Equi-Libres ASBL

Equi-Libres

« Equi-Libres » ASBL – Pierre-Yves Hittelet & Savina de Laveleye. . Midoricast : Podcast #179

Envie de laisser un message vocal pour Savina et Pierre-Yves ? Un encouragement, une gratitude, une question à propos de l’ASBL « Equi-Libres »? C’est en suivant ce lien : on transmettra vos messages (mentionnez juste bien, dès le début, à qui le message est destiné et précisez si nous pouvons utiliser votre voix pour répondre dans une prochaine capsule podcast)

Crédit Photo © Copyright • All Rights Reserved • Audrey Klein

Découvrez « Equi-Libres » ASBL, une ferme pédagogique située à La Hulpe en Belgique, qui vous invite à vous reconnecter à la nature.

À travers leur programme d’équithérapie, Pierre-Yves Hittelet et sa femme Savina vous offrent une autre vision du cheval, en tant qu’être vivant et partie intégrante de la nature.

Dans cet épisode de Midoricast, vous allez plonger dans l’univers d’Equi-Libres et découvrir leur mission et leur histoire.

Mais ce n’est pas tout ! L’équipe d’Equi-Libres a besoin de votre soutien pour continuer leurs activités. Ils organisent une porte ouverte le 23 avril 2023 et une cagnotte solidaire sur Leetchi. Faites un don !

Grâce à ce podcast, vous pouvez aider à promouvoir leur initiative et les aider à atteindre leur objectif. Rejoignez-nous pour une immersion dans la nature et une belle aventure solidaire !

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Les messages vocaux lors des portes ouvertes du 23 avril 2023 :

Lien Internet :

Pour les personnes sourdes ou malentendantes, nous proposons une transcription en fin d’article.

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Séquençage du podcast « Equi-Libres » ASBL avec Pierre-Yves Hittelet :

  • [00:00:19] Introduction
  • [00:00:57] Présentation de l’invité et d’« Equi-Libres » ASBL
  • [00:02:25] Quels sont les besoins identifiés par Equi-Libres ?
  • [00:04:37] Equi-Libres : pour quel Public ?
  • [00:05:13] Equi-Libres : une approche permacole globale
  • [00:06:53] Un public adulte aussi
  • [00:07:12] L’équipe Equi-Libres grandit
  • [00:07:22] Equi-Libres : sur base de bénévolat
  • [00:08:19] La découverte du cheval la première fois, sa sensibilité !
  • [00:10:02] Comment ça se passe chez Equi-Libres avec les ados ?
  • [00:11:07] Tes autres activités : un trésor et une bonne complémentarité pour Equi-Libres
  • [00:12:55] Des ados vers les plus petits aussi ?
  • [00:13:15] Un bilan d’Equi-Libres après ces 7 années d’existence ? Des chalenges ?
  • [00:15:07] L’impact de la crise financière pour Equi-Libres
  • [00:15:24] Les success-story d’Equi-Libres
  • [00:17:20] L’importance de recréer du lien social
  • [00:18:19] Portes ouvertes d’Equi-Libres le 23 avril 2023 de 10 h à 17 h
  • [00:18:47] Une boite à dons ?
  • [00:19:09] Site web, réseaux sociaux ?
  • [00:19:40] Appel aux dons !
  • [00:20:37] Clôture du podcast

Le transcript du podcast « Equi-Libres » ASBL avec Pierre-Yves Hittelet :

Télécharger ( Click droit : « Télécharger le fichier lié ») ou suit ce lien vers un nouvel onglet pour lire la transcription du podcast
(sans les times codes pour les assistants de lecture).

Michel : [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor des transforma bxl – Innovation Playground. Et vous retrouvez tous les épisodes sur le site« What’s Your Story .be »

Jingle intro :[00:00:16]Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:00:19] Bienvenue pour un nouvel épisode de Midoricast, votre podcast sur la transition et les initiatives positives en faveur de l’environnement. Alors Midori c’est Vert en japonais, Cast pour Broadcast, c’est donc un mot composé valise comme on dit tel que le podcast est défini : pod pour iPod et cast pour broadcast. Alors aujourd’hui, j’ai la joie de retrouver quelqu’un qui est venu plusieurs fois à mon micro, mais dans un autre projet podcast, puisqu’on en produit plusieurs, qui était le projet hrmeetup où on parlait de passion de travail, des ressources humaines. On avait déjà, dans le cadre de ton interview, parlé de « Equi-Libres » mais je ne vais pas trop en dire tout de suite. Et je vais d’abord te présenter : Pierre-Yves Hittelet. Merci de m’avoir rejoint.

Pierre-Yves Hittelet: [00:00:55] Oui, merci à toi Michel de m’accueillir surtout.

Michel Godart: [00:00:57] Alors il y a un évènement qui approche bientôt, on s’est dit ben tiens ce serait bien de faire une capsule podcast déjà pour l’annoncer. Et puis ce serait une belle opportunité de mettre sur votre site cette capsule parce qu’on va faire en sorte qu’elle vous présente définitivement, votre concept et ce que vous faites. Parce que je trouve ça très inspirant et puis y a un lien très fort avec l’environnement. Alors moi je dis toujours, et je le rappelle, quand on parle d’environnement et de transition c’est important de se rappeler que la santé mentale et physique en font partie. (Pierre-Yves Hittelet : Oui, tout à fait). Parce qu’utiliser de la médication ben c’est polluer et c’est favoriser un monde industriel qui pollue. Donc c’est partie intégrante de la démarche de transition (Pierre-Yves Hittelet : Oui) ainsi que la lutte contre la discrimination. Avec les changements de paradigme actuels, il est évident que la solidarité sera la solution prioritaire à mettre en avant. Alors, je vais arrêter mes beaux discours, je vais te laisser d’abord rapidement te présenter pour nous auditeurs, parce que tu représentes ton épouse, qui n’est pas avec toi, qui êtes-vous ? Toi et ton épouse hein, donc je demande une présentation (Pierre-Yves Hittelet : Oui) des deux, hein ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:01:43] D’accord. Alors Savina et moi, on est mariés maintenant depuis trois ans, je vais me faire disputer si je me trompe, mais on est ensemble depuis 2012, donc ça commence à faire une certaine période. (Michel : Joli!) Ouais, ouais, ouais et ensemble on a construit « Equi-Libres » qui est une ferme pédagogique qui est située à La Hulpe. C’est son projet, c’est notre projet, on l’a construit ensemble, ce sont ses idées et ma force de travail derrière. Donc les deux énergies combinées, qui ont fait que cette ferme pédagogique a vu le jour il y a à peu près sept ans maintenant. Et donc aujourd’hui, on a été un petit peu rattrapé finalement, ou porté par le succès de la ferme, parce qu’on a en fait couru un petit peu derrière le train depuis le début. On est arrivé avec quelque chose dont, je pense, les gens ont besoin puisque la ferme ici, son but premier, c’est d’offrir de la reconnexion à la nature.

Michel Godart: [00:02:25] Derrière le besoin de se connecter à la nature, quel autre identification d’attentes humains, ou de besoin humain, avait-elle identifié avec toi ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:02:31] Oui, alors spécifiquement Savina son projet c’était d’offrir une autre vision du cheval. Donc ce qu’elle a constaté, ou en tout cas c’était son combat on va dire, c’est le cheval n’est pas un vélo (Michel : Merci). On ne va pas, ouais, on ne va pas au manège, j’ai payé mon temps sur le cheval, je monte sur le cheval, je fais mon tour. C’était pour répondre un petit peu ou rééquilibré, en tout cas pour elle, c’était sa première démarche. Le cheval c’est un être vivant, c’est un être qui fait partie de la nature (Michel :Et de la famille). Et ce n’est pas un outil, tout à fait, ce n’est pas un objet de consommation. Et donc sa première impulsion c’était de reconnecter l’humain à la composante nature et à l’animal plutôt que « Je vais faire mon tour de manège ». Et donc on fait principalement, au départ en tout cas, du travail à pied, on passe plus de temps avec les bénéficiaires, au départ en tout cas, à comprendre l’animal et son environnement, à établir une relation avec l’animal avant de passer à l’étape « monte », donc ça c’était la première démarche. Et puis ça a assez vite fonctionné parce que c’est vrai qu’il y a beaucoup de manèges, j’allais dire de ménage, mais il y a beaucoup de manèges dans les environnements de La Hulpe et on a eu énormément de personnes qui se trouvaient en fait en difficulté avec le cheval. Je vais faire mes cours d’équitation, je sais monter à cheval, mais en fait j’ai peur du cheval. Donc on a eu assez rapidement beaucoup de personnes intéressées par cette autre approche qui est de comprendre l’animal d’abord, de le respecter, de comprendre son environnement et puis alors de faire des cours de monte et d’équitation. Ça, c’était la première étape. Et puis assez rapidement, parce que Savina est quelqu’un très créative, je le suis aussi. Mais d’abord c’est les chevaux et les poneys, et puis des chèvres, et puis des moutons, et puis des lapins, et puis des hamsters, et puis poules, canards, coqs, chiens, chats. Il y a déjà un petit moment, je lui ai dit tu sais, ce n’est plus un centre d hypnothérapie mais plutôt une ferme pédagogique qu’on a ici. Ce qu’on fait dans cette ferme pédagogique, c’est proposer le retour à la nature et de permettre aux personnes qui y viennent, aux bénéficiaires, de se reconnecter à la nature de diverses manières, avec le cheval mais aussi avec les animaux que je viens de citer : la chèvre, le mouton, les poules, qui pour un Bruxellois, communs j’ai envie de dire, ou les personnes qui sont aux alentours de La Hulpe, c’est parfois de la science-fiction.

Michel Godart: [00:04:37] Les gens qui viennent vous voir, ce sont des adultes, des enfants. Quel type de tranche d’âge viennent vous voir ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:04:42] Alors on a commencé, je dirais les grandes tranches de population qui viennent nous voir, pour les stages nature de trois ans vers sept ans, huit ans. Donc la première approche, les plus jeunes, c’est de redécouvrir la nature et les animaux de la ferme en général. Dans les stages que l’on organise pendant l’été, pendant les vacances scolaires, pour la partie nature, donc pour les plus jeunes, c’est comment fonctionne une poule, comment fonctionne le recyclage du crottin par exemple, la permaculture, le potager, planter, semer, récolter, donc vraiment les éléments de base du cycle naturel.

Michel Godart: [00:05:13] Vous avez une approche permacole globale

Pierre-Yves Hittelet: [00:05:15] Exactement, et il y a un contact avec les chevaux et les poneys également pendant la semaine. Et puis la deuxième tranche c’est la partie plus poney relationnel ou relation avec le poney et le cheval. Là c’est pour les un petit peu plus âgés. Donc à partir de neuf ans, plus ou moins, là on commence, on a la possibilité d’aller plutôt avec les cours relationnel poney et là on est beaucoup plus dans le travail à pied, comme je le disais tout à l’heure, où on apprend comment fonctionne un poney, on en prend d’abord soin, on apprend d’abord à le connaître avant d’en faire potentiellement un partenaire de monte. Et donc avant de monter à cheval, d’abord on le brosse, d’abord on apprend à comprendre ses émotions, son langage, à le déplacer, à lui faire faire un parcours, par exemple au sol.

Michel Godart: [00:05:53] Ce qu’on attend de lui.

Pierre-Yves Hittelet: [00:05:54] Ce qu’on attend de lui. Et aussi pour certains, soigner certaines peurs d’un animal qui peut être plus grand que soi.

Michel Godart: [00:06:01] Et derrière lequel on ne passe pas n’importe comment, pas ramasser un coup de sabot.

Pierre-Yves Hittelet: [00:06:04] Voilà, c’est ça. Et de toute façon, évidemment on fait attention à la sécurité, ça c’est toujours très important. Mais il y a surtout ce rapport, ce relationnel qui doit se mettre en place. Donc ça, ce sont les deux grands publics, au départ. Et puis on a de plus en plus de stages ou d’activités pour les adolescents aussi, que ce soit découverte de l’animal, de la nature, ou des animaux de la ferme, mais aussi du thérapeutique. On a du handicap léger, j’ai envie de dire, et aussi du thérapeutique. On a vu avec malheureusement la crise Covid, énormément de jeunes passaient beaucoup trop temps derrière les écrans, c’était déjà un problème avant, ça s’est renforcé ici avec la période Covid. Et donc nous ce qu’on offre ici, ben c’est la possibilité aux adolescents de retrouver contact avec leur corps, d’être à l’extérieur, d’être en nature, avec l’animal, avec un écran le plus loin possible pendant 1 h, 2 h que dure l’activité. Ça c’est les publics, les différents tranches, et on commence à développer progressivement aussi des activités pour adultes.

Michel Godart: [00:06:53] Et les parents qui voient leurs ados aller mieux avec cette approche (Pierre-Yves Hittelet :Voilà), ben à un moment donné, quand on entend le nombre de burnout et de mal-être en entreprise (Pierre-Yves Hittelet : Exact), de distance entre les valeurs que prône une entreprise et la réalité (Pierre-Yves Hittelet : Oui), je crois que l’adulte, l’humain, a juste aussi envie de besoin de ça quelque part.

Pierre-Yves Hittelet: [00:07:06] Tout à fait. On a des équipes de bénévoles, il faut se rendre compte que deux hectares, 60 animaux, il y a presque 100 personnes qui gravitent.

Michel Godart: [00:07:12] Et vous étiez que a deux au départ.

Pierre-Yves Hittelet: [00:07:14] Et on était que à deux. J’ai rapidement dit à Savina « ça ne va pas aller, il va falloir du monde, un peu… Il nous faut un plus grand bateau, il nous faut une équipe un peu plus grande ».

Michel Godart: [00:07:22] Sur base de bénévolat.

Pierre-Yves Hittelet: [00:07:23] Il y a différentes manières de soutenir l’ASBL. Une des manières de soutenir l’ASBL, c’est une grosse équipe de bénévoles, on est entre 35 et septante bénévoles, donc ça, ça dépend un petit peu de la saison. Et l’activité principale pour les bénévoles c’est de venir s’occuper des animaux le matin et de faire l’entretien du lieu. Et là, on a effectivement beaucoup d’adultes et beaucoup de personnes en burnout, ou beaucoup de personnes qui sont plutôt citadines et qui ont besoin de se reconnecter et d’avoir ce moment. C’est 3 h de temps, en nature, à quinze minutes de Bruxelles, de mettre des bottes, de mettre les mains dans le foin, de porter une brouette. Alors on a différentes activités pour les personnes qui ont plus de mobilité et celles qui en ont moins, mais c’est aussi nourrir les lapins. Et donc ces différentes activités qui permettent aux adultes, notamment ici, de pouvoir se reconnecter. Et beaucoup qui sont chez nous sont en soins de burnout, après avoir été trop loin dans le système nerveux, eh bien la nature ici, c’est le meilleur médicament que l’on puisse offrir.

Michel Godart: [00:08:19] Mais même les thérapeutes, je dirai plus classique, sont tous d’accord de dire que la première étape, quand on vit un burnout, c’est la prise de conscience, mais surtout aller se rattacher à la nature et  (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) aller se balader. Je vais dire c’est mieux qu’un anti-dépresseur (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), c’est beaucoup mieux que de prendre des médicaments et rien n’aura un effet aussi positif qu’une bête balade en nature, alors imagine le contact des chevaux. Alors là je vais avoir des questions plus spécifiques, tu t’en doutes un petit peu, tu étais le premier public de ton épouse, au début c’était déjà connu pour toi le relationnel avec le cheval ? Ou c’était une découverte via ton épouse ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:08:46] Ça a été une découverte. Il faut savoir que moi je ne monte toujours pas. Je n’ai pas spécialement un attrait pour la monte, mais par contre j’ai ce contact avec les animaux au quotidien et je trouve que la nature et les animaux sont pleins d’enseignements. Oui, j’ai été bénéficiaire, pas spécialement d’avoir suivi des cours, mais je dois au quotidien déplacer des animaux, je dois les soigner aussi et donc ce contact bien il m’a beaucoup apporté.

Michel Godart: [00:09:07] Et tu l’as créé finalement et tu t’es rendu compte de ce qu’il t’apporte quoi.

Pierre-Yves Hittelet: [00:09:09] Oui, tout à fait. Le cheval est un grand, grand messager, un animal extrêmement sensible. C’est un animal de proie et donc il est extrêmement vigilant à son environnement (Michel : Ouais). C’est une des raisons pour lesquelles on utilise le cheval, ici en thérapie, on dit qu’il est miroir parce que si on arrive dans la piste avec du stress, de la peur (Michel : Il ressent), de l’agressivité, il le sent tout de suite. Et donc on va utiliser alors à ce moment-là le cheval comme miroir et dire tiens, regarde, regarde ce qui se passe ici, tu essayes de déplacer le cheval mais il s’éloigne de toi, ou il se rapproche trop de toi, ou il ne veut pas t’écouter, ou, ou, ou… Et le cheval étant extrêmement sensible, si on change sa posture ou si on change son état mental, émotionnel, et bien on voit le résultat assez vite sur l’animal.

Michel Godart: [00:09:49] C’est quasi immédiat quoi.

Pierre-Yves Hittelet: [00:09:50] Voilà, qui va se rendre compte « Tiens, il y a un changement d’énergie ici, je suis moins en danger, je suis plus en sécurité, ou je suis plus curieux, ou je suis plus en confiance ». Et donc c’est une des grandes choses qui se passe avec les chevaux et qui est source de plein d’apprentissage.

Michel Godart: [00:10:02] Alors je vais rebondir Pierre maintenant, sur, les premières personnes… Alors les enfants, je crois que c’est évident (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), le contact il se fait tout seul, ils comprennent très vite, ils ont la même sensibilité, pureté, pour le sentir et le voir. Je crois que les ados très fortement aussi ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:10:15] Moi, ce que j’aime beaucoup avec le travail des adolescents, c’est progressivement le travail de responsabilisation. Ils ont beaucoup d’énergie, ils ont beaucoup de curiosité, mais on attend aussi un petit peu de leur part : un autre engagement que les plus jeunes. Le sens de la responsabilité est quelque chose qui va être présent, c’est très large en fait hein. C’est ce qui est intéressant, c’est qu’on doit s’adapter à la personne qui vient et qui est bénéficiaire. On peut avoir autant un adolescent qui a besoin d’être rassuré et qui a besoin d’être encadré, et qui va trouver auprès du cheval une forme d’affection dont il-elle avait besoin, une forme d’encadrement et de rassurance auprès du thérapeute, ou auprès de l’encadrant, de l’animateur. Autant on peut avoir quelqu’un qui a déjà une base confiance suffisamment solide mais qui a besoin de balises, de responsabilisation, donc cela va vraiment dépendre d’une personne à l’autre. Je pense à différents adolescents qui sont chez nous et qui progressivement endossent des responsabilités, progressivement en tout cas, envers un animal ou envers une tâche.

Michel Godart: [00:11:07] Ce que je voudrais quand même signaler, parce que les gens ne le savent pas, ici ils te découvrent pour la première fois dans cette interview : tu es fan et tu pratiques le taï-chi (Pierre-Yves Hittelet : Oui, tout à fait) tu es fan d’arts martiaux. Ça rassure, moi si je suis parent et que je mets mes ados ou mes enfants chez vous, sachant ça déjà, ça apporte quelque chose qui est zen, qui est cadré tu vois ? Et qui plus est, dans ton métier de tous les jours, tu entraînes des forces spéciales, les militaires, les policiers. Ça ne te rend pas autoritaire, c’est pas l’image que je veux donner, mais par contre tu représentes quelqu’un qui a les idées bien claires, bien dans sa tête et bien posé sur ses épaules, sans vouloir te faire de fausse flatterie…

Pierre-Yves Hittelet: [00:11:40] Ouais, ouais, non c’est gentil vas-y.

Michel Godart: [00:11:41] Et je trouve que ça a un côté très, très, rassurant de savoir que à la fois on a une professionnelle qui connaît son métier, qui est ton épouse. Mais toi, avec ton bagage de connaissances sur ce plan-là, est-ce que je me trompe si je dis que ça doit quand même bien aider ? 

Pierre-Yves Hittelet: [00:11:53] Tout à fait, c’est une bonne combinaison, on a chacun nos forces mon épouse et moi, et…

Michel Godart: [00:11:56] Mais c’est rassurant.

Pierre-Yves Hittelet: [00:11:57] Et c’est rassurant, oui, oui, tout à fait. La structure est là, Il faut quand même se rendre compte que c’est une sacrée équipe et il y a une nécessité, pas uniquement d’avoir de la bienveillance, mais il y a cette partie responsabilité aussi, responsabilisation. Parce qu’on ne fait pas que ce qu’on veut, quand on fait partie d’une équipe comme celle-là, quand on fait partie d’une équipe de bénévoles, c’est vrai on n’est pas payé, c’est vrai, mais en même temps, on fait partie d’un ensemble, d’un collectif, et si on décide de ne pas venir parce qu’on se sentait mieux de rester au lit ce jour-là, ben ça a une implication pour le reste de l’équipe, donc il y a cet aspect aussi responsabilisation qui intervient. Et pour certaines personnes c’est un beau chemin, c’est quelque chose d’important aussi, donc on a les deux. On offre un cadre dans lequel certaines personnes peuvent se déposer et ils ont besoin de se sentir accueillis et de se sentir soutenus. Et puis il y a certaines personnes qui vont découvrir ce que c’est d’avoir la responsabilité, aussi d’encadrer, à leur manière. Et encadrer ça veut dire je prends la responsabilité d’une tâche, ou de soutenir quelqu’un dans une tâche, et pour certaines personnes, aussi bien les ados que d’autres, et bien c’est une redécouverte ou une découverte. Et c’est un beau chemin aussi.

Michel Godart: [00:12:55] Et parfois des ados vers les petits, les plus petits aussi ? (Pierre-Yves Hittelet : Oui on fait ça, tout à fait) Il y a le lien qui est fait aussi quoi (Pierre-Yves Hittelet : Tout à fait).

Pierre-Yves Hittelet: [00:12:59] On vient justement d’avoir des groupes qui ont fusionné, on avait des plus jeunes et des adolescents, des très jeunes quatre-cinq ans et puis des un petit peu moins jeunes, plutôt du côté adolescent. On avait fusionné les deux groupes et c’est ça qui a été mis en œuvre, c’est que les plus âgés s’occupaient des plus jeunes (Michel : Ben oui évidemment) et voilà il y a plein de belles choses qui se passent de ce côté-là. 

Michel Godart: [00:13:15] Ça aussi, c’est gratifiant pour eux quoi. Ce qui m’intéresse, quand on présente le comment ça fonctionne, c’est d’avoir aussi une température, où est-ce qu’on en est ? Est-ce que ça marche bien, Est-ce que ça marche moins bien ? Ou est-ce qu’on en est sur le bilan de ces sept années déjà. Qu’est-ce qui marche bien, qu’est-ce qui marche moins bien ? C’est quoi les challenges en fait ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:13:29] C’est une très bonne question. Alors ce qui marche bien, c’est que depuis le démarrage, on a eu vraiment un engouement et énormément d’intérêt. Parce que je pense qu’on répond à un besoin vraiment très important, celui de se reconnecter à la nature, surtout avec la phase Covid où les gens étaient enfermés chez eux avec de plus en plus de digital, de plus en plus de réunions à distance. Le fait d’être à l’extérieur, c’est vraiment très important pour énormément de gens. Et donc ça, ça fonctionne très, très, bien. On a relativement beaucoup de gens qui viennent, on a pas mal de bénévoles aussi qui viennent nous donner un coup de main. Donc ça, ça fonctionne assez bien, ce qui est un peu plus difficile. Et c’est là spécifiquement, cette année ci, c’est que la crise qui impacte le monde entier, je dirais l’Europe certainement, et la Belgique, l’augmentation des prix de l’énergie (Michel : Les frais de vétérinaire) l’inflation.

Michel Godart: [00:14:10] La nourriture pour les animaux.

Pierre-Yves Hittelet: [00:14:11] Voilà tout a augmenté très, très, très, vite et assez fort. Et nos rentrées, pour le moment, parce on n’a pas de subsides, on fonctionne uniquement sur fonds propres et donc on fonctionne avec les rentrées des activités que l’on propose. Mais les activités se remplissent moins, parce que c’est une réalité que pour beaucoup de parents, ça devient très difficile de (Michel : De faire les fins de mois), voilà, de faire les fins de mois. Et donc finalement, ce que j’ai entendu comme retours de nos hypothérapeutes, ou de nos animateurs-animatrices, c’est : pour certains parents c’est, soit on part en vacances, soit on met les enfants en stage, ou on met les enfants en stage ou on ne sait pas bien se chauffer. C’est difficile, je pense que les personnes qui vont le plus souffrir ce sont déjà les personnes qui sont les plus fragilisées.

Michel Godart: [00:14:48] Oui et les jeunes en plus !

Pierre-Yves Hittelet: [00:14:49] Voilà, l’asbl est une ASBL qui n’a pas pour vocation, comme une ASBL, de faire énormément d’argent. Donc on a fonctionné en fonds propres et on n’a pas accumulé énormément de moyens. Et donc pour peu que la situation se complique, et je pense que la situation c’est compliquée, très, très, très, fort pour tout le monde. Et bien l’ASBL est aujourd’hui également en difficulté.

Michel Godart: [00:15:07] En fait c’est le but aussi de cette interview, on va demander aux auditeurs : eh bien voilà, je crois que vous avez compris que c’est important ce qui se passe dans cette ferme. Ça fait du bien à beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, de monde et à choisir entre aller au ski deux semaines et y aller une semaine et faire un stage chez vous. Mais moi j’aurais, en tant que parents, tendance à aller faire un stage chez vous. D’ailleurs, je vais le faire.

Pierre-Yves Hittelet: [00:15:23] Et tu es le bienvenu !

Michel Godart: [00:15:24] Et on peut faire des dons, je vais vous faire « un appel aux dons », aux auditeurs. Je pense que ce serait bien utile de vous donner un petit coup de pouce pour cette démarche. Et alors pour compléter de les motiver à faire ce dont, j’ai envie de te demander une success-story, tu vois un cas d’école, tu peux me raconter sans dévoiler l’identité de la personne (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), où tu dis voilà, la personne arrive dans cet état (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) et voilà ce que j’ai observé.

Pierre-Yves Hittelet: [00:15:42] Oui, il y en a plein. En fait moi-même je suis émerveillé chaque jour que je passe sur le terrain. On a des retraités qui auraient pu rester chez eux et progressivement déprimer en se disant à quoi bon ? Et qui retrouvent un élan de vie. J’ai une personne en particulier qui bricole beaucoup à l’ASBL, qui soutient en faisant les travaux de réparation. On a du handicap léger aussi, parmi les bénévoles, donc des personnes qui ont un léger retard mental et qui s’épanouissent et qui retrouvent de l’autonomie. (Michel : Oui c’est ça quoi!) C’est à dire qui retrouvent des compétences pour pouvoir vivre par eux-mêmes, c’est difficile hein ? Comme on leur confie progressivement des tâches, ils arrivent à retrouver l’autonomie. Donc ça c’est déjà une belle chose. Et alors des personnes en burnout, oh j’en ai encore tellement… Des personnes en burnout qui retrouvent, on voit les yeux fatigués et puis on voit le sourire revenir de semaine en semaine. Et alors je dirai aussi : on a des peines alternatives, ça c’est peut-être, oh ça, ça c’est une belle histoire… On a des peines alternatives, c’est à dire des personnes qui ont des infractions très légères, parmi les bénévoles, des infractions de roulage ou… Et des personnes qui n’ont pas les moyens de payer, et plutôt que de devoir payer l’amende, viennent faire un service citoyen chez nous. Ce sont des personnes qui arrivent et on voit dans leurs yeux : la peur du jugement. « Je suis ici, je sais que vous savez que c’est parce que j’ai fait » et je dis que ce sont des infractions légères hein, parce que ça c’est très important évidemment. C’est de l’infraction de roulage, c’est avoir bu un verre de trop peut-être, sur la voie publique. « Je sais que vous savez que je suis ici pour quelque chose et j’ai pas envie d’être jugé » et on voit cette crainte dans les yeux, et chez nous en fait on ne juge pas comme ça. Tout le monde a droit à une seconde chance (Michel : Ah oui c’est ça quoi!) et on voit ces personnes progressivement en fait, avec la confiance qui leur est accordée, s’ouvrir, faire leur service citoyen, et finalement repartir mieux que quand ils sont arrivés. Et ils ont envie de revenir après, ils ont envie de continuer.

Michel Godart: [00:17:20] Ce que tu n’as pas cité mais je le sais parce qu’on en a parlé « offline » (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), c’est aussi l’importance du lien social que vous recréez. Parce que si on t’a bien écouté, (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) vous recréez des liens entre générations (Pierre-Yves Hittelet : Oui, tout à fait), entre personnes avec handicap (Pierre-Yves Hittelet : Ahh) avec des personnes ados en perte (Pierre-Yves Hittelet : Oui, tout à fait) de repères, soyons clairs. Des adultes en perte de repères (Pierre-Yves Hittelet :Oui) et de sens. Parce que quand on fait un burnout, la première chose qu’on cherche c’est du sens et du repère, du lien social dans un autre contexte qu’au travail (Pierre-Yves Hittelet : Tout à fait). Il y a tellement de magie que vous êtes en train de créer que moi j’ai juste envie de dire, les auditeurs, s’il vous plait, « faites un geste, motivez, allez aider cette asso parce que franchement, ils le méritent bien ». Moi perso, je me suis engagée à essayer de vous aider un max. D’abord y a cette interview, je vais venir vous voir et puis on a aussi des mises en contact que j’ai créé et que je vais continuer de créer avec toi. Mais j’ai vraiment envie de stimuler cette initiative parce qu’elle est belle. Il y en a d’autres hein, vous n’êtes pas les seuls à faire ça, mais ce qui est génial ici, c’est que t’es sur Bruxelles, c’est facile d’accès. Tu as ce côté où toi, avec toutes tes activités autour, je l’ai dit, c’est très rassurant. Et puis tu as l’expérience de Savina qui est quand même assez parlante je dirais, et quand même professionnelle. Donc ça c’est un point qu’on va aussi signaler pour tout doucement clôturer ce podcast. Est-ce qu’il y a autre chose qu’on n’a pas encore dit ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:18:19] Oui, tout à fait, le 23 avril (Michel : Voilà, ben oui) on fait une porte ouverte (Michel : Ah oui, c’était le but de l’interview en plus) donc, voilà. Donc si vous voulez découvrir le lieu, les portes s’ouvrent à vous le 23 avril, donc c’est un dimanche de 10 h à 17 h. On fait des portes ouvertes chaque année et donc cette année-ci en 2023, c’est le dimanche 23 avril de 10 h à 17 h. C’est l’occasion de rencontrer, ben de voir les animaux, de voir le staff, des bénévoles, les hypothérapeutes et de découvrir les différentes activités qu’on offre au sein de l’ASBL. C’est une bonne manière de faire. Et sinon, on a…

Michel Godart: [00:18:47] Il y a une boite à dons ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:18:48] Alors il y a une boite à dons mais, le plus simple si vous voulez soutenir financièrement, on a un lien sur la plateforme Leetchi, pour un crowdfunding. Il y a toutes les informations de pourquoi, comment vous pouvez aider, avec votre don financier, donc à quoi ça va servir ? Tout se trouve sur la plateforme Leetchi. Effectivement le lien se trouvera ici dans le podcast. C’est une des manières, si vous ne savez pas venir le dimanche 23 avril, c’est une manière de soutenir l’ASBL.

Michel Godart: [00:19:09] Et de manifester sa solidarité avec vous. J’ai encore d’autres choses à proposer mais avant on va quand même donner un site web, réseaux sociaux ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:19:15] Alors on a un site web qui est « Equi-Libres » avec s .be, donc ça c’est le point central. Mais vous allez retrouver la même chose sur Facebook « Equi-libres » donc, Equi tiret libre, avec s, sur Facebook. Et là vous avez des vidéos qui sont postés presque tous les jours (Michel : Wow) avec les animaux, les chèvres, les lapins, les chevaux. Tous les jours on poste du contenu et on a aussi un Instagram : Equi-Libres a.s.b.l également, donc voilà… (Michel : Que demande le peuple). Que demander de plus ?

Michel Godart: [00:19:40] Exactement. On est conscients que c’est la crise pour tout le monde, que les fins de mois sont difficiles pour tout le monde. Un don, même quelques euros (Pierre-Yves Hittelet : Oui), c’est quand même bien quoi (Pierre-Yves Hittelet : Tout à fait). Parce que multiplié par le nombre de personnes qui feraient ne fût-ce qu’un geste d’un euro, ou de quelques euros (Pierre-Yves Hittelet : Oui), c’est déjà ça de pris, ça aide déjà à nourrir les chevaux (Pierre-Yves Hittelet : Tout à fait ), à payer un vétérinaire donc, prenez conscience de ça (Pierre-Yves Hittelet : Oui). Et maintenant, si vraiment c’est un sacrifice de faire un don, il y a une autre façon de vous aider, c’est de faire connaître ce podcast en le partageant, en likant, en commentant parce que ça lui donne plus de visibilité et quelqu’un qui aura peut-être plus de moyens, ou la poussé de faire un don plus important, en l’entendant, sera peut-être motivé grâce à ce petit bête like, partages, commentaires. Et mieux encore, il y a moyen de laisser un message vocal à Pierre-Yves et à Savina pour leur dire « On vous encourage, chapeau ! Bravo ! » Les paroles, il n’y a rien de mieux pour remercier les gens qu’une parole qui dit « Merci, continuez! » Un encouragement, ça fait aussi du bien, non ?

Pierre-Yves Hittelet: [00:20:26] Oui, ça nous dépasse, je dois le dire, les feed-back, on ne sait plus trop comment…

Michel Godart: [00:20:30] Mais ils sont toujours bienvenus.

Pierre-Yves Hittelet: [00:20:31] Ils sont toujours bienvenus. Mais la magie du lieu est juste… Voilà , venez voir et par vous-même, c’est très porteur.

Michel Godart: [00:20:37] Donc le lien est dans le descriptif du podcast aussi, vers le voicemail, répondeur. Et si vous nous dites dans le message qu’on veut partager votre voix sur les réseaux sociaux, on pourrait même partager votre témoignage en commentaire du podcast sur les réseaux pour que Pierre-Yves et Savina vous entendent. Et on pourrait même, qui sait dans des future capsule, y répondre. Parce que moi j’envisage aussi d’y aller, à la ferme, avec mon petit micro et de faire le micro-reporter et de prendre des témoignages sur place. On va planifier ça Pierre-Yves

Pierre-Yves Hittelet: [00:20:59] Tu es le bienvenu.

Michel Godart: [00:21:00] 1000 mercis chers auditeurs, merci à toi de m’avoir rejoint au micro. À très bientôt pour de prochaines aventures Midoricast. Au revoir!

Jingle Outro : [00:21:09]Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel : [00:21:11]Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor des transforma bxl – Innovation Playground. Et vous retrouvez tous les épisodes sur le site« What’s Your Story .be »

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