KAYA: Magali Ronsmans et Bruno Van Steenberghe

KAYA: Magali Ronsmans et Bruno Van Steenberghe

Entreprendre autrement avec Magali Ronsmans de Kaya & Bruno Van Steenberghe de KALANI-home. Midoricast : Podcast #181

Midoricast lance une nouvelle rubrique en collaboration avec Kaya, la coalition belge des écopreneurs.

Chaque épisode présentera un projet pour lequel Kaya plaide et un écopreneur membre de la coalition. 

Pour ce premier numéro, parole à Magali Ronsmans, porte-parole de Kaya et Bruno Van Steenberghe, fondateur de Kalani-home, la marque belge du linge de lit.

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Séquençage du podcast avec Magali Ronsmans de Kaya & Bruno Van Steenberghe de KALANI-home :

  • [00:00:19] Introduction du podcast et présentation de la rubrique Kaya
  • [00:00:57] Magali Ronsmans : une entrepreneure engagée pour la transition environnementale
  • [00:01:35] La maternité comme facteur de prise de conscience environnementale
  • [00:02:04] L’entrepreneuriat comme moyen d’action pour Magali
  • [00:02:41] Kaya : une organisation qui rassemble des écopreneurs pour un modèle économique de référence
  • [00:03:06] Kaya : une communauté de 250 membres aux modèles économiques variés
  • [00:03:39] L’objectif de Kaya : influencer le monde politique et économique
  • [00:04:22] La rubrique Kaya dans Midoricast : une motivation pour Magali
  • [00:05:02] Les écopreneurs/écopreneuses : définition
  • [00:06:14] Se prémunir du greenwashing
  • [00:08:06] Les trois domaines d’action de Kaya
  • [00:09:55] Critères d’adhésion et secteurs interdits chez Kaya
  • [00:10:40] Les thèmes clés des événements et plaidoyers de l’économie circulaire chez Kaya
  • [00:13:14] La consommation responsable : motivation et engagement de Magali
  • [00:14:12] Site internet de Kaya
  • [00:14:27] Objectif du podcast et succès attendu
  • [00:16:17] Prix et modalités d’adhésion chez Kaya
  • [00:16:38] Bruno Van Steenberghe : fondateur de Kalani-Home
  • [00:16:47] Portrait de Bruno Van Steenberghe, écopreneur spécialisé dans le textile responsable
  • [00:18:15] La paternité comme facteur de prise de conscience environnementale chez Bruno
  • [00:18:32] Kalani-Home : origine du nom
  • [00:18:46] L’objectif de Kalani-Home : proposer du linge de maison éco-responsable à prix abordable
  • [00:20:13] Le défi de proposer du haut de gamme durable à des prix abordables pour Kalani
  • [00:21:01] L’impact écologique des choix de production chez Kalani en fonction de la localisation et des matières premières
  • [00:23:14] Coton conventionnel vs coton bio certifié : impact environnemental
  • [00:24:39] Les avantages du coton bio et la certification GOTS pour Kalani
  • [00:25:50] Les pratiques écoresponsables de Kalani
  • [00:26:22] La distinction de Kalani parmi les marques éco-responsables en textile en Europe
  • [00:28:48] Le devoir de vigilance dans la supply chain chez Kalani
  • [00:29:23] L’importance de la qualité et de la durabilité des produits pour une entreprise éco-responsable
  • [00:31:26] La motivation de Bruno Van Steenberghe à rejoindre Kaya
  • [00:32:03] Site internet de Kalani-Home
  • [00:32:27] Clôture du podcast

Le transcript du podcast avec Magali Ronsmans de Kaya & Bruno Van Steenberghe de KALANI-home :

Télécharger ( Click droit : « Télécharger le fichier lié ») ou suit ce lien vers un nouvel onglet pour lire la transcription du podcast
(sans les times codes pour les assistants de lecture).

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Michel Godart: [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor des transforma bxl – Innovation Playground. Et vous retrouvez tous les épisodes sur le site« What’s Your Story .be »

Jingle Intro: [00:00:16] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:00:19] Bienvenue pour un nouvel enregistrement de Midoricast, votre podcast sur les initiatives positives en faveur de l’environnement et des actions citoyennes. Alors « Midori », ça veut dire vert en japonais, « Cast » pour broadcast, lien avec le mot podcast qui est un mot valise venant de iPod et broadcast. Nous sommes dans un épisode spécial, rubrique Kaya puisque nous inaugurons aujourd’hui avec Magali qui est mon invitée au micro, la rubrique Kaya en français qui existera aussi en néerlandais. On a entendu la voix néerlandophone déjà d’un des créateurs de Kaya et aujourd’hui à mon micro donc, c’est donc Magali qui va nous parler et nous présenter Kaya pour les auditeurs francophones. Bienvenue à mon micro Magali.

Magali Ronsmans: [00:00:56] Merci, bonjour Michel. 

Michel Godart: [00:00:57] Alors Magali, je vais commencer par te demander un petit mot de présentation de qui tu es, toi. Bien qu’on va parler beaucoup de Kaya. J’aimerais que les auditeurs aient une idée de qui tu es.

Magali Ronsmans: [00:01:06] Alors je m’appelle Magali Ronsmans. Je suis passionnée par la transition environnementale depuis de nombreuses années. J’ai eu le plaisir d’assister à la naissance de la coalition Kaya, d’abord en 2019 et puis au moment de sa fusion dont on va parler avec Ecopreneur en 2022. Et je suis en fait vraiment boostée par cette espèce de basculement économique qu’on est en train de vivre et qu’on est en train d’essayer d’influencer avec Kaya. Et en fait voilà, ça me booste justement ce changement et cette envie de sortir des sentiers battus.

Michel Godart: [00:01:35] Alors une question peut être indiscrète, tu n’es pas obligée de me répondre, mais j’ai juste envie de te demander est ce que tu as des enfants ? Parce que souvent tu sais, quand quelqu’un fait une prise de conscience sur la transition, l’enfant est un moteur. On dit « je t’aime » à nos enfants et on se dit « Mais je ne peux pas lui dire décemment je t’aime si je ne pense pas à son futur quand je serai plus présent sur cette planète ». Et c’est là où moi, personnellement, où j’ai eu mon réveil en fait.

Magali Ronsmans: [00:01:52] Tout à fait. Oui, oui, j’ai deux filles qui sont déjà assez grandes, enfin qui ont 17 ans et la plus petite a dix ans. Et c’est vrai que c’est un moteur qui est important et la prise de conscience, ben c’est pour ça que ça fait de nombreuses années aussi que je suis active là-dedans.

Michel Godart: [00:02:04] Je crois que c’est important à souligner. La question qui est très importante aussi, toujours dans le personnel et l’indiscret est-ce que tu étais déjà entrepreneuse avant de commencer chez Kaya ? Ça joue un rôle !

Magali Ronsmans: [00:02:14] Oui, alors j’ai toujours eu cette envie justement de faire un peu bouger les lignes et de développer des projets qui sortaient des sentiers battus. Donc oui, j’ai développé mon premier projet associatif au début des années 2000, et puis un deuxième il y a cinq ou six ans. Et je suis indépendante aussi depuis une quinzaine d’années.

Michel Godart: [00:02:31] Ton background, c’était quoi?

Magali Ronsmans: [00:02:32] Moi je suis sociologue à la base et je travaille maintenant dans la communication environnementale. Mais c’est vrai que j’ai une envie d’être sur le terrain aussi. J’ai côtoyé pas mal d’entrepreneurs en économie circulaire.

Michel Godart: [00:02:41] On va parler de Kaya, on a compris qu’on parlait d’écopreneurs, mais on va en dire plus.

Magali Ronsmans: [00:02:45] Alors en fait, Kaya, c’est une organisation qui vise vraiment à soutenir cette transition économique et à la booster quelque part. Et la manière dont on essaye vraiment d’en faire un modèle de référence, cette nouvelle économie, ça se fait via un collectif. Donc on rassemble vraiment des membres, des entrepreneurs qui sont actifs sur le terrain et qui développent ces modèles économiques différents.

Michel Godart: [00:03:06] Ha C’est ça qui va donner cet effet de vague immense, positive qui m’est apparue quand on a commencé à me parler de Kaya. (Magali Ronsmans : Oui), c’est cet ensemble d’entrepreneurs qui se réunissent.

Magali Ronsmans: [00:03:14] Tout à fait, donc c’est vraiment, ben là on a environ 250 membres déjà. Kaya émane de la fusion entre écopreneur, qui est une association qui a été créée en 2019, et la coalition Kaya qui avait plus des objectifs de plaidoyer à la base, qui a aussi été créée à peu près au même moment. Et donc ben comme ensemble on est plus forts, on a décidé de se rassembler et de fusionner les deux organisations pour créer, en 2022, l’organisation Kaya des écopreneurs.

Michel Godart: [00:03:39] Tu as déjà un peu parlé de la raison d’être de Kaya, mais est ce qu’il y a des choses à rajouter sur cette raison d’être.

Magali Ronsmans: [00:03:44] Au niveau de la raison d’être de Kaya, mais clairement on a envie qu’il y ait ce basculement de l’économie qui est vraiment important. Et pour ça, notre action principale, l’axe autour duquel l’action Kaya s’inscrit, c’est vraiment des actions de plaidoyer. Ça veut dire qu’on a envie d’influencer le monde politique et le monde économique et de leur démontrer qu’il y a des modèles plus durables, des modèles économiques plus respectueux des ressources naturelles qui sont possibles, qui sont économiquement viables et qui sont à la fois plus respectueux des ressources, plus respectueux de l’humain et que il y a toute une série d’entreprises qui se développent, qui foisonnent d’ailleurs et qui peuvent servir d’exemple pour instaurer un nouveau modèle économique.

Michel Godart: [00:04:22] Alors ce que je vais te demander aussi, c’est de nous dire, à nos auditeurs et auditrices, qu’est-ce qui vous motive quand je vous ai dit « Bah venez, faites une rubrique Kaya dans mon podcast Midoricast ». Alors oui, c’est sur l’environnement, mais j’imagine que c’est pas que ça. Qu’est-ce qui vous anime dans la démarche de faire une rubrique dédicacé aux entrepreneurs de Kaya ou écopreneurs de Kaya ?

Magali Ronsmans: [00:04:38] Nous, ce qui nous motive là-dedans, et c’est un de nos axes d’action, c’est qu’on a envie de pouvoir inspirer le monde économique et donc on a la chance avec toi de pouvoir justement mettre en avant des projets, des entrepreneurs, des entrepreneuses qui développent ces business model différents. Et donc pour nous, c’est une manière de faire rayonner leurs actions et tout ce qu’ils entreprennent et de faire à la fois connaître leurs projets et de valoriser tout ce qu’ils mettent en place justement pour faire basculer cette économie.

Michel Godart: [00:05:02] Je serais extrêmement honoré et fier de pouvoir participer à une mise en avant d’une communication tellement positive, d’une telle évidence qu’il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’écopreneurs et d’écopreneuses, j’insiste sur le terme féminin. (Magali Ronsmans : Tout à fait), il y a beaucoup de femmes dans le secteur aussi. Je vais te demander maintenant de nous définir finalement qu’est-ce qu’on classe dans la définition d’écopreneurs et d’écopreneuses ?

Magali Ronsmans: [00:05:22] Alors en fait, pour moi et pour la coalition Kaya, un écopreneur, une écopreneuse, c’est un pionnier, c’est quelqu’un qui ose développer une entreprise en sortant des sentiers battus, en veillant à la fois à respecter les limites planétaires. C’est à dire qu’il y a tout un questionnement qui se fait en termes de production, en termes de services proposés, qui est vraiment axé sur cette préservation des ressources, sur le respect de l’humain et en même temps d’en faire vraiment un modèle économique qui soit tout à fait tenable et qui se déploie au fil du temps. Donc ça, pour moi, un écopreneur c’est ça. Et puis c’est quelqu’un qui change les règles du jeu, qui n’a pas peur justement de sortir du cadre établi, d’avoir cette posture de pionnier et de se dire bon ben voilà, ça, le modèle qui existe depuis autant d’années, on le remet en question et on développe autre chose. Parce que maintenant il est plus que temps que ce basculement se fasse et qu’on veille à préserver nos précieuses ressources naturelles.

Michel Godart: [00:06:14] Ces entrepreneurs se positionnent aussi, qu’ils le veuillent ou non, et c’est positif je trouve, comme des personnes inspirantes. Iels inspirent d’autres à les suivre et ce phénomène-là est un des éléments essentiels de votre communication aussi je pense (Magali Ronsmans : Tout à fait). Et ça m’a amené une question qui est peut-être moins réjouissante mais qu’il faut quand même aborder, parlons sans tabou. C’est ces entrepreneurs qui nous mettent des valeurs en avant, ou des grosses sociétés, ou des grandes entreprises, mais qui en fait on se rend compte qu’il y a un peu de value et de greenwashing derrière. Comment se prémunir de ça ? En restant positif, j’imagine ? Déjà…

Magali Ronsmans: [00:06:42] Bah oui, je pense qu’effectivement il faut pouvoir rester positif, mais c’est pour ça que nous on veut, via ce collectif d’entrepreneurs et d’entrepreneuses, c’est de pouvoir inspirer ce qui se fait vraiment sur le terrain, de démontrer que ben on fait ce qu’on dit, on dit ce qu’on fait, d’être vraiment en cohérence dans les actions. Et effectivement ce n’est pas que du greenwashing et ça c’est via des témoignages, c’est en échangeant justement les expériences, en amenant les entrepreneurs à témoigner de ce qu’ils font sur le terrain et des difficultés qu’ils rencontrent aussi. Parce qu’en fait, nous, par notre action de plaidoyer, c’est de pouvoir être à l’écoute de ces entrepreneurs et ces entrepreneuses, et se rendre compte que, en ayant cette posture de pionnier et en instaurant justement un modèle économique qui est différent de ce qu’on connaît depuis des dizaines et des dizaines d’années, ils rencontrent des difficultés : à la fois, elles peuvent être légales, elles peuvent être au niveau de divers aspects, peuvent être fiscales aussi. Et donc notre rôle au sein de la coalition Kaya, par cette action de plaidoyer, c’est de pouvoir identifier ces difficultés et de pouvoir essayer de lever ces freins en allant voir le monde politique, influencer le monde économique et pouvoir justement instaurer des mesures, des actions qui permettent à ces entrepreneurs et ces entrepreneuses de déployer leurs modèles et de leur donner plus d’impact. Parce qu’il y a à la fois la question aussi du comportement des consommateurs. Il y a la question des avantages fiscaux qui permettent justement de développer des modèles comme ceux-là.

Michel Godart: [00:07:57] Qui est un levier en fait.

Magali Ronsmans: [00:07:57] Qui est un levier, exactement. Et donc c’est vraiment notre mission principale par le plaidoyer, c’est de porter la voix de ces éco preneurs et ces écoreneuses.

Michel Godart: [00:08:06] J’aime bien le mot que tu utilises qui est le plaidoyer, parce que c’est vraiment, vraiment, vraiment ça. Dans ma question, le but aussi c’est titiller le fait que voilà, il ne s’agit pas ici de quelque chose qu’on annonce et qui est un effet d’annonce qui s’arrête-là. Par le vécu d’être éco entrepreneur ou entrepreneuse chez Kaya, on témoigne, on agit, on montre, on prend des actions, on est fédérateur et ambassadeur de l’association. C’est vraiment ça (Magali Ronsmans : Tout à fait) que je ressens, que je vois et que je constate. Et d’ailleurs, on va le dire aux auditeurs, l’épisode sera en premier ta présentation, celle de ton collègue en néerlandais, mais on a déjà enregistré des podcasts pour préparer le projet, on a déjà eu des écopreneurs et écopreneuses, en ligne, avec moi ici au micro et on le ressent immédiatement. C’est pas juste des mots, c’est des actions, c’est du vécu, c’est de la passion. Moi j’ai eu le monsieur qui parlait des assurances, il m’a ému, il parle avec ses tripes et on le sent… Il n’y a pas de comédie là-dedans, c’est pas possible. Donc je suis très enthousiaste, alors tu l’as compris ça ! Je vais te demander de nous expliquer maintenant quels sont les domaines d’activité de Kaya.

Magali Ronsmans: [00:09:01] Kaya donc a trois domaines d’action principales. Donc j’ai déjà beaucoup parlé du fait d’influencer par nos actions de plaidoyer, donc de porter la voix des écopreneurs et des écopreneuses. Aussi, le fait de se rassembler parce qu’on estime que quand justement on anime un réseau d’entrepreneurs comme ça, non seulement on est plus forts, on a l’occasion d’échanger des expériences, on a l’occasion de se soutenir et aussi évidemment de mettre en place des collaborations, des partenariats pour pouvoir aller plus loin, ensemble. Et puis il y a un troisième volet qui est le volet d’inspiration, comme on le disait tout à l’heure. Donc permettre à des écopreneurs de venir témoigner, de venir expliquer comment ils développent leur modèle, comment ils l’ont mis en place, ça permet aussi d’influencer le monde économique et de l’inspirer. Et c’est comme ça qu’en fait, par rapport à nos membres, on a des membres qui sont au sein de Kaya parce qu’ils développent un modèle économique. Et puis il y en a d’autres qui viennent soutenir et qui viennent en fait s’inspirer un petit peu de ce qui se fait, parce qu’ils ont envie d’aller plus loin dans leur démarche d’économie durable.

Michel Godart: [00:09:55] Alors il y a des thèmes, j’imagine quand vous faites des animations, des événements. Qu’est-ce qui est couvert comme activité ? Je crois que n’importe qui peut rentrer chez Kaya à partir du moment où il correspond à la charte Kaya et qu’il répond aux critères parce qu’en fait il n’y a pas une activité qui est dédicacée à l’écologie ou à l’écoresponsabilité, toutes les activités sont concernées. Tu peux nous en dire plus sur ces deux aspects de thèmes ?

Magali Ronsmans: [00:10:14] Quand on souhaite devenir membre de la coalition Kaya, on pose sa candidature auprès du conseil d’administration et on s’engage à respecter un règlement d’ordre intérieur. Et dans ce règlement, on stipule notamment que les activités ne peuvent pas être liées à certains secteurs, donc que ce soit (Michel : Identifiés comme polluants), voilà, identifiés comme polluants, ou le secteur de l’armement, ou le secteur de l’élevage intensif, etc. Donc tous des domaines effectivement qui ont un impact environnemental important.

Michel Godart: [00:10:40] Et donc, quand vous faites des événements, que vous animez votre communauté, il y a des thèmes qui reviennent

Magali Ronsmans: [00:10:44] Effectivement, alors il y a des thèmes qui reviennent et c’est souvent dans l’idée de répondre aux besoins de nos membres. On peut avoir des événements sur la thématique de l’alimentation durable, ou plus sur la thématique des déchets, ou plus sur la thématique de la gouvernance aussi de ce type d’entreprise. Et donc en fait, les événements qu’on organise sont à la fois liés aux secteurs dans lesquels nos membres sont actifs, mais aussi aux actions de plaidoyer. On a cinq thèmes de plaidoyer qu’on est en train de développer et sur lesquels on est en train de travailler avec nos membres pour pouvoir vraiment avoir une série de propositions d’actions, liées à ces cinq axes de plaidoyer, et parmi ces axes de plaidoyer, mais on a notamment comment financer la transition. Donc, je vous parlais tout à l’heure de l’aspect fiscal, et donc là il y a toute une réflexion qui est portée à ce niveau-là. Il y a aussi le fait de décider équitablement, donc ça c’est une des thématiques. Donc ça, c’est plus les questions de gouvernance qu’on met en place au sein de ces entreprises. Et puis il y a le fait de produire avec efficience, donc de se dire on produit, mais comment est-ce qu’on peut produire en réfléchissant, en veillant à ne pas épuiser les ressources naturelles, donc en le faisant vraiment de manière cohérente par rapport à nos valeurs. Et alors ben on aussi tout un volet sur la consommation sobre, donc influencer aussi le consommateur à ce niveau-là (Michel : Par une consommation raisonnée), exactement, une consommation raisonnée. Et pour donner plus de chance aussi à ces entreprises qui se développent de manière très locale, de répondre aux besoins des consommateurs. Et puis après, il y a bien sûr tous les aspects de formation pour pouvoir arriver à transformer, à arriver à ce basculement de l’économie.

Michel Godart: [00:12:13] Oui, parce que j’imagine qu’il y a plein de questions qui fusent (Magali Ronsmans :Exactement), je veux m’inspirer de lui mais comment il a fait pour ceci, comment il a fait pour cela ? Moi ce qui me touche aussi beaucoup, et c’est très important pour moi, c’est le côté parité homme-femme et déjà dans les témoignages que j’ai enregistrés, il y a une des personnes qui nous a dit moi, c’est une valeur évidente dans l’entreprise, j’y veille. Il a même été jusqu’à veiller à ce que le salaire soit égal, à titre comparatif de fonctions, et de compétences comparatives entre un homme et une femme. C’est tellement sympa d’entendre ça, on est tellement en attente depuis longtemps enfin ça! C’est ce genre d’initiative aussi qui n’est spontanément dans le mouvement.

Magali Ronsmans: [00:12:44] Tout à fait, tout à fait !

Michel Godart: [00:12:45] C’est à souligner je pense.

Magali Ronsmans: [00:12:46] Oui, oui, tout à fait. Et puis c’est vrai qu’en termes de gouvernance, ben il y a pas mal de questionnements aussi. Parce qu’on se dit dans le développement d’une entreprise, en fait il faut, il y a à la fois la diversité par rapport aux équipes, mais il y a aussi tous les aspects liés à la préservation de l’environnement qui doivent être quelque part mis sur la table pour chaque moment où l’entreprise prend des grosses décisions de développement et de se dire comment, qu’est-ce qu’on va mettre en place ? Comment est-ce qu’on va veiller au déploiement économique de l’entreprise tout en préservant les limites planétaires ?

Michel Godart: [00:13:14] Toi, à titre personnel, qu’est-ce qui te motive à t’engager ? Alors on l’a dit au début hein ? Mis dans le plaidoyer des écoproduits, de manière plus large, pour les écopreneurs.

Magali Ronsmans: [00:13:23] Il y a quelques années j’ai lancé un projet de revalorisation de jouets parce que je me rendais compte qu’il y avait énormément de production de déchets et de surconsommation à ce niveau-là. Et donc c’est vrai que la consommation, c’est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur de pouvoir sensibiliser les gens parce que ça passe avant tout par la sensibilisation des consommateurs et de changer des comportements d’achat. Se dire qu’on s’oriente plus vers la réutilisation des biens plutôt que d’acheter du neuf. Et qu’en fait c’est vrai qu’au niveau fiscal par exemple, il y a encore beaucoup de chemin à faire à ce niveau-là pour pouvoir encourager les comportements dans ce sens-là. Et donc c’est vrai, comme je suis vraiment, comme je te le disais tout à l’heure, boosté par le fait de sortir des sentiers battus, de par le fait de pouvoir instaurer le changement et surtout de faire bouger les lignes. Pour moi c’est important de pouvoir justement bien cerner ce qu’il est nécessaire de mettre en place comme action au plus vite pour pouvoir stimuler le secteur au niveau de la consommation.

Michel Godart: [00:14:12] Je vais proposer que tu donnes l’adresse du site internet de Kaya afin que les auditeurs et auditrices, qui n’auraient pas de réponses à toutes leurs questions aujourd’hui, puissent se rendre sur votre site et déjà aller chercher toute l’information qui leur manqueraient, tu peux nous donner l’url ?

Magali Ronsmans: [00:14:23] Alors l’URL c’est kaya tiret eco preneur avec S .be

Michel Godart: [00:14:27] J’ai une question spécifique aussi pour toi Magali, tu n’es pas prévenue, c’est de l’improvisation totale, on le signale… 

Magali Ronsmans: [00:14:32] C’est bien, j’adore ça.

Michel Godart: [00:14:32] Pour toi, dans ce projet podcast, on va mettre ces écopreneurs, éc-preneuses en avant. Qu’est ce qui serait un signe d’un succès ? À quel moment tu te dirais, là on a touché quelque chose d’important à grâce au podcast.

Magali Ronsmans: [00:14:43] Je pense que ce serait vraiment de pouvoir, dans les témoignages, de pouvoir retrouver un effet waouh où les gens se disent ça c’est dingue. Je ne savais pas que c’était possible en fait de développer une entreprise en étant aussi passionnée, aussi ancrée dans ces valeurs, aussi cohérent. Et que ça donne envie à d’autres gens de se lancer ou à d’autres entreprises de retrouver justement cette cohérence entre leur valeur et la manière dont ils déploient leur modèle économique.

Michel Godart: [00:15:06] Alors je t’informe que ma question, même si elle est improvisée, n’était pas innocente du tout. Elle va me permettre de faire une transition parce que je l’ai dit, chez les Midoricast, et les auditeurs et auditrices sont déjà habitués pour ceux qui nous suivaient avant, on utilise ce qu’on appelle un voicemail. Et donc dans le descriptif, article écrits de ce podcast, quelle-que soit la plateforme, il y aura un lien vers Vodio que nous met à disposition gratuitement par l’association BadGeek, un répondeur vocal. Donc les gens cliquent sur ce lien, ils arrivent sur une page internet, le navigateur leur dit « Autorisez-vous à utiliser le micro », n’ayez pas peur dites « Oui, j’autorise à utiliser mon micro » et vous avez un bouton pour parler. Et si vous avez un micro de pas trop mauvaise qualité, ils pourront te laisser un message. Alors ce message ça peut être un remerciement, ça peut être un encouragement, ça peut être une question, ou ça peut être une remarque, un commentaire. Et s’ils nous disent dans le message j’autorise à ce qu’on utilise ma voix, on pourra en commentaire des publications de podcast sur les réseaux sociaux, publier le lien vers leur message vocal (Magali Ronsmans : Génial) et on pourra entendre les gens vous répondre, vous parlez, vous posez vos questions, vous encourager et vous dire merci. Donc évidemment, je vais inviter fortement nos auditeurs et auditrices à le faire parce que je crois que la cause en vaut la chandelle, et ce sera super sympa pour Magali d’entendre ce genre de feedback (Magali Ronsmans : Ah ce serait magnifique, ouais), voilà. Merci, Merci pour ton temps, (Magali Ronsmans : Merci Michel) merci pour ta patience. On se retrouve donc pour plein, plein, de nouvelles capsules régulières de Kaya.

Magali Ronsmans: [00:16:15] Merci pour ton soutien à Kaya

Michel Godart: [00:16:17] C’est avec joie. Dernière touche finale il y a un prix pour être membre chez Kaya ?

Magali Ronsmans: [00:16:21] Ben il y a un prix qui est différencié selon la taille de l’entreprise, selon le chiffre d’affaire. Donc là il faut aller en fait, sur le site, il y a un petit bouton « Devenir membre » et là toutes les explications sont données. Il ne faut pas hésiter à envoyer un petit mail, on se fera un plaisir de vous répondre et de tout vous expliquer.

Michel Godart: [00:16:34] Et vous êtes assez réactifs je dois dire. Ah ben voilà, c’est une belle phrase de clôture, 1000 mercis.

Magali Ronsmans: [00:16:38] Merci à toi. 

Michel Godart: [00:16:38] Je vais recevoir un écopreneur responsable qui n’est autre que Bruno Van Steenberghe. Bruno Enchanté, merci de m’octroyer ton temps.

Bruno Van Steenberghe: [00:16:47] Bonjour Michel, merci pour ton accueil. 

Michel Godart: [00:16:48] Bruno, la première question c’est rapidement de te présenter évidemment.

Bruno Van Steenberghe: [00:16:53] Alors donc, je m’appelle Bruno Van Steenberghe, j’ai 47 ans, je suis papa de deux adolescents et je suis fondateur de Kalani-Home.

Michel Godart: [00:17:00] Alors ton background Bruno, si je peux être indiscret un petit peu.

Bruno Van Steenberghe: [00:17:03] J’ai une formation économique, principalement spécialisation en import-export. J’ai travaillé pendant 24 ans dans le secteur textile. Premièrement, pendant douze ans dans les vêtements, on va dire dans le textile, le conventionnel. Et puis en 2010, j’ai fait une prise de conscience et j’ai envie de passer le reste de ma carrière à travailler le développement durable dans le secteur textile.

Michel Godart: [00:17:22] Tu travaillais déjà pour toi ou tu travaillais à l’époque pour un patron?

Bruno Van Steenberghe: [00:17:25] Je travaillais pour un patron (Michel : D’accord). Je suis devenu indépendant en 2010.

Michel Godart: [00:17:28] Et c’est directement comme écopreneur ou c’est d’abord une transition vers « Je suis mon propre patron » et puis l’écoprenariat vient après ?

Bruno Van Steenberghe: [00:17:34] C’est exactement ça. Donc j’ai commencé d’abord par faire, j’ai fait un burnout en 2009, j’ai refait une auto formation par moi-même, étudié tout ce que je pouvais trouver sur le développement durable dans le textile en 2010, je suis devenu indépendant. J’ai travaillé comme consultant pour d’autres marques et d’autres entreprises pendant plusieurs années. Je suis devenu éco preneur à partir de 2016 réellement.

Michel Godart: [00:17:55] Donc si je te comprends bien, le burnout, comme dans beaucoup de cas et dans beaucoup de situations, a été le déclencheur d’une recherche de sens d’abord, et c’est la recherche de sens qui te conduit finalement à cette prise de conscience.

Bruno Van Steenberghe: [00:18:04] Oui, exactement. Le burnout m’a fait réfléchir à ce que je voulais faire de ma carrière et le bonheur n’avait rien à voir par rapport vraiment à mon job. Mais c’était vraiment une prise de conscience et de me dire voilà, qu’est-ce que j’ai envie de faire du reste de ma vie?

Michel Godart: [00:18:15] Est ce que le côté écologie, conscience écologique, les enfants jouent un rôle ? Le fait être papa, ça joue un rôle pour toi ?

Bruno Van Steenberghe: [00:18:21] Je pense que ça joue un rôle aussi. Bon alors j’ai eu des enfants avec des, un en particulier, avec des gros problèmes de santé, donc je pense que ça a dû jouer aussi dans la prise de conscience et on se recentre autrement sur ce qui est important dans la vie.

Michel Godart: [00:18:32] Kalani-Home Pourquoi le nom ? 

Bruno Van Steenberghe: [00:18:35] Kalani, c’est un prénom polynésien qui veut dire cieux, ou paradis. C’est un nom qu’on a trouvé pour le développement de Kalani, Kalani-home, parce qu’il y a une assonance avec le mot câlin et quand on dort dans des draps Kalani on est comme au paradis.

Michel Godart: [00:18:46] Et home pour le côté cocoon-maison (Bruno Van Steenberghe : Tout à fait). Quand on lit tout ce qu’on lit sur le textile, c’est challenge quand même, non ? (Bruno Van Steenberghe : Exactement) On va parler un peu des étapes de comment ça s’est passé par étapes, mais j’imagine que la première étape, ce sont : d’être confrontés aux freins.

Bruno Van Steenberghe: [00:19:00] Effectivement, le secteur textile est un des secteurs les plus controversés au monde, parmi hein, c’est pas le seul, heureusement. Par contre, c’est un secteur qui a déjà été tellement critiqué depuis 20 ans qu’il existe, pour ceux qui s’y intéressent et qui souhaitent trouver des solutions, l’accès aux solutions n’est pas si compliqué.

Michel Godart: [00:19:17] Mais voilà.

Bruno Van Steenberghe: [00:19:17] Et donc en fait, si on veut faire les choses autrement, on peut faire les choses autrement. Donc avec Kalani, moi j’ai créé cette entreprise en 2016. Je suis parti d’un constat simple, dans ma vie de tous les jours, avec ma femme, on se rendait compte quand on voulait acheter des draps, ben on se retrouvait dans une grande enseigne suédoise, bleu et jaune pour ne pas les nommer comme tout le monde ou presque tout le monde. Parce qu’on n’avait pas spécialement envie de mettre des centaines d’euros dans une paire de draps. Et en fait, c’est en faisant l’étude de marché que je me suis rendu compte que entre les prix du bas de gamme pas cher, on va dire c’est ce genre d’enseignes où les supermarchés, et des produits très qualitatifs dans des boutiques, qui soit durable ou pas, ont souvent une différence de fois quatre, fois cinq, fois six, fois sept. Et de mon expérience textile et de production, je savais que ce n’était pas uniquement la qualité qui faisait cette différence, c’était principalement le circuit de distribution. D’où l’idée de développer Kalani, de faire du linge de maison, donc linge de lit, linge de bain, literie, haut de gamme, durable, coton bio et Fairtrade, à des prix abordables pour que ça puisse être accessible pour une majorité de personnes.

Michel Godart: [00:20:13] Alors là, tu m’intéresses, tu vas intéresser plein d’auditeurs et d’auditrices, ça c’est vraiment « the challenge » hein ? Parce que ce n’est pas forcément quelque chose qui va venir en évidence quand on va faire ses calculs de coûts, et cetera. C’est quoi les premières pistes qu’on investigue ? C’est éliminer les intermédiaires, c’est faire du local ?

Bruno Van Steenberghe: [00:20:27] Voilà, Donc ici, ça a été principalement effectivement d’éliminer les intermédiaires, puisque me suis rendu compte que c’était vraiment le circuit de distribution (Michel : Mais on s’en doute) qui faisait une escalade de prix (Michel : Ouais, ouais). Après, au niveau qualité, on a pris du top, donc on fait vraiment du top qualité de façon à ce qui n’ait pas de compromis et que les gens se disent « Ok, mais en fait c’est l’équivalent d’une très grande marque, très chère » mais sans les intermédiaires et le fait qu’on fasse tout en direct, on produit directement dans les usines et on vend directement via notre shop aux consommateurs. On enlève tous les intermédiaires, donc ça permet de rendre ce haut de gamme durable abordable. Et donc on n’est pas dans un cas ici où pour avoir du bio éthique, on doit payer plus cher, au contraire on paye moins cher.

Michel Godart: [00:21:01] On peut faire les choses plus écologiques, mais il y a toujours des nuances, il y a toujours des limites dans laquelle on peut aller. Par exemple, quand on a un e-shop et un site internet, est-ce qu’on prend un data center écoresponsable, est-ce qu’on y songe ? La fabrique locale, mais où se situe le local parce que pour certains local, l’Espagne c’est local, pour d’autres dès qu’on sort de la frontière belge c’est déjà plus local. Tu vois, il y a plein de nuances comme ça où j’ai envie un peu de te questionner finalement pour bien comprendre ton projet.

Bruno Van Steenberghe: [00:21:24] Le local c’est essentiel comme question, mais il faut bien faire la distinction du secteur d’activité (Michel  : Voilà). Si je fais un petit rapport par rapport à l’alimentaire, si on achète des pommes, ça n’a aucun sens d’aller acheter des pommes qui sont apportées d’Afrique du Sud (Michel : On est d’accord). Si on achète du jus de pomme, ça n’a aucun sens d’acheter du jus de pomme qui vient du Chili.

Michel Godart: [00:21:41] Par contre, la fève de cacao la cultive. En Belgique, ça va être chaud.

Bruno Van Steenberghe: [00:21:43] Exactement, mais le coton c’est la même chose (Michel : Voilà), en fait, avec le coton, le coton n’est pas une fibre cultivée en Europe et donc c’est logique de produire proche d’où vient le coton. Alors maintenant, après il y a encore des nuances aussi en fonction des produits et la place qu’ils vont prendre dans les transports d’accord ? Alors nous on a fait des études CO2, donc sur chaque produit sur notre échoppe on communique l’empreinte écologique des produits par rapport à un produit conventionnel.

Michel Godart: [00:22:06] Parce que absente, elle ne peut pas être absente. Il y aura toujours un impact.

Bruno Van Steenberghe: [00:22:08] Il y aura toujours un impact, bien entendu (Michel : Ne soyons pas hypocrites). On ne sait pas produire sans impact. Voilà, maintenant, l’idée c’est d’avoir un impact le plus limité possible, le plus contrôlé et de pouvoir faire un choix en connaissance de cause. Mais si je prends un simple exemple, produire du linge de lit en Inde par rapport à produire du linge de lit au Portugal, qui est aussi un producteur de linge de lit. Quand on produit en Inde, on transporte les draps finis, très compact, dans un container jusqu’à Anvers. Si on produit notre linge de lit au Portugal, on va transporter du fil ou du tissu vers le Portugal, qui vont prendre beaucoup plus de place que les produits finis, qui vont avoir le même impact que les produits finis d’Inde qui va venir jusqu’à Anvers. Mais après on a un camion qui va traverser l’Europe, le Portugal, qui va avoir un impact 3,4 fois plus élevé en CO2 que le container sur un bateau. Donc il faut pouvoir relativiser tout ça. Et donc en fait, le local dans le textile n’a pas toujours du sens. Ce qui est important c’est d’être local par rapport à la matière première. Il y a certaines exceptions, par exemple du linge de bain, des essuies, ça prend énormément de place, il y a beaucoup d’air à cause des bouclettes. Donc là, transporter un container d’essuies depuis l’Asie vers l’Europe n’aurait pas de sens. Et donc là par contre il y a du sens à produire ça en Europe. Donc ça dépend vraiment des produits, ça dépend des matières.

Michel Godart: [00:23:14] Tu as dit donc dans les étapes tu as identifié le problème, tu t’es dit on va enlever les intermédiaires, on va commencer à essayer de produire local et de voir un peu ce qui est plus cohérent en termes de coûts, impact du carbone, est-ce qu’on choisit de plutôt favoriser un import par bateau ou par camion, et cetera… Jusqu’où ont été les autres étapes ? Quelles sont les autres étapes ?

Bruno Van Steenberghe: [00:23:30] On travaille exclusivement avec du coton bio, donc déjà le coton bio par rapport au coton conventionnel a une économie d’impact énorme. Il faut savoir que la culture de coton conventionnel fait partie des cultures les plus consommatrices de pesticides. Les statistiques parlent, en fonction des sources, entre 15 et 25 % des pesticides du monde sont utilisés pour la culture du coton. Alors que quand on a du coton bio certifié, c’est important d’être certifié (Michel : On va en parler d’ailleurs, oui) que la marque se certifie. L’utilisation de produits chimiques, d’intrants chimiques est interdite, que ce soit pour des engrais, que ce soit pour des pesticides ou que ce soit pour des défoliant. Donc là on a une énorme économie de produits chimiques qui ne sont pas mis dans l’environnement. Deuxième chose, c’est l’eau, la gestion de l’eau.

Michel Godart: [00:24:07] Je, j’allais te poser la question, ouais.

Bruno Van Steenberghe: [00:24:09] Le coton conventionnel aussi, traditionnellement, statistiquement, à travers le monde est énormément consommateur d’eau douce pour l’irriguer. Il faut savoir que le coton bio, à priori c’est la même plante, donc si on la plante au même endroit, elle peut avoir le même impact. Sauf que pour pouvoir être certifié, il y a une notion de gestion en bon père de famille de l’eau, l’irrigation intensive est interdite. D’autre part, le coton bio, traditionnellement, est cultivé dans des endroits qui sont naturellement irriguées par les pluies et n’ont pas besoin spécialement d’une irrigation par l’homme.

Michel Godart: [00:24:39] Ça, ça fait déjà une énorme différence. Alors on parlait des labels, on va en parler justement parce qu’il y a des labels qui sont plus controversés et d’autres moins. Notamment, on dit « Oui, mais parfois il y a un label bio, mais il ne tient pas compte du côté fairplay. Ne pas faire travailler les enfants dans des usines polluantes ou qui sont toxiques pour leur santé, ou simplement faire travailler des enfants, déjà », voilà, tu as aussi réfléchi à ces aspects-là ? 

Bruno Van Steenberghe: [00:24:58] Bien entendu. Alors au niveau du coton bio, il n’existe que deux standards dans le monde. Il y a Gots : G.O.T.S qui est un standard international géré en Allemagne et OCS Organic Coton Standard, qui est aussi un standard international mais qui est géré aux Etats-Unis. Dans les deux cas, le coton est cultivé de façon bio sans OGM et sans intrants chimiques, et la traçabilité est garantie de façon complète depuis le champ de coton jusqu’à la marque et donc sa distribution. Mais chez Kalani, on a pris le choix de nous certifier Gots, GOTS, qui est la notification la plus stricte et qui, en plus des éléments de base, intègre une certification des conditions sociales à toutes les étapes de production et également certifie le produit fini. C’est à dire que même pour pouvoir transformer la fibre en fil, en tissus et en produit fini, on ne peut pas utiliser de teinture ou de produits dangereux pour l’environnement, pour les utilisateurs ou pour les ouvriers de production.

Michel Godart: [00:25:50] Par rapport à tout ce qui est e-Shop, server, est-ce que vous vous renseignez aussi sur un fournisseur qui soit écoresponsable?

Bruno Van Steenberghe: [00:25:56] Tout à fait. Donc on travaille avec un data center qui utilise de l’énergie renouvelable. Nous utilisons aussi notre énergie renouvelable. On est certifié carbone neutral companies, donc on fait l’analyse (Michel : Wouaw). On a beau être une petite entreprise, on essaye vraiment de faire les choses le mieux qu’on peut. C’est certainement pas parfait, il y a encore plein de choses à améliorer. Le développement durable, c’est un voyage, donc ce n’est pas quelque chose qu’on peut dire à un moment donné « C’est bon, tout ce qu’on fait est parfait ». Il faut en permanence s’améliorer, rechercher des solutions et essayer de faire tout le temps les choses le mieux possible.

Michel Godart: [00:26:22] Alors tu l’as vu hein, même ici chez transforma, il y a des compagnies qui ont le même secteur d’activité que toi, avec un aspect « éco ». J’imagine la concurrence devient de plus en plus grande sur ce secteur, même en éco responsabilité puisqu’il y a une prise de conscience qui est grandissante, tant mieux, on ne peut que l’applaudir et le féliciter. Du coup, j’ai envie de te demander comment tu te distingues peut-être : des entreprises classiques, mais ça, je pense que ça, on a déjà répondu à la question et c’est une belle distinction que j’honore. Mais comment tu te distingues parfois d’autres producteurs ? Quel que soit le produit, ça peut sortir des draps de lit, ça peut être des t-shirt, ça peut être des textiles classiques. Comment tu te distingues de ces gens qui ont aussi une approche parfois qui se prétend, à titre à tort, éco-responsable?

Bruno Van Steenberghe: [00:26:58] C’est une très bonne question. Alors en Europe, je pense qu’on est que deux ou trois marques, vraiment avec une démarche de développement durable fiable. La majorité des autres sont en fait des entreprises qui fonctionnent de façon très traditionnelle et qui jouent sur une espèce de vague d’écoresponsabilité en utilisant malheureusement énormément de greenwashing. On met en avant par exemple (Michel : Ca tu le ressens vraiment ?) Énormément, on dit que c’est made in France alors du coup c’est éco responsable, non. Parce que si le « Made in France » c’est que la dernière étape et que la marque ne sait même pas d’où vient son coton, d’où vient son fil, d’où vient son tissu, qui les a produits ? S’il n’y a pas eu des enfants, quels produits ont été utilisés ? Et cetera. Là, voilà, malheureusement le greenwashing dans le textile existe aussi.

Michel Godart: [00:27:36] Et le moyen de l’éliminer c’est d’être authentique finalement et d’être transparent.

Bruno Van Steenberghe: [00:27:39] D’être authentique, d’être transparent, exactement, c’est d’être certifié et certifié les standards les plus stricts des certifiés soi-même. Pas seulement dire on travaille des fournisseurs certifiés, voilà. Donc avec Kalani on est, on a des éléments qui nous distingue aussi, qui je pense font la différence pour les gens qui se renseignent un peu et qui vont aussi sur les pages de contenu du site et pas seulement sur les pages de produits achetés. On est un cas un peu unique, Kalani, on a, on fait partie d’une petite coalition de petites et moyennes marques du monde. Il y a quelques européennes, quelques américaines, quelques japonaises et quelques australiennes. Et tous ensemble, on achète 100 % de la production de coton bio d’une coopérative « best practices » en Inde. Et donc on achète notre coton directement à la coopérative et pas seulement à produit fini à un fabricant. Donc on est appliqué,  et depuis on sait exactement d’où ça vient, on a une traçabilité complète et on collabore avec eux. Donc quand ils n’arrivent pas à avoir les micro-crédits sur place que pour pouvoir financer les graines de coton bio non-OGM, on préfinancer 18 mois à l’avance les graines pour les 10 000 fermiers qui font partie de la coopérative. On fait du devoir de vigilance avant même que le mot ne sorte dans la presse maintenant depuis deux ou trois ans, on faisait du devoir de vigilance de façon instinctive. Alors peut-être pas de façon tout à fait formalisée, depuis 2016, maintenant on le fait de façon formalisée.

Michel Godart: [00:28:48] Tu peux illustrer par un exemple pour les auditeurs qui ne connaissent pas le concept. 

Bruno Van Steenberghe: [00:28:50] Tout à fait. Alors le devoir de vigilance c’est un concept qui arrive de façon très importante puisque l’Europe a décidé le 28 février 2022, de légiférer sur le devoir de vigilance et de le rendre obligatoire pour toutes les grandes entreprises. Et ça deviendra probablement obligatoire pour les PME et toutes les entreprises d’ici quelques années, je suis un grand militant de ça, et nous on anticipe. Et le devoir de vigilance, c’est faire de l’analyse de risques de la supply chain de façon à pouvoir identifier les risques potentiels, mettre en place des outils et des systèmes que pour que ces risques n’arrivent pas et essayer d’avoir une supply chain la plus éthique et la plus écologique possible.

Michel Godart: [00:29:23] Pour revenir à la distinction de l’entreprise, il y a aussi un point qu’on va re souligner, c’est que vous visez quand même des produits de qualité supérieure. Ça, c’est aussi quelque chose qui vous distingue peut être de Monsieur Tout le monde qui va lancer son entreprise éco responsable dans le secteur.

Bruno Van Steenberghe: [00:29:34] Tout à fait, voilà. Donc ici avec Kalani, pour nous ça fait partie de la durabilité, c’est à dire que si on propose des produits qui ne sont pas de fast living, on veut des produits de qualité que les gens vont garder longtemps. Et le but, même si on est évidemment contents de revendre une deuxième paire à quelqu’un. Mais le but, c’est qu’il la garde longtemps, le plus longtemps possible et qui ne revienne pas la remplacer trop vite parce qu’il a besoin d’avoir une qualité durable qui va garder longtemps.

Michel Godart: [00:29:55] Je voulais qu’on clarifie ça parce que parfois, tu sais, quand tu dis « Ouais, on fait de la marque, de la qualité », les gens pensent que c’est du snobisme ou qu’on veut écarter une partie de la population. Ben non, en fait ça a, dans ton activité, une totale cohérence puisqu’il s’agit en fait de faire vivre longtemps et puis favoriser la revente en seconde main qui va aussi participer au cycle de durabilité du produit. Et moi j’ai juste envie d’applaudir ça des deux mains, c’est génial (Bruno Van Steenberghe : Merci). Alors il y a j’imagine aussi, dernière question pour toi, un côté « research and development » pour améliorer l’entreprise, et ton fonctionnement, et trouver des nouveaux produits, des nouveaux design. Est-ce que le côté « Research and Development » implique aussi : comment est-ce que demain je peux rendre mes transports plus écologiques ? Est-ce que je peux encore améliorer ce qui est déjà très bien ?

Bruno Van Steenberghe: [00:30:33] Bien entendu, évidemment. Donc on travaille déjà, donc si on fait un import, on fait attention de travailler avec des bateaux qui polluent beaucoup moins et ça existe. Aujourd’hui, il y a quand même les nouvelles flottes de bateaux polluent beaucoup moins. Pour les transports ventes, on fait attention aussi que les transporteurs avec lesquels on travaille. L’offre n’est pas encore tout à fait disponible mais il faut savoir que contrairement à ce qu’on pense, le commerce n’est pas spécialement plus polluant que le commerce traditionnel. Alors oui, si on regarde un point de vue global et mondial, quand on achète sur Alibaba.com ou sur Amazon, évidemment… 

Michel Godart: [00:31:02] Ce n’est pas le meilleur exemple !

Bruno Van Steenberghe: [00:31:03] Un petit colis traverse le monde entier, ça a un impact polluant énorme. Mais quand on est local et qu’on vend principalement en Benelux, dans les pays limitrophes. En fait, quand une camionnette va livrer des colis dans une commune et fait toutes les maisons de la même commune, c’est beaucoup moins polluant que chaque personne qui prend sa voiture le samedi pour aller à Bruxelles dans un centre commercial et faire ses courses et acheter ses produits.

Michel Godart: [00:31:26] Pour une touche positive. Tu as rejoint Kaya, Est-ce que tu peux nous dire ce qui t’a motivé à devenir membre de Kaya ?

Bruno Van Steenberghe: [00:31:32] Oui, bien entendu. Donc on est devenu membre d’abord de Écopreneur qui a fusionné avec Kaya (Michel : Voilà). Donc on est membre depuis 2020.

Michel Godart: [00:31:39] Vous êtes parmi les anciens membres !

Bruno Van Steenberghe: [00:31:41] Pas tout à fait au début, mais quand même déjà depuis un certain temps. Ben pour nous, c’était une évidence. Je pense qu’on était déjà écopreneur avant de savoir que le mot existait, parce que ça fait partie de notre ADN et de ce qu’on voulait faire avec Kalani. Voilà, c’est important de pouvoir soutenir un plaidoyer ensemble pour aussi faire évoluer les mentalités des consommateurs et aussi les directives et les législations des autorités.

Michel Godart: [00:32:03] En plus ça génère une certaine fierté de faire partie d’un tel mouvement, d’une telle vague positive et bienveillante (Bruno Van Steenberghe : Bien entendu !) dans l’approche. Je vais te demander de nous donner l’adresse d’un site internet où les gens, j’imagine que sur ton site tu expliques tout ça aussi. Donc si les auditeurs auditrices ont encore des questions et pas de réponses sur certaines questions, qu’ils puissent aller se documenter ou se renseigner ou te contacter même. 

Bruno Van Steenberghe: [00:32:20] Bien entendu, donc le site internet de Kalani c’est kalani tiret home .com, donc k.a.l.a.n.i tiret home, home comme une maison.

Michel Godart: [00:32:27] Parfait. Alors moi j’ai envie de souligner aussi un autre aspect qui est le côté humain. Et j’ai envie de dire que ce qui est chouette aussi quand on porte un projet comme ça, avec toute son âme et tout son cœur, et certainement qu’on a fait une recherche de sens comme tu l’as fait après un burnout. Ce qui est chouette aussi, c’est d’avoir le retour des gens qui vous disent et c’est quoi ? Bravo! Je vais peut-être pas acheté tout de suite chez toi mais franchement bravo! Un encouragement, un merci! Eh bien c’est possible de le faire. On a dans le texte de ce podcast un lien qu’on va ajouter qui est un lien vers un répondeur vocal. Et donc les gens ils vont cliquer sur ce lien, ils vont arriver sur le navigateur qui va dire « Autorisez-vous à utiliser votre micro », dites oui, vous pouvez appuyer sur un bouton « Enregistrer », vous parlez, ils peuvent te laisser un message. Te dire bravo Bruno, ou poser une question, ou soumettre un commentaire. Et à la fin, il termine par « Oui, j’autorise qu’on utilise ma voix » ou non et ceux qui diront « oui, j’autorise qu’on utilise ma voix » et bien, on pourra prendre le lien de leur message vocal et le partager sur les réseaux en commentaire de ce podcast. On pourra te l’envoyer et tu pourras répondre plus tard. On peut te réinviter au micro, ou tu peux répondre sur ton site, il y aura plein de solutions ou en commentaire également sur le post des réseaux sociaux, voilà. C’est une opportunité qu’on vous offre parce que je pense que ce genre de démarche, il faut aussi la féliciter de vive voix, et dans un podcast ce serait logique de le faire, voilà. Je vous remercie beaucoup pour votre attention, allez sur le site internet et n’hésitez pas à nous donner aussi vos retours et à bientôt pour de prochaines aventures podcast. Abonnez-vous !

Bruno Van Steenberghe: [00:33:38] Merci Michel.

Jingle Outro: [00:33:41] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:33:44] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground » et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story be ».

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