Pourquoi écouter ce qui nous rend heureux ?

Eric De Vreese, Circle Dev – Pourquoi écouter ce qui nous rend heureux ? – Parole d’écopreneur.e – Rubrique Kaya. Midoricast : Podcast #250
Laissez un message vocal à Eric De Vreese de « Circle Dev » avec une question, un commentaire, un encouragement ou un remerciement ici
Il y a des gens qui changent de vie sur un coup de tête, et puis il y a ceux chez qui ça s’installe lentement, presque silencieusement.
Pendant plus de vingt ans, Eric De Vreese a évolué dans une grande multinationale pétrolière, avec tout ce que cela implique : responsabilités, confort, reconnaissance sociale.
Jusqu’au moment où quelque chose ne collait plus vraiment.
Dans cet épisode de « Kaya, Parole d’écopreneur« , la rubrique de Midoricast réalisée en collaboration avec KAYA – Coalition des Écopreneur·euses, Candice Enderlé (KAYA) échange avec lui autour d’un sujet qu’on évite souvent tant qu’il reste supportable :
le décalage entre ce qu’on fait… et ce qu’on ressent profondément.
Aujourd’hui, avec Circle Dev, Eric accompagne des organisations qui cherchent à rendre leur modèle plus durable, plus cohérent et parfois simplement plus humain.
Sensibilisation, transition écologique, gouvernance, transformation des entreprises : oui, mais la conversation va ailleurs aussi.
- Elle parle de compétition devenue normale.
- De réussite sociale qui fatigue plus qu’elle ne nourrit.
- Du besoin de ralentir sans renoncer à entreprendre.
À un moment, Eric dit quelque chose de très simple : « Le sens, ça rend vraiment heureux.«
Et cette phrase sonne comme une évidence !
Cet épisode du podcast Midoricast, produit par The Podcast Factory Org (asbl-vzw) avec le soutien de la Loterie Nationale, transforma bxl et en lien avec l’écosystème Kaya, explore une autre manière de penser l’entreprise, le travail et la réussite.
Sans recette miracle, sans posture parfaite non plus, juste avec une forme de lucidité qu’on entend rarement aussi calmement.
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Séquençage du podcast « Parole d’Écopreneur » – Pourquoi écouter ce qui nous rend heureux ? Eric De Vreese, Circle Dev :
- [00:00:00] Introduction de « Parole d’écopreneur »
- [00:00:16] Qui est Eric De Vreese
- [00:00:39] Un parcours de plus de 20 ans dans le pétrole
- [00:02:15] Un déclic qui s’est construit avec le temps
- [00:03:19] Le corps qui parle et révèle
- [00:03:41] Pourquoi Eric a créé Circle Dev
- [00:04:58] Le lien entre agilité et durabilité (la journée agile)
- [00:05:25] Avancer au rythme de l’entreprise
- [00:06:00] Entreprendre autrement
- [00:07:26] Respecter les limites planétaires et sociales
- [00:08:16] Coopération et santé au travail
- [00:09:52] Formation dédiée à la gouvernance durable
- [00:10:00] Le rôle du politique et de la CSRD
- [00:11:23] Pourquoi Eric a rejoint Kaya
- [00:12:25] La baguette magique
- [00:13:48] Conclusion et clôture de l’épisode
La transcription du podcast « Parole d’Écopreneur » – Pourquoi écouter ce qui nous rend heureux ? Eric De Vreese, Circle Dev :
Introduction de « Parole d’écopreneur »
[00:00:00] Michel Godart: Bienvenue sur « Parole d’écopreneur », les parcours inspirants de celles et ceux qui entreprennent autrement. Un podcast « KAYA » avec le soutien de la « Loterie Nationale ».
[00:00:10] Michel Godart: Nous sommes dans une rubrique « KAYA » avec aujourd’hui, au micro, ma collègue et amie Candice.
[00:00:15] Candice Enderlé: Salut Michel.
Qui est Eric De Vreese
[00:00:16] Michel Godart: Bonjour Candice. Et alors nous avons un invité, c’est Eric. Et la première question justement pour te présenter, ben c’est de te dire un peu à nos auditeurs et auditrices qui tu es d’abord, comment tu te définirais, qui tu es, qu’est-ce qui te représente?
[00:00:26] Eric De Vreese: Eh bien bonjour. Bonjour Michel, Bonjour Candice, Bonjour à tous. Mon nom c’est Eric, Eric De Vreese, ben je suis très heureux d’être avec vous aujourd’hui hein? Ce qui me caractérise, ben disons, on va parler de positivisme et on va essayer d’avancer avec ça.
Un parcours de plus de 20 ans dans le pétrole
[00:00:39] Michel Godart: Tu peux nous décrire un peu dans quels secteurs est active ton entreprise, et comment elle se nomme?
[00:00:43] Eric De Vreese: Peut-être avant de parler de l’entreprise que j’ai actuellement, peut-être un petit flashback, moi j’ai un lourd passé je dirais. J’ai embrassé le grand capitalisme à plein bras, j’ai fait des études économiques, puis j’ai travaillé pendant plus de 20 ans dans une multinationale américaine pétrolière bien polluante appelée « ExxonMobil ». Mais, voilà, il y a une dizaine d’années j’ai commencé à me poser pas mal de questions par rapport à ce que je faisais là-bas et… J’ai toujours été un amoureux de l’environnement, j’adore me promener en forêt ou en montagne. Et je voyais un peu le monde se dégrader, puis je voyais une entreprise qui n’avait pas l’air de vouloir réellement emboîter le pas. Et j’avais une responsabilité, j’étais directeur du réseau des stations « Esso » pour le Benelux, donc je vendais finalement du carbone, c’était mon métier. Et donc, il y a une dizaine d’années, j’ai commencé à me poser beaucoup de questions. Jusque finalement, il y a cinq ans, remettre ma démission à « ExxonMobil » et j’ai décidé à ce moment-là de consacrer le reste de mon temps de travail à faire de l’impact.
[00:01:34] Michel Godart: J’avais envie d’applaudir, mais je me suis dit si j’applaudis je vais faire péter les micros en saturation mais, voilà, mon intention était là (Candice Enderlé: C’est ça). j’applaudis, bravo! (Candice Enderlé: Une décision…) Bravo pour ce courage de démissionner, chapeau! Respect, total.
[00:01:45] Candice Enderlé: Une décision engagée quoi.
[00:01:46] Michel Godart: À fond, moi j’adore!
[00:01:48] Eric De Vreese: Oui, maintenant bon, j’ai pu le faire aussi dans des conditions, je ne suis pas parti sans rien je dirais (Michel Godart: Ok). Mais du coup ça m’a permis de me consacrer à l’impact justement de manière très positive, et de pouvoir également un petit peu, je dirais, choisir mes clients et avoir ce luxe d’accompagner des gens qui sont, je dirais dans une certaine bienveillance par rapport à la planète, par rapport aux autres. Et de les aider et de les accompagner à rendre leur activité, encore plus vertueuse si elle l’était déjà, ou plus vertueuse si elle l’était moins.
Un déclic qui s’est construit avec le temps
[00:02:15] Michel Godart: Tu as un élément de réponse qui m’intrigue, tu dis « Il y a un moment, j’ai remis ma démission », mais une des questions que j’avais envie de te poser c’était : quel moment a fait le déclic? Quand a paru le déclic? Pour un démissionner, et puis pour deux créer ton entreprise et là ça fera la transition vers : on parle de mon entreprise.
[00:02:30] Eric De Vreese: D’accord. Et bien il n’y a pas eu vraiment un déclic dans le sens que je pense que c’est un phénomène qui s’est lentement installé pendant des années, comme un vase se rempli.
[00:02:38] Michel Godart: Crescendo, en méthode agile.
[00:02:39] Eric De Vreese: Voilà, exactement. Donc le vase s’est rempli progressivement, j’ai commencé à avoir de plus en plus de mal je dirais à me regarder dans la glace le matin. Par contre c’est vrai que ce genre de société c’est une véritable prison dorée, dans le sens qu’on a des très bonnes conditions de travail, on a de bonnes rémunérations, et donc partir n’est pas évident, et donc du coup on a cette espèce de dissonance cognitive.
[00:03:00] Candice Enderlé: C’est ça
[00:03:00] Eric De Vreese: Entre « J’aimerais bien partir. J’aime plus ce que je fais en fait, j’ai envie de donner du sens à mon job » et d’un autre côté, « J’ai une vie confortable. J’avais déjà à l’époque plus de 50 ans, est-ce que je pars? ». Et puis bon, le déclic c’est évidemment aussi qu’il y a eu une possibilité de partir, pas sans rien je dirais, et ça, ça a déclenché, là j’ai tout de suite foncé dessus et je suis parti
[00:03:17] Michel Godart: L’opportunité était là.
Le corps qui parle et révèle
[00:03:19] Eric De Vreese: Voilà
[00:03:19] Candice Enderlé: Oui, donc c’est plutôt une fracture intérieure que tu vivais qui commençait à devenir vraiment dérangeante.
[00:03:24] Eric De Vreese: Exactement, exactement. D’ailleurs, on en reparlera peut-être, mais un an après ça m’a rattrapé, j’ai fait une maladie assez grave dans laquelle j’aurais pu rester. Et je suis persuadé que c’est dû à une accumulation de mauvais alignement de valeurs (Candice Enderlé: C’est ça). Aujourd’hui, je me sens vraiment beaucoup mieux quoi.
[00:03:38] Michel Godart: Et ça se voit, tu es souriant (Candice Enderél: Oui), et tu es bien en forme.
Pourquoi Eric a créé Circle Dev
[00:03:41] Candice Enderlé: Partout où on le croise hein! Toujours. Explique-nous un peu ce que c’est « Circle dev ».
[00:03:46] Eric De Vreese: Alors « Circles dev » donc c’est une entreprise que j’ai créée pour accompagner d’autres entreprises ou d’autres organisations qui veulent devenir, je disais, plus vertueuses. On va faire de l’accompagnement en sensibilisation, j’aime beaucoup la sensibilisation parce que je pense qu’une grosse partie du problème aujourd’hui c’est que les gens ne comprennent pas ce qui se passe et ne comprennent pas les manières dont ils peuvent agir. Et donc les sensibiliser c’est déjà une grande clé au problème, à la résolution je dirais des problèmes liés au réchauffement climatique et aux problèmes environnementaux. Puis ensuite, il y a toute la partie accompagnement de l’entreprise où on va regarder le business model de la boîte et essayer de dire « Tiens, est ce qu’on pourrait faire la même chose mieux? » (Candice Enderlé: Oui) , ou « Est-ce qu’on pourrait même faire les choses un peu différemment, carrément, et aller vers, je vais dire un produit ou un service qui est plus en ligne avec le monde vers lequel on va, et qui est plus respectueux des limites planétaires en général quoi,.
[00:04:31] Candice Enderlé: C’est ça. Donc, de un, par la sensibilisation : donner le choix, permettre de voir ce qui est possible. Et puis ben proposer des solutions directement en lien avec les services et les produits qu’ils proposent.
[00:04:42] Eric De Vreese: Voilà. Et donc c’est assez complet hein? On va comprendre les impacts de l’entreprise, on va comprendre les risques de la transition, on va comprendre les opportunités. Et suite à tout ça, on va embarquer les équipes dans un programme de changement, avec des projets, avec des KPI, avec des personnes nommées, des deadlines.
Le lien entre agilité et durabilité (la journée agile)
[00:04:58] Michel Godart: J’aime bien ce que tu dis, alors ça me fait penser à quelque chose, on s’est croisé à la Journée Agile du 23 mai à Liège, et je me demandais quel est le lien tu fais avec l’agilité et ton activité alors du coup? Ils sont aussi orientés écologie à la journée Agile, c’est clairement hein!
[00:05:10] Eric De Vreese: Tout à fait. Donc là j’ai fait du bénévolat pendant une journée, j’ai aidé un petit peu l’organisation, ça s’est fait un petit peu par hasard dans le sens que j’avais une amie qui était dedans et qui m’a proposé de la rejoindre. Mais c’est vrai que c’était d’abord le fait que la Journée Agile était également axée durabilité.
[00:05:23] Michel Godart: IL y avait Frédéric Laloux pour « The Week » l’année passée hein? Ouais.
Avancer au rythme de l’entreprise
[00:05:25] Eric De Vreese: Voilà, donc ça c’est une chose. Peut-être un autre lien avec l’agilité, mais là on ne parle pas trop de l’agilité IT, on parle de l’agilité en général (Michel Godart: C’est ça), c’est que je pense que quand on fait de la durabilité en entreprise, on doit adopter la même démarche (Michel Godart: Exact). C’est-à-dire il faut dire aux patrons « On ne va pas s’embarquer dans une usine à gaz, sur un plan à dix ans, et dans un espèce de train qu’on ne peut plus arrêter, qui va peut-être coûter de l’argent. Et bien non, on va avancer step by step, au rythme où l’entreprise a envie d’avancer (Michel Godart: Incrémentale). Partir d’où elle est, et réviser régulièrement les ambitions, on peut diminuer (Candice Enderlé: C’est ça), on peut augmenter ».
[00:05:55] Michel Godart: Ça fait deux fois que tu me donnes envie d’applaudir, je ne peux pas dire plus.
[00:05:58] Candice Enderlé: Une trajectoire en fait!
Entreprendre autrement
[00:06:00] Michel Godart: Je trouve qu’il y a un vrai lien entre les deux, ça me paraît une évidence mais, c’est la première fois que j’entends quelqu’un m’en parler et chapeau pour ça. Ça veut dire quoi, concrètement, entreprendre autrement pour toi?
[00:06:08] Eric De Vreese: Ben entreprendre autrement c’est une manière, enfin, c’est une philosophie de vie pratiquement hein? (Candice Enderlé: Oui) Parce que c’est changer de paradigme, c’est dire « Je ne vais plus bosser uniquement pour faire du profit, accumuler des richesses à tout prix, mais je vais bosser dans quelque chose qui a du sens. » Et croyez-moi, le sens, ça rend vraiment heureux donc, et ça rend plus heureux que l’accumulation de richesses. On va réellement se dire « Tiens, mon entreprise, comment je la développe? ». Évidemment, il faut gagner sa vie, la logique de profit elle est là. Moi, personnellement, je viens du monde de l’entreprise comme je l’ai dit, une entreprise qui ne fait pas de profit, ben elle fait faillite et puis elle disparaît et finalement (Michel Godart: Tu es réaliste sur tes besoins) elle n’a pas du tout de valeur ajoutée non plus au niveau durabilité si elle fait faillite. Il faut une logique de profit, il faut faire des bénéfices, il faut gagner de l’argent, mais pas à outrance et pas au détriment des autres, pas au détriment de ses employés, pas au détriment de ses parties prenantes, et pas au détriment de la planète. C’est-à-dire qu’il y a des limites planétaires qu’on atteint, dont on se rapproche en tout cas tous les jours. On parle beaucoup du réchauffement climatique mais il y a beaucoup d’autres choses, l’effondrement de la biodiversité est encore plus préoccupante. Toutes ces choses-là sont causées par l’homme actuellement, et il est temps qu’on essaye de se poser la question « Est-ce qu’on pourrait envisager un modèle où on fait les choses différemment et où on fait les choses en respectant ses limites, en respectant les autres, et en gagnant notre vie raisonnablement », en arrêtant peut-être de sur-travailler et de surconsommer pour compenser le surtravail
Respecter les limites planétaires et sociales
[00:07:26] Candice Enderlé: C’est ça, donc pour toi elle est là la notion de sens. Elle est vraiment dans le fait de respecter à la fois les limites planétaires, les planchers sociaux, c’est ça pour toi la notion de sens?
[00:07:35] Eric De Vreese: Oui, et je crois que je suis maintenant relativement bien placé pour en parler parce que j’ai vécu dans ce monde où je visais la réussite sociale, où je visais le gros salaire, où je visais les promotions, je visais la grosse voiture, la grosse maison. Peut-être même comparer la voiture à son voisin pour être bien sûr qu’on est plus grosse que lui. Dans un monde très compétitif, j’étais dans une boîte américaine où on faisait un ranking chaque année, où on se comparait les uns les autres, qui est le meilleur? Tout ça n’a pas beaucoup de sens parce que, finalement un monde coopératif, un monde où on va se faire confiance plutôt que se faire concurrence et avoir peur de l’autre, ben c’est un monde franchement qui rend plus heureux donc : il faut tout faire pour tendre vers ça. Je trouve que l’homme n’est vraiment pas très doué pour comprendre ce qui le rend heureux en fait (Candice Enderlé: Oui).
Coopération et santé au travail
[00:08:16] Michel Godart: On apprend ça dès le départ dans les écoles. Moi, quand un enfant me dit « Papa, j’ai eu une mauvaise note à l’école », je lui réponds « Ben t’es pas là pour faire la compétition avec les autres? Voilà, tant que tu as compris ton erreur et que tu as fait de ton mieux c’est ce qui compte. Arrête d’être dans la compétition, il faut être ensemble », et je crois que ça commence là les problèmes. Et ça va nous amener une question pertinente par rapport à ça, tu parlais de certaines limites sur le fait de s’enrichir, pas au détriment des autres, ça implique une notion de réflexion sur les gouvernances, d’entreprises. Notamment tu en accompagnes d’autres, donc c’est très important pour toi. Tu peux nous en parler? À quoi tu fais attention? Parce que la santé, par exemple des employés, c’est aussi une question d’environnement. Quand les gens sont malades et qu’ils prennent des médicaments parce qu’ils sont en burn-out, ils polluent.
[00:08:49] Candice Enderlé: Bien sûr
[00:08:50] Michel Godart: Et ils font fonctionner les entreprises pharmaceutiques.
[00:08:51] Eric De Vreese: Et ils sont profondément malheureux, de ce qui leur arrive, également.
[00:08:54] Michel Godart: Exactement (Candice Enderlé: Tout à fait), exactement.
[00:08:55] Eric De Vreese: Donc il y a beaucoup de raisons en effet d’essayer d’éviter ça, à la fois dailleurs pour l’entreprise parce que ça pose énormément de problèmes de gestion, pour les employés parce que ça leur rend malheureux et pour l’environnement parce que c’est vrai que, quelque part tous ces médicaments et tout ça c’est pas terrible. La notion de gouvernance en entreprise est très importante, je vois la gouvernance comme un système en fait, qui permet justement de véhiculer des valeurs. C’est-à-dire qu’à un moment, il m’arrivait au départ, de temps en temps, de faire des sensibilisations et puis tout s’arrêtait après en fait, il se passait plus rien parce qu’il y avait justement pas de gouvernance. La gouvernance, c’est vraiment marquer la volonté de l’entreprise, du chef d’entreprise, du comité de direction et de peut-être de l’ensemble des employés, d’avancer en mettant par exemple des checks réguliers, des réunions, une obligation de mettre à l’agenda à chaque réunion « Tiens, est-ce que ça a un impact au niveau ESG, environnement, social, gouvernance? ». Donc tout ça est extrêmement important si on veut que les bonnes résolutions qu’on fait au terme d’un accompagnement perdurent et restent dans le temps. Parce que sinon on assiste souvent en effet à beaucoup de bonnes intentions, mais qui se concrétisent pas toujours.
Formation dédiée à la gouvernance durable
[00:09:52] Michel Godart: C’est vraiment important, c’est un élément que tu mets en avant aussi dans ton approche et le conseil aux entreprises (Eric De Vreese: Oui j’ai même) que tu accompagnes ?
[00:09:56] Eric De Vreese: Une formation dédiée à la gouvernance durable donc (Candice Enderlé: Ah oui), oui, clairement
Le rôle du politique et de la CSRD
[00:10:00] Michel Godart: Qu’est-ce qu’on pourrait faire comme changement au niveau politique pour que finalement, une entreprise comme la tienne ou celle que tu accompagnes, ça devienne une norme?
[00:10:06] Eric De Vreese: Le politique est très important, le politique représente normalement la volonté collective hein? C’est un peu le but dans un système démocratique, même si parfois on peut se poser des questions. C’est extrêmement important, pas seulement au niveau belge, au niveau européen aussi hein? Ceux qui sont un peu familiers avec le sujet savent que la CSRD, donc l’obligation de faire un rapport (Michel Godart: Tout à fait) un rapport environnemental pour les entreprises, qui est une directive européenne, ben son application a été postposé de deux ans, son scope a été diminué, et tout ça ne fait pas de bien. On a besoin de règles, on a besoin de normes, on a besoin d’obligations, afin que ceux qui fassent des efforts soient sur un même niveau je dirais, de (Michel Godart: D’égalité) on dit « The level (Candice Enderlé: Compétitivité) playing field » en anglais (Candice Enderlé: C’est ça) un même niveau d’égalité avec ses concurrents, qui peut-être ont des pratiques moins vertueuses. Aussi bien je suis totalement persuadé à terme qu’avoir une politique durable, une stratégie durable, aide l’entreprise, même financièrement. Aussi bien à court terme souvent, c’est un investissement. Et cet investissement s’il doit être consenti par certains et pas par d’autres, ça risque de fausser le jeu et finalement de défavoriser les entreprises les plus vertueuses. Donc oui je, au niveau politique ce serait bien en effet de ne pas détricoter le CSRD, ce serait bien d’imposer aux entreprises quand même des minima en termes sociaux, des minima en termes environnementaux, pour garantir à tous que le monde de demain sera agréable à vivre pour nos enfants.
Pourquoi Eric a rejoint Kaya
[00:11:23] Michel Godart: Est-ce que c’est ça qui a fait que tu as rejoint la coalition « Kaya »? Ça a été un élément déclencheur aussi dans tes choix de rejoindre « Kaya »?
[00:11:29] Eric De Vreese: Oui, alors, je vais avouer que je suis dans quelques organisations chaque fois qu’elles attirent ma sympathie, et « Kaya » attire tout à fait ma sympathie, écopreneur. Je crois que quand on travaille dans le durable, on a besoin aussi de se retrouver avec des gens qui sont animés par les mêmes valeurs. Parce que, de temps en temps on a besoin aussi de se ressourcer entre nous je dirais, parce qu’on est parfois quand même confronté à des gens qui n’ont pas beaucoup envie de bouger. C’est parfois très frustrant, de détricotage politique, par exemple CSRD j’en parlais. Et tout ça c’est parfois un peu minant donc, si on veut rester dans un esprit positif, un esprit optimiste, ben il est très important de se ressourcer entre nous. Donc, c’est une raison pour laquelle j’ai rejoint « Kaya » ou d’autres organisations où se trouvent des personnes animées par ces valeurs. Et puis « Kaya », oui, cette espèce d’advocacy au niveau politique est très, très, importante comme je le disais (Michel Godart: C’est pour ça que je fais le lien, oui) juste avant donc ce sont les deux raisons principales. En dehors du fait que Candice est très sympathique, et que je suis très content d’être là.
[00:12:16] Michel Godart: Je suis assez d’accord avec toi sur la sympathique de Candice, d’ailleurs elle anime cette communauté avec un enthousiasme, un sourire, un savoir-être, un savoir-faire incroyable. Moi je suis bluffée par ses talents donc je ne peux que corroborer tes dires.
La baguette magique
[00:12:25] Candice Enderlé: Alors Eric, si aujourd’hui tu avais une baguette magique, qu’est-ce que tu ferais?
[00:12:30] Michel Godart: Tu as tout pouvoir hein? (Candice Enderlé: Oui) Laisse l’utopie prendre place.
[00:12:32] Candice Enderlé: Tout est possible, là, tout de suite, maintenant.
[00:12:35] Eric De Vreese: Peut-être au risque de répéter un tout petit peu certains éléments que j’ai déjà dit, je crois que j’essaierai d’éveiller la conscience de chacun sur ce qui rend heureux. L’homme n’est pas extrêmement doué pour comprendre ce qui le rend heureux. Il pense toujours que des richesses va le protéger de tout, va lui donner accès à une consommation matérielle qui va le rendre heureux. Beaucoup d’études le prouvent, c’est pas la piscine dans le jardin ou les selfies au bord de la plage qui rendent heureux. Ce qui rend heureux c’est retrouver la confiance, la confiance en soi, la confiance en l’autre, la confiance en l’avenir, la confiance dans le monde. Ce qui rend heureux, c’est l’altruisme, la générosité, s’occuper, le « Care » en anglais. Ça, ça rend vraiment heureux (Candice Enderlé: Contribuer). Et donc voilà, je pense, moi j’ai vraiment, j’ai vécu les deux hein. Je peux vous dire aujourd’hui, je vis avec probablement 1/10 du salaire que j’avais avant, et je suis tellement plus heureux quoi! Je suis aligné, je me sens bien, je me regarde dans la glace, je me sens bien, je fais du sport, je travaille moins, je m’occupe des gens que j’aime autour de moi. Et croyez-moi ça rend beaucoup plus heureux, je vis beaucoup plus simplement hein? Je pars, j’ai pas pris l’avion pendant deux ans, je mange moins de viande, enfin c’est des exemples un peu traditionnel mais tout ça s’est installé tout seul finalement, en s’informant. Ben le cerveau communique avec le corps et (Candice Enderlé: C’est ça) le corps comprend et on change un peu ses comportements de vie. Et tout ce qu’on croyait qui était difficile à faire et qui peut-être rendait potentiellement moins heureux, ben c’est tout l’inverse en fait.
Conclusion et clôture de l’épisode
[00:13:48] Michel Godart: Donc si je te comprends bien, le pouvoir de la baguette magique c’est de faire prendre conscience de tout ça. Et finalement, on pourrait conclure en disant que chaque matin, quand on se regarde dans la glace, pour reprendre ton image, on se sent quand même mieux, faut l’avouer.
[00:13:57] Eric De Vreese: Voilà. Mieux et fier de contribuer à quelque chose de plus grand que soi en fait.
[00:14:01] Michel Godart: On est trois ici, je pense, à pouvoir (Candice Enderlé: Oui) confirmer.
[00:14:04] Candice Enderlé: Puis tu le dis bien, le bonheur est immatériel.
[00:14:06] Michel Godart: Super! Ce sera le mot de la fin!
[00:14:06] Eric De Vreese: Tisser des liens, tisser des liens et tisser des liens.
[00:14:09] Michel Godart: Ce sera le mot de la fin je pense. C’est un super message que tu nous laisses, il y a plein de beaux messages que nous a laissé. Moi j’invite les auditeurs et auditrices à réagir sur le lien qui est dans le descriptif du podcast. Il y a un lien répondeur vocal, on peut te laisser un message de gratitude, d’encouragement, de remerciement, un commentaire, une question, et on se fera le plaisir de regarder la question vers toi.
[00:14:25] Candice Enderlé: Et n’oubliez pas vous abonner à notre chaine YouTube et à la playlist « Parole d »écopreneur ».
[00:14:31] Michel Godart: Youtube Candice, sur laquelle on va ajouter, petit à petit, de plus en plus, des sous-titres pour les sourds et malentendants, pour qu’ils puissent lire le podcast (Candice Enderlé: Oui). Pour ceux qui ne savent pas l’entendre, en sous-titrage de la vidéo.
[00:14:41] Candice Enderlé: Fantastique!
[00:14:42] Michel Godart: À bientôt.
[00:14:43] Candice Enderlé: À bientôt!
[00:14:43] Eric De Vreese: Merci.
[00:14:44] Michel Godart: Vous avez écouté un épisode de podcast « Kaya », « Parole d’écopreneur », des parcours inspirants de celles et ceux qui entreprennent autrement. Un podcast « Kaya » avec le soutien de la « Loterie Nationale ».
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