Les modes d’extraction : Julie Bernard

Julie Bernard – Les modes d’extraction. Midoricast : Podcast #142.
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Nous retrouvons Julie pour ce nouvel épisode de notre rubrique l' »Antre 2 Herbes« . Elle nous parle cette fois des modes d’extractions des plantes : ce que l’on appelle les formes galéniques
C’est très bien de savoir quelle plante utiliser pourquoi. Mais comment? Faisons aujourd’hui le point sur les modes d’extraction des plantes, ce que l’on appelle les formes galéniques.
- Tisane ?
- Infusion ?
- Décoction ?
- Macération ?
- Huiles essentielles ?
Comment savoir quel est le mode d’extraction le plus adaptée aux effets recherchés ?
Ce podcast vous aidera à y voir un peu plus clair.
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Texte: Julie Bernard
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Un nouvel épisode de notre rubrique L’Antre 2 Herbes. Julie Bernard nous rejoint, enregistre quelques capsules d’un maximum de 10 à 15 minutes et vous propose trucs et astuces naturels pour votre quotidien. Des moyens pratiques pour consommer responsable, durablement, de préserver au mieux votre santé, de vivre d’une manière plus saine et au final de même faire de sérieuses économies..
Si un passage en particulier vous intéresse nous vous proposons un séquençage de l’épisode ci-dessous.
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Séquençage du podcast « Les modes d’extraction »:
- 00:15 Introduction
- 00:31 Les formes galéniques, pourquoi ?
- 01:54 Qui s’appliquent à toutes les plantes ?
- 02:03 Les modes d’extraction : les tisanes Vs infusions. L’infusion est une sorte de tisane, la tisane n’est pas toujours une infusion !
- 03:36 Pourquoi on couvre les modes d’extractions
- 04:20 Combien de temps ça conserve des plantes séchées ?
- 04:36 Les modes d’extraction : la décoction
- 05:55 Les modes d’extraction : la macération
- 06:37 Le froid joue un rôle ?
- 06:56 Les modes d’extraction : le cryobroyage
- 07:42 Mais pourquoi est-ce qu’on recourt au cryobroyage ?
- 08:05 L’exemple de l’artichaut
- 08:55 Des gélules : nocives pour le foie ?
- 09:44 Les modes d’extraction : les préparations hydroalcooliques
- 10:54 Les modes d’extraction : le macérât glycériné
- 11:14 En gemmothérapie
- 11:49 Les modes d’extraction : extraits fluides, extraits secs
- 12:38 Les modes d’extraction : extraits lipidiques
- 13:20 Les modes d’extraction : par le vin
- 13:54 Les modes d’extraction : les huiles essentielles
- 14:18 Hydrolats et huiles essentielles
- 14:54 Attention à la nuance entre les deux! On n’utilise JAMAIS une huile essentielle sans connaître parfaitement ses indications et contre-indications
- 15:12 Et le danger avec l’hydrolat ?
- 15:50 Les modes d’extraction : les sirops
- 16:49 Les modes d’extraction : les baumes
- 17:28 Les modes d’extraction : les crèmes
- 18:33 Les modes d’extraction : les gels
- 18:48 Les modes d’extraction : les pommades
- 18:59 Les modes d’extraction : les cataplasmes
- 19:41 Clôture du podcast
Le transcript du podcast « Les modes d’extraction » :
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00:00 Michel : Ce projet podcast est un projet créé par l’ASBL « The Podcasts Factory Org » avec le sponsor de transforma bxl, espace de coworking & innovation playground.
00:10 Jingle intro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».
00:15 Michel : Bienvenue Julie Bernard pour une nouvelle rubrique l’Antre 2 herbes ! Aujourd’hui on va faire un petit bilan de plusieurs méthodes pour travailler les plantes, on peut dire ça comme ça ?
00:25 Julie Bernard : Oui on peut dire ça comme ça, effectivement.
00:27 Michel : Voilà. Alors ça, ce sera le sujet de ce podcast, on va revenir aux sources, aux bases finalement ?
00:31 Julie Bernard : On appelle ça les formes galéniques en langage herboriste. En réalité ce sont vraiment les formes d’utilisation des différentes plantes et je pense que c’est intéressant de faire un petit point sur ce qui existe, et comment on fait en fait pour faire ça dans les règles de l’art !
00:44 Michel : Pourquoi est-ce que tu sens qu’il y a un besoin de rappeler certaines façons de faire, ou les règles de l’art comme tu dis ? Parce que tu as constaté quand même (Julie Bernard : Oui) dans tes ateliers quand même des choses qui sont un peu aberrantes ?
00:53 Julie Bernard : Non je pense que c’est simplement quand on débute avec l’utilisation des plantes c’est un peu difficile de s’y retrouver parce que (Michel : Entre les noms latins, tout ce qu’il faut retenir, et reconnaître des plantes en plus… Rires). Oui mais surtout on voit « Ah pour telle pathologie, tel plante est intéressante » mais comment on l’utilise ? (Michel : Ah oui comme ça) Comment on utilise la plante ? Donc ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver, on trouve un peu tout et son contraire quand on effectue des recherches sur internet. Et ce qui est important c’est de savoir : il y a des formes d’utilisation qui sont vraiment intéressantes pour tirer le meilleur parti des plantes (Michel : Et qui sont spécifiques) et qui sont spécifiés en fonction de – là je vais parler un petit peu, un petit peu en langage plus scientifique – mais pour pouvoir extraire les molécules qu’on recherche dans les plantes. C’est important d’utiliser la forme adéquate pour arriver à extraire la bonne molécule qui est à la bonne propriété en fait (Michel : Oui). Parce que si on utilise par exemple une plante qui a une molécule qui est soluble dans l’eau et qui est intéressante comme propriété, mais qu’on l’a fait macérer dans l’huile, ça ne va pas marcher (Michel : Ça ne sert à rien). On ne va pas avoir la molécule dans l’huile alors qu’on a besoin de cette molécule-là. Donc c’est vraiment pour ça que je pense que c’est important de refaire un petit topo sur ce qui existe !
01:54 Michel : Donc des règles générales qui s’appliquent pratiquement toutes les plantes alors ?
01:57 Julie Bernard : Oui là c’est simplement un rappel des différentes formes et comment on la fait en fait, tout simplement.
02:00 Michel : Parfait, c’est bien compris, alors on se lance dans l’aventure avec toi.
02:03 Julie Bernard : Je vais d’abord vous parler de la plus répandue et de la plus connue, c’est (Michel : La tisane, ouais!) la tisane, exactement. Le principe de la tisane c’est qu’on va utiliser, on va extraire les principes actifs à l’aide de l’eau et dans les tisanes (Michel : De l’eau chaude de préférence) alors là tu vas trop vite déjà (Michel : Déjà ?). Dans la tisane, il y a différentes sortes de tisanes. Dans la tisane on a l’infusion. Et c’est là qu’il y a une confusion souvent : l’infusion est une sorte de tisane, la tisane n’est pas toujours une infusion tu comprends la différence ? (Michel : Alors explique-moi la différence entre les deux). Donc là tisane c’est, la définition, c’est simplement le fait d’utiliser de l’eau pour extraire les principes actifs. (Michel : Point barre, chaude, froide, quelle que soit sa température) point barre. Dans les tisanes on a : l’infusion, la décoction et la macération. Et là, c’est trois techniques différentes. L’infusion, la plus connue en fait, qu’on appelle souvent tisane, c’est le principe de verser de l’eau qu’on a portée à ébullition – donc le temps qu’on la prenne en fait elle a déjà quitté sa température de 100° hein, parce que 100° c’est un petit peu trop chaud mais si on l’a portée à ébullition et puis qu’après on la prend pour la verser sur les plantes, ça c’est la bonne température – et le plus souvent sur des plantes séchées, ça c’est vraiment l’infusion. Alors ce que les gens ne savent pas c’est, et souvent ils ne le savent pas, c’est qu’une infusion on doit la laisser infuser un certain temps : normalement c’est 10 à 15 min.
03:17 Michel : Ah ouais quand même !
03:18 Julie Bernard : Oui. Et surtout…
03:19 Michel : Ok, en fait les infusions que j’ai prises n’ont jamais servi à rien finalement ? C’est pour ça que ça ne marche pas bien – Rires
03:22 Julie Bernard : Ça n’a pas le temps, ça n’a pas le temps d’extraire les principes actifs (Michel : Ouai, ça marche sans plus quoi !) et surtout, surtout ce qui est important, c’est qu’il faut couvrir pendant le temps d’infusion !
03:31 Michel : Bon ben tu viens de me démontrer par deux réponses pratico-pratiques qu’en fait je suis sensible aux effets placebos !
03:36 Julie Bernard : Ca doit être ça. Alors, tu as quand même des molécules mais pas suffisamment en fait ! Et pourquoi on couvre ? Parce que les principes aromatiques sont volatiles.
03:43 Michel : Et ils retombent dans l’eau quand on couvre.
03:44 Julie Bernard : Et si on couvre là il reste bien dans le récipient dans lequel on fait la tisane (Michel : Physique élémentaire mon cher Watson) Rires. Alors ça reste, l’infusion, la technique la plus facile pour extraire les principes actifs. Parce que c’est celle où on utilise des plantes séchées qui sont faciles d’utilisation, facile d’achat, pas trop cher, facile de conservation. Et en fait le fait d’utiliser de l’eau qu’on a porté à ébullition, on va extraire les molécules qui sont celles dans l’eau. Mais aussi quelques molécules qui seraient solubles dans d’autres solvants, les molécules vont un peu éclater grâce à la chaleur et donc on les retrouve dans l’infusion. Et c’est pour ça que c’est le plus utilisé et le plus facile en fait d’utilisation !
04:20 Michel : Combien de temps ça conserve des plantes séchées ?
04:22 Julie Bernard : En général tu peux aller de un à deux ans selon les différentes plantes.
04:26 Michel : Donc si je retrouve des plantes séchées y a 15 ans, il ne vaut mieux pas les boires…
04:28 Julie Bernard : Elles ne vont plus avoir beaucoup de goût. Alors elles ne vont pas être mauvaises, mais elles auront perdu beaucoup de leur intérêt : c’est surtout ça. La deuxième méthode qu’on a, c’est la décoction. La décoction, on va l’utiliser en fait quand on a des écorces ou des racines dans lesquelles on va aller chercher des principes actifs. Parce qu’en fait, les principes sont un peu plus compliqués à aller chercher, une simple infusion ne suffit pas. La décoction c’est quoi : on met dans une casserole les plantes, racines et écorces et l’eau froide.
04:54 Michel : Elles ont été lavées avant ?
04:55 Julie Bernard : Tu les achètes sèches hein ! Donc c’est vraiment (Michel : Ah oui) ce sont les plantes séchées que tu vas acheter en herboristerie, mais dans ce cas-là, ce sont des racines, des écorces, des bois, qui sont un peu plus durs que des feuilles ou des fleurs. Tu mets dans l’eau froide, dans une casserole, et tu fais chauffer les deux ensembles (Michel : Ahhh) jusqu’à (Michel : Donc le fait que la température accompagne la plante…) exactement. Donc tu vas pouvoir extraire plus de principes actifs. On porte à ébullition, on laisse bouillonner un tout petit peu, puis on coupe et on laisse encore infuser pendant une dizaine de minutes, 5 à 10 min selon les plantes, et puis après seulement on filtre et on utilise, ça c’est la décoction. Par exemple, si on utilise la racine de guimauve, qui est une plante qu’on utilise beaucoup en herboristerie pour son côté apaisant et protecteur. Par exemple souvent dans les sirops pour la toux où on va la retrouver. Mais ça c’est une plante que, typiquement, on va utiliser en décoction (Michel : Ok). Et donc évidemment le temps où on laisse infuser après avoir porté à ébullition : on couvre, même principe que pour l’infusion.
05:49 Michel : Pour l’infusion c’était pareil c’est la même logique on garde les éléments et les molécules actives (Julie : Exactement) on leur évite l’évaporation.
05:55 Julie Bernard : La troisième méthode avec l’eau, c’est la macération, et là on reste sur du froid. On met les plantes à macérer dans de l’eau froide et là, selon la plante, la macération peut durer 2, 3h à 24h (Michel :Ah pas des semaines non plus), non pas des semaines, dans l’eau certainement pas. Pourquoi ? Parce que l’eau n’est pas stable, et donc c’est ça que je voulais surtout dire aussi (Michel : Puis ça risque d’attirer des parasites et des choses comme ça ?) c’est ça. Donc ces trois principes, ces trois méthodes qui sont à base d’eau, ne se conservent pas. Le produit ne se conserve pas. Ce sont des choses qu’on va consommer tout de suite. Donc les tisanes, infusion, macération, décoction, sont des choses qu’on va consommer tout de suite. Donc tu vois, toutes les infusions sont des tisanes, mais toutes les tisanes ne sont pas des infusions.
06:37 Michel : J’ai vu aussi des gens, pour des macérations, les mettre au frigo : le froid joue un rôle ?
06:41 Julie Bernard : Bah moi je pense, enfin je ne le ferai pas pour des raisons médicinales, peut-être qu’ils le font pour d’autres raisons, je ne sais pas. Mais en tout cas pour des raisons médicinales, non le froid n’apporte pas spécialement quelque chose. La température ambiante oui, mais le froid pas spécialement non.
06:53 Michel : Donc ça ne sert à rien de mettre dans le frigo (Julie : Non) comme ça c’est clair.
06:56 Julie Bernard : Qu’est-ce qu’on a encore comme forme d’utilisation des plantes, on retrouve souvent dans les herboristeries des poudres ou des gélules de poudre. Et là en fait il y a différentes méthodes, soit on va faire sécher la plante et puis la réduire en poudre, soit on utilise ce qu’on appelle le cryobroyage. Le cryobroyage c’est quoi ? En fait, en très synthétique, on va congeler très vite, très fort, à l’aide de l’azote, on va casser. Ça permet d’obtenir une poudre beaucoup plus fine en fait. Et il n’y a plus de traces d’azote après dedans, donc il n’y a aucun souci c’est un procédé qui ne laisse aucune trace dans les poudres. Et donc c’est aussi une forme qui est relativement utilisée mais c’est vrai que la poudre de plantes reste un produit fragile, qui n’est pas très stable dans le temps non plus, et donc qui ne va pas pouvoir s’utiliser pendant des mois et des mois quoi !
07:42 Michel : Mais pourquoi est-ce qu’on recours à ça alors ? C’était quoi l’idée au départ ?
07:44 Julie Bernard : Ca permet de faire des gélules, des comprimés, ce genre de choses-là…(Michel :D’accord) donc un une autre utilisation de la plante plutôt que la tisane (Michel : Qui va se diffuser directement dans l’estomac alors ?) oui. Et parfois les… (Michel : Mais du coup avec des proportions plus grandes alors ?) Alors ça dépend un petit peu des concentrations utilisées par les différents laboratoires, parce que souvent c’est fait par des laboratoires. Mais par exemple ça à un intérêt pour une plante comme l’artichaut. L’artichaut est très intéressant au niveau du foie, de la vésicule biliaire, et cetera mais infâme à prendre en tisane. Le goût est juste impossible, c’est tellement amer, que même quelqu’un qui aime l’amertume comme moi, je ne peux pas avaler une tisane d’artichauts. Et donc c’est typiquement le genre de plantes qu’on va utiliser en gélules, en comprimés, desquels on va obtenir des poudres, par exemple, c’est beaucoup plus facile d’utilisation.
08:28 Michel : Quand tu faisais le podcast sur une désintoxe du foie, est-ce que l’artichaut n’avait pas déjà été cité ? (Julie : C’est très possible, oui. Oui parce que c’est une…) mais on avait beaucoup focalisé sur le citron (Julie : Oui). Le citron à jeun, le matin (Julie : Tout à fait) avec de l’eau tiède.
08:38 Julie Bernard : Mais l’artichaut est une plante très intéressante pour le foie, tout comme le pissenlit, le radis noir, le desmodium, enfin il y en a…(Michel : …) plein, plein, plein, mais souvent ce sont des gélules qui sont très dosées. Et ce sont des labos qui font ce genre de choses parce que toutes ces plantes contiennent en fait des principes amers, qui sont les principes actifs intéressants pour ce genre de propriétés.
08:55 Michel : Alors je me pose une question, tu vas peut-être me dire « c’est une question bête », mais souvent – moi je me rappelle, quand je suivais des cours de nursing, il y avait une prof qui nous expliquait qu’en fait – les médicaments en gélules sont faits aussi avec des produits additifs pour créer la gélule et que c’est le foie qui éliminé ça. Je vais guérir mon foie, mais…. On utilise une gélule qui va peut-être faire un peu de mal à mon foie aussi !
09:12 Julie Bernard : Ca c’est dans l’industrie pharmaceutique. En soins naturels on va utiliser souvent des gélules qui sont déjà elles-mêmes en produits végétaux. Souvent on a une base d’Agar-agar ou d’autres algues (Michel : Voilà) qui vont former la capsule et dedans on ne met que des plantes en fait. On n’a pas d’autre base dans la gélule, contrairement à l’industrie pharmaceutique qui utilise des bases pour mettre les molécules dedans. Après certains labos naturels sont vendus en pharmacie aussi hein ! On en trouve certains, maintenant il faut se renseigner un petit peu sur les labos qui font du naturel, ou pas. Il y en a quelques-uns en Belgique qui font du naturel (Michel : Mais soyez attentif à cet aspect) oui c’est ça (Michel : Parce que sinon c’est un petit paradoxe quoi) exactement. Une autre forme qu’on va trouver souvent dans les magasins c’est ce qu’on appelle les préparations hydroalcooliques. On a les teintures, teinture mère, alcoolature, et cetera, les grands principes c’est quoi ? C’est que pour la teinture on va utiliser l’alcool, et des plantes sèches, pour obtenir un produit qui extrait les principes actifs mais donc ça contient de l’alcool. Donc contre-indiqué à toutes les personnes pour qui l’alcool est contre-indiqué. On va penser aux alcooliques, on va penser aux épileptiques, on va penser aux schizophrènes aussi. Et les personnes qui, pour des questions de conviction religieuses ou pas, ne consomment pas d’alcool. Donc toutes ces personnes-là ne peuvent pas utiliser les teintures mères et les alcoolatures. Teinture, teinture-mère, on est vraiment sur le principe de l’utilisation de l’alcool et de la plante sèche. Et ce qu’on appelle des alcoolatures en fait c’est simplement qu’on utilise la plante fraîche au lieu de la plante sèche, donc on reste dans les mêmes formes en fait. Teintures, alcoolature, c’est un peu kif-kif. Et on fait des macérations à froid ! Et ça c’est important, on ne va pas chauffer l’alcool et les plantes pour obtenir les principes actifs (Michel : On ne va pas flamber le truc) non ! (Rires) ça c’est juste pour ton petit shoot d’alcool (Michel : Pour les crêpes) voilà c’est ça (Rires). (Michel : Les crêpes aux lierres, rampants). Une autre forme qu’on va trouver beaucoup, mais ça j’en ai déjà un petit peu parlé, qu’on utilise en gemmothérapie c’est ce qu’on appelle le macérat glycériné. En fait c’est simplement le principe de faire macérer, alors dans ce cas-ci des bourgeons, dans un – on appelle ça un solvant mais donc ça veut dire – liquide de base, qui contient en fait de l’eau, de l’alcool, et de la glycérine. Alors dans le cas de la gemmothérapie c’est 1/3 de chaque, et donc on fait macérer les bourgeons dans ce liquide-là. La seule nuance à savoir pour la gemmothérapie, mais je pense que j’avais déjà fait dans un podcast précédent la différence, c’est qu’il y a deux écoles en gemmothérapie. En Belgique, et ça commence à se répandre un petit peu ailleurs aussi, on macère dans les 3 solvants, 1/3 de chaque. En France, pendant tout un temps, dans la pharmacopée française, on masserait dans de l’alcool et de la glycérine et puis on diluait avec de l’eau. Donc on n’obtient pas exactement les mêmes principes actifs. On se rend compte que c’est vraiment intéressant d’avoir les trois comme solvant et donc ça se répand de plus en plus cette méthode-là. Alors on va trouver tous des termes un peu plus compliqués comme des extraits fluides, des extraits secs, en fait ce sont souvent des préparations qui sont obtenues à base du végétal qu’on réduit, qu’on va réduire en poudre, on rajoute souvent un passage dans l’alcool et donc on va obtenir ce qu’on appelle des extraits, des extraits de plantes, là il y a différentes choses, différents procédés, qui sont appliqués à la plante. Et là on obtient des produits qui sont un peu plus complexes, mais qu’on va trouver aussi dans certaines préparations. Alors souvent, ce sont des préparations qui font partie d’autres recettes (Michel : D’accord), ce ne sont pas des choses qu’on va trouver telles quelles dans une herboristerie, là on est moins là-dessus.
12:27 Michel : J’ai l’impression qu’on peut mettre cet épisode en parallèle avec l’épisode où tu fais la différence entre les hydrolats… (Julie : Ben je vais entre-autres parler des hydrolats). Ah ben voilà on y arrive donc (Julie : Parce que c’est un mode…) tu vois la petite référence… (Julie : C’est un mode d’extraction des principes actifs).
12:38 Julie Bernard : Alors on va aussi avoir tout ce qui est extrait lipidique, alors là c’est le principe (Michel :Les graisses) d’obtenir à partir, effectivement, d’huiles. Donc c’est souvent des macérations huileuses, alors attention aussi : pas de chauffe de la macération ! (Michel : Mais non évidemment) sinon on va altérer beaucoup, que ce soit dans l’huile ou dans la plante, on va altérer beaucoup de principes actifs, on ne peut jamais monter au-delà de 37°. C’est vraiment le maximum du maximum. Ce qui est intéressant c’est que ça se conserve quand même de 12 à 18 mois donc c’est quand même pas mal, et là on va avoir tous les principes qui sont dits liposolubles. Donc solubles dans l’huile, et donc ce sont des produits qu’on va utiliser beaucoup en interne, en externe, pour différentes recettes, pour différentes choses, mais c’est assez courant aussi. On a aussi des méthodes d’extraction par le vin, et ça ce sont des choses qu’on voyait beaucoup, qu’on voit beaucoup dans les vieux livres d’herboristerie. On fait des vins médicinaux et là c’est aussi quelque chose, en fait le principe c’est que c’est un extrait hydroalcoolique en fait ! C’est un peu (Michel : C’est le vin chaud d’hiver quoi, le marché de Noël) Ou même pas ça parce que ce n’est pas chauffé, justement, c’est aussi un petit peu l’alcool qui va aider à tirer les principes actifs des plantes. Donc ça c’est des choses qu’on trouve beaucoup dans les écrits, qu’on trouve moins dans les herboristeries maintenant parce qu’on a d’autres principes, d’autres modes d’extraction des principes actifs, c’est quelque chose qu’on va retrouver beaucoup dans les écrits. On a les huiles essentielles qui sont – donc il faut bien l’avoir en tête parce qu’il y a souvent des mélanges – l’huile essentielle n’est pas un morceau de la plante ! L’huile essentielle est un mode d’extraction de la plante, donc c’est une des méthodes par laquelle on va aller chercher dans la plante des principes actifs.
14:10 Michel : Voilà tu l’avait bien expliqué dans le fameux épisode « différence entre les huiles essentielles (Julie : Tout à fait) et hydrolat » (Julie : C’est ça) Qu’on invite à aller ré écouter mais on va quand même faire un petit rappel hein ?
14:17 Julie Bernard : Oui, mais donc c’est ça : l’hydrolat et l’huile essentielle sont obtenus au même moment, en fait, de l’extraction. Le principe c’est quoi ? C’est qu’on va utiliser des plantes qu’on récolte, et on va faire ça au moment de la récolte donc au plus frais possible de la plante, on va les mettre dans un distillateur, la vapeur va passer à travers les plantes et emmener toutes les molécules aromatiques. Cette vapeur est ensuite refroidie et va atterrir dans un récipient dans lequel deux liquides vont se superposer. On a en dessous le produit qui est plutôt comme de l’eau qui est d’hydrolat en fait, et au-dessus va flotter sur cette hydrolat l’huile essentielle qui est de nature huileuse. Grande nuance à faire entre les deux : l’huile essentielle est hyper concentrée ! A utiliser avec un milliard de précautions et on n’utilise jamais une huile essentielle sans connaître parfaitement ses indications et contre-indications.
15:07 Michel : C’est d’ailleurs ce podcast-là qui nous avait amené à faire une clause d’avertissement (Julie :Tout à fait) spécifique sur notre site !
15:12 Julie Bernard : Oui parce que c’est très, très, important. L’aromathérapie, on ne fait pas l’apprenti sorcier, il y a beaucoup de dangers là derrière, il faut faire ça correctement ! L’hydrolat est quelque chose de beaucoup plus doux, beaucoup plus léger, qui va avoir beaucoup moins de concentration et dans laquelle (Michel : Mais ce qui n’enlève pas les risques non plus), alors il y a beaucoup moins de risques. L’hydrolat c’est un produit qui contient très, très, peu de contre-indications. On n’est pas du tout sur le même produit en fait (Michel : D’accord). Et c’est là que la grande nuance est à affaire c’est que l’hydrolat et l’huile essentielle ne s’utilisent pas de la même manière, ni pour les mêmes indications, de par la composition même de l’eau et de l’huile : on n’est pas sur le même type de molécules (Michel : Et puis par la concentration comme tu l’as dit), voilà (Michel : Ok), tout à fait (Michel : Super). Alors un autre mode qu’on voit souvent sont les sirops. Alors le sirop le principe c’est quoi ? C’est de l’eau et du sucre… alors déjà s’il n’y a pas de sucre, ce n’est pas un sirop : ça il faut le savoir. Donc les sirops sans sucre ce ne sont pas des sirops, la définition même d’un sirop c’est qu’on va extraire avec la partie – avec l’eau en fait – on va aller extraire les principes actifs de manière très concentrée. Et on va aider à la conservation en utilisant comme base le sucre qui va transformer cet extrait très concentré en sirop, et donc ça permet des choses très intéressantes comme les sirops contre la toux ou les sirops apaisants au niveau ORL. J’ai une espèce de sirop maison comme ça que j’utilise, les enfants l’adorent parce qu’en plus il est bon, et je l’ai composé vraiment pour pouvoir à la fois dégager les voies respiratoires, travailler sur la toux, l’apaisement, et cetera et donc c’est un sirop un peu « tout terrain » qu’on utilise à la maison quoi !
16:37 Michel : J’aime bien, le sirop tout terrain « 4*4 » – Rires (Julie : Oui)
16:40 Julie Bernard : Mais mes enfants m’en ont encore demandé ce matin : « maman on peut avoir du sirop ? » (Michel : Le sirop magique qui guérit de tout – Rires) le sirop de Julie la sorcière – Rires (Michel :C’est sympa). Alors qu’est-ce qu’on va encore trouver ? On va trouver des baumes. Les baumes c’est quoi ? Ce sont des produits plutôt à base de corps gras, de cire d’abeilles (Michel : Oui), dans lesquelles on pourra pouvoir intégrer parfois des huiles essentielles, en doses très petites, pour des objectifs thérapeutiques bien précis. On va avoir un baume respiratoire par exemple qu’on va pouvoir appliquer sur le thorax pour dégager les voies respiratoires, on peut avoir un baume articulaire avec des choses pour apaiser les articulations qui sont endolories, ou des rhumatismes et cetera et cetera. Donc il y a différents types d’utilisations, principalement en externe un baume hein ! On ne va pas l’utiliser en interne…
17:25 Michel : Alors Julie est-ce qu’on a fait le tour de toutes les solutions possibles : non !
17:28 Julie Bernard : Alors quelques petites autres encore, on a ce qu’on appelle les crèmes. Les crèmes c’est quoi le prince ? C’est une émulsion. Un peu comme une mayonnaise, donc on va en fait forcer la prise entre de l’eau et de l’huile quelque part. Donc un produit aqueux et un produit huileux, à l’aide de ce qu’on appelle un émulsifiant, qui va permettre en fait – alors là c’est un peu technique hein ce que je vais vous dire – mais la suspension des molécules d’huile dans l’eau, donc ce qui va permettre le mélange en fait. Et c’est exactement comme mayonnaise : dans la mayonnaise on a le blanc d’œuf qui est aqueux, on a l’huile et on a dans le jaune d’œuf de la lécithine qui est un émulsifiant et qui permet la prise de la mayonnaise en fait.
18:08 Michel : Alors on apprend ça à l’école normalement, (Julie : Oui) en secondaire.
18:10 Julie Bernard : Ben on apprenait… On est trop vieux, on apprend plus ça à l’école – Rires – C’est fini – Rires. Et donc c’est ça, on fait croire qu’une mayonnaise est compliquée, moi je fais ma mayonnaise maison depuis 15 ans, je n’ai plus jamais acheté une mayonnaise de ma vie, c’est facile à faire ! Une crème aussi en fait, c’est super facile à faire, mais bon venez à mes ateliers ; je vous montrerai.
18:28 Michel : Mais voilà c’est ce que j’allais dire, et ça va être l’occasion, à moins que tu as encore quelque chose à présenter ? (Julie : Encore quelques petites choses, on a aussi…)
18:33 Julie Bernard : Tout ce qui est gel (Michel : Oui). Donc là on est plus sur des choses avec de la phase aqueuse qui est épaissie avec des gommes. On a de la gomme Guar, de la gomme Xanthane, la gomme… Enfin il y en a différentes. Donc là c’est plutôt la texture gel (Michel : Mais c’est aussi des choses qu’on peut faire soi-même ?), ce sont des choses qu’on peut faire soi-même. Et alors on a les pommades qui sont, je dirais, entre le baume et la crème. Un peu plus épais qu’une crème mais qui contient de la phase aqueuse contrairement aux baumes qui ne contient que des corps gras, donc ça c’est la grande différence entre les deux. Sinon vous allez entendre parler de cataplasme. Là les cataplasmes, voilà, c’est souvent à base d’argile, on va faire une couche sur la peau avec parfois des plantes, parfois d’autres produits. Ça peut être intéressant dans certaines choses, on va avoir (Michel : J’ai l’impression que c’est de moins en moins utilisé) ça dépend. Ca dépend un petit peu pourquoi ! Par exemple sur des problèmes articulaires il y a des choses intéressantes à faire avec les cataplasmes (Michel : D’accord) sur tout ce qui est cicatrisation aussi, on va pouvoir utiliser des cataplasmes au miel. On utilise ça d’ailleurs maintenant dans plusieurs hôpitaux pour soigner les brûlures, les escarres, et cetera. On fait des cataplasmes à base de miel et principalement du miel de thym, parce que le miel de thym contient plus de tanin et les tanins sont astringents, ils resserrent, ils aident à la cicatrisation, voilà.
19:41 Michel : Tu l’avais déjà dit, super. Alors puisqu’on parlait de choses à faire soi-même, on va quand même rappeler aux auditeurs que ton site internet c’est l’Antre 2 Herbes.be (Julie : Oui) et qu’on peut te contacter pour de la guidance, des ateliers privatifs, du conseil (Julie : Des consultations), des consultations… Donc je crois qu’on a fait le tour et tu es très ouverte au partage comme on l’entend ici donc voilà c’est que du bonheur ! (Julie : Je suis passionnée, si je commence…) le bonheur d’apprendre avec une passionnée, voilà (Julie : Si je commence à parler, je ne m’arrête plus ! Rires communs). Bon c’est un compliment que tu me dis que tu es passionné, parce que tu as vu : j’ai mis sur mon LinkedIn « moi je suis chasseur de patients » tu vois, donc on est en plein dedans (Julie : Parfait)! Ok, super. Alors chers auditeurs, si vous avez envie de parler d’initiative positive que vous prenez pour l’environnement et la transition, des trucs et astuces, un débat que vous voulez lancer, d’un coup de gueule, que vous voulez militer, et bien sachez que ce micro vous est offert sans aucun problème. Il n’est pas réservé qu’aux rubriques de nos partenaires, il est aussi préservé aux citoyens qui veulent parler de leur initiative, de leur intérêt et de leur préoccupation pour l’environnement, voilà. On vous attend, envoyez-nous un mail et vous serez les bienvenus, à très bientôt pour de prochaines aventures podcasts et notamment avec Julie !
20:45 Julie Bernard : A bientôt (Michel : Tchao)
20:46 Jingle Outro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».
20:51 Michel : Ce projet podcast est un projet créé par l’ASBL « The Podcasts Factory Org » avec le sponsor de transforma bxl, espace de coworking & innovation playground.
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