Les Chroniques Nébuleuses ont fait vibrer la salle à PodBXL 2025

Replay PodBXL 2025 : Les Chroniques Nébuleuses, immersion et fiction sonore, un live au cœur du festival – Podcast #030 PodBXL
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« Les Chroniques Nébuleuses », un podcast de fiction sonore immersive présenté en live au festival PodBXL 2025 à Bruxelles.
Thomas Pelosse et Alexandre Schorderet vous transportent vers les rivages bretons et le phare mythique d’Ar Men à travers une narration riche, mêlant légendes marines, réalités du métier de gardien de phare, et une ambiance sonore travaillée minutieusement.
Ils étaient les premiers à passer sur scène, pour la première fois en live avec leur format, un défi tant pour eux que pour notre technicien. Tous et toutes ont été unanimes : ils ont mis une ambiance d’enfer et de la bonne humeur dès le départ, et nous ont surpris avec plusieurs épisodes ainsi qu’une surprise pour le public et PodBXL.
Une spectatrice l’a résumé ainsi :
« Vous avez vraiment l’art du rythme, c’était génial. J’ai découvert un univers que je n’arrivais même pas à imaginer avant. »
Ils ont aussi accordé du temps au public pour répondre à toutes les questions ! Sincèrement, nous sommes partants pour les inviter chaque année, car on ne peut se lasser devant un tel talent !
Encore mieux qu’un épisode de “C’est pas sorcier” sur les phares de Bretagne (on y parlait déjà du phare d’Ar-Men à l’époque : ici, vous vivez une véritable immersion sensorielle. Les sons, les silences, les dialogues… tout est pensé pour que l’imaginaire prenne le large.
Un hommage vibrant aux Bretons, à leur mer, à leurs phares et à leur culture maritime. Cette œuvre originale explore la vie isolée et passionnée des gardien·ne·s de phares, entre poésie et dureté du terrain, réalité et imaginaire.
Le format vidéo replay est disponible avec une véritable valeur ajoutée : des sous-titres en cinq langues (français, néerlandais, allemand, anglais, espagnol). La version française a bénéficié d’une correction humaine assistée par IA, assurant une qualité supérieure aux sous-titres automatiques traditionnels, avec une priorité à l’accessibilité et à la compréhension. Quelques légères imperfections sont acceptées pour garantir cette ouverture multilingue et inclusive.
Revivez ce moment fort du podcast, découvrez les coulisses d’une création sonore atypique, et laissez-vous embarquer dans cette odyssée bretonne captivante…
Kenavo à tous et toutes !
Pourquoi regarder jusqu’au bout ?
- Parce que cette performance est une leçon vivante de créativité, de patrimoine et de partage.
- Parce qu’elle prouve que le podcast, en live, peut créer une communion rare avec son public.
- Et parce que l’ambiance, tout simplement, était inoubliable.
Organisateur·ices de festivals : n’hésitez pas à inviter Thomas et Alexandre, ambiance garantie, émotion au rendez-vous. Ils ont littéralement bluffé la salle entière.
Ce podcast, c’est aussi un hommage aux participantes du festival : relever le défi du live, devant un public engagé, n’est pas anodin. Chapeau à toutes celles et ceux qui ont osé partager leur parcours, et merci au public dont la présence et les questions ont enrichi la discussion.
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Séquençage du podcast « Les Chroniques Nébuleuses » au PodBXL 2025 :
- [00:00:01] Les Chroniques Nébuleuses: Premier épisode en live
- [00:02:50] Présentation « Les Chroniques Nébuleuses »
- [00:03:12] La rédaction du podcast de fiction « Les Chroniques Nébuleuses »
- [00:03:23] Au départ, les légendes marines
- [00:04:12] Pourquoi le Finistère
- [00:04:45] Les Chroniques Nébuleuses: les phares, entre imaginaire et réalité
- [00:05:11] L’acoustique nécessaire pour Les Chroniques Nébuleuses
- [00:06:04] Lueur et Neb, les personnages pour Les Chroniques Nébuleuses
- [00:07:21] Particularité du phare
- [00:09:18] Comment fonctionne un phare
- [00:10:51] Le phare d’Ar Men, quand la réalité dépasse la fiction
- [00:12:45] Du mercure dans les phares
- [00:14:45] L’automatisation des phares
- [00:15:33] La portée patrimoniale et politique du projet
- [00:15:58] Le métier de gardien de phare
- [00:16:43] Types de phares
- [00:18:33] Tâches des gardiens de phare
- [00:19:19] Les vacations
- [00:19:45] L’importance du rituel des repas !
- [00:21:43] Les Chroniques Nébuleuses: Second épisode en live
- [00:29:12] Pourquoi cet épisode
- [00:29:37] Les Chroniques Nébuleuses: l’écriture des épisodes à deux
- [00:30:34] Retraite pour écrire : le Berry
- [00:32:47] Écrire chacun de son côté
- [00:33:30] Première relecture à deux
- [00:34:41] Faire la part de ce qui est conservé ou pas
- [00:36:42] La gestion des tensions
- [00:38:25] Reprendre après un recul
- [00:38:46] Les Chroniques Nébuleuses: relecture par Louis Cozan
- [00:40:07] Un exemple de nécessité de réécriture
- [00:41:52] Faire le point Giono
- [00:42:01] Apprendre le manuel d’utilisation de la radio
- [00:42:33] Nouvelle réécriture suivant les retours de Louis Cozan
- [00:42:47] Les Chroniques Nébuleuses: le travail du bruitage et son foley
- [00:43:30] Pour éviter les engueulades : le jeu
- [00:44:27] Nécessité de repeindre le phare
- [00:45:20] Les Chroniques Nébuleuses: troisième épisode en live
- [00:47:53] Que devient la passion des légendes
- [00:49:21] Le futur pour Les Chroniques Nébuleuses
- [00:49:51] Les Chroniques Nébuleuses: épisode exclusif pour PodBXL
- [00:58:38] Remerciements PodBXL
- [00:59:55] Julien et Adrien Houssier
- [01:00:15] Ivan Quintero
- [01:00:29] Raphaël Archambault, Studio 2 Bel-Air, Ève Banse, La Compagnie des ancres
- [01:00:43] Louis Cozan
- [01:00:50] Toutes les voix du pilote pour Les Chroniques Nébuleuses
- [01:01:09] Le public
- [01:02:32] Question du public : l’origine du projet « Les Chroniques Nébuleuses »
- [01:04:59] Question du public : une voix de narration
- [01:09:39] Question du public : où se trouve le Berry en France
- [01:11:01] Question du public : de la montagne à la Bretagne, un choc culturel ?
- [01:14:34] Question du public : PodBXL, premier live ?
- [01:15:03] Question du public : des idées pour la diffusion vers le public concerné ?
- [01:19:41] Le GPS et son impact
- [01:20:17] Une surprise pour PodBXL et clôture de l’épisode
La transcription du podcast « Les Chroniques Nébuleuses » au PodBXL 2025 :
Jingle: [00:00:01] Ar Men à tous, Ar Men à tous, Ar Men à bord! Les Chroniques Nébuleuses.
Lueur (Thomas): [00:00:13] Ar Men à tous, Ar Men à tous, Ar Men à tous.
Neb (Alexandre): [00:00:16] Tu précises! Vas-y précises!
Lueur (Thomas): [00:00:17] Heu, pêcheurs, chalutier…
Neb (Alexandre): [00:00:19] Plaisancières aussi
Lueur (Thomas): [00:00:20] Plaisanciers, gardiens de phares, station à terre…
Neb (Alexandre): [00:00:24] Secouriste, tu le dis les secouristes
Lueur (Thomas): [00:00:25] Ouais, secouriste, et tous les autres marins sillonnant le littoral Breton, nous abordons cette fréquence pour lancer un appel de détresse.
Neb (Alexandre): [00:00:32] C’est bien, vas-y Lueur!
Lueur (Thomas): [00:00:33] Nous sommes Lueur et Neb, gardien du phare d’Ar Men sur la chaussée de Sein, à plus de 13 000 nautiques de la Pointe du Raz.
Neb (Alexandre): [00:00:40] Dis 24 kilomètres, ça fait 24 kilomètres.
Lueur (Thomas): [00:00:42] Ouais, ouais, ouais Euh… Aujourd’hui, nous avons besoin de vous. La subdivision du service des Phares et Balises vient de valider le projet d’automatisation de notre phare pour ce mois d’avril 1990.
Neb (Alexandre): [00:00:57] N’importe quoi!
Lueur (Thomas): [00:00:58] Et ce projet devrait s’étendre, d’ici les cinq prochaines années, à tous les phares de haute mer. Les Enfers, Kéréon, la Jument…
Neb (Alexandre): [00:01:07] Pierre noire
Lueur (Thomas): [00:01:07] Pierre noire, la Vieille… Tous sont en danger sans leurs gardiens. Nous remplacer par des ordinateurs, c’est menacer nos phares et la vie de ceux qui comptent sur eux.
Neb (Alexandre): [00:01:17] Exactement. Et les lames, les roches, le grondin, ce n’est pas pour le folklore que l’enfer du rocher existe. Croyez-vous qu’un automate vous dispensera les premiers secours quand vous vous fracasserez l’étrave sur la chaussée de Sein? Qu’il relaiera les appels de détresse? Qu’il vous fera un signe de la main quand vous viendrez pêcher à son pied? Et sans compter l’entretien! S’occuper des façades, des cuivres, éponger l’eau infiltrée… Et le mercure qui goutte? Les 6000 litres de gazole dans la cuve, on en fait quoi?
Lueur (Thomas): [00:01:42] Aujourd’hui, nous prenons la décision de ne pas laisser Ar Men entre les mains d’un ordinateur qui ne verra jamais un congre.
Neb (Alexandre): [00:01:49] C’est incongru.
Lueur (Thomas): [00:01:50] Et nous comptons sur vous! Alors faites sonner vos sirènes! Bloquez les ports! Quant à nous, nous n’abandonnerons pas Ar Men! « Tous les marins comptent sur ton aide », voilà ce qu’on nous disait à la formation.
Neb (Alexandre): [00:02:02] Et, nous avons des vivres, nous savons pêcher et on s’y connaît assez bien en informatique pour savoir que les robots n’aiment pas l’eau.
Lueur (Thomas): [00:02:08] Pour garder l’âme d’Ar Men en son sein, on compte sur vous pour que la Bretagne garde ses gardiens!
Neb (Alexandre): [00:02:13] Bien dit.
Radio Phare de Kéréon (Louis cozan): [00:02:15] Ar Men, Ar Men de Kéréon! Bien reçu, on s’accroche les gars, on s’accroche!
Radio Un pêcheur (Ivan Quintero): [00:02:20] À tous, à tous de la Sardine ! Les pêcheurs de Plogoff vous soutiennent les gardiens!
Radio Le neptune (Lola): [00:02:25] À tous du Neptune! On est avec vous les gars!
Radio Cross Corsen (Raph): [00:02:29] Ar Men, Ar Men de Cross co. Silence Mayday! Vous émettez sur la fréquence de détresse!
Alexandre Schorderet: [00:02:50] Bonjour
Thomas Pelosse: [00:02:51] Bonjour tout le monde. Alors, nous sommes donc Thomas et…
Alexandre Schorderet: [00:02:57] Alexandre.
Thomas Pelosse: [00:02:58] Et nous sommes les auteurs de la radio fiction « Les chroniques nébuleuses », et aussi, comme vous avez pu le voir et l’entendre, les comédiens qui jouent les personnages de cette radio fiction.
Alexandre Schorderet: [00:03:07] Voilà. Moi j’interprète du coup Neb et voici…
Thomas Pelosse: [00:03:10] Lueur
Alexandre Schorderet: [00:03:12] Et on voulait vous parler un petit peu du coup de notre podcast de fiction, et comment on l’a écrit? Pourquoi est-ce qu’on a écrit ça? Et quel a été un petit peu la genèse de notre projet?
Thomas Pelosse: [00:03:23] Voilà.
Alexandre Schorderet: [00:03:23] Parce que, à la base on voulait parler des légendes marines. Et comme vous l’avez entendu, tout ça ne s’est pas passé exactement comme prévu.
Thomas Pelosse: [00:03:29] Oui. Alors, déjà on est parti nous, quand on a commencé ce projet, c’est né vraiment d’une passion commune qu’on avait, nous, deux gars de la montagne, un Jurassien et un Savoyard pour la mer et pour le monde des légendes. Et sans trop savoir ce qu’on voulait raconter non plus dans le gros détail dans cette radio fiction, et ben on avait déjà une grande idée qui a germé dans notre esprit.
Alexandre Schorderet: [00:03:54] On voulait vraiment parler du coup des légendes. Et on s’est dit « Mais il faut qu’on trouve un endroit propice à une fiction légendaire comme ça ». Et on a beaucoup cherché, et on s’est dit qu’un endroit, peut-être la fin de la Terre, un endroit en France comme ça, qui s’appelle la fin de la terre, ou autrement dit le…
Thomas Pelosse: [00:04:12] Le Finistère, un endroit qui serait perdu, vraiment au bord du monde, seul, isolé, dans des conditions un peu fantastiques pour donner à ce qu’on… A notre radio fiction telle qu’on imaginait, vraiment, un imaginaire fort dès le début, une ambiance!
Alexandre Schorderet: [00:04:25] Quand même on s’est dit « Pour aller plus loin dans l’ambiance, autant qu’on aille carrément au-delà de la fin de la terre, là où peut-être des légendes subsistent », et on s’est dit un phare. Un phare entre la mer, le ciel, la terre et l’infini peut-être?
Thomas Pelosse: [00:04:38] Cette lumière qui tourne ça fait rêver, c’est beau, c’est puissant, on va écrire sur, enfin nous hein, sur des personnages dans un phare!
Alexandre Schorderet: [00:04:45] Voilà, sauf qu’on n’y connaissait rien en phare. Et donc forcément, on s’est mis à fantasmer pas mal de choses de ces phares qui pouvaient abriter des légendes. Alors on a pris le phare le plus éloigné des côtes bretonnes. Voilà, donc ce phare s’appelle Ar Men, voilà. Et cette Ar Men on n’a pas tellement vu de prime abord à quoi il ressemblait parce qu’on en avait une idée déjà très précise, n’est-ce pas?
Thomas Pelosse: [00:05:05] On avait un Ar Men dans notre tête qui était magnifique. Il était grand, il était immense, il y avait une bibliothèque dedans notre Ar Men!
Alexandre Schorderet: [00:05:11] Déjà, voilà (Thomas Pelosse: Génial) très vaste. Voilà on avait chacun une chambre aussi. Et puis on était, il y avait quatre personnages initialement dans cette fiction donc autant vous dire qu’on faisait (Thomas Pelosse: Il y avait de la place) une grosse colocation. Et puis alors comme c’était un endroit légendaire, il fallait aussi qu’il soit un petit peu bizarre, notamment on avait des questions acoustiques aussi à régler. Donc on s’est dit « Puisqu’il parle à la radio, il faut que faut que ça soit isolé ». Alors l’Ar Men qu’on imaginait était isolé avec de la mousse. Voilà, de la mousse naturelle bien sûr, parce que c’est là quelque chose d’un peu sylvestre tant qu’à faire. Donc on avait de la mousse qui poussait sur les murs, on se disait « Qu’importe, c’est magique ». Et puis on pouvait communiquer aussi d’un étage à l’autre, et donc ça, ça lui donnait des allures un peu steampunk, avec des tuyaux de cuivre par exemple. Donc on criait dans un tuyau et puis l’autre entendait en-dessous et on faisait des quiproquos comme ça. Et ça nous a permis de partir sur quelque chose de très, très (Thomas Pelosse: C’était très…) très loin
Thomas Pelosse: [00:06:04] Très imagé. D’autant que on n’a pas mis non plus des gardiens très normaux dans ce premier Ar Men, on avait mis des personnages incroyables et fantastiques. Lueur au début, c’était un, je vais parler de Lueur hein, c’était un genre de chevalier tel qu’en produisaient les romans de chevalerie très romantique, qui écrivait des lettres à une dame qu’il n’a jamais vu, qui partait dans des divagations poétiques géniales, bien loin de ce qu’on vient d’écouter au final. Enfin, il y avait une autre idée derrière…
Alexandre Schorderet: [00:06:29] Et puis on s’était aussi beaucoup inspiré des cimetières marins, ces espèces de cimetières de bateaux, de vieux bateaux, qu’on n’utilise plus non plus et… Et là ben c’est un lieu apprécié par Neb, qu’on imaginait plutôt avoir une vie un peu de naufragé ou naufrageur, quelque chose comme ça. Et là et bien on voyait quelque chose de très, du coup, très nébuleux, pour le coup
Thomas Pelosse: [00:06:51] Je crois (Alexandre Schorderet: Voilà) que vous pouvez voir les photos de nous perdus dans nos pérégrinations erratiques.
Alexandre Schorderet: [00:06:55] Il y avait même un cachot aussi.
Thomas Pelosse: [00:06:56] Oui,
Alexandre Schorderet: [00:06:57] Voilà. On avait rajouté un cachot au bas du phare, on s’était dit pourquoi pas…
Thomas Pelosse: [00:07:01] Ben, après tout il y a bien une bibliothèque dans le phare d’Alexandrie, donc ça nous paraissait tout à fait possible (Alexandre Schorderet: Voilà) qu’il y ai un cachot, une bibliothèque… Enfin, la logique était là. Mais à un moment, on s’est mis quand même à faire des recherches (Alexandre Schorderet: Ouais) pour se dire en fait, qu’est-ce que c’est vraiment, ça peut être quand même être intéressant de savoir ce que c’est qu’un phare.
Alexandre Schorderet: [00:07:18] Et là, on est tombés un petit peu des nues.
Thomas Pelosse: [00:07:21] D’ailleurs, on vous pose la question: savez-vous ce que c’est qu’un phare? Savez-vous comment c’est fait un phare? Vous, PodBxl, vous bruxellois qui avez la mer pas loin, qu’est-ce que c’est qu’un phare?
Alexandre Schorderet: [00:07:31] Oui parce que là on était… On s’est posé un peu ces questions puis du coup on a regardé Ar Men hein? Tout bêtement. Alors déjà Ar Men, concrètement, c’est un phare qui fait 34 mètres 50.
Thomas Pelosse: [00:07:40] Voilà.
Alexandre Schorderet: [00:07:40] Voilà. Et on nous a dit que c’était un petit phare. Bon, alors très bien, donc effectivement il y a des phares vraiment plus grands…
Thomas Pelosse: [00:07:47] 34 mètres 50 de haut (Alexandre Schorderet: De haut, oui bien sûr) pas de circonférence, sinon ça serait un très grand phare (Alexandre Schorderet: Voilà) pour le coup.
Alexandre Schorderet: [00:07:52] Et il est… Par contre sa circonférence c’est sept mètre 20 de diamètre, voilà. Donc dans ces sept mètres de diamètre, il faut savoir qu’il y a donc les pièces à vivre, en forme de demi-cercle, voilà. Et il y a aussi un escalier à ajouter à ça. Donc là on voit très bien, vous avez les pièces plus l’escalier. Et si on peut mettre juste la photo avant, on a aussi des plans qui nous ont servi à bien envisager ce que, ce qui était ce phare. Et si il fait sept mètres de diamètre, c’est parce que il y a des murs de deux mètres d’épaisseur (Thomas Pelosse: Voilà), parce qu’on est dans la zone la plus accidentée et la plus violente de la mer d’Iroise, et l’une des pires du monde quoi…
Thomas Pelosse: [00:08:32] Ce qui vous laisse à peu près un espace de trois mètres de diamètre pour vivre, donc je vous laisse vous rappeler vos années étudiantes où peut-être vous avez été au CROUS, et vous avez eu le confort d’avoir neuf mètres carrés. Maintenant, imaginez-vous avoir, en pleine mer, dans des conditions climatiques parfois difficile, le confort de trois mètres carrés. En tout cas, c’est l’effort d’imagination que nous on a du faire parce qu’on n’a pas pu vraiment aller à Ar Men.
Alexandre Schorderet: [00:08:54] Non
Thomas Pelosse: [00:08:54] Pas encore.
Alexandre Schorderet: [00:08:55] Ce n’était pas possible, on espère, peut-être un jour. Mais non, Ar Men c’est un phare complètement en mer aussi donc avec rien d’autre que le phare, d’ailleurs. Et donc c’est cet empilement de six pièces différentes, les unes au-dessus des autres, de, trois mètres de diamètre quoi (Thomas Pelosse: Voilà), en demi-cercle.
Thomas Pelosse: [00:09:12] Donc déjà, belle déconfiture par rapport au projet initial, oserais-je dire Alex hein?
Alexandre Schorderet: [00:09:18] Alors après on s’est posé la question aussi de comment est-ce que tout ça fonctionnait?
Thomas Pelosse: [00:09:23] Ah! Comment ça marche? J’ai envie de poser la question aux gens, pas toi?
Alexandre Schorderet: [00:09:27] Ouais, je sais pas en fait…
Thomas Pelosse: [00:09:27] Est-ce que vous savez comment ça marche le système d’éclairage du phare? Qu’est-ce que c’est?
Alexandre Schorderet: [00:09:31] Est-ce qu’on peut peut-être pas faire passer un micro aussi?
Thomas Pelosse: [00:09:33] Ptet qu’on veut faire un peu participatif!
Alexandre Schorderet: [00:09:35] Si vous savez…
Thomas Pelosse: [00:09:36] Si vous vous n’avez pas envie de répondre, ne répondez pas, on répond, on donne la réponse juste après de toute façon
Alexandre Schorderet: [00:09:40] Nous on juge pas, on est des gars de la montagne hein? Donc on imaginait vraiment des trucs de fou hein!
Thomas Pelosse: [00:09:43] Oui: monsieur, monsieur bonjour, bienvenue au PodBxl.
Michel: [00:09:46] Moi ce que je connais des phares, c’est que c’est une grande tour avec une lanterne. Et la lanterne est censée diriger les bateaux pour ne pas échouer sur les côtes quand c’est invisible à cause de la luminosité, de la nuit, des intempéries. Et c’est le signale aussi, la localisation géographique de certains lieux, ça je suis pas certain…
Thomas Pelosse: [00:10:06] C’est exact.
Alexandre Schorderet: [00:10:07] Ah oui, c’est ça: oui
Thomas Pelosse: [00:10:08] Ça signale géographiquement les récifs, les amers, donc c’est les objets dangereux en mer. On bâtit des phares à côté ou dessus pour bien les signaler.
Alexandre Schorderet: [00:10:16] Et puis chaque phare a une identité propre aussi. On peut les reconnaître avec: et bien si c’est des phares à observation par exemple, donc si la lumière s’éteint et puis se rallume. Ou bien si c’est des phares qui, avec la fréquence de leur luminosité aussi. Et puis il y a il y a toutes sortes de phares. Voilà, il y a des phares alimentés avec plein de façons différentes, on est allé jusqu’à découvrir qu’en Russie il y avait des phares nucléaires!
Thomas Pelosse: [00:10:42] Des cœurs atomiques dedans!
Alexandre Schorderet: [00:10:44] Non, peut-être pas.
Thomas Pelosse: [00:10:45] Ben si c’est nucléaire il y a forcément un cœur atomique
Alexandre Schorderet: [00:10:47] Non
Thomas Pelosse: [00:10:47] Alors c’est peut-être, ben si. Non? Qu’est-ce que vous en pensez-vous? Non?
Alexandre Schorderet: [00:10:51] Non, non, mais après bon… Non mais c’est bien parce que comme ça (Thomas Pelosse: Bon, ça nous laisse encore beaucoup de recherches à faire) nous laisse beaucoup de place à l’imaginaire. Toujours est-il que pour l’instant on s’est concentré sur le phare d’Ar Men, et là on s’est aperçu que parfois la réalité dépasse la fiction. Parce qu’on a appris que l’optique, donc cette fameuse lanterne là, hé bien elle est alimentée par…,elle est éclairée initialement par un feu. Alors, on avait les tours à feu initialement, le phare d’Alexandrie et cetera. Mais pour aller un peu plus loin dans le temps, on s’est aperçu que il fallait, du coup une grosse mèche, qui était dans les années 60 ni plus ni moins qu’un manchon d’amiante, voilà. Qui était, qui permettait de faire évaporer les vapeurs de pétrole, qui prenaient donc feu, et qui allumait une flamme qui était alimentée par une grosse cuve de pétrole qui se trouvait en bas du phare, voilà. Donc tout ça, tout ça est à…
Thomas Pelosse: [00:11:45] C’est de bonne condition (Alexandre Schorderet: Ouais). Il y a de l’amiante, il y a de la mer, c’est très petit, on a quelque chose qui est quand même assez propice à la légende. Après, ensuite le système de manchon d’amiante a été remplacé par une lampe halogène, qui ressemble ben à une lampe… Halogène, c’est comme vous avez chez vous…(Alexandre Schorderet: On est dans le légendaire). Sauf que celle-ci, qui n’a pas non plus une puissance si folle, cette lampe en soit, c’est une ampoule qui a, ben c’est une ampoule en fait, c’est pas un truc surpuissant. Ce qui va lui donner sa puissance c’est la lentille Fresnel. Donc c’est des panneaux, des lentilles, des panneaux qui sont devant, qui vont concentrer les rayons lumineux comme ça, vous voyez. Enfin, oui il y a la caméra, on peut le voir, super!
Alexandre Schorderet: [00:12:20] C’est un Podcasts visuels aujourd’hui.
Thomas Pelosse: [00:12:23] Qui vont concentrer les rayons lumineux, de manière à ce qu’on puisse les voir de loin. Et soit cette lentille tourne sur elle-même et son rayon lumineux, comme tu le disais, est dirigé, c’est une, et on peut le voir, qui va se déplacer: c’est un phare à clignements. Soit il y a un panneau qui va passer devant la lanterne, qui a son optique fixe, et le panneau va donc obstruer la lumière: c’est un phare à occultation.
Alexandre Schorderet: [00:12:45] Voilà. Et la lentille fait six tonnes.
Thomas Pelosse: [00:12:48] Six tonnes (Alexandre Schorderet: Voilà), c’est beaucoup hein!
Alexandre Schorderet: [00:12:50] C’est là qu’on se pose après des questions…Mais alors attend, parce que, a priori la lentille elle tourne, c’est ce qui va amplifier la lumière. Et donc, comment elle tourne? Alors initialement on a vu que c’était un gros contrepoids qui va permettre de faire tourner la lentille, donc par un système de poulies les gardiens de phare avaient la charge de faire remonter ce contrepoids, comme les vieilles horloges en fait. Et puis après, pour faire tourner ces six tonnes de manière beaucoup plus facile, le contrepoids est devenu beaucoup plus léger parce que le tout baigne dans un gros bain de mercure, voilà. Et le gros bain de Mercure permet justement un flottement de cette lentille et donc d’alléger le contrepoids. Ce qui fait que le quotidien des gardiens, entre les manchons d’amiante, le gros bain de mercure, le gasoil à pomper à la pompe à (Thomas Pelosse: À la main) main hein…
Thomas Pelosse: [00:13:36] Les grosses lames de six mètres qui tonnent à la porte, enfin bref (Alexandre Schorderet: Voilà), nous qui voulions de la légende avec un phare fantastique, le phare en lui-même, il était quand même 100 fois mieux que tout ce qu’on avait pu s’imaginer. Et on commençait à avoir un bon plat qui se dessinait.
Alexandre Schorderet: [00:13:49] Parce qu’on commençait à repenser à nos à nos isolations, à la mousse, on se dit « Bon, l’amiante c’est mieux quand même ». Mais alors attention, ça ne veut pas dire qu’on était au courant de tout ce qui pouvait se passer là-dessus. Par exemple, le mercure…
Thomas Pelosse: [00:14:04] Ben le phare bouge, ça c’est une composante importante. (Alexandre Schorderet: Voilà), le phare bouge parce qu’il se prend des grosses vagues dans son flanc, donc il va bouger, donc tous ces petits éléments rigolos, ben le mercure euh ça, ça goûte souvent par terre. Et à une époque où les règles de sécurité techniques n’étaient pas les mêmes que maintenant, ben les gardiens ramassaient le mercure avec leur petite balayette, et c’était pas très bon pour leur santé.
Alexandre Schorderet: [00:14:26] Et puis en remettre dans la cuve et puis voilà quoi (Thomas Pelosse: Et puis ça tourne). Voilà, c’est pour ça qu’on parle notamment de Mercure qui goutte, ou des 6000 litres de gasoil dans la cuve (Thomas Pelosse: Ouais). Voilà toutes ces choses qui ont pu se poser à un moment de l’automatisation des phares. Et là c’est arrivé dans les années 90, à l’époque où nous situons notre chronique nébuleuse.
Thomas Pelosse: [00:14:45] Donc déjà, le phare était passé un peu avant avec des systèmes de moteurs, donc il y avait deux moteurs diesel (Alexandre Schorderet: Ouais) qui ressemblaient à des moteurs diesel. En fait c’est un peu les mêmes outils que vous avez au quotidien, qui faisaient, qui avait un système électrique très complexe qu’on vous détaillera pas, parce que ça peut être long, si?
Alexandre Schorderet: [00:15:00] Ouais (Thomas Pelosse: Ouais). Non, non mais après il faut bien imaginer deux gros moteurs diesel, non pas pour allumer le phare, mais pour allumer tout ce qui est électrique qui permet de vivre dans le phare, aux gardiens qui s’occupent d’entretenir le phare!
Thomas Pelosse: [00:15:13] Le congel, les frigos, les lumières (Alexandre Schorderet: Voilà) et tout ceci alimente une batterie qui fait marcher tout l’ensemble. Et lors de l’automatisation du coup, comme on a plus besoin, on a que l’ampoule à allumer, eh bien on installe des petits panneaux solaires et une cellule qui va détecter si c’est le jour ou la nuit pour allumer le phare en fonction. Et Paf…
Alexandre Schorderet: [00:15:31] La cellule photovoltaïque,
Thomas Pelosse: [00:15:32] C’est automatique, ça marche tout seul.
Alexandre Schorderet: [00:15:33] Voilà, c’est ce qui du coup a mis aussi à pied beaucoup de gardiens de phare. Et c’est là qu’on s’est aperçu aussi de toute la portée patrimoniale et politique de notre sujet. C’est que il y a eu quantité de gardiens de phare du coup, qui ne voulaient pas forcément quitter leur métier et qui se sont vu retourner à terre. Parce que automatisation des phares, et relégués à l’entretien de l’automatisation du phare qu’ils ne gardent plus.
Thomas Pelosse: [00:15:58] Et d’autant on avait fantasmé un phare imaginaire et la réalité de ce qu’était vraiment un phare nous a paru incroyablement plus fantastique. Et bien pour nos gardiens de phare qui étaient imaginaires, la réalité de ce qu’était le métier de gardien de phare nous a fait exactement le même effet. C’est un métier qui est d’une dureté extrême et qui demande vraiment, qui va demander vraiment un engagement de foi de la part de ces personnes qui vont vivre isolées dans le phare. Et on a trouvé autour des quelques gardiens qu’on a rencontré vraiment une grande passion de la mer et une espèce d’esprit marin, on peut le dire, une solidité marine dans le mental, qui était assez impressionnante pour nous. On peut peut-être détailler un peu ce qu’est le métier de gardien de phare, pour vous illustrer un peu en quoi ça consiste? (Alexandre Schorderet: Ben oui) C’est assez simple en fait en quoi ça consiste!
Alexandre Schorderet: [00:16:43] Parce qu’au début, c’est pareil on s’est mis à fantasmer encore un peu tout ça, on imaginait que le gardien de phare, déjà il était au diapason des types de phare qui existent. Parce que il existe trois types de phare, dont vous avez peut-être déjà entendu parler si vous avez jeté un œil au phare, c’est l’enfer, voilà. Donc les enfers, par exemple on dit d’Ar Men que c’est l’enfer des enfers parce que c’est un phare qui est complètement isolé du monde, et dans lequel on ne peut se déplacer qu’à la verticale. C’est à dire que Ar Men, il y a juste le phare, et son rocher, et sur le rocher… Enfin.
Thomas Pelosse: [00:17:16] Vous n’allez pas sous le rocher, sinon vous êtes emporté par la mer.
Alexandre Schorderet: [00:17:18] Voilà.
Thomas Pelosse: [00:17:19] Donc vous avez que le phare.
Alexandre Schorderet: [00:17:20] Donc ça c’est les enfers. Après il y a les purgatoires, donc c’est un peu l’entre deux, vous devinez quel va être le troisième… Mais le purgatoire, c’est un phare ou au moins, à marée basse, on peut rejoindre la Terre, ou bien c’est sur une île relativement grande pour pouvoir marcher un petit peu autour, se balader, discuter, prendre l’air quand ça ne va pas avec le collègue (Thomas Pelosse: Voilà), tout ça…
Thomas Pelosse: [00:17:42] Par exemple, si ça ne va pas avec le collègue, on ne sait pas, ça sent le vécu ça!
Alexandre Schorderet: [00:17:45] Et du coup…
Thomas Pelosse: [00:17:46] Et enfin il y a les paradis, qui sont les moins intéressants pour nous mais qui sont très bien quand même. Ce sont des phares qui sont au milieu du village, tout simplement. Et donc vous allez à l’épicerie faire vos courses, vous dites bonjour à vos voisins. Et puis vous vous occupez de votre petit phare tranquillement. C’est le plus sympa, le paradis.
Alexandre Schorderet: [00:18:01] L’avantage du paradis, c’est que c’est des phares qu’on pourra désigner comme étant des phares de catégorie quatre, donc voilà c’est encore autre chose. Mais, en gros c’est des phares dans lesquels on peut vivre. C’est à dire que le gardien de phare n’est pas relayé, contrairement à ceux qui sont dans les enfers et au purgatoire, mais ils vivront à l’année, là, y compris avec leur famille, et cetera. Et parfois, l’enfer du gardien de phare, c’est d’être dans un phare catégorie quatre, alors que ben il y a que de l’eau autour et que c’est un enfer de vivre ici. Par exemple, c’est le cas de Tévennec, un phare dont peut-être vous entendrez parler dans la suite des chroniques nébuleuses.
Thomas Pelosse: [00:18:33] Il a causé beaucoup de morts ce phare, il est assez intéressant, bref. Et tac, tac, tac, oui tout ça pour revenir sur nos gardiens, en quoi ça consiste leur métier? Et bien c’est un métier qui est déjà très, très régulier, et qui est très simple. En soit ça consiste à entretenir le phare, donc ça peu, entretenir le phare c’est quoi? C’est tout repeindre, parce que tout va s’abîmer très, très, vite. C’est un endroit qui est très, très, humide, il faut tout repeindre, il faut tout ré huiler, il faut tout regraisser, il faut tout lustrer, tout ce qui est en cuivre, en métal, il faut le gratter tous les jours.
Alexandre Schorderet: [00:19:02] Parce qu’il y a pas beaucoup de lumière, donc tous les cuivres vont pouvoir permettre de refléter la lumière aussi. Déjà dans les années 60 c’était quelque chose d’assez militaire aussi mais pour pouvoir capter la moindre parcelle de lumière qu’il y avait dans le phare c’était important, et puis ça occupe aussi, voilà. Et puis bien sûr, il y a les vacations,
Thomas Pelosse: [00:19:19] Les vacations,
Alexandre Schorderet: [00:19:20] Il y a deux vacations. Donc ça, deux fois par jour, il faut checker que les copains éclairent eux aussi. Et pour pouvoir faire un rapport à la côte de l’état de la mer, l’État de la pression atmosphérique aussi, et si tout va bien… Aussi
Thomas Pelosse: [00:19:38] La force du vent. Voilà, la force du vent, la pression atmosphérique et l’état de la mer.
Alexandre Schorderet: [00:19:43] Et c’est ce qui permet de faire les relevés météo, notamment.
Thomas Pelosse: [00:19:45] Et enfin, le dernier devoir du gardien de phare, qui est sans doute pour nous l’un des plus importants, c’est de présenter et servir le repas.
Alexandre Schorderet: [00:19:53] Oui,
Thomas Pelosse: [00:19:53] Ça paraît peu de chose dit comme ça, parce que vous le faites tous à la maison j’imagine? Alors ne vous prenez pas, cuisiniers que vous êtes, pour des gardiens de phare, parce que c’est une institution, le repas pour le gardien de phare. Il faut s’imaginer que pendant des périodes de 1 à 2 semaines, on va vivre enfermé avec une personne avec, peut-être, laquelle on n’a pas tant d’affinités que ça (Alexandre Schorderet: Ouais) peut-être.
Alexandre Schorderet: [00:20:12] Parce que le jeu des relève fait que on passe deux, trois semaines avec les mêmes personnes, parfois plus quand on ne peut pas être relevé. Et du coup, il est dans notre fiche de poste de cuisiner, et de préparer le repas, et de le servir (Thomas Pelosse: Ouais), voilà,
Thomas Pelosse: [00:20:27] Ça permet de garder un lien, une cohésion sociale, même si on a deux gardiens qui n’ont pas d’atomes crochus, ça va être très important, ça va permettre de garder cette cohésion entre eux. Le fait que ben le repas, c’est un moment où on le présente, on le sert aux collègues et c’est pas juste « Va prendre ta gamelle dans le frigo ».
Alexandre Schorderet: [00:20:43] Et c’est des choses qu’on a pu expérimenter aussi dans notre écriture, parce que du coup on a passé du temps ensemble (Thomas Pelosse: Oui). Et là du coup, autant ces histoires de vacations que ces histoires de repas on s’y attelait. Et pour pouvoir parler, y compris dans notre dans nos épisodes, du quotidien de gardien de phare.
Thomas Pelosse: [00:20:59] D’ailleurs, toutes ces recherches ont beaucoup alimenté nos épisodes. Et dans tous ces épisodes on a disséminé un peu toutes ces connaissances qu’on avait envie de partager avec vous. Donc de manière parfois brute et un peu technique, parfois de manière douce et poétique, afin de rendre ça léger, volage et joli. Et c’est d’ailleurs quelque chose qu’on va vous illustrer maintenant.
Alexandre Schorderet: [00:21:22] Allez zou!
Jingle: [00:21:43] Ar Men à tous, Ar Men à tous, Ar Men à tous. Les chroniques nébuleuses.
Neb (Alexandre): [00:22:04] Journal de bord, Neb, Jour 23. J’ai fini de piquer les marches des quatre premiers étages. Le martelette me scie les mains, je n’en pouvais plus de la lumière glauque du bas du phare. Les murs sont moins humides à cette période mais la pierre colle quand même, ça se disloque… Depuis qu’on est coupé, je réalise à quel point on est seul ici. J’étais heureux les premiers jours, après j’ai vite compris que le bonheur de ne pas avoir de relevé à faire est éphémère. Les réserves d’eau s’étiole, les vivres et l’ambiance aussi. Nous n’avons pas même l’assurance de revoir un jour la Velléda, l’île encore moins. Les panneaux solaires encombrent la rambarde et m’empêchent de repeindre correctement. Lueur il dit qu’au fond on n’est même pas sûr d’être vraiment utile ici. Ce matin, nous débattions de la durée de vie d’un phare. Ar Men, l’architecte ne lui avait pas donné 100 ans, ça en fait 123 aujourd’hui et on dirait qu’ils l’ont tout juste branché pour ne pas qu’il s’éteigne. Moi, je trouve ça dur, avoir le coup de boutoir qu’il a connu, les incendies, la peur des gardiens, l’espoir qu’il représente dans la nuit, le voir comme ça, abandonné, c’est écœurant. Ar Men s’est noyé, ses cuivres sont déjà devenus vitreux, ses pierres se disjointes un peu plus sur la roche rouge. Et la dévorante bouffe sans cesse ces plots de pierre qui tendent le garde-fou du débarcadère. Dire qu’on avait le don de Prométhée, le flottement du mercure pour faire tourner l’appareil. Quelques gouttes sur la tronche et le tic-tac du contrepoids pour faire tourner un vrai feu. De grand horloger au milieu des cambouis et des mécaniques, on devient tout juste bon à changer une ampoule.
Lueur (Thomas): [00:23:47] Tu prends ton quart.
Neb (Alexandre): [00:23:49] Et ces bruits manquent pour accompagner l’eau, tu ne trouves pas?
Lueur (Thomas): [00:23:51] Non, Tu prends ton quart.
Neb (Alexandre): [00:23:53] Attends!
Lueur (Thomas): [00:23:57] Qu’est-ce qu’il a encore déréglé ce congre? Tu fais quoi?
Neb (Alexandre): [00:24:06] Écoute-le. Ça te manque pas? Le contrepoids… La baguette du grand horloger – CLAC – Le maestro est en place et la vapeur s’inverse. Dix minutes avant le concert, les becs se préparent… Tout le monde est à cran. Les hautbois vernis à souhait posent l’ambiance chaude, d’une nuit d’été, une vraie boîte à musique. Le manchon qui se pose et la vapeur qui prend, dans la lumière projetée… L’œil de Fresnel s’illumine avec l’arrivée des cuivres en lumière, c’est un opéra grandiose qui joue un drame à suspens dans la brume, les vents s’engouffrent maintenant, glissent en lumière contre la cymbale de bronze, le son rebondit sur les vagues de notre succès et tout cela pendant les 2h de silence pulsé que nous offrent les batteries. Écoute, écoute le métronome du contrepoids qui ne faiblit pas.
Lueur (Thomas): [00:25:28] Et après, les moteurs grondent pour pas que tout s’éteigne. Fin du concert, on meurt de chaud, de peur et de bruit et la radio lâche.
Neb (Alexandre): [00:25:36] Non, non attends, t’es con.
Lueur (Thomas): [00:25:38] On évacue la salle, on vire les gardiens, personne sera remboursé. L’opéra est fini, maintenant on écoute de l’électronique: poutou, poutou, pou…
Neb (Alexandre): [00:25:52] Buraliste.
Lueur (Thomas): [00:25:53] Ça me fait une belle jambe!
Neb (Alexandre): [00:25:55] Saleté de cul rouge!
Lueur (Thomas): [00:26:11] Pffff. Le parc d’Ar Men… La vieille d’Ar Men, crrrr, le Sein? crrrr. Bon, évidemment il y a personne. Eh ben si jamais une inestimable et ô combien miraculeuse oreille m’écoute, vous entendez la voix de Lueur, dernier gardien du phare d’Ar Men. En lutte naïve et inutile pour permettre à des givrés solitaires de vivre enfermés dans des tours en pleine mer. Ouais, on demande pas grand-chose quand même, juste de pouvoir continuer à veiller à tous ces gars qui barbotent dans l’bouillon. Allez, répondez quoi! Mais c’est un poste VHF! Tu vas pas me faire croire que tu m’entends pas? Et qu’est-ce qu’il te faut pour que tu t’intéresses à nous? Mais tant pis si vous vous en foutez des phares, mais répondez! Ça fait je sais pas combien de temps que je bouffe plus que de la poiscaille et du biscuit. Et tout ça à cause d’un lampadaire qui est devenu assez grand pour s’allumer tout seul, hein? Économie, automatisation, photovoltaïque, légendaire! Ar Men légendaire! Ben ils sont beaux les gardiens coupés du monde, qui se révoltent contre… Contre du vent! Mais merde, on est seul, on sert à rien. On garde pas un phare, on garde un tombeau. Tiens, et ce cinglé de Neb, il y croit dur comme fer lui hein? Oh là là! Oh c’est l’ermite des vagues hein? En bas, Neptune le regarde et lui dit « C’est bien gamin, c’est ça l’esprit marin ». Ah bah tiens, écoute, voilà le fossoyeur, il monte inspecter sa tombe. Écoute comme il monte bien! C’est régulier! C’est bien ordonné! 20h35: allumage, 20h45 relevé…
Neb (Alexandre): [00:28:24] Tout va bien? Ça va?
Lueur (Thomas): [00:28:26] Ouais ouais ça va.
Neb (Alexandre): [00:28:28] Ok, c’est quand il y a pas de vagues, ça résonne dans l’escalier en fait.
Lueur (Thomas): [00:28:32] Ah ouais? Ok.
Neb (Alexandre): [00:28:35] T’as fait les cuivres?
Lueur (Thomas): [00:28:37] Ah non! Ben je vais le faire.
Neb (Alexandre): [00:28:41] À plus tard!
Jingle: [00:28:53] Les chroniques nébuleuses.
Alexandre Schorderet: [00:29:06] Merci beaucoup.
Thomas Pelosse: [00:29:07] Merci beaucoup. Wow! Wow!
Alexandre Schorderet: [00:29:12] On était content de cet épisode parce que on voulait vous le présenter, parce que on a essayé d’y insuffler aussi un peu le quotidien des gardiens de phare, y compris la merveilleuse ambiance qui peut régner entre eux, voilà. Et puis c’était aussi quelque chose d’intéressant de retomber un peu dans ce qu’on vous expliquait des années 60, du contrepoids, et cetera. Là où après, plus tard, ça a été mis en place par un moteur.
Thomas Pelosse: [00:29:37] Et ça a été pour Alexandre, lors de l’écriture, de se permettre une de ces belles et magnifiques envolées lyriques dont il a le secret.
Alexandre Schorderet: [00:29:44] Voilà.
Thomas Pelosse: [00:29:44] Et à moi de pouvoir me permettre une diatribe un peu envenimée, acerbe, dont j’ai le secret, moi aussi.
Alexandre Schorderet: [00:29:50] Non mais je vois qu’on attaque comme ça sur l’écriture, bah très bien. Effectivement on va vous dévoiler un petit peu les secrets de notre écriture et comment est-ce que ça a pas toujours été non plus super facile.
Thomas Pelosse: [00:30:00] Oui. Parce que du coup nous, nous n’écrivons pas, enfin c’est pas un podcast, c’est pas on est juste, on arrive, on parle, c’est une écriture tout d’abord, c’est un travail d’écriture de fiction, écriture qui est d’autant plus intéressante et complexe du fait que nous écrivons à deux!
Alexandre Schorderet: [00:30:14] À deux, voilà
Thomas Pelosse: [00:30:14] À deux.
Alexandre Schorderet: [00:30:15] C’est ça. Et donc personne n’a forcément raison ou personne n’a…
Thomas Pelosse: [00:30:20] Vous avez déjà essayé d’écrire à deux? Ouais?
Alexandre Schorderet: [00:30:22] Ne le faites pas.
Thomas Pelosse: [00:30:24] Ah! On nous parlera des retours d’expérience très intéressants dans les temps de networking alors sur le travail d’écriture, notamment en duo, parce que.. (Alexandre Schorderet: Parce que…) parce que nous c’est vraiment une vie infernale, c’est génial mais…
Alexandre Schorderet: [00:30:34] Non, mais c’est plein de rebondissements. Et puis surtout c’est des choses, on aime bien se mettre des défis, donc on a décidé de se mettre à deux pour écrire sur les phares, et d’aller écrire dans le Berry.
Thomas Pelosse: [00:30:43] Voilà.
Alexandre Schorderet: [00:30:43] Voilà. Donc c’est à dire que le plus loin de la mer possible, parce qu’on n’avait pas encore, eh bien le…
Thomas Pelosse: [00:30:49] Le réseau…
Alexandre Schorderet: [00:30:50] L’occasion aussi d’aller faire des résidences d’écriture proches de notre sujet. Et donc on remercie l’Abbaye de La Prée qui nous a accueillis dans le Berry du coup, pour écrire au milieu des poulaillers aussi, et de cette ascèse si propre à notre écriture.
Thomas Pelosse: [00:31:07] Alors le Berry c’était pas juste pour nous une passion pour le Berry, on n’a pas vraiment de passion pour le Berry non plus hein? Mais ni pour les poulaillers, mais c’était un endroit isolé ce qu’on cherchait. Donc on s’est isolé dans une abbaye pour être un peu coupé du monde quand même. On n’était pas tout seul, il y avait d’autres résidents, mais on était loin, on avait que de la nature. Et on était un peu face à nous-même!
Alexandre Schorderet: [00:31:30] Ouais. Et pour essayer d’établir comment est-ce qu’on allait écrire ça à deux. Alors bon certes, donc c’était super d’être dans cette abbaye que mettait à notre disposition d’ailleurs « Pour que l’esprit vive », Voilà l’association « Pour que l’esprit vive »
Thomas Pelosse: [00:31:47] Nous on a profité de cette disposition, on s’est dit « Mais quelle est cette magnifique tour…
Alexandre Schorderet: [00:31:53] Circulaire.
Thomas Pelosse: [00:31:54] J’allais dire circuloïdale moi! Heureusement que ce n’est pas enregistré hein! Bref, quelle est cette magnifique tour circulaire si on vidait ce qu’il y a l’intérieur et si on enfermait quelqu’un, comme Alexandre, à l’intérieur pour lui permettre de vivre l’expérience de l’isolation? Ça ne pourrait qu’alimenter son écriture! Idée un peu folle… Mais on l’a fait!
Alexandre Schorderet: [00:32:12] Ah oui, oui, bien sûr. Et puis alors ça alimente beaucoup l’écriture. D’ailleurs, non mais vraiment, on s’est posé la question de savoir comment est-ce qu’on peut vivre dans un espace, enfin vivre l’ennui par exemple, dans un espace rond ou dans un espace carré (Thomas Pelosse: Ouais), voilà. On s’est posé beaucoup de questions de ce genre-là avant de commencer à établir une façon d’écrire notre podcast aussi et une structure. Et donc au début, on part de questionnements comme ça pour écrire de la matière.
Thomas Pelosse: [00:32:38] Alors on a oublié de parler du petit point qui est là je crois…
Alexandre Schorderet: [00:32:41] Quoi?
Thomas Pelosse: [00:32:41] Là, le point là, on n’a pas parlé, parce qu’on a fait…
Alexandre Schorderet: [00:32:42] Ouais? Bon ben parle du petit point qui est là alors!
Thomas Pelosse: [00:32:44] On fait, on fait comme tu as voulu là
Alexandre Schorderet: [00:32:45] Mais non mais vas-y, c’est toi qui décide non?
Thomas Pelosse: [00:32:47] Tu vois c’est ça! C’est bien parce que on alimente un peu le sujet sur l’écriture à deux en plus (Alexandre Schorderet: Oui, c’est bien on vois ce que c’est tout de suite heu…) . Ok, je fais comme… ok donc à mon avis… (Alexandre Schroderet: Bah oui comme d’habitude) ben jeee (à une moue frustré)… – Rire d’Alexandre – Ok, on parlera de ça plus tard. Donc on va commencer par écrire de la matière. Donc là c’est une phase qui est totalement non-violente – Rires communs – puisque on part chacun de notre côté, et on a un peu en tête de quoi ça va parler, l’idée, le sujet et on écrit ce qu’on veut chacun de notre côté. Ah c’est facile cette étape, moi je l’aime bien aussi.
Alexandre Schorderet: [00:33:15] Ah ouais c’est bien c’est là (Thomas Pelosse: Là où on parle) où on se dit bon voilà, notre sujet par exemple, on s’est dit qu’on partait plus ou moins sur les cyclopes. Donc là, on se lance chacun dans ce à quoi nous fait penser les cyclopes. Donc on écrit beaucoup, voilà. Et au bout d’un moment on se dit « Ça peut être pas mal de commencer à faire un petit plan de l’épisode? »
Thomas Pelosse: [00:33:30] Voilà. Donc on se rejoint, on se lit un peu ce qu’on s’est fait. Ben moi par exemple, j’ai parlé de Sindbad le Marin, de toutes ces légendes (Alexandre Schorderet: Par exemple), de toutes ces légendes d’Asie Mineure, bla bla bla. Le cyclope comment il est vu dans dans tout ça? Et toi, tu as parlé de totalement autre chose…
Alexandre Schorderet: [00:33:43] Mais non, bien sûr mais les cyclopes on peut forcément parler des cyclopes, on peut pas passer à côté d’Ulysse par exemple, donc voilà. Prométhée, pardon, comment euh.
Thomas Pelosse: [00:33:53] Polyphème?
Alexandre Schorderet: [00:33:54] Fils de Poséidon, Polyphème voilà, donc moi j’ai tout un truc comme ça sur les cyclopes.
Thomas Pelosse: [00:33:58] Hum. Et on compile un peu toutes nos idées pour avoir un plan (Alexandre Schorderet: Voilà). OK, donc on a toutes ces idées-là, on veut en parler, ben on fait un petit peu la structure, de l’épisode qu’on veut écrire…
Alexandre Schorderet: [00:34:08] Structure qu’on n’hésite pas à tordre pour arriver à tout mettre… Parce qu’on…
Thomas Pelosse: [00:34:11] Ah on a peur de rien!
Alexandre Schorderet: [00:34:11] On veut quand même nos idées quoi, c’est important! (Thomas Pelosse: Voilà). Ce petit point par exemple qu’on a oublié (Thomas Pelosse: Voilà), comme ça, il va rentrer dans le dans les quinze minutes qu’on a maintenant.
Thomas Pelosse: [00:34:20] Oui, parfait.
Alexandre Schorderet: [00:34:21] Et puis ensuite, eh bien on essaie donc de compléter cette matière au gré de l’épisodes, donc on remplit les trous qui nous manquent, voilà. Donc c’est de l’écriture un peu plus dirigée (Thomas Pelosse: Voilà), ou sous contrainte, voilà. Et là arrive le moment fatidique,
Thomas Pelosse: [00:34:35] C’est qu’on a donc beaucoup écrit (Alexandre Schorderet: Voilà). C’est bien, hein? Mais (Alexandre Schorderet: Mais c’est bon) c’est aussi c’est aussi un mal,
Alexandre Schorderet: [00:34:40] C’est ça?
Thomas Pelosse: [00:34:41] Voilà, il va falloir, comme on a trop écrit, qu’on a un épisode de 60 pages et qu’il faut qu’on arrive à le faire tenir, il va falloir en enlever un peu. Puis il y avait peut-être des trucs inutiles là-dedans hein!
Alexandre Schorderet: [00:34:50] Moi j’ai rien écrit d’inutile (Thomas Pelosse: Ben…). De toute façon, j’écris toujours extrêmement bien. Et je peux vous dire que, moi j’ai, il y a pas, très peu de gras…
Thomas Pelosse: [00:34:56] Moi je ne vous cache pas que dans notre… Dans notre… Dans notre couple ou dans notre duo plutôt, on est le… Il y a ta femme là-bas qui va me regarder bizarrement. Eh ben, moi je suis la voie de la concision, donc moi c’est vrai que quand j’écris un truc je pense toujours efficace (Alexandre Schorderet: Voilà). Donc c’est ça qui est pratique avec moi, il y a toujours rien à enlever de mon côté.
Alexandre Schorderet: [00:35:14] Voilà. Et donc c’est là que j’arrive évidemment à cet argument très fort c’est que bon, efficace c’est bien mais on veut du qualitatif. Et c’est là où, ben euh, des fois la concision n’amène pas forcément… Par exemple, tu vois sur Polyphème il y a vraiment un… Tu vois, j’aimerais, ce passage là sur le regard de Polyphème, par rapport au fait que c’est un cyclope c’est assez important (Thomas Pelosse: ouais, ouais). Voilà.
Thomas Pelosse: [00:35:35] Alors moi je suis toujours d’accord avec Alexandre mais je ne peux m’empêcher de relever que il a raison, il faut être qualitatif, mais le qualitatif se doit-il justifier que pour parler du regard de Polyphème, tu aies fait un poème en alexandrins de seize strophes, par exemple?
Alexandre Schorderet: [00:35:49] Ben oui parce que…
Thomas Pelosse: [00:35:50] Cela est-il justifié? Cela n’est-il pas un peu lourd, voilà, les gens se posent des questions!
Alexandre Schorderet: [00:35:52] Ce qui m’amène: à l’idée quand même de justifier tout de même cette écriture en alexandrins, voilà, parce qu’un alexandrin tout le monde sait, ça a douze pieds, voilà. Or, eh bien dans l’histoire de Polyphème l’équipage d’Ulysse sortent sous les moutons, ils se cachent comme ça, voilà. Donc pour symboliser les pieds du troupeau des moutons, je trouvais ça intéressant d’avoir des alexandrins (Thomas Pelosse: Ah?), voilà.
Thomas Pelosse: [00:36:11] C’est, c’est, c’est… – Rires du public. Ouais, alors là, pour le coup je ne sais que dire, mais en situation réelle j’aurais eu un truc super à répondre.
Alexandre Schorderet: [00:36:17] Rires – Voilà, donc on le garde, on est d’accord?
Thomas Pelosse: [00:36:18] Non, non, justement on le gardera pas, on va le concire un petit peu. Mais alors comme il faut valoriser un petit peu pour ne pas être trop brusque, on peut en garder une partie. Ça, c’est l’argument que j’adore. Ça, c’est le mieux, c’est le mieux qui s’en dégage et puis on garde que ça (Alexandre Schorderet: Voilà) et après on repart un peu, on remet un petit peu de fil droit là-dedans. Et puis comme moi j’avais aussi écrit une super chanson ben si t’as déjà mis (Alexandre Schorderet: Voilà, bien sûr) un poème dedans, bah ma chanson après elle a un peu d’ombre, tu vois, ça rend pas pareil. Et c’est là que c’est dommage parce qu’elle est cool ma chanson.
Alexandre Schorderet: [00:36:42] Non mais, oui mais elle est en prose. Alors qu’on était parti – Rires de Thomas – sur les alexandrins tu vois? Donc il y a un moment où ça pose problème quoi les… Ce qui mène forcément à l’étape de la dispute (Thomas Pelosse: Oui), voilà, voilà.
Thomas Pelosse: [00:36:52] Vous l’avez pas vu venir celle-là?
Alexandre Schorderet: [00:36:53] Non, c’est…Euh. D’où l’importance de faire une résidence dans un purgatoire.
Thomas Pelosse: [00:36:57] Voilà. Oui.
Alexandre Schorderet: [00:36:58] Voilà, c’est l’idée de pouvoir prendre un petit peu de distance comme ça, voilà…
Thomas Pelosse: [00:37:02] Est-ce qu’on peut avoir des photos de notre purgatoire peut-être sur la petite télévision?
Alexandre Schorderet: [00:37:05] Oui. Alors là c’est arrivé par exemple quand on était à Lille vrac. Et à Lille vrac effectivement donc c’est, voilà, c’était notre purgatoire que vous pouvez voir. Donc c’est un sémaphore, et donc là pour le coup on était au cœur de notre sujet, voilà, et donc c’était une maison phare ici. Et on n’avait pas accès à la terre à marée haute.
Thomas Pelosse: [00:37:24] Voilà.
Alexandre Schorderet: [00:37:24] Voilà. Donc évidemment, on s’est disputé à marée haute.
Thomas Pelosse: [00:37:27] Oui
Alexandre Schorderet: [00:37:28] Voilà. Et donc on a fait le tour de l’île et on s’est aperçu combien c’était parfois difficile d’être gardien en colocation comme ça.
Thomas Pelosse: [00:37:33] Voilà. Après le truc qui est beau avec… C’est que en fait, comme on peut pas aller plus loin, on est obligé de se réconcilier.
Alexandre Schorderet: [00:37:39] Voilà
Thomas Pelosse: [00:37:39] Ça, ça dure depuis longtemps mais c’est…
Alexandre Schorderet: [00:37:43] Ouais là ben c’est… Moi j’appelle ma femme, elle me dit « T’es sûr que tu veux tout arrêter? ». J’ai dit « Non bon peut-être que là ça va, la chanson elle peut être sympa, on verra bien ». Et donc forcément, après il arrive le moment où on fait preuve de maturité, on lâche un peu du lest et on enlève ce qu’il y a de trop.
Thomas Pelosse: [00:37:55] Voilà
Alexandre Schorderet: [00:37:55] Semblait-il qu’il y en avait beaucoup. Voilà. D’ailleurs on peut se permettre de réécrire un petit peu, du coup on a… (Thomas Pelosse: Oui, toujours hein?). Voilà donc l’étape de relecture après. Et puis surtout, il est important de laisser reposer tout ça. Parce qu’une fois qu’on est ressorti de ces deux semaines intenses d’écriture, effacement, réécriture, dispute, et cetera, on a vraiment la tête dedans et on se dit « Laissons reposer ça pendant… »
Thomas Pelosse: [00:38:16] On n’a plus le recul nécessaire pour pouvoir travailler efficacement.
Alexandre Schorderet: [00:38:19] Voilà. Et pendant six, sept mois, le temps de retrouver les financements, de pouvoir retravailler ensemble.
Thomas Pelosse: [00:38:23] On fait d’autres trucs cool.
Alexandre Schorderet: [00:38:24] Voilà.
Thomas Pelosse: [00:38:25] Voilà.
Alexandre Schorderet: [00:38:25] On se dispute pour d’autres choses. Et puis… Et après on arrive, on reprend l’épisode, très fier, parce qu’on était arrivé à quelque chose de superbe. Voilà, on s’est dit « Ah là on était bon quand même ».
Thomas Pelosse: [00:38:34] On a oublié de dire qu’on se réconcilie aussi un peu.
Alexandre Schorderet: [00:38:36] Si, je l’ai dit là
Thomas Pelosse: [00:38:36] Ah tu l’as dit?
Alexandre Schorderet: [00:38:37] Non, j’ai pas dit?
Thomas Pelosse: [00:38:37] Je sais pas. On a dit qu’on s’est réconciliés?
Alexandre Schorderet: [00:38:39] Si il a dit, voilà. Tout le monde ici est témoin (Thomas Pelosse: Excusez-moi, mea culpa) de notre réconciliation
Thomas Pelosse: [00:38:43] Mais c’est que tu as pas dit à quel point c’est beau quand on se réconcilie je pense et…
Alexandre Schorderet: [00:38:46] Si tu avais les yeux dans le vague par là-bas. D’ailleurs on va couper ce passage je pense – Rires de Thomas. Mais euh… Mais non, et surtout quand on reprend l’épisode, et que on est content de nous. Eh bien on l’envoie, eh bien à un gardien de phare!
Thomas Pelosse: [00:38:59] Ah, alors là il faut le citer: monsieur Louis Cozan, auteur, là j’avais pris le livre, j’aurais pu le montrer comme ça mais je le montrerai après. Auteur de « Un feu sur la mer », un magnifique ouvrage où il relate ses expériences de gardien de phare. Et ce monsieur, donc ancien gardien de phare, a eu la gentillesse de nous donner énormément de conseils et surtout de bien vouloir relire nos épisodes pour pouvoir euh enlever ou modifier les choses qui n’étaient pas réellement possibles et concrètes.
Alexandre Schorderet: [00:39:27] Parce que du coup, on s’est aperçu qu’en traitant des phares, et des gardiens de phare, surtout de ce sujet éminemment politique qui était dans les années 90 aussi, la mise à pied des gardiens de phare, par rapport à l’automatisation. Il nous a dit que c’était un patrimoine qui était un patrimoine marin aussi très important, qu’il était de notre choix de respecter ou pas. Mais si on voulait pas le respecter, on partait dans notre phare avec euh notre mousse là, et nos tuyaux de cuivre pour se parler. Ou alors on voulait faire quelque chose de proche du réel, et à ce moment-là on avait en charge aussi de respecter tout ce patrimoine marin, y compris en termes de vocabulaire. Et c’est là qu’on s’est aperçu qu’il y avait encore une certaine étape de réécriture. Par exemple, on pourrait donner un exemple.
Thomas Pelosse: [00:40:07] Vas-y!
Alexandre Schorderet: [00:40:07] Voilà. Alors nous, bêtement, on s’était dit que euh, ça pouvait se faire, pour des gardiens de phare, de ramer, avec des rames, dans une barque. A priori!
Thomas Pelosse: [00:40:21] Je vois que ça vous fait rire vous aussi, vous vous rendez compte à quel point c’est aberrant…(Alexandre Schorderet: Voilà). Ramer avec… – Ensemble: Des rames dans une barque – quelle idée! C’est… c’est absurde! Ben non!
Alexandre Schorderet: [00:40:29] Voilà. Grâce à Louis Cozan on s’est aperçu que non, on ne rame pas avec des rames dans une barque.
Thomas Pelosse: [00:40:33] Voilà. On nage,
Alexandre Schorderet: [00:40:34] On nage.
Thomas Pelosse: [00:40:35] Avec des avirons.
Alexandre Schorderet: [00:40:36] Voilà.
Thomas Pelosse: [00:40:37] Dans un canot (Public: Oh wouah), ouais c’est pas du tout la même chose!
Alexandre Schorderet: [00:40:40] Et ouais. Et non, non, ça a rien à voir.
Thomas Pelosse: [00:40:41] Non, non.
Alexandre Schorderet: [00:40:41] Oui parce que ben du coup, ben le fait de ramer donc on dit nager en terme nautique (Thomas Pelosse: Voilà). Des avirons, parce que il faut que ça désigne quand même l’objet, voilà. Et puis une barque c’est un trois-mâts, dans le jargon. Donc forcément, quand on dit ça à un marin on avait l’air de deux touristes.
Thomas Pelosse: [00:40:56] Avec des avirons dans le trois-mâts, oui ça aurait fait bizarre. Mais ça nous a amené à faire plein de choses. Grâce à Louis Cozan on a pu se poser plein de questions fondamentales. Par exemple, à un moment on voulait naïvement relier notre radio sur le moteur du phare. Mais fou que nous étions! Non, non, non! D’abord il faut relier la radio à la batterie. Batterie qui elle-même, pas reliée sur le moteur, qui est relié sur le convertisseur, qui va changer. Oh là ça fait longtemps… Qui va changer le courant du moteur qui est du… Qui est du combien déjà le moteur (Alexandre Schorderet: Ça je ne sais plus non plus) je ne sais plus. Enfin bref, j’ai pas retenu le voltage exact du moteur mais c’est pas le bon. Donc il va transformer le voltage exact du moteur pour qu’il puisse alimenter tout le système électrique, enfin bref. On s’est mis à faire des schémas pour représenter tout le circuit batterie, convertisseur, lentille, cellule photovoltaïque, tout le bazar. On s’est mis à, Alexandre, à éplucher toutes les cartes maritimes pour apprendre à lui aussi faire des points comme les marins selon comment…
Alexandre Schorderet: [00:41:52] Le Point Giono pour pouvoir se repérer en mer, chose que plus personne ne fait depuis l’invention du GPS. Mais, mais un gardien de phare et un marin digne de ce nom doit savoir le faire.
Thomas Pelosse: [00:42:01] On a dû aussi apprendre le manuel d’utilisation de la radio pour pouvoir utiliser une radio correctement, et pas juste dire « Allo le Sein c’est nous, on est les gardiens d’Ar Men ». Non, pour bien dire « Ar Men, Ar Men, Ar Men de Sein », il faut utiliser le code correct, tous les canaux utilisés par les gardiens en cas d’alerte ou autres incidents. Enfin bref!
Alexandre Schorderet: [00:42:19] Tout ça pour avoir une vision vraisemblable (Thomas Pelosse: Voilà) de ce que pouvait être la vie de nos gardiens de phare. Et une fois qu’on partait de ce truc invraisemblable, on peut leur faire faire des bêtises.
Thomas Pelosse: [00:42:28] Oui.
Alexandre Schorderet: [00:42:28] Voilà. Parce qu’ils font des bêtises quand même nos gardiens de phare. Mais vous le verrez peut-être un peu plus tard.
Thomas Pelosse: [00:42:33] Bref, une fois que Louis a lui aussi coupé l’intégralité de l’épisode – Rires d’Alexandre – avec ces modifications, et bien on re réécrit tout (Alexandre Schorderet: Voilà). Et on réapprend tout, on re réécrit, on refait. Et là, au final, (Alexandre Schorderet: On arrive), suspens…
Alexandre Schorderet: [00:42:47] Au moment où il faut corriger le script, écrire les didascalies pour notre cher ami qui va pouvoir monter aussi l’intégralité du son de l’épisode. Parce que le pari des podcasts des chroniques nébuleuses, c’est de vous faire entendre un phare que, ben vous avez découvert pour la première fois là. Enfin du moins vous avez vu les plans mais pour pouvoir vous…
Thomas Pelosse: [00:43:07] Il faut que vous voyiez le phare par vos oreilles.
Alexandre Schorderet: [00:43:09] Voilà, c’est ça. Et là il y a un vrai travail de bruitage qui dure aussi bien deux mois, voilà. Et puis un an après on est content que l’épisode puisse sortir (Thomas Pelosse: Voilà) et de pouvoir vous le présenter. Voilà, (Thomas Pelosse: C’est…) Il y a aussi, une dimension essentielle avant de passer à autre chose (Thomas Pelosse: Oui) tout de même…
Thomas Pelosse: [00:43:30] C’est que même ça on a bien fait (Alexandre Schorderet: Ouais). On a des astuces pour préserver notre duo. Alors on a un duo, comme vous pouvez le voir, qui est vraiment alchimique, on se connaît depuis très longtemps, on a vécu des choses folles ensemble… On a fait des, comme des enfants on a fait des bêtises ensemble assez géniales. Et on a des petites astuces (Alexandre Schorderet: Voilà, par ex…) qui nous permettent ben de toujours nous retrouver à des endroits où on va s’amuser ensemble et on va s’éclater, et où on va se retrouver en fait.
Alexandre Schorderet: [00:43:57] Voilà. Par exemple pour éviter d’avoir à s’engueuler comme ça, on joue beaucoup, beaucoup, beaucoup aux échecs, et aux jeux de société (Thomas Pelosse: Voilà), ça c’est très important et on compte les…
Thomas Pelosse: [00:44:06] On compte les points…
Alexandre Schorderet: [00:44:07] Voilà, c’est important aussi. D’ailleurs Thomas perd actuellement…
Thomas Pelosse: [00:44:11] Euh non, actuellement il y a égalité.
Alexandre Schorderet: [00:44:13] Ben non!
Thomas Pelosse: [00:44:13] Ben si tu comptes sur le portable je perds, mais que avec l’échiquier, l’échiquiers c’est moins, c’est égalité.
Alexandre Schorderet: [00:44:17] Un autre endroit de discorde c’est la technologie, voilà. Mais du coup en parlant de technologie il arrive…
Thomas Pelosse: [00:44:25] Et surtout en parlant de disputes…
Alexandre Schorderet: [00:44:27] Oui, aussi. Il arrive que les gardiens de phare soient amenés à repeindre le phare
Thomas Pelosse: [00:44:32] Et vous allez pouvoir voir que, la façon dont ils le font, est beaucoup alimenté par notre, ce qui nous arrive dans le processus d’écriture. Toute notre relation, vous la retrouverez, un petit peu, dans les chroniques Nébuleuses.
Radio Phare de Kéréon (Louis cozan): [00:45:20] Ar Men à tous, Ar Men à tous, Ar Men à tous. Les chroniques nébuleuses.
Neb (Alexandre): [00:45:32] Applique-toi un peu. Tu en oublies là.
Lueur (Thomas): [00:45:34] Ouais c’est bon van Gogh, les nuances de blanc sur la pierre grise, je devrais m’en sortir.
Neb (Alexandre): [00:45:40] Ouais, mais faut bien le faire avant de finir. On ne va pas finir avant la nuit-là!
Lueur (Thomas): [00:45:47] Oh doucement hé! Je t’aime bien mais je ne plonge pas te rechercher
Neb (Alexandre): [00:45:54] Si on loupe l’heure de l’allumage tu finis tout seul!
Lueur (Thomas): [00:45:56] On loupera pas l’allumage.
Neb (Alexandre): [00:45:59] Eh ben je te le souhaite. Mais, mais… Et ça s’allume!
Lueur (Thomas): [00:46:10] Oh wouah! C’est magique hein? Bienvenue au XXIᵉ siècle.
Neb (Alexandre): [00:46:14] Non mais t’as remis l’automatique? Mais bon sang, mais pourquoi t’as fait ça?
Lueur (Thomas): [00:46:17] Eh ben j’ai croisé une charmante cellule photovoltaïque qui m’a dit « S’il te plaît, rallume-moi, ce serait sympa. Et comme ça tu n’auras pas à t’embêter à remettre l’halogène toi-même ».
Neb (Alexandre): [00:46:26] Mais enfin, on est en lutte contre tout ça, merde! Et toi, dès que tu es, dès que j’ai le dos tourné tu sabotes tout. Comment tu veux qu’on arrive à quelque chose?
Lueur (Thomas): [00:46:33] Mais ça va mais pers… On arrive à rien du tout, déjà. Et personne ne se rendra compte que Môssieur Neb n’a pas allumé le phare manuellement, dans le respect des cinq commandements du parfait petit gardien.
Neb (Alexandre): [00:46:43] Mais c’est pas que pour ça! Il faut qu’on se serre les coudes, qu’on soit solidaires! C’est comme ça qu’on se contient en mer failli d’Crasse de meule.
Lueur (Thomas): [00:46:49] Ah oui? Ah parce que toi tu es un modèle de solidarité peut-être? Ah pour donner des ordres, il y a du monde! Pour se palucher devant les rouages et les boiseries t’es champion hein? « Ah qu’il est beau le pha-phare! Gentil Ar-men! On va lui mettre son joli contrepoids et ça sera bien mieux. Et puis c’est reparti comme en 50, youhou! Et ben excuse-moi, ça m’excite pas de passer mes journées à lustrer les boiseries ou astiquer les vieilles pierres à la con.
Neb (Alexandre): [00:47:13] Ouais mais bien sûr, et toi c’est pas le boulot qui t’étouffe hein, c’est le gardien de phare de chez télé loisir. On appuie sur le bouton et on fait le strict minimum en regardant ce qui se passe à travers la vitre. T’aurais déjà crevé de faim si j’étais pas là! Pas fichu d’attraper un poisson, t’es aussi utile qu’un aviron dans un sous-marin.
Lueur (Thomas): [00:47:25] Ah ouais? Parce que tu crois que j’attends ton accord pour taper dans la réserve?
Neb (Alexandre): [00:47:28] Quoi?
Lueur (Thomas): [00:47:29] Eh ben non mon gars, je me suis pas gêné.
Neb (Alexandre): [00:47:31] Mais… Je vais te bouffer Lueur! Grosse raclure!
Lueur (Thomas): [00:47:34] Et tu sais quoi? Je vais de ce pas taper dans les sablés.
Neb (Alexandre): [00:47:37] Reviens Lueur! (Lueur: Non) Reviens ici! Redescend de ce mur, je vais te bouffer Lueur, s’il n’y a plus de réserve. On ne rigole pas avec le manger!
Alexandre Schorderet: [00:47:53] Heureusement qu’on a dit qu’on se réconcilie après hein?
Thomas Pelosse: [00:47:57] Presque pile poil chrono hein?
Alexandre Schorderet: [00:48:01] Voilà
Thomas Pelosse: [00:48:01] Ah! Merci! Voilà, on vous a déjà fait un bel aperçu de tout notre phare, tout notre univers mais il manque quelque chose d’assez…, d’assez essentiel!
Alexandre Schorderet: [00:48:18] Oui, parce que on a beaucoup parlé de technique
Thomas Pelosse: [00:48:21] Mais il y a quelque chose qui nous manque, nous le… La passion de cet univers marin, de toutes ces légendes, de tout ce côté fantastique, de cette fin du monde, de ces territoires inexplorés, de cet imaginaire, ben qu’est-ce qu’elle devient en fait? Il faut qu’on en fasse quelque chose!
Alexandre Schorderet: [00:48:37] Oui, non. Et puis même surtout, là j’allais dire, on a beaucoup parlé technique du phare, etc. Donc là maintenant vous êtes presque aussi callé que nous. Mais on voulait parler des légendes à la base (Thomas Pelosse: Oui). Puis on a quelque chose d’assez syndicaliste hein. C’était ce qu’on c’est… parce qu’on a fait le constat aussi. Et le but était de parler du coup de ces légendes aussi marine, qui fait aussi partie de ce patrimoine-là. Et du coup, on voulait parler aussi de la suite des chroniques nébuleuses qui vont peut-être tirer un fil un petit peu plus légendaire.
Thomas Pelosse: [00:49:07] Voilà.
Alexandre Schorderet: [00:49:08] Et puis comme on voulait pas vous dévoiler tout de suite, ce qui va arriver sous peu.
Thomas Pelosse: [00:49:13] Parce que si on vous raconte tout, est-ce que vous irez nous aider à produire la suite, par exemple? Ben non, vous saurez déjà tout
Alexandre Schorderet: [00:49:19] Voilà. Et donc…
Thomas Pelosse: [00:49:20] Et ça va être bien pourtant!
Alexandre Schorderet: [00:49:21] C’est pour ça qu’on s’est dit qu’on allait, comme on a quatre épisodes d’avance, sur l’écriture, on allait pouvoir plonger un petit peu dans le futur des chroniques nébuleuses. Et puis vous faire cette petite surprise, pour le PodBxl, de vous jouer un épisode inédit.
Thomas Pelosse: [00:49:36] Voilà, vous teaser un petit peu…
Alexandre Schorderet: [00:49:37] Voilà.
Thomas Pelosse: [00:49:38] Ce qui se passera.
Alexandre Schorderet: [00:49:40] On y va?
Thomas Pelosse: [00:49:41] Voilà. Du coup, c’est parti. C’est tout a capella cette fois parce que ben du coup, c’est pas encore (Alexandre Schorderet: C’est pas enregistré) produit.
Alexandre Schorderet: [00:49:46] Parce qu’on a on n’a pas pu produire du coup le montage son de tout ça.
Thomas Pelosse: [00:49:51] Mais sans montage son vous allez pouvoir admirer nos nos effets techniques et nos effets spéciaux incroyables qu’on met en œuvre pour vous.
Le vent: [00:49:59] Shhhhhhhhhhhhhhhhh.
La mouette: [00:50:00] Houw Houw
Le vent: [00:50:02] Shhhhhhhhhhhhhhhhh
La mouette: [00:50:03] Houw houw.
La mouette: [00:50:05] Floc floc floc floc floc
Lueur (Thomas): [00:50:15] Et regarde, ce ne serait pas déjà Tevenec?
Neb (Alexandre): [00:50:19] Si. On suit la Vieille depuis un moment, et comme on dérive au nord on ne devrait pas tarder à voir le Millier à tribord. Tiens, prends la rame, attends!
Lueur (Thomas): [00:50:31] Ben, si t’en es si sûr, pourquoi tu regardes la carte?
Neb (Alexandre): [00:50:34] Je relève les amers. Je cherche les passages, ça serait dommage qu’on se soit planté et qu’on se retrouve sur les basses jaunes non? Tiens, là le courant tourne!
Lueur (Thomas): [00:50:42] Ah tu chipotes heu! On est bon là, faut maintenir le cap. Le Millir, ben le Millier c’est devant. Et une fois qu’on aura passé les basses Penn, hop, on remonte sur le Bouc. Et Peinard Gaspard on y est, le jour, c’est quand même plus facile.
Neb (Alexandre): [00:50:59] Eh ben ça me fait plaisir, voilà.
Lueur (Thomas): [00:51:01] Ah ben d’accord. Ben vas-y éclate toi avec ta carte Captain!
Neb (Alexandre): [00:51:09] Non mais là ça va pas du tout, ça sent pas bon ce courant là. Il y a la balise du Bouc, on dérive trop. Si je me trompe pas, on devrait voir le Petit Minou à gauche des roches de la Pointe du Tourniquet (Lueur lance un accord de guitare). Ok, Lueur il faut mettre le cap sud-est, on a passé les basses du Lis. En face là, c’est Pen-Hir, on va aligner la balise du Bouc avec la Chèvre pour retrouver notre cap, voilà, il ne faut plus traîner. Tu fais quoi lueur?
Lueur (Thomas): [00:51:38] Eh ben, je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que tu t’amuses tout seul. Et puis surtout que j’allais pas ramer non plus sans toi.
Neb (Alexandre): [00:51:45] Alors déjà, on dit nager, marin d’eau saumâtre.
Lueur (Thomas): [00:51:48] Ah bah c’est super. – Il joue sur la guitare – Bien qu’il y ai l’honneur des gens de la mer, moi la rigueur d’une vie austère, ça commençait à faire un peu long. On file a terre, sort les avirons!
Neb (Alexandre): [00:52:04] Ben tiens, hé! Tu nages comme un parisien, t’as qu’le bonnet du vrai marin. Mon Lueur ça te fera pas de mal. De nager à l’horizontale.
Refrain: [00:52:17] Partir au large de notre vieille tour. Ça sera la relève sans retour.
Lueur (Thomas): [00:52:26] Depuis le temps que tu me pompes l’air. Maintenant que l’Ar Men est loin derrière. Comme la mer, j’en ai un peu gros! Pourquoi y’a qu’moi qui rame sur ce canot?
Neb (Alexandre): [00:52:37] On dit nager, nager. J’en veux pour cause ta pénitence. Que tu patauges dans l’ignorance. Tu serais moins dans le physique, ma foi. Si tu savais te servir d’un compas.
Refrain: [00:52:51] Partir au large de notre vieille tour. Ça sera la relève sans retour.
Lueur (Thomas): [00:53:01] Frustré d’pas avoir pris la mer. Tu bandes au moindre petit amer. Mon bon vieux Neb, il va falloir t’mouiller. Si tu veux qu’un jour on grimpe sur la jetée.
Neb (Alexandre): [00:53:14] Dès qu’on aura trouvé Dahu, j’te largue dans l’premier trou perdu. Et je vivrai heureux avec ma Sirène. Toi t’auras plus qu’à draguer les murènes.
Refrain: [00:53:27] Partir au large de notre vieille tour. Ça sera la relève sans retour.
Lueur (Thomas): [00:53:35] Et tu feras quoi à terre mon bon. T’seras plus gardien, tu s’ras jambon. P’têtre qu’tu mettras ton orgueil à la r’mise. Et qu’tu pointeras chez Phares et Balises.
Neb (Alexandre): [00:53:48] Ah non ça, ça s’rait la misère. Ça s’rait l’horreur des gens d’la mer! Plutôt que d’aller rouiller sur la lande, j’frais l’sémaphore en agitant des guirlandes!
Refrain: [00:54:00] Partir au large de notre vieille tour. Ça sera la relève sans retour.
Ensemble: [00:54:09] Adieu l’Ar Men on t’abandonne. On t’laisse en mer, on r’prend la donne. Ta tour de pierre plantée sur ton écueil. Prenait à peine des atours de cercueil.
Ensemble: [00:54:22] Adieu l’Ar Men on taille la zone. On t’laisse faire de l’œil aux cyclones. Ta vieille carcasse piquée de rouille. Commençait à nous briser les…(Neb hurle: Les vagues!) les vagues! – Éternuements simulés de Neb!
Refrain: [00:54:37] Partir au large de notre vieille tour. Ça sera la relève sans retour.
Lueur (Thomas): [00:54:46] Allez Neb, débranche la radio!
Neb (Alexandre): [00:54:48] On part on r’viendra pas d’si tôt.
Ensemble: [00:54:50] Avant que l’on s’écrase sur les brisants. Vire dans l’embrun les cheveux dans le vent – Lueur crie: Yeah!
Refrain: [00:54:58] Partir au large de notre vieille tour. Ça sera la relève sans retour.
Refrain: [00:55:07] Partir au large de notre vieille tour. Ça sera la relève. Sans retour.
Lueur (Thomas): [00:55:14] Avec nous PodBxl!
Refrain: [00:55:16] Partir au large de notre vieille tour. Ça sera la relève sans retour.
Refrain: [00:55:25] Partir au large de notre vieille tour. C’est l’heure de notre relève sans retour.
Neb (Alexandre): [00:55:36] Ha ha ha ha! Ha ha ha ha! – Applaudissements – C’est quoi la balise là? C’est quoi?
Lueur (Thomas): [00:55:47] Ah, Agast! Attends, c’est pas le Chevreau?
Neb (Alexandre): [00:55:50] Si c’est le chevreau (Lueur: Ah ben…), là, regarde!
Lueur (Thomas): [00:55:54] Toujours des noms de biquettes, t’en as pas marre à force?
Neb (Alexandre): [00:55:56] Eh ben c’est pas moi qui leur ai donné des noms pareil, d’accord?
Lueur (Thomas): [00:55:58] Ah les Bretons hé! Déjà qu’en vrai, j’ai déjà du mal à différencier une chèvre d’un bouc, alors quand c’est des pierres dans l’eau aperçue entre deux vomis sur la Velléda…
Neb (Alexandre): [00:56:06] Regarde! Celle-là, elle est juste entre les tas de pois à bâbord, et l’extrémité du cap de la chèvre! On est aligné dans les trois. Donc allez, plein sud, on ne traîne pas, nos sirènes nous attendent au large de notre vieille tour. Ha.
Lueur (Thomas): [00:56:19] Haaaa! C’est comme pour les sirènes tiens! On sait pas vraiment ce que c’est une Marie-Morgane, quand on y pense.
Neb (Alexandre): [00:56:30] Bah si
Lueur (Thomas): [00:56:31] Ah
Neb (Alexandre): [00:56:32] C’est une sirène, justement.
Lueur (Thomas): [00:56:35] Bah justement. On a lu plein de trucs au final. D’abord c’était Dahu, puis c’est une déesse Pagane, puis une fée sirène dont on sait pas si elle a des ailes comme les grecs ou une queue de poisson comme la sirène médiévale!
Neb (Alexandre): [00:56:49] Mais c’est plus vieux que ça Les sirènes. C’est les filles de divinités grecques, les Néréides (Lueur: Mm, ok). C’est comme les Océanides ou les Tritons, voilà, il y a plein de sortes, et chacun en avait son interprétation. Nous on reste sur du concret, la sirène aquatique, elle est censée vivre 291 600 ans, voilà (Lueur: Ah ben tiens) et puis c’est pratique pour une cité engloutie heu…
Lueur (Thomas): [00:57:13] Bah tu me rassures comme ça hein.
Neb (Alexandre): [00:57:16] Mais de quoi?
Lueur (Thomas): [00:57:16] Bah non mais, tu as raison, autant tabler sur les femmes-poissons, sinon on part juste chercher une âme perdue en mer.
Neb (Alexandre): [00:57:23] Mais juste, quoi Juste.
Lueur (Thomas): [00:57:24] Allez, nageons plus vite, voilà.
Neb (Alexandre): [00:57:30] Bien au fait
Lueur (Thomas): [00:57:30] T’as vu ça? (Neb: Nager, ouais, j’ai vu) je t’en remercie. Et si on trouve une sirène Neb? On en fait quoi?
Neb (Alexandre): [00:57:41] On l’embrasse!
Lueur (Thomas): [00:57:43] Ah?! Et tu as déjà entendu parler de la sirène de Barnum? Celle qu’il exposait dans son cirque en 1900? C’était une grande cuve de formol.
Neb (Alexandre): [00:57:50] Je ne veux pas savoir Lueur, laisse-moi rêver.
Lueur (Thomas): [00:57:54] D’ac – Rires de Lueur.
Neb (Alexandre): [00:58:04] Il est long le générique.
Lueur (Thomas): [00:58:07] Ouais, ah ça, c’est parce que la côte est encore loin (Neb: Ouais) mais attends je (Neb: Je sais) ah!
Neb (Alexandre): [00:58:16] Ah mais ça fait les bras hein! (Lueur: Ah mais non c’est…) Non, non c’est sûr! (Lueur: Ouais) C’est… – Rires
Lueur (Thomas): [00:58:19] On n’a pas mis les bonnets. Ah! (Neb: Ah!) On arrive!
Jingle: [00:58:23] Les chroniques nébuleuses.
Alexandre Schorderet: [00:58:34] Et voilà.
Thomas Pelosse: [00:58:35] Voilà. Et ben… Merci.
Alexandre Schorderet: [00:58:38] Merci beaucoup! (Thomas Pelosse: Euh). Voilà ben on espère que cet épisode vous a plu (Thomas Pelosse: Voilà). Il est encore en cours d’écriture Hein mais euh… Mais on était très contents en tout cas de pouvoir vous le dévoiler ici. Et vous avez vu la suite donc parler un petit peu plus de sirène et de…, et peut-être d’autres phares qui sait? En tout cas, on est parti au large de notre vieille tour.
Thomas Pelosse: [00:58:58] On a hâte de vous plonger dans toute cette suite. Et on a hâte que vous écoutiez déjà le début si vous n’avez pas encore eu le plaisir de le faire, et euh…
Alexandre Schorderet: [00:59:08] Et puis sinon, on voulait quand même remercier aussi le PodBxl (Thomas Pelosse: Oui, ben oui). Parce que ce festival incroyable nous permet de faire notre premier live, alors euh bon voilà, c’est un peu…
Thomas Pelosse: [00:59:15] C’est un grand moment,
Alexandre Schorderet: [00:59:16] À l’image de nos écritures. Pour l’instant c’était notre première, alors avec beaucoup d’enthousiasme et puis quelques glissades…
Thomas Pelosse: [00:59:23] Voilà, quelques.
Alexandre Schorderet: [00:59:24] Voilà.
Thomas Pelosse: [00:59:25] On voulait remercier beaucoup: Michel Godart. Il est, il était, il est parti Michel…
Alexandre Schorderet: [00:59:29] Voilà, il est parti? Ah non faut pas, voilà.
Thomas Pelosse: [00:59:36] Voilà.
Alexandre Schorderet: [00:59:37] Voilà Michel, t’es parti mais on voulait te remercier quand même.
Thomas Pelosse: [00:59:39] Merci beaucoup.
Alexandre Schorderet: [00:59:40] Pour notre présence ici et pour ce festival, et tout ce que tu fais ici,
Thomas Pelosse: [00:59:44] Pour ton accueil incroyable, ton enthousiasme, ta motivation et merci à toi.
Michel: [00:59:48] J’ai aucun mérite parce que sans podcasteurs et podcasteurices, il n’y a rien qui se passe. Donc merci à vous.
Thomas Pelosse: [00:59:54] Merci.
Alexandre Schorderet: [00:59:55] Merci. Et en parlant des podcasteurs aussi, et de ce qui a pu se passer pour nous autour des chroniques nébuleuses, on voulait quand même remercier Julien et Adrien Houssier parce que ils ont bien, bien, bien, galéré sur le montage. Vous avez pu constater la différence quand nous on rame et quand c’est ben Julien et Adrien qui rament, à notre place.
Thomas Pelosse: [01:00:15] On remercie aussi Ivan Quintero qui a fait toutes les belles musiques originales qui parsèment les chroniques nébuleuses.
Alexandre Schorderet: [01:00:22] Que vous n’avez pas entendues ici. Parce que forcément il y a des moments où nous on joue avec la guitare, et puis…
Thomas Pelosse: [01:00:28] Quand c’est Ivan c’est pas pareil,
Alexandre Schorderet: [01:00:29] Non? Avec Ivan c’est un peu pareil. Voilà. Mais voilà et puis on voulait aussi remercier Raphaël Archambault et le Studio 2 Bel-Air qui nous enregistre à Paris, très gentiment. Eve Banse de la compagnie des ancres qui nous aident à porter le projet aussi, et ça c’est hyper important.
Thomas Pelosse: [01:00:43] Louis Cozan. Merci beaucoup Louis pour tous ces conseils et pour sa relecture avisée et sympathique. Merci beaucoup.
Alexandre Schorderet: [01:00:50] Et puis toutes les voix qui se sont aussi gracieusement prêté à l’exercice du pilote des chroniques nébuleuses. Parce que notre pilote, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de voix qui pouvaient faire décoller cette histoire avant que nos gardiens soient isolés en mer. Et donc merci à toutes ces voix (Thomas Pelosse: Voilà), voilà. Et puis surtout, bien sûr, merci à vous
Thomas Pelosse: [01:01:09] Merci à vous
Alexandre Schorderet: [01:01:10] Notre public qui est là. Et puis sans quoi tout ne serait pas pareil du tout, hein.
Thomas Pelosse: [01:01:13] On espère vous avoir donné envie d’écouter notre petit podcast « Les Chroniques Nébuleuses », que vous pouvez trouver sur, sur, sur… (Alexandre Schorderet: Sur toutes les plateformes, partout, voilà) Mm…
Alexandre Schorderet: [01:01:25] Et puis on espère que les prochains épisodes pourront vous être, être dans vos oreilles assez rapidement, voilà. Parce qu’il faut vous dire quand même qu’à la base, on avait prévu de faire un épisode d’une heure. Alors je sais pas combien d’entre vous écoutent des radio fiction d’une heure comme ça au lever du lit, voilà. Donc on s’est après ravisé à faire des épisodes de dix minutes, voilà, pour que ça soit un peu plus digeste et donc on a plusieurs chapitres à vous faire écouter. Mais d’ici là, eh bien, on voulait vous dire Kenavo!
Thomas Pelosse: [01:01:52] Kenavo tout le monde.
Alexandre Schorderet: [01:01:53] Voilà. Et on avait une petite (Thomas Pelosse: On a une petite surprise, si on a le temps), une petite surprise quand même, de fin. Et je crois qu’on a le temps
Thomas Pelosse: [01:01:59] On a le temps pour la petite surprise?
Olaf Bruns: [01:02:01] Alors vous avez 25 minutes encore (Alexandre Schorderet: Mais c’est génial), allez-y!
Thomas Pelosse: [01:02:05] On pensait prendre tellement plus de temps. Au final on a eu le temps de tout dire, de manière si simple. Ben parfait! Et ben petite surprise! Allez! C’est, c’est… Alors.
Alexandre Schorderet: [01:02:14] Mais peut-être, peut-être juste avant la surprise, parce que quitte à avoir 25 minutes, est-ce que vous avez des questions (Thomas Pelosse: Ah oui, oui les questions), éventuellement? Parce qu’on en profite là, vous êtes là, et puis nous aussi, donc euh…
Thomas Pelosse: [01:02:22] S’il y a des p’tits questions, oui tout à fait, merci beaucoup.
Alexandre Schorderet: [01:02:24] Voilà. Si vous avez des interrogations…
Thomas Pelosse: [01:02:29] C’est que c’est peut-être un peu dur après tout le pâté qu’on vient de vous envoyer mais…
Michel: [01:02:31] Alors.
Alison: [01:02:32] Peut-être nous en dire plus sur l’origine du projet, peut-être que vous pouvez un peu développer heu?
Thomas Pelosse: [01:02:38] Oh là c’est une très, très bonne question. L’origine du projet…euh.
Alexandre Schorderet: [01:02:43] Ben c’était, c’était un peu casse-cou. Non mais l’origine du projet on voulait écrire quelque chose ensemble.
Thomas Pelosse: [01:02:48] Oui, déjà. C’est vrai que c’est ma première volonté aussi, au final. Et c’était une période où moi j’étais un peu passionné par les contes et par toutes les histoires, je me demandais un peu comment ça se trouve, d’où ça vient. Et tout ça me passionnait, puis en fait c’est en parlant ensemble, je me suis rendu compte que tout ça nous intéressait, beaucoup. De toutes ces histoires, d’où viennent les contes, quel est le conte original, leurs genèses, les réalités historiques aussi qui sont cachées derrière les contes? Ça c’est un travail qu’on va retrouver dans la suite des chroniques nébuleuses sur les légendes mais: d’où viennent ces légendes en fait? C’était ça le grand questionnement. D’où ça vient toutes ces légendes? Pourquoi on en parle encore aujourd’hui et puis qu’est-ce que ça voulait dire réellement? Et c’est en partant de ce sujet-là qu’on en est venu à se questionner…
Alexandre Schorderet: [01:03:33] À se questionner. Même, c’était trouver l’origine de ces légendes. Et alors on a pu avoir quelques désillusions aussi. Parce que on a fait beaucoup de recherches pour pouvoir écrire les épisodes comme ça, donc euh… Et les recherches sur les légendes consistent aussi à faire des ponts, à pouvoir constater parfois que il y a des gros sujets légendaires. Par exemple, si on prend le sujet du déluge: on a le déluge biblique, il y a le déluge de la cité engloutie de l’Atlantide, la cité engloutie de Nasado dans d’autres civilisations, etc. Et c’est en faisant ces recoupements, et en faisant beaucoup de recherches là-dessus, qu’on arrive à essayer de trouver… De toucher un peu du doigt ce qui pourrait être l’origine de la légende. Et après tout le travail d’écriture et de fantasme un peu autour de nos deux personnages, c’est de ne jamais passer de l’autre côté, à démystifier tout et à dire « Bon ben voilà, en fait l’origine de cette légende c’est ça ». Et c’est pour des volontés très prosaïques et politiques que ça a été romancé comme ça, raconté comme ça, transmis comme ça. Et du coup on voulait toujours rester un pied dans la légende, un pied dans le réel. Et du coup, c’est là que…
Thomas Pelosse: [01:04:44] Ça c’était le tout début et c’est après, en s’imaginant des personnages, un lieu pour notre intrigue, qu’on en est venu à partir au Finistère, au Phare d’Ar Men et que ça a pris de l’ampleur, une ampleur énorme.
Alexandre Schorderet: [01:04:56] Voilà.
Public 1: [01:04:59] Bonjour. Et, ben merci beaucoup parce que j’ai vraiment adoré ce que vous avez fait, je crois que vous avez vraiment l’art du rythme et tout, je trouve ça vraiment génial. Et ma question ce serait sur la partie écriture, est-ce que vous avez pensé à avoir une narration, une voix qui narre et qui prend un peu de recul sur l’histoire, ou est-ce que c’est voulu que ce soit uniquement joué? Parce que moi qui ai zéro représentation d’un phare à part les plus banals comme vous… En écoutant le podcast, avant de venir, je ne savais pas quoi imaginer en fait. Donc même avec l’univers sonore, marin etc., pour moi c’était compliqué d’imaginer, même juste les tenues là, ça a déjà changé quelque chose pour moi d’imaginer « Ah ok un bonnet, une barbe ok, la lumière qui tourne, ok, c’est juste un rocher ». Du coup je me suis posé la question de comment est-ce qu’on pourrait encore mieux représenter visuellement? Parce que c’est ça que j’aime dans le podcast précisément, ça laisse de l’espace à l’imaginaire. Mais du coup, je me suis posé là maintenant la question de est-ce que c’est un choix d’avoir fait que de la comédie? Enfin de jouer uniquement ou est-ce que vous êtes aussi posé la question d’avoir une narration, quelqu’un qui prend du recul sur la situation? Pas forcément par un personnage, je sais pas, je pose la question sur la manière dont vous avez pensé l’écriture.
Thomas Pelosse: [01:06:07] C’est vrai que ce, peut-être que c’était peut-être judicieux. C’est un excellent retour, merci beaucoup. On ne s’est pas vraiment, enfin on est parti tout de suite dans l’idée qu’on aurait des personnages pour le dire ainsi.
Alexandre Schorderet: [01:06:16] En fait on voulait avoir des personnages, mais du coup ça rejoint un peu la fin de ce qu’on disait tout à l’heure, c’est: comment arriver à ne pas basculer complètement, soit dans révéler le concret du réel. Et l’autre bascule qu’on veut éviter, c’est celle de partir complètement dans le fantastique. Et du coup c’est vrai que c’est une chose qui induit vraiment un univers du conte, d’avoir une voix qui narre quoi « Il était une fois deux gardiens en haut d’un phare », enfin quelque chose comme ça, ça décroche aussi un peu du réel. Et donc au début, notre début était pas du tout comme ça. Et puis finalement on en a fait, un peu malgré nous, quelque chose de plus engagé qu’on avait initialement prévu. Par rapport à tout ce que ce qu’on a appris aussi sur les phares et la condition de gardien de phare et l’automatisation. Et après on a voulu insuffler de la légende là-dedans parce qu’on était quand même venu pour parler de ça. Mais du coup, pour garder ce qu’on crée, on s’est dit faut que ça reste les deux gardiens de phare. Cependant, l’idée de voix qui peut amener cet univers là en plus c’est, en fait c’est le rôle de la musique dont on a parlé, avec Ivan Quintero. C’est vraiment des moments, un peu plus omniscients pour le coup, où on se permet de faire une réverb un peu étrange, comme vous l’avez vu dans l’épisode deux. Ou alors où il y a un vrai souffle pour pouvoir musicalement aussi illustrer les vagues et cetera. Et puis des moments de respiration, de solitude, presque des paysages qui, mais sonores.
Thomas Pelosse: [01:07:53] Mais sonores. Mais c’est vrai que c’est un exercice difficile parce qu’en plus nous on baigne vraiment dedans. Alors euh, les images nous viennent plus vite. Et pour l’auditeur qui n’a pas, qui ne s’est pas passionné pour les phares, c’est vrai que c’est un travail plus dur. C’est pour ça que, si vous écoutez les chroniques nébuleuses, je vous conseillerais juste p’tet de regarder une ou deux photos du phare d’Ar Men avant. Et mine de rien, c’est peu de choses, ça prend deux secondes, mais ça vous permet déjà d’avoir un peu l’univers en visuel, d’être situé. Quand vous entendrez un bruit de vagues, vous savez d’où il vient, quand vous entendrez monter un escalier vous pourrez déjà vous imaginer ben l’escalier, sa fonction intérieure.
Alexandre Schorderet: [01:08:25] Parce que le pari était vraiment d’avoir un univers sonore par salle du phare, qu’on puisse, par exemple la cuisine il y a un néon qui fait un bruit de néon et on se dit « Ok, là c’est le néon de la cuisine qui m’énerve ». Et dans l’escalier il y a une réverb, dans le… Il y a donc, chaque endroit du phare est différent et sera reconnaissable à chaque fois. C’est pour ça qu’il y a dans les premiers épisodes, par exemple il y a des longs moments de silence, où on entend marcher, et où il traverse toutes les portes. Et on voit, il ouvre une porte, t’as le gros moteur diesel qui font « Brrr » et après il monte l’escalier de fer, etc. Donc ça c’est des choses qu’on a vraiment documentées, qui ont bien cassé la tête d’ailleurs à Adrien aussi (thomas Pelosse: Oui, oui). Mais pour pouvoir donner un panel auditif de toutes les pièces du phare. Et puis après, après enfin on voulait montrer vraiment ces pièces et que l’auditeur puisse visualiser l’intérieur du phare. Mais si vous n’avez pas d’idée de base du phare (Thomas Pelosse: C’est vrai que c’est…), c’est vrai que c’est difficile, c’est un retour qu’on nous a déjà fait (Thomas Pelosse: C’est un exercice compliqué ouais, ouais, ouais). Mais s’il y a une voix off, peut-être qu’elle pourra rentrer mais….(Thomas Pelosse: Ouais). Mais il faudrait qu’elle soit justifiée par quelque chose de l’histoire, je pense. Parce que sinon ça décroche complètement et on passe… les gens se disent « Ok, c’est une histoire » et on ne prête plus attention au côté pédagogique ou véridique de ce qu’on essaye d’apporter dans les chroniques.
Michel: [01:09:39] Moi j’ai une question aussi, il y a une personne dans la salle qui nous demandait tantôt « C’est où le Berry? » Parce que tout le monde ne connaît pas, c’est bien la France?
Alexandre Schorderet: [01:09:46] C’est vrai
Michel: [01:09:46] C’est vrai.
Thomas Pelosse: [01:09:49] Ben si la France c’est par exemple – Il prend l’écran arrière du portable – l’ordinateur, imaginons. Bon là, normalement elle devrait être sous…
Michel: [01:09:58] Parle devant le micro!
Alexandre Schorderet: [01:09:59] Parle dans le micro…
Thomas Pelosse: [01:10:00] Pardon, je parle dans le micro. Euh, imaginons ça c’est la France, donc la Belgique vous êtes ici, voilà. Marseille, c’est là, donc le Berry c’est à peu près là où il y a mon doigt – Il montre le tiers inférieur de l’écran a gauche. Là où il y a mon doigt si j’ai une bonne proprioception.
Michel: [01:10:11] Pas mal, pas mal (Thomas Pelosse: Tu voyais mon doigt là?) Ouais, ouais je vois le doigt ouais, voilà, c’est le sud… C’est le sud-est.
Thomas Pelosse: [01:10:17] C’est le Sud-est?
Michel: [01:10:18] C’est le Sud-Est. Ouais Sud-Ouest pardon! Oh là, je suis dyslexique ça se voit
Public 2: [01:10:22] Le Berry c’est pas là, le Berry est vraiment plus au-dessus, c’est vraiment le centre de la France.
Thomas Pelosse: [01:10:28] Oui exactement, c’est cela.
Michel: [01:10:29] Et tout le monde sait que les femmes ont toujours raison hein? (Thomas Pelosse: Oui), d’accord? Bon, pas de discussion hein? (Thomas Pelosse: C’est vrai que nous on y vas mais on ne regarde pas forcément la carte). J’ai une deuxième question…
Alexandre Schorderet: [01:10:36] Non mais il est temps de vous expliquer quelque chose. C’est quand on va dans le Berry, on y est allé quand même trois fois. On s’est perdu heu…
Thomas Pelosse: [01:10:43] À chaque fois, on s’est perdu
Alexandre Schorderet: [01:10:43] À chaque fois. Il y a une fois, à un moment il a dit « Mais attends, c’est pas Dijon là! ». Et du coup, vraiment, eh!, c’est véridique on a dû faire (Thomas Pelosse: Oui) un gros détour.
Thomas Pelosse: [01:10:51] Mais alors c’est pas juste qu’on est mauvais en orientation, même si ça joue, mais c’est qu’on a des conversations tellement passionnantes quand on est en voiture ensemble. Parce que ça va donner nos chroniques, ben on ne regarde plus les panneaux.
Michel: [01:11:01] Ben manifestement pour la Belgique ça s’est bien passé, donc merci pour ça. Et j’ai une dernière question (Thomas Pelosse: C’est pas nous qui conduisions, c’est pour ça). J’ai une dernière question, j’ai un espion, comme je disais à ma fille quand elle était petite, « Mon petit doigt m’a dit que ». Mon petit doigt m’a dit que vous étiez plutôt montagnard, et puis vous parlez de phare. Je ne sais pas si on l’a mentionné dans, tout à l’heure.
Alexandre Schorderet: [01:11:17] Si on le disait au début, ouais
Michel: [01:11:18] Mais moi la question c’est: le choc culturel il s’est passé comment?
Thomas Pelosse: [01:11:22] On a adoré mais bon, alors…
Alexandre Schorderet: [01:11:23] Ah ben non mais alors, il y a eu plein de façons. Après on est passionné de la Bretagne depuis, et des légendes depuis très longtemps. Pas forcément des phares mais en tout cas de la mer, et cetera. Et puis, ou de l’océan, même plus. Mais après le choc culturel il a pu se faire très bien par exemple quand heu… – Rires du Public – (Thomas Pelosse: Qu’est-ce qu’on voit?). Ah voilà, merci (Thomas Pelosse: On voit quoi? Pardon) ah ben tu, regardes c’est bien il ont mis, on voit où c’est le Berry comme ça (Thomas Pelosse: C’est, c’est pas du tout où…), c’est dans l’Indre et Cher (Thomas Pelosse: C’est presque là où j’ai dit, c’était la proprioception). Non et c’était assez chouette parce qu’on allait dans des endroits qu’on avait beaucoup fantasmé, peut-être visités aussi dans d’autres contextes, etc. Et puis il y a des moments où ça s’est beaucoup moins bien passé. Par exemple, quand on a essayé de faire des micros-trottoirs – Rires de Thomas – à dos ardennais, pour expliquer, on voulait faire du coup, avoir de la matière pour nos écrits. On s’est dit on va commencer à faire des micros-trottoirs et demander aux gens ce qu’ils savent des légendes du coin.
Thomas Pelosse: [01:12:21] Les Bretons nous parler de leurs légendes.
Alexandre Schorderet: [01:12:22] Voilà,
Thomas Pelosse: [01:12:23] Ils ont pas beaucoup parlé les Bretons.
Alexandre Schorderet: [01:12:25] Non, ils nous ont expliqué que ils avaient autre chose à faire,
Thomas Pelosse: [01:12:28] Genre c’était bien beau à l’école primaire, mais bon.
Alexandre Schorderet: [01:12:30] Qu’est-ce que vous pensez des sirènes? Il y en a, on a des enregistrements où on entend les pas de la personne s’éloigne, Rires – (Thomas Pelosse: Voilà), voilà.
Thomas Pelosse: [01:12:39] Après le choc était beaucoup plus… Parce que au final, le choc culturel on l’a ressenti ben en se penchant sur le côté patrimoine marin qu’on a totalement découvert et, mais c’est tout, parce que comme on était toujours un peu isolés, on n’a pas tant échangé en fait, avec les Bretons qui nous intéressaient… Enfin, les Bretons qui nous intéressaient, il y avait les gardiens de phare et tous ceux qui gravitaient autour de la mer qu’on a rencontrés mais les autres, nous, on les a moins rencontrés du coup, comme on s’isolait. Mais il y avait beaucoup le choc du paysage, et c’est ça un truc qui nous a, qui nous a… En fait c’était se rendre en Bretagne, être dans un phare, c’est tellement inspirant, et on le sent dans notre écriture. Quand on écrit à L’abervrac’h que on est enfermé sur notre île, que c’est le silence complet, à part ce vent qui est omniprésent, les bruits de vagues, et ben ça c’est fou à quel point c’est inspirant et… Et le stylo se délie tout seul et ça c’est en fait tout ce changement, toute cette transition de de paysage et de monde presque, mais nous a vraiment beaucoup nourris. Et ça c’était, ça c’était génial.
Alexandre Schorderet: [01:13:38] Ah non, non, mais je repensais au fait qu’on essaie de s’isoler aussi mais, mais y compris par exemple à nos vacations, c’est des moments où les gardiens reconnectent avec le monde vivant autour. Et du coup donc il y a deux fois par jour, il y a une fois à 16h30, heu 16h15 pardon. Et l’autre c’est 8h,…
Thomas Pelosse: [01:13:56] 8h, oui
Alexandre Schorderet: [01:13:57] 8h. Et donc on s’autorise, on a essayé de s’autoriser à ouvrir nos portables seulement sur ces horaires-là, pour essayer de voir ce que ça pouvait faire, voilà. Bon, ça, ça fait des disputes avec ma femme mais – Rires. Non, non, non mais c’est euh, c’était des moments vraiment chouettes aussi. Et on avait assez peu fait l’isolement pour le coup, parce qu’on a beaucoup travaillé dans du théâtre de rue, on a aussi beaucoup fait du théâtre en live, sur scène, en rue, en festival. Donc là, aller écrire à deux isolés, ça nous a débloqué aussi d’autres choses quoi. C’était chouette.
Géraldine Blanchet: [01:14:34] Merci beaucoup parce que moi j’avais découvert le podcast dans un parc, à Lille. Et en fait déjà j’étais partie loin dans la mer et ça avait réussi à m’emmener vraiment ailleurs. Mais là, je viens de vivre une expérience complètement inédite, que j’ai jamais connue, et je trouve que vous inventez un format là qui est hyper intéressant. Entre l’audio et puis le jeu d’acteur, c’est super riche donc je vous propose vraiment de continuer. Je crois que c’est votre premier live?
Alexandre Schorderet: [01:15:02] Oui c’est la première fois.
Géraldine Blanchet: [01:15:03] Continuez! Vraiment continuez! (Public 3: Faites-en plus) faites-en plus, ouais. Et mon interrogation c’est: le podcast s’écoute beaucoup dans les transports, moi je me demandais, est-ce que les marins écoutent des podcasts à bord? Je trouve que le bateau c’est quand même « the place to écoutez les podcasts », quand même, parce qu’on est justement loin de tout. Et du coup, est-ce que vous avez eu des retours de marins? Est-ce que ils ont été ouverts par rapport à votre expérience à vous qui n’est pas celle de gens de la mer? Voilà, comment ils ont réagi? Et est-ce que vous avez des pistes et des idées pour la diffusion pour ce public-là?
Alexandre Schorderet: [01:15:43] Alors les pistes qu’on a, ben on essaie de le diffuser un peu en Bretagne, du coup. Mais on n’est pas encore, on n’y est pas encore arrivé. Sur des radios bretonnes on a fait, on a fait quelques radios indépendantes mais pas Bretonnes. Parce qu’on fait avec notre réseau et donc, forcément on essaie de creuser un peu plus, ça a été, on a pu faire des sorties de résidence du coup à Lille Vrac chez l’IPPA. Donc c’est les îles et phares du pays des Abers qui nous avaient accueillis du coup dans le sémaphore de l’île Vrac. Et là c’était vraiment chouette. Après si les marins écoutent des podcasts…?
Thomas Pelosse: [01:16:18] On sait pas grand-chose, ils sont tous un petit peu marins là-bas, en Bretagne. Donc d’une certaine manière, oui ils écoutent tous, enfin ils en écoutent tous… Après est-ce qu’ils écoutent sur le bateau, je ne sais pas du tout.
Alexandre Schorderet: [01:16:28] Non, mais je ne sais pas mais après non…
Thomas Pelosse: [01:16:28] Je pense qu’ils ont peut-être autre chose à écouter avec leur radio qui doit marcher un peu tout le temps pour se localiser mais ça encore c’est vraiment une supposition. Et puis je trouve que, on n’a pas rencontré tant de marins Bretons mais, ils ont un truc pudique les marins, les marins, les marins Bretons particulièrement. Pour arriver à savoir ce qu’ils pensent d’un truc ou ce qu’ils ressentent c’est pas… C’est pas inné chez eux.
Alexandre Schorderet: [01:16:49] Et en même temps, il y a tellement une… Quand on a rencontré Louis Cozan, par exemple, on sentait… Et Louis Cozan c’est le gardien de phare qui a médiatisé aussi ce que c’était que le métier de gardien de phare, il allait dans des écoles, il a, enfin vraiment il en a parlé quoi! Mais à le rencontrer, au début on s’est dit « Waouh, il est un petit peu plus bourru qu’on pensait ». Et après il nous a ouvert un peu toutes les portes de son expérience et de son vécu. Et on est sorti de là, on s’est dit « On s’est pris une grosse claque quand même » (Thomas Pelosse: Oui, oui, c’est…). Parce qu’il nous a donné tout ça avec tellement de générosité, et en même temps c’est des histoires tellement…. Là on rigole beaucoup hein, et nos Neb & Lueur c’est des gai-luron et on s’amuse à chanter sur notre Canot (Thomas Pelosse: Ouais). Mais il y a une phrase qui résonne pas mal c’est que, c’est toi qui l’as dit d’ailleurs Lueur, sur les, ce qu’on nous a appris à l’école. Tu sais « Les gardiens de phare c’est… ». Mince c’est dans le premier épisode… Je sais plus
Thomas Pelosse: [01:17:48] Secourir tous les marins du… « Tous les marins des mers du monde comptent sur ton aide ».
Alexandre Schorderet: [01:17:52] C’est ça: « Tous les marins des mers du monde comptent sur toi ».
Thomas Pelosse: [01:17:53] C’est la devise. Et puis oui, nous on avait beaucoup vu dans nos recherches qu’on avait pu faire avant de rencontrer Louis, ou même en lisant, enfin, les livres, même les siens sur le phare, on voit, on voit des choses qui sont très belles, on voit de belles expériences. Mais rencontrer en vrai ces gens, ça nous permet de connaître aussi l’envers de la médaille, parce que c’est des gens qui vivent parfois des choses ben dures et terribles, qui gardent un petit peu. Et du coup, quand parfois on a un peu de partage de ces choses-là, ben ça nous, ça nous touche vraiment.
Alexandre Schorderet: [01:18:21] Et puis il y a un écart de… Il y a un écart de localité donc on a beaucoup parlé de la montagne et de la mer, mais on a un écart de génération aussi. Parce que les gardiens de phare il y en a plus à partir des années 90, donc c’est aussi des personnes qui ont déjà tous fait un service militaire, qui ont eu une vie vraiment différente de la nôtre. Et puis donc ils ont été formés à ça, et cetera. Les premiers gardiens de phare dans les années 50, c’était les (Thomas Pelosse: C’était les mutilés de guerre) c’était les gueules cassées et les mutilés de guerre (Thomas Pelosse: Mm). Après, il y a eu une vraie formation aussi comme ça, et donc quand des gardiens de phare nous parlent de tel collègue qui a fait ça aussi. Enfin, c’est des vies qui nous a semblé inévitablement tellement plus fantastique que notre petite histoire de mousse dans le phare au début quoi! C’est pour ça qu’on en parlait, c’est… On s’est dit « C’est un pan à ne pas oublier ». Et les phares sont un peu l’expression, je trouve, la matérialisation du fait que c’est un patrimoine qui s’oublie parce qu’il s’érode, ni plus ni moins. Et des fois même écologiquement par exemple, la cuve de mercure il a fallu attendre 2007 pour qu’elle soit enlevée d’Ar Men. Voilà, qui était automatisé depuis 90, il a fallu attendre la fuite de la cuve de mercure de la Jument, et cetera. Enfin, il y a eu plein de choses comme ça et c’est encore des sujets de: qu’est-ce qu’on fait de ce patrimoine-là, à quoi il sert? Euh, est-ce que c’est important de garder ça alors qu’on a des GPS.
Thomas Pelosse: [01:19:41] Pour préciser là, voilà, c’est le GPS qui est important. Autant l’automatisation, le gardien n’est plus important, ça marche tout seul. Maintenant le phare n’est plus important, tout le monde navigue avec le satellite. Donc là, ça tombe vraiment dans une grosse, grosse désuétude. Même s’il y a des petites initiatives en Bretagne, si on s’intéresse un peu, beaucoup d’associations qui militent pour que les phares restent ouverts ou deviennent des lieux de résidence qui sont assez belles (Alexandre Schorderet: Mm). Donc il y a quand même un petit, toujours un petit accrochage à ce patrimoine.
Alexandre Schorderet: [01:20:05] Ou des lieux de visite aussi. Il y a qui ont suffisamment de motivation pour faire, à la nage, de la terre, l’île de Sein à Ar Men à 24 kilomètres des côtes.
Thomas Pelosse: [01:20:17] Est-ce qu’on, si on fait la surprise c’est (Alexandre Schorderet: Oui on fait la partie surprise parce que…) c’est maintenant parce qu’après on auras plus le temps. Alors on a une petite surprise, ce serait bien que Michel soit là parce que…
Alexandre Schorderet: [01:20:24] Oui il va venir
Thomas Pelosse: [01:20:25] Oui, il va venir?
Alexandre Schorderet: [01:20:26] Voilà, oui
Thomas Pelosse: [01:20:26] Mais c’est pas grave sinon, au moins pour la fin…
Alexandre Schorderet: [01:20:27] Allez. Et puis on peut continuer aussi toutes ces discussions du coup, il y a des lieux de networking qui sont prévus pour ça. Donc n’hésitez pas aussi à venir nous rencontrer et on sera très heureux.
Thomas Pelosse: [01:20:37] Alors la petite surprise, ben c’est une chanson parce que on adore écrire des trucs. Et parfois quand on se rend dans des lieux, quand on rencontre des gens ou qu’on a envie de dire un truc, on écrit une petite chanson pour le faire. Donc on a écrit une petite chanson qui parle un petit peu de, pour vous parler un peu de tout ça en fait, de notre expérience. Et, voilà, on a écrit une chanson, et on la joue, maintenant. Alors je peux prendre un peu d’eau avant de…
Alexandre Schorderet: [01:21:03] Ouais.
Thomas Pelosse: [01:21:04] Merci. C’est pas grave si t’as tout bu, parce que t’es un pote. Oh wow! Il y avait un peu de la pomme dedans je crois! Oula, oula, oula, oula, oula.
Alexandre Schorderet: [01:21:17] Alors la chanson s’appelle « Camarade: Le phare »
Ensemble: [01:21:35] Entend au loin de ta fenêtre. Les vagues qui s’écoulent. Par-delà brume et kilomètres. Tangue la houle.
Ensemble: [01:21:49] Les lumières que tu vois maintenant. Semblent bien ternes. Il est loin le feu qui perce le vent. Qui habite la lanterne.
Refrain: [01:22:04] Et pourtant dans la pluie qui brille. À travers le brouillard. Par-delà la ville et ses collines. J’aperçois le phare.
Ensemble: [01:22:19] Entre les murs de pierre du Berry.
Alexandre Schorderet: [01:22:22] Et le vent de l’Aber Wrach
Thomas Pelosse: [01:22:26] On veille tard dans la nuit.
Alexandre Schorderet: [01:22:30] On apprend dans les flaques.
Ensemble: [01:22:33] On gueule, on s’aime et on en rit. On vit un peu plus fort. Quand soudain l’histoire s’écrit. Les doutes passent par-dessus bord.
Refrain: [01:22:47] Et maintenant, dans la pluie qui brille. À travers le brouillard. Par-delà la ville et ses collines. J’aperçois le phare.
Thomas Pelosse: [01:23:01] Notre chasse aux créatures volages. À nos muses de fiction.
Alexandre Schorderet: [01:23:08] On capture là dans nos pages. Les sirènes de l’inspiration.
Thomas Pelosse: [01:23:15] Ne flanche pas moussaillon. Malgré tous les coups durs.
Alexandre Schorderet: [01:23:22] Monter une radio fiction, c’est quand même toute une aventure.
Refrain: [01:23:29] Et maintenant, dans la pluie qui brille. À travers le brouillard. Par-delà la ville et ses collines. J’aperçois le phare.
Ensemble: [01:23:43] Et même jusqu’en Belgique. Grâce au PodBxl. Les embruns de l’Armorique. Parviennent jusqu’à Bruxelles.
Ensemble: [01:23:57] On érigera un phare. En plein dans la Meuse. En live chez Michel Godart. Les chroniques nébuleuses.
Refrain: [01:24:12] Dans la pluie qui brille. À travers le brouillard. Par-delà la ville et les collines. Tu verras le phare.
Ensemble: [01:24:40] Merci beaucoup.
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