.

Écoutez ce podcast Pyxis Belgique via notre chaîne Youtube :

Séquençage du podcast :

  • 00:19 Introduction avec le témoignage de Bernard Hansen
  • 01:12 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) propose aux participants de déjà réfléchir sur comment ils implémenteraient une ludothèque de test dans leur entreprise et s’ils se sentent outillés pour leur introspection en temps réel dans l’environnement de travail.
  • 01:46 Comment met-on en place une ludothèque de test ?
  • 02:34 Est-ce qu’il y a un jeu avec lequel tu commencerais une ludothèque de test en entreprise pour les équipes ?
  • 03:14 Témoignage sur l’aspect de s’auto évaluer régulièrement
  • 03:44 Témoignage sur l’aspect ludique de Hanabi et ses implications
  • 04:37 Témoignage : prendre le temps…
  • 05:20 Témoignage : sortir de l’entreprise qui est notre quotidien
  • 06:09 Les choses acquises ou que l’on considère comme impossible
  • 06:34 Témoignage : comment je me sentirais dans l’approche d’amener une ludothèque en entreprise par rapport à mes collègues qui n’ont pas peu vivre aussi cette expérience d’observation, de se dévoiler
  • 07:44 Le rôle d’une personne externe comme facilitateur, ou y aller doucement, par étapes
  • 08:20 Ce qui va faire que le changement va être plus facilement accepté ou pas c’est l’intention d’une part, et la manière dont s’est apporté
  • 09:06 Il y a des gens qui ne sont pas à l’aise avec le jeu; il ne faut pas forcer
  • 09:33 Témoignage : le rôle du coach est de mettre un cadre de sécurité psychologique
  • 10:24 Témoignage : les craintes et la confiance
  • 10:49 Se remettre tous ensemble, tous au même niveau!
  • 11:40 L’exercice de la colonne de gauche. Prendre conscience de ce qui se passe
  • 14:05 Témoignage : une approche de jeux Vs approche en formation théorique
  • 16:49 Conclusion par mots-clefs pour illustrer la journée
  • 18:00 Clôture du podcast et remerciement pour Pyxis Belgique

Transcription de l’épisode :

Si tu apprécies notre démarche de transcrire les podcasts : parle de ce podcast à ton entourage

Nous pouvons allouer des ressources aux transcription grâce aux donations reçues vers notre association The Podcast Factory Org.

Faites un don pour soutenir notre démarche : Triodos — IBAN : BE73 5230 8097 4160 — BIC : TRIOBEBB

00:00 Michel : Ce podcast est une initiative de l’ASBL The Podcast Factory Org, avec le sponsor de transforma bxl innovation playground et vous retrouver tous les épisodes sur le site what’s your story.be 

00:14 Jingle intro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

00:19 Michel : Devant moi j’ai l’homme-orchestre de Digital Station, j’ai nommé Bernard Hansen. Merci de me rejoindre au micro pour un feedback sur cette journée « Suis-je un équipier idéal ? ». Alors, Bernard, on fera référence à un podcast pour découvrir qui tu es mais je vais directement droit au but : recommanderais-tu cette journée à quelqu’un d’autre dans une entreprise ?

00:35 Bernard Hansen : Ben écoute ce sont des journées où on se pose des questions qu’on ne se pose pas habituellement et moi j’ai toujours une soif d’apprentissage. Et je dois dire que c’est le genre de journée qui ne déçoivent pas, c’est ultra collaboratif, on rencontre des gens qu’on ne connaît pas. Et on a envie de les revoir après… Et oui je recommanderais ça très chaudement parce que ça apprend à mieux vivre, à mieux collaborer. Et surtout ça permet une introspection et on n’a pas toujours le temps de le faire vu qu’on est « full » boulot tout le temps, donc oui : Go ! (Michel : Une belle prose de recul) Absolument !

01:06 Michel : Ok, ben moi je retiens en tout cas les sourires que j’ai rencontrés aujourd’hui, et j’ai retrouvé le tien, merci à toi à bientôt ! 

01:10 Bernard Hansen : Et bien écoute, tu sais que c’est toujours partagé hein !

01:12 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) : Et maintenant donc si ça vous a plu, moi ce que j’espère c’est d’avoir un impact non pas seulement aujourd’hui mais sur ce que vous allez faire après. Et donc j’aurais envie de savoir si parmi vous il y en a qui trouvent ça pertinent d’essayer de créer une ludothèque de test, comme j’appelle ça, dans leur entreprise ? Et comment ils vont s’y prendre ? Peut-être qu’ils peuvent déjà réfléchir à ça ! Une deuxième question c’est : est-ce que vous vous sentez outillé et prêt à vous observer en temps réel dans la manière dont vous communiquez avec les autres quand, dans une réunion, il y a quelque chose qui vous énerve, est-ce que vous avez des outils en plus pour essayer de vous rendre compte de ce qui vous arrive et comment vous allez gérer ça ?

01:46 : Comment on met en place une ludothèque de test ?

01:49 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) : Alors comment je ne sais pas, peut être tout simplement commencer par proposer à 1, 2, 3, 4 collègues de se joindre à toi pour une expérience avec une partie et puis de te dire « et si on recommençait à faire ça de manière plus régulière avec le même jeu, avec un autre jeu, est ce qu’on arrive à faire ça avec plus de personnes ? » Qui est-ce que tu aurais envie d’inviter à une soirée comme celle-là ? Et la ludothèque elle peut contenir un seul jeu au début hein, on n’est pas obligé d’acheter plein de jeux. C’est plus l’idée d’utiliser le jeu de manière récurrente que j’entends dans « ludothèque de tests » et puis elle grandit si on sent le besoin qu’elle grandisse parce qu’il y a une plus-value ! S’il n’y a pas de plus-value c’est juste un moment avec les collègues parmi d’autres mais où on n’utilise pas ce qu’on a vu dans les ateliers aujourd’hui. 

02:34 : Est-ce qu’il y a un jeu avec lequel tu commencerais une ludothèque de test en entreprise pour les équipes ? 

02:40 Éric Decossaux  (Pyxis Belgique) : Aujourd’hui vous avez vu un certain nombre de jeux. Essayez déjà de voir si vous arrivez à reproduire ce que vous avez vu comme comportement avec des gens dans vos équipes pour voir comment ça prend, et si ça ne prend pas : ça peut ne pas prendre parce qu’ils sont pas intéressés, ça peut ne pas prendre parce que vous avez pas encore trouvé le bon tour de main pour le faire… Évitez peut-être le côté « l’annonce officielle où on invite 40 personnes en un coup » Animer pour 40 personnes c’est compliqué. Essayez petit et n’essayez surtout pas de convaincre ceux qui n’ont pas envie d’être convaincus, ne forcez personne à le faire, attendez juste que les résultats arrivent ! 

03:14 : Par rapport à la question « m’évaluer régulièrement », j’ai pu expérimenter aujourd’hui quelque chose que j’ai déjà expérimenté avec les enfants en jouant à certains jeux, c’est que parfois je prends trop le lead où je dirige de trop. Donc avec les enfants je me dis « bon ben je vais les laisser un peu jouer pour expérimenter ». Et dans la première partie de la journée le fait d’avoir proposé de se positionner à l’opposé de l’échelle par rapport à ce qu’on fait habituellement m’a un peu remis dans cette situation là, mais avec des adultes finalement ! Et c’était intéressant de voir la dynamique différente que ça apportait.

03:44 : Ce que je trouve intéressant : moi j’aime beaucoup Hanabi pour le jeu mais l’utilisation aussi avec l’analyse de la conversation et de la non conversation et des ressentis. Et ce que je trouve intéressant avec le jeu, c’est que comme on est complètement déconnecté du travail, de nos compétences, et cetera… J’ai l’impression qu’on a plus de facilité à se remettre en question et à observer tous ses défauts, ses dérivés, ses manies, que de le faire dans le cadre professionnel, c’est à dire « bah oui j’ai tendance à prendre le lead ». Voilà on parlait technique ce matin, je pense que c’est plus compliqué pour quelqu’un de dire « bah oui en fait je m’efface par rapport à telle ou telle problématique, où je prends un lead par rapport à tel ou tel problématique » que dans le jeu parce qu’on est hors cadre professionnel. Donc je trouve que c’est un bon exercice de s’observer de cette façon-là. Et moi je vois assez bien l’utilisation de ce genre de jeu pour des facilitations de discussion, effectivement, et observer les dynamiques de discussion dans une équipe !

04:37 : Moi je trouve que c’est intéressant quand tu dis observer en temps réel. J’avais même envie de dire c’est en temps réel mais c’est en prenant le temps. Ca veut pas être… Pour moi le temps réel ça ne veut pas dire prendre le temps nécessairement. Et donc de pouvoir, en prenant note, c’est vraiment – comme tu l’as proposé – c’est vraiment de forcer l’attention sur ce qui est en train de se passer là maintenant. Que si on avait fait le jeu lièvre, comme tu l’appelles, le matin, en tout cas moi perso je n’aurais pas pu prendre le temps de noter chacun des points et prendre conscience de mon comportement et de tout ce que je me dis, dans mes histoires. Je trouvais ça pertinent et surtout si effectivement mon changement et ma conscience de mon comportement ont un impact sur les autres, bah, autant commencer par-là quoi !

05:20 Michel : On n’est pas ici dans des équipes d’entreprises avec une entreprise unique, on est que des gens mixtes, de société différentes, où d’activités professionnelles différentes… Et moi en tant que gestionnaire pour mon ASBL avec mes collaborateurs. Et bien j’ai appris beaucoup plus encore que si j’avais fait l’exercice en entreprise, donc je pense que parfois sortir de l’entreprise pour faire ce genre d’approche de réflexion permet de faire une meilleure introspection par rapport à soi-même, que si on le fait au sein de l’équipe qu’on connaît déjà. Parce qu’on se rend compte que les comportements automatisés qu’on a, certaines choses sont considérées comme étant acquises. Et ici, avec des gens qu’on connaît moins, on ne peut pas considérer des choses acquises et ça nous force à se dire « mais tiens, si ça avait été mes collègues directs je serais tombé dans le panneau, des choses acquises » et donc c’est pour ça que je pense que c’est une meilleure introspection de jouer et de participer à ce genre de journée. De cette façon dont tu l’apportes aujourd’hui, avec des personnes d’entreprises différentes, avec une mixité différente. 

06:09 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) : Ca me donne envie de répondre sur le côté « les choses acquises ». Je l’entends dans deux directions différentes. Les choses acquises et aussi les choses impossibles, ou qu’on considère comme impossible. Et on se rend compte, quand on fait ça avec des gens qui sont dans d’autres entreprises, il y a des choses qui nous paraîtraient impossible dans la nôtre qui paraissent très, très, naturelles dans les autres. Et ça ouvre en un coup des portes qu’on mettrait un temps fou, d’abord à voir que c’est une porte, et puis après il faut encore trouver la clé hein !

06:33 Michel : C’est très juste !

06:34 : Moi je me pose une question, toujours sur la ludothèque, j’ai l’impression quand même qu’on a vécu quelque chose quand même d’assez questionnant, on est en groupe, il y a une zone de sécurité qui s’est créée par la formation. Et… J’aurais une crainte, ça serait de me dire « en quoi ça pourrait être, un genre de manipulation que de dire : voilà, je lance des jeux au boulot et puis je vous observe ». Parce que moi j’ai appris à m’observer et à co observer et à partager de l’observation. J’ai l’idée que ça serait intéressant que la mise en place de la ludothèque pourrait faire partie… Enfin y aurait peut-être une démarche à faire, pour ne pas dire nécessairement un objectif à remplir, mais dire voilà « il peut se jouer beaucoup de choses ». Il y a quelque chose qui ne me mettrait pas tout à fait à l’aise de le faire en ayant vécu cette journée avec vous aujourd’hui et de ne pas avoir partagé cette journée avec des personnes au boulot et de déployer un projet quoi, voilà. Est-ce que par rapport à ça, il y a des recommandations ou des expériences qui pourraient dire autre chose ?

07:44 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) : Il y a deux réactions qui me viennent en entendant ça. La première c’est qu’évidemment, je peux aussi venir dans une entreprise et donc c’est quelqu’un d’extérieur qui va expliquer quelle est l’intention. Et ça ne risque pas de passer par rapport à la crainte que tu évoquais de « oui mais, c’est quoi l’intention cachée que tu as derrière ? ». Quand c’est quelqu’un de l’extérieur qui vient le faire c’est peut-être plus facile à faire. Et la deuxième c’est de ne pas commencer trop gros et de ne pas vouloir officialiser trop vite. Mais de mettre juste une espèce de petite communauté de pratique en place et de laisser les autres participants aller chercher les suivants plutôt que ce soit une personne centrale qui le fasse.

08:20 Michel : Moi je pense que c’est un peu comme quand on apporte un changement dans une entreprise, il y a toujours une résistance au changement. Ce qui va faire que le changement va être plus facilement accepté ou pas c’est l’intention d’une part, et la manière dont s’est apporté. Donc s’il y a une communication transparente et authentique sur l’attention… Je ne vois vraiment pas pourquoi un collègue prendrait ça comme une agression ou une suspicion de manipulation, ça c’est la première réflexion qui me vient en t’écoutant. Mais je pense que vraiment il faut insister sur l’intention, quel est l’objectif en fait. Et je pense que ça va être une plus-value de dire aux gens « ben sortez de votre zone de confort, échangez avec moi, j’ai envie d’apprendre à mieux vous connaître », c’est peut-être aussi la façon de la porter… Et le fait que tu aies joué avant pour moi n’est pas forcément, c’est une force parce que ça peut te permettre de te mettre en position de guide peut-être ? Mais pas forcément en opposition à quelque chose.

09:06 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) : Pour moi il faut être très, très, attentif au fait qu’il y a des gens qui ne sont pas à l’aise avec le jeu. Ceux qui aiment bien jouer trouve toujours ça bizarre, il y a des gens qui ont déjà du mal à jouer dans le cadre familial. Quand on joue on se dévoile en fait… Si on essaie de forcer des gens à jouer en entreprise le fait de se dévoiler peut vraiment devenir quelque chose de trop fort et il faut accepter qu’ils ne viennent pas. Il ne faut pas essayer de convaincre à tout prix les gens, il faut attendre qu’ils viennent, certains vont venir, d’autres ne vont pas venir, peut-être qu’ils viendront plus tard.

09:33 : C’est effectivement dans cette idée-là que je voulais réagir. En fait ça me fait penser au coaching, c’est quoi l’intention quand quelqu’un se fait coacher, ou c’est quoi l’intention quand un manager demande à un de ses collègues ou de ses employés de se faire coacher ? Tu peux évidemment avoir une méfiance et de te dire « bah oui mon manager veut que je me fasse coacher parce qu’il faut que je sois meilleur, il pense que je ne suis pas bon » enfin, voilà. Tu peux avoir plein d’histoires effectivement qui tournent dans la tête. Mais pour moi c’est le rôle du coach aussi de mettre un cadre de sécurité psychologique, c’est là où tu as la bienveillance aussi, de se dire « mais, qu’est-ce qu’on recherche ? » Est-ce qu’on recherche à travailler sur le développement, le bien-être de la personne ? Ou est-ce qu’il y a des enjeux qui sont liés aux performances de la boîte ou ce genre de choses ? Pour moi il y a le cadre psychologique du coach pour le coaching, ou de l’animateur un peu pour ce genre d’atelier là, et puis de la personne effectivement qui organisé ça au sein de la société.

10:24 : Et donc on revient à ce que tu disais avec : premier niveau, c’est la confiance. Puis le deuxième sont les craintes… Et donc d’aller vérifier où se trouve chacun et où se trouve l’équipe pour savoir si ça marche ou si ça ne marche pas, si je peux, si je ne peux pas aller installer du jeu… Un changement c’est d’abord « c’est quoi l’état dans lequel j’arrive » et puis « où j’ai envie d’arriver aussi avec mon équipe ? »

10:49 : Et je pense que par rapport au fait d’être potentiellement supérieur parce que tu as effectivement déjà vécu quelque chose. Je pense que quand tu vas faire aussi des rétros, des discussions ouvertes avec ton équipe, pour moi le premier point en tant que coach c’est de se mettre à nu en premier. Tu ne vas pas demander à quelqu’un de se mettre à nu si toi tu es tout habillé, si tu ne parles pas de tes propres craintes, de tes propres vulnérabilités. Donc pour moi le cadre psychologique c’est aussi ça, c’est se dire « bah, je ne viens pas vous faire jouer, pour vous améliorer », c’est « je viens nous faire jouer pour que nous nous améliorons en équipe et j’ai mes propres croyances, craintes, interprétations, et cetera, et je vais travailler sur les miennes en même temps que vous allez travailler sur les vôtres » et de se remettre tous ensemble, tous au même niveau et voilà ; qui est de casser ce côté hiérarchie que tu peux avoir quand tu amènes quelque chose…

11:40 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) : J’ai parlé de cet exercice à plusieurs personnes. C’est un exercice qui est relativement fastidieux cet exercice de la colonne de gauche, ou des deux colonnes dont tu parles. C’est long, c’est lent, et donc c’est difficile de s’entraîner comme ça. Et c’est une des prises de conscience et une des idées que j’ai eues en écoutant le bouquin, c’est que quand on joue à un jeu comme celui auquel vous avez joué pour vous exercer à ça, il n’y a pas besoin de noter en fait. Le simple fait d’avoir ce jeu qui est très lent, dans lequel on ne parle pas, où la communication est tellement limitée que le nombre d’actions est très limitée. En fait vous faites ce que vous devriez faire si vous étiez en train d’utiliser cette technique mais en mode karaté Kid là, tu vois, « je le fais mais je ne sais pas que je le fais ». Et petit à petit ça va avoir un impact sur la manière dont tu fonctionnes sans avoir besoin de décortiquer et de comprendre toute la mécanique et de comment je vais utiliser ce que j’ai noté qui m’a pris du temps à noter et cetera. Donc ça sert de source d’inspiration de comment je vais m’observer pendant que je joue à Hanabi mais il n’y a pas forcément besoin de le faire en écrivant quoi. Donc je ne vous conseille pas de faire chaque partie en écrivant ce qui se passe mais juste d’être conscient mentalement que vous le faites « qu’est-ce que je pense, qu’est-ce qui fait » et je compare si c’est bien ça à quoi je m’attendais. Je vais essayer de te donner un autre exemple c’est, puisqu’on parlait de s’observer en temps réel, pendant ta conversation, poses-toi la question « est-ce que je pose des questions à l’autre ? » et si oui, « est-ce que mes questions sont authentiques ou est-ce que c’est juste une question rhétorique qui essaye de manipuler l’autre pour qu’il aille dans la direction où j’ai envie qu’il aille ? » et donc il n’y a pas d’alignement quand on fait ça… Donc prend un des points qu’on observe d’habitude à la fin de l’analyse, prends-en un à la fois et dis-toi « tiens à la prochaine réunion que j’ai, je vais essayer de faire attention à ça ». C’est quoi mes tics ? C’est quoi qui déclenche des mots clés chez moi ? Est-ce que je pose des questions ? Quand je sens un truc désagréable, est-ce que je l’exprime ? Est-ce que je suis capable de me rendre compte qu’en fait je n’ose pas l’exprimer ? Et de prendre juste un point, et en temps réel se dire « je l’ai, je ne l’ai pas »… Tu pourrais, avec ta main en dessous de la table, compter le nombre de questions en ouvrant les doigts – Bon ça ne marche pas bien dans les podcasts quand on ouvre les doigts – Mais voilà, trouver des petits trucs très discrets, juste simplement pour te rendre consciente de ce qui se passe. Et puis voir du coup comment tu t’améliores et qu’est-ce que ça fait sans tomber dans le côté papier, longue conversations.

14:05 Michel : Moi j’ai assisté à beaucoup de formations dans beaucoup d’entreprises et effectivement un constat qui est récurrent et que les managers regrettent et déplorent, et les gens qui investissent dans des formations déplorent souvent, c’est qu’avec le temps s’effiloche la connaissance où ce qui a été vu dans une formation dans une journée. Ce que j’aime bien ton approche c’est qu’en fait, avec le jeu avec des pratiques comme celle-là, il n’y a pas vraiment une matière à retenir, tu as fait une réflexion qui t’est propre et elle va rester plus facilement ancrée dans ton esprit pour te suivre après dans une réflexion au quotidien. Donc c’est ensuite à nous de cultiver cette réflexion et de s’en souvenir et de se dire « bah tiens, j’ai une situation aujourd’hui qui se présente un peu particulière, je vais faire référence à ces moments d’inconfort » qu’on a créé ici pour aussi vous découvrir, pour me dire « ben quelle leçon avais-je tiré, qu’est-ce que je peux encore utiliser dans un cas de figure comme celui-là, » et finalement j’aurais plus facile à retenir une connaissance comme celle-là au niveau de l’agilité, de la remise en question, du fonctionnement d’une équipe, que si on m’avait bassiné pendant une journée de théorie avec des règles… Et qu’en fait finalement, sur le temps, au début je vais retenir 80, puis après quelques mois 60, et puis au bout d’une année 40, et puis l’année prochaine il me restera 30% d’acquis, voire 6% deux ans plus tard. Tandis que quand tu fais un travail personnel de réflexion je pense que ça t’ancre plus fort les raisonnements dans l’esprit. Tu peux peut-être les garder plus longtemps à l’esprit en termes de conscience. C’est qu’une, un feeling personnel bien entendu !

15:24 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) : Moi ce que je trouve pertinent dans la proposition d’utiliser les jeux de cette manière-là, c’est qu’on tombe quelque part entre deux positions qui sont souvent binaires. C’est soit on fait des formations « One shot » on va dire, ça m’est déjà arrivé d’avoir quelqu’un – Plus dans des formations agiles – on propose à quelqu’un de suivre une formation et son manager de dire « bah non il a déjà une formation d’un demi-jour là-dessus il y a 4 non, il ne va pas le refaire » comme si en 1/2 jour on avait tout appris et que 4 ans après on s’en souvenait. Mais évidemment ça a un coût, donc si à chaque fois il faut ramener une personne, un facilitateur pour le faire, c’est un coup. Et ici il y a quelque chose d’un peu entre les deux, je ne sais pas pourquoi, j’ai une image de corde à linge qui me vient à l’esprit, c’est : il y a des piques qui se répètent et puis on tend une corde entre les deux et la corde entre les deux c’est quoi ? Ben c’est l’occasion de jouer entre vous à l’intérieur de l’entreprise. Effectivement si on laisse la ficelle descendre elle va à un moment donné toucher le sol.

16:22 Michel : Et ça, ça ne plaira pas au funambule que tu es et qui a l’habitude de marcher sur les cordes 

16:25 Éric Decossaux (Pyxis Belgique) : Voilà, si elles sont trop molles ça ne va pas non plus. Mais voilà, donc oui, peut-être faire venir un facilitateur régulièrement pour relancer, avoir d’autres perspectives, en fonction de ce qui se passe. Ça pourrait être un coup intermédiaire mais avec ce côté récurrent et on progresse, et pas : on pense qu’en apprenant les choses une fois c’est bon, c’est acquis pour la vie. On n’est pas encore dans Matrix où il suffit de remettre la carte mémoire avec toutes les compétences.

16:49 Michel : Merci Éric alors pour nous quitter et rapidement, un petit mot-clé pour résumer la journée, ton prénom ?

16:54 Joffrey : Joffrey

16:55 Michel : Joffrey, ton mot clé ce serait ?

16:56 Joffrey : La convivialité (Michel : Je te rejoins assez bien)

16:59 Michel : Ton prénom ?

17:00 Denis : Denis (Michel : Denis)

17:01 Michel : Est-ce que tu as un mot clé pour résumer ta journée ? Et ça peut être fait avec le rire parce que je sais que tu avais envie de rire – Rires de Denis.

17:06 Denis : Enrichissant, ouais, très enrichissant. Avec différents jeux, différentes situations, et voilà.

17:11 Michel : Je vais te demander de te présenter…

17:13 Mirabelle : Mirabelle

17:14 Michel : Alors Mirabelle, ton mot clé ? Ton mot pour résumer cette journée ce serait lequel ?

17:18 Mirabelle : J’en ai deux : ressourçant et questionnant

17:21 Michel : Questionnant j’aime bien, je suis assez d’accord aussi. Alors je vois une charmante personne venir vers moi, je vais lui demander son prénom.

17:27 Julie : Julie 

17:28 Michel : Alors Julie, on a bien rigolé ensemble aujourd’hui, on était proche l’un de l’autre. Et je vais te demander pour cette journée de me résumer, avec un mot-clef, ton impression, ton sentiment, ton vécu.

17:36 Julie : Alors d’abord je dirais un « consentementromis » donc un mélange de compromis, de consensus et de consentement tout en même temps (Michel : J’adore). Plus sérieusement je dirais vraiment ; ben ludique je ne peux pas passer à côté évidemment… Et c’est percutant. Et j’ai envie d’ajouter le mélange de conscience et confiance.

18:00 Michel : Nous étions donc pour cette journée à Digital Station qu’on remercie pour leur accueil ainsi que Bernard Hansen qui est un incontournable des lieux, qu’on remercie également pour sa contribution et sa participation. Merci Éric Decausseaux et félicitations ! – Applaudissement des participants. 

18:14 Jingle Outro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

18:19 Michel : Ce projet podcast est une initiative de l’ASBL The Podcast Factory Org avec le sponsor de transforma bxl, innovation playground, et vous retrouver tous les épisodes sur le site what’s your story.be

Vous avez apprécié ce podcast ? Abonnez-vous !

👉 Retrouvez ce podcast sur votre plateforme d’écoute favorite, il ne s’y trouve pas ?

Informez-nous et nous prendrons le temps de faire le nécessaire.

Tous nos podcast hrmeetup.©

Play

#PodiBUZ, la marque éditoriale de The Podcast Factory Org ASBL-VZW.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.