Une école de « ouf » : « Podcasthon »

Une école de

Une école de « ouf » (Out Of The Box): « Podcasthon » – Épisode Bonus #110 What’s Your Story 

Laissez un message vocal pour Diane ou Gaïa, en réaction à ce podcast Une école de « Ouf », c’est via notre répondeur Vodio.fr : un outil proposé gratuitement et généreusement aux podcasteur.ice.s par l’association BadGeek!

Et dans le cas présent les jeunes de l’école sont invités à laisser leurs messages que nous transmettrons ! Bien que Diane veuille leur donner la parole, nous avons privilégié cette solution qui permet aux jeunes de garder leur anonymat. Les messages seront transférés en privé. S’ils souhaitent les rendre publics, les témoignages seront ajoutés en lien dans l’article.

Dans cet épisode bonus qui rentre dans le cadre du Podcasthon, un évènement organisé par Altruwe et qui comptabilise plus de 200 podcasteur.ice.s depuis cet enregistrement, nous avons choisi de mettre en avant l’atelier pédagogique « Out Of The Box » et nous vous invitons à faire un don à cette initiative privée qui réunit, depuis l’automne 2015, des jeunes pour lesquels le système scolaire officiel pose problème, issus de différents milieux sociaux et culturels, encadrés par une équipe de qualité.

Le programme de « Out Of The Box » repose sur une méthode originale dont les objectifs prioritaires sont le développement d’une meilleure confiance en soi, d’un bien-être permettant de reconnaître les plaisirs de l’apprentissage à travers des activités pédagogiques spécifiques. Les méthodes de « Out of the box » sont régulièrement évaluées tant au niveau de son esprit, du contenu pédagogique que des résultats obtenus.

Sur leur site, l’esprit « Out Of The Box est bien expliqué

« Actuellement, on estime que près de 35 % des jeunes belges qui ont entre 15 et 20 ans décrochent d’un programme scolaire traditionnel, refusent d’aller à l’école et se placent délibérément en marge de tout apprentissage. Ce grave problème concerne l’avenir tout entier de la société et le système pédagogique traditionnel ne peut à lui seul le résoudre facilement et rapidement.

De ce constat est né le projet d’ouvrir à Bruxelles un atelier pédagogique destiné aux jeunes dans cette situation. Basé sur des principes que l’école officielle défend parfois difficilement, « Out Of The Box » vise la (re)découverte du plaisir d’apprendre, la confiance et la conscience de soi, la créativité en dehors des cercles vicieux de l’hostilité que provoque nécessairement la situation de ces jeunes.

Ceux qui n’aiment plus l’école perdent leur désir d’apprendre, leur capacité d’enchantement, alors que l’éducation permet l’émancipation. Avec « Out Of The Box, il s’agit d’apprendre (à prendre) à être autonome tout en étant accompagné avec bienveillance, attention et exigence.

On sait que la complexité du monde est désormais considérable. C’est pourquoi la curiosité et la créativité de chacun doivent être mises en valeur. Le corps y participe autant que l’esprit, c’est une condition de la confiance en soi. Dans ce cercle d’apprentissage, on se construit petit à petit, on résiste à la culture de l’impatience et de l’immédiateté, on renoue avec la culture du temps long.

Ici, il s’agit d’une expérience sans évaluation chiffrée, d’un autre état d’esprit : un éveil par l’entraide, les émotions, l’enthousiasme.

Osons le gai savoir contre le non savoir qui est si triste ! »

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Séquençage du podcast, épisode bonus du « Podcasthon », avec une école de « Ouf » (Out Of The Box) :

  • 00:19 Une école de « Ouf »  : Introduction au podcast, contexte de l’épisode bonus Podcasthon, présentation des invitées
  • 01:36 Une école de « Ouf » : de superbes polos qui mentionnent « Ceci n’est pas une école »
  • 01:53 Une école de « Ouf »  c’est en fait l’école « Out of the Box »
  • 02:52 Le gros challenge d’une école de « Ouf » c’est quoi ?
  • 03:28 Du parcours de Diane à la méthode ATL : « Attention, Time, Loves »
  • 05:29 L’approche éducationnelle d’une école de « Ouf » 
  • 05:59 La transversalité
  • 07:01 « On prend soin de toi »
  • 07:09 Semer du respect permet d’en récolter
  • 08:13 Une école de « Ouf »  : une approche globale
  • 09:43 Qui a créé cette école ?
  • 10:51 Où se trouve « Out of the Box » ?
  • 10:56 Comment on arrive aux portes d’une école de « Ouf » ?
  • 12:36 Comment débute un accompagnement ?
  • 13:13 La – les dates de rentrées
  • 13:41 Des exceptions possibles dans une école de « Ouf » 
  • 14:03 « Un critère pour me rendre utile »
  • 14:52 Ces jeunes sont pleins de ressources
  • 16:52 Coût de l’inscription d’une école de « Ouf » 
  • 17:20 Quelles sont les situations où on refuse une inscription dans une école de « Ouf » ?
  • 18:28 L’attente des parents : un diplôme ?
  • 20:36 Le jury central et la reprise d’un circuit scolaire classique
  • 22:19 Qu’est-ce qui est le plus difficile dans une école de « Ouf » 
  • 22:54 La différence par rapport aux soucis rencontrés dans des écoles classiques
  • 23:54 La médication des jeunes comme solution de facilité, encouragée par un système
  • 24:48 « Quelles sont les stratégies que je vais développer pour qu’aller à l’école soit mieux que de rester sous sa couette ? »
  • 25:49 Une société avec un mal-être…
  • 26:30 Arrêter de victimiser les jeunes
  • 27:21 Trop de critiques et pas assez d’encouragements
  • 27:51 Le message de Gaïa aux auditeur.ice.s
  • 28:17 Le site Internet de « Out Of The Box »
  • 28:59 Clôture de l’épisode une école de « Ouf » et appel aux dons via le Podcasthon !

Le transcript du podcast, épisode bonus du « Podcasthon », avec une école de « Ouf » (Out Of The Box) :

Télécharger la transcription du podcast : Une école de « Ouf »  (sans les times codes pour les assistants de lecture).

Michel Godart: [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma Bxl – Innovation playground » et vous retrouvez tous les épisodes sur le site https://whatsyourstory.be.

In-Outro: [00:00:14] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne est captée et le son du grésillement se dissipe alors : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:00:19] Bienvenue pour un nouvel épisode « What’s Your Story ». Cet épisode est tout à fait spécial, il est particulier, parce qu’il rentre dans le thème du « Podcasthon« , allez voir le site podcasthon.org. Qu’est-ce que le « Podcasthon » ? C’est la mobilisation internationale de plus d’une centaine de podcasteur.ice.s à travers le monde francophone qui ont tou.te.s décidé d’unir leurs forces pour mettre en avant le milieu associatif : des associations, des causes, des ONG. On veut les mettre à l’honneur, on veut parler d’eux et ça va être le thème de ce podcast hors-série, un bonus. Le but de ces épisodes bonus, c’est de vous inviter, chers auditeurs, à faire des dons, à être généreux parce que ces associations elles ont besoin de vous pour fonctionner… Et nous, on a besoin de leur donner un coup de pouce, alors on compte sur vous pour faire vos dons via le podcasthon point org, merci de votre compréhension. On rentre dans le vif du sujet : Aujourd’hui, à mon micro, j’ai l’honneur de recevoir une « école de ouf » avec une « directrice de ouf », il s’agit de Diane Hennebert à qui je vais laisser l’honneur de se présenter.

Diane Hennebert: [00:01:12] Alors je m’appelle Diane Hennebert, et comme Michel vient de le dire, je suis une « ouf » et j’ai créé « une école de ouf » en 2015, et j’espère qu’elle va pouvoir se développer.

Michel Godart: [00:01:25] Et on a aussi Gaïa au micro, un petit mot de présentation ?

Gaïa Dubois: [00:01:28] Bonjour, Alors je m’appelle Gaïa Dubois, je suis psycho pédagogue à « Out of the Box » et aussi coach d’orientation.

Michel Godart: [00:01:36] Alors Diane, je vais te laisser nous présenter cette école qui en fait s’appelle « Out of the Box ». Et d’ailleurs vous avez de superbes polos qui mentionnent ‘Ceci n’est pas une école’, je dévoile un peu déjà, explique-nous.

Diane Hennebert: [00:01:47] Ben oui, on est quand même belge surréaliste, inspiré par Magritte. Donc effectivement, ceci n’est pas une école.

Michel Godart: [00:01:53] Alors Diane, je vais te laisser présenter ce qu’est l’école « Out of the Box », comment tu pourrais la présenter en quelques phrases, en trois phrases.

Diane Hennebert: [00:02:01] En trois phrases, on va plutôt dire que c’est un atelier de pédagogie créative qui est destiné à des jeunes en décrochage scolaire de 15 à 19 ans. Bon, il y a parfois une petite exception, un peu plus jeune ou un peu plus âgée, mais bon, les exceptions sont toujours les bienvenues. Mais ces jeunes en fait sont là, avec nous, pour soit apprendre, soit réapprendre le plaisir d’apprendre. Donc on va parler de gai savoir essentiellement, décliné de plein de manières différentes et à travers des ateliers qui vont des mathématiques à la philosophie, en passant par le théâtre, la musique, le chant, l’histoire, l’anglais.

Michel Godart: [00:02:37] Et même le podcast.

Diane Hennebert: [00:02:38] Et même le podcast puisqu’ils en réalisent avec beaucoup de sorties, beaucoup de rencontres, beaucoup de créations aussi. Pouvoir aider ces jeunes et leur faire prendre conscience qu’on peut dissocier le plaisir d’apprendre avec l’ennui de l’école.

Michel Godart: [00:02:52] Alors Gaïa, je reviens vers toi, tu l’as dit, tu es psycho pédagogue. C’est quoi le gros challenge avec ce type de public?

Gaïa Dubois: [00:02:58] Je pense que le challenge n’est pas essentiellement psychologique, donc ce n’est pas directement relié à mon rôle ou à ma formation. Je crois que le gros challenge est en effet que les jeunes puissent apprendre à se connaître, apprendre à avoir envie d’apprendre également, et puissent avoir de beaux projets d’avenir. Parce que quand on est en décrochage scolaire et qu’on rentre pas quelque part dans le cadre ou dans les cases dans lesquelles on nous demande d’être, se projeter devient très compliqué. Voilà, en gros, ça c’est le challenge pour moi.

Michel Godart: [00:03:28] Quel est ton parcours? Diane À l’origine.

Diane Hennebert: [00:03:30] Ben d’abord, j’étais une bonne élève, mais j’étais très rebelle. Donc j’ai beaucoup passé de temps en dehors de l’école mais je m’arrangeais pour bien réussir mes examens pour qu’on me foute la paix. Et puis j’ai passé pas mal de temps aux États-Unis, et après ça j’ai décidé d’étudier la philosophie. J’ai choisi d’étudier la philosophie parce que j’étais intéressée par l’art contemporain, essentiellement par Marcel Duchamp que j’avais découvert aux États-Unis à Philadelphie, et je ne comprenais pas ce qu’ils faisaient. Et donc je me suis dit ça sert à rien d’étudier l’histoire de l’art, il vaut beaucoup mieux étudier la philosophie pour comprendre ce que c’est qu’une démarche créatrice, une démarche artistique, surtout contemporaine. Et c’est comme ça que, au fil du temps, j’ai été amenée à travailler dans le monde artistique, dans le monde culturel. Le dernier boulot que j’ai fait dans ce domaine-là était de créer et de diriger la Fondation Boghossian, pour la famille Boghossian, et de rénover pour eux aussi la Villa Empain ici à Bruxelles, qui est devenue assez célèbre, d’y organiser beaucoup d’activités artistiques et culturelles. Et puis, avec cette fondation, on organisait beaucoup de projets pédagogiques au Proche-Orient et en Arménie. Et puis un jour quelqu’un m’a dit « Mais tu devrais regarder ce qui se passe en Belgique au niveau pédagogique ». Moi, j’avoue que je m’y étais jamais vraiment intéressé parce que j’ai eu un fils très, très doué qui a commencé l’université à seize ans, donc j’ai toujours pensé que tout le monde était comme lui. Et puis à ce moment-là j’ai découvert l’Observatoire international des écoles et je me suis rendu compte, là, que le problème du décrochage scolaire touchait quand même près d’un tiers des jeunes et que très, très, très peu de choses aux niveaux étatique, et institutionnel, étaient fait pour eux. Donc je me suis dit ben ça vaut la peine de se lancer là-dedans. J’ai observé évidemment tout ce qui existait comme projet alternatif. Alors quand on mélange tout ça, on se rend compte que finalement, les ingrédients sont souvent les mêmes. La méthode ATL hein ? « Attention, Time, Loves » : vous donnez de l’attention, du temps et de l’amour à un jeune, ben c’est comme quand on donne une bonne terre, de la bonne lumière et de l’eau à une plante, ça pousse.

Michel Godart: [00:05:29] Gaïa, qu’est-ce que tu auras envie de me dire par rapport à ça ? Sur la méthode éducationnelle?

Gaïa Dubois: [00:05:33] Je pense en effet qu’il y a une multitude d’ateliers qui sont proposés aux jeunes, avec des intervenants qui viennent pour la plupart partager leur passion. Donc il n’y a pas un statut de prof à élève, mais c’est plutôt voilà des gens comme toi Michel, qui ont simplement envie de partager leur passion, leur savoir et leur expérience aussi.

Michel Godart: [00:05:53] Et je peux témoigner. C’est marrant parce que moi on m’a même demandé de venir faire un atelier podcast pour les ramener à l’écriture.

Diane Hennebert: [00:05:59] Ben oui, mais la transversalité est très importante dans tout ça, en fait dans tout le savoir. Et quand on aborde l’idée du savoir, ce qu’est la mission des écoles traditionnellement hein : transmettre du savoir. Peut-être, c’est d’ailleurs Edgar Morin qui parlait de ça, et je trouve ça très juste. Peut-être que la première chose à faire, c’est de transmettre du savoir-être, à partir du moment aussi où on se sent être, on sait comment être, on sait qui on est. Je pense qu’à ce moment-là, toutes les portes s’ouvrent. Une des conditions à mon avis pour arriver à ce bien-être, toujours l’être. Comme tu le disais tout à l’heure Gaïa. Je trouve que c’est aussi de mettre la barre le plus haut possible au niveau qualité. Donc quand on fait attention à… Dans la transmission à la qualité, les gens qui transmettent le contexte, les équipements, le contenu, les rencontres, les visites, même la nourriture, à ce moment-là, les jeunes ont le sentiment d’être importants et ils ont raison. Quand vous donnez de la qualité à un jeune, il se sent important.

Michel Godart: [00:07:01] Et ça donne une image « On prend soin de », c’est le « Care » en anglais. C’est très, très fort marqué ici.

Diane Hennebert: [00:07:05] Exactement. Et à ce moment-là, on peut commencer à bosser avec eux.

Michel Godart: [00:07:09] Est-ce que quelque part ce n’est pas « je te montre du respect, en prenant soin de toi. Sachant très bien que de l’autre côté, tu vas m’en montrer aussi en retour » ?

Diane Hennebert: [00:07:15] Le respect est l’expression immédiate de ce partage de qualité. Et je prends un exemple qui m’a toujours frappé : quand on a ouvert en 2015, dans l’école il y a beaucoup d’œuvres d’art, enfin c’est un beaux bâtiments, des choses qui sont un peu fragiles. Tout le monde m’a dit « mais t’es complètement dingue, te rends pas compte, les ados ils vont tout casser, ils respectent rien… Tu vas voir, dans trois mois tu vas devoir tout repeindre ». Ben écoutez, jusqu’à présent, depuis huit ans, on n’a pas repeint les murs et ils sont tous blancs. Alors il y en a quelques-uns qui mériteraient un petit coup de peinture mais les œuvres d’art n’ont jamais été détruites. Le bâtiment a été entièrement respecté par les jeunes. Bon ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas du désordre hein ?C’est quand même des jeunes, mais il n’y a aucun acte de vandalisme qui a été observé depuis huit ans. Et ça, ça confirme vraiment ce que tu viens de dire. Je te respecte, tu me respecte, et ce n’est pas quelque chose qu’il faut rappeler tous les jours, ça devient naturel. Je pense que beaucoup d’écoles devraient réfléchir à ça.

Michel Godart: [00:08:13] Je vais extrapoler : beaucoup d’école, et on va en toucher un mot avec Gaïa après,… Et les parents ! Parce que l’école ne fait pas seule l’éducation. On oublie trop souvent que, en parallèle, il y a aussi les parents qui doivent faire l’éducation, la société doit faire l’éducation, les politiciens doivent penser à ces aspects-là… Et franchement sont complètement déconnectés des réalités quand ils prennent des décisions, mais ça c’est un autre débat. Alors on frappe souvent sur la tête des écoles, il y a des lacunes, soyons clairs, mais, mais il y a aussi les parents. Alors là du coup, je reviens vers toi Gaïa, parce que quand on récupère les jeunes ou qu’on les prend en charge chez vous, on prend le jeune dans sa globalité. C’est une approche holistique, c’est une approche globale.

Gaïa Dubois: [00:08:49] Exactement. Donc, à « Out of the box », on organise deux fois par mois des ateliers avec les parents. De grandes réunions autour de la table avec tous les parents, dont Séphora Thomas qui est psychanalyste, qui est l’intervenante principale. En fait moi je la seconde justement pour faire ce lien entre le quotidien et ce qu’on vit avec les jeunes, et justement ce que les parents peuvent vivre avec leurs jeunes à la maison. Et ce qui est intéressant, c’est que parfois une situation et l’autre sont complètement contradictoires. Donc le jeune peut par exemple être tout à fait extraverti, participatif, investis à « out of the box », respectueux aussi vu qu’on parlait de respect, et à la maison ça peut être totalement le contraire. La triangulation justement, c’est très important pour apporter aussi de la cohérence et du soutien aussi aux parents qui, lorsque leurs enfants sont en décrochage scolaire, peuvent aussi être en souffrance.

Michel Godart: [00:09:43] Alors, on a présenté l’école, on a déjà un peu commencé à expliquer comment ça fonctionne. On sait qu’elle existe depuis huit ans, c’est ce que tu nous a dit Diane. Qui a créé cette école ? C’est toi qui l’a créé ? (Diane Hennebert : Oui), avec d’autres personnes qui ont contribué ?.

Diane Hennebert: [00:09:54] Aucun humain n’a jamais chassé un mammouth tout seul, hein ? Le travail en équipe est toujours très important, que ce soit au niveau de l’activité à l’intérieur de l’école, soit au niveau des jeunes, soit même au niveau des parents, mais que ce soit aussi au niveau du financement. Alors c’est une école privée pour lesquelles on a pas mal de parrain et de marraine qui financent finalement une année scolaire pour un deux, parfois plusieurs jeunes. Et on a aussi quelques mécènes structurels qui nous permettent d’utiliser un bâtiment gratuitement, qui paient toutes les charges. C’est sûr que sans eux, rien ne se fait, mais l’esprit est assez familial en fait. Et donc ces parrains, ces marraines, ces mécènes deviennent en fait de vrais parrains et de vrais marraines. Et d’ailleurs certains gardent pendant très longtemps, pendant plusieurs années et encore maintenant, des contacts très privilégiés avec certains jeunes. Et gardent, c’est aussi nos ambassadeurs parce qu’ils en parlent avec fierté de cette école.

Michel Godart: [00:10:51] Est ce qu’on peut dire où se trouve l’école?

Gaïa Dubois: [00:10:52] Elle se trouve à Etterbeek, boulevard Louis Schmitt, numéro 97.

Michel Godart: [00:10:56] Qu’est-ce qu’il en est du processus pour s’inscrire? Comment font les parents et viennent y présente une candidature? Comment ça se passe pratiquement?

Diane Hennebert: [00:11:02] Alors il y a plusieurs manières de nous découvrir. D’abord, depuis huit ans, le bouche à oreille fonctionne pas mal. Par ailleurs, le ministère de l’Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est à dire côté francophone de la Belgique, nous a désigné comme « le » projet pilote dans le domaine du décrochage en Belgique. Il ne faut quand même pas oublier que c’est un peu à cause d’eux qu’on existe et pas grâce à eux. Le système belge a énormément de lacunes. Il ne faut pas oublier qu’on est le troisième système scolaire le plus cher d’Europe et le troisième plus mauvais donc je ne revendiquerait pas cette filiation-là, personnellement. Et puis on est très bien référencé, si vous faites une recherche internet, donc ça c’est aussi un avantage. Notre site est mis à jour très, très, régulièrement, donc on peut suivre les activités de l’école sur Instagram, ou sur Facebook, ou bien à travers notre site. Et puis il y a beaucoup d’écoles et beaucoup de services d’aide à la jeunesse qui nous connaissent bien parce que, en fait, on est assez unique dans notre style, je dirais même unique. Et pour finir, il y a un an et demi, on a publié un livre qui retrace un peu nos méthodes, la manière dont on travaille et les activités des cinq premières années. Et donc ce livre est disponible, on peut le consulter en ligne aussi.

Michel Godart: [00:12:14] Et on peut faire un don pour l’avoir aussi.

Diane Hennebert: [00:12:16] On peut l’acheter aussi, mais évidemment, tous les dons sont toujours très acceptés à l’école. Encore une fois, quand ce sont des dons d’objets ou de choses, l’exigence de qualité est importante. Et quand c’est de l’argent, bien, il est évidemment bienvenu et ça se fait avec un contact personnel. On n’est pas une tirelire quoi!

Michel Godart: [00:12:36] Gaïa Quand on décide de faire un accompagnement d’un jeune, comment ça se passe concrètement? Il y a d’abord un entretien avec toi.

Gaïa Dubois: [00:12:42] Dans la pratique, il y a un premier rendez-vous qui est pris avec les parents ou les représentants du jeune, ou parfois même des jeunes sont accompagnés, justement on en parlait, de délégués SAJ, SPJ, etc. Ce premier rendez-vous sert à faire connaissance, à connaître aussi un peu la problématique du jeune en question. À l’issue de ce rendez-vous, le jeune reçoit un formulaire de candidature qu’il remplit après avoir pris ses informations. Après avoir aussi réfléchi à : est-il prêt à prendre un tel engagement aussi ?

Michel Godart: [00:13:13] Ils sont en décrochage scolaire, donc ça peut arriver à n’importe quel moment dans l’année. C’est pas une année où on commence en septembre.

Gaïa Dubois: [00:13:19] On commence logiquement deux semaines après la rentrée scolaire normale (Michel : Classique) en septembre, ça c’est une première rentrée, et la deuxième rentrée est au mois de janvier, après les vacances de Noël. Donc voilà, ça ce sont les deux grandes rentrées qu’on a.

Michel Godart: [00:13:33] Et si pas, on attend la rentrée suivante.

Gaïa Dubois: [00:13:34] Si pas, on attend la rentrée suivante. Donc deux grandes rentrées. Après, comme le disait Diane, il y a aussi des exceptions.

Diane Hennebert: [00:13:41] C’est toujours très poignant de voir quelqu’un qui est confiné chez lui parce qu’il ne sait pas où aller. Il peut plus s’inscrire dans une école, il est isolé, il souffre. On va toujours se pousser un peu pour l’accepter s’il correspond aux critères qui font qu’on se dit à priori qu’on va pouvoir lui être utile et qu’on va pouvoir l’aider, qu’il va pouvoir s’épanouir.

Michel Godart: [00:14:01] J’aime bien que tu me dis ça!  Tu ne me dis pas « un critère d’admission », tu me dis « un critère pour me rendre utile ». Je trouve ça beau (Gaïa Dubois: Rire).

Diane Hennebert: [00:14:08] C’est un peu le but hein, On ne fait pas le bonheur des gens malgré eux, donc il faut quand même que le jeune en exprime le désir. Ce n’est pas non plus leurs parents qui décident pour eux, c’est des adolescents, c’est des jeunes qui ont déjà souffert, donc ils ont une maturité qui s’est souvent développée plus que d’autres jeunes. N’oublions pas non plus que beaucoup de ces jeunes sont des jeunes qui ont souffert de harcèlement. En Belgique, il y a quand même un jeune sur trois qui souffre de harcèlement, ce qui peut mener jusqu’au suicide et assez rapidement. Donc nos méthodes conviennent bien pour cela parce qu’il y a ce côté très individuel aussi est très respectueux de chaque personne, quelles-que soient ses caractéristiques et ses singularités et ses différences. Et puis il y a aussi des surdoués.

Michel Godart: [00:14:52] Mais quelle agréable surprise de voir des gens, mais qui sont tout le contraire de ce qu’une société dénonce. J’ai vu des jeunes intelligents, doués, limite même surdoué. Alors tu parlais tantôt qu’on est dans un pays compliqué, c’est francophone, et pourtant j’y ai vu des néerlandophones qui s’expriment parfaitement en français aussi. Mais moi ce qui m’a vraiment marqué, c’est qu’on est vraiment dans du haut niveau, notamment en termes de maturité aussi. On parle de philosophie, de mathématiques, il y a vraiment du très haut degré. Et là, ces jeunes-là se démarquent de tous les jeunes que je peux côtoyer et j’en côtoie quand même assez bien.

Diane Hennebert: [00:15:26] J’ajouterais quand même une nuance à ce que tu dis, c’est vrai qu’ils ont cette possibilité de s’exprimer autrement qu’à l’école, l’encadrement qu’on leur donne le permet. Mais il ne faut pas oublier non plus, même si c’est des surdoués qui sont très intelligents et souvent d’ailleurs, je pense que tout le monde l’est plus qu’ils ne le croient. Mais il ne faut pas oublier que ce sont des adolescents et ce sont des adolescents qui nous apprennent, en tout cas en ce qui me concerne c’est le plus beau cadeau qui m’ont fait depuis toutes ces années, ils nous apprennent la patience et l’humilité. Parce qu’une journée ne ressemble pas à une autre. Et à partir du moment où on laisse des jeunes s’exprimer, on doit avoir aussi cette capacité d’interpréter des coups de gueule, des coups de détresse, des coups de cafard, des disputes entre eux. À ce moment-là, notre rôle consiste à apaiser et à décortiquer. Un des leitmotivs de l’école c’est « aux certitudes ignorantes préférer les incertitudes réfléchies », c’est-à-dire essayer de comprendre… Commencez, pour développer votre esprit critique, commencez par douter. Et à partir du doute, on peut commencer à se poser des questions, à réfléchir et à approfondir la question. On est très socratique dans cette école, mais pas de préjugés, pas de jugements à l’emporte-pièce et c’est un exercice, c’est pour cela que je parle d’humilité, c’est un exercice que les adultes doivent pratiquer en permanence parce qu’on est mais : bourré, coincé, handicapé par tous nos automatismes.

Michel Godart: [00:16:52] Ouais, par les médias classiques et tout ce qui nous entoure. Un des accords toltèques d’ailleurs : « Savoir, ne pas croire » ha ha ha ha ha ha ha! Alors pour revenir au côté pratique, Gaïa, ils paient une cotisation les parents, ils payent quelque chose ?

Gaïa Dubois: [00:17:03] Alors l’argent n’est jamais un obstacle pour s’inscrire à « Out of the box ». Maintenant, le principe qui est adopté, c’est que les parents payent au prorata de leurs moyens.

Diane Hennebert: [00:17:14] Il faut reconnaître aussi que toutes les personnes qui posent leur candidature à « Out Of The Box » ne sont pas acceptées.

Michel Godart: [00:17:20] Et quels sont les critères qui font que là, ben non, on ne peut pas, pourquoi ?

Diane Hennebert: [00:17:23] Le premier critère qu’on applique, c’est le critère de mixité : grande mixité sociale et culturelle, fille-garçon, âge, niveau scolaire, personnalité et il ne faudrait pas qu’il y ait que des introvertis ou que des extravertis. On essaie dans cette mixité de trouver une cohérence, un équilibre. À partir de là, il y a des personnes aussi qui posent leur candidature à « Out Of The Box », mais que nous ne pouvons pas accepter dès lors qu’on décèle chez eux des problèmes psychiatriques, ou des problèmes médicaux, ou des problèmes par exemple de consommation assidue de drogues dures.

Michel Godart: [00:17:59] Ce n’est pas votre spécialité non plus !

Diane Hennebert: [00:18:01] C’est à dire qu’on n’a pas les compétences, l’idéal à ce moment-là c’est plutôt de les orienter vers autre chose. Et ce n’est pas toujours simple parce que beaucoup de parents sont dans le déni des véritables problèmes de leurs enfants. On n’a pas envie que nos enfants aient par exemple des addictions aux drogues dures, on ne pense pas que c’est vrai, et pourtant parfois c’est vrai. Donc c’est un travail, dans cette orientation vers autre chose, c’est un travail qu’il faut faire autant vis à vis des parents que vis à vis des jeunes quoi.

Michel Godart: [00:18:28] On a parlé de comment ça se passe sur le plan pratique. Maintenant, les parents, il faut être clair, ils s’attendent aussi à une « réinsertion scolaire », comment est-ce qu’on va la mesurer ? Ils vont s’attendre à ce qu’on fasse passer un examen. Comment ça marche ? Tu vois un peu toutes les questions que les parents peuvent se poser au final.

Diane Hennebert: [00:18:43] Là, on observe quand même une grande évolution en huit ans. Je dirais qu’il y a huit ans, une des premières questions que les parents nous posaient, est-ce qu’ils vont recevoir un diplôme ici ? On leur donne un certificat de décrochage scolaire, mais on leur donne pas un certificat scolaire… Mais notre certificat de décrochage scolaire sont très beaux, ils peuvent les encadrer, les mettre dans leur chambre, ils en sont fiers et je trouve qu’ils ont raison d’en être fier. Anyway, les parents, à travers ces années-là, je dirais dans leur majorité, ont quand même fort évolué et ont évolué vers un plus grand souci de bien-être. Si mon enfant va bien, ben, moi alors je suis contente. Et cette urgence du diplôme, c’est assez fort dilué. À mon avis pour plusieurs raisons : d’abord parce que le marché du travail ne garantit plus rien, ni un diplôme. Beaucoup de jeunes manifestent depuis certainement, ben ça c’est fort accélérés avec la période Covid, manifestent des situations de détresse psychologique qui font comprendre aux parents que la première chose à gérer c’est quand même que mon enfant aille bien, on discutera après de ses études. Il ne faut pas oublier non plus que le phénomène du décrochage scolaire, il y a une dizaine d’années, touchait essentiellement des garçons entre 16 et 18 ans. Aujourd’hui, c’est à peu près 80 % de garçons et 20 % de filles, aujourd’hui ça c’est complètement égalisé, donc il y a certainement 50 % de filles également. Mais l’âge du décrochage a terriblement baissé, donc il se situe aujourd’hui entre 12 et 15 ans. Et donc à cet âge-là, cette fragilité psychologique est aussi très importante. Et cette notion du temps, finalement elle s’est un peu étiolée, cette notion d’urgence, j’ai mon enfant qui ne va pas bien, je ne vais pas lui mettre une pression supplémentaire pour qu’il ait son diplôme à 18 ans, je vais faire tout ce que je peux, en étant certainement accompagné, pour qu’il retrouve cet équilibre, cette confiance en lui, qui lui permettra d’étudier plus tard quoi.

Michel Godart: [00:20:36] Toutefois j’ai entendu qu’il y en a qui passent leur jury central aussi, et finalement ils peuvent reprendre un circuit scolaire normal.

Diane Hennebert: [00:20:41] Oui, mais le jury central s’adresse à des jeunes qui ont, en sortant de chez nous, l’ambition de poursuivre des études supérieures, ce n’est pas systématique. Je pense qu’il y en a qui veulent suivre des formations professionnelles, il y en a qui veulent voyager, il y en a parfois, c’est rare, qui veulent retourner à l’école. Tant que quelqu’un a un projet, et que ce projet lui correspond, on continue à les suivre après leur départ. On les lâche pas si, « boum » après nous, il se passe rien quoi, à ce moment-là, on peut de nouveau recommencer à zéro et ce serait idiot. Mais tous ceux qui veulent faire des études supérieures, en Belgique, peuvent choisir des filières non-scolaires traditionnelles qui sont par exemple des examens d’entrée dans des facultés universitaires, ou ce qu’on appelle le jury central. Et là on a des accords avec des partenaires extérieurs, notamment une école de jury excellente qui s’appelle l’école Bogaert, et qui prend les jeunes d' »Out Of The Box » qu’on leur recommande, je dirais, en fonction de leurs moyens. Parce que ces écoles privées de préparation au jury central sont très chères. Et ceux qui viennent de chez nous ne payent que ce qu’ils peuvent. Jusqu’à présent, à l’exception d’une jeune fille qui est partie à l’étranger, ils ont tous réussi et ils ont tous poursuivi. Mais arrivés avec un diplôme au début des études supérieures sans avoir acquis, puisqu’ils n’ont pas été à l’école parfois pendant longtemps, sans avoir acquis de méthode de travail nécessite un suivi. Et c’est pour ça que certains d’entre eux continuent ici à « Out Of The Box », à bénéficier d’un encadrement de professeurs qui leur apprend en fait à étudier dans des matières qu’ils ne dominent pas à priori.

Michel Godart: [00:22:19] Moi je vous le dis clairement, je suis un des plus grand fan de votre école et c’est sincère parce que ce que vous faites est tellement unique, on l’a déjà dit. Par contre, je ne vais pas faire un scénario bisounours « Tout est beau, tout est rose ». Il y a aussi parfois des problématiques qui se posent, il y a des moments de crise comme partout, des moments difficiles. Et là je me retourner vers Gaïa, qui est notre spécialiste. Comment est-ce qu’on gère quand il y a une crise, des grosses difficultés ? Il y a des situations parfois où tu te dis ça, je retrouverais pas dans une école classique et c’est vraiment challengent, difficile de tenir une telle situation, ton imagination et ta créativité sont stimulées ?

Gaïa Dubois: [00:22:46] Ça fait personnellement quatre ans et demi que je travaille à « Out Of The Box » et je peux te garantir, Michel, que chaque jour est un challenge.

Michel Godart: [00:22:54] C’est quoi les problématiques classiques qui peuvent survenir, qui ne se présentent peut-être pas dans d’autres écoles ? Sans dévoiler, mais bon, pour illustrer un peu ce qui peut amener des difficultés.

Gaïa Dubois: [00:23:01] Je n’ai pas l’impression que les problèmes qu’on peut rencontrer avec les ados soient particulièrement présents à « Out Of The Box ».

Michel Godart: [00:23:09] C’est pas ce que j’ai dit hein ? Ce que je voulais savoir, c’est : s’il y a une manifestation différente que dans une école classique.

Gaïa Dubois: [00:23:14] La seule grande différence qu’on peut peut-être observer, c’est que dans une école classique, il y a peut-être 500, 600, voire plus de 1000 élèves, chez nous, ils sont maximum 30. Il y a un meilleur suivi individuel, de relation plus intime aussi avec les jeunes, des dialogues, formels, informels, etc. Et la manière dont on gère ces problèmes, je crois que c’est en équipe. Mais qui dit équipe dit l’équipe encadrante mais aussi les jeunes. Je crois qu’on est tous sur le même bateau pour quelques mois, et que c’est en travaillant chacun en relation avec les autres, et chacun aussi sur soi, en se remettant soi-même en question, qu’on peut arriver à gérer les problèmes.

Michel Godart: [00:23:54] C’est quoi le plus éprouvant pour toi, quand tu analyses cet aspect : ben voilà, il y a les soucis à régler ou des difficultés à régler… Même si j’aime pas voir le négatif, mais il ne faut pas non plus le nier, il y a des moments plus difficiles. C’est quoi le plus challengeant pour toi ? Personnellement. Là où tu vas te dire « Ce jour-là, je vais rentrer, je vais être épuisée quoi ».

Gaïa Dubois: [00:24:08] Il y a une situation particulière que je retrouve et à laquelle on peut tous être confrontée depuis toutes ces années. Je pense, même avant que j’ai commencé à travailler à « Out of the Box », c’est la médication des jeunes. Nombreuses ont été les expériences avec certains jeunes qui, sous prétexte qu’ils n’allaient plus à l’école, étaient sur médicamenté, antidépresseurs, antipsychotiques. Et mine de rien, c’est assez révoltant parce que ce sont quelque part, on parlait de la drogue tout à l’heure ou des addictions, mais ce sont des drogues mais légales prescrites par le médecin. Ça c’est une des grosses problématiques que l’on rencontre et qui crée des addictions. Addiction aux médocs ou addiction à d’autres choses pour pallier les effets des médicaments.

Diane Hennebert: [00:24:47] Tu dis chaque jour est un challenge, mais chaque jour doit être un challenge. Parce que quand on travaille avec des jeunes en décrochage, les jeunes en décrochage, ils prennent l’habitude pendant la période où ils restent à la maison, prennent l’habitude de se lever en général à midi. Jusqu’à 3 h du matin et chipotent avec des écrans ou d’autres choses.

Michel Godart: [00:25:05] Ah c’est ça le monsieur qui appelle tout le monde le matin avec son GSM, qui appelle les étudiants, qui appellent des parents. Il y a un suivi hein ? Il y a un suivi.

Diane Hennebert: [00:25:11] En fait, le vrai challenge, mais je pense que ça doit être le challenge de toutes les écoles, c’est de se dire comment je vais faire pour qu’un jeune qui a l’habitude lever à 11 h ou à midi, qui est bien sous sa couette, qui est fatigué, comment je vais faire pour qu’il se lève avec le sourire à 7 h du matin, pressé d’arriver dans une école ? Quelles sont les stratégies que je vais développer pour que ce soit mieux qu’une couette ? Ça doit être le slogan de toutes les écoles.

Michel Godart: [00:25:39] Alors on a dit qui vous étiez, on a dit comment ça fonctionne, on a dit où ça se trouve, depuis quand vous existez, on a un peu expliqué les challenges. Qu’est-ce que vous auriez envie de dire à nos auditeurs pour clôturer tout doucement ce podcast ? On a touché plein de sujets qui sont notamment percutants dans une société finalement où on peut parfois vivre très mal. Mais est-ce que c’est une vue de l’esprit ? Alors là, je fais appel à la philosophe, la philosophe qui va me dire on peut choisir ce qu’on veut mettre dans sa tête.

Diane Hennebert: [00:26:01] Oui, je suis frappée par deux choses actuellement. D’une part, quand on parle des jeunes, en général on oublie de leur demander leur avis. Donc il y a beaucoup de séminaires, beaucoup de colloques, beaucoup de trucs sur les jeunes, mais où en fait on ne tient pas du tout compte d’eux. On décide pour eux, on sait pour eux, ce que je trouve une idiotie, je pense que c’est contreproductif.

Michel Godart: [00:26:20] Quand on t’a proposée cette interview Diane, la première chose que tu m’as répondu c’est : il faudrait aussi qu’il y ait des jeunes qui puissent s’exprimer (Diane Hennebert : Bien sûr), tu es complètement alignée avec ce que tu dis.

Diane Hennebert: [00:26:27] Tu as fait d’ailleurs des podcasts déjà avec les jeunes. Et une autre chose qui me frappe également, c’est que pour le moment on victimise beaucoup les jeunes. « Ah, les jeunes vont mal! Ah ben attends, ils vont vraiment pas bien mais c’est la crise les pauvres »! Alors, ou bien c’est des boucs émissaires ou bien c’est des victimes. Moi je pense que si les jeunes vont mal, c’est parce que la société va mal. Ils ne vont pas plus mal que certains vieux dans des hospices, ou que des migrants qui n’ont pas de papiers, ou des personnes de couleur qui sont insultées pour leur couleur, ou des femmes qui sont battues etc etc. La société va mal, point. Donc c’est normal que le jeune n’aille pas bien non plus. Et dire ça, moi je trouve que ça ne veut rien dire parce que c’est comme si c’était ben finalement du défaitisme. Dire « Ah oui, les jeunes vont mal », non, apprenons-leur à être acteurs de leur vie plutôt que victime. Ils n’ont pas besoin d’être plaint, ils ont besoin d’être encouragés.

Michel Godart: [00:27:21] C’est vrai ça, on les critique mais on les encourage rarement je trouve aussi. J’entends très peu de parents dire « bien, bien bien », à la limite quand ils le font bien c’est normal donc on ne dit plus rien quoi, on ne dit que quand c’est mauvais.

Diane Hennebert: [00:27:30] Ne les plaignons pas, encourageons-les. Et ça marche tellement bien Quand on encourage un jeune, il se sent tellement bien, ça le pousse vers l’étage supérieur de son escalier et il faut absolument le faire. Et moi, je voudrais terminer par cette très belle phrase de Leonard Cohen à laquelle ce constat fait sans doute écho : « Il y a des fissures partout, mais c’est par-là que passe la lumière ».

Michel Godart: [00:27:51] C’est une très belle phrase de clôture effectivement. Là tu mets le challenge très haut aussi hein ? Tu mets la citation de fin de ouf! Alors je ne vais pas te laisser partir comme ça Gaïa, tu as vu que je te regardais hein, J’ai envie de te demander Gaïa aussi, quel message tu aimerais passer à nos auditeurs aujourd’hui, pour clôturer. Tu as plein de gens qui nous écoutent à travers le monde francophone, c’est pas seulement que la Belgique hein ?

Gaïa Dubois: [00:28:07] J’aimerais simplement dire aux jeunes, et peut être aussi aux moins jeunes qui nous écoutent, d’oser rêver et de se donner les moyens d’arriver à leurs ambitions.

Michel Godart: [00:28:16] Super! Mais moi j’ai envie de conclure : si on voyait les solutions plutôt que les problèmes, ça irait quand même déjà beaucoup mieux et ce serait plus constructif. Diane, si on veut aller sur le site internet de « Out Of The Box », peux-tu nous donner l’adresse?

Diane Hennebert: [00:28:26] Ben oui, ben c’est simple c’est « Of The Box », pas « Out Of The Box », « Of the Box .be » mais si vous faites une recherche à partir de « Out Of The Box », vous allez voir plein d’autres trucs. Mais si vous faites « Out Of The Box pédagogie » ou « décrochage scolaire » vous allez trouver. Mais le site s’appelle Of The Box .be. N’hésitez pas à le consulter, il est plutôt sympa. Et à partir de ce site vous pouvez aussi accéder à toutes les vidéos qu’on a réalisées avec des jeunes, et là vous allez mourir de rire parce qu’il y en a qui sont incroyables.

Michel Godart: [00:28:56] Et il y a une page Instagram et une page Facebook.

Gaïa Dubois: [00:28:58] Ah Oui, oui, tout à fait.

Michel Godart: [00:28:59] Alors ce podcast se termine tout doucement, je suis très frustré parce que je pense qu’il y a tellement de choses à débattre et à dire qu’on pourrait en faire un podcast d’une heure, deux heures, même trois heures, surtout avec Diane. Je devrais vous ré inviter, faire deux épisodes, il y a trop de choses que j’ai envie de discuter avec vous, c’est trop passionnant. Mais n’oubliez pas, chers auditeurs, l’intention de ce podcast ! L’intention de ce podcast, je vous le rappelle, c’est de vous inviter à supporter ces associations, ces projets, par des dons. Vous pouvez supporter ce projet en faisant des dons, allez sur podcasthon.org et choisissez les projets qui vous parlent. Et bien entendu je vous invite à choisir le projet « Out Of The Box » pour faire un don. Ce sont des associations qui changent le monde et qui, contrairement à tous ces gens qui se plaignent, agissent pour changer les choses, alors elles méritent bien un gros coup de pouce de votre part. Et si vous ne savez pas faire un don parce que vous n’en avez pas les moyens, ou pas la possibilité, peu importe… Et bien il y a une autre façon aussi de participer, de faire quelque chose pour eux, c’est très simple : partagez ce podcast, commentez, likez le podcast, ça va le faire remonter en terme de visibilité sur les réseaux sociaux, ça va le rendre plus populaire et donc plus écouté. Et il finira, grâce à vous aussi, à atterrir dans les oreilles de quelqu’un qui lui a peut-être les moyens de faire un don, peut-être même beaucoup plus important. Alors n’hésitez pas, même si vous faites un don aussi, à partager ce podcast et laisser un message vocal. Vous avez un lien dans la description du podcast, vous pouvez laisser un message vocal à nos invités, je vous garantis qu’on leur transmettra. Activez votre micro dans votre navigateur, parlez, réécouter pour voir si le son est de qualité,  dites-nous dans votre message si vous nous autorisez à réutiliser votre voix pour vous répondre dans un futur épisode, mais en tout cas on transmettra vos messages à nos invités. Vous aurez ainsi aussi apporté votre petite goutte de colibri dans la masse. Merci, à très bientôt.

Diane Hennebert: [00:30:28] Un tout grand merci.

Gaïa Dubois: [00:30:29] Merci beaucoup.

In-Outro: [00:30:30] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne est captée et le son du grésillement se dissipe alors on entend : « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:30:35] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma Bxl – Innovation Playground ». Et vous retrouvez tous les épisodes sur le site Michel: https://whatsyourstory.be.

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