Émilie Many – Épicerie Sociale Les Capucines

Émilie Many - Épicerie Sociale Les Capucines

Émilie Many – Épicerie Sociale Les Capucines. Podcast #112 What’s Your Story

Dans ce podcast, on vous présente, avec notre invitée Émilie Many, une épicerie sociale : Les Capucines, une épicerie solidaire qui lutte contre la précarité et l’isolement.

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L’épicerie solidaire « Les Capucines » est située dans le quartier des Marolles à Bruxelles. Elle a été créée en 2003 et nous recevons pour cet épisode sa directrice: Émilie Many.

Comme elle le dit si bien quand elle mentionne qu’elle « papillonne », Émilie n’est pas seulement une directrice mais elle est aussi une personne proche, à l’écoute et disponible pour ses clients et clientes.

Son intention : distribuer de la dignité et du bonheur à ceux et celles à qui la vie n’a pas forcément permis de vivre sans le stress de savoir que manger demain !

Les Capucines et le « Centre Marollien de Formation par le Travail » (CMFT), deux ASBL, deux missions :

  • Proposer de l’aide alimentaire aux personnes en situation de précarité.
  • Proposer un accompagnement social et professionnel aux personnes en difficulté, notamment via la formation au métier de réassortisseur.

L’épicerie est ouverte aux bénéficiaires de partenaires sociaux et il faut avoir un pass pour accéder au magasin.
Les Capucines proposent un large choix de produits alimentaires et non alimentaires.

Les Capucines est un lieu important pour le quartier des Marolles, elle offre un soutien aux personnes en situation de précarité et créent un espace de rencontre et de convivialité pour les habitants du quartier.

Pour assurer leurs missions, Les Capucines ont besoin d’aide !

  • Des dons
  • Mais aussi des grandes distributions qui pourraient les fournir pour que l’offre soit la plus large possible.

Les Capucines s’engagent à respecter la dignité des personnes aidées, cela fait partie de leur ADN et de leurs missions.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Les Capucines, écoutez ce podcast ! Vous pouvez aussi consulter leur site internet ou les contacter par téléphone.

Écoutez ce podcast via notre chaîne Youtube (abonnez-vous : merci! ):

Séquençage du podcast avec Émilie Many :

  • 00:19 Introduction et présentation d’Émilie Many
  • 03:06 L’inclusion : un leitmotiv
  • 03:41 Depuis quand l’épicerie existe-t-elle ?
  • 04:03 Une alimentation accessible à un public parfois défavorisé ?
  • 05:09 Ton approche…
  • 08:35 Des prix assez favorables ?
  • 08:54 Le RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) de Carrefour
  • 09:36 Des produits alimentaires qui sont à « J-1 » ?
  • 11:34 La seconde mission : l’accompagnement à la réinsertion professionnelle
  • 12:46 Une épicerie ouverte à tous et toutes ? 14:03 Comment vous aider ?
  • 15:04 Est-ce qu’on pouvait faire des dons ? 15:48 Qu’est-ce qui t’anime ?
  • 17:02 Le choix de dire « Non »
  • 17:54 Le sentiment de recourir à l’aide alimentaire
  • 18:47 L’équipe
  • 19:20 2 heures d’attente avant de rentrer dans le magasin
  • 21:22 Un besoin d’approvisionnement
  • 22:05 Besoin d’aide
  • 22:09 Appel à action
  • 23:17 Est-ce que ça ne devient pas une petite famille ?
  • 24:23 L’adresse ?
  • 24:26 Le site Internet
  • 25:04 Un dernier message aux auditeurs
  • 25:29 Clôture du podcast

Le transcript du podcast avec Émilie Many :

Télécharger ( Click droit : « Télécharger le fichier lié ») ou suit ce lien vers un nouvel onglet pour lire la transcription du podcast (sans les times codes pour les assistants de lecture).

Michel Godart: [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation playground » et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».

Jingle: [00:00:16] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:00:19] Bienvenue pour un nouvel épisode « What’s Your Story »! Alors c’est un podcast qui vous parle de plein de rubriques différentes et aujourd’hui on va parler social, avec l’épicerie sociale « Les Capucines », à Bruxelles, et face à moi j’ai Émilie Many. D’abord, je te remercie de t’être déplacée ici jusque chez transforma bxl à Evere pour me rencontrer, bonjour!

Émilie Many: [00:00:38] Bonjour.

Michel Godart: [00:00:38] Émilie, je suivais, en voiture, ta camionnette « Les Capucines » et j’ai lu « Épicerie Sociale ». Et je me suis dit « Tiens, qu’est-ce que ça veut dire Épicerie sociale? » Alors avant de commencer sur le thème et le sujet, je voudrais d’abord, rapidement en trois minutes, te présenter aux auditeurs. Qui es-tu?

Émilie Many: [00:00:54] Je suis Émilie Many et je suis directrice de l’épicerie sociale « Les Capucines » qui se trouvent au centre de Bruxelles. En fait, j’ai toujours fonctionné dans le secteur social. Quand j’étais petite j’allais au « Patro », après j’étais animatrice « Patro », j’ai été formatrice « Patro », donc ça a vraiment marqué ma vie, le mouvement de jeunesse et l’organisation de jeunesse du « Patro ».

Michel Godart: [00:01:13] Petite parenthèse entre « Patro » et « Scouts », la différence c’est…

Émilie Many: [00:01:17] Alors « Le Patro » c’est une organisation de jeunesse, qui est aussi un mouvement de jeunesse comme « Les Scouts », mais qui a une pédagogie familiale (Michel Godart: Voilà). Et donc ça signifie que les enfants entre cinq ans et seize ans, ou après animateurs, passent certains moments de la journée comme le rassemblement, ensemble, et ils voient vraiment l’évolution de ce qu’ils feront quand ils seront dans la section suivante. Et il y a vraiment une priorité aux milieux défavorisés, aussi pour le « Patro », qui reste quand même marquée aussi

Michel Godart: [00:01:42] Contrairement à ce que j’ai déjà entendu où certains disent que « Les Scouts » c’est catholique, « Le Patro », c’est protestant: rien à voir.

Émilie Many: [00:01:47] Rien à voir (Michel Godart: On est d’accord). Les deux, les deux mouvements de jeunesse, au départ, étaient catholiques, et il y a d’autres mouvements de jeunesse: il y a les guides, il y a les scouts (Michel Godart: Exact), les guides pluralistes, il y a d’autres mouvements de jeunesse. Je trouve que de nouveau, comme partout, la diversité c’est quand même ce qui fait aussi l’intérêt.

Michel Godart: [00:02:00] C’est pas sujet mais je voulais quand même préciser ça, ça me semble important, et je te laisse continuer. Donc tu as toujours été active dans les mouvements de jeunesse, déjà!

Émilie Many: [00:02:05] Voilà j’ai toujours été active dans le « Patro » et donc j’ai fait, après mes études secondaires, des études d’éducatrice sportive. Parce que j’avais ce côté social et ce côté actif. Et après je me suis dit qu’il fallait quand même que j’aille un peu plus loin et donc j’ai été vers l’université en faisant les candi à l’époque en psycho, et une licence en communication d’organisation. Et ce qui m’intéressait vraiment, c’est comment fonctionnent les êtres humains ensemble. Comment on fait pour faire fonctionner les gens pour un but commun quoi. Et par la voie de la communication, et des interactions humaines, ça m’intéressait… Tout ce qui était psychologie sociale, tout ce qui était communication d’organisation, j’adorais.

Michel Godart: [00:02:42] Ben voilà, du coup je ne suis plus étonnée du tout que tu gères la communication avec moi depuis nos premiers contacts comme une pro.

Émilie Many: [00:02:46] Et puis j’ai travaillé dans le secteur des organisations de jeunesse, là en tant que, ça arrive dans une fédération d’organisations de jeunesse et puis dans le secteur de la formation des travailleurs. En fait, les matières RH et les matières communication, toujours dans le social, se sont un peu mêlés. Je travaille cinq ans dans une grosse structure autour du handicap: entreprise de travail adapté, service d’hébergement…heu…

Michel Godart: [00:03:06] Ah voilà pourquoi tu as réagi quand je t’ai dit que nos podcasts étaient transcrits pour les sourds et malentendants (Émilie Many: Oui, oui) ça t’a touchée.

Émilie Many: [00:03:11] Toujours: la diversité et l’inclusion heu

Michel Godart: [00:03:14] On est aligné, on est aligné…

Émilie Many: [00:03:15] Après le village numéro un, pendant cinq ans je me suis dirigée vers l’insertion, une entreprise d’insertion qui s’appelle « 8INFINI » à Bruxelles. Et puis les Capucines maintenant, et le Centre Marollien de formation par le travail. Donc en fait c’est deux ASBL sœurs, l’une qui est l’organe pédagogique et les Capucines qui est l’ASBL, voilà, de terrain.

Michel Godart: [00:03:33] Tu gères les deux (Émilie Many: Oui), double casquette de double directrice…

Émilie Many: [00:03:37] Je suis coordinatrice pédagogique du CMFT (Centre Marollien de Formation par le Travail: CMFT ASBL) et je suis directrice des Capucines.

Michel Godart: [00:03:41] Voilà qui est précisé. Alors on va commencer par La question la plus facile à répondre est souvent la plus courte: ça existe depuis quand?

Émilie Many: [00:03:46] Ça existe depuis 2003

Michel Godart: [00:03:48] A quand même (Émilie Many: Oui), quand même quelques années. 

Émilie Many: [00:03:49] Oui, ça fait plus de 20 ans (Michel Godart: Oui), qu’il y a des bénévoles et des acteurs du terrain du quartier qui se sont dit qu’il fallait, pour ce quartier, qui était quand même le quartier le plus pauvre de Bruxelles, une petite supérette qui permette aux gens de faire leurs courses dans le quartier à petit prix.

Michel Godart: [00:04:03] Tu viens d’anticiper ma question suivante parce que je dis voilà, on a dit depuis quand et on va comprend mieux pourquoi c’est un cocorico. Parce que quand on va dire ce que tu fais, on a déjà une voie hein, on sait qu’on va faire de la réinsertion professionnelle et on sait qu’on va donner de l’alimentation accessible à un public parfois défavorisé. C’est comme ça qu’on a présenté les choses?

Émilie Many: [00:04:20] L’ASBL Les Capucines a deux missions: l’accès à l’alimentation de qualité pour tous, et autour, principalement, d’un magasin, un magasin social. Et on tient au fait d’être un magasin, on ne donne pas des marchandises, on a des clients qui viennent acheter ce qu’ils ont envie de manger (Michel Godart: Voilà). Et autour de ce magasin, on a des projets de plats préparés, des projets d’ateliers cuisines, de banquets collectifs ou de plein d’autres choses qui visent toujours convivialité, alimentation, bien manger, se faire plaisir, faire en sorte que les gens aillent mieux autour de l’alimentation. Et puis la formation de travail, la deuxième mission, la formation de travailleurs en insertion socioprofessionnelle. Et là des travailleurs qui sont très, très, éloignés du marché de l’emploi, où jeunes et inoccupés, peuvent acquérir une expérience, d’un an à un an et demi, pour principalement le métier de réassortisseur.

Michel Godart: [00:05:09] Les auditeurs qui vont nous écouter maintenant vont comprendre pourquoi moi j’ai dû hésiter, mais fortement, à savoir dans quel podcast je vais t’inviter. Parce qu’on a un podcast sur les ressources humaines, donc la réorientation professionnelle: on parle des ressources humaines, des passions au travail. Et puis on parle de l’écologie aussi parce qu’être en bonne santé, avoir accès à une nourriture qu’on a choisie, saine, c’est un choix, entre autres, que tu permets également, on va parler par rapport à cet aspect-là de la mission. J’ai donc failli t’inviter pour « Midoricast », qui est le podcast qui parle d’environnement, mais tu m’as dit « Ouais mais on n’est pas vraiment focus environnement », on va en parler après et on va expliquer pourquoi. Puis je me dis non, en fait ici c’est vraiment le social, la cause qui sort en premier, c’est beaucoup plus large. Donc ce canal « What’s Your Story ». On va commencer par la première mission, tu m’as dit « Bah, écologie oui et non », tu peux un peu expliquer un peu ton approche par rapport à ça?

Émilie Many: [00:05:53] Mon approche c’est l’inclusion (Michel Godart: Voilà), c’est l’harmonie sociale. C’est tout le monde doit pouvoir avoir accès à ce qu’il a besoin et à ce qu’il a envie. On a des soins de santé en Belgique qui sont exceptionnels, où on est soigné de la même façon si on a des moyens ou si on n’a pas de moyens, à peu de choses près. Eh bien moi mon rêve, c’est que pour l’alimentation, ça soit la même chose. Que toute personne, tout être humain, puisse avoir du pain sans gluten, s’il a besoin de pain sans gluten, ou manger des couques aux chocolats, si il a envie de manger des couques aux chocolats et si ça lui fait plaisir de manger des couques aux chocolats. Alors on sait qu’on mange pas des couques aux chocolats tout le temps, mais, de pouvoir te dire « Ben, j’ai une alimentation variée, que je choisis. Je peux choisir entre un concombre bio ou un ananas, je peux choisir entre manger des carottes multicolores ou des panais si j’ai envie, ou manger des poivrons parce que ça me rappelle mon enfance en fait, je peux choisir une alimentation qui me convient, qui est bonne pour ma santé, pour mon moral aussi » de dire (Michel Godart: Ah ça c’est important) il y a des moments des choses qui nous font plaisir (Michel Godart: Ah oui!) en fait. Comment, la première chose qu’on dit c’est « Qu’est-ce que tu vas manger ce soir? Ah je ne sais pas, je ne sais pas ce que j’ai envie » (Michel Godart: Oui). Et bien les gens qui sont en difficulté financière, et souvent qui sont sur des colis alimentaires ou des restaurants sociaux, la question de l’envie de manger est de moins en moins présente. Et en fait de dire « Qu’est-ce qu’on a envie de manger et qu’est-ce que j’ai envie de préparer ». Parce qu’il n’y a pas que manger pour soi, manger c’est éminemment relationnel!

Michel Godart: [00:07:11] C’est un rituel.

Émilie Many: [00:07:12] C’est un rituel (Michel Godart: Oui) et je prépare pour les autres. « Ah, regarde », les clients me disent « Oh regarde, j’ai acheté ça, je vais pouvoir faire des crêpes pour mes petits-enfants, je vais pouvoir faire ça pour mon mari, je vais pouvoir faire ça pour mes enfants, je vais… » Et donc ça c’est hyper important, les gens achètent pour faire à manger pour les autres! 

Michel Godart: [00:07:28] Et c’est pour ça, le message était tellement important sur ce focus-là qu’on s’est dit ben non, il ne faut pas le cataloguer et le classer dans un podcast sur l’environnement parce que ce n’est pas la mission première, d’une part. Et d’autre part, on ne peut pas masquer, par ce message important qu’est l’environnement dont tout le monde parle maintenant, la cause sociale qui est bien plus profonde derrière. Ce que tu m’as dit aussi c’est qu’en fait, je peux dévoiler un peu, tu te sens pas, quand tu vas dans ton magasin, comme une personne assistée. Tu vas acheter des produits, tu as un prix favorable, tu as a pris conscient, tu expliqueras un peu comment ça marche après, tu as des aides aussi, on va parler de tout ça, mais surtout il y a un choix et il y a une démarche qui n’est pas du tout la même que d’aller aux « Restos du cœur » ou à une banque de dons alimentaires. On n’est pas du tout dans ce contexte-là.

Émilie Many: [00:08:07] Non, c’est vraiment le choix, la variété.

Michel Godart: [00:08:09] Et c’est important.

Émilie Many: [00:08:10] Et c’est… Les gens peuvent aussi ne pas acheter (Michel Godart: Voilà). Ils peuvent aussi dire « Ah non, tes tomates sont pas belles Émilie, aujourd’hui je ne les achète pas », pas de problème, on n’est pas obligé de prendre, de dire merci et voilà… On est client et on peut râler, on peut être « pas content ».

Michel Godart: [00:08:24] Le côté « être client » reste et c’est ça aussi qui est très important, c’est la dignité de rester client.

Émilie Many: [00:08:30] Voilà, d’être client, de pouvoir choisir, de se sentir moins aux crochets de la société aussi, l’autonomie. 

Michel Godart: [00:08:35] Par contre vous faites quand même des prix qui sont assez favorables pour certains publics, si j’ai bien compris.

Émilie Many: [00:08:39] Alors tous nos prix sont favorables, mais selon notre approvisionnement les prix peuvent être plus ou moins proches du prix du marché habituel. Donc pour notre approvisionnement, je te le disais, on a la chance depuis la création de l’épicerie, d’avoir Carrefour Belgique qui nous soutient.

Michel Godart: [00:08:54] Dans leur programme RSE « Responsabilité Sociétale d’Entreprise », ils vous soutiennent?

Émilie Many: [00:08:57] Donc, à l’époque, il y avait un pacte. Un truc où il y a cinq, je pense, épiceries sociales belges qui avaient été soutenues par Carrefour un peu avec le modèle de la France. Je ne sais pas, je n’y étais pas à l’époque, mais je sais que Carrefour Belgique est resté notre principal et quasiment notre seul fournisseur, et sans Carrefour on n’existe pas. Et donc Carrefour nous a soutenus pour l’approvisionnement en nous donnant des invendus, des sur stock et en nous permettant d’y avoir accès. Et donc en 2014, ils ont commencé l’e-commerce et à ce moment-là on a eu la chance de pouvoir être le réceptionnaire des invendus de les commerces, et les commerces pour l’aide alimentaire c’est génial!

Michel Godart: [00:09:36] Emilie est-ce que ça veut dire que, comme c’est social, vous allez voir des produits alimentaires qui sont à « J -1 » en terme de limite de date de consommation? Ou est-ce que vous allez avoir des produits comme dans toutes les épiceries classiques?

Émilie Many: [00:09:46] Comme je le disais, nous on est soutenu par Carrefour depuis 2003 et Carrefour continue à nous soutenir. Et d’année en année, parfois les approvisionnements, les lieux d’approvisionnement évoluent un peu. Pour le moment, on a Carrefour Auderghem, chez qui on va chercher principalement des fruits et légumes, et on arrive à aller au dépôt grâce à Pascal Léglise qui est directeur RSE, qui a encouragé fortement les dépôts, qui se trouve actuellement en Flandre, de nous donner leurs surstock ou de nous donner de la marchandise, on a des produits qui sont du coup avant les dates, puisqu’ils ne sont pas arrivés dans le magasin, ils sont encore dans les dépôts (Michel Godart: C’est génial), donc ça c’est exceptionnel. Maintenant, mon rêve, c’est qu’il y ait une décision politique, qu’il y ait des encouragements fiscaux pour que les entreprises puissent donner des marchandises avant qu’elles arrivent dans les dépôts ou avant qu’elles arrivent dans les magasins.

Michel Godart: [00:10:35] En vous considérant telles que des fournisseurs, comme des fournisseurs, enfin qu’ils travaillent limite avec vous directement comme si vous étiez un Carrefour quoi!.

Émilie Many: [00:10:42] Voilà. Donc soit se dire « Moi je donne une partie, ou je vends à petit prix, une partie de ma production à une ASBL sociale qui fait de l’aide alimentaire. Comme par exemple Les Capucines » en sachant qu’on va vendre leurs produits et que vendre c’est bien pour les clients qui vont acheter, qui sont en difficulté financière et à qui ça apporte de la dignité et de l’autonomie. Et c’est bon parce que ça encourage une structure professionnelle. Et l’aide alimentaire n’étant pas un secteur reconnu et subventionné par l’État, souvent il fonctionne à l’aide de bénévoles, ce qui est très bien aussi. Mais ça veut dire que l’entrepreneuriat social autour du secteur de l’aide alimentaire, du métier de réassortisseur, n’existe pratiquement pas. Alors qu’en fait c’est un emploi non-délocalisable, c’est super important (Michel Godart: Ah oui) d’être une structure professionnelle pour ce métier-là, qui est un métier proche des gens et qui existe ici à Bruxelles!

Michel Godart: [00:11:34] Et là on rentre, tu fais la transition parfaitement, vers la deuxième mission de votre organisation, c’est l’accompagnement à la réinsertion professionnelle si je comprends bien? (Émilie Many:Oui) Comment ça marche cette partie-là?

Émilie Many: [00:11:44] Cette partie-là, on est entreprise sociale et démocratique, mandatés insertion. Donc on est agréé par la Région Bruxelloise, mandatée par la Région Bruxelloise, la Région de Bruxelles-Capitale, pour cette mission d’insertion qui est financée en fonction du nombre de personnes pour lesquelles on est mandaté et qui sont effectivement occupées chez nous pendant l’année. Désolé, je rigole parce que c’est assez compliqué…

Michel Godart: [00:12:09] Et alors? Vous travaillez que Bruxelles formation du coup?

Émilie Many: [00:12:11] Non (Michel Godart: Non) Bruxelles Formation c’est un autre projet. On est mandaté (Michel Godart: Argh, vous êtes vaste!) par la Région Bruxelloise pour faire de l’insertion (Michel Godart: Oui). Et puis, comme je le dit, la diversité ça me tient à cœur (Michel Godart: Oui), l’inclusion ça me tient à cœur. J’ai travaillé dans le secteur du handicap, le handicap ça me tient à cœur. J’estime que le métier de réassortisseur est un métier qui peut être exercé par des personnes avec certains types de handicap, et donc on a créé un projet en partenariat Bruxelles Formation, pour faire des stages (Michel Godart: Voilà) de trois mois pour des personnes (Michel Godart: Ça y est, je comprends) en situation de handicap. Et ce projet soutenu par Bruxelles Formation et c’est génial!

Michel Godart: [00:12:46] Et voilà pourquoi j’ai vu les trois logos, j’ai été induit en erreur (Émilie Many: Oui) en pensant que les deux dernières branches en fait n’en étaient qu’une. Donc c’est ça qui est merveilleux, c’est qu’en fait vous gardez surtout, et ça je crois que c’est important comme message, la dignité du consommateur a sa place. En tant que consommateur, parce qu’il fait des choix (Émilie Many: Oui) et il achète consciemment ce qu’il souhaite, et il a les droits d’un client normal, démuni ou pas, ou en difficulté ou pas. Est-ce que moi je peux dire demain, ben j’habite Bruxelles je viens (Émilie Many: Non, pour pouvoir…), cette partie-là on n’en a pas encore parlé et je crois qu’il faut en parler.

Émilie Many: [00:13:11] Pour pouvoir être client des Capucines, il faut avoir un pass!

Michel Godart: [00:13:16] Ah ah!!! Comment j’ai le sésame, comment est-ce que j’ai le sésame?

Émilie Many: [00:13:18] Il faut avoir une attestation d’accès d’un service qui est partenaire de l’épicerie. Donc nous on est une ASBL 100 % autonomes, 100 % privé. On ne dépend pas des pouvoirs publics pour la mission d’épicerie.

Michel Godart: [00:13:31] Ah ça c’est bien!

Émilie Many: [00:13:31] Et on a fait le choix, puisque nos clients sont des clients, et pas des bénéficiaires, d’être partenaire de services sociaux qui ont des bénéficiaires et qu’ils suivent pour d’autres raisons, pour d’autres problèmes comme une médiation dette, comme des logements sociaux, comme des services de santé, de santé mentale, des services qui sont liés à la toxicomanie, des services d’aide à la jeunesse, des antennes ONE, des maisons de quartier. En fait des assistants sociaux ou des intervenants sociaux se disent « Ah ben tiens, en fait, les gens que je suis pour telle ou telle raison, c’est quand même vachement dur pour eux financièrement, je pourrais les aider un peu plus en leur permettant d’avoir de l’aide alimentaire ».

Michel Godart: [00:14:03] Est-ce que le citoyen lambda qui nous écoute dans ce podcast actuellement a un moyen de vous stimuler et de vous aider, de vous encourager ou de participer à cet acte? Parce que moi je trouve qu’il est franchement tellement chouette, quand je t’écoute, dans les trois missions que tu m’as décrites: tu me décris deux missions mais il y en a une qui est subdivisée en deux, qui sont super honorables. Ben on a envie de s’impliquer, on a envie de vous aider quoi! Quand moi, quand j’entends ça je me dis « Mais j’ai envie d’aider ». Comment on pourrait vous aider?

Émilie Many: [00:14:25] Alors on peut nous aider de deux manières. D’abord, on peut nous aider en parlant du projet, en créant une adhésion autour de ce modèle d’une aide alimentaire valorisante qui considère les gens comme des clients, qui ont le choix de manger ce qu’ils ont besoin et ce qu’ils ont envie.

Michel Godart: [00:14:39] Et ça, c’était le but de ce podcast déjà

Émilie Many: [00:14:42] Et éventuellement de communiquer pour que des entreprises, qui sont des entreprises alimentaires, se disent « Ah ben tiens je vais soutenir ce projet en donnant un peu de marchandises ».

Michel Godart: [00:14:51] S’il y a des gens parmi vous dans ce secteur, c’est le moment d’ouvrir bien grand les pavillons parce que là, franchement, il y a une belle action à faire.

Émilie Many: [00:14:57] Et alors on peut nous aider aussi en participant financièrement (Michel Godart: Voilà) aux Capucines, en faisant un don qui peut être déductible fiscalement.

Michel Godart: [00:15:04] Voilà, ça c’était la question: est-ce qu’on pouvait faire des dons?

Émilie Many: [00:15:06] Oui, et on peut faire des dons: soit pour le fonctionnement général de l’épicerie, soit pour un petit projet, mais qui prend de l’ampleur d’année en année, qui est un projet qui s’appelle « Course pour tous » et qui est un projet qui vise à parrainer des courses pour des gens qui n’ont rien. Donc je dis tout le monde est un client, tout le monde a le droit d’acheter mais ce n’est valable que pour des gens qui sont par exemple sur des revenus de remplacement, qui sont pensionnés, qui savent quand même mettre un peu d’argent. Mais évidemment qu’il y a des gens qui n’ont rien, et qui n’ont même pas de revenus, ou qui ont un problème administratif qui fait que pendant trois mois…

Michel Godart: [00:15:36] Leurs droits sont suspendus, ou qu’ils n’ont pas de droits oui!

Émilie Many: [00:15:38] Il y a vraiment plein de raisons pour lesquelles en fait il y a des gens qui ont vraiment des couacs dans la vie et c’est couac dans la vie, si on les aide à ce moment-là, ça peut être déterminant.

Michel Godart: [00:15:48] Tu veux agir socialement, mais quel était le moment vraiment déclencheur où tu te dis « C’est sur ce point-là que je vais agir? » Pourquoi ce point-là spécifiquement? Qu’est-ce qui toi t’as animée, qui te dis « Ben moi, je vais faire de l’énergie en faisant ça »?

Émilie Many: [00:15:57] Ben moi je suis arrivé aux Capucines en 2016 hein, je ne suis pas là depuis le début, je suis là en 2016.

Michel Godart: [00:16:03] Qu’est-ce qui t’a parlé alors?

Émilie Many: [00:16:05] Vraiment cette idée « la dignité des gens ». En fait je trouve ça génial d’être sur quelque chose qui est positif pour des gens qui sont en difficulté, de pouvoir leur faire plaisir quoi, de (Michel Godart:Oui) me rendre compte que les gens me disent « Ouais mais ça va, c’est pas trop compliqué les parcours des gens » parce que les parcours des gens sont heu… Quand elles me parlent, enfin j’ai une maman, cinq enfants, ados, son mec se barre, elle est en logement social, elle avait rien elle…, enfin c’est le mari qui avait des revenus, elle, elle a rien. Ben son mec se barre, elle se retrouve avec ses cinq ados sans rien quoi, voilà! Ça c’est, des réalités comme ça il y en a plein. Donc on me dit « Comment tu fais pour supporter ça? » En fait moi je suis là pour lui faire plaisir, pour que quand elle arrive aux Capucines, elle puisse acheter des choses qui lui font du bien.

Michel Godart: [00:16:46] Et il y a un havre de paix aussi qui s’installe.

Émilie Many: [00:16:48] Oui, qu’elle puisse rencontrer des gens, qu’on puisse, voilà, je suis vraiment que sur du chouette en fait. Moi j’ai un chouette boulot en fait, je permets à des gens. 

Michel Godart: [00:16:55] D’être heureux, plus heureux!

Émilie Many: [00:16:57] Oui! De pouvoir acheter des trucs qu’ils vont aimer et de se dire après ils vont rentrer chez eux et dire « Ah, je vais pouvoir cuisiner une côte d’agneau » (Michel Godart: Tu m’avais pris l’exemple…)

Michel Godart: [00:17:02] Tu avais pris l’exemple, quand on te demande qu’est-ce que tu cuisines ce soir (Émilie Many: Oui) quand t’es dans la dèche eh bien t’as peut-être pas le choix (Émilie Many: Oui), si tu vas à la banque alimentaire, t’as pas le choix (Émilie Many: Oui). Ici en fait ils ont un choix et ils peuvent dire « Ah ben non, moi j’ai choisi de… Ou je fais ceci, ou je fais cela »

Émilie Many: [00:17:14] Et ils sont heureux de me dire ce qu’ils vont cuisiner (Michel Godart: Oui). Et on remarque vraiment, enfin quand on fait du coup des mesures d’impact, on remarque: un des impacts qui est super important, en fait c’est qu’il y a moins de conflits dans les familles. Et forcément, puisque les gens mangent ce qu’ils aiment.

Michel Godart: [00:17:28] Et il y a des solutions (Émilie Many: Ils sont plus heureux, il y a des solutions, on est pas en train de se…) et l’alimentation est en lien avec la santé mentale et physique.

Émilie Many: [00:17:31] Dire: « Si, si, tu dois manger les boulettes sauce tomate en boîte que tu as reçue parce que sinon on va les jeter ». Enfin il y a quand même une culpabilité aussi des gens qui reçoivent un colis, qu’ils n’ont pas choisi, finalement ils ont des choses qu’ils n’aiment pas et ils ne savent pas quoi en faire, ils ne veulent pas les jeter, ils sont vraiment partagés quoi. C’est difficile de vivre cette dépendance aux dons, et en même temps le fait de ne pas être satisfait totalement du don. Il y a une culpabilité énorme.

Michel Godart: [00:17:54] Et je crois qu’on peut même rajouter un autre phénomène. Parce que moi j’ai déjà entendu ça chez des gens qui ont eu recours à un service alimentaire, c’est d’arriver dans une salle et de: rien que parce que tu rends dans cette salle et ce lieu qui est étiqueté, de te sentir déjà avant même de rentrer limite humilié (Émilie Many: Oui, oui), et de te sentir à la marge de la société. Et cet aspect-là, je pense qu’il a un poids qu’il ne faut pas trop négliger non plus. Parce que ça doit pas forcément, et moi je m’imagine difficilement devoir, pourtant j’ai pas un orgueil mal placé mais je crois que ça doit être, à un moment donné, difficile quand même.

Émilie Many: [00:18:20] C’est horrible. 

Michel Godart: [00:18:21] Je pense…

Émilie Many: [00:18:21] D’ailleurs les gens arrivent à demander de l’aide alimentaire que quand ils n’ont vraiment plus le choix.

Michel Godart: [00:18:26] Mais voilà, c’est un signal fort hein!

Émilie Many: [00:18:27] Vraiment quoi! Et les premières fois que les gens arrivent aux Capucines, ils sont vraiment perdus. Il faut, voilà, j’ai une cliente, quand il y a des nouveaux clients j’arrive, je me présente: « Ah vous êtes nouvelle, comment ça va? » Et elle avait la gorge nouée, elle me fait un signe que, elle a les larmes aux yeux qui lui montent, je dis « Mais, tout va bien madame, vous êtes ici pour vous faire du bien! ». Le but c’est de faire du bien aux gens et que ça leur donne de l’énergie, enfin que ça, vraiment que ça…

Michel Godart: [00:18:47] Alors moi je t’ai posé cette question-là aussi parce que, je vais rebondir sur le comment, t’as expliqué comment vous fonctionnez quand tu as parlé des missions. Mais du coup ben quand j’écoute tes missions, quand j’entends tout ce que vous faites, je me dis « Mais vous avez une armée de soldats derrière vous pour vous aider? » Combien vous êtes? Parce que dans le comment (Émilie Many: Oui) ça commence à m’intéresser sur combien vous êtes? Parce que les gens quand ils ont enfin, c’est comme tu l’expliques, cette bouffée d’air où ils peuvent enfin parler…. Ben quelqu’un comme moi, il va se laisser aller, il va parler un paquet de temps donc heu… Tu as besoin de gens pour gérer en plus grand nombre non? Parce que si la personne est bloquée pendant 20 minutes sur une discussion qu’elle ne va pas couper, parce que ces gens en ont besoin, il y a ce besoin là aussi, du social et du contact. Vous avez à le gérer!

Émilie Many: [00:19:20] Oui. Donc moi je coordonne l’équipe qui est, donc comme je te l’ai dit on est sur deux ASBL (Michel Godart: Oui) une ASBL Centre Marollien de formation par le travail qui est l’organe pédagogique (Michel Godart: Oui) des Capucines, on a un staff de cinq personnes. On a Thomas qui est responsable du magasin, et dont l’emploi est subventionné par la Région Bruxelloise et lui il est le formateur des dix travailleurs en insertion. Donc sa mission première, c’est de former au métier de réassortisseur. On a moi qui papillonne. On a Steph qui est chargé de projet, qui a un emploi à durée déterminée pour lequel on doit constamment chercher de nouveaux subsides et qui a pour mission de développer l’aide alimentaire conviviale sur le quartier. On a Towa, qui lui, a une mission de formation des travailleurs sur tout ce qui est alimentation et également une fonction alimentation convivialité pour les clients. Donc les clients, quand ils arrivent aux capucines, quand ils arrivent pour l’ouverture, il y en a qui attendent 2 h avant de rentrer dans le magasin. Tu attends 2 h sans savoir ce que tu vas trouver à l’intérieur puisque notre approvisionnement dépend de ce qu’on va avoir au dépôt Carrefour. Donc il faut quand même avoir envie, les gens me disent « T’es sûre que tu n’as pas des pique assiettes? » Qui, qui n’en a pas besoin, fait 2 h d’attente pour rentrer dans un magasin sans savoir ce qu’il trouve?

Michel Godart: [00:20:30] Et sachant qu’en plus ils payent et qu’il se comportent, et qui sera traité, comme un client classique.

Émilie Many: [00:20:34] Ah oui. Donc ces moments d’attente (Michel Godart: C’est pas négligeable, il faut le rappeler) qui peuvent être un peu compliqués. Parce que les gens qui sont en difficulté financière ils ont souvent un cumul de difficultés: ils ont des rendez-vous médicaux, ils ont des enfants à aller chercher à l’école, ils ont des tas de choses qu’ils doivent faire et en fait ce qui les stresse. La charge mentale d’être en difficulté financière est monumentale, et donc de les obliger à s’arrêter ça crée parfois des tensions quoi de dire….

Michel Godart: [00:20:57] Et c’est pour ça qu’il y a deux heures d’attente?

Émilie Many: [00:20:58] Non, il y a deux heures d’attente parce que, quand j’ouvre l’épicerie à 10 h, il y a 30 personnes qui attendent. Il y a 30 personnes qui sont là et on fait un tirage au sort. Et après les gens qui viennent ils reçoivent un ticket au fur et à mesure. Mais si on donnait des tickets aux premiers arrivés, les gens arrivaient de plus en plus tôt, donc ce n’était pas possible (Michel Godart: Ah oui comme ça!). Donc on fait un tirage au sort et j’ai 30 tirages, je compte le nombre de personnes qui sont là, et je tire au sort.

Michel Godart: [00:21:22] Et ça c’est aussi quelque chose qui m’alarme. C’est-à-dire que si vous en êtes obligés d’arriver à des procédures de tirage au sort et a des gens qui sont dans une attente si longue, ça casse un peu l’effet positif indirectement. Et vous pourriez l’éviter si vous aviez plus de dons, plus de support, plus de contenu, parce que ça enlèverait une problématique de pression sur la demande.

Émilie Many: [00:21:39] Oui, c’est ça. Si on pouvait fonctionner avec des commandes en se disant « Ben je sais que j’ai de toute façon x viande, x poisson, x œufs, x légumes ».

Michel Godart: [00:21:48] Voilà, ce problème s’efface tout seul

Émilie Many: [00:21:49] Et que je pourrais être un vrai magasin où les gens viennent faire leurs courses quand ils en ont envie. Ici, forcément, il y a un impact d’être le premier ou d’être le 30ᵉ. Même si: je pratique aussi des quotas, j’ai pas le choix, je dis « Une bouteille de lait par personne », « Oui mais c’est pas juste parce que… ».

Michel Godart: [00:22:05] Et c’est là où, mais c’est là où je veux lancer l’appel aux auditeurs: vous avez besoin d’aide!

Émilie Many: [00:22:08] On a besoin d’approvisionnement.

Michel Godart: [00:22:09] J’invite les gens qui nous écoutent, qui pourraient avoir une action sur ce sujet, ben de se conscientiser par rapport à cet témoignage que tous nous donne. Et de se dire « Mais non, il faut, il faut aller plus loin quoi! ». Il ne faut pas se contenter de laisser le truc en état et se dire « Bon bah il y a déjà ça, c’est bien », non! Il faut aller plus loin, et ça ce sont les vrais besoins que vous avez pour l’instant!

Émilie Many: [00:22:26] La clé c’est l’approvisionnement (Michel Godart: Oui) parce que si on n’a pas de la nourriture de qualité (Michel Godart: Et en suffisance) les gens viennent pas. Et en suffisance, et on est en tissu social aussi et… Lorsqu’on fait des événements pour la Saint-Nicolas, on fait une après-midi pour les enfants, et on offre un cadeau neuf à chaque enfant, qui est aussi donné par Carrefour. Et cet après-midi c’est aussi un moment où les gens disent « C’est comme une famille quoi ». Il y a beaucoup de personnes qui sont isolées et pour qui on est peut-être le seul moment où ils sortent de chez eux, et où ils vont parler. Donc, en été, on met une terrasse dehors, on a du faux gazon, on a une cour, on a des tonnelles et on fait en sorte que les gens soient bien (Michel Godart: Une bouffée d’air). Ils ont à boire, à manger, ils peuvent se poser, on leur donne des magazines, des coloriages, on parle avec eux! Et entre eux il y a des liens qui se tissent et qui permettent aux gens de se dire « Ben, je vais aux Capucines, c’est mon petit magasin de quartier en fait, c’est vraiment, je parle aux gens », enfin, c’est un petit magasin.

Michel Godart: [00:23:17] Je rebondis là-dessus parce que, finalement, tu ne nous a pas dit d’où vient le nom! Mais moi je me pose encore une question plus profonde, c’est: est-ce qu’on doit encore dire épicerie? Quel nom est le plus approprié? Parce que c’est beaucoup plus que ça! C’est une famille? (Émilie Many: C’est beaucoup plus que ça). Est-ce que finalement ça ne devient pas une petite famille?

Émilie Many: [00:23:30] Moi, j’aime bien ce terme épicerie. J’aime bien le fait de dire je suis un magasin! 

Michel Godart: [00:23:35] Parce qu’on repositionne le client, oui. Tu l’as dit au début, voilà, c’est juste. 

Émilie Many: [00:23:38] Parce qu’on repositionne le client et parce qu’en fait, partout en fait, le magasin du quartier c’est quand même le lieu de socialisation. C’est quand même le lieu où on est reconnu, et où quand tu rentres dans le magasin que tu connais on dit « Ah salut Michel, comment ça va? » Ou on connaît tes enfants ou, voilà, et en fait c’est vraiment ça quoi: on est le petit magasin des gens, de nos clients, qu’on aime, à qui on a envie de faire plaisir, pour qui on recherche des approvisionnements. Et quand ils n’ont pas ce qu’ils veulent et qui râlent, je dis « Oh mais hé ça va, c’est la vie, on sait, le monde n’est pas juste, sinon les Capucines n’existeraient pas ». Mais ça m’embête quand même quoi (Michel Godart: Oui), j’ai quand même envie de leur faire plaisir!

Michel Godart: [00:24:14] Ok, ça marche. Alors on a dit qui, quoi, quand, où? Où vous êtes situés? Vous êtes situés dans les Marolles?

Émilie Many: [00:24:20] Oui (Michel Godart: Voilà, c’est important), on est situé tout près de la place du Jeu de Balle, derrière la place du Jeu de Balle

Michel Godart: [00:24:23] Tu peux donner l’adresse?

Émilie Many: [00:24:24] Rue des Capucins (Michel Godart: Voilà), numéro 30.

Michel Godart: [00:24:26] Tout simplement, capucins, capucines, vous avez compris maintenant! Dans le « où », ce qui est important aussi, c’est que là les auditeurs ils vont peut-être rester sur leur faim, ils ont peut-être envie d’en savoir plus, ils ont envie de te contacter parce que j’ai lancé plusieurs appels à de l’aide, et notamment à intervenir pour des fournitures en quantité et en stocks suffisants. Comment est-ce qu’on fait pour te contacter? Donc le site Internet

Émilie Many: [00:24:43] On va sur le site internet Capucine .be, et sur le site internet il y a toutes mes coordonnées, voilà. Et sinon c’est Emilie point Many at Capucine point Be ou 0478 25 42 86, et je réponds tant que possible!

Michel Godart: [00:24:57] Donc c’est hyper facile, t’es vraiment ouverte à la communication et le contact.

Émilie Many: [00:24:59] Ah oui le but c’est, voilà, la facilité pour tous quoi. Voilà, il faut que ce soit simple quoi.

Michel Godart: [00:25:04] Est-ce que tu veux passer un petit message de fin de ce podcast vers nos auditeurs? Un message qui te tient à cœur, que tu aurais envie de leur communiquer, malgré qu’on ait déjà dit beaucoup de choses importantes aujourd’hui.

Émilie Many: [00:25:12] Le message c’est de se dire: en fait on est tous des êtres humains, on vit tous ici, on est tous à Bruxelles, si les plus faible, si les gens qui ont plus de difficultés vont mieux, tout le monde ira mieux. Et ça fait du bien à tout le monde de travailler, de faire quelque chose pour que tout le monde aille mieux en fait, que tout le monde soit bien.

Michel Godart: [00:25:29] Tu relances un message « Solidarité » et c’est ce que je vais retenir. Moi je vais conclure cette interview et ce podcast en te remercie encore une fois parce que n’oublions pas que non seulement tu te déplaces, tu viens me voir, tu me consacres ton temps, mais que ton temps est précieux vu ton activité donc: je suis très honoré, merci infiniment pour cette démarche et je veux vraiment la saluer devant les auditeurs. Et l’autre chose que je vais faire aussi c’est de t’informer que, ce podcast, il y aura un texte qui explique ce que tu fais pour un peu donner envie à l’auditeur d’écouter le podcast par un petit texte d’introduction. Et dans ce texte, il y aura un lien. Et si on clique sur le lien, on pourra laisser un message vocal à ton intention. Si les personnes ne disent rien et qu’ils donnent un message pour toi, je transfère en privé. Si la personne, sur le message vocal me dit « Je veux bien qu’on autorise ma voix à être sur un réseau social », eh bien si le son est de qualité, donc écoutez avant d’envoyer le message la qualité, vous pouvez recommencer plusieurs fois avant de l’envoyer en mettant votre email. Eh bien, à ce moment-là, moi, quand je posterais le podcast sur les réseaux sociaux, en commentaire, je viendrais mettre le lien vers le message la personne en direct. Et donc tu le découvrira en direct à ce moment-là et tu pourras aussi faire le même chemin pour répondre à la personne. Il peut s’installer comme ça une discussion entre les gens, un échange. Je vous invite tous à aller sur le site Internet Capucine .be et évidemment à vous informer, contactez notre invité Émilie. Et abonnez-vous à ce podcast, et parlez-en autour de vous, parce qu’en partageant, likant et commentant, vous participerez aussi à ce que le message d’Émilie soit entendu par un plus grand nombre. A très bientôt pour de nouvelles aventures!

Jingle: [00:26:49] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

Michel Godart: [00:26:51] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation playground » et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».

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