Fouad Semlali – Le métier de coach est mort…

Fouad Semlali - Le métier de coach est mort… RIP coach
 

Fouad Semlali – Le métier de coach est mort… RIP coach. Ou a-t-il simplement changé de peau? Podcast #527 hrmeetup.©

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Dans cette deuxième interview, Fouad Semlali bouscule les idées reçues :

« Aujourd’hui, je dirais plutôt que le coaching n’est même plus un métier… c’est une attitude ! »

Ce moment, je m’en souviens : un silence s’installe, puis un léger sourire.  Fouad parle avec l’expérience de celles et ceux qui ont vécu l’entreprise de l’intérieur, avec ses défis, ses contradictions… et ses éclats de lumière.

Nous l’avons invité à réagir à quelques observations sur le monde du travail : quête de sens, nouvelles générations, équilibre vie privée/vie pro… Les réponses ne laissent pas indifférent·e.

Et vous ? Coach, RH, dirigeant·e… comment voyez-vous l’avenir de votre rôle ? 

Quels défis vous semblent incontournables dans les années à venir ?

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Néerlandais : De volledige transcriptie van deze podcast is beschikbaar als ondertiteling van de video in vijf talen: Frans, Nederlands, Duits, Engels en Spaans.
Allemand : Die vollständige Transkription dieses Podcasts ist als Untertitel des Videos in fünf Sprachen verfügbar: Französisch, Niederländisch, Deutsch, Englisch und Spanisch.
Anglais : The full transcript of this podcast is available as video subtitles in five languages: French, Dutch, German, English, and Spanish.
Espagnol : La transcripción completa de este pódcast está disponible como subtítulos del vídeo en cinco idiomas: francés, neerlandais, allemand, anglais et espagnol

Séquençage du podcast avec Fouad Semlali:

  • [00:00:01] Introduction et contexte
  • [00:01:05] Du rêve d’ado à aujourd’hui, aligné·e?
  • [00:02:03] Apporter plus de conscience à ce que l’on vit
  • [00:03:42] Les histoires que l’on se raconte
  • [00:04:37] Une orientation spécifique dans le cursus?
  • [00:06:39] Le coaching, référence au premier podcast
  • [00:07:11] Une certification de coach?
  • [00:07:25] Inspirations, « Jung Forever »
  • [00:07:39] De nouveaux outils?
  • [00:08:34] Être aligné·e avec sa mission de vie
  • [00:10:02] Vie privée vs vie professionnelle: utopie?
  • [00:12:18] Des valeurs, et en pratique?
  • [00:12:39] La culture du blâme dans la nouvelle génération
  • [00:13:42] L’exemple, c’est nous
  • [00:14:29] L’instantanéité en focus
  • [00:15:02] Se permettre de rêver
  • [00:15:43] Les frustrations au travail
  • [00:17:17] Le parcours avec Fouad
  • [00:18:00] L’intention
  • [00:18:26] La frontière entre le·la coach et le·la thérapeute
  • [00:19:45] La durée d’un parcours avec Fouad
  • [00:20:21] Des objectifs réalistes
  • [00:20:59] KPI
  • [00:22:43] Pérenniser les changements
  • [00:23:13] Dans un pays multilingue, un·e coach multilingue
  • [00:24:10] En présentiel ou à distance
  • [00:25:26] Comment définir un·e bon·ne RH
  • [00:27:05] L’effet Waouh?
  • [00:28:21] Un message aux patron·ne·s, DRH, leaders?
  • [00:28:41] Clôture de l’épisode

La transcription du podcast:

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Jingle Intro: [00:00:00] Your are listening to « The Podcast Factory Org ».

Michel: [00:00:01] Bienvenue pour un nouvel épisode hrmeetup.©, votre podcast sur les passions au travail et les ressources humaines. Et aujourd’hui, c’est un petit cocorico qui m’enthousiasme, c’est que je reçois quelqu’un qui est venu à notre micro en 2014, si je ne me trompe, qui est Fouad Semlali. Bonjour Fouad!

Fouad Semlali: [00:00:17] Salut Michel, merci, c’est super sympa de te revoir.

Michel: [00:00:20] Je vais situer le contexte rapidement. Je suis allé dans une soirée « BNI » pour découvrir le réseau que je connaissais de réputation, j’avais participé une fois il y a très longtemps mais je n’étais pas dans l’entrepreneuriat donc maintenant ça m’intéressait plus. Et on s’est retrouvé là-bas, et on s’est dit « Mais, ça me rappelle le podcast qu’on a fait ensemble ». Je l’ai repartagé sur LinkedIn d’ailleurs récemment, tu parlais de coaching.

Fouad Semlali: [00:00:35] Oui, tout à fait. Et comme on dit, il n’y a pas de hasard en fait, il n’y a que des rencontres.

Michel: [00:00:39] Moi j’appelle ça des radars de l’âme, on s’attire au moment où on a peut-être besoin de s’attirer et de se voir.

Fouad Semlali: [00:00:42] Exactement, exactement.

Michel: [00:00:44] Donc ça m’a fait très plaisir de te revoir et je me suis dit « Tu sais quoi Fouad? Ça fait dix ans. Et si on remettait le couvert? Si on faisait un podcast et sans un petit bilan de situation? ». D’autant plus qu’à l’époque où tu es venu, on n’avait pas encore structuré mes interviews de la même façon, donc ici j’ai un petit schéma et je te propose qu’on suive comme si c’était un premier podcast. Parce que entre 2014 et aujourd’hui, il y a quand même dix ans qui sont écoulés, donc il y a beaucoup de choses nouvelles alors autant refaire à zéro (Fouad Semlali: Oui) ça te va?

Fouad Semlali: [00:01:04] Tout à fait, je suis partant.

Michel: [00:01:05] De ton rêve d’adolescent à ce jour, que s’est-il passé? Et le but de la question c’est de savoir: « Est-ce que Fouad, finalement tu es aligné avec ton rêve d’ado aujourd’hui? »

Fouad Semlali: [00:01:13] Non mais c’est même plus loin parce que c’est même pas un rêve d’ado, c’est un rêve d’enfant. Et en fait, quand j’étais enfant, je voulais être docteur, je voulais être médecin, je voulais prendre soin des gens en fait. J’aimais bien justement cet aspect: aussi attiré par des personnes sur lequel on porte le moins d’attention, souvent ce qu’on appelle les gens un peu bizarres, les gens qui ne sont pas dans le rang en fait, qui ne sont pas dans un espèce de cliché ou un espèce de stéréotype, j’ai souvent été attiré par ces personnes-là (Michel Godart: La preuve). Et ce qui l’a renforcé aussi, oui tout à fait, et c’est pour ça qu’on se retrouve… La preuve c’est que, quand j’avais des contacts avec ces personnes-là, ça s’est renforcé, j’avais plus envie en fait d’apprendre à les connaître. Parce que comme ils avaient peu de personnes qui s’intéressaient, moi il m’intéressaient ces personnes. Et moins celles qui étaient donc dans les spotlights, et donc ceux qui étaient bien habillés ou qui en projetaient, qui projetaient des choses positives, pour moi c’était plutôt aller vers ce genre de personnes. Puis plus tard ça a évolué parce que j’ai eu à un moment une forme de déception aussi par rapport aux contacts qu’on peut avoir avec certaines personnes, c’est qu’on n’a pas forcément le retour.

Michel: [00:02:03] Qu’est-ce que tu appelles le retour?

Fouad Semlali: [00:02:04] Quand je dis le retour, et ça c’est un peu un fil rouge dans ma vie, j’aime bien donner (Michel Godart: Mm), j’aime bien donner. Et quand tu aimes donner, il est important aussi que la personne en face puisse le réceptionner (Michel Godart: Oui), pour ensuite donner et toi aussi tu réceptionne. Et pour moi ça crée un cercle vertueux (Michel Godart: Absolument). Comme j’étais un peu frustré en ce moment-là, je me suis dit « Mais pourquoi ne pas non plus m’occuper des animaux? ». Et donc mon rêve a évolué et je me suis dit « Tiens, je voudrais le vétérinaire ». Et aujourd’hui le métier que je fais, c’est même pas un métier, je parle même plus de métier, je parle des activités en fait, ce que je vis aujourd’hui (Michel Godart: Ce qui te passionne), et ce qui me passionne a toujours très autour de la curiosité, de l’humain et même des animaux (Michel Godart: Wouah). Mais oui, en fait nous sommes des bêtes d’émotions, et quand je dis bêtes d’émotions, c’est parce que les émotions, on les vit de manière très différente d’une personne à une autre. Et bête, parce qu’il y a aussi un peu ce côté bestial, on se laisse submerger par des émotions, que ça soit positives ou que ça soit moins positif. Mais l’être humain, et même les animaux, il suffit de parler avec certaines personnes… Encore il n’y a pas longtemps, quelqu’un me dit « Mon chat est plus important que mes enfants », c’est touchant. Et quand je pose la question « Mais pourquoi? » « Ben il y a de la présence ». Et en fait je crois que c’est le lien, c’est ça en fait, c’est la présence, tout ce qui peut développer de la présence, tout ce qui peut amener de la présence.

Michel: [00:03:18] C’est marrant que tu dises ça, parce que juste avant ce podcast, j’ai enregistré un podcast avec Katrien Dosogne qui est une coach spécialisée en théorie polyvagale. Et elle expliquait qu’en fait, notre nerf vague il a un rôle avant même notre pensée aussi, on est en train de conclure cet épisode en se disant « Ben tiens, finalement, on a tendance à trop oublier que nous sommes nous-même des animaux ».

Fouad Semlali: [00:03:35] Tout à fait, tout à fait.

Michel: [00:03:37] Ça rejoint ce que tu dis.

Fouad Semlali: [00:03:38] Tout à fait. En fait, la différence je pense c’est: apporter plus de conscience à ce qu’on vit et comment on le vit.

Michel: [00:03:42] Ou des histoires qu’on se raconte. Parce qu’on dit qu’on est humains, mais quand on regarde ce qu’on fait, je crois que l’animal est beaucoup plus humain que l’humain.

Fouad Semlali: [00:03:48] C’est pour ça que je parle de conscience. En fait, il n’y a pas forcément de bonnes ou de mauvaises actions, là j’ai l’impression un peu de parler comme Édouard Baer, pour ceux qui ont la ref. Mais c’est vrai que, la présence, la présence est importante, la conscience est importante, mais c’est difficile d’être présent si on n’a pas de conscience. Donc quand je dis qu’il n’y a pas de mauvaises ou de bonnes actions, c’est: on peut émettre, commettre une mauvaise action entre guillemets, donc qui peut être perçue comme mauvaise, si on le fait en conscience. Pour moi, la plus de valeur que si on la répète de manière inconsciente. Parce qu’on peut porter préjudice aux autres, tout en d’abord, en portant préjudice à soi-même

Michel: [00:04:22] Sans même prendre le temps de faire une réflexion.

Fouad Semlali: [00:04:23] Exactement (Michel Godart: Ouais). Et donc là je rebondis sur ça, en fait tu parles de se mentir à soi-même. (Michel Godart: Exact, exact), et on le fait constamment.

Michel: [00:04:29] Ouais, tous les jours, tout le monde. Et regarde les réseaux sociaux ça crève l’œil (Fouad Semlali: Exactement), ça crève la lecture.

Fouad Semlali: [00:04:35] Et l’accepter c’est déjà un pas.

Michel: [00:04:37] Pas mal. Tu as fait un choix spécifique par rapport à cette envie que tu avais, déjà très jeune, de t’occuper de l’humain?

Fouad Semlali: [00:04:42] Eh bien non (Michel Godart: Non), eh bien non (Michel Godart: Ça n’a pas guidé tes études?), non, j’ai erré pendant les études. Il m’a fallu du temps avant de comprendre que c’était difficile pour moi de rester assis sur un banc et d’écouter, c’était difficile. Susciter l’attention aussi, il y avait certains cours, je me rappelle en secondaire, on était au fond de la classe, et je discutais avec un de mes potes: on discutait les sujets des cours. Mais on aimait bien aller un peu plus en profondeur, de parler de différents aspects, surtout, surtout quand on parlait de géopolitique, de géographie, de politique, d’économie, ce sont des sujets qui m’ont toujours passionné, on a pu échanger. Mais c’est vrai que susciter l’intérêt et éveiller la vocation chez les gens à l’école, c’est encore quelque chose sur lequel je reste assez critique. Et donc je n’ai pas choisi ce type d’études-là. Pourquoi? Je suis fils d’immigré et comme beaucoup certainement vont se reconnaître, nos parents, quand on est fils d’immigrés, ils souhaitent que nous allons vers des métiers qui soient plus porteurs ou des fois avec certains clichés. Évidemment, ils veulent tous qu’on soit avocat, qu’on soit médecin, qu’on soit grand scientifique, grand général dans l’armée par exemple. Et donc on doit trouver un équilibre entre les deux, en fait dans l’objectif de dire « Il me faut un travail qui me paye suffisamment et qui permet de subvenir à mes besoins ». Aujourd’hui, on est clairement dans une société, bon, on va dire, dans une société entre guillemets « développée ». Ok, on a ce qu’on veut, entre guillemets, on a au niveau matériel, mais on veut aussi avoir la recherche du sens (Michel Godart: Ouais). Et c’est là, à un moment ou un autre, quand ça s’éveille, on se dit « Oui mais, le sens et l’action sont différentes ». Quand mon père a décidé d’émigrer, et de venir d’abord en France et puis ensuite en Belgique, c’est pour donner une vie meilleure. Ben, moi aussi aujourd’hui j’ai envie de donner une vie meilleure

Michel: [00:06:09] Ouais, clairement.

Fouad Semlali: [00:06:09] Mais les actions seront différentes.

Michel: [00:06:11] Parce que l’histoire est déjà différente aussi

Fouad Semlali: [00:06:12] Parce que l’histoire est différente. Mais maintenant on peut le voir, par exemple, on voit Bruxelles, on a beaucoup de gens qui travaillent à la STIB, ben ce sont les enfants de personnes qui ont travaillé là avant et qui sont aussi peut-être les enfants de la première génération de gens qui sont venus travailler à la STIB. Et donc il y a une forme de loyauté derrière. Il y en a qui peuvent être complètement alignés par rapport à ça, maintenant je pense que l’exercice aussi et les générations à venir sont en train de prendre conscience de tout ça, c’est de dire « Comment je peux acter de manière positive, tout en étant aligné avec le sens que j’ai envie de donner à ma vie ».

Michel: [00:06:39] Tu avais choisi la voie du coaching.

Fouad Semlali: [00:06:41] Oui, exactement.

Michel: [00:06:42] Coaching qui est un mot galvaudé (Fouad Semlali: Tout à fait), il y en a beaucoup (Fouad Semlali: Tout à fait). Alors je rassure souvent les gens qui viennent à mon micro: il y en aura qu’un qui vous convient à vous, c’est une question de feeling avant tout.

Fouad Semlali: [00:06:49] Oui, tout à fait. Et je dirais même aujourd’hui, je dirais plutôt que le coaching n’est même plus un métier, c’est une attitude!

Michel: [00:06:54] Ça c’est beau!

Fouad Semlali: [00:06:55] C’est une attitude. Quand on réfléchit aussi, à un moment, bon il y a certaines personnes, quand j’ai fait cette réorientation, ils comprenaient pas très bien non plus en se disant « Mais attends Fouad, tu as quand même fait quand même pas mal de boulot qui sont différents par rapport à ce que tu fais aujourd’hui, on sent cette différence. Qu’est-ce qui a fait? Qu’est-ce qui a fait que tu passes le pas? ». Mais moi c’est le sens!

Michel: [00:07:11] Ouais. c’est ça, c’était une recherche de sens, tu l’avais dit (Fouad Semlali: C’est une recherche de sens, exactement),ouais, ouais. Tu t’es fait certifier coach? (Fouad Semlali: Oui, tout à fait), Voilà. Et puis tu t’es intéressé à la PNL.

Fouad Semlali: [00:07:19] Je me suis intéressé à la PNL, donc la programmation neurolinguistique. Et puis de là, évidemment de fil en aiguille aussi, je me suis intéressé à l’hypnose Ericksonienne.

Michel: [00:07:25] Tu en parlais dans ton premier épisode déjà

Fouad Semlali: [00:07:27] Oui, tout à fait. Et donc je suis resté dans cet esprit-là. Et plutôt suivre un peu, on va dire un peu les travaux de Carl Gustav Jung. Parce qu’évidemment donc dans le domaine (Michel Godart: Dont tu en parlais aussi) de l’humain, oui voilà, on va parler de Freud, on va parler de Jung. Oui, donc ça c’est « Jung Forever », oui

Michel: [00:07:39] Tu en avais parlé. Est-ce que depuis 2014, depuis notre première interview, tu as évolué dans l’apprentissage de nouvelles théories, de nouveaux outils? Parce que j’étais c’est très curieux donc, je sais que tu t’informe toujours sur les dernières tendances en coaching, en accompagnement de l’individu, tu peux nous en parler?

Fouad Semlali: [00:07:52] Mais oui, je me suis fort intéressé jusqu’à quelques années où il y a eu l’apparition de l’intelligence artificielle, et je me suis plutôt intéressé à l’intelligence artificielle aujourd’hui, et sur les nouvelles technologies. Je crois qu’il y a une complémentarité entre les deux, et c’est plutôt sur ces sujets-là. Sinon, sur le reste, tu découvres à un moment ou à un autre que: on ne fait que répéter la même chose depuis des milliers d’années. C’est juste le branding qui est différent, le nom est différent…

Michel: [00:08:14] On réinvente rien!

Fouad Semlali: [00:08:15] Mais on réinvente rien, c’est souvent la même chose, ce sont des angles différents. La PNL est issue de l’hypnose aussi, hypnose Ericksonienne, mais quand on va chercher plus loin, on peut parler par exemple des archétypes de Jung, ben oui on va le retrouver dans certaines approches aujourd’hui. Donc tout ça en fait, c’est juste, j’ai l’impression que ce sont les mêmes ingrédients, mais que ce sont des plats différents.

Michel: [00:08:34] C’est une belle métaphore, j’aime bien. Alors Fouad, ce qui veut dire que tu es toujours coach aujourd’hui, ou plus du tout?

Fouad Semlali: [00:08:39] Je vais dire, je ne suis plus coach, j’exerce le métier de coach.

Michel: [00:08:43] Tu accompagnes toujours l’humain (Fouad Semlali: Voilà, toujours l’humain), tu guides l’humain (Fouad Semlali: Tout à fait) et tu l’accompagnes donc à une recherche de sens?

Fouad Semlali: [00:08:48] Tout à fait, à une recherche de sens. J’aime bien aussi travailler à: aider justement les personnes à clarifier leur vision. Quand je dis clarifier leur vision, on peut faire le lien avec le Why de Simon Sinek qui pour moi est aussi une découverte il y a des années qui a chamboulé ma vie, en me disant « Oui mais c’est vrai, on peut faire des choses, mais en fait c’est le pourquoi on fait ce qu’on fait qui est important ». Et donc je vais accompagner les gens justement à découvrir leur pourquoi, à le redécouvrir, à le retravailler, à prendre conscience aussi de leurs compétences-clés, donc de leurs talents naturels. Parce que je crois que chacun a des talents naturels qui sont différents les uns des autres, et si on arrive à prendre conscience de chacun, on peut améliorer aussi notre collaboration. Et donc aujourd’hui, je me suis plutôt orienté vers le monde business, comme on aime le dire, du business coaching, même si je n’aime pas trop ce terme. Pour moi, il y a des valeurs ajoutées dans la vie, et il y a une valeur ajoutée économique, et cette valeur ajoutée économique ne peut pas exister s’il n’y a pas de développement qui se fait par les dirigeants et par les collaborateurs. On parle aujourd’hui de durabilité, ben la durabilité ce n’est pas de travailler uniquement pour l’argent, c’est travailler aussi pour un sens.

Michel: [00:09:45] Oui, exactement.

Fouad Semlali: [00:09:46] Être aligné avec sa mission de vie. Et, c’est ça aujourd’hui ma mission, c’est d’accompagner des entrepreneurs, des dirigeants, à prendre conscience de leur vision, de leur pourquoi ou de le clarifier de manière à pouvoir se redéployer. Le monde change et le monde change très, très, vite (Michel Godart: Plus vite qu’on le pense en tous cas), et l’ancrage devient très, très, très important.

Michel: [00:10:02] Ouais, clairement. Ça réveille toujours chez moi pour l’instant, quand on parle d’accompagner en entreprise, tu vois il y a des approches différentes avec différents noms, comme l’agile et autres, et puis tout d’un coup t’as sur les réseaux « Agile is dead ». Ok, moi je pense qu’il y a beaucoup de choses qui sont belles au départ, qu’on accueille avec les bras ouverts et beaucoup d’enthousiasme, et puis on se rend compte que ben parfois ça ne marche pas aussi bien qu’on le souhaite parce que quelque part il y a encore ce fichu humain derrière tu vois? On essaye toujours, j’ai l’impression, de venir dans l’entreprise, d’aller vers le bas, mais on fait deux choses qui sont des problèmes à mes yeux: c’est qu’on sépare vie privée, vie professionnelle. Or elles ont un lien, la preuve le burnout, tu le ramène chez toi ou tes stress chez toi, on le ramènes au travail et tu es moins productif. Et puis la deuxième partie c’est que: il est urgent qu’on comprenne que c’est l’individu dans sa cellule unique et dans sa famille qu’on doit d’abord rendre heureux, chez lui, dans sa maison, dans son privé, pour qu’il vienne heureux déjà au travail. Avec un contrat social réinventé où il y a du respect, de l’amour et de l’égalité pour tous. Et là, alors à ce moment-là, on est prêt à écouter les messages de l’entreprise qui te dit « On va changer la culture d’entreprise ». Mais si t’arrives en entreprise avec un divorce sur le dos, ou des pensées toxiques parce que ta famille n’est pas heureuse, tes enfants sont pas heureux, qu’ils soient harcelés à l’école ou quelque chose qu’ils ne vont pas, est-ce que tu es vraiment réceptif à entendre les messages, quels qu’ils soient, s’ils sont positifs, d’un coach en entreprise, tu vois? C’est un peu le débat que ça mène chez moi quand j’entends ce genre de choses (Fouad Semlali: Oui). Tu es confronté à ça, tu réfléchis à ça parfois?

Fouad Semlali: [00:11:15] Oui, tout à fait parce que, c’est quand même intéressant, ces derniers temps je suis de plus en plus confronté à ça. On se retrouve dans une situation sociale et économique qui peut paraître très difficile pour certaines personnes. Et donc on revient à: produire de l’argent, produire de l’argent, de la performance, de l’efficacité. Et donc on va faire des raccourcis (Michel Godart: Exact). En disant « On n’a pas le temps de gens qui soient malades, de les accompagner, ça ne va pas. On va les remplacer. Ou on va les coacher, on va appeler quelqu’un pour les coacher et pour qu’ils se positionnent fermement ». Mais on oublie que, il y a des personnes qui travaillent dans des organisations, et pas forcément consciemment, mais ils sont là pour une mission, il y a quelque chose qui leur fait plaisir derrière, il y a une projection positive. Ça peut être « Je vais travailler, j’ai ce boulot, ça me permettra, moi, de donner plus de confort à ma famille ». Mais c’est aussi un confort personnel, pour certains, en se disant « Je vais pouvoir évoluer. Je sais que si je travaille pour telle ou telle société, elle à la super bonne presse, il y a pas mal de moyens qui sont mis en avant, et donc je vais le faire ». Et ça on retrouve surtout dans des grandes sociétés de management, les fameux entre guillemets « Big Ford » (Michel Godart: Ouais) où ça s’est fort présent.

Michel: [00:12:18] Oui tout à fait. Et où les valeurs qu’on annonce ne sont pas toujours des vraies valeurs, c’est ça qu’on aimerait avoir mais qu’on n’a pas en fait!

Fouad Semlali: [00:12:22] Oui. Les valeurs en fait, les valeurs, il n’y a pas que les valeurs, il y a aussi l’orientation personnelle que tu as vis-à-vis des valeurs!

Michel: [00:12:27] Oui puis ce que tu as dit: « faire sens »

Fouad Semlali: [00:12:28] Exactement, et faire sens. Maintenant, tu sais si tu as une valeur de sécurité, tu pourrais faire du mal à quelqu’un d’autre pour ta propre sécurité, donc ta valeur n’est pas remise en question (Michel Godart: Clairement) mais tes actions. Mais là, quel est le sens que tu donnes à ta vie alors?

Michel: [00:12:39] Alors il y a autre chose qu’on constate aussi beaucoup pour l’instant je trouve, c’est la culture du blâme, « Cette nouvelle génération, elle ne s’investit pas, elle ne comprend pas, elle n’est pas prête à faire des heures supplémentaires ». Moi j’ai envie de répondre aux managers qui parlent comme ça « Mais est-ce que tu te rappelles que, ses parents, tu les as peut-être foutu en burnout dans ta boîte et qu’ils l’ont vu, qu’ils ont assisté à ça (Fouad Semlali Mm). Ou qu’ils ont vu qu’on traitait leurs parents comme des numéros? Est-ce que tu crois qu’ils ont envie de faire un copié-collé de ça? ».

Fouad Semlali: [00:13:00] C’est exactement, et c’est marrant que tu en parles, hier j’en discutais avec une personne qui travaille dans la RH et qui me dit « Fouad, tu sais qu’aujourd’hui c’est les cinquante plus qui sont les plus stables dans les entreprises? »

Michel: [00:13:09] Les plus dociles, c’était le bon mot.

Fouad Semlali: [00:13:11] Oui je pense qu’il y a, le mot qui était en dessous c’était ça, c’était qui était docile. Et je lui ai dit « Mais comment? ». Et elle me dit « Ils sont à l’heure, ils n’hésitent pas à faire des heures supplémentaires, ils ne vont pas forcément critiquer ». Et puis évidemment, on passe sur le sujet suivant, qui est les jeunes, en me disant « Mais oui, mais les jeunes sont beaucoup plus critiques ». J’ai dit « Oui j’ai… », et c’est vrai qu’à un moment, aussi, j’ai eu du mal par rapport à ça, jusqu’à se remettre un peu en question de te dire « Mais, tu as raison Michel, c’est vrai que: ils ont observé leurs parents (Michel Godart: Mais l’exemple c’est nous) leurs grands-parents est l’exemple en disant « Mais on est critique, mais on ne veut pas faire ça ».

Michel: [00:13:42] Il y avait un site comme ça, qui s’appelait « L’exemple, c’est nous », tu sais?

Fouad Semlali: [00:13:45] Non je ne connaissais pas.

Michel: [00:13:46] Mais vas voir, ça existe encore, l’exemple c’est nous les gars! (Fouad Semlali: Ok) On l’oublie trop souvent (Fouad Semlali: Oui, oui). En fait on oublie de se regarder, c’est un peu ce que tu disais au début dans ton intro hein? (Fouad Semlali: Oui, tout à fait), on oublie de se questionner sur qui on est, ce qu’on fait. Je crois qu’on est dans une société, tu l’a dit, qui change tellement vite, on est tellement stimulé par les écrans, par les réseaux sociaux, par le stimulus immédiat (Fouad Semlali: Tout à fait). Il nous faut un « Like » sur TikTok tout de suite, tu vois parce que (Fouad Semlali: Exactement). Mais, mais ce qu’on oublie c’est que ce Like il dure 1/1000 de seconde, dans la seconde qui suit la personne t’as oubliée. Par contre, quelqu’un qui va écrire une recommandation parce que tu l’as accompagné en tant que coach sur Google, il a pris dix minutes de sa vie qui est courte, il ne vit qu’une fois, pour te faire un compliment mais ça a 1000 fois plus de poids. Mais tu en auras peut être que deux (Fouad Semlali: Oui) et pas 10 000 like. Mais qu’est ce qui a plus de valeur? 10 000 likes ou la recommandation? (Fouad Semlali: Oui, tout à fait) Tu vois où je veux en venir?

Fouad Semlali: [00:14:25] Oui. Tout à fait, tout à fait. Tu as souligné un point important c’est l’instantanéité.

Michel: [00:14:29] On prend plus le temps (Fouad Semlali: Oui), on prend plus le temps de rien. Et si on prend plus le temps, on prend déjà plus le temps pour qui en premier? Pour soi. Et ça, c’est le premier problème de la société, j’ai envie de dire c’est la première maladie auquel le coach est confronté.

Fouad Semlali: [00:14:39] Tu sais, un jour quelqu’un m’a dit « Remplace le mot temps par vie ».

Michel: [00:14:41] Oui. Ben on ne vit qu’une fois, en plus c’est vrai, le temps que tu perds tu ne peux plus le récupérer (Fouad Semlali: On ne prend pas la vie) Ouais c’est ça (Fouad Semlali: On n’a pas la vie), ouais, on n’a pas la vie qu’on rêve. Et quand les gens sont sur leur lit de mort, les mots qui peuvent revenir parfois c’est: « Je regrette, j’ai pas réaliser mes rêves ». « Mais qu’est ce qui te en a empêché? » (Fouad Semlali: Exactement), qu’est ce qui t’a empêché de réaliser tes rêves? (Fouad Semlali: Exactement) A part toi-même?

Fouad Semlali: [00:14:59] Exactement. Des fois c’est la peur de réussir hein (Michel Godart: Oui). C’est la peur de l’inconnu.

Michel: [00:15:02] Oui, alors, nos biais cognitifs, nos peurs, on en parlait.

Fouad Semlali: [00:15:03] Exactement et, exactement, exactement. Parce que ça rappelle aussi à, bah écoute, après le podcast qu’on avait fait, donc il y a plus de dix ans aujourd’hui, on était plusieurs à s’être associés en se disant « Tiens, on va accompagner des personnes à réaliser leur rêve » (Michel Godart: Ouais). Et, en fait l’idée c’était d’organiser des soirées où, une fois qu’ils passent le pas de la porte, ils sont trois ans ou cinq ans plus tard. Et donc ils doivent s’exprimer comme si c’était trois ans ou cinq ans plus tard.

Michel: [00:15:26] C’est beau ça!

Fouad Semlali: [00:15:26] C’était magnifique en fait, c’était magnifique. Maintenant, ce qu’on a constaté, c’est qu’il y a des personnes qui se permettent même pas de rêver. On avait des personnes sur le pas de la porte (Michel Godart: Triste ça), qui n’osaient pas passer la porte en se disant « Mais je peux pas m’autoriser à rêver parce que si je n’y arrive pas (Michel Godart: Je vais être frustré), je vais être frustré, je vais perdre confiance en moi ».

Michel: [00:15:43] Et la frustration c’est un nouveau thème aussi qu’on peut aborder dans les entreprises c’est: elle est récurrente. Elle est récurrente parce qu’on n’a pas le poste qu’on veut, on n’a pas le salaire parce qu’on se compare à l’autre. Ça va être aggravé parce que bientôt il y a une norme européenne qui va être mise en place dans les entreprises où il y a la transparence des salaires qui va être requise pour l’égalité hommes-femmes entre autres, et ça c’est quelque chose que moi j’accueille à grands bras, ça va générer des challenges pour les employeurs hein? (Fouad Semlali: Tout à fait). On a fait un événement chez « Humana » il n’y a pas longtemps sur ce thème, c’est un gros challenge hein? (Fouad Semlali: Tout à fait). Va dire, tout d’un coup à quelqu’un, qui va découvrir que l’autre personne fait exactement le même taf que lui, ben il a presque un tiers du salaire en plus, négocie ça et discute de ça.

Fouad Semlali: [00:16:16] Maintenant je dirais que ce n’est pas forcément une bonne nouvelle une fois qu’on s’intéresse au salaire de ses collègues (Michel Godart: Non mais c’est ça), même si en réalité (Michel Godart: Non mais c’est ça), je le rencontre en entreprise hein? (Michel Godart: Non mais c’est ça, voilà, oui). Les personnes savent de manière, entre guillemets non officielle, combien chacun gagne, ils ont besoin aussi de se positionner. Et là on en revient à une autre valeur, c’est la valeur de reconnaissance (Michel Godart: Exactement). Et on revient dans reconnaissance, on entend le mot sens à nouveau (Michel Godart: Ouais, exact, et c’est beau). Désolé je tape sur le clou mais (Michel Godart: Non, non, c’est vrai, ouais), c’est vraiment ça en fin de compte (Michel Godart: Ouais). c’est de se dire « Mais, qu’est-ce que tu vas faire? », c’est pour ça que souvent une des questions du pourquoi, quand tu veux définir ton pourquoi, c’est: « Quelle est l’activité que tu peux faire, sans te rendre compte que le temps passe? » (Michel Godart: Ah ouais, clairement, moi j’ai la réponse hein, c’et le podcast), voilà. Quelle est l’activité que tu aimes faire et pour lequel tu t’empêcherais de manger (Michel Godart: Ah pareil, podcast), voilà, ça te rappelle pas certaines personnes en entreprise (Michel Godart: Oh que si!) qui travaillent de cette manière-là?

Michel: [00:16:58] Oh que si (Fouad Semlali: Ouais) ouais. Moi je t’avoue, j’ai parlé de ça parce que je le voyais plus dans le sens où: il y a un réveil qui va se faire, obligé par cet aspect-là, légal, et à un moment donné, j’espère, que ça va les amener à cette réflexion sur le sens pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas,

Fouad Semlali: [00:17:11] C’est un processus. Comme tout changement sociétaux, c’est une minorité qui fera bouger la majorité (Michel Godart: Exact) à un moment ou à un autre.

Michel: [00:17:17] On n’a pas encore beaucoup parlé, pour l’instant, ni dans le premier épisode, d’ailleurs je m’en rappelle, du comment. On se rend compte de la richesse culturelle et de la curiosité dont tu fais preuve, et ce que je te dis là c’est des compliments mais je les pense, donc c’est pas pour te flatter, je l’ai dit c’est une question de finesse. On t’entend t’exprimer, on se dit « Mais moi j’ai envie de bosser avec un mec comme ça, ». On te contacte, déjà comment? Et puis: comment est-ce que tu entames un parcours quelqu’un?

Fouad Semlali: [00:17:35] Alors on me contacte, tout simplement ça peut être soit par email, soit sur un formulaire sur mon site web, soit par téléphone. C’est un premier temps, d’abord de découverte. On parle d’humain, et donc je pense qu’il est important aussi que chacun puisse se positionner. Autant, entre guillemets le candidat coaché, que moi, j’aime avoir ce petit moment. Qui peut être une demie heure, trois quart d’heure grand maximum, sur lequel on va échanger. Moi je peux faire une certaine récolte d’informations parce que ça me permettra de voir un peu le cadre, le contexte.

Michel: [00:18:00] Et quelle est ton intention?

Fouad Semlali: [00:18:01] Moi mon intention en fait, dans un premier temps, c’est de voir si je suis, entre guillemets légitime ou en tout cas si je peux aider cette personne-là.

Michel: [00:18:09] Par rapport au besoin donc?

Fouad Semlali: [00:18:10] Par rapport au besoin. (Michel Godart: D’accord). Je te dis ça pourquoi? Parce que tu peux arriver sur des personnes avec des problématiques qui vont plutôt se situer au niveau psychologique, même des fois médicales

Michel: [00:18:20] Thérapeutiques, psychanalyses…

Fouad Semlali: [00:18:21] Thérapeutique, psychanalyse, psy (Michel Godart: D’accord). Et donc je travaille avec plusieurs personnes dans ces métiers différents.

Michel: [00:18:26] Le mot-clé c’est: l’honnêteté intellectuelle de te dire « Il y a une zone où je peux pas rentrer (Fouad Semlali: Ah non), c’est Pro d’abord et moi après ».

Fouad Semlali: [00:18:32] Ah Oui clairement.

Michel: [00:18:33] Ça tu l’avais dit d’ailleurs (Fouad Semlali: Clairement, oui, oui, tout à fait) dans l’interview.

Fouad Semlali: [00:18:35] C’est important parce que sinon tes actions vont (Michel Godart: Peut faire plus de dégâts que d’aider) vont faire plus de dégâts, effectivement, effectivement. Donc pour moi il est important aussi que la personne, parce que le coaching c’est quoi? C’est de se dire « Aujourd’hui je me projette dans le futur, voilà, je veux de la remise en action » ou de continuer, donc de maintenir cette action. Il y en a certains même qui veulent être challengé sur les actions qu’ils mettent en place.

Michel: [00:18:53] Et ça c’est un accompagnement de qualité alors?

Fouad Semlali: [00:18:55] C’est un accompagnement qui va être plus précis. Je vais me retrouvais aussi avec des profils, qu’on appelle aujourd’hui, c’est un grand sac où on met tout et n’importe quoi, désolé je ne dis pas que les gens sont du n’importe quoi mais: on va retrouver du neuro-atypiques, du haut potentiel et atypiques (Michel Godart: Du TDAH et autres, ouais). Du TDHA même si, bon j’ai mon avis un peu là-dessus, on n’applique pas ça, on n’a pas, je pense encore vraiment bien compris. Mais ce sont des gens qui se ressentent assez différents, et l’idée c’est pas de faire de la psychologie à la place des autres, c’est d’amener, de voir un peu dans l’angle mort de ces personnes, des personnes que j’accompagne, quels sont leurs talents. Pour moi c’est surtout des « quick win » au début. Donc après la demi-heure au trois quart d’heure qu’on va passer ensemble, on va voir si on se sent, donc là on revient sur le côté animal un peu, on se dit « Si on se sent, si on ressent, si on voit (Michel Godart: Si ça peut matcher) qu’on peut travailler ensemble », oui, exactement, si ça peut matcher. Et puis dès lors, on définit ensemble, ou je demande aux candidats, quels sont les objectifs, qu’est-ce qu’il a envie d’atteindre.

Michel: [00:19:45] La question qu’on pose à tous les coachs, parce que derrière il y a toujours le « pain point » hein? C’est le paiement, la douleur de payer un service et de se dire (Fouad Semlali: Mm) « Ben quelque part c’est aussi une façon de m’engager dans mes attitudes, dans mes choix » (Fouad Semlali: Mm). La question qui va arriver souvent c’est « Oui coach mais: combien de séances il faut pour que j’atteigne mon objectif ». En fait ça va dépendre de ton objectif d’une part, et puis de tes capacités à toi à changer, parce que le changement c’est un processus en quatre étapes (Fouad Semlali: Ouais), dont la quatrième c’est la pérennisation qu’on oublie trop souvent.

Fouad Semlali: [00:20:08] Oui, tout à fait.

Michel: [00:20:08] Qu’est-ce que tu réponds aux gens qui te disent « Alors coach? Combien de sessions seront nécessaires pour mon accompagnement? »

Fouad Semlali: [00:20:13] Discutons d’abord de tes objectifs, qu’est-ce que tu as envie de mettre en place? Qu’est-ce que tu as envie de changer? Parce que dans les objectifs, tu peux avoir des gens qui ont un objectif qui soit global.

Michel: [00:20:21] Ou réaliste ou pas réaliste, aussi, il y a l’irréalisme d’un objectif parfois!

Fouad Semlali: [00:20:24] C’est pas grave hein? L’objectif irréaliste c’est souvent ce qu’on appelle le rêve, c’est vers là où on tend. Et donc ça reste pour moi positif, parce qu’entre-temps le rêve change comme tu l’as entendu, quand tu m’as posé la question tout à l’heure, je ne suis pas médecin, je ne suis pas vétérinaire aujourd’hui (Michel Godart: Ouais) mais ça m’a permis de tendre vers certaines, en tout cas compétences ou affinités que j’ai. C’est rassurant en fait, parce qu’on a besoin aussi de se réassurer (Michel Godart: Absolument). Donc nous dans ce cadre-là on va découper l’objectif. Et c’est pour ça que, dans un coaching, surtout lorsque tu as une certification, on t’apprend justement à différencier les différents donc objectifs, et à pouvoir aussi mettre ce qu’on appelle un KPI, un indicateur de performance (Michel Godart: KPI, oui) un KPI, exactement.

Michel: [00:20:59] Et ça ce sont les étapes dans lesquelles tu vas aller (Fouad Semlali: Et ce sont les étapes, voilà, c’est ça), step par step, où tu évalues chacune par un KPI qui te permet de dire va au suivant ou pas!

Fouad Semlali: [00:21:05] Exactement. Si on prend un exemple de personne qui dit « Tiens mais, j’ai envie d’avoir plus de confiance en moi ». Oui, c’est un objectif quand même qui est assez balèze, et je dirais la confiance en soi ne va pas uniquement travailler avec un coach, elle peut aussi se travaille avec un psychologue, un psychanalyste, un psychothérapeute (Michel Godart: Ouais exact). Donc là, moi j’ai amené une autre question qui est « Oui mais c’est quand que tu penses, que tu as confiance en toi? A quel moment? », « Quand j’arriverai à dire à mon patron que je suis surchargé de travail, et que j’arrive à lire en toute sérénité? », voilà un objectif.

Michel: [00:21:36] Ça peut être aussi le moment où je me rends compte que je ne suis pas à ma place dans ma boîte, et que je dois changer de job.

Fouad Semlali: [00:21:40] Oui, et c’est quoi? Donc, dans les sessions de coaching, il arrive que les deux premières sessions, des fois, sont uniquement orientées vers la clarification de l’objectif (Michel Godart: Ouais, clairement), de voir ce qu’on appelle les demandes cachées. Et normalement à partir de ça, je considère que: un parcours de coaching, pour un certain nombre d’objectifs, de 3 à 5, et qui qu’ils soient liés entre guillemets entre eux, on va parler entre six et dix sessions maximum. Pourquoi? Si on met trop de sessions, on va être un peu trop à son aise (Michel Godart: On va tourner en rond?). Si on met trop peu de sessions on met trop de, voilà on met trop de pression. On a cette possibilité donc de le faire en six, tout en sachant que la première-deuxième, on travaille déjà un peu l’objectif. La troisième, ben on a son bilan de compétences, donc on va faire ensemble parce que je démarre jamais sans un bilan de compétences. Puis ensuite on voit quelles sont les actions à mettre en place, on est déjà à la troisième, quatrième session. Et quatrième session, des fois aussi c’est une session d’évaluation. Puis on arrive à la cinquième, puis la sixième, et puis aussi le délai entre les sessions, et j’aime bien aussi avoir des sessions qui sont très rapprochées au début, et puis qui s’étendent au fur et à mesure du temps; Pourquoi? Pour que la personne puisse mettre en place les actions (Michel Godart: Infuser, moi j’appelle ça infuser) qu’elle a décidé de mettre en place. Exactement, oui, c’est le sachet de thé.

Michel: [00:22:43] Et c’est là que je rejoins la métaphore de pérenniser (Fouad Semlali: Exactement) le changement. Parce qu’un changement c’est: prise de conscience, l’envie de changer (Fouad Semlali: Tout à fait), mettre en place les processus des changements et souvent les gens s’arrêtent là (Fouad Semlali: Mm). Ah mais non, il faut pérenniser et ancrer ce changement.

Fouad Semlali: [00:22:58] Si le travail des objectifs est bien fait, normalement la pérennisation elle est, entre guillemets, quasi automatique (Michel Godart: Ouais, clairement), parce qu’on est en train de régler quelque chose qui nous a pourri la vie pendant des années ou pendant tout un moment (Michel Godart: Clairement, ouais. Clairement, c’est vrai), tu vois la capacité à pouvoir dire non, à qui? (Michel Godart: Et comment) Et comment, exactement, et pourquoi?

Michel: [00:23:13] Alors Fouad, on est dans un pays compliqué quand même en Belgique hein (Fouad Semlali: Mm)? C’est un pays multilingue: français, néerlandais, allemand. L’anglais sert usuellement quand on ne maîtrise pas les trois langues nationales. Jusqu’où tu vas dans ton travail pour accompagner les gens? Est-ce que tu le fais à distance, est-ce que tu le fais à l’international? Quelles langues tu maîtrises? Est-ce qu’on peut te contacter si on est néerlandophone ou alors on devra pas switcher en anglais? Quelles sont les facilités qu’on a de collaborer avec toi?

Fouad Semlali: [00:23:33] Je propose mes services, je suis à la base évidemment francophone, je propose aussi mes services en néerlandais et en anglais. Maintenant, le néerlandais, bon, ça va être des néerlandophones, ça peut être donc: des Belges, néerlandophones, ça peut être également donc des Néerlandais.

Michel: [00:23:45] Tu comprends, les roulements de R très bien.

Fouad Semlali: [00:23:46] Les roulements de R, et puis ainsi de suite. Et ça aussi c’est une belle découverte au fur et à mesure du temps parce que c’est une langue heu (Michel Godart: Je me rappelle que tu le parlais très bien) qui m’intéresse de plus en plus quoi (Michel Godart: Ouais, ouais, tu parles très bien), oui effectivement. Bon aussi pour des raisons personnelles, j’ai aussi baigné dans le bain flamand. Le français donc, le français ça peut être en Belgique, je travaille aussi en France, ça peut être également au Maroc ou dans d’autres pays francophones, je veux dire que la majorité de mes activités aujourd’hui se situent en Belgique.

Michel: [00:24:10] Mais tu les fais en présentiel, (Fouad Semlali: Et je le fais en présentiel) tu ne fais jamais de coaching à distance?

Fouad Semlali: [00:24:12] Je peux le faire à distance, ça ne va pas forcément être ma préférence. Je donne un exemple ou j’accompagne une personne qui, par son travail, a des difficultés à venir en présentiel, et donc ça l’aiderait pas forcément. On essaye, donc dans ce genre de trajet, d’avoir au moins une session ou deux sessions en présentiel. Parce que le fait de se retrouver l’un en face de l’autre (Michel Godart: Ça change tout), ça change tout. Tu sais quand tu es à ta session de 11h à 12h ou 12h30, ben oui tu vas commencer, tu es là 11h -5 (Michel Godart: Oui). Tandis que quand tu viens en présentiel, tu es déjà parti vers 10h, 10h30, le temps de faire le trajet, et en fait ta session de coaching elle a déjà commencé (Michel Godart: Ouais, tu fais le chemin mental de te dire je vais aller parler à mon coach) parce que tu fais le chemin mental, exactement, en disant « Je vais voir mon coach » et moi aussi de mon côté, c’est de dire « Tiens je vais voir mon candidat, voilà à quoi j’ai pensé, voilà ce que ça a éveillé la dernière fois. Voilà la question que j’ai envie de lui poser, ou les questions que j’ai envie de lui poser. Est-ce que ce serait peut-être pas bien de faire ça, ou ça, ou ça ou ça? ». Il y aussi une des spécificités, c’est que: il est important de garder, nous sommes des êtres organiques, et donc de garder aussi dans le processus ce côté organique où, on peut avoir certains objectifs, mais des fois il y a des basculements en plein milieu du trajet, qui fait que le coaché ou la coachée va amener des éléments (Michel Godart: Nouveaux ou différent) nouveaux, exactement, qui peuvent réorienter. Soit un grand accomplissement, une grande fierté, et donc qui permet de faire un grand bond en avant, soit quelque chose qui part vraiment dans un autre sens!

Michel: [00:25:26] Là tu lances un sujet qui est: célébrer les victoires (Fouad Semlali: Oui). Parce qu’on se penche toujours sur les problèmes et se guérir (Fouad Semlali: Ouais), mais si on oublie la partie « célébrer les victoires », on gâche la moitié du travail (Fouad Semlali: Exactement). Donc petit message en aparté (Fouad Semlali: Exactement). On va clôturer tout doucement cette interview pour essayer d’être raisonnable pour les auditeurs Fouad, mais je crois que je vais te réinviter, il y a trop de choses à se dire. T’es un passionné et ça se sent, et ça, ça ne trompe pas quoi, tu vois ça c’est authentique. Il y a trois questions RH de clôture de notre interview, et je crois que ça va justement fort parler par rapport à tout ce qu’on nous a déjà donné. Comment tu définirais un bon RH? Rapidement?

Fouad Semlali: [00:25:57] Un bon RH, je pense que c’est une vocation

Michel: [00:25:58] C’est une vocation (Fouad Semlali: Oui) avant tout.

Fouad Semlali: [00:26:00] Parce ce qu’on est sur le domaine de l’humain et souvent c’est, une ou plusieurs personnes, qui ont une orientation plus vers l’humain, ou à la base, qui se projettent dans plus vers l’humain même si un facteur économique très important. Évidemment on a aussi la partie compensation & benefits, les avantages et ainsi de suite et…

Michel: [00:26:13] Et c’est souvent la confrontation pour un RH qui commence son métier avec du rêve et de l’utopie, puis qui se rend compte que dans son métier il va devoir un peu cartésien, être un peu (Fouad Semlali: Exactement) avec le business partner occupé à parler pognon, impact et rentabilité (Fouad Semlali: Exactement). Et ça casse un peu l’enthousiasme humain.

Fouad Semlali: [00:26:25] Évaluation, le bonus (Michel Godart: Oui), est-ce qu’on veut garder la personne pour ses compétences heu? (Michel Godart: Est-ce qu’elle aura son enveloppe à la fin de l’année). Est-ce qu’elle aura son enveloppe à la fin de l’année. Est-ce qu’on le garde, oui ou non? Il y en a un qui est parti en maladie, est-ce qu’on va le réintégrer oui ou non? (Michel Godart: Apprendre à virer aussi?), oui, exactement. Mais je pense que, apprendre à virer, bon avant ça, c’est aussi un autre sujet hein? (Michel Godart: Oui) mais c’est vrai qu’on arrive sur le domaine du recrutement et du choix mais… Si la vision n’est pas claire, ben le recrutement ne sera pas aussi clair que ça, mais bon ça c’est un autre sujet.

Michel: [00:26:49] Et un autre sujet ce serait: on recrute à un instant « T » sans oublier qu’en fait le « T » n’est jamais fixe et stable, il évolue.

Fouad Semlali: [00:26:55] Quand tu parles de RH, j’ai un bon exemple dans une entreprise, avec laquelle je travaille aujourd’hui, toutes les personnes des ressources humaines viennent saluer tout le monde, elles viennent plutôt que les premiers collaborateurs sur le floor.

Michel: [00:27:05] Wow! Ah ça, c’est un bel exemple. Ben ça me mène à la deuxième question (Fouad Semlali: Et ils ont plusieurs sites). Ma deuxième question c’est l’effet Waouh?

Fouad Semlali: [00:27:11] Exactement. ben voilà, ça c’est un exemple d’effet waouh, où tu vois que une responsable RH d’un autre site vient très tôt, au moins une fois par mois, sur un autre site!

Michel: [00:27:22] Juste pour saluer les collaborateurs et leur parler.

Fouad Semlali: [00:27:23] Elle vient travailler sur place, évidemment (Michel Godart: Et elle est disponible, ouais) elle prend sa place, elle est disponible parce que dans cette société, le CEO travaille à côté de ses collaborateurs.

Michel: [00:27:30] Eh mais c’est super class!

Fouad Semlali: [00:27:31] Et ils ont tous commencé au même poste, et donc ils viennent se saluer (Michel Godart: Waouh). Et donc, imagine, tu commences dans cette société, et tu vois une personne avec un grand sourire qui te dit « Bonjour – Goedendag » (Michel Godart: Je suis votre RH!). Elle ne se présente même pas en tant que RH (Michel Godart: Mais non?) exactement (Michel Godart: Waouh), c’est venir dire bonjour. Et donc ça éveille aussi la curiosité chez certains en disant « Mais, c’est qui cette personne? »

Michel: [00:27:53] Ouais, c’est mon premier effet « Waouh » qu’on me donne vis à vis du regard d’un autre.

Fouad Semlali: [00:27:56] Ben il y a d’autres choses évidemment qui peuvent encore améliorer, là ils ont un problème de turn-over quand même assez important. Sinon à part ça, je trouve, mais j’ai dit « Mais c’est génial ce que vous vivez, (Michel Godart: C’est une belle action déjà, oui), vous vous rendez compte? » (Michel Godart: Ouais, clairement) Mais là aussi ça porte vers un contraste qui est, bon dans tout effet Waouh, évidemment tu vas faire un effet un peu moins waouh qui est « Mais, alors pourquoi telle ou telle personne ne vient pas nous saluer le matin? »

Michel: [00:28:12] Ouais, ouais, ça c’est le dilemme et le questionnement qui vient.

Fouad Semlali: [00:28:15] Et donc ça fait le lien justement avec les RH (Michel Godart: Ouais). Et donc quand tu disais « Qu’est-ce qu’un RH idéal, et quel est l’effet waouh? » ben souvent les deux sont liés.

Michel: [00:28:21] Ma dernière question Fouad sera: un message que tu as envie de lancer aux patrons d’entreprise ou aux dirigeants, managers qui nous écoutent, aux leaders qui nous écoutent aujourd’hui?

Fouad Semlali: [00:28:28] J’ai envie de partager un texte de Maya Angelou (Michel Godart: Ah ouais), qui était une poétesse américaine. Et qui dit que les gens oublieront ce que vous dites, oublieront ce que vous faites, mais n’oublieront jamais comment ils se sont sentis avec vous.

Michel: [00:28:41] Merci Fouad, ça fait du bien d’entendre ça une fois au micro. Merci chers auditeurs et auditrices de nous avoir écoutés jusqu’au bout, c’est pas fini l’aventure avec Fouad, je crois que je vais les inviter à mon micro, il y a trop de sujets que j’ai encore envie de développer avec lui. Moi ce que je vous invite à faire, c’est de lui laisser un message: avec une gratitude, un remerciement, une question, on lui transmettra. On a dans le texte du podcast un lien qui va vers un Voice mail, on sait vous recontacter, on sait transmettre à Fouad, il vous écoutera avec votre voix. Et si vous êtes d’accord et vous nous le dites dans l’enregistrement, on pourrait même le mettre en commentaire du podcast, faites parler votre voix aussi. Fouad, à très bientôt.

Fouad Semlali: [00:29:11] Merci Michel, à très bientôt. Et merci aux auditeurs.

Michel: [00:29:14] Super! Likez, partagez et commentez, à bientôt

Jingle Outro: [00:29:16] Your are listening to « The Podcast Factory Org ».

Michel: [00:29:18] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground » espace de coworking à Evere. Depuis janvier 2025 et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisés par « Plugin Company », notre opérateur de bornes de carte de recharge privilégié. « The Podcast Factory Org » est très fier d’être membre de « KAYA – Coalition des Écopreneur et Écopreneuses » et de collaborer avec le « Love Health Center ». Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site « What’s Your Story point be ». N’oubliez pas de vous abonner à notre chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg, nous y proposons le podcast en format vidéo avec la transcription, en sous-titres, en plusieurs langues.

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