« Love Health Center » : épisode Podcasthon hrmeetup. ©

Love Health Center : « Podcasthon » – Épisode #485 Bonus hrmeetup. ©
Dans cet épisode bonus qui rentre dans le cadre du Podcasthon, un évènement organisé par Altruwe et qui comptabilise plus de 200 podcasteur.ice.s depuis cet enregistrement, nous avons choisi de mettre en avant le « Love Health Center » et nous vous invitons à faire un don à ce premier centre européen dédié à la sexualité ! Car cette association aide tous les publics et nous rappelle au quotidien que la façon de vivre notre sexualité nous affecte dans tous les aspects de notre vie… Alors il faut en parler, sans tabous, et ne pas attendre : soyons pro-actif.ve.s !
Écoutez ce podcast via Podcastics et abonnez-vous, merci !
Pour vous abonner, choisissez votre App favorite via le bouton « See All » dans la liste proposée sur notre Linktree.
Pour les personnes malentendantes ou ayant des troubles de l’audition nous proposons une transcription en fin d’article.
Faites un don pour soutenir notre démarche : Triodos — IBAN : BE73 5230 8097 4160 — BIC : TRIOBEBB
Laissez un message vocal pour Olivier en réaction à ce podcast, c’est via notre répondeur Vodio.fr : un outil proposé gratuitement et généreusement aux podcasteur.ice.s par l’association BadGeek!
Dans cet épisode bonus qui rentre dans le cadre du Podcasthon, un évènement organisé par Altruwe et qui comptabilise plus de 200 podcasteur.ice.s depuis cet enregistrement, nous avons choisi de mettre en avant le « Love Health Center » et nous vous invitons à faire un don à ce premier centre européen dédié à la sexualité !
Cette association aide tous les publics et nous rappelle au quotidien que la façon de vivre notre sexualité nous affecte dans tous les aspects de notre vie… Alors il faut en parler, sans tabous, et ne pas attendre : soyons pro-actif.ve.s !
Au micro nous recevons Olivier Mageren qui a co-créé ce centre et qui le fait vivre avec toute sa passion et sa bienveillance.
Écoutez son cri du coeur, son histoire, ses intentions. Prenez conscience de l’importance de la sexualité et comment elle peut affecter nos vies. Mais surtout comment la sexualité peut contribuer à un véritable bonheur, un véritable accomplissement, un épanouissement bénéfique pour nous, pour nos proches et collectivement !
Et oui, la sexualité ne concerne pas que les amoureux.ses. Elle influence les humeurs, peut créer des frustrations et même finir par impacter votre humeur au travail… Et oui c’est le lien que je fais avec le thème RH. Ne me dites pas que je fais erreur. Quelques études existent et quantifient les relations, légitimes ou non, qui naissent au travail. Cependant ce n’est pas le sujet de discussion de cet épisode bonus. Mais je pourrais réinviter Olivier pour nous en parler une prochaine fois.
Sites Internet :
- Le Site Love Health Center
- Le site du Podcasthon pour vos dons !
Écoutez ce podcast via notre chaîne Youtube (abonnez-vous : merci! ) :
Séquençage du podcast, épisode bonus du « Podcasthon », avec Le Love Health Center :
- 00:19 Introduction au podcast et contexte de l’épisode bonus : le Podcasthon
- 01:42 Du rêve d’adolescent à ce jour
- 05:38 Un premier boulot d’ingénieur
- 07:25 D’une recherche de sens au travail
- 07:33 L’idée de devenir sexologue
- 10:36 Avant de reprendre des études à l’université
- 12:00 Comment a démarré le Love Health Center
- 15:12 Un enseignement de la sexualité à l’école trop succinct
- 16:38 La sexualité influence toute une vie
- 16:57 Elle a même un impact dans la vie professionnelle…
- 17:23 Ne pas consulter quand le problème est déjà là, anticiper !
- 18:46 Casser les tabous
- 20:54 Comment faire prendre conscience aux gens de l’ampleur que peut prendre la sexualité ?
- 22:23 Les frustrations ont un effet néfaste au quotidien
- 24:09 Et on ne parle pas ici de parcours de souffrances mais juste d’un bien-être basique
- 25:49 Une volonté d’agir plus globalement, largement
- 28:16 Où se situe le Love Health Center ?
- 29:14 L’esprit du Love Health Center
- 31:34 Des exemples d’activités que propose le Love Health Center
- 34:17 La déconstruction masculine
- 34:53 Un mot de la fin ?
- 38:25 Clôture de l’épisode et appel aux dons via le Podcasthon !
Le transcript du podcast, épisode bonus du « Podcasthon », avec Le Love Health Center :
Télécharger la transcription du podcast (sans les times codes pour les assistants de lecture).
Michel : [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor des transforma bxl – Innovation Playground. Et vous retrouvez tous les épisodes sur le site https://whatsyourstory.be
Jingle intro : [00:00:16] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».
Michel Godart : [00:00:19] Bienvenue pour un nouvel épisode hrmeetup, votre podcast sur les passions au travail et les ressources humaines. Dans ce podcast, on vous présente des parcours d’entrepreneurs. On parle de thèmes RH comme la prévention burnout et bien d’autres. Et bien entendu, on met en avant ceux qui sont passionnés par leur travail. Cet épisode est tout à fait spécial, il est particulier, parce qu’il rentre dans le thème du Podcasthon.org, allez voir le site podcasthon point org, on mettra le lien dans le texte du podcast. Qu’est ce que le podcasthon ? C’est la mobilisation internationale de plus d’une centaine de podcasteurs à travers le monde francophone qui ont tous décidé d’unir leurs forces pour mettre en avant le milieu associatif, des associations, des causes, des ONG. On veut les mettre à l’honneur, on veut parler d’eux et ça va être le thème de ce podcast hors série, un bonus. On va mettre aujourd’hui à l’honneur le Love Health Center, mais je vous en dis pas plus tout de suite. Je vais quand même encore rajouter un petit mot. Le but de ces épisodes bonus, c’est de vous inviter, chers auditeurs, à faire des dons, à être généreux, parce que ces assos, elles ont besoin de vous pour fonctionner et nous on a besoin de leur donner un coup de pouce. Alors on compte sur vous pour faire vos dons via le podcasthon org. Merci de votre compréhension. On rentre dans le vif du sujet. A mon micro, Aujourd’hui, j’ai l’honneur de recevoir quelqu’un qui était devenu mon ami. Il s’appelle Olivier Mageren et je suis très très honoré de le recevoir parce que vraiment, ce qu’il fait, vous allez voir, c’est juste fantastique et c’est un thème qui n’est pas facile à aborder. Alors Olivier, bonjour, merci de me rejoindre, merci de me faire confiance.
Olivier Mageren : [00:01:40] Bonjour Michel, merci pour l’invitation.
Michel Godart : [00:01:42] Évidemment on va rester dans le thème RH quand même hein ? On parle de parcours entrepreneur et de rebondir, c’est un peu ton cas. La première question qu’on a dans nos podcast hrmeetup, c’est de ton rêve d’adolescent à ce jour. Que s’est il passé? Finalement, est-ce que tu es maintenant aligné avec ce rêve?
Olivier Mageren : [00:01:55] Oh quelle belle question Michel! Quel était mon rêve d’adolescent? Waw, ça me plonge dans un univers… J’imagine que pour tout un chacun autour du micro, ça nous plonge dans un univers incroyable.
Michel Godart : [00:02:05] Il faut savoir qu’on prépare jamais nos épisodes et que c’est de l’improvisation systématique dans nos podcasts, quel que soit le projet chez nous.
Olivier Mageren : [00:02:11] Ben j’ai envie de parler de deux sujets. A la fois, depuis tout jeune, j’étais passionné par la sexualité et la vie, à travers mes propres expériences personnelles qui ont été pour moi challengeantes. Elles m’ont poussé quelque part à être curieux, à découvrir, à m’intéresser à la sexualité, à vraiment plonger profond dans certaines difficultés et construire ce lien à mon corps, à mon âme, à qui je suis. C’est omniprésent, je dirais, de cette passion de la sexualité et sachant que ça aurait une place mais je ne sais pas quoi. En tout cas, j’avais cette passion de le vivre pleinement et je ne savais pas quelle forme ça pouvait prendre. Certes, à travers une relation avec une partenaire, mais vraiment mon rêve c’est c’est de me dire c’est quoi ce monde? Je vais peut-être être un peu vulgaire, mais j’ai vraiment cette impression d’ado. « C’est quoi ce bordel? Quoi? Qu’est ce que ce monde d’adulte peint? Honnêtement? » Enfin voilà, moi je suis né en 80, j’ai 42 ans aujourd’hui.
Michel Godart : [00:02:58] Déjà si tôt (Olivier Mageren : Ouais), tu posais des questions sur ta place dans le monde? (Olivier Mageren : Oui, vraiment). T’avais quel âge?
Olivier Mageren : [00:03:03] Déjà à douze ans je me posais beaucoup de questions, j’étais dans cet univers aussi, grâce à mes parents, de développement personnel, de curiosité sur la vie, de philosophie, de médecines alternatives, de toutes ces choses là. Et je lisais Krishnamurti à, ouais, déjà à quatorze ans. Et c’était de se dire « Mais non je veux vraiment avoir un rôle social, politique. C’est quoi ce bordel? Je veux changer ce monde quoi. Je serai contributeur à ma manière, mais c’est le bordel, moi ça me fait pas rêver ».
Michel Godart : [00:03:27] Pourtant tu as fait des études d’ingénieur, c’est ton orientation scolaire.
Olivier Mageren : [00:03:30] Je vais y arriver parce que c’est vrai que j’étais perdu malgré tout. Parce qu’en fait on se dit mais comment, dans un monde aussi grand, on se sent tout petit, surtout jeune enfant, en tout cas pour ma part, comment on fait bouger ce monde quoi? On se sent « Rien du tout » en fait, un grain de sable dans le désert quoi, ou dans une goutte d’eau dans l’océan. On se dit « comment on va être acteur? ». Et c’est vrai que dans mon rêve d’adolescent, je me suis dit il y a plein de choses qui me choquait quoi. Quand je voyais le mur de Berlin, toutes ces questions géopolitiques, même la mort de Balavoine, moi ça m’a choqué. Coluche, c’est la même chose, c’est tous ces gens qui parlent avec leur âme, leur cœur et tu dis et ils disparaissent comme ça. C’est quoi ce truc enfin? Et quoi il nous laisse tomber? C’était un peu ce truc « Enfin des gens que j’ai… », même au chœur de l’adolescence, on dit « Mais parlez plus souvent, quand je vous écoute j’ai envie de vous écouter, les autres j’en a rien a… Enfin, s’il y avait qu’une personne à suivre… ce serait ces modèles-là quoi ». Et ces gens-là disparaissent et ça a créé en moi un désarroi, une peine, un manque, un vide. Je me suis dis « Et c’est qui les suivants qui vont me faire vibrer pleinement? », donc ce rêve était là. C’est de dire : cette société, elle doit évoluer et j’étais intimement convaincu qu’il faut changer. Et j’étais pas bien dans ma sexualité, je voyais pas de gens heureux dans sa sexualité et je me dis « ça, il y a un truc qui bug ». Après dans mon parcours, comme tu le dis, j’ai tâtonné parce qu’en fait on est pris aussi dans un monde ben qui avance, qui demande de faire des choix, on ne voit pas tout de suite clair et ado je ne savais pas ce que je voulais faire… Quoi, comment? Parce que c’est vrai, il y a les rêves et puis… En soi j’ai pas l’impression que beaucoup d’adultes sont ultra vitalisé par ce qu’ils font, heureux, passionné donc… C’est sans critique des adultes, ils sont ce qu’ils sont mais, voilà, même s’ils aiment ce qu’ils font c’est pas vraiment hyper folichon. Et moi j’ai tâtonné et c’est vrai que au moment de faire mes études, avant de m’inscrire avant septembre, après mes études secondaires, à 17 ans, mon frère me dit « et tu t’es inscrit à quelle école? ». Ben, Aucune, « Ben tu sais que les cours vont commencer, genre la semaine prochaine quoi. Tu dépasses le délai, tu ne sais plus t’inscrire ou bien t’as déjà loupé quelques semaines de cours ». Il me dit « Il faut peut-être que tu fasses quand même un choix là ! » il me… Mais gentiment, il était chouette, il me dit « Allez, je te prends par la main un peu mais on y va » et j’ai dis « Bah écoute je ne sais pas, en fait j’hésite ».
Michel Godart : [00:05:24] Tu as pris des orientations générales en fait.
Olivier Mageren : [00:05:27] Oui, c’est ça. Pour faire court, je me suis dit je vais faire ingénieur parce que je suis plutôt scientifique, jamais être curieux et pragmatique. Ça me laissait l’option de faire deux candidatures avant de choisir une option. Donc ça te postposait le délai de faire un choix.
Michel Godart : [00:05:38] Alors du coup tu as fait quelles études ? Ingénieur? Et ça t’as amené vers un premier boulot?
Olivier Mageren : [00:05:42] Oui, un premier boulot. J’ai travaillé dans un bureau d’études à Bruxelles, dans le forage pétrolier. Pour une multinationale américaine mais en fait, petit à petit, en fait, ça m’a vraiment passionné. Alors c’était bizarre parce qu’au fond de moi je me dis « c’est quand même étrange », c’était vraiment genre je suis le flow de la vie, tout est naturel, c’était fluide, spontané et direct, tout fonctionnait. Il n’y avait pas d’effort, c’était juste les choses naturelles, simplement de suivre pleinement mon parcours. Et je me suis dit quand même au fond de moi, mes valeurs et ce que je fais… Mais bon! La vie me mets là et je me suis passionné, vraiment, en fait j’ai été… D’ailleurs les collègues me disaient « Mais tu passes trop d’heures ou… c’est pas normal ou… qu’est ce qui se passe? » (Michel : Rire) Enfin oui, je passais, en nombre d’heures je travaillais comme un indépendant au sein… Un peu comme un intrapreneur plutôt qu’un extrapreneur et j’étais ultra passionné. Et donc j’ai terminé « Responsable technique » du bureau d’études avec la gestion des plaintes clients, de l’innovation, la créativité des gestion de projet, validation des projets techniques et autres, c’était vraiment passionnant. J’ai vu beaucoup d’espaces, le spectre de : la création de produits entre la première idée, et dont beaucoup ne marchent pas, l’optimisation de produit existant, les plaintes sur base de produits existants, et l’innovation, vraiment… Donc c’était passionnant et je me suis super amusé. J’ai fait ça à quinze ans. Ensuite, j’ai eu un burn out, enfin, je suis passé par une phase burn out. Et, pendant ce temps là, l’entreprise pour laquelle je travaillais a délocalisé, au Texas. Et je me dit « Ok, je comprends pourquoi tout partait un peu… ». Et là je me suis dit « C’est une opportunité unique de repenser », de dire « Je me suis passionné, mais là en fait… » je me suis dit « Tiens, la seule chose qui me manquait dans ma vie, c’est de dire, faire un truc qui me parle à mon cœur » et me dire « Peu importe ce qui se passe, peu importe, je suis fier de l’afficher, de le faire, de m’y consacrer » et c’était la seule chose qui me manquait. Et on m’a dit « Tu peux travailler dans telle entreprise… », Non, j’ai pas envie de nourrir le…
Michel Godart : [00:07:21] Tu as d’abord soigné ce burn out? Tu as d’abord repris en main ta santé?
Olivier Mageren : [00:07:24] Oui, tout à fait.
Michel Godart : [00:07:25] Tu as pris du recul. Et comme souvent, je pense, tu me diras si je me trompe,quand on fait un burn out vient justement cette question de sens au travail et de recherche de sens.
Olivier Mageren : [00:07:32] Oui, tout à fait, tout a fait
Michel Godart : [00:07:33] Et ça se passe dans quelques années? (Olivier Mageren : 2016). Et quoi, l’idée de devenir sexologue, c’est venu comme ça en une fois ou…?
Olivier Mageren : [00:07:38] Non, ce n’est pas venu en une fois, du tout, je voulais me faire du bien et aller vers ce que j’aimais. Et j’aimais beaucoup les massages aussi, donner, offrir et masser les gens, enfin je veux dire, il y a vraiment une ambiance que je trouve fabuleuse. En fait, j’ai commencé par ça et je me suis rendu compte que ça remplissait pas mon vrai désir. J’aime ça, mais ça ne répondait pas à mon besoin d’âme en fait. J’ai dit « Non, c’est autre chose » et en fait j’avais différentes pistes et j’ai failli travailler avec mon ex patron. Un jour, je lui ai dit « Ecoute, désolé, on ne va pas travailler ensemble ». J’allie beaucoup le rationnel et l’irrationnel, l’irrationnel dans le sens où je ne dois pas trouver de justifications logiques, c’est intuitif, c’est spontané, mon corps me le dit, et mon âme, c’est évident. Si j’écoute ma petite voix intérieure elle me dit « C’est là que tu dois aller hein? » et avoir le courage d’y aller. Et je lui dis « Ecoute, désolé, on ne va pas pouvoir travailler ensemble parce que je me sens appelé par autre chose, mais je ne sais pas quoi. Aujourd’hui, je dis non à tout parce que je sais qu’il y a quelque chose qui m’attend » et ce jour là… Mais j’ai hurlé à la vie, mais vraiment hein, c’est un vrai hurlement, je vais dire c’est comme une deuxième naissance en fait, c’est comme si j’avais eu tout ce parcours… Et puis il y a, vers 36 ans environ… Mais vraiment, et les gens qui me connaissent savent : j’aime parler. Mes frères et soeurs, me disaient que je pouvais hurler et crier, parce que la voix elle est importante pour moi, je pouvais « wouah », même dans le jardin, en plein milieu d’une ville à Charleroi, je pouvais parfois… J’étudiais et puis je « wouah » je me défoulait mais pleinement, dans mes tripes et ce que jamais et ils trouvaient ça cocasse. Mais là j’ai fait ça… Je me dit que c’était comme un rituel avec moi même, vous voyez un peu l’image d’un, comme un rituel chamanique comme ça, qui est au delà de l’entendement culturel actuel, d’être pleinement dans les éléments, dans la nature et de ce qui nous transcende en tant qu’humain quoi! Il y a quand même les questions fondamentales que chaque humain se pose, qu’on le veuille ou non, la spiritualité et tout ce qui nous dépasse est intimement lié à l’expérience humaine.
Michel Godart : [00:09:11] On le verra après mais on est déjà dans le thème du Love Health Center en fait. Tu as un cri de la vie énorme que tu expliques très bien qui se passe en toi, et ça va surtout te diriger vers quelque chose qui est assez… Original, parce que peu de gens sont capables de reprendre des études et c’est ce que tu as fait !
Olivier Mageren : [00:09:23] Pour moi c’est un point, et ça paraît anodin, mais il est hyper important dans la conscience et le moment. Il y a peut être des gens qui souhaitent faire ça et qui disent « Qu’est ce que je fais dans la vie? Est ce que je suis à ma place? Quel est mon rôle, qu’est ma mission de vie? », tout ça… Enfin non, c’est fondamental et pour moi, un jour peut-être que je ferai des ateliers un peu rituels sur ces moments de vie, d’éveil un peu de l’âme, c’est comme une deuxième renaissance… Mais j’ai vraiment hurlé à la vie : « Je suis prêt, je veux vivre à 100 %, tu m’envoies toute la patate, tu m’envoies tout, hein? Je suis prêt. Peu importe les challenges, les difficultés, je suis prêt. J’ai toute ma boite à outils, tu m’as tout donné. J’ai 36 ans, je me sens outillée comme pas deux. Maintenant, je sais que pour la prochaine vie, je ne sais pas comment, ce qu’il va se passer, mais dévoile moi le rôle de ma vie ». Je parlais à la vie, les yeux dans les yeux comme ça, mais j’ai vraiment hurlé et toutes les cellules de mon corps disaient oui quoi! Et, faites l’exercice, à quel point vous êtes capable de hurler, envoyez-moi le message. Et je me parlais à moi même, à mon âme, à l’univers en disant « Tu m’envoie hein? Je suis prêt, je ne ferai pas de marche arrière, je ne regarderais que devant. C’est pas en regardant derrière que je vais avancer, je regarde, il n’y a jamais de retour en arrière. J’y vais, crois-moi parce que je ne blague pas hein? Je vais y aller à fond ». Et figure-toi que tout a démarré comme ça en fait! Les rencontres, les questionnements, le démarrage de la sexologie, tout ça a démarré de manière accélérée en quelques jours, quelques semaines, quelques mois quoi!
Michel Godart : [00:10:36] Tu t’es inscrit à l’université, On va le dire !
Olivier Mageren : [00:10:38] Non, d’abord j’ai découvert, dans les rencontres, différentes choses qui m’ont beaucoup aidé. Entre autres le massage Peter Hess, massage sonore, puis la méditation orgasmique qui a été… Voilà, j’ai vécu à ce moment là des orgasmes incroyables. Je dis « Wow, c’est incroyable quoi! », je me dis « J’y vais à fond et c’est comme un éveil de kundalini quoi. Wow! ». Moi qui était passionné de sexualité et qui avait lu plein de livres sur le tantra, je vivais ce qui était écrit dans les livres et je comprenais en fait! Non, ce n’est pas de la théorie, ce n’est pas du rêve, ce n’est pas de l’édulcoré et ce n’est pas inaccessible. Mon corps a commencé à vibrer et a orgasme comme jamais quoi! Parce que, comme si j’étais alignée en choisissant « je vais vivre pleinement hein? ». Et mon âme et mon corps le me le faisait vivre et je voyais mon corps comme une boussole quoi, elle me disait clairement par où aller hein? Pas besoin d’un pendule ou de quoi que ce soit comme on pourrait dire « Qui va me donner une réponse? » Non, mon corps me le disait tout de suite quoi, « Tu vas là : ça c’est bon, ça c’est pas bon, ça c’est vitalisme, ça c’est orgasmique, vas-y quoi ». Et donc méditation orgasmique, c’était vraiment le changement fabuleux de beauté incroyable. Puis, après, je rencontre quelqu’un qui refait des études… Je me suis dit « C’est vrai, je n’y ai pas pensé ça », mais sexo? Mais oui j’avais lu que ça ! Et donc à l’époque j’en parlais à mon ex-femme et dit « Je reprendrais bien des études mais » et franchement j’hésitais. Elle dit « Bah ouais vas-y, enfin c’est toi ». Allez je tente, je dis « Mais ils vont pas accepter, je suis ingénieur, je veux faire sexologie, Pourquoi? » Et puis je regarde le descriptif des cours de sexologie à l’ULB, à l’Université Libre de Bruxelles, et je vois qu’effectivement il y a possibilité de s’inscrire si on a un master. Et moi je suis ingénieur, donc j’ai un master, un diplôme master, niveau master, et donc je m’inscris, je suis accepté et je fais mon parcours.
Michel Godart : [00:12:00] Et de là, quelques années plus tard, Olivier, tu es diplômé sexologue… Donc un sexologue professionnel. Et, on pourrait s’attendre à ce que tu ouvres un cabinet de sexologie où tu aides les couples, tu guides les gens, ben non. Et c’est là une des raisons pour laquelle je veux t’inviter, où je veux mettre ton association en avant. Parce que tu n’as pas fait quelque chose orienté vers toi, j’ai déjà reçu une sexologue à mon micro, je lui fais coucou d’ailleurs, j’ai déjà reçu beaucoup de coach à mon micro, mais ils ont tous quelque chose d’unique et d’original. Et toi ce qui est unique et original c’est que, dans ce que tu vas faire, tu vas faire du don de toi vers les autres. Et c’est ce que je veux mettre aujourd’hui en avant avec le Love Health Center. J’aimerais que tu nous expliques c’est quoi le Love Health Center et surtout qu’on mette en avant quelle part est là pour rendre service à la société, et comment. C’est un thème qui est tabou la sexualité souvent. Je suis déjà sûr que quand tu as parlé des capacités d’avoir des découvertes d’orgasme, et des choses comme ça, il y a déjà des gens qui on peut être titillé en nous écoutant ! Moi je pense que là il y a vraiment des choses à dire et des choses à démontrer. Et de casser les tabous, c’est le mot clé qui va illustrer à mes yeux cette rencontre avec toi et le Love Health Center.
Olivier Mageren : [00:12:55] Waouh, merci! Vaste question et passionnante. Alors par où commencer? Je me sens comme un… wow! Super excité par ces deux questions. Alors comment ça a démarré, c’est un peu, c’est des moments magiques en fait. Quand j’ai décidé de vraiment me dire « Je vais vivre à 100 % hein? »
Michel Godart : [00:13:09] Là tu es diplômé hein? Tu as eu ton diplôme hein?
Olivier Mageren : [00:13:11] Non, avant même, j’étais dans mes études. D’ailleurs les professeurs nous disaient « Vous ne croyez pas non plus que vous allez vous sentir à l’aise et légitime de professer en ayant un bout de papier quoi! Vous allez avoir votre diplômes, oui c’est important, c’est nécessaire, ça fait tout son sens. Mais en même temps, il y a quand même, je pense, 90% des élèves qui ne deviennent pas professionnels et qui ne développent pas l’activité ou qui n’en vivront pas ». (Michel : Puis l’expérience s’acquiert) Voilà, et donc il faut acquérir de l’expérience « Et donc allez-y, vous en connaissez déjà beaucoup ». Donc ils ont… En avant dernière année, finalement avec le Covid, c’est devenir quatre ans d’études hein pour ma part, avec mon parcours personnel. Mais c’était passionnant et heureusement que ça a pris du temps! Pour moi je trouve que ça a été d’autant plus riche. En fait c’est dans mon parcours en tant qu’étudiant, synchronicité quasiment quotidienne en plein, dans tout ce qui se passait dans ma vie, c’est fabuleux. Et puis à un moment je rencontre une partenaire professionnelle, une autre sexologue étudiante aussi, et une personne qui a un bâtiment à Bruxelles. Et quasiment dans les 24 h, tu mets le puzzle en place : à un lieu, une possibilité, elle, on a les mêmes projets, on dit « On va créer un centre pour le bien-être lié à la sexualité, wow! C’est fantastique! » Et ça a démarré vraiment par une rencontre de trois personnes en fait, et d’un lieu. Et donc on a créé une A.S.B.L, une association sans but lucratif. Et là en fait le constat il est multiple, à la fois : tout ce qu’on peut dire sur la sexualité, ben ça reste tabou, c’est compliqué, il n’y a pas beaucoup d’espace et si, et là… Mais c’est de se dire, point fondamental, qu’est ce qui existe pour les adultes, vraiment? Alors il y a beaucoup de choses mais c’est secret, c’est un peu caché, c’est parfois honteux, c’est pas public, les gens ont des doubles vies : quelque part ils ont leur métier mais ils ont quand même une vie sex positive mais ils ne veulent pas que ça se sache, ils ne vont pas s’afficher quoi, c’est tabou, c’est pas bien. Deuxième constat j’avais envie de proposer quelque chose de différent. Si je ne suis pas contraint par tout ça, j’ai vraiment envie de l’incarner pleinement. Puis la question de l’orgasme, moi ça a été fondamental, pendant tout mon parcours depuis adolescent aussi, comment ça se fait? Parce que j’ai eu des orgasmes incroyables en étant étudiant à 19 ans, tout ça. Qu’est ce qui fait que les adultes n’en parlent pas? Alors soit ils le vivent pas, alors c’est un problème, je trouve… Fondamentalement, parce il y en a qui le cherchent et qui le souhaitent et qui voudraient comprendre. Ou bien ils le vivent, ils le partage pas… Mais comment on peut construire un monde si on ne se partage pas nos expériences? Si on partageait pas les connaissances en médecine, en ingénierie, on n’avancerait pas. Donc il y avait l’intention de parler d’orgasme.
Michel Godart : [00:15:12] Si je fais une métaphore moi je compare ça à : il y a une maladie dans la société, tu t’es déjà penché sur la phase finale de la maladie, le symptôme. Et le symptôme c’est que l’adulte n’en parle pas ou ne la vit pas, on ne sait pas trop à ce moment où tu te poses ces questions. Moi ce qui m’interpelle plus et ce qui m’a vraiment beaucoup marqué dans ton projet, j’ai un parcours atypique, j’ai fréquenté des gens dans des grandes souffrances et des parcours de vie difficiles, des cas de viol et des choses comme ça… Et je sais que certaines personnes, face à une société qui a tellement de tabous, ont encore plus de mal à dénoncer des actes ou des faits. Et déjà c’est ce qui m’a touché dans les questionnements que tu te posais. Et puis je vais aller plus loin encore, c’est qu’avant même l’adulte, bien avant d’être adulte on est adolescent et enfant… On en a parlé dans un des podcast que tu as fait pour « Entr’Nous », qui est le podcast du Love Health Center, on va déjà le mentionner, il y a déjà des constats mais épouvantables… Il y a un manque criant dans les écoles d’éducation sur la sexualité qui se limite à bien trop peu de choses, comme on le disait dans un épisode « Entr’Nous » que j’invite les auditeurs à aller découvrir ce podcast, il y a une capsule où on parle de l’appréhension de la sexualité notamment pour les hommes. Il y a un témoignage qui le dit « On apprend dans les écoles à mettre un préservatif sur une banane, mais ça doit pas s’arrêter là ».
Olivier Mageren : [00:16:16] Comme tu dis, à l’école il y a un peu d’éducation sexuelle, qui vaut ce qu’elle vaut, et qui est bien, et il en faut, et il faut faire beaucoup plus. Et il y a des centaines de sujets à parcourir, et on a quelques heures tous les deux ans en général à Bruxelles donc on se dit « Mais, c’est dérisoire, la curiosité et l’expérience d’un enfant à treize, quinze ou dix-sept, ça n’a rien à voir » donc en fait il ne se souviennent même pas de ce qu’on a dit avant. Ou à part qu’il a vu une capote ou un moyen de contraception, donc c’est dérisoire ce qu’on fait.
Michel Godart : [00:16:38] Mais c’est un thème qui va pourtant influencer toute sa vie.
Olivier Mageren : [00:16:40] Toute sa vie, exactement. Ensuite et surtout, c’est la beauté, mais aussi toute la vitalité de la personne parce que si la première expérience n’est pas belle, traumatisante, avec des abus avec… Ben on part avec un fameux handicap parce la sexualité est tellement puissante, soit c’est un levier qui booste ou soit c’est un truc qui va freiner et handicaper les études, la confiance en soi.
Michel Godart : [00:16:57] Et avoir un impact dans la vie professionnelle aussi (Olivier Mageren : Voilà) parce que quand on a un manque de confiance en soi, qu’on n’est pas à l’aise dans une société, même si c’est un thème qui n’est pas en lien direct avec le travail, on va avoir un impact dans ses comportements au travail et dans ses attitudes.
Olivier Mageren : [00:17:08] Et dans la genèse du Love Health Center, il y a ce constat de ce qui se passe actuellement à l’école, c’est bien et ça s’améliore mais voilà, étape par étape. Et puis adulte, ok, ben il se passe rien. A part des consultations type : approche problèmes, psychologie, sexologie médicale.
Michel Godart : [00:17:23] Encore une fois quand c’est trop tard.
Olivier Mageren : [00:17:24] On cherche à guérir, et quand est ce qu’on construit une vision positive? C’est quoi la vie que je veux créer de manière positive? C’est quoi la société que j’ai envie de construire? C’est quoi une sexualité belle? Et donc on s’est dit, c’est dingue, en fait il y a des centaines de choses à créer en sexologie. Et donc il y a un champ d’exploration colossal, il y a des choses qui existent un peu cachées, ou des petits ateliers et des petits trucs un peu « non connectés » qui sont là, ci et là, qui sont belles mais c’est encore assez timide et émergeant. Et je me dis il faut créer quelque chose. Et donc la sexualité pour moi c’est une vision par rapport au bien-être, à la sexe positivité, à une approche holistique, globale, inclusive et curieuse. Expérientielle aussi, ce n’est pas de la théorie, c’est vivant, c’est dans tes tripes hein? Je veux dire ce n’est pas un livre, c’est vraiment des choses qui est toi, ça parle de toi, et donc c’est booster la vitalité. Et c’est en lien avec mon rêve d’adolescent, parce que c’est dire « Pour moi c’est comme ça qu’on construira la société de demain ». Parce que si on prend les mêmes ingrédients, on fait la même chose. On ne s’en rend pas compte mais en fait le monde, si on regarde le monde, on reproduit quasiment tout le temps la même chose et on avance avec des pas de fourmi. Alors qu’en fait on pourrait faire des pas de géant si on allait voir ce qui se passe dans la sexualité, parce qu’il y a tellement de facteurs fondamentaux dans la sexualité qu’on construira alors une vie plus belle, qui fait que l’humanité fait des pas de géant, et on va construire une vitalité réelle. Et donc le changement sera durable, ou sinon on va faire des petits changements et on va revenir en arrière, on va retomber dans les ornières et on va quelque part ne pas comprendre qu’on a atteint un mur de verre comme ça, alors qu’en fait c’est parce qu’on ne va pas voir ce qui se passe dans notre sexualité.
Michel Godart : [00:18:46] Tu ne t’es pas dit je vais prendre mon acquis et mes compétences que j’ai appris à l’école, l’expérience que je construis pour finalement guérir les gens. Non, je vais aller en amont, je vais m’occuper de ce qui est en amont, l’éducation, le dialogue, la communication et surtout le mot-clé : casser les tabous !
Olivier Mageren : [00:19:00] C’est parler des choses. Évidemment, dans le jargon, on parle de casser les tabous, j’aime pas le mot « Casser les tabous » personnellement. On peut le comprendre hein? Ca peut être chouette, ça peu être dynamique, ça peut être « wow » vitalisant, « Wow » on va casser… Mais je ne suis pas en train de lutter ni de détruire quelque chose, parce qu’en fait il existe, c’est parce qu’on l’a créé, il y a un contexte. Et si on faisait autre chose? Si on orientait son regard à construire quelque chose plutôt qu’à lutter? Parce que si on lutte, c’est comme dire on va forcer la paix, on va lutter contre la guerre, donc on va forcer la paix. Oui, mais on est en train d’imposer une paix, ça n’a pas de sens, on a les mêmes ingrédients et on fait les mêmes bêtises, et on va dans un autre extrémisme, et on n’a pas grandi par conscience, on ne change pas de plan de conscience, on reste avec la même essence en fait. Et pour moi, ce travail de sexologie, la création du Love Health Center, ça part d’une passion, d’être là pour les gens, d’offrir, comme tu dis : des podcasts, des sphères de parole, des permanences, des conférences et donc on parle de sexualité, mais pour moi c’est d’enrichir la vie des gens et de leur permettre, avec leur parcours, leur curiosité, leur intelligence, leur désir, à faire une vie joyeuse. Donc mon intention c’est : aimez votre vie quoi ! L’amour, on parle souvent d’aimer les choses, d’être dans le désir, c’est ça… Aimer votre vie, aimez votre corps, aimez ce que vous faites et aimez ce que vous faites de votre temps, de votre passion, de vos intelligences, incarnez-vous pleinement, descendez et soyez-là. Pour moi, quand je parlais de mon changement de vie, c’était le « rebirth ». C’est vraiment : j’accueille mon âme quoi! La à un moment mon corps est là mais il faut que je m’aligne avec mon cœur, écoutez cette petite voix intérieure, cette finalité, elle est là en fait. Après chacun à son rythme et peu importe ceux qui entendent le discours… Ouais ça résonne, ben chouette, on parle peut-être de personnes convaincues et c’est fabuleux. Pour ceux que ça ne parle pas, ce n’est pas très grave et on peut quand même parler de sexualité avec passion sans nécessairement avoir cette vision-là. Mais je suis convaincue que ça passera par là. Et donc le Love Health Center vous propose une multitude d’activités, comme je l’ai mentionné, mais on est aussi très créatif parce qu’on est en train de créer une escape-room, une pièce sexo-éducative, en format ludique, créatif. Et donc on est dans la possibilité d’être entrepreneur et de créer des choses en sexologie, parce qu’on a plus de questions que de connaissances en sexologie !
Michel Godart : [00:20:54] Comment faire comprendre le plus facilement, si tu devais résumer en deux phrases aux gens, que s’ils soignent leur approche à leur sexualité, ça va changer tellement radicalement leur vie que ça commence par le couple, que ça continue avec l’éducation des enfants, ça influence le relationnel amical, ça finit par avoir un impact dans la vie professionnelle, ça finit par un bien-être mental et psychique puissant, ça finit par une vie épanouie… Mais ça change totalement une vie! Et pourtant, et pourtant, c’est le thème qu’on aborde le moins à l’école. On peut parler de la parentalité aussi parce qu’avoir des enfants change : et la vie sexuelle, et la vie affective des gens, aussi ! Enfin, ça prend une ampleur, mais tellement phénoménale, comment faire prendre conscience aux gens que cet élément, c’est pourtant peut-être l’élément le plus clé de leur vie?
Olivier Mageren : [00:21:38] Ben j’ai l’impression d’essayer d’ouvrir une porte ouverte en parlant de ça, parce que ça me paraît évident, mais peut être pas, comme tu dis, pour tout le monde. Ben d’une certaine manière, déjà de manière évidente, ben la société elle vient de là, on n’est pas là si des personnes avant nous n’ont pas fait l’amour et que (Michel : C’est vrais, Rires), voilà qu’une femme a, elle est tombée enceinte et a accouché. Et donc tout de suite on voit comment tout ça est déjà évident, tout passe par la sexualité, on est né et… Enfin je veux dire : à travers ça, c’est quand même ce fameux foyer d’émergence de « qui on est » quoi, c’est la sexualité. Et puis ben tout de suite, on sait bien, ben on grandit. Comment nos parents nous ont transmis de manière implicite, et la culture, et l’éducation, comment être en relation avec notre sexualité, notre… On voit bien qu’ils vont mettre des barrières, ou des hontes, ou des gènes, on va les sentir, intuitivement, et donc ça va nous influencer sur ce qu’on veut faire, pas faire et de se dire « tiens, est-ce que je suis libre? Est-ce que je me sens bien? »
Michel Godart : [00:22:23] Et on va rappeler quand même aux gens que, mine de rien, quelqu’un qui est bien dans son couple, qui n’est pas frustré dans sa relation sexuelle, va peut-être aussi déjà, par exemple, être moins agressif, moins négatif dans ses perceptions de la vie et d’attitudes. Et donc ça va avoir un impact au travail, dans la vie sociale tous les jours.
Olivier Mageren : [00:22:37] Ah c’est sûr, quelqu’un qui est frustré dans sa vie amoureuse et sexuelle, et souvent les deux sont assez liés malgré tout. Parce que souvent quand on est « bien dans son couple » ben la sexualité s’exprime naturellement, souvent. C’est comme… Implicite, ça se passe, voilà. Et par contre, quand il n’y a pas de sexualité, c’est souvent qu’il y a des difficultés dans le couple, dans… Pour 1000 raisons, souvent liées à la communication, mais pour plein de raisons qui sont principalement, je pense, personnelles, mais aussi de dynamiques à deux. Et on sait bien que si ça passe pas bien, ben ça va se dénaturer, on va être frustré, on ne va pas être content, on va dire « Ouais en fait je suis réactif, je suis un peu épidermique » ou « Je suis à un niveau de stress ou de mal-être où de … ». On pourrait se dire « Purée, pourtant la sexualité c’est mieux chez les autres, et lui il a… Et… »
Michel Godart : [00:23:16] Combien de gens sur les réseaux sociaux, je prends par exemple Facebook, essayent de montrer une vie, une image de leur vie sur les réseaux sociaux qui, quand on les connaît en privé, on se rend compte que ce n’est que de l’apparence et qu’en fait ils ont les mêmes souffrances que d’autres, et que c’est masqué. Donc est-ce que finalement c’est vraiment vrai qu’on doit envier la vie de quelqu’un d’autre?
Olivier Mageren : [00:23:33] Non, évidemment, on connaît la réponse directement quoi c’est… Mais ça n’empêche que cette frustration et autre, elle s’exprime de 1000 manières dans nos interactions. Parce que si on part d’un contexte de pleine satisfaction de sa sexualité, c’est à dire qu’on n’est pas en train de combler un manque, on n’est pas en train de courir derrière pour consommer parce qu’on est frustré ou parce qu’on n’a pas droit, ou… Parce qu’aujourd’hui la sexualité, et dans beaucoup d’activités au niveau de la sexualité et, je trouve qu’on parle du manque, d’un problème, ou bien de cette frustration, on sent que c’est dénaturé… Et donc, quelque part, on handicape l’expérience sexuelle parce que l’intention, le besoin, il est encore de combler un vide.
Michel Godart : [00:24:09] Et là tu parles peut être d’un public qui est 80 % de la population. On n’a même pas encore abordé peut être les 20%, peut-être que je me trompe sur le pourcentage c’est symbolique mais, tout le pourcentage de population qui a, en plus, une souffrance énorme. Tout ce public là on en parle même pas encore, on ne rentre même pas encore dans les vraies problématiques « hards », là on est encore simplement dans le bien-être de l’individu classique, à parcours classique encore hein? Et on est déjà en train de se questionner… C’est interpellant je trouve.
Olivier Mageren : [00:24:31] Ouais, et donc tu disais : ben comment faire comprendre à quel point la sexualité est importante pour la société? C’est que je pense, si on prend l’image comme dans une certaine philosophie ou autre, l’humain est un peu comme un arbre en fait. Et la sexualité c’est un peu cette… Comme on parle souvent du chakra racine, mais c’est cet ancrage, c’est d’où on vient, c’est notre histoire, mais c’est omniprésent dans la vie, peu importe sa forme, même quand on est asexuel. C’est une forme de sexualité et c’est en lien avec la sexualité, et c’est exprimer son énergie vitale d’une manière ou d’une autre, et c’est son choix, et c’est beau, mais c’est quand même la sexualité malgré tout. Et en fait il faut vraiment aller s’ancrer dans notre sexualité pour ensuite être cet arbre où en fait toute notre vie peut rayonner. Un peu comme les branches de notre intellect, de notre mental, de nos rêves, de nos désirs dans nos créations et de cette spiritualité. Parce qu’on le veuille ou non c’est une idée qui arrive, et on essaye de l’incarner et de le manifester dans la vie. Pour moi, la vie ce n’est pas une manifestation de manifester contre, c’est de manifester qui je suis, ce que je veux, ce que jamais et ce que j’ai envie de rayonner avec les autres. Et quand on est pleinement nourri, et qu’on a les deux, on est stable, on peut faire face à beaucoup d’événements et toujours être au clair avec soi et dans l’accueil de l’autre. Puisqu’on parle d’amour, de bien-être, c’est presque parfois religieux ou spirituel d’en parler, mais ça l’est je trouve, à un certain niveau. Cette sexualité pleine, épanouie et sexe positif, sans mettre de dogme ou d’étiquette ou quoi que ce soit. Quand on est parfois dans des communautés sexo positives, on dit « waouh, on a atteint un certain niveau de bien-être là » qu’on aimerait bien voir partout.
Michel Godart : [00:25:49] J’entends aussi une chose qui me paraît évidente à ce stade de la discussion c’est : on a pris conscience, peut-être en nous écoutant maintenant pour ceux qui ne l’avaient pas, que la sexualité a plus d’importance qu’on ne l’imagine. On va travailler sur soi parce que tu es dans le créatif, dans la recherche de solutions, de propositions positives, pour nous faire grandir, évoluer. Mais malheureusement, le deuxième niveau de problématique qui tourne autour de la sexualité, avant même encore de rentrer dans les cas spéciaux et de rentrer en amont, historiquement, sur l’éducation. C’est que même si on arrive à être bien épanoui soi, à un moment donné on est dans une société entourée d’autres petits arbres qui, eux, ne sont pas encore des grands arbres, et qui malheureusement vont juger, rejeter, interagir. Et donc parfois on peut cultiver un développement personnel riche, épanouissant et être confronté constamment à ce que j’appellerai une agression extérieure qui est intolérante, qui ne te comprend pas. C’est cet aspect là que vous allez guérir je pense, parce que toi dans ton projet, tu ne t’attaques pas à l’individu unique. Oui, tu travailles avec les individus, mais dans ton intention, parce qu’on a beaucoup échangé, tu l’a dit au début d’ailleurs, c’est socialement que tu veux agir, c’est pour ça que tu as fait le podcast aussi, c’est sur une large gamme du public. Tu as une chance que ceux qui font l’expérience de se faire grandir puissent se sentir mieux, et ne fasse pas marche arrière, parce que c’est à tenir en compte aussi ça?
Olivier Mageren : [00:26:56] Oui, tout à fait. C’est de, quelque part, une plante fait des milliers de graines et il y en a peut-être trois qui vont émerger. Moi je vis dans un terrain avec ma tiny house, il y a plein de champs, à l’automne il y a des milliers de glands au sol quoi! Wow c’est partout, combien vont émerger? Je n’en sais rien. La sexualité c’est un peu comme ça, on est libre, chacun est libre, moi je manifeste et je partage, tel que j’aurais aimé que des adultes me le partage et m’inspirent, et me donnent envie de grandir, dire « Ouah la vie d’adulte, c’est fantastique, c’est fabuleux, c’est beau, on est créateur, on est inclusif, on aime les gens, on aime ce qu’on fait, on est ouvert, on s’entraide » et ce monde existe… Et c’est juste qu’il est disséminé. Et s’il y a des acteurs à gauche, à droite, comme peut-être quelques graines qui vont, chez qui le message va émerger ben…
Michel Godart : [00:27:35] Qui seront inspirants.
Olivier Mageren : [00:27:36] Oui, on va s’entraider les uns les autres et grandir, comme tu dis, pour passer à l’étape suivante. Et je pense que vraiment il faut, la sexualité on parle du corps, la sexualité, certes, elle peut être énergétique, spirituelle, tout ce qu’on veut, c’est des expériences… (Michel : Corps et mental!) mais avant tout c’est physique. C’est aussi, et en tout cas les premières formes d’expériences, c’est physique, c’est génital et le corps. Et pour moi ça parle d’incarnation, c’est de s’incarner, c’est d’accepter son corps pleinement. Parce qu’en fait, qu’on le veuille ou non, on est quand même un corps à pleinement aimer et apprécier tout autant qu’un monde mental, intellectuel et spirituel qui est aussi à aimer et à accepter, mais qui n’est pas visible. Mais notre corps, il est visible. Et si je te rencontre, c’est qu’on se voit à travers nos corps, et le corps j’ai envie de le célébrer et de dire merci, c’est beau et un orgasme transcendantal ça change une vie quoi.
Michel Godart : [00:28:16] Et dans la problématique que tu mentionnes, il y a aussi les notions de parentalité ou non, et d’âge. Parce que la sexualité elle va avoir une perception et une sphère d’interaction différente selon l’âge, selon son statut, selon son évolution au sein de la société, enfin c’est tellement large. On va peut être revenir un peu (Olivier Mageren : Oui) sur le Love Health Center. Concrètement, dans les actes pratiques, parce que c’est ce que je veux vraiment mettre en avant. Les gens qui nous écoutent doivent se poser maintenant plein de questions sur comment tu fais, en pratique, pour changer cette société? Alors tu as mentionné les ateliers, mais rapidement je voudrais qu’on revienne sur les différentes offres du Love Health Center pour la société, ce que tu fais, comment ça se passe? On va situer où est le Love Health Center déjà !
Olivier Mageren : [00:28:49] Alors le Love Health Center, il a toujours été au centre ville de Bruxelles, à côté de la Grand Place, et il est en train de déménager. On fait des travaux, on intègre aussi un groupe fantastique, un assemblage d’espaces partagés, d’associations LGBTQi + et moi je viens avec le pôle sexualité, dans un bâtiment à côté du Manneken-Pis. Donc c’est quand même fantastique (Michel : Ah; on ne peut pas le rater – Rires). ce côté espiègle, naturel, évident, sans tabou et que tout le monde a envie de photographier, c’est fantastique.
Michel Godart : [00:29:14] Il y a un petit magicien là haut qui a dit c’est là qu’il faut que le bâtiment soit. (Olivier Mageren : Oui, certainement) donc il se situe dans le centre de Bruxelles, donc c’est hyper facile à qui que ce soit qui visite la capitale bruxelloise de faire un petit coucou au Love Health Center.
Olivier Mageren : [00:29:25] Et donc dans l’esprit du Love Health Center, c’est quoi? C’est aussi de se dire voilà, je veux… La sexualité, c’est simple. En soi hein? Si on est vraiment, avant évidemment ça peut être compliqué tout ça… Mais à la base, c’est simple, mais c’est expérientiel, c’est pas nécessairement inné, c’est comme l’amour, ça se construit, ça s’invente, ça se renouvelle, ça se déploie, c’est des compétences.
Michel Godart : [00:29:45] Ça nécessite de l’authenticité.
Olivier Mageren : [00:29:47] Ca nécessite de l’authenticité mais c’est accessible, ça ne dépend que de soi, c’est gratuit, c’est puissant, c’est beau, c’est du bien-être, c’est de la satisfaction, c’est du désir, c’est de la joie, c’est dire je t’aime. Et donc la sexualité c’est tout ça. Sauf qu’aujourd’hui ben c’est cloisonné à des formes de pathologies, en sexologie par exemple, c’est vrai hein? C’est problèmes d’érection, problèmes d’éjaculation, problèmes d’orgasme, problèmes de vaginisme, ok, mais en fait si c’était pas ça, ça serait quoi les gars? Si c’était pas ça, c’est quoi une sexualité? Parce qu’une sexualité c’est pas dire « j’ai pas de problèmes d’érection, je n’ai pas de problème de vaginisme ». Enfin, honnêtement, c’est beaucoup plus… Et de se dire « Ca peut être quoi? » et donc c’est gratuit. Et aujourd’hui ben c’est payant et quand veut avoir une information sexo, certes il y a beaucoup de choses gratuites aussi sur internet, mais soit c’est du mainstream ou soit c’est privilégié, c’est cher, c’est des activités qui sont fort coûteuses, et il faut prendre rendez-vous chez un sexologue, et on met les gens… Au lieu de mettre la priorité sur les gens, on fait une session d’une heure. Et quelque part c’est presque le temps qui est prioritaire : on formate, c’est un prix, 1h, 1 personne, je dis mais « Waw, non, moi j’ai envie que ça soit accessible, il faut vraiment rendre la chose accessible ». Et donc le Love Health Center c’est aussi : vous avez une question? Appelez-nous, « Ah tiens, qu’est ce que je pourrais faire? » (Michel : Et c’est gratuit?). Oui, parce qu’on fait des permanences et si on m’appelle, moi j’ai appelé régulièrement par des gens bien au-delà de la Belgique qui me disent « Ah tiens, je ne sais pas quoi faire, ou je pense à ça, ou ça fait dix ans, je galère là dessus. Ou tu me conseillerais quoi? Ou est-ce que ton atelier pourrait me convenir? Finalement, je voudrais bien faire une session avec toi ou bien? » Voilà, c’est des conseils. C’est un peu comme avoir un sexologue comme ami et te dire « Tiens, si j’avais une question, je n’irais pas prendre un rendez-vous d’une heure chez un sexologue. Et donc je reste avec ma question et peut être qu’un jour il y a beaucoup de questions, ou bien alors on va dire c’est confus, je vais pas prendre rendez-vous, c’est un peu ridicule. J’aurai dix milles questions ou bien je vais avoir un problème suffisamment grand que pour oser frapper à la porte ». Non, non, non, La porte elle est déjà ouverte les gars, le lieu il existe. Et si tu as envie de poser une question ou dix, et bien tu viens.
Michel Godart : [00:31:34] C’est là ou toi en fait, finalement, je sais que tu ne vas pas aimer ce que je vais dire maintenant, mais tu fais tellement du gratuit, tu fais tellement du don de toi, que j’ai voulu te mettre en avant aujourd’hui pour ça. Parce que s’il y a bien une association qui a besoin de fonds, ben tu n’est pas en difficulté mais c’est toi… Je veux dire, le Love Health Center a besoin de fonds pour pouvoir se permettre ça, parce que malheureusement, dans cette société, on ne vit pas encore d’amour et d’eau fraîche. Bien que la métaphore « d’amour et d’eau fraîche » te va parfaitement bien pour l’instant, dans ce que tu nous racontes. Alors, malgré tout vous faites quand même aussi des ateliers avec une participation, et ce que j’aime aussi dans ton approche, et ça je vais le mettre aussi en avant : c’est que tu fais même parfois le prix conscient. Mais avant d’en arriver là, je veux que tu nous détailles : alors, les cercles de parole… Dis-nous tout ce que tu fais, donne nous des exemples d’activités que tu proposes parce que maintenant les gens doivent vraiment visualiser. Tiens, qu’est ce que le Love Health Center peut proposer dans la pratique?
Olivier Mageren : [00:32:19] Je reviens sur le prix, pour moi c’est important, c’est aussi la cohérence par rapport à toute la sphère et l’expérience de… C’est quand on a un super orgasme, c’était gratuit, c’était simple, c’était accessible, c’était juste là, Il faut découvrir, expérimenter et pour moi, l’argent ne peut jamais être un frein. C’est toujours en fait « prix libre et conscient ». Conscient dans la mesure où j’affiche un prix, il y a une valeur qu’on donne, qui est standard ou celle qu’on estime que ça vaut, et c’est libre. Mais il y a aussi des activités gratuites, et les gens peuvent proposer ce qu’ils ont envie de contribuer, peut-être même après avoir fait l’expérience. Alors dans les activités, et bien comme je le disais, on peut appeler pour des conseils ou quoi que ce soit, et je suis appelé par des étudiants, par des stagiaires, par des gens qui travaillent en Afrique sur un projet social, enfin par plein de trucs. La sexualité est tellement interconnectée à plein de choses. Je suis appelé par plein, plein, de type de personnes, de l’individuel au collectif, aux projets sociaux, aux professionnels, aux particuliers. Les cercles de parole donc on discute sur la sexualité, on fait entre autres des spectacles tabous, des spectacles d’improvisation une fois par mois (Michel : Oui!) à Bruxelles, où trois artistes sur scène viennent présenter des scènettes sur la sexualité, c’est juste fabuleux. Ça permet d’ouvrir le dialogue, de parler entre nous, d’avoir un esprit ludique. Je fais des conférences sur des thématiques, par exemple sur l’orgasme, sur l’éjaculation, sur l’éducation sexuelle, voilà, tout ce genre de thématiques. Ensuite des ateliers, évidemment. Et c’est vrai que quand on fait des ateliers, parfois il y a un prix, c’est vrai, parfois par exemple on fait des ateliers pour les couples, c’est environ 600 €. Mais oui, parce qu’on doit payer un lieu, c’est résidentiel, il y a un traiteur, il faut payer. Il y a pas mal de frais fixes et à la fin, nous on travaille non-stop, il y a un travail en amont, énorme, et en aval énorme, c’est une expérience qui ne s’arrête pas au stage. On fait des trucs avant et après on reste en lien avec les gens. C’est un nombre d’heures colossal et donc à la fin, on travaille pour 3 € de l’heure, même si c’est 600 € le prix d’entrée. Mais on parle quand même d’un week-end complet pour un couple pour deux personnes. C’est fondamentalement pas énorme. Mais parfois c’est vrai qu’on se dit « oh c’est cher », mais on ne pourra pas faire autrement parce qu’on ne peut pas tout faire gratuit non plus. Ben voilà, on fait des podcasts.
Michel Godart : [00:34:07] podcast « Entr’Nous », on donne le nom : « E », « N », « T », « R », « ‘ » apostrophe, Nous.
Olivier Mageren : [00:34:11] J’ai écrit un petit livret aussi sur les cycles masculin. Je suis en train d’écrire un deuxième livre sur le pénis.
Michel Godart : [00:34:17] Tu joues aussi beaucoup dans les thèmes de la déconstruction masculine, on va le dire, c’est important. Ça fait partie aussi des thèmes…
Olivier Mageren : [00:34:23] Ben d’ouvrir en tout cas, oui, le monde masculin est beaucoup plus vaste que ce qu’on dit culturellement. Et je veux donner la parole, me montrer moi tel que je suis, et laisser la porte ouverte à d’autres pour dire aussi c’est quoi toute cette diversité masculine? Comment nous on se sent homme? Quand moi je suis enfant, on parlait du rêve d’enfant, je ne me retrouvais pas, moi je ne suis pas le mec qui fait la guerre, qui va, évidemment on peut comprendre l’histoire et je serais né à cette époque là, j’aurais peut être fait la même chose. Mais à un moment on se dit « Mais non, c’est pas moi et ça c’est pas ma vie ». Et donc il y a 1000 manières d’être homme et j’appelle les hommes à s’inspirer aussi de ce que les femmes font, qui sont beaucoup plus actives dans le domaine du féminisme pour afficher leurs valeurs.
Michel Godart : [00:34:53] On est tellement incohérent dans notre sexualité. On n’en serait pas là si on avait travaillé notre rapport de couple, notre relationnel et notre sexualité beaucoup plus en amont et beaucoup plus tôt. On serait pas dans des différences homme femme si fortes que maintenant. Je crois que ça joue aussi un rôle la sexualité. Enfin, il y a tellement de clichés, tellement de stéréotypes à casser, c’est juste passionnant. Je voulais aujourd’hui dans cet épisode qu’on comprenne que le Love Health Center, quand on dit aux gens ben le Love Health Center est à Bruxelles, déjà faire des choses gratuites en tant que sexologue, c’est quand même assez unique, assez exceptionnel, et je voulais aujourd’hui qu’on mette ce geste à l’honneur. Je voulais aujourd’hui qu’on mette le Love Health Center à l’honneur pour tout ce qu’il peut amener de positif dans cette société. Et je crois qu’il mériterait plusieurs podcasts sur le thème. Mais on l’a dit, c’est un épisode bonus, c’est un épisode spécial et l’idée c’est de mettre d’initiatives comme les tiennes, en avant. Et on rappelle aux auditeurs, avant de clôturer tout doucement ce podcast, qu’on vous invite à faire des dons dans le projet ici du podcasthon. I l y a d’autres podcasteurs qui mettent en avant d’autres assoces, donc faites votre shopping parmi tous les podcasts qui vous seront proposés, écoutez ce qui vous parle et faites des dons là où votre cœur vous guide. Ça nous fera, en tout cas ici chez hrmeetup, très plaisir. Olivier, Un mot de la fin encore !
Olivier Mageren : [00:35:57] Merci. J’avais envie de rajouter un élément, c’est de se dire voilà, développer une activité comme celle ci, c’est beaucoup d’abnégation, de résilience, d’engagement et j’y mets tout mon âme et mon corps. Et en fait, vous savez que pour trouver de l’argent et c’est pas si évident en sexe positivité, parce que quand on frappe aux portes des ministères ou autres, l’éducation dit « Ben non, c’est pas nous, c’est la santé ». La santé va nous dire « Ben non, c’est la jeunesse » et la jeunesse va dire « Ben non, ce n’est pas nous. » Donc on tourne un peu en rond. Peut-être un jour l’égalité des chances en Belgique, je n’en sais rien.
Michel Godart : [00:36:20] Il y a EVRAS aussi en Belgique.
Olivier Mageren : [00:36:21] Oui, mais ça n’empêche que dans une vision positive, holistique, et trouver sa place alors qu’il y a déjà des acteurs… Et parfois je propose un projet : « Ouais mais ce n’est pas vous. Il y en a un autre qui existe, il y a untel ». Enfin voilà, c’est pas encore ouvert et les budgets ne sont pas suffisamment grands que pour dire « on peut offrir à davantage de personnes ». Il y a aussi le fait que, par exemple, la Fondation Roi Baudouin, fantastiquement quelque part, soutient des projets qu’on veut développer. Et donc on a un compte ouvert, donc on peut recevoir des dons et offrir une déduction fiscale. Mais, par exemple, à la fondation qui collecte toutes les propositions d’appel à projets ou autres en Belgique de fondation, je ne trouve jamais. Ça fait des années que je regarde, il n’y a pas un seul appel d’offre qui parle de sexualité positive. Aucune, aucune, aucune. Et donc on est toujours entre devoir se justifier, expliquer… C’est fondamental, c’est omniprésent dans la vie, mais on doit toujours essayé quelque part de séduire les gens pour dire, ou essayer de leur expliquer qu’il y a un lien et que, même si c’est un appel à projet santé-jeunesse, c’est santé-jeunesse-sexualité, ou c’est…. On doit toujours essayer de créer le lien par nous mêmes. Il n’y a jamais de manière explicite quelque chose de, voilà, on va vous aider en sexualité, on sait que c’est important, évidemment que c’est important parce qu’on parle de consentement, de choix libre, de tellement de valeurs fondamentales!
Michel Godart : [00:37:27] Mais pour clôturer, est-ce que la problématique de cette perception et de cette capacité de se dire « Je vais te faire des dons parce que je comprends l’ampleur du projet », c’est justement pas parce que le Love Health Center est tellement holistique dans son approche, tellement globale ?
Olivier Mageren : [00:37:37] Non, je ne pense pas, pour moi on parle vraiment de sexualité. On parle de sexualité aussi, ce n’est pas une sexologie classique, c’est une sexologie moderne, innovante et pertinente qui est complémentaire aux autres. Parce que tout ce qui est approche problème est fondamental. Et heureusement qu’il y a des médecins, des psychologues, des gens qui font des trucs qui sont connus, mais il ne faut pas le réinventer et il ne faut pas l’expliquer, les gens le connaissent… Mais la sexualité, c’est d’abord de l’expérience, c’est de créer sa vie, c’est pas d’attendre qu’il y ait des problèmes. Donc il faut des gens qui s’occupent de tout ça. Mais donc on est un peu dans un no man’s land au niveau financier, au niveau même contexte. Moi j’espère qu’un jour il y aura, la politique va changer et qu’on aura un ministère de la sexualité, un ministère du changement, un ministère de l’accouchement, un ministère de, vraiment des choses, du changement et des transitions, dont fait partie la vie, l’accouchement, la mort et tout ça. Et j’espère qu’on va mettre collectivement, peut-être qu’il faudra un siècle, mais qu’au centre de la société soit vraiment ce qui fait la vie.
Michel Godart : [00:38:25] On a parlé pendant une bonne grosse demi heure de sexualité et de l’impact du Love Health Center et comment il peut avoir cet impact dans la société, pourquoi. J’espère qu’on n’a pas été trop éparpillé, je vous le rappelle, on fait des podcasts complètement improvisé, on avait pas vraiment préparé le terrain parce que c’est comme ça qu’on fonctionne chez nous. C’est beaucoup plus spontané, beaucoup plus authentique d’échanger de cette manière-là. On espère que les auditeurs ont bien compris l’ampleur et en sont conscients. N’hésitez pas, faites des dons et on remercie au passage les personnes qui ont organisé ce podcasthon parce que l’idée vient d’eux aussi. Sans cette initiative, on n’aurait peut-être pas eu l’opportunité d’avoir le réflexe de se dire tiens, on va mettre une ONG en avant, une association en avant. Et le fait que pendant quelque temps, dans un mois précis, dans un moment donné, plein de podcasteurs se regroupent pour faire une telle action de mise en avant d’ONG. et d’associations, c’est juste fantastique, c’est juste magique. On les remercie tous, soyez généreux, on compte sur vous maintenant. À très bientôt pour de nouvelles aventures. Merci.
Olivier Mageren : [00:39:16] Oui, merci au créateur du podcasthon a tous les contributeurs, auditeurs, auditrices et de tout cœur je vous souhaite une belle vie !
Jingle Outro : [00:39:25]Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».
Michel Godart : [00:39:27] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor des transforma bxl – Innovation Playground. Et vous retrouvez tous les épisodes sur le site https://whatsyourstory.be
Tous nos podcast de hrmeetup. ©
Podcast: Play in new window | Download
#PodiBUZ, la marque éditoriale de The Podcast Factory Org ASBL-VZW.


