Entreprises à mission – Kaya

Les entreprises à mission avec Germain L’Hostis & Denis Ulens. Midoricast : Podcast #182
Nos invités inspirants pour ce nouvel épisode de la rubrique Kaya sur les entreprises à mission: Germain L’Hostis & Denis Ulens.
🔥 Plongez au cœur de la réflexion sur les entreprises à mission et l’entrepreneuriat responsable.
Découvrez comment Germain L’Hostis, spécialiste des sociétés à mission en France, et Denis Ulens, entrepreneur engagé pour l’éthique et la parité homme-femme en Belgique, partagent leurs visions et expériences uniques.
💡 Écoutez cet épisode pour :
- 🌱 Comprendre les fondements et les enjeux des entreprises à mission en France, grâce aux connaissances approfondies de Germain.
- 🌱 Explorer le parcours de Denis, entrepreneur visionnaire et fervent défenseur de l’éthique dans les affaires.
- 🌱 Découvrir comment Denis a intégré des valeurs éthiques et durables dans son entreprise et promeut activement la parité homme-femme.
- 🌱 Aborder les défis et les opportunités de l’entrepreneuriat responsable et les actions concrètes que chacun peut entreprendre.
- 🌱 Inspirer votre propre parcours entrepreneurial en écoutant les conseils et les réflexions de ces deux experts engagés.
Rejoignez-nous pour cette conversation inspirante et enrichissante qui vous incitera à repenser votre rôle en tant qu’entrepreneur et professionnel.
🎧 Écoutez dès maintenant l’épisode complet et explorez le potentiel des entreprises à mission pour un monde des affaires plus éthique et responsable.
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Sites Internet:
- La Communauté des Entreprises à Mission: site Internet
- Ideeo: Assureurs humainement, assureurs passionnément…
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Séquençage du podcast « Les entreprises à mission » avec Germain L’Hostis & Denis Ulens :
- 00:18 Introduction et présentation de Germain L’Hostis, les entreprises à mission
- 02:02 Pourquoi participer à ce podcast ?
- 02:26 Que sont en fait les sociétés ou entreprises à mission ?
- 04:00 Quand et pourquoi les entreprises à mission ont-elles vu le jour en France ?
- 06:03 Qu’est-ce qui les différencie des entreprises traditionnelles ?
- 06:37 Qu’apporte le statut des entreprises à mission en fin de compte ?
- 08:21 Que représente les entreprises à mission en France ?
- 10:08 Quelles améliorations recommanderais-tu d’apporter ?
- 11:34 Un mot de conclusion et l’adresse du site internet
- 12:05 Clôture de la première interview avec Germain
- 13:02 Présentation de Denis Ulens
- 13:36 Quels constats ?
- 14:15 Quelle est la raison d’être de ton éco-entreprise ?
- 14:42 Quelles sont les valeurs que tu prônes ?
- 14:56 Quelles ont été les principales étapes du développement de ton entreprise ?
- 16:18 Quels types d’assurance proposez-vous ?
- 17:05 Avec quelles sociétés travaillez-vous ?
- 18:38 Quels sont les points qui vous différencient des autres entreprises ?
- 21:57 Pourquoi rejoindre Kaya ?
- 22:34 Site internet
- 22:48 Une reconnaissance des candidats !
- 24:30 Clôture de l’interview avec Denis et du podcast
Le transcript du podcast « Les entreprises à mission » avec Germain L’Hostis & Denis Ulens :
Télécharger ( Click droit : « Télécharger le fichier lié ») ou suit ce lien vers un nouvel onglet pour lire la transcription du podcast
(sans les times codes pour les assistants de lecture).
Michel : [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation playground » et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».
Michel : [00:00:18] Bienvenue pour un nouvel épisode Midoricast: Midori vers en japonais, Cast pour Broadcast, comme un podcast. C’est un podcast qui vous propose d’aborder les sujets sur la transition, l’écologie et les initiatives positives en faveur de l’environnement et à ce sujet en collaboration avec Kaya. Nous nous retrouvons dans une rubrique Kaya que nous allons dédicacer aux éco-preneurs parce que nous voulons les mettre en avant et montrer l’exemple et inspirer d’autres entrepreneurs à suivre leur pas. Et aujourd’hui, on va recevoir au micro Germain. Germain, je vais te demander d’abord de te présenter en quelques mots pour nos auditeurs et nos auditrices.
Germain L’Hostis: [00:00:53] Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Germain L’Hostis, je suis ingénieur et économiste. Je suis originaire du sud de la France et je travaille actuellement dans un grand groupe chimique belge sur la standardisation de la mesure d’impact. Alors durant mes études, j’ai rejoint un collectif d’étudiants et de jeunes diplômés. Ce collectif il s’est constitué autour d’un manifeste qui a été écrit en 2018, qui expliquait que, nous étudiants et jeunes diplômés, nous n’irions pas travailler pour des entreprises qui ne sont pas suffisamment engagées sur les sujets environnementaux et qu’on souhaitait aussi être plus formés aux enjeux de la transition écologique.
Michel : [00:01:25] Oh génial!
Germain L’Hostis: [00:01:26] Et donc, dans ce cadre, j’ai pu rencontrer et échanger avec la majorité des dirigeants et dirigeants de grands groupes français. Et à titre personnel, je me suis principalement intéressé aux enjeux de la transformation des organisations afin d’accélérer la transition écologique. Et donc, suite à cela, j’ai été amené à prendre différentes fonctions, que ce soit au sein de comités de parties prenantes, qui sont des organes consultatifs dans la gouvernance des entreprises, notamment chez EDF. Mais aussi au sein d’associations comme « B Lab France » qui est l’association de promotion du label « B-Corp », ou encore au sein de la gouvernance de la communauté des entreprises à missions qui est la communauté qui regroupe les différents entrepreneurs qui se sont dotés de la qualité de certaines missions ou qui sont en voie de le devenir.
Michel : [00:02:02] Germain, qu’est-ce qui t’a donné envie de participer à ce podcast ?
Germain L’Hostis: [00:02:05] J’ai fait la rencontre de Benoît qui se posait la question un petit peu de voir ce qu’il était possible de faire en matière de sociétés à mission ou en tout cas quelque chose qui pouvait s’y apparenter en Belgique. Et c’est vrai que moi j’ai un fort intérêt parce que je suis convaincu que la transformation des entreprises passera par la transformation de leur gouvernance. Et donc, quand Benoit m’a sollicité pour prendre part à cette initiative, je n’ai pu qu’être d’accord.
Michel : [00:02:26] Si on voulait être maintenant précis pour les auditeurs et auditrices, c’est quoi en fait une société à mission? Pour ceux qui n’arrivent pas à visualiser, quel mot utiliser pour l’expliquer de manière la plus simple?
Germain L’Hostis: [00:02:36] Plutôt qu’un mot, je vais utiliser une phrase, si tu me le permets. (Michel : Bien sûr), il s’agit pour une entreprise d’affirmer publiquement sa raison d’être. Alors une fois qu’on a dit ça, on n’a pas forcément dit grand chose parce qu’on a des entreprises qui vont se doter de raison d’être sans forcément qu’il y ait de conformité avec cette raison d’être et ainsi de suite. Donc là, vraiment, l’idée, c’est que: que ce soit cette raison d’être ou plusieurs objectifs sociaux ou environnementaux, c’est de se donner un cadre, qui est un cadre juridique, pour poursuivre la mission qui est initialement présentée dans les statuts de l’entreprise. Et donc la finalité de la société à mission, c’est de concilier la recherche, la performance économique avec la contribution à l’intérêt général.
Michel : [00:03:13] Donc en fait, si je t’écoute bien, si j’écoute entre les mots, on pourrait dire que quelque part tu as une démarche qui va un peu casser le phénomène de ces entreprises qui affichent des valeurs mais qui les assument pas et parfois même vont jusqu’à défendre une valeur qu’ils n’ont justement pas au sein de l’entreprise.
Germain L’Hostis: [00:03:26] Ca c’est… Ça, je ne sais pas, je pense qu’on pourra revenir un petit peu sur les différentes limites du modèle, mais il y a effectivement, dans le cadre juridique français, un certain nombre d’éléments qui tendent à croire que, effectivement, afficher des valeurs au travers de la mission, il faut être redevable de ces valeurs-là et donc concrètement, ça va passer par, en interne, un organe de gouvernance qui va vérifier la conformité et la bonne tenue de cette mission, mais aussi un audit par un organisme tiers indépendant. Donc effectivement, il y a tout un tas de dispositifs qui sont mis en place au sein, et à l’extérieur de la société à mission, de telle façon à s’assurer du bon déroulé et de la bonne poursuite de la mission.
Michel : [00:04:00] Quand et pourquoi la société à mission a-t-elle vu le jour en France? Tu en a parlé un tout petit peu, mais on peut revenir sur ce point, notamment sur le pourquoi?
Germain L’Hostis: [00:04:07] Oui, pas de soucis. En fait, il faut savoir que le concept de société à mission au sens large, c’est pas quelque chose qui est franco-français. Il y a différentes formes de sociétés commerciales qui se sont développées, que ce soit les « benefit corporations » aux Etats-Unis ou les « Societade Benefit » en Italie. Ces différentes formes commerciales ont en commun de vouloir dépasser la seule nécessité d’être rentable, mais aussi d’embrasser des objectifs socio-environnementaux. Maintenant, l’enjeu, c’est vraiment de pouvoir mettre en place un certain nombre de dispositifs qui permettent d’assurer la continuité et la poursuite de la mission en conformité avec les enjeux soulevés. Et donc ça, en France, en 2015, il y a un concept qui a été théorisé par des chercheurs de la « Chaire Théorie de l’entreprise » de l’Ecole des Mines, qui est une école d’ingénieurs française et du département « EHS » du Collège des Bernardins. Donc ça, ça a vraiment donné un cadre théorique assez fort. Puis suite à ça, donc là ce cadre théorique est fixé en 2015, et puis après, toujours en France, en janvier 2018, il y a une mission gouvernementale qui s’appelle « Entreprises et intérêt général », qui va être confiée à Nicole Notat et Jean-Dominique Senard. Jean-Dominique Simard est alors PDG de Michelin. L’objectif de cette mission, c’est de réfléchir à 1: une nouvelle vision de l’entreprise en interrogeant son rôle et ses missions et 2: à formuler un diagnostic et des propositions sur la manière dont les statuts des sociétés, et leur environnement notamment juridique, pourraient être adaptés et ainsi permettre de renforcer le rôle de l’entreprise vis-à-vis de ces parties prenantes. Et donc là, on voit déjà un petit peu l’enjeu du cadre qui va arriver, parce que le rapport qui a été remis en mars 2018, il me semble, au ministre de l’Economie et des Finances, et bien ça a servi de base puisqu’effectivement les recommandations de ce rapport, après, ont défini ce qu’est devenu la société à mission dans la loi « PACTE » qui elle même a été promulguée en 2019. Et concrètement, cette loi, elle vient préciser à quelle règle une entreprise doit répondre et quelles sont les formes de contrôle auxquelles elle doit se soumettre pour pouvoir se qualifier d’entreprise à mission. Et en fait, effectivement, avant la loi Pacte de 2019, le droit français ne reconnaissait pas de statut spécifique pour ces entreprises là.
Michel : [00:06:03] Du coup, tu as répondu un peu à la question de qu’est-ce qui les différencie des entreprises traditionnelles. Mais s’il y a d’autres aspects qu’il faut mettre en avant sur ce point?
Germain L’Hostis: [00:06:10] Effectivement, le premier aspect c’est vraiment de dépasser la seule grille de lecture de la performance économique. Et au-delà du cadre français, on a effectivement une grille de lecture qui est assez commune, c’est-à-dire donc effectivement se doter d’une mission. Au travers de cette mission, il y a une forme d’engagement, puisque les statuts y vont engager les actionnaires, et ça va s’accompagner aussi d’un certain nombre de conditions à remplir pour supprimer ou modifier la mission. Et puis, dernier point, qu’un petit peu le dernier étage de la fusée, qui est l’étage le plus exigeant, ça va être des mécanismes de contrôle associés à la mission.
Michel : [00:06:37] Pas mal. C’est vraiment inspirant d’entendre cette approche par rapport au label B-Corp, puisqu’on en parlait, qu’apporte le statut de société à mission en final?
Germain L’Hostis: [00:06:46] Il faut être clair que le label B-Corp, en tant que tel, et la qualité d’entreprise à mission, de société à mission poursuivent un but commun qui est celui de dépasser la seule grille de lecture de la performance économique. Je le répète beaucoup, mais je pense que c’est important. Sur les différences un peu plus formelles, la société à mission, on est vraiment sur une qualité juridique, c’est à dire qu’on est sur quelque chose qui va être défini spécifiquement dans le droit français, avec un volet juridique très précis. Alors que B-Corp on est sur un label qui est présent internationalement. Ce label, il est délivré par un organisme à but non lucratif et il intervient à l’issue d’un processus de certification reposant sur des critères extra financiers. Il faut voir qu’on a une interdépendance vis à vis du cadre juridique pour le premier point qui est donc la cette mission. Mais le label B-Corp, lui, il est accessible aux entreprises du monde entier. Donc en fait, concrètement une entreprise qui serait chinoise et qui n’aurait que des activités en Chine, y a pas forcément d’intérêt parce qu’on se réfère dans le cadre de la cette mission au cadre juridique qui est le cadre français. Et de façon générale la société à mission, elle permet différentes choses, c’est de se fixer un cap. Donc vraiment, on est vraiment dans des réflexions à long terme et interroger un petit peu la finalité, la culture de l’entreprise. Ça a aussi pour objectif de renforcer la pérennité de l’activité en conjuguant l’impact social, environnemental et économique. Là, on va dépasser un petit peu le triptyque « people – profit – planète ». On est vraiment sur des choses qu’on peut ancrer, des choses palpables avec des vrais objectifs. On a une transformation de la gouvernance, on est vraiment là dans la transformation de l’entreprise en tant qu’organisation. Et on cherche à développer aussi l’engagement des collaborateurs à travers leurs possibilités d’embarquer son écosystème et au travers ça, on va notamment, par exemple, renforcer la réputation auprès des clients.
Michel : [00:08:21] Germain, après trois ans d’existence, que représente la société à mission en France en fait et qui sont les meilleurs exemples si on devait en citer quelques uns?
Germain L’Hostis: [00:08:28] Je ne me risquerais pas à citer les meilleurs exemples. En revanche, ce qu’on a observé, c’est que les entreprises qui effectivement s’étaient dotées d’une mission et qui en étaient très sérieuses vis-à-vis de cette mission, ont été les premières à se doter de la qualité de société à mission. Donc en fait, c’est un petit peu le chat qui se mord la queue quoi. C’est à dire qu’effectivement déjà le top niveau s’est doté effectivement de la qualité d’entreprise à mission assez rapidement. Donc les meilleurs exemples sont des sociétés à missions, de fait. Mais il n’y a pas que des très bons exemples au sein des sociétés à mission. Maintenant, si on va un petit peu plus sur l’aspect bilan, après trois ans d’existence va déjà, on a plus de 1000 systèmes missions en France aujourd’hui, c’est quand même assez important. De tout type, que ce soit des grands groupes, des PME, des TPE, des ETI, on a un petit peu tout. La particularité de la société à mission, c’est effectivement d’avoir un audit indépendant et cet audit intervient au moins après 18 mois, le premier audit. Et donc si tu veux, aujourd’hui on commence à peine à avoir les résultats des premiers audit par les organismes tiers indépendants. Et donc c’est un petit peu délicat de juger à l’heure actuelle de la transformation des différentes entreprises qui se sont dotées de ce statut d’entreprise, de société à mission, c’est un petit peu délicat effectivement d’y voir clair. En revanche, ce qu’on observe, c’est que déjà dans l’inconscient collectif, dans le grand public, ça fait vraiment partie de la grille de lecture. On parle beaucoup de marque employeur aujourd’hui, une entreprise qui va se doter de valeurs et qui va dire voici, c’est ma marque employeur, je la revendique et tout ce qui va avec… Eh ben on va être un petit peu plus suspicieux si elle n’est pas dotée de la qualité d’entreprise à mission. Et typiquement, auprès des jeunes générations, il y a un vrai intérêt à voir un petit peu quelle est la mission de l’entreprise et comment est ce que cette mission est opérationnalisée. Et donc concrètement, là on vient un petit peu toucher du doigt la qualité d’entreprise à mission effectivement.
Michel : [00:10:08] Moi ce que je comprends ici, c’est qu’en fait vous semez des graines et il faut les laisser le temps pousser, mais elles ont en tout cas un effet et elles poussent, elles germent et finalement il y a du résultat qui s’annonce et c’est très encourageant d’entendre cette démarche qui portera, j’en suis certain, plus que ses fruits, qui va aller plus loin j’imagine. Si le statut de société à mission devait être créé en Belgique, et c’est à ça que je fais référence quand je dis d’aller plus loin, ou en Europe: quelles améliorations recommanderais tu d’apporter par rapport aux premières années d’expériences que tu as vécu en France?
Germain L’Hostis: [00:10:35] Je comprends effectivement ce point et les critiques qu’on observe en France, c’est vraiment l’enjeu que ce soit simplement une démarche d’affichage au travers du statut, et donc il y a effectivement un risque de social washing ou de greenwashing et donc c’est là où c’est un peu délicat. Moi je pense que la qualité vraiment, l’essence même de la société à mission, c’est de travailler à la transformation de l’entreprise au-delà du cadre juridique qui sera, qui adviendra, que ce soit en Belgique ou ailleurs. Et donc je pense qu’il y a effectivement un enjeu à être vecteur de transformation et donc de réfléchir un petit peu selon le cadre juridique donné. Si je fais référence au cadre français, non, on a le code civil ou le code du commerce. Et donc voilà, il y a eu des réflexions qui ont été menées dans ce cadre-là. Je pense qu’il y a une réflexion préalable qui doit être menée vis à vis des différentes possibilités qu’ouvre le droit belge en la matière. J’inviterai d’abord une réflexion dans ce sens là et après, effectivement, mettre en place un certain nombre de garde-fous de telle façon à ce qu’effectivement la qualité de société à mission soit quelque chose qui soit effectivement vecteur d’engagement pour l’entreprise et vecteur de transformation.
Michel : [00:11:34] Germain est ce que tu as un mot de conclusion à donner et l’adresse de ton site internet?
Germain L’Hostis: [00:11:38] Un mot de conclusion, c’est vraiment de saluer la démarche qui est aujourd’hui celle de Kaya. C’est-à-dire qu’il y a un vrai intérêt en Belgique et je suis absolument pas surpris quand je vois un petit peu l’écosystème belge en la matière, je pense qu’il y a une vraie ouverture. Donc le mot de la fin, ce sera d’inviter à corroborer tous la démarche qui est celle de Kaya aujourd’hui. Et concernant le site internet, pour des informations complémentaires, vous pouvez vous rendre sur le site de la communauté des entreprises à Mission afin de trouver différents livrables, qui soient plus d’ordre académique et ou opérationnels, afin d’avoir des informations complémentaires.
Michel : [00:12:05] Et donc finalement, tu m’as aussi répondu pourquoi tu as rejoint Kaya? Ça me paraît être une évidence et je voulais vraiment te remercier de tout cœur. Et j’invite tous ceux qui nous écoutent à pousser ces réflexions, à les transmettre, à les communiquer. D’ailleurs, chers auditeurs et auditrices, si vous voulez avoir un impact, vous aussi, vous pouvez faire une simple chose partager, liker, commenter ce podcast, parce qu’en le faisant, vous allez le rendre plus visible sur les réseaux, vous allez faire en sorte que cette parole s’ébruite de façon plus large et que ces exemples soient mis encore plus en avant, donc on vous remercie d’avance pour ça. Et alors, un dernier point, il y aura un lien dans le texte descriptif du podcast, sur ce lien vous cliquez c’est un voice mail, vous autorisez votre navigateur à utiliser votre micro, et vous pouvez laisser un message à Germain pour le féliciter, l’encourager, ça fait toujours plaisir, mais aussi pour lui poser des questions. Et si vous dites dans ce message vocal « j’autorise qu’on utilise ma voix sur les réseaux », il se pourrait bien qu’en dessous du podcast en commentaire, on publie finalement le lien avec votre feedback vocal sur les réseaux. Alors voilà, j’espère qu’il aura des messages pour toi Germain, et je voulais encore te remercier.
Germain L’Hostis: [00:12:58] J’en serais honorée hein? (Michel : Merci). Merci à vous.
Michel : [00:13:00] A bientôt.
Germain L’Hostis: [00:13:00] Belle journée, à bientôt, au-revoir.
Michel : [00:13:02] Nous avons l’honneur de recevoir aujourd’hui Denis Ulens, qui est en ligne et à distance, bonjour Denis et bienvenue dans notre émission.
Denis Ulens: [00:13:10] Oui, bonjour.
Michel : [00:13:11] Alors Denis, je vais te demander d’abord, rapidement, de te présenter en quelques mots pour nos auditeurs et nos auditrices.
Denis Ulens: [00:13:18] Ah ben voilà, je suis donc un courtier en assurances. J’ai fondé avec mon associé ma société en 2016 parce que nous voulions fonctionner autrement. Anciennement, j’ai été employé dans différents bureaux de courtage. Nous voulions vraiment une autre manière de fonctionner.
Michel : [00:13:36] Quand j’entends Denis que tu voulais une autre façon de fonctionner, ça signifie qu’il y avait des constats qui t’interpellaient dans ce que tu voyais autour de toi, dans ton environnement?
Denis Ulens: [00:13:45] Oui, clairement, un manque d’humanité, un manque de contact, un manque de transparence. C’est principalement le manque de transparence qui était fatigant et qui était, en fin de compte, un malentendu perpétuel avec les clients. Donc notre idée était de retrouver cette transparence, d’une disponibilité différente. Et de tout ça a découlé des principes éthiques qui sont venus au fur et à mesure se rajouter dans l’évolution de notre cheminement.
Michel : [00:14:15] Suite à cette réflexion que tu t’es faite, tu as lancé ton entreprise. Et quelle est la raison d’être de ton éco entreprise au final?
Denis Ulens: [00:14:22] La raison d’être c’est, ça va peut-être paraître utopique (Michel : Ah j’aime les utopies), surtout pour un courtier. Oui, surtout pour un courtier en assurance, la raison d’être c’est d’être heureux au boulot. Donc ma raison d’être est le bonheur, simplement, en respectant les valeurs véritablement, d’en être heureux.
Michel : [00:14:42] Quelles sont les valeurs que tu prône?
Denis Ulens: [00:14:43] Certainement une éthique, des valeurs écologiques, des valeurs sociales. Et je pense que si on les vit pas ces valeurs et si on les applique pas véritablement, ça ne fonctionne pas. Il faut faire ce qu’on dit, sinon ça ne fonctionne pas.
Michel : [00:14:56] Quelles ont été les principales étapes du développement de ton entreprise? Comment s’est mis en place tout ça? Raconte-nous Denis!
Denis Ulens: [00:15:02] Alors dans un premier temps, en fait je ne sais pas si tu sais comment sont rémunérés les courtiers?
Michel : [00:15:08] J’ai une vague idée mais je préfère qu’on fasse comme si je ne le savais pas, parce que tous ceux qui nous écoutent n’ont pas forcément une attention sur le monde des assurances ou une connaissant sur ton secteur, alors pourquoi pas en profiter pour expliquer rapidement ce qu’il en est?
Denis Ulens: [00:15:19] Très rapidement en fait, les courtiers sont rénuméré à la commission, c’est à dire sur chaque prime payé ils perçoivent un pourcentage, pourcentage qu est totalement inconnu du client, des clients en règle générale, et pourcentage payé par la compagnie. Et d’entrée de jeu on a trouvé que c’était une aberration parce qu’en fin de compte, nos clients, bah ce sont nos clients pour qui on travaille et pas la compagnie. Donc c’était le premier manque de transparence que nous avons pointé et d’entrée de jeu. On a décidé de fonctionner sans commission. Alors évidemment il faut qu’on vive et donc on a mis en place un système d’abonnement, un abonnement mensuel, résiliable mensuellement d’ailleurs, qui lui n”est pas estimé sur le volume de prime mais bien sur le volume de travail. Et donc tous nos clients nous payent tous les mois cet abonnement et ça a le mérite d’être d’une totale transparence. Eux savent ce qu’ils me paient et moi je sais que je mérite le salaire qu’ils me donnent.
Michel : [00:16:18] Évidemment, moi en tant qu’auditeur je me pose une question très simple, puisqu’on parle à des entrepreneurs autant qu’à des citoyens, est-ce que tu es capable de gérer tout type d’assurance? Je prends par exemple des assurances qui protègent les entreprises, les assurances qui protègent en termes de gestionnaire d’entreprise ou de personnel, quels sont les types d’assurance que vous proposez rapidement?
Denis Ulens: [00:16:36] On propose tout type d’assurances, privées aux professionnels. C’est clair qu’on attire quand même beaucoup plus des coopératives, ou des A.S.B.L, ou des entreprises (Michel : Ben oui) qui ont un début d’éthique ou une manière de fonctionner respectueuses, aussi bien de leurs clients que de leurs fournisseurs.
Michel : [00:16:56] Ils se reconnaissent en vous en fait, c’est normal.
Denis Ulens: [00:16:58] Oui, tout à fait. Et donc que ce soit le privé ou l’entreprise, nous fonctionnons avec tout type, effectivement.
Michel : [00:17:05] On sait que le courtier en assurances peut choisir les compagnies avec lesquelles il travaille. Est-ce que ce n’est pas là un véritable challenge pour vous de se dire « tiens, avec quelle société on va travailler? » parce qu’elles ont toutes des valeurs éthiques, elles sont toutes au même niveau, non je ne pense pas! Comment ça fonctionne ces choix alors? Sans rentrer trop dans les secrets de maison mais si tu peux nous en dire un mot?
Denis Ulens: [00:17:22] La manière dont on choisit les compagnies est beaucoup plus libérée je dirais, puisque justement nous ne percevons pas de commissions et en plus nous refusons tout cadeau ou toute incentive. Donc c’est clair que c’est une manière libérée et beaucoup plus juste de choisir une compagnie. Une spécificité effectivement c’est que dorénavant on cherche malgré tout des produits qui sont durables. Je sais que beaucoup de compagnies, toutes d’ailleurs, nous vendent cette durabilité, cette éthique, mais ce n’est pas toujours le cas. Je peux donner un exemple: personne ne sait, dans son épargne pension, où va cet argent et à quoi il sert, et d’ailleurs je pense qu’il vaudrait mieux ne pas le savoir. Et c’est une démarche que nous avons eu, effectivement par exemple, il y a une compagnie, je veux pas citer de noms de compagnies, ça n’aurait pas d’intérêts mais il y a une compagnie qui nous donne la possibilité d’utiliser des fonds placements éthiques, type « Fund for Good ». C’est un fonds placements éthiques et donc c’est clair que, nous, nos assurances vie et bien sont placées auprès de cette compagnie puisque elles fonctionnent avec « Fund for Good » qui est un fonds de placements éthique, durable, qui a des qualités exceptionnelles.
Michel : [00:18:38] Moi ce que je trouve intéressant dans ton discours, c’est qu’en fait, en interpellant ces compagnies, en leur faisant part de vos préoccupations en tant que courtier, vous faites déjà passer un message qui va les forcer à une réflexion si elles ne l’ont pas encore faite, ou pour celles qui ne le font pas. Et ça je trouve que déjà c’est admirable, il faut tirer un coup de chapeau sur cette initiative et je vous remercie à toute votre équipe, et à toi, de faire cela. Alors tu as compris ici ce qu’on est en train d’aborder c’est cette fameuse question de qu’est-ce qui vous différencie d’autres entreprises traditionnelles? Est-ce qu’il y a d’autres points qu’on n’aurait pas cité dans ce qui vous différencie des autres entreprises Denis?
Denis Ulens: [00:19:06] C’est clair que notre réflexion a été, au fur et à mesure, de plus en plus loin et donc on a revu toutes nos procédures d’achat. Je suis très fier de mon papier, même si on imprime très peu, mais de mon papier tout gris. Parce que c’est un papier recyclé, on a énormément transformé les kilomètres voitures en kilomètres trains. J’ai une trottinette et donc il m’arrive d’aller au expertise ou chez les clients en trottinette et ça ne me pose aucun problème. J’ai une vieille voiture et je n’en changerais pas mais enfin ça c’est un plus grand débat mais… Donc toutes nos procédures d’achat ont été totalement revues pour être en cohérence avec nos valeurs. Donc ça c’est un point. Alors aussi une chose importante, quand on a engagé notre première personne après trois ans, d’abord on a engagé, on voulait engager une femme. Parce qu’on voulait féminiser le bureau et à ce moment-là s’est posé la question du salaire, parce que mon associé et moi on avait tous les deux le même salaire, même si lui est plus jeune. Enfin, pour toutes des raisons de vie, on avait décidé qu’on aurait tous le même salaire et on a continué de cette manière-là. Et donc effectivement, même si c’est pas simple à mettre en place, d’entrée de jeu nous avons décidé que nous aurions tous le même salaire poche homme, femme, et sans aucune différence d ancienneté (Michel : Magnifique). Alors ça, ça apaise énormément la relation.
Michel : [00:20:27] Ça devrait être une normalité.
Denis Ulens: [00:20:28] Oui, c’est clair, c’est clair. Maintenant, je ne dis pas que c’est simple à mettre en place car on a tous nos vies différentes. Je dirais même, j’en suis fière, c’est que, petit à petit puisque c’est moi qui ai le moins de besoins, c’est moi qui ai le plus petit salaire et j’en suis très fière. Donc mes collègues ont des enfants, d’autres obligations, donc on en arrive maintenant même à se poser la question de la raison d être d’un salaire. Est-ce qu’un salaire est une récompense pour un travail ou est-ce qu un salaire est un outil pour vivre? Donc c’est vrai que maintenant notre réflexion va encore plus loin à ce sujet et même dans la gouvernance aussi. Ce serait je crois Le dernier point qui nous différencie c’est qu’au niveau de la manière dont on fonctionne entre nous, on a des formations en communication non-violente, on essaye vraiment de faire une autre manière de fonctionner et donc on ne fonctionne pas de manière pyramidale, ça c’est clair. Et toutes les décisions sont prises en intelligence collective. Tout ça a découlé sur le fait qu’on s’est énormément intéressé aux entreprises à mission. C’est en France une loi qui s’appelle la loi PACTE et qui définit les missions qu’une entreprise peut avoir: éthique, sociale, écologique, c’est sans limite. Et donc il y a un an, nous avons carrément inscrit dans nos statuts nos missions, comme ça, ça à le mérite en tout cas d’être très clair et ça nous apporte une manière de fonctionner très heureuse et gouleyante ,voilà!
Michel : [00:21:57] J’ai encore une question pour toi qui est importante. Tu as décidé de rejoindre Kaya, comment et pourquoi? Les auditeurs vont se questionner et ils vont se dire « ben tiens, pourquoi est-ce qu’il rejoint Kaya puisqu’il est déjà tellement impliqué et engagé dans ces valeurs? »
Denis Ulens: [00:22:09] Parce que je trouvais que c’était vraiment dommage et c’est un peu frustrant de se sentir tout seul dans son coin et que, en voyant les valeurs qui sont défendues par Kaya, je me suis dit que j’allais rencontrer et c’est le cas d’autres entrepreneurs qui ont une même vision de l entreprise. C’est donc clairement une envie de fédérer, ou de, et de rencontrer d’autres responsables d’entreprises ayant les mêmes valeurs.
Michel : [00:22:34] Est-ce que tu as encore un mot à dire éventuellement? Est-ce que tu peux nous communiquer l’adresse de ton site internet? Parce que les auditeurs et auditrices qui n’auraient pas eu réponses à toutes leurs questions dans cette courte capsule vont certainement avoir envie d’aller visiter ton site et de s’informer plus et même de te contacter.
Denis Ulens: [00:22:48] Je peux te mettre la cerise sur le gâteau puisque on a commencé à deux, maintenant on sera cinq en avril, donc après six ans en partant de rien du tout. Mais la cerise sur le gâteau c’est pour moi vraiment la meilleure chose à retenir de tout ce qu’on a mis en place: c’est la dernière personne qu’on a engagée qui avait une proposition de salaire bien supérieure. Et donc à la fin de notre entretien, on a dit « Bon ben ça va on s’entend bien mais tu ne viendras certainement pas chez nous ». Et là, la réponse a fusé : « Tut, tut, je me suis fait broyer pendant des années, il n’est pas question que ça continue comme ça! Ici, je me rends compte que c’est une entreprise qui a du sens et de l’humanité et donc je vais laisser tomber mon véhicule de fonction et le salaire. Et non je viens chez vous ». C’est évidemment le plus beau cadeau après six ans de questionnement et de remise en question.
Michel : [00:23:41] Je ne connais pas le nom de cette personne, je ne veux pas le savoir parce qu’on ne va pas divulguer sans son consentement, mais remet mes félicitations. Parce qu’on parle des patrons mais les employés aussi devraient parfois se poser des questions pour qui est ce qu’ils travaillent?
Denis Ulens: [00:23:52] C’est clair. Pour conclure, effectivement, le nom de ma société c’est Idéeo: i.d.e.e.o avec le site web qu’on sait trouver en tapant ces cinq lettres. On peut sur notre site découvrir, peut-être de manière plus détaillée, tout ce que je viens d’expliquer puisque pour nous Internet n’est pas un moyen pour faire de la publicité mais bien un moyen pour faire de la politique. Et je suis intimement convaincu que cette démarche d’entreprise à mission il faut en parler et il faut dire que ça existe et qu’il y a moyen, que ça rend tout simplement heureux et tout en étant rentable, voilà!
Michel : [00:24:30] Denis, tu m’as convaincu, tu ne voulais pas faire de pub mais tu viens de gagner un nouveau client, je te contacte en dehors de l’émission. Écoute, je te remercie infiniment de nous avoir octroyé ton temps pour ce partage, c’est une prise de conscience et j’espère que cet exemple inspirant va motiver d’autres personnes que soit dans ton secteur d’activité ou d’autres à suivre tes pas. Très, très, bel exemple qu’on applaudit à deux mains. Et je le répète, ce podcast je l’envoie, dès qu’il est produit, dans la boite mail d’Isabella Lenarduzzi qui est quelqu’un qui se bat pour la parité homme et femme. C’est l’un des débats qui me touche beaucoup personnellement, et qui est très important à mes yeux. On vous remercie tous. Chers auditeurs et auditrices, si vous avez envie vous aussi de féliciter Denis, faites connaître ce podcast en le partageant en likant, en en commentant mais mieux encore: vous pouvez lui adresser un message vocal. Dans le texte du podcast, j’insérerais un lien et si vous cliquez sur ce lien Voice-mail, vous pourrez parler à votre micro et laisser un message à Denis pour le féliciter, l’encourager, le remercier ou pourquoi pas lui poser une question, on le transmettra. Et si vous le dites dans votre message « On peut utiliser ma voix ». Il est même possible qu’on partage votre message sur les réseaux sociaux, on vous remercie d’avance, on vous retrouve pour de prochaines aventures. Merci Denis, au revoir
Denis Ulens: [00:25:32] Au revoir et merci de ton écoute.
Michel : [00:25:38] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation playground » et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».
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