« Yallah Je T’emmène » à PodBXL 2025

Marie et Méwaine Yallah Je T’emmène à podbxl

« Yallah Je T’emmène », proposé par Marie & Méwaine, sera à PodBXL à 19h le 05 juillet 2025 ! – Podcast #026 PodBXL

Notre répondeur Vocal pour laisser un message vocal à Marie & Méwaine du podcast « Yallah Je T’emmène » en réaction à ce podcast : ici

Yallah je t’emmène, les voix de Palestine : écouter, comprendre, rencontrer… sans filtre

Dans cet épisode, Marie est au micro de Michel pour partager le chemin parcouru depuis le lancement du podcast «Yallah Je T’emmène», co-animé avec Méwaine. Avec sincérité, émotion et humilité, elle revient sur la raison d’être du projet, mais aussi sur les prochaines rencontres à venir, notamment le 5 juillet au festival #PodBXL.

Le podcast donne la parole au peuple palestinien, au plus près du terrain, loin des récits déformés ou des opinions toutes faites. Marie et Méwaine enregistrent actuellement depuis la Palestine, dans des conditions qu’iels évoquent avec pudeur mais détermination.

Sans jamais juger ni polariser, cet épisode invite à une réflexion plus large :

Un acte de violence visible nous choque. Mais qu’en est-il de ce qui est invisible ? Les violences insidieuses, les oppressions quotidiennes, la charge mentale d’un conflit qui se vit au long cours… Les études le montrent : les traumas se transmettent de génération en génération. L’actualité est bouleversante, mais c’est l’écoute profonde qui permet de comprendre ce qu’on ne voit pas à l’écran.

Et si vous aviez des questions ? Des doutes ? De la curiosité ?

Marie et Méwaine seront présent·es toute la journée au festival #PodBXL, disponibles pour échanger, répondre, et ouvrir un dialogue constructif. Parce que soutenir, c’est aussi oser questionner, dans le respect mutuel.

Un choix éditorial fort :

Tous les épisodes sont accessibles en 🇫🇷 🇳🇱 🇬🇧 🇩🇪 🇪🇸 . Et pour cet épisode uniquement, deux traductions supplémentaires en arabe classique et hébreu. 👉 Une démarche exceptionnelle, pour permettre à toutes les personnes concernées, des deux côtés, d’écouter sans barrière. Par souci de transparence, d’équité et d’authenticité.

Un épisode à écouter avec attention, à partager avec soin, et pourquoi pas… à prolonger par un message vocal à destination des podcasteur·ices. Votre voix aussi peut nourrir la suite.

Écoutez ce podcast et abonnez-vous, merci !

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Attention les messages vocaux seront partagés en public, si vous ne souhaitez pas rendre public votre intervention, mentionnez le dans votre message.

Liens utiles :

Écoutez ce podcast avec Marie du podcast « Yallah Je T’emmène » via notre chaîne Youtube (abonnez-vous, merci ! ) :

Photo du format vidéo du podcast sur Youtube de : Ramallah – Sunrise over Ramallah (Credit photo Ramallah : Rex_Wholster)  – Photos des éditions précédentes de PodBXL: 2023 – Nyl Baczynskyj / 2024 : Stan Arte Photographe « stanartevizion »

Français : La transcription intégrale de ce podcast est proposée en sous-titrage de la vidéo en cinq langues : français, néerlandais, allemand, anglais et espagnol.
Néerlandais : De volledige transcriptie van deze podcast is beschikbaar als ondertiteling van de video in vijf talen: Frans, Nederlands, Duits, Engels en Spaans.
Allemand : Die vollständige Transkription dieses Podcasts ist als Untertitel des Videos in fünf Sprachen verfügbar: Französisch, Niederländisch, Deutsch, Englisch und Spanisch.
Anglais : The full transcript of this podcast is available as video subtitles in five languages: French, Dutch, German, English, and Spanish.
Espagnol : La transcripción completa de este pódcast está disponible como subtítulos del vídeo en cinco idiomas: francés, neerlandais, allemand, anglais et espagnol

النسخة النصية للبودكاست مع ماري من بودكاست « يلا خذني معك » باللغة العربية:

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תמלול הפודקאסט עם מארי מהפודקאסט « יאללה, אני לוקח.ת אותך » בעברית:

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Séquençage du podcast avec Marie du podcast « Yallah Je T’emmène » :

  • [00:00:00] Introduction et présentation
  • [00:00:56] Secteur professionnel de chacun·e
  • [00:01:16] La genèse du projet
  • [00:02:03] L’intention de « Yallah Je T’emmène »
  • [00:02:49] Une date clé
  • [00:03:25] Une approche journalistique et citoyenne
  • [00:03:53] « Yallah Je T’emmène » : les mots sur des maux
  • [00:04:43] Les enjeux et les difficultés rencontrés
  • [00:05:14] Nominé au festival du podcast La Claque de Marseille
  • [00:05:56] Les interactions avec le public de PodBXL
  • [00:07:05] Deux épisodes à écouter absolument
  • [00:08:50] Quid du futur ?
  • [00:10:19] Des auditeur·ices israélien·nes ?
  • [00:11:27] Un retour d’écoute fort
  • [00:12:02] Un message aux auditeur·ices
  • [00:13:04] Appel à action et conclusion
  • [00:13:53] Clôture de l’épisode

Transcription intégrale en Français :

Jingle Intro: [00:00:00] You are listening to The Podcast Factory Org.

Michel: [00:00:01] Bienvenue pour un nouvel épisode Podbxl, votre podcast éphémère puisqu’on propose des capsules, sans vraiment garantir, au moment du festival pour annoncer les podcasteurs et podcasteurices avant et après. Alors aujourd’hui, je suis très honorée parce que dans les neuf podcasteurices que nous avons sur le podium, déjà il y a six femmes sur neuf, ce qui me rend fière, mais en plus on a aussi pas mal de podcasts qui sont des fictions sonores ou des podcasts engagés et c’est le cas aujourd’hui. Au micro, à distance, j’ai Marie, alors le collègue Méwaine est en déplacement il ne peut pas être avec nous, mais si on attendait on n’aurait pas pu avoir l’épisode à temps, donc il n’y aura que Marie aujourd’hui mais vous êtes deux, je le signale. Je vais arrêter de parler parce que, à l’honneur c’est vous. Marie bonjour, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots et présenter ton compagnon d’aventure ?

Marie: [00:00:43] Bonjour Michel, merci beaucoup de m’avoir avec toi et je m’appelle Marie, j’ai créé le podcast « Yallah je t’emmène » avec Méwaine Pétard, on est deux à l’avoir fait. Alors bien sûr on a eu beaucoup de gens autour du podcast qui ont virevolté pour le faire exister.

Michel: [00:00:56] Est-ce que on peut quand même dire de quel secteur professionnel vous émergez chacun, l’un et l’autre, est-ce que vous êtes dans le journalisme ou pas du tout ?

Marie: [00:01:02] Méwaine est journaliste, oui. C’était un gros atout de l’avoir à mes côtés pour pouvoir produire tout ça. Moi, au départ, je ne suis pas journaliste, j’étais humanitaire, je travaillais dans le secteur de l’humanitaire et de la coopération internationale. Et aujourd’hui je me reconvertis pour devenir journaliste mais c’est en chemin.

Michel: [00:01:16] Tu peux un peu raconter la genèse, bon tu en parles hein, dans la présentation du podcast tu mets quelques mots mais j’aimerais aller plus en profondeur sur le constat qui fait que finalement il y a un élément qui se déclenche dans la tête où on se dit « Non, ça on peut pas laisser comme ça, il faut en parler ». L’élément déclencheur et le constat, et puis quelle est l’intention derrière la création de ce podcast ?

Marie: [00:01:34] Il y avait l’urgence de parler de ce qui se passe ailleurs qu’à Gaza. C’est à dire qu’il y avait évidemment les horreurs qu’on connaît qui s’y passent, et évidemment il faut continuer à en parler, mais pour moi qui ai vécu, maintenant ça fait trois ans en Cisjordanie, en Palestine, je trouvais ça trop dur de ne pas parler de ce qui se passait en Cisjordanie. C’était beaucoup moins couvert par les médias parce qu’évidemment tout le reste était éclipsé par Gaza, et il faut évidemment parler de Gaza, mais il y avait aussi tellement de choses qui se passaient en Cisjordanie que j’ai vraiment ressenti le besoin de combler ce vide de contenu sur la Cisjordanie. En tout cas dans le paysage médiatique francophone.

Michel: [00:02:03] Tu peux parler un peu de ce constat ? Qu’est-ce que tu voulais un peu mettre en avant ? On imagine bien mais peut-être que c’est nécessaire pour certains d’avoir les mots qui sont posés ?

Marie: [00:02:12] Les Palestiniens qui vivent ici, ils disent qu’il y a une autre guerre qui se passe ici en fait. C’est à dire que celle qui est à Gaza, elle est très, très visible parce qu’il y a des bombes qui tombent tous les jours. Alors qu’ici c’est une autre guerre qui a lieu, qui est un peu plus silencieuse, il y en a des fois qui disent que c’est une autre guerre silencieuse. En réalité elle fait aussi beaucoup de bruit parce qu’on parle de colons illégaux israéliens qui sont là et qui attaquent vraiment violemment, là il y a eu une destruction d’un village dans le sud de la Cisjordanie, là il y a quelques jours. Et puis il y a évidemment les soldats israéliens qui sont partout. Là, avec la situation actuelle, il y en a quelques milliers qui ont été mobilisés pour bloquer les routes, les accès aux villages, aux villes, etc. C’est un autre type de guerre qui se passe, mais qui est tout aussi violente et qui implique aussi une colonisation dont il faut aussi parler parce que c’est très grave ce qui se passe.

Michel: [00:02:49] Ce podcast, il a démarré avant que la situation ne dégénère encore plus, comme c’est le cas maintenant, avant la date du fameux sept.

Marie: [00:02:56] Nous ce qu’on a voulu faire dans le podcast c’était évidemment revenir sur la date du 7 octobre, parce qu’elle est fatidique pour la région, pour le territoire. Mais ce qui se dégage dans tous les témoignages des Palestiniens et Palestiniennes, et encore aujourd’hui, c’est que ça n’a pas commencé le 7 octobre. C’est une situation qui s’est empirée depuis le 7 octobre 2023 mais c’était déjà grave avant, et c’est le cas aussi pour la Cisjordanie. Il y avait déjà des colons avant, il y avait déjà des soldats avant, il y avait déjà des checkpoints, c’est-à-dire des barrages militaires israéliens en Cisjordanie, qui est un territoire palestinien. Mais tout a empiré vraiment à partir du 7 octobre 2023 et encore aujourd’hui.

Michel: [00:03:25] J’ai cru comprendre que vous vouliez une approche journalistique, je ne me trompe pas ?

Marie: [00:03:28] Oui et non, parce que du coup Méwaine apportait vraiment ce regard journalistique avec des décisions éditoriales, etc. Alors que moi j’apportais vraiment un point de vue de citoyen, c’est un peu du journalisme citoyen, à travers mon histoire de raconter ce qui se passe là-bas d’un point de vue factuel et en ce sens, c’est journalistique comme travail. Mais sur le coup, quand je l’ai fait, pour moi je ne faisais pas un travail de journaliste, je faisais juste un travail de rapporter ce qui se passe et rapporter la parole des Palestiniens et Palestiniennes chez nous dans les… J’allais dire en France mais du coup c’est pour les pays francophones.

Michel: [00:03:53] Oui, t’as forcément le côté où le journalisme va primer, on va quand même relater des événements en étant le plus neutre possible. Et puis toi en tant que citoyenne, donc j’imagine que ça doit peut être parfois posé des débats entre vous sur le positionnement et puis même, je pense qu’on soit journaliste ou pas, on a un cœur, on est humain, on a une sensibilité. Comment est-ce qu’on peut ne pas rentrer dans, à un moment donné, dans une notion de jugement ou de paroles qui va peut-être trop loin, mais on se dit finalement est-ce que la parole peut aller aussi loin que ce qui se passe ?

Marie: [00:04:18] Avec deux choses : déjà on reste très factuel, on donne des chiffres qui sont vérifiés, on met les sources dans notre épisode (Michel Godart: Oui), dans les notes de chaque épisode. Et la deuxième chose, c’est qu’on porte la voix des Palestiniens, des Palestiniennes, on la rapporte en France, dans le paysage médiatique francophone. C’est à dire que ce sont des sentiments, des choses que les gens voient, donc c’est incontestable en fait. Les témoignages, les expériences qui ont été vécus par ceux qui témoignent dans le podcast, ce sont des choses qui ne sont pas contestables, c’est exactement ce qu’on voulait.

Michel: [00:04:43] Quels sont les enjeux et les difficultés que vous rencontrez ? Parce qu’il faut être honnête, on ne va pas faire l’hypocrite, on est dans une société en Europe qui devient de plus en plus orientée vers la droite, voire même l’extrême droite dans beaucoup de pays…

Marie: [00:04:52] Je ne sais pas exactement quoi répondre à la question, ce qui est sûr c’est que nous, on le sait forcément confrontés à la question de la censure, à quel point est-ce qu’on peut parler de certaines choses ou pas ? Et quels risques qu’ils encourent en en parlant ou pas ? C’est malheureux, je trouve, parce que des jeunes journalistes, ou journalistes en devenir, ne devraient pas se poser la question de la censure parce qu’on parle de droit d’informer, de simplement rapporter la parole d’autres personnes en France. Enfin ce n’est pas… Ça ne devrait pas être un souci en fait !

Michel: [00:05:14] Dans des pays où on est supposés, je dis bien supposés avec beaucoup de nuances, être dans des démocraties, je crois qu’il y a des définitions qui doivent être revues pour ceux qui ne peuvent pas comprendre ce qu’on est en train de mettre en avant aujourd’hui. Alors on ne va pas rentrer trop dans la politique et le débat, ce n’est pas peut-être le but de cette interview. Aujourd’hui ce que je veux c’est surtout mettre en avant votre mission, ce que vous faites, l’honorez parce que je trouve que franchement bravo! D’ailleurs, on va peut-être faire un petit clin d’oeil au festival du podcast « La Claque », qui est un festival que nous apprécions beaucoup (Marie: Oui, avec plaisir) et qui vous ont remis un prix. Tu peux en parler rapidement?

Marie: [00:05:45] Oui, je peux en parler évidemment. C’est un festival de podcasts qui a lieu à Marseille, où je suis établi quand je ne suis pas en Cisjordanie, et ils ont organisé un prix, et on a obtenu le prix du regard engagé pour notre podcast. Un grand merci à eux d’ailleurs !

Michel: [00:05:56] Ça ne peut pas m’étonner, c’est forcé, c’était vraiment une chose à honorer. Nous, on n’aura pas de prix à vous remettre, on essaiera de motiver un maximum de public à venir vous supporter et à vous encourager, être présents avec vous. J’espère qu’un maximum d’oreilles seront entendues pour vous écouter. Et ça m’amène à la question : est-ce que vous avez prévu quelque chose de particulier pour le festival ? Vous avez prévu des interactions avec le public ? Un questionnement ? Tu peux m’en parler un peu ?

Marie: [00:06:19] Évidemment qu’on a prévu quelque chose d’interactif, parce que le podcast on l’a aussi construit comme ça, comme étant interactif. On pose des questions aux auditeurs et aux auditrices à l’intérieur du podcast, et là pour le coup on va être confronté au public en live. Donc évidemment qu’on a envie d’avoir de l’interaction pour de vrai cette fois-ci. On va évidemment passer des extraits du podcast, différents extraits, et puis on va aussi, on va en discuter et on va laisser la porte ouverte le plus possible à des questions, parce que je sais que ça pose beaucoup de questions de savoir qu’une étrangère vive en Palestine, c’est quoi l’expérience de vivre là-bas en dehors ou dans les coulisses de la production du podcast ou… ? Je sais bien que ça pose beaucoup de questions, donc le but c’est d’y répondre un maximum. Et comme je me trouve en ce moment même en Palestine pour la saison deux du podcast, l’idée ce serait aussi évidemment de révéler une petite partie du travail qui a été faite ici pour en montrer un peu plus et donner envie d’écouter la suite.

Michel: [00:07:05] Waouh! Quel honneur! Ah on est vraiment flatté, merci pour cet honneur. Alors moi je vais aussi utiliser cet épisode, non seulement pour vous présenter, annoncer votre venue et faire un peu un teasing sur votre intervention le 5 juillet à Bruxelles. Mais ce que j’aimerais aussi, c’est que les auditeurs et auditrices, qui ne connaîtraient pas encore ce podcast, aillent le découvrir, aillent écouter des épisodes. Et donc ça va mener à une question très simple : si tu devais illustrer ton projet par deux épisodes qui se démarquent, lequel tu aurais envie de dire que tu souhaiterais que les auditeurs et auditrices écoutent avant de venir vous rencontrer ? Parce que je pense que venir vous rencontrer et avoir déjà écouté des épisodes entiers peut rendre les questions et les interactions encore plus pertinentes.

Marie: [00:07:39] Oui, absolument. J’encourage évidemment à écouter avant parce que ça donnera beaucoup plus d’idées pour des questions. Évidemment on va construire la séance ensemble pour pouvoir avoir quelque chose où les gens puissent avoir des questions aussi. Pour moi, l’épisode phare, si on n’a pas le temps d’écouter tout avant de venir, c’est le neuvième épisode, le dernier épisode. Ça s’appelle « Des racines et des graines : Soumoud ». Soumoud, c’est un mot en arabe pour décrire… En fait j’ai pas envie de dire ce que ça décrit exactement, j’ai plus envie de dire que c’est l’épisode un peu conclusion. Et donc on revient sur ce qui a été dit dans les autres épisodes pour résumer un petit peu tout ce qu’on a dit à travers le podcast sur la situation en Cisjordanie, et ensuite répondre à la question, qui moi m’a beaucoup taraudée à un moment donné de savoir, mais en fait, quand on est palestinien ou palestinien et qu’on vit ici, comment est-ce qu’on fait pour tenir dans un contexte aussi compliqué et où la vie est rendue vraiment très compliquée à vivre ? Et c’est à cette question que répond le dernier épisode, à mon sens c’est celui-ci qu’il faut écouter. Et un deuxième, je dirais l’épisode, j’avoue j’ai un faible pour le septième épisode sur l’amour parce que c’est un thème universel, on l’a vraiment pensé comme ça. C’est à dire avoir un thème qui parle vraiment à tout le monde, mais de montrer que même le sujet de l’amour, il est aussi impacté par la question de l’occupation israélienne. Donc comment l’occupation israélienne interfère même dans l’intimité d’un couple, ici en Cisjordanie !

Michel: [00:08:50] Maintenant qu’on a parlé des deux épisodes qu’on recommande aux auditeurs et auditrices d’aller écouter, moi, une question qui m’interpelle, c’est qu’évidemment la situation ben tant qu’elle dure, je crois qu’il y aura du contenu à tout le temps, tout le temps, tout le temps dire sur cette situation. Comment tu vois le futur de ce podcast ? Comment tu le vois évoluer ? Comment tu vois les choses évoluer plus généralement aussi ? Il y a deux questions en une, c’est le podcast lui, puis la situation comment est-ce qu’elle évolue finalement ?

Marie: [00:09:11] Le podcast, comment il va évoluer ? C’est que, dans la première saison, on est seulement, entre guillemets, allé à Ramallah, qui est un peu la capitale de facto, qui est à quinze kilomètres au nord de Jérusalem. Et évidemment la situation, elle se résume pas du tout à Ramallah, au contraire il y a un peu la bulle de Ramallah qui est un peu privilégiée ou qui est un peu moins affectée. Donc le but c’est, dans la deuxième saison c’est d’aller un peu plus loin dans d’autres régions, dans d’autres villes et aller rencontrer d’autres Palestiniens pour avoir une meilleure idée de ce que c’est que la Cisjordanie, donc ça c’est pour le podcast. La situation dans la région, ben c’est compliqué en ce moment, on a un gros moment d’escalade de la situation, ça dégénère au niveau régional, donc c’est compliqué à dire. Ce qui est, encore une fois ce qui se passe toujours, c’est-à-dire qu’il y a un gros événement qui est en train d’éclipser le reste. C’est à dire que pendant qu’il y a l’escalade entre Israël et l’Iran pour être clair, on continue de bombarder à Gaza, on continue de tuer des dizaines de civils qui récupèrent de l’aide humanitaire. Et pareil en Cisjordanie, il y a encore un village qui a été détruit dans le sud. Au nord, il y a un village qui est en train d’être complètement cloisonné avec des barbelés et des murs. Enfin, ça continue en fait la situation, et à Gaza, et en Cisjordanie, et le but c’est de continuer à en parler en dépit de cette grosse, grosse, actualité régionale qui continue de happer un peu notre attention, il ne faut vraiment pas oublier ce qui est en train de se passer sur le terrain, ici, en Cisjordanie et puis aussi à Gaza.

Michel: [00:10:19] Oui, c’est évident. Je pense que c’est important et votre rôle est clé dans ce podcast. Ce podcast, il devrait être dans tous les médias actuellement, des projets comme le vôtre devraient avoir droit de parole, devraient avoir place publique et moi je l’encourage. En Israël, il y a des gens qui ne sont pas du tout d’accord, qui manifestent contre cette guerre, qui s’oppose à cette guerre. Qu’est-ce que tu aurais envie de dire à ce peuple s’il écoute ce podcast ? Tu y as déjà pensé que certains pourraient écouter ce podcast et se poser des questions ?

Marie: [00:10:42] Alors je sais qu’il y a des Israéliens qui ont écouté le podcast. Et, dès le départ nous, on a construit le podcast pour qu’il soit accessible à absolument tout le monde, c’est-à-dire de ne pas braquer les gens, que ce ne soit pas un podcast militant. Ce n’était pas tellement ça le but au départ, c’était vraiment (Michel Godart: Voilà), factuellement de raconter ce qui se passe ici. On avait un peu cet objectif implicite de se dire que s’ils arrivaient à atteindre des publics, comme par exemple des Israéliens et des gens qui ont été socialisés dans les idéologies israéliennes, on va dire, très, très globalement, et qu’ils arrivent quand même à toucher ou en tout cas interpeller, ou en tout cas, je ne sais pas… Faire réagir pour informer, on aurait déjà réussi quelque chose. Donc l’idée, ce n’était pas d’informer des gens qui savaient déjà, parce que ça ne sert pas vraiment l’intérêt que ça reste dans les cercles de gens qui sont déjà au courant de ce qui se passe. Le but c’était que ça atteigne encore plus loin, et on a réussi puisqu’on a eu des témoignages de personnes israéliennes qui ont dit qu’ils ont écouté le podcast et qui nous ont remercié.

Michel: [00:11:27] C’est quoi le témoignage le plus fort, si tu devais dire « Ben voilà, là il y a un feedback qu’un Israélien m’aurait donné qui m’a touché le plus ».

Marie: [00:11:33] Là, dernièrement il y en a un qui m’a dit que, évidemment ça l’a « Trigered », en anglais. Ça l’a beaucoup interpellé sur plein d’aspects en tant qu’israélien, mais qu’il était quand même reconnaissant d’avoir écouté le podcast. C’est un peu cette ambivalence entre : d’un côté, je ne peux que me mettre à sa place, ça doit être étrange d’entendre parler de la situation là-bas, par une étrangère en plus, qui décrit la situation là-bas. Et en même temps, forcément, de remercier parce qu’on fait un travail que lui ne pourrait pas faire par exemple, c’est-à-dire se déplacer ici en Cisjordanie, pour pouvoir informer de ce qui se passe ici.

Michel: [00:12:02] Ben oui, c’est ça, exactement. Oui, oui, très clairement, on va arriver tout doucement à la fin de cette interview, on ne va pas tout dévoiler, on va laisser un maximum d’échanges pour le jour du festival. Mais je voudrais vraiment que tu puisses avoir l’occasion de aussi passer des messages, toi, dans cette interview. Quel message tu aurais envie de passer aux auditeurs et auditrices qui nous écoutent en ce moment, ou pour ceux et celles qui viendront nous rejoindre le cinq ?

Marie: [00:12:19] La même chose que ce que je disais tout à l’heure, c’est-à-dire il ne faut pas perdre de vue les autres territoires quand l’actualité est éclipsée par des plus grandes choses. Et je pense que, vu que ça je l’ai déjà dit, j’ajouterai aussi qu’il faut écouter ce qui nous tenait vraiment, vraiment à cœur dans ce podcast : c’était de transmettre la parole des Palestiniens et des Palestiniens, il faut continuer à écouter les Palestiniens et les Palestiniennes parce que c’est eux les premiers concernés. Nous, on a seulement un rôle d’amplificateur des voix ou de les ramener ailleurs, etc. De les faire écouter, mais c’est eux qu’il faut écouter, nous, on a une position d’allié, on n’a pas une position de les éclipser ou de les remplacer, nous on transporte seulement leurs paroles. Et donc il faut continuer à écouter les Palestiniens et les Palestiniens, et lire des livres palestiniens, d’auteurs palestiniens, regarder des films palestiniens, etc.

Michel: [00:12:59] Rester curieux et s’intéresser à leur culture est déjà un bel engagement, je pense.

Marie: [00:13:03] Exactement.

Michel: [00:13:04] Super! Alors je vais encore une fois lancer le message aux auditeurs et auditrices : venez encourager Marie et Méwaine au festival le 5 juillet mais n’oubliez pas qu’il y a aussi dans le texte descriptif du podcast un lien vers un voicemail. Donc vous pouvez laisser un message vocal à Marie ou à Méwaine, on le transmettra. Avec une question, un commentaire, un encouragement, ça leur fera certainement plaisir d’entendre vos voix aussi, même avant le festival. Et ce sera peut-être aussi l’occasion, si vous êtes sur place après, ben de reparler de ce message, de reparler de ce que vous avez échangé ensemble. Je reviens vers toi, un point que tu voudrais encore mettre en avant en clôturant cet épisode Marie ?

Marie: [00:13:37] Ben je pense que j’ai fait passer tous les messages. J’ai envie qu’il y ait plein de monde qui vienne pour qu’on puisse en discuter parce que c’est vraiment l’occasion de discuter un peu plus en intimiste on va dire, et en live avec les auditeurs et les auditrices qu’on n’a pas beaucoup l’occasion de rencontrer donc ce serait vraiment génial qu’il y ait du monde et que on pose le plus de questions possible. Nous, on est prêts à répondre à tout avec Méwaine.

Michel: [00:13:53] Super! Bon, en tout cas on mets actuellement déjà notre énergie à essayer de vous amener un maximum de monde. Je pense que ce n’est pas forcément non plus la quantité qui compte, c’est surtout le fait qu’on vous découvre pour ceux qui ne le connaissent pas et qu’on entende ces voix de Palestiniens. Les gens qui ont écouté m’ont donné tous des retours mais qui donnent des frissons, vraiment, vraiment, vraiment, je suis hyper fier de vous recevoir.

Marie: [00:14:11] Très contente d’avoir été invitée et merci à toi pour tout le travail que tu fais pour pouvoir organiser le festival. Et puis merci de nous avoir invités.

Michel: [00:14:19] Merci, merci! Je suis impatient de vous rencontrer!

Marie: [00:14:21] Nous aussi. Plaisir partagé vraiment, merci beaucoup.

Michel: [00:14:24] Choukrane, Bislama, la awoun (forme contractée de Ma’a Allah).

Marie: [00:14:26] Choukrane.

Jingle Outro: [00:14:28] You are listening to The Podcast Factory Org.

Michel: [00:14:29] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’asbl « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation playground ». Depuis janvier 2025, et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisé par « Plugin Company », notre opérateur de bornes et de cartes de recharge privilégié. « The Podcast Factory Org » est très fier d’être membre de « KAYA – Coalition des Écopreneur et Écopreneures », et de collaborer avec le « Love Health Center ». Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site « What’s Your Story point be ».

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