L’écosystème d’apprentissage agile – Spécial Podcasthon

Podcasthon 2024 : Marine Chambat - L'écosystème d'apprentissage agile

Podcasthon 2024 : Marine Chambat – L’écosystème d’apprentissage agile – Spécial Podcasthon via hrmeetup.© Podcast #493 Bonus.

Dans le cadre du Podcasthon, un événement caritatif rassemblant plus de 450 podcasts engagés, « hrmeetup » vous propose un épisode spécial qui vous fera découvrir la mission de « L’écosystème d’apprentissage agile« .

Vous êtes à la recherche d’une source d’inspiration tout en soutenant une cause noble ? Alors, vous êtes au bon endroit !

Laissez un message vocal à Marine Chambat ou à Michel en réaction à ce podcast, c’est via notre répondeur Vodio.fr, un outil proposé gratuitement et généreusement aux podcasteur.ice.s par l’association BadGeek!

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Pour les personnes malentendantes ou ayant des troubles de l’audition nous proposons une transcription en fin d’article.
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Dans cet épisode, Michel s’entretient avec Marine Chambat, représentante de « L’écosystème d’apprentissage agile ». Marine nous présente cette association qui révolutionne l’éducation en repensant l’architecture des écoles, en promouvant des méthodes d’apprentissage agiles et autonomes, et en favorisant une communauté modélisante où enfants et parents s’impliquent activement.

On a envie de dire « Enfin, une éducation autrement ! »

Découvrez comment « L’écosystème d’apprentissage agile » aspire à créer un monde où chaque enfant est encouragé à apprendre à son propre rythme, dans un environnement bienveillant et stimulant.

De l’architecture des bâtiments scolaires à la gouvernance partagée en passant par les méthodes d’évaluation innovantes, plongez dans une conversation riche en idées novatrices et en réflexions profondes sur l’éducation du futur.

Et ce n’est pas tout ! À la fin de cet épisode, Michel et Marine lancent un appel à soutenir « L’écosystème d’apprentissage agile » en participant au Podcasthon.

Parce que chaque don compte pour offrir aux enfants un avenir meilleur et plus épanouissant.

N’attendez plus, abonnez-vous à « hrmeetup » et rejoignez cette initiative extraordinaire pour changer le monde, un podcast à la fois !

Ben oui, évidemment, il y a même un podcast.

Liens Utiles pour « L’écosystème d’apprentissage agile« :

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Séquençage du podcast de L’écosystème d’apprentissage agile:

  • [00:00:18] « L’écosystème d’apprentissage agile », contexte du Podcasthon et introduction
  • [00:00:49] Le rêve d’adolescente de Marine
  • [00:02:20] Le maître-mot : l’agilité !
  • [00:03:06] « L’écosystème d’apprentissage agile » : semer les soft skills de demain
  • [00:03:36] Le nom « L’écosystème d’apprentissage agile »
  • [00:05:00] L’équipe pédagogique de l’écosystème d’apprentissage agile
  • [00:05:34] « L’écosystème d’apprentissage agile » : depuis quand et comment
  • [00:06:31] Des bâtiments qui ne donnent pas envie
  • [00:07:10] La journée type à l’écosystème d’apprentissage agile
  • [00:08:32] Pas de mise en compétition
  • [00:09:55] L’auto-évaluation
  • [00:10:24] « L’écosystème d’apprentissage agile » : une approche holistique
  • [00:11:46] To be utopiste or not to be?
  • [00:12:25] L’inter générationnel
  • [00:14:31] Une ambition de se faire copier
  • [00:15:03] Les 5 piliers
  • [00:15:48] Une mentalité d’entreprendre sa vie
  • [00:16:35] Le niveau d’éducation Vs écoles classiques
  • [00:17:25] Les enfants sont résilients
  • [00:18:27] L’éducation spécialisée
  • [00:18:50] Public cible de l’écosystème d’apprentissage agile
  • [00:19:27] Site Internet de l’écosystème d’apprentissage agile
  • [00:20:25] Clôture du podcast

La transcription du podcast avec Marine Chambat – L’écosystème d’apprentissage agile :

Si tu apprécies notre démarche de transcrire les podcasts : parle de ce podcast à ton entourage. Nous pouvons allouer des ressources aux transcription grâce aux donations reçues vers notre association « The Podcast Factory Org » asbl-vzw. Le lien pour faire un don.

 Michel Godart: [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground » et vous retrouverez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story .be »

Jingle Intro: [00:00:13] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne est captée et le son du grésillement se dissipe alors : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:00:18] Bienvenue pour un nouvel enregistrement de nos podcasts, alors c’est un épisode spécial Podcasthon. Pour ceux qui ne la connaissent pas, c’est la deuxième année pour laquelle nous participons à cet événement. C’est une prise d’interview avec des associations qui ont des œuvres caritatives ou des œuvres sociales, des actions sociales, et on les met en avant pour faire des appels aux dons. Et cet épisode est particulièrement spécial pour cette raison, mais aussi parce que mon invitée Marine s’est déplacé expressément de Suisse à Bruxelles pour me rencontrer. Merci Marine pour ça déjà.

Marine Chambat: [00:00:46] Avec plaisir, merci Michel de me recevoir.

Michel Godart: [00:00:49] J’invite nos auditeurs et auditrices à ne pas oublier que le but c’est de faire des appels aux dons, on vous mettra un lien dans le descriptif de l’épisode et on vous invite à faire des dons, s’il vous plaît, ça permettra à cette association de grandir. Je voudrais commencer par un petit mot de présentation. Alors dans mes podcasts, souvent je demande « De ton rêve d’adolescente Marine à ce jour, que s’est-il passé? Es-tu alignée avec ton rêve finalement? », ça permet de voir un peu ce que tu as fait comme études, ce que tu as fait dans ta vie et qu’est-ce qui te relie au sujet qu’on développe aujourd’hui? Et j’ai envie de te poser aussi cette question-là.

Marine Chambat: [00:01:15] Alors mon rêve d’adolescente, il est en lien avec un film qui s’appelle « Le Château ambulant » de Hayao Miyazaki. Et dans ce film, moi ce que j’ai adoré, c’est que c’était, en fait, finalement, les personnages deviennent famille. C’est des personnages qui ont tous des parcours atypiques, qui viennent tous d’endroits différents, qui ont tous eu une galère à un moment, ou voilà. Et finalement ils se retrouvent ensemble et créent une famille ensemble, une famille de cœur. Et ça, ça m’a toujours énormément porté, voilà, je dirais que c’était ça mon rêve d’adolescente.

Michel Godart: [00:01:42] Ça a guidé un choix d’études?

Marine Chambat: [00:01:43] Le mot ambulant, Le Château ambulant, on va dire que ça a été ça mon parcours, beaucoup à bouger, à voyager, etc. (Michel Godart: À te chercher alors?), à me chercher ouais. J’ai eu pas mal de quêtes personnelles et d’ailleurs pour la deuxième association dont je parlerai tout à l’heure, ce sera, enfin ça fera sens, mais, non j’ai suivi des études en agronomie donc heu

Michel Godart: [00:02:01] Est-ce que toi tu te sens aligné avec ce rêve d’adolescente? C’est oui, la réponse est oui (Marine Chambat: Oui), clairement. Parce que dans les deux projets, tu les rejoins.

Marine Chambat: [00:02:07] Exactement, il y a la notion de quête de sens, se trouver, et en fait rassembler différentes parts, rassembler différents êtres et faire quelque chose de diversifié, quelque chose de mouvant, de neuf. Le mot qui me revient à chaque fois c’est: une famille de cœur quoi.

Michel Godart: [00:02:20] Marine, de quoi va-t-on parler aujourd’hui? On va parler d’agilité! Pour le monde des entreprises, qui nous écoutent souvent dans notre podcast et hrmeetup, ils connaissent hein? Et d’ailleurs je travaille en parallèle moi, chez Pyxis Belgique qui est pleinement occupée dans cette voie, et c’est comme ça qu’on s’est connus et qu’on s’est rencontrés, donc merci à eux déjà. Alors je vais te laisser nous parler d’une école agile, mais une école qui porte un nom spécial, je vais te laisser le dire et un peu m’expliquer ce projet existant.

Marine Chambat: [00:02:41] Alors donc, cette école agile, moi j’en parlerai avec mes mots de novice dans l’agilité, parce que comme tu l’as dit ma collègue Carole qui travaille chez Pyxis Suisse, elle, c’est elle qui avait cette envie d’amener l’agilité. Et donc « école agile » parce que l’agilité ça va être l’état d’esprit vraiment dans lequel on veut amener l’école. Et moi, ce que j’ai aimé là-dedans, c’est à la fois le cadre, le cadre agile, l’état d’esprit et cette notion d’adaptabilité, de flexibilité, etc.

Michel Godart: [00:03:06] De se dire, plutôt que d’essayer de changer les entreprises, ce qu’on va continuer à faire, à un moment donné ce serait bien d’aller en amont et de se dire « Et si ça commençait par l’enseignement? »

Marine Chambat: [00:03:12] Exactement? Si ça commençait en fait dès le plus jeune âge qu’on puisse apprendre à s’autonomiser, apprendre à être créateur de sa vie, apprendre à contribuer aussi au collectif. Je ne veux pas la citer, mais je vais le faire quand même, elle dit souvent que, ben eux, ils sont payés leur entreprise pour aller justement aider les gens adultes dans les entreprises, alors que si on apprenait ça dès petit, je pense que ça enlèverait beaucoup de problématiques qu’on peut rencontrer aujourd’hui dans le monde du travail.

Michel Godart: [00:03:36] C’est vrai qu’il y a la théorie de l’agilité, il y a des formations agiles qui sont théoriques et pratiques aussi. Mais malgré tout, à un moment donné, on va devoir amener au côté pratique à changer des comportements, et changer des comportements c’est long, surtout s’ils sont bien ancrés. Et donc ça fait complètement sens ce que tu dis, c’est vrai que, c’est dès le plus tôt dans l’enfance, si on a d’autres approches, mentales, on aura moins d’efforts à faire pour changer des comportements parfois bien ancrés. Elle s’appelle comment cette école?

Marine Chambat: [00:04:03] Pour l’instant on l’appelle « L’écosystème d’apprentissage agile ». Pourquoi un écosystème? Parce qu’on veut que ce soit un lieu où les enfants puissent interagir avec le milieu. C’est pas une école où on enseigne, il y a quelque chose de descendant, mais plutôt que l’enfant est vraiment acteur de son milieu et puis il va venir choper les ressources pour lui, pour ses apprentissages. Et j’avais envie de faire une petite parenthèse pour rebondir sur ce que tu as dit tout à l’heure, là. Moi j’avais travaillé dans des écoles démocratiques, donc les écoles démocratiques ce sont des écoles où les enfants sont libres de suivre leurs apprentissages, et c’était trop bien. Ils peuvent suivre leurs passions toute la journée, il n’y a pas de cursus scolaire, mais le truc c’est que la liberté, c’est un peu un cheval fougueux et c’est pas évident à apprendre à la dompter. Et donc je voulais recréer ce choix, et que les enfants ils puissent suivre leurs aspirations. Mais je m’étais dit il faut aussi qu’on leur enseigne un cadre qui leur permette de jouir cette liberté que nous offre la vie, en fait on est tout le temps libre. Et comment eux ils peuvent en profiter et comment ils peuvent l’apprendre, et donc ça avec l’agilité je l’ai trouvée, c’est comme ça qu’on s’est rencontrés avec Carole et c’est comme ça qu’on a décidé d’avancer ensemble sur ce projet.

Michel Godart: [00:05:00] Vous n’êtes pas que deux, vous êtes plus?

Marine Chambat: [00:05:01] Oui, maintenant on a deux autres personnes qui nous ont rejoints: Stéphanie, éducatrice spécialisée et qui est passionnée d’apprentissage, d’éducation, etc. Et Sandy qui travaille beaucoup dans le collaboratif, dans l’économie sociale et solidaire, etc., et qui a plein d’autres qualités aussi pour nous accompagner dans le projet.

Michel Godart: [00:05:18] Ça c’est bien parce que ça cadre bien qu’on est toujours dans une mentalité de personnes qui matchent parfaitement avec le programme, la manière dont est vu le Podcasthon, ça c’est déjà important dès le départ.

Marine Chambat: [00:05:25] En fait je crois que c’est tout ça qui nous a regroupée, même si on partait d’endroits différents, c’est comment on peut créer un monde meilleur pour les enfants de demain, dès aujourd’hui en fait, en travaillant avec eux.

Michel Godart: [00:05:34] Comment est-ce que ça va fonctionner? Et surtout depuis quand ça existe?

Marine Chambat: [00:05:38] Après, il y a un an, le projet a commencé en janvier 2023. Même si on avait chacune eu des phases d’exploration avant, on a décidé de poursuivre un petit peu à récolter de la donnée. Après, ça a été de communiquer sur le projet, créer des synergies, trouver d’autres personnes pour nous accompagner. Et là maintenant, on est vraiment dans la création à la fois du référentiel de compétences, parce qu’on veut un référentiel de compétences, c’est à dire une base mixte entre les savoir être et les savoirs académiques qu’on veut enseigner à l’école, pouvoir évaluer, etc. Et aussi ben tout ce qui est le financement, parce qu’on aimerait que cette école soit abordable pour les parents, voilà. Parce que, en Suisse, en moyenne, je dirais que c’est entre 1000 et 2000 francs par mois une école privée (Michel Godart: Franc suisse), Franc Suisse oui, mais c’est l’équivalent en euros, plus ou moins, en tout cas à Genève. Et donc c’est comment on peut rendre l’école accessible tout en proposant une alternative au traditionnel.

Michel Godart: [00:06:29] Qui soit plus démocratique possible?

Marine Chambat: [00:06:31] Exactement.

Michel Godart: [00:06:31] Est-ce que concrètement, il y a déjà une école avec des bâtiments? (Marine Chambat: Non), pas encore

Marine Chambat: [00:06:35] Pas encore. Et d’ailleurs ça nous amène finalement à un des piliers qui est l’architecture, parce qu’on veut que les aménagements soient au service de la pédagogie, on est en train de repenser complètement la manière dont l’architecture est faite pour que ce soit au service des élèves. Parce que souvent, quand on a eu des retours de professeurs, c’était une limite de se dire « Bah ouais, on a quatre murs »

Michel Godart: [00:06:53] Pas appropriés à des innovations.

Marine Chambat: [00:06:55] Exactement. Ni aux innovations, ni aux élèves en fait, ils sont pas pensés pour les élèves, ils sont faits pour, comme beaucoup de choses le fordisme quoi, tu vois, c’est on enchaîne les élèves les uns à la suite des autres le plus vite possible, il faut qu’ils apprennent ceci, cela. Alors que nous on veut vraiment se dire ben comment on peut nourrir tous les élèves le mieux possible.

Michel Godart: [00:07:10] Le projet existe, vous êtes en réflexion, en préparation, en maturation. Vous avez besoin de fonds, vous faites des appels au fonds parce que ça va vous aider, parce que chez vous, dans ce projet, il y aura un gros impact avec l’argent qui va être une nécessité absolue, pour pouvoir créer des locaux hors du commun avec une infrastructure unique. Et même si on récupère un bâtiment existant, il faut l’aménager, et je vois très bien dans ce que tu m’expliques, enfin ça c’est peut être mon imagination qui travaille trop vite, une école où il n’y a pas de vraie classe (Marine Chambat: Non). Explique-moi comment vous voyez le concept, donne-moi un peu plus de « comment »! Marine, Fais-moi rêver!

Marine Chambat: [00:07:37] On aime bien prendre une petite fille, comme exemple, qui s’appelle Rose. Enfin, on l’a inventé mais, voilà, c’est notre chère Rose, quand elle arrive le matin à l’école, l’idée c’est qu’elle arrive, elle rentre dans une classe, mais c’est plutôt un groupe d’autonomie, avec des enfants qui ont la même maturité d’autonomie qu’elle. Par exemple, ceux qui savent décider qu’est-ce qu’ils vont apprendre, comment, il y en a ils sont juste autonomes sur le comment, il y en a qui peuvent être sur le quoi aussi, donc voilà. Différents niveaux d’autonomie, comme des ceintures d’autonomie, si on reprend les arts martiaux. Et ensuite, une fois qu’elle a décidé de ses intentions, donc en utilisant des routines agiles, par la suite, le reste de la matinée, elle est autonome sur ses apprentissages, c’est-à-dire qu’elle aura construit son plan le matin pour décider qu’est-ce qu’elle a envie de faire, et comment, et ensuite elle pourra déambuler dans l’école pour pouvoir.

Michel Godart: [00:08:22] Mettre en pratique sa réalisation.

Marine Chambat: [00:08:23] Voilà, exactement. Donc ça c’est pour les savoirs académiques du matin, et l’après-midi on veut faire des choses plutôt qui travaillent sur l’intelligence collective, le collaboratif et les savoirs-être.

Michel Godart: [00:08:32] On a très bien compris le concept, si on se renseigne un peu sur l’agilité sinon on va avoir un podcast qui est beaucoup trop long, on va trouver plein d’indices avec le mot agile comme mot-clé pour comprendre l’approche que vous allez prendre. Toutefois, j’ai fait plein de podcasts sur plein de sujets différents et chaque fois qu’il y a une problématique, on finit à un moment ou l’autre à revenir sur cette foutue éducation qui est la source de beaucoup, beaucoup de problèmes, je crois qu’on minimise trop souvent. Et donc j’aimerais qu’on ne rate pas l’importance du sujet qu’on développe aujourd’hui, à ce micro, je voudrais que nos auditeurs-auditrices ne sous-estime pas l’impact de ce genre d’approche, et à quel point il est important de vous soutenir, parce que ça c’est vraiment la clé d’une société qui se sent mieux et qui va dans le bien-être, et dans un équilibre mental plus fort, moi je vois le champ du possible mais, énorme. Alors la question qui va suivre pour moi c’est, ma fille suit un enseignement dans ce type d’école où c’est plutôt genre méthode Freinet tu vois? Et ils n’ont pas des points, déjà on ne les met pas en concurrence, ils ont des couleurs. Et la couleur leur indique qu’ils sont en bonne voie, en moins bonne voie, ou ils doivent faire attention, travailler plus, travailler moins. Quelle est l’approche par rapport à cette école à votre niveau? Vous avez pensé à ces détails-là aussi j’imagine?

Marine Chambat: [00:09:30] Ça, c’est plutôt Stéphanie qui regarde tout ce qui est évaluation, puis Carole aussi. Mais oui, on a réfléchi à l’évaluation, et puis dans l’agilité on sait que la culture du feedback c’est extrêmement important. Et en fait, au lieu de dire, de noter ou voilà, c’est vraiment ramener une culture du feedback, où les enfants ils sont acteurs, c’est à dire que des fois ils décident de s’auto évaluer, on va leur donner des moyens pour qu’ils apprennent à s’auto évaluer eux-mêmes, aussi qu’ils soient évalués par leurs pairs, et par les professeurs.

Michel Godart: [00:09:55] Auto-évalués par soi-même, ça c’est hyper sain, et c’est ce qui manque énormément dans notre société quoi. Combien de personnes se remettent en question au quotidien?

Marine Chambat: [00:10:01] C’est ça, ou le nombre de fois où, parce que moi je travaille avec des enfants, je suis éducatrice aussi et… Où ils me disent « Je peux faire ça, est-ce que j’ai le droit? Est-ce que c’est possible? Est-ce que machin? » Moi je suis, à chaque fois je leur ramène, je dis « Mais toi, qu’est-ce que tu en penses en fait? Comment tu le sais que c’est juste? Ou comment tu sais que ça ne l’est pas? ». Et en ils ont cette conscience, les enfants, mais rarement on y fait appel parce que, je pense que dans notre société on ne croit pas suffisamment aux capacités des enfants.

Michel Godart: [00:10:24] La problématique c’est les parents et l’adulte qui ont tendance à « Tu es un enfant, tu n’as rien à dire, tu n’as pas ton mot à dire ». Quelle est la vision de votre association par rapport à la place des parents dans ce processus? Est-ce que vous allez emmener les parents dans cette école et les impliquer, ou est-ce que vous allez faire transpirer l’enseignement au travers de l’enfant vers la famille, la cellule familiale? Parce qu’encore une fois aussi, un point important, on dit parents mais l’éducation à la maison ce n’est pas que les parents, c’est les oncles, les tantes, les cousins, c’est tout ce qu’on observe, c’est un environnement, c’est un ensemble, c’est une approche holistique qu’il faudrait presque. Comment on fait ça?

Marine Chambat: [00:10:53] Complètement! Et ben justement parce qu’on a vu les limites chacune dans nos travails respectifs, que si on travaille que avec les enfants, à un moment donné on est limité parce qu’en effet il y a le terreau familial. Et donc l’idée, dans notre école, c’est un autre pilier, c’est de créer une communauté modélisante. C’est à dire que tous les adultes qui sont autour de l’enfant, autour proches, puissent avoir accès à de la formation. Et donc nous, en tant qu’accompagnant, dans l’école, on veut pouvoir être formé continuellement. Donc on aura des formations en continu, et les parents on va créer ce qu’on appelle une école des parents. Alors, non pas pour dire nous on sait mieux que vous ou voilà, mais c’est vraiment, donner un espace déjà d’échange, parce que souvent les parents ils ont besoin d’écoute, c’est dur d’être parent à notre époque, ça n’a jamais été comme ça. Avant, on n’avait pas des familles nucléaires, on avait des villages, et donc nous c’est de recréer un peu ce village autour des enfants, pour les accompagner et en fait permettre au mieux la meilleure éducation possible, et grandir, et apprendre ensemble, et donc voilà

Michel Godart: [00:11:46] Est-ce qu’on risque pas d’avoir une étiquette utopiste qui se met sur l’approche? Comment est perçu votre projet quand vous en parlez?

Marine Chambat: [00:11:52] Ben je pense que utopiste, oui peut-être, mais en même temps moi je suis persuadée que c’est les utopistes qui vont changer le monde (Michel Godart: Exact) et on est en train de travailler aussi, on n’est pas que utopiste, on a les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. C’est à dire qu’on est en train de travailler pour rendre ceci possible, aussi au niveau du financement, parce qu’on sait qu’à chaque fois c’est un petit peu complexe. Mais voilà comment on peut être créatifs à ce niveau-là aussi. Par exemple, on veut mutualiser les espaces au sein de l’école, on veut chercher des moyens avec les RSE dans les entreprises, on réfléchit à comment rendre ça possible. Mais moi je suis ok qu’on m’appelle utopiste parce que, on ne peut pas changer le monde en refaisant les mêmes choses qu’on a fait jusqu’à présent, donc oui je suis une rêveuse, et je l’assume.

Michel Godart: [00:12:25] Et c’est pour ça que je suis très honoré de te recevoir aujourd’hui au micro, parce qu’on s’entend bien sur ce plan-là. Alors il y a aussi un aspect sur lequel je vais peut-être te surprendre, dont j’ai envie de parler, mais encore une fois, dans les plus de 1000 podcasts que j’ai eus où j’ai eu l’occasion d’échanger avec des gens, hors micro ou en micro, et ça s’entend parfois dans certaines émissions, dans les différents thèmes qu’on aborde: souvent revient chez moi la question de L’inter génération, parce qu’encore une fois on a la cellule familiale, mais cellule familiale ce n’est pas non plus une tranche d’âge, c’est parfois le contact avec les ancêtres. Et on est dans une société en Europe que je trouve, alors ça c’est ma vision qui est peut être biaisée je sais pas, moi je trouve qu’on est dans une société qui ignorons de plus en plus nos ancêtres. Est-ce que c’est parce qu’on a peur de voir la réalité de la mort? Où on n’a pas envie d’être confronté à cette mort et qu’on se dit « Je vais mettre mes vieux dans une maison de repos pour pas les voir » ou est-ce que c’est un manque de valeurs, ou est-ce que c’est: on se dit victime d’une société qui ne nous laisse pas le choix autrement que de… Alors qu’en fait c’est une question de choix et de priorités. Mais moi ça me choque de voir qu’on parque les gens dans des maisons de repos, alors qu’ils pourraient être dans les familles, et qui pourraient enrichir la famille par les échanges intergénérationnels. Parce que déjà entre les parents et les enfants, quand tu as une ado, tu sais ce que c’est, il y a déjà un différentiel de vocabulaire, de lexique et de compréhension. Mais si en plus on rajoute une troisième génération au même endroit, moi j’y vois toute une richesse possible. Est-ce que c’est pas un point qui va être difficile aussi à traiter pour vous?

Marine Chambat: [00:13:35] Je sais qu’il y a beaucoup d’écoles et de lieux avec les enfants qui essayent de créer du lien avec la tranche d’âge plus âgée.

Michel Godart: [00:13:40] C’était une réflexion pour vous? Vous y avez pensé aussi?

Marine Chambat: [00:13:42] On y a pensé. Après, ça ne fait pas partie de nos piliers, mais certainement qu’on pourra nous y pencher, créer des liens. Enfin, moi je suis bénévole aussi à la Croix-Rouge et je donne du temps à un monsieur dont la famille veut plus le voir. Et je suis complètement d’accord avec toi, la manière dont on traite la fin de vie, c’est d’une tristesse et d’une, c’est un isolement total, enfin, encore plus quand les gens ne voient plus leur famille c’est, ça fait mal au cœur quoi.

Michel Godart: [00:14:06] J’ai travaillé en maison de repos, parfois ça va encore beaucoup plus loin dans l’ignominie, c’est: la personne est snobée, ignorée pendant toute sa fin de vie, mais quand elle décède, toute la famille débarque pour l’héritage (Marine Chambat: Ça…). C’est moche, mais voilà, ça existe, sachez-le, et c’est pas si rare que ça.

Marine Chambat: [00:14:19] D’ailleurs moi c’est ça qui m’a fait venir au bénévolat avec la Croix-Rouge, parce qu’il y avait une pub anglaise comme ça où en fait la personne âgée avait dû envoyer une carte comme quoi elle était décédée pour pouvoir fêter Noël avec ses proches. Et tout le monde est venu, et puis c’était la pub anglaise, enfin voilà.

Michel Godart: [00:14:31] Ouais ça fait réfléchir (Marine Chambat: C’était parfait) quand même hein? Le où est important, tu as parlé de Genève (Marine Chambat: Ouais), en Suisse. Est-ce que, même si c’est encore très tôt, j’en conviens totalement avec toi, est-ce qu’il y a une ambition de grandir, et de s’étendre, et de faire des petits bébés et de contaminer la population mondiale?

Marine Chambat: [00:14:44] Oui, l’idée c’est: on crée quelque chose, on crée un concept, on réfléchit à tout ça, on met en place des process, on met en place des outils, on met en place un référentiel, et ensuite ce sera libre de droits ou libre d’accès, je ne sais plus comment on dit.

Michel Godart: [00:14:56] C’est open source.

Marine Chambat: [00:14:56] Open source, voilà. Les gens qui voudront reprendre le modèle et puis le faire à un autre endroit, ils pourront le faire. Enfin voilà, c’est vraiment stylé.

Michel Godart: [00:15:03] Alors Marine, tu as parlé de piliers, plusieurs fois, j’ai bien entendu, donc c’est quelque chose qui était bien mûri, bien réfléchi. Est-ce qu’on peut faire, parce qu’on a abordé que deux des piliers ou trois? Je voudrais quand même, pour l’auditeur-auditrice, qu’on fasse un petit résumé des piliers essentiels de cette école et qu’on les revoit un par un avec leur nom et un objectif.

Marine Chambat: [00:15:18] Il y a cinq piliers: l’architecture au service des apprentissages, les apprentissages agiles autonomes, c’est à dire autonomiser les enfants sur leurs apprentissages, la communauté Modélisante, comment créer un village et apprendre à être meilleur éducateur autour des enfants et parents? Il y a les financements, un nouveau type de financement, et ensuite la dernière qu’on n’a pas abordée, c’est la gouvernance partagée. On souhaite, dès le plus jeune âge, que les enfants puissent avoir un impact au sein de leur école et puis pouvoir prendre des décisions comme les écoles démocratiques en fait.

Michel Godart: [00:15:48] Donc c’est un peu aussi le côté: on va apprendre aux enfants à avoir un côté indépendant, entrepreneur très tôt

Marine Chambat: [00:15:53] Complètement. Et d’ailleurs ça me fait venir à: souvent on a une objection des gens, qui disent « Ah mais votre école, vous voulez remplacer l’école publique? Elle ne convient pas à tout le monde ou voilà ». Et non, en effet, notre école elle ne convient pas à tout le monde et ce n’est absolument pas notre ambition. Et je crois qu’il faut arrêter de vouloir faire des écoles pour tout le monde. Il y a tellement de personnalités différentes, il y a tellement de profils différents, l’idée c’est de se dire « Ok, comment on peut avoir un patchwork de systèmes éducatifs qui se complètent pour que selon les besoins de l’enfant, à l’instant T de sa vie, et de la famille, parce que c’est un tout, et bien on puisse y répondre dans notre société ». Et ceux qui ont des projets d’écoles, ben contactez-nous aussi, si vous avez envie de créer des choses, enfin on peut s’aider, même si c’est différent de nous, l’idée c’est vraiment d’être au service du futur et d’être au service des enfants quoi!.

Michel Godart: [00:16:35] C’est beau comme clôture, mais j’ai quand même envie de te poser une autre question du coup, parce que tu parles de points bloquants, de freins. Et moi j’en vois un aussi que j’ai entendu, et que j’ai vécu, parce que comme je t’ai dit, j’ai mis ma fille dans une école avec une approche différente, et la question que même nous on a eu, on s’est inquiété, c’est de se dire « Tiens, est-ce qu’après, quand elle aura fini ce cycle et qu’elle va à l’université, est-ce qu’elle sera aussi bien armée que ceux qui ont suivi l’enseignement classique? ». Est-ce que tu as ce genre de réflexion, ce genre de frein qui vient aussi dans les discussions?

Marine Chambat: [00:17:00] Oui, très souvent. Parce que, déjà dans les écoles démocratiques, là où j’ai travaillé, c’était une question qui revenait régulièrement. Voilà, et puis il y a eu des gens qui ont vécu dans des écoles alternatives, qui ont mal vécu leur retour entre guillemets dans le modèle classique. Pour ce qui est des apprentissages, j’ai envie de dire, si on apprend aux enfants d’apprendre à apprendre, pour moi ils ont une clé pour toute leur vie en fait, tout simplement. Si on leur apprend que apprendre c’est fun, travailler c’est fun, ben pour moi ils ont une clé pour toute leur vie.

Michel Godart: [00:17:25] Et j’ai envie de rajouter n’oublions pas la résilience, et ne prenons pas nos enfants pour des débiles encore une fois, nos enfants peuvent être résilients, tirer les leçons et se casser la gueule, se faire mal, c’est une leçon et ça nous grandit. Et c’est peut-être le défaut qu’on a, c’est de l’oublier

Marine Chambat: [00:17:37] C’est ça. Et puis on vient, en fait, de manière réaliste, on vient tous de milieux différents. Moi, par exemple, j’ai travaillé là, il y a un an je travaillais encore à Ibiza, dans une école où je travaillais pour des gens, la plupart ils étaient multimillionnaires. Et donc les enfants ils étaient dans cet environnement là et maintenant, aujourd’hui je travaille avec des enfants qui viennent de l’immigration, de migrants, qui ont vécu des choses difficiles. Et en fait, on vient tous de milieux différents, pour moi j’ai dû m’adapter en fait aux gens qui vivaient dans les quartiers, je n’avais pas le même langage, bah voilà, je sais pas comment le tourner, (Michel Godart: C’est ta résilience à toi en tant qu’enseignante) mais on passe notre temps. Oui, on est tout le temps résilient en fait (Michel Godart: Ouais), on va tout le temps changer de milieu, on va tout le temps, et tout le monde le fait en fait. C’est pas parce qu’on est dans une, soit disant une bulle, enfin, notre école elle nous marque d’une certaine façon, le public nous marque d’une certaine façon. Et on le voit d’ailleurs aujourd’hui, les enfants du public, d’ailleurs il y a beaucoup de parents qui enlèvent leurs enfants du public pour ça, je suis désolé mais il y a quand même souvent une violence de plus en plus, etc. Ben c’est un marqueur en fait.

Michel Godart: [00:18:27] Le public cible, on a tous compris que c’était des enfants, mais ça commence de quel âge à quel âge? Et puis surtout, moi j’ai envie de te poser une question un peu provocante, expressément, si j’ai un enfant autiste demain et que je viens vous voir, est-ce qu’il est bienvenu? Ou est-ce que ça va être difficile pour vous de l’adapter?

Marine Chambat: [00:18:41] Pour répondre à la première question, donc la cible entre guillemets, ça va être les six-douze, au départ (Michel Godart: Oui). En gros c’est pour commencer petit, puis après on souhaite pouvoir le développer.

Michel Godart: [00:18:50] Crescendo quoi (Marine Chambat: Voilà, exactement), jusqu’à l’université quoi.

Marine Chambat: [00:18:51] Mais pour l’instant on va se focaliser sur les six-douze. Et pour répondre à la deuxième question, en fait tout va dépendre, parce que dans l’autisme, tu vois par exemple il y a un grand spectre (Michel Godart: Oui, tout à fait). Donc, en fait c’est pas l’enfant qui va être limitant, c’est plutôt nous, est-ce que moi Marine, ou mon équipe, est-ce que notre équipe elle est capable (Michel Godart: De l’aider), de l’aider? Si ce n’est pas le cas, alors non en fait, on dira non parce que nous ne sommes pas en capacité. J’ai déjà travaillé dans des endroits où on a accueilli des enfants, on n’était pas en capacité de le faire, c’était un désastre.

Michel Godart: [00:19:19] C’est pas leur rendre service.

Marine Chambat: [00:19:20] Exactement. Donc plutôt que de dire « Ah, c’est l’enfant qui est limitant, non, c’est le corps enseignant qui est limitant, qui est le facteur limitant ».

Michel Godart: [00:19:27] Merci, merci, merci de m’avoir consacré ton temps, de déplacer de Suisse et de faire tous ces efforts, de faire cette belle démarche, qui m’émeut beaucoup. Et j’aimerais vraiment, vraiment, vraiment que les auditeurs et auditrices soient conscients de ce qui est en train de se jouer ici, et vraiment fasse un effort de se dire « Je vais faire un don, même si j’ai les moyens limités, mais je vais faire un don quoi », C’est vraiment super important. On mettra un lien dans le texte du podcast, participez à cette démarche du Podcasthon, et si vous savez pas faire un don, vous avez vraiment pas les moyens, alors c’est très simple, partagez ce podcast et diffusez le autour de vous, parce que si vous n’avez pas les moyens, d’autres auront peut-être les moyens de réagir à, en nous écoutant. Et je le rappelle aussi, le petit message du Voice mail possible dans le podcast ce n’est pas seulement pour tes collègues, mais c’est aussi possible pour les auditeurs et auditrices qui peuvent te poser une question, réagir. Il y a un site internet pour l’école?

Marine Chambat: [00:20:09] Oui, il s’appelle « En chemin vers l’école agile » comme ça s’écrit .com. Et on a aussi un podcast du même nom, on peut nous suivre sur les réseaux avec le même nom. Si vous allez sur le site, vous aurez toutes les informations (Michel Godart: ok). Carole nous a fait un magnifique travail.

Michel Godart: [00:20:25] Super et moi je vais t’envoyer les infos du Podcasthon, pour que la prochaine année si vous avez envie de participer au Podcasthon en tant que podcastrice, et bien vous pouviez le faire aussi.

Marine Chambat: [00:20:32] Yes

Michel Godart: [00:20:32] Ça marche?

Marine Chambat: [00:20:32] Ça marche! Merci beaucoup Michel.

Michel Godart: [00:20:33] À très bientôt et merci pour votre écoute à toutes et à tous, au revoir.

Jingle Outro: [00:20:39] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne est captée et le son du grésillement se dissipe alors : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:20:41] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’asbl « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground » et vous retrouverez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story .be ».

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