Special Mission Team – Pierre-Yves Hittelet

Special Mission Team - Pierre-Yves Hittelet

Special Mission Team – Pierre-Yves Hittelet. Podcast #480 hrmeetup. ©

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A notre micro, nous avons invité Pierre-Yves Hittelet pour nous parler de Special Mission Team !

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Si vous êtes sourds ou malentendants, nous commençons aussi, quand nous avons les ressources nécessaires, à retranscrire nos podcasts en textes. Vous retrouvez le texte ci-dessous.

La presse nous présente en ce moment les procès de terroristes tristement connus et nous rappelle ainsi de sombres périodes, de véritables traumatismes de la société qui ont eu lieu lors des années pré-covid… Et nous ne sommes pas à l’abri que de tels évènements se reproduisent dans le futur…

Mais certains veillent, gardent un oeil vigilant et ils sont prêts à être sur le terrain en situation de crise si le niveau de la menace devait être montée.

Bien entendu il sont nombreux ces braves et dans différents corps d’interventions, une de leurs caractéristiques au-delà de leur courage, leur dévouement, leurs compétences et expériences, c’est la discrétion : il y va de leur vie, de leur sécurité mais finalement cela a pour effet aussi de vous les faire oublier !

Pourtant si vous dormez sur vos deux oreilles la nuit c’est parce que des forces spéciales sont sur le qui-vive : capable de quitter le lit et laisser leurs époux/épouses en pleine nuit, sans réveiller leurs enfants, au risque de leur vie.. pour aller protéger les citoyens…. vous !

Après quelques bonnes années de bons et loyaux services, toujours actif, ils ont envie aussi de partager leur expérience!
Par pour être au centre, non, mais pour pouvoir transmettre un savoir capable de sauver des vies.

Il y a quelques années Pierre-Yves Hittelet était venu à notre micro pour nous parler de son activité et de l’accompagnement qu’il propose aux entreprises. Adepte des arts martiaux il inclut le Tai-chi-chuan et toutes ses vertus dans sa boîte à outils de coach.

Et quand on entre dans le monde des arts martiaux on finit par les croiser ces braves dont vous avez même peut-être oublié l’existence!

De son côté Pierre-Yves à vite fait le constat que l’intelligence collective montre particulièrement son efficacité en période ou situation de crise et il se trouve que le mot crise : les forces spéciales connaissent bien. Et ici on ne parle pas de perdre une promotion ou un job, on parle de sauver des vies…

Et si dans sa boîte à outils, Pierre-Yves proposait aux équipes de se mettre dans une situation hors de leurs zones de confort?
« Vis ma vie » d’unité spéciale pour un moment et dis-moi ce que tu apprends sur toi, tes collègues …

N’est pas aussi une bonne façon de distancer le stress que de relativiser en comparant une crise « professionnelle » avec le même qualificatif quand la vie d’un otage est en jeu?

Il y a tant de leçons à prendre dans cette approche, tant d’humilité à acquérir, tant de réflexions constructives et de ponts à faire ! Nous avons invité Pierre-Yves pour nous parler de Special Mission Team !

C’est dans ce podcast de 35 minutes que notre invité vous explique tout cela…

Et si nous débordons un peu de notre timing habituel c’est qu’il nous glissera aussi un mot sur un autre projet où tous les « Philippes » seront heureux. (voir l’étymologie du prénom pour comprendre mais on parle de se reconnecter à la nature)

Quel la force soit avec toi jeune padawan, Obi-Wan veille !

Liens utiles :

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Séquençage du podcast :

  • 00:19 Introduction au podcast sur « Special Mission Team »
  • 01:23 Du rêve d’adolescent à ce jour
  • 04:15 Une inspiration qui oriente un choix d’étude ?
  • 05:23 Comment s’est fait le déclic pour un parcours de coach ?
  • 06:00 Le nom de ton activité de coaching
  • 07:31 Une nouvelle approche : Special Mission Team
  • 08:55 Pourquoi ? La rigueur ?
  • 10:48 Un win-win de Special Mission Team ? Comment ça marche ?
  • 13:47 Des points bloquants ?
  • 15:10 Quels types d’entreprises peuvent s’intéresser à Special Mission Team?
  • 16:24 Special Mission Team : une introspection favorisée ?
  • 18:02 Quel est l’objectif des forces spéciales dans cette démarche ?
  • 20:44 Le côté militaire de Special Mission Team est-il réfractaire ?
  • 23:51 L’activité Special Mission Team est-elle vouée à être répétée ? Un suivit ?
  • 25:36 Trois langues nationales : quid de la communication ?
  • 26:50 Un point important à mentionner ?
  • 28:51 Un mot sur l’ASBL Equi-libres
  • 31:00 Une thérapie par les chevaux ?
  • 33:10 Conclusion et sites Internet
  • 34:01 Clôture du podcast

Transcription de l’épisode Special Mission Team :

00:00 Michel : Ce podcast est une initiative de l’ASBL The Podcast Factory Org, avec le sponsor de transforma bxl innovation playground et vous retrouver tous les épisodes sur le site what’s your story.be 

00:14Jingle intro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

00:19  Michel :Bienvenue pour un nouvel épisode hrmeetup, votre podcast sur les ressources humaines et surtout les passions au travail. Aujourd’hui, j’ai un grand plaisir, LE grand plaisir de retrouver Pierre-Yves Hittelet à mon micro, qui est déjà venu il y a très longtemps dans nos émissions podcast, on était encore à l’époque à l’hôtel le Plaza Bruxelles (Pierre-Yves Hittelet : Exact). Merci de nous faire confiance et de revenir à mon micro (Pierre-Yves Hittelet : Avec plaisir). On s’est perdu de vue pendant le COVID, on s’est perdu de vue parce que les événements hrmeetup avaient été suspendus assez longtemps je dois dire. Et d’ailleurs on en organise un bientôt au mois de septembre, le 22 septembre 2022, j’en reparlerai bientôt aussi sur les réseaux. Et puis je suis ton activité sur les réseaux sociaux et tu as beaucoup, beaucoup évolué, tu as fait des nouvelles choses et on va en parler… Alors ce que je propose, en général je dis aux gens « voilà, allez écouter l’interview précédente, vous allez sur whatsyourstory.be, vous tapez dans l’outil de recherche ‘Pierre-Yves Hittelet’ » et on va trouver ton intervention, ton podcast. Donc on saura « de ton rêve d’adolescents à ce jour ce qui s’est passé et si tu es aligné avec ton rêve », tu te rappelles de cette fameuse question ?

01:16 Pierre-Yves Hittelet : C’est, et tu sais quoi en fait ? Je ne me souviens pas du tout de ce que je t’ai raconté donc je devrais être le premier à aller réécouter ce que j’ai dit à l’époque. 

01:23 Michel : Alors ce n’est pas grave mais ce que je vais faire ici c’est, on va faire un peu de l’exceptionnel, on va quand même reprendre cette question parce que, justement, ça fait très longtemps et c’est peut-être pas facile d’aller trouver un vieux podcast pour les gens comme ça. Donc je propose que l’on reprenne la question, donc la question traditionnelle d’hrmeetup. Je me demande même si on la faisait, si on la pratiquait cette question à l’époque, je ne pense même pas… La question de base maintenant qui démarre tous nos projets podcasts et pour un peu faire connaissance de la personne, c’est de lui demander « son rêve de l’essence à ce jour, ce qui s’est passé » donc ce qui l’a guidé comme études indirectement (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) et surtout le but c’est de voir si tu es aligné avec ton rêve d’adolescent. Alors en 1,2, 3 minutes maximum, est-ce que tu peux nous résumer ça ? 

02:00 Pierre-Yves Hittelet : Ok, wow, très bonne question. En fait on m’a posé cette question il n’y a pas tellement longtemps, il y a 2 ou 3 ans, et difficile de répondre parce que j’ai toujours eu beaucoup de projets en fait (Michel : Ah !!) et j’en ai élaboré quelques-uns. J’ai eu des projets de musique que j’ai élaborés, j’ai eu des projets sportifs que j’ai élaborés… 

02:21 Michel : Mais il y a eu une tendance ? (Pierre-Yves Hittelet : Mais…) Il y avait une tendance qui sortait ? 

02:24 Pierre-Yves Hittelet : Oui il y a une tendance, il y a quand même quelque chose qui s’est dégagé et j’ai fait cette réflexion aussi : je me suis posé cette question parce que je pense que c’est important aussi dans mon métier, donc je fais beaucoup de coaching, je fais beaucoup d’accompagnements principalement dans l’entreprise. Je pense que c’est important déjà de faire ce travail (Michel : De trouver son « Why »), voilà c’est ça. Donc j’aide pas mal de gens à faire cette démarche donc j’ai intérêt à le faire moi-même. Et c’est vrai que cette question, je me la suis posée « est-ce que je suis aligné, est-ce que j’ai fait le chemin que j’avais envie de faire ? » et cetera. Alors, l’alignement que je trouve c’est que c’est vrai que j’ai eu une grande passion pour un personnage de film dans mon adolescence, ça remonte à avant ça ! Mais j’ai un grand souvenir dans mon adolescence d’être intéressé par le personnage de Obi-Wan Kenobi dans Star-Wars (Michel : Rires), alors c’est peut-être assez commun, peut-être, je n’en sais rien… Mais ce personnage de l’homme sage m’a fortement marqué. Et ce que je peux constater aujourd’hui, quand je fais un peu le chemin parcouru, c’est que mon métier c’est : coaching, formation (dans tout ce qui est Softs Skills) en entreprise. J’accompagne beaucoup de personnes, de managers et de directeurs notamment, par une réflexion sur ce qu’ils veulent, ce qu’ils sont… Et donc il y a cette référence à la sagesse d’Obi-Wan Kenobi, en toute modestie, j’essaie de trouver le moyen de dire ça avec le plus de modestie possible mais… (Michel : Mais c’est sympa). Je suis cette personne extérieure qui vient, donc ça c’est le personnage d’Obi-Wan, qui est la personne qu’on va consulter. Bon évidemment je me déplace également – Je vais sur place – mais je suis cette personne extérieure qui, part une forme de sagesse (c’est très difficile de garder la modestie et de rester humble par rapport à ça) mais c’est le travail du coach quelque part de mettre un peu en perspective, de poser des questions, pour amener à la sagesse de la personne donc… 

04:15 Michel : Mais l’admiration que tu avais pour ce personnage est-ce qu’elle t’a conduite à un moment donné à faire un choix d’études en particulier ou à choisir un début de carrière spécifique ? 

04:23 Pierre-Yves Hittelet : Non, pas du tout, j’ai un parcours d’entrepreneur donc (Michel : Directement ?) ça veut dire que j’ai été à gauche, j’ai été à droite, je n’ai pas du tout ce tracé direct (Michel : Voilà). J’ai fait des études dans le domaine de la création audio-visuel puisque j’ai fait l’INRACI. Donc j’ai fait de la production cinématographique et audiovisuelle en général.

04:42 Michel : Donc ça te parle les podcasts ! Rires

04:44 Pierre-Yves Hittelet : Ouais, ouais, et aujourd’hui ça me fait beaucoup pour tout ce qui est réseaux sociaux, création de contenu et cetera (Michel : Clairement quoi !). Donc tout ce qui est le rapport à l’image, tout ce qui est rapport au son, c’est quelque chose qui finalement me sert. Je crois que mes parents sont rassurés de temps en temps de savoir que finalement ils n’ont pas payé toutes ces études pour rien (Michel : Rires), même si ce n’était qu’un graduat. Donc j’ai commencé comme ça et j’ai travaillé en entreprise assez rapidement. J’ai travaillé chez Lévi-Strauss, j’ai été gestionnaires de marché, j’ai été formateur en interne, j’ai été gestionnaire d’équipe et j’ai travaillé dans des Call Center ! Donc en fait j’ai eu un parcours d’étude je dirais « artistique » mais très, très, vite et toujours en lien avec la production, donc quelque chose d’assez concret… Mettre de la matière, un projet artistique, et puis j’ai travaillé dans le concret.

05:23 Michel : Et le déclic pour aller au coach alors, ça c’est fait comment ? 

05:27 Pierre-Yves Hittelet : 3… c’était quoi le titre exact de ce livre ? 3 essais sur la sexualité de Freud, à 18 ans peut-être, dans la bibliothèque familiale : « tiens, c’est quoi ce livre ? ». Et puis peut-être qu’à 18 ans on peut être intéressé par un match de football, on peut être intéressé par une star du chant… Et moi j’étais passionné par les 3 essais sur la sexualité de Freud et je me suis dit « Waouh, ça c’est un domaine qui va m’intéresser » et depuis je n’ai pas déposé les livres, et je continue à en dévorer, et je fais les piles de bouquins à lire donc voilà.

06:00 Michel : Sauf que tu n’es pas devenu sexologue, tu es devenu coach… C’est l’accompagnement de l’humain et… (Pierre-Yves Hittelet : A mes heures perdues) – Rires. Ah d’accord, j’en apprend tous les jours (Pierre-Yves Hittelet : Oui, oui, oui), je ne savais pas ! Alors donc maintenant, nous on t’avait reçu à notre micro, à l’époque tu nous parlais d’activité en équipe dans les entreprises (Pierre-Yves Hittelet : Oui, tout à fait), on parlait à l’époque de Tai-chi (Pierre-Yves Hittelet : Oui) si je me rappelle bien (Pierre-Yves Hittelet : Tout à fait). Tu nous avais expliqué un peu ce que c’était le Tai-chi. On est, là maintenant, on arrive au stade où les auditeurs qui auraient raté cette première interview ont bien récupéré le truc. Tu me rappelles le nom d’activités, tu lui as donné un nom ? 

06:30 Pierre-Yves Hittelet : Oui, je lui ai donné un nom, parce qu’il y a un moment où il faut trouver un nom, c’est une chouette réflexion par rapport à l’entrepreneuriat. On passe beaucoup trop de temps à trouver le nom correct et en fait à tourner dans la soupe… Donc j’ai juste donné « Fighting Flow » comme nom, fighting – flow. J’ai un compte Instagram et j’ai une chaîne Youtube qui marchent relativement bien parce qu’à ce jour-ci j’ai presque 19000 abonnés sur Youtube. J’ai décidé pendant la période COVID de donner cours à distance à mes élèves que je ne pouvais plus voir et puis aux personnes qui avaient envie de se mettre au Tai-chi. Le Tai-chi, c’est cet autre élément qui est en lien avec Obi-Wan, est-ce que je suis aligné ? On connaît d’Obi-Wan Kenobi pour sa philosophie, sa sagesse, mais on le connaît aussi pour son côté art martial et l’épée. Ben j’ai été trouver ça dans Tai-chi-chuan, le Tai-chi-chuan c’est un art martial chinois (Michel : Tout se tient en fait – Rires) et tout finalement se tiens donc je ne suis pas trop mal aligné. Il y a des petits trucs sur les côtés que je n’ai pas réussi à mettre dans la même case mais cette partie-là en tout cas elle s’aligne. Donc j’ai une pratique d’arts martiaux, en plus de mon activité principale de coach et de et de formateurs. 

07:31 Michel : Alors on va rester dans l’art de la bataille, si je peux dire comme ça, parce que c’est un des éléments clés qui m’a un peu interpellé. J’ai vu une vidéo circuler (Pierre-Yves Hittelet : Oui) sur LinkedIn (Pierre-Yves Hittelet : Oui), tu peux nous en toucher un mot ? C’est une nouvelle approche (Pierre-Yves Hittelet : Oui), c’est un c’est un nouvel aspect de ton coaching que tu veux mettre en avant ? Et c’est un peu pour ça qu’on s’est dit « On va se revoir, on va en parler et on va présenter ça aux auditeurs » (Pierre-Yves Hittelet : Tout à fait). 

07:52 Pierre-Yves Hittelet : J’ai la chance et le grand plaisir de connaître assez personnellement des personnes qui travaillent dans les forces spéciales. Alors, militaire : partiellement, et surtout la police fédérale. Donc j’ai l’occasion de m’entrainer avec eux, j’ai un aspect dans l’art martial assez porté santé, donc par exemple le Tai-chi-chuan mais j’aime bien garder cet ancrage dans la réalité. Et donc dans ces entraînements j’ai l’opportunité de travailler, de m’entrainer avec une personne de l’escadron d’intervention de la police fédérale. Et les liens se font progressivement : comment est-ce que on peut faire le lien entre le coaching, l’art martial et ces personnes des forces spéciales ? Et donc, dans ce cadre-là, on a lancé un projet de prendre des personnes de l’entreprise et de les mettre en contact avec les gens de l’escadron d’intervention, ou les forces spéciales en général, et de voir ce qu’ils peuvent apprendre d’un autre domaine. Donc de gens qui sont assez pointus dans leur domaine. Les forces spéciales, c’est un peu le top hein ? Donc la sélection est très, très difficile ! 

08:55 Michel : Qu’est-ce qui t’intéresse ? C’est la rigueur alors ? C’est la rigueur que tu veux amener en entreprise, c’est ça ? 

09:00 Pierre-Yves Hittelet  : Alors ici plus spécifiquement on va se concentrer, c’est une nouvelle approche qu’on essaie de prendre, on va se concentrer sur la prise de décision sous stress. Donc il y a différents aspects qui sont intéressants dans les forces spéciales, il y a la motivation, il y a le professionnalisme, il y a la gestion de stress… Mais ici plus spécifiquement on va s’orienter sur la prise de décision dans un domaine ou sous stress, donc dans un domaine complexe où les priorités changent. Donc ça c’est un peu, malheureusement, le commun de tous les managers aujourd’hui : la société évolue de plus en plus vite, tout change extrêmement rapidement (Michel : Des incidents se passent, il faut les gérer). Les incidents il faut pouvoir gérer, est-ce qu’on va à gauche, est-ce qu’on va à droite, il faut bouger vite… La vitesse d’exécution aujourd’hui est extraordinaire et elle décuplée par les réseaux sociaux, la mondialisation et cetera. La technologie. 

09:45 Michel : Et puis il n’y a pas que la réactivité, il y a anticiper (Pierre-Yves Hittelet : Oui) , il y a le côté « agile » de la chose (Pierre-Yves Hittelet : Oui) qui va intéresser aussi le coach j’imagine ?

09:50 Pierre-Yves Hittelet : Tout à fait, et donc moi c’est ça, c’est une des choses qui m’intéresse dans les forces spéciales c’est que plus spécifiquement l’escadron de la police fédérale. Donc on n’est pas dans les forces spéciales militaires ici, on n’est pas dans la prise d’un territoire, on n’est pas dans un contexte de guerre, on est plutôt dans le contexte d’aider des personnes, puisque c’est ce que la police fédérale fait en grande partie, c’est la protection ou… Ils sont connus pour la prise d’otage, notamment, et donc c’est sauver des gens leur…

10:18 Michel : Avec le côté négociation aussi !

10:20 Pierre-Yves Hittelet : Avec le côté négociation aussi et prendre des décisions qui ont des conséquences graves : vies où morts. Et l’intention ici c’est d’essayer de sauver un maximum l’intégrité des personnes impliquées, que ce soit la personne prise en otage, même le preneur d’otage et évidemment les personnes à gauche et à droite dans l’équipe de la police fédérale. Donc comment sauver un maximum de personnes sous stress, prendre des décisions qui seront les plus pertinentes possibles ? 

10:48 Michel : Alors avant de passer au « comment ça se passe dans la pratique », parce que maintenant c’est ce qui va intéresser nos auditeurs, c’est de comprendre « Tiens, comment est-ce qu’on met ça en pratique ? » (Pierre-Yves Hittelet : Oui). Il y a une question qui m’interpelle beaucoup c’est – Je trouve ça intelligent et très pertinent mais ça ne m’étonne pas du tout de toi : dans les échanges qu’on a eus ensemble, je ne suis vraiment pas étonné – Par contre je me dis mais comment est-ce qu’on fait cette magie, sans dévoiler les secrets de maison, pour que tout le monde voit là-dedans un « Win-Win » ? Parce qu’est-ce qu’elles ont à gagner les forces spéciales à se déplacer en entreprise ? Elle ne se déplace pas avec toi, comment ça se passe ? (Pierre-Yves Hittelet : Oui). Oui en fait on va arriver dans le comment directement de toute façon…

11:17 Pierre-Yves Hittelet : Ouais, ouais tout à fait. Ben concrètement, et on a fait un événement test l’année passée, on va à l’extérieur. Donc ça c’est aussi important par rapport à la crise COVID. On s’est rendu compte, ben forcément avec la mise en place du télétravail (ce qui est une bonne chose pour beaucoup de personnes), les gens ne se voient plus et on reste beaucoup trop assis devant l’ordinateur. Donc une des choses qu’on fait c’est que on met les gens en extérieur, donc en nature, ça c’est pas mal aussi et (Michel : Ce n’est pas mauvais pour la santé non plus) donc voilà ça ne peut pas être mauvais. Les personnes se retrouvent, d’une équipe, donc on essaie de les ressouder aussi, de les remettre ensemble. Pas qu’autour d’un café mais aussi à l’extérieur et ils ont une mission…

11:54 Michel : Donc c’est plutôt le mode « Team-Spirit », pardon d’interrompre, « Team-Event » quoi

11:57 Pierre-Yves Hittelet : C’est un peu un Team-Event. Alors ça c’est la formule actuelle, il y a plein de (Michel : De variantes ?) développements et de variantes possibles, mais la formule actuelle c’est : on prend les gens et on les met dehors. On met l’équipe ensemble dehors, on leur donne une mission. Et cette mission ça pourrait être, pas dans notre contexte évidemment, mais le principe de mettre une équipe avec une mission en extérieur hors de son contexte de travail, c’est pour voir un petit peu comment les individus vont réagir face aux défis qu’on leur donne. Et ça pourrait être : « voilà, vous devez faire des sushis, voilà les ingrédients », comment est-ce que les personnes se comportent ? Vous devez construire un pont en spaghetti, comment est-ce que les individus se comportent ? 

12:31 Michel : Mais ici ça va ressembler plus à un jeu de scout un peu ! (Pierre-Yves Hittelet : Voilà), avec un otage et il faut le libérer ou un truc comme ça si j’ai bien compris ? (Pierre-Yves Hittelet : Voilà c’est ça et donc…)

12:36 Pierre-Yves Hittelet : On a différents scénarios qui sont relativement réalistes par rapport au contexte des forces spéciales. Les managers, l’équipe est encadrée par des gens des unités spéciales et dont c’est l’occasion de travailler en équipe, de se tester, de voir comment on réagit sous pression que, évidemment, (Michel : De mieux se connaître finalement !) de mieux se connaître. Et de rencontrer des personnes qui font un métier, qui est quand même assez spécifique et d’apprendre d’un autre contexte, ça c’est l’idée. Donc on est en extérieur, l’équipe reçoit une mission, c’est accessible à tout le monde donc (Michel : Hommes ou femmes, il n’y a pas de « genre ») voilà exactement, vous pouvez aussi être à mobilité réduite. C’est la mission de l’équipe de prendre ça en considération donc on n’est pas du tout dans le côté sportif extrême, ce n’est pas du tout ça. Ce qui prime ici c’est la manière dont l’équipe va interagir pour pouvoir résoudre un problème qui a une connotation force spéciale : ici, libération d’otages ou retrouver quelqu’un qui a été perdu et qui est poursuivi par exemple donc ça c’est… (Michel : Avec c’est une notion d’urgence toujours et de délais à respecter pour apprendre dans le stress quoi !) Exactement, voilà. Donc la notion de stress, par rapport à ce que ça donne par rapport à la prise de décision… 

13:47 Michel : J’imagine que quand tu rencontres le DRH, ou le patron, le manager qui va organiser cet event avec toi : tu lui explique le contexte, donc c’est bien perçu par l’équipe avant de s’y rendre « comment ça va se passer » (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) et ce qu’ils vont faire (Pierre-Yves Hittelet : Ouais). Est-ce que tu as… Tu sais il y a toujours ce côté résistance aux changements, résistance aux choses qu’on ne connaît pas (Pierre-Yves Hittelet : Ouais). C’est quoi les points qui reviennent quand tu as devant toi une équipe qui n’est pas forcément d’office convaincu tout de suite ? 

14:09 Pierre-Yves Hittelet : Ouais, ouais. Je pense ici, assez spécifiquement, à une équipe avec qui on discute pour mettre ça en place. Ce sont des gens qui travaillent déjà dans l’urgence. 

14:19 Michel : Oui, donc ils se disent « encore du stress en plus » peut-être ? 

14:22 Pierre-Yves Hittelet : Non en fait l’idée c’est que, ce sont des gens qui travaillent dans l’urgence, c’est un dispatching qui gère des appels urgents… 

14:30 Michel : Genre le 100, le 101 et cetera. 

14:32 Pierre-Yves Hittelet : Voilà, je reste discret par rapport au client. Mais l’idée c’est que ce sont déjà des gens qui travaillent dans l’urgence (Michel : Oui, donc c’est déjà une illustration quoi, c’est ce que je veux dire) parce qu’ils se disent « Ben, nous on connaît déjà. On n’a pas grand-chose à apprendre, on connaît déjà, on vit déjà sous le stress, donc qu’est-ce que vous vous allez nous apprendre ? ». Et donc là, c’est cet élément force spéciale qui va être l’élément qui va permettre, qui va leur faire dire : « Ok, on a quand même encore quelque chose à apprendre » (Michel : C’est ça quoi !). « On est déjà à un niveau élevé, on gère déjà l’urgence, on gère déjà des situations de vie et de mort… (Michel : Mais on peut s’améliorer), il y a quand même encore des gens dont on peut apprendre quelque chose !». 

15:10 Michel : Et pour une entreprise lambda qui est moins dans les notions d’urgence : un opérateur Télécom, une entreprise d’assurance : ça leur parlerait quand même ?

15:19 Pierre-Yves Hittelet : Moi je pense que tout le monde est sous stress aujourd’hui !

15:21 Michel : Ca c’est clair – Rires ! Le nombre de Burnout malheureusement illustré le phénomène !

15:27 Pierre-Yves Hittelet : Voilà et je pense qu’il faut pouvoir relativiser aussi (Michel : Oui), ça c’est une des choses. Ici ce qu’on tend à faire c’est d’essayer de donner des clés de lecture et des outils de lecture qui permettent de dire « je suis sous stress pour diverses raisons, comment est-ce que je peux prendre la meilleure décision possible ? » Et si je trouve que j’ai du stress, qu’est-ce que je dois penser de ces personnes-là ? Qui vivent une situation par exemple, pas nécessairement au quotidien quand même, mais plusieurs fois aux années la prise de décision c’est : est-ce qu’on rentre ou est-ce qu’on ne rentre pas ? Si on rentre, peut-être que le preneur d’otage va tuer la personne, donc il y a vraiment, il y a des enjeux qui sont très élevés. Si moi j’estime que je suis sous stress, qu’est-ce que je peux apprendre de ces personnes qui vivent des stress encore plus intenses ? Et donc on essaie de prendre ça aussi abordable pour que tout un chacun puisse se dire « Ah ben là j’ai quelque chose à apprendre (Michel : Et qu’une réflexion, que les réflexions se fassent quoi !), là je peux mettre ça en place et ça va m’aider », ça c’est l’idée.

16:24 Michel : Alors moi mon expérience de vie m’a montrée par plusieurs situations que l’humain a tendance à regarder, comme on dit, la poutre dans l’œil du voisin et pas celle dans le sien tu vois ? On peut regarder l’autre et se regarder moins soi ! Or un changement, une évolution, elle commence par soi. Ce n’est pas un phénomène qui va justement un peu pousser les gens à plus s’observer eux-mêmes dans ces situations ? Ce n’est pas ça la force de ces événements quelque part ?

16:50 Pierre-Yves Hittelet : C’est l’objectif de la plupart de ces interventions qu’on réalise, moi, mes collègues, c’est de mettre l’équipe dans une situation où elle va pouvoir se rendre compte, en dehors de son contexte, de ce qu’elle fait bien – Je parle de l’équipe – (Michel : Mais individuellement et en groupe), de ce qu’elle fait de moins bien… Et individuellement (Michel : Voilà), oui, et il faut pour ça sortir les gens de leur contexte (Michel : Oui). Parce que forcément quand on est dans l’environnement qu’on connaît c’est la routine, on sait que ça fonctionne etcetera et puis c’est : on est un peu le King chez soi. Et donc quand on met la personne hors de son contexte à ce moment-là, elle révèle en fait comment elle fonctionne parce que la manière dont on fait une chose c’est la manière dont on fait toutes les choses. Donc même, comme je le disais tout à l’heure, faire des sushis, bah vous allez voir toutes les dynamiques humaines se mettre en place. Et c’est, quelque part, il faut désarmer l’individu pour qu’il ait envie de changer, qu’il se rende compte qu’il doit changer quelque chose, il faut le désarmer. S’il est dans son contexte, il ne bouge pas, il se protège. Quand on met dans un autre contexte il est à nu sans même vraiment s’en rendre compte.

17:50 Michel : Limite un peu déstabiliser, sa remet les choses en jeu quoi.

17:53 Pierre-Yves Hittelet : Et le naturel sort, tout de suite (Michel : Ouais, ouais). Et c’est ça qui est intéressant dans ce système, dans cette proposition comme dans d’autres propositions que moi et mes collègues mettons en place.

18:02 Michel : Ca me fait penser, avec un lien avec un mouvement qui était très à la mode à un moment mais qui est toujours existant, qui est le jeu entreprise en fait hein ? C’est un peu la situation : donc on fait un jeu (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), c’est un peu comme ça qu’il faut le voir (Pierre-Yves Hittelet : Ouais). Ce jeu, même s’il y a une pression et une tension dedans (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) ben il révèle plein de choses et c’est magique (Pierre-Yves Hittelet : Oui). Moi je me pose la question encore, comme je le disais tout à l’heure, mais qu’est-ce qu’ils y gagnent les forces spéciales ? Est-ce que c’est effectivement, comme je l’imagine, le fait de montrer aussi leur savoir-faire, leurs expertises et leurs unités et quelque part de se dire « Bah si le citoyen dans les entreprises est témoin de comment on bosse… Ils peuvent aussi, à un moment donné, nous être un atout dans une situation de crise ». Où est-ce qu’il y a un autre « Win » ?

18:37 Pierre-Yves Hittelet : Deux… Des personnes que je connais, il y a une très grande envie de partager (Michel : Oui). Donc ce sont des personnes qui ont une grande carrière, ce ne sont pas des débutants, ce sont des gens qui ont passé (Michel : Ils sont passionnés quoi). Ils sont passionnés, ils ont la plupart au-dessus de 40 ans, donc ça veut dire qu’ils ont une carrière derrière eux et ils sont dans une phase où ils ont envie de partager. Or ils travaillent dans un domaine qui est extrêmement secret et donc ce sont… Ils sont les hommes dans l’ombre hein ?! Ils font ce travail… ça c’est une chose qui m’anime, personnellement, c’est un de mes « why », c’est que je trouve aujourd’hui que la société est extrêmement confortable. Et il y a plein d’inégalités, il y a plein de gens en souffrance, ça je ne dis pas du tout, mais quand on regarde là d’où on vient (Michel : Si on relativise), si on relativise, la société est aujourd’hui est beaucoup plus… On est beaucoup plus en sécurité qu’on l’était probablement qu’il y a, pas probablement, qu’on l’était il y a 100 ans, qu’on était il y a 200 ans. On tend à oublier qu’une des raisons pour lesquelles on peut dormir sur nos deux oreilles la nuit c’est qu’il y a des gens qui se lèvent à 2h du matin pour être à 3h00 du matin au briefing à la caserne, pour aller chercher des personnes qui ont des intentions mauvaises à 5h du matin, en risquant leur vie… Et comme ils passent assez peu à la télévision, parce que c’est l’objectif ils doivent être relativement discret, on ne se rend pas compte. Donc on se rend compte de la valeur de ce qu’on a souvent quand on le perd (Michel : Oui, malheureusement oui !) et je pense qu’aujourd’hui là, cette sécurité : je sors la nuit, je vais boire un verre, je rentre, je ne me pose pas la question de savoir si je vais me faire découper en morceaux au coin de la rue… C’est en partie parce que des personnes travaillent, en arrière-plan, et ces personnes ben voilà j’en connais quelques-unes et j’ai envie de leur rendre aussi cette faveur (Michel : Leurs lettres d’honneur en fait !), voilà. Qu’ils aient cette opportunité de partage qu’ils ont, ils ont envie de partager leur savoir, ils ont envie de transmettre ce qu’ils ont appris sur leur carrière et j’ai envie de pouvoir faciliter ça. Donc je pense qu’il y a un « win-win », l’entreprise gagné en rencontrant des professionnels qui sont extrêmement compétents dans ce qu’ils font et ces professionnels ont envie de partager, et voilà, j’espère pouvoir être cette personne qui fait le lien entre les deux. 

20:44 Michel : Ben j’aimerais qu’on fasse une petite seconde de respect, on leur signale un petit peu le respect qu’on a pour eux. Donc un petit coup de chapeau à ces gens qui sont passionnés comme tu le dis si bien, hyper indispensable, et on a tendance en fait à l’oublier trop souvent. Une dernière question encore par rapport à ça, est-ce que parfois il y n’a quand même pas des gens qui disent « mais enfin, ça fait quand même hyper militaire » (Pierre-Yves Hittelet : Oui), ça n’a pas un côté réfractaire ce côté militaire ?

21:10 Pierre-Yves Hittelet : Ah si, totalement, totalement. Il y a (Michel : Je joue l’avocat du diable mais j’essaye de chalenger le projet) oui, non, non, tu fais bien, tu fais bien. Alors ce qui est intéressant c’est que je me suis posé la question, avant de commencer, je suis entrepreneur, tu es entrepreneur, tu travailles beaucoup avec les entrepreneurs, une des choses que l’on enseigne aux entrepreneurs c’est de ne pas tomber amoureux de leur produit… Rire – Raté… (Michel : C’est foutu, j’allais te le dire, je le sent – Rires) C’est foutu, j’adore ce que je fais, j’adore les gens avec qui je collabore, j’adore mon produit (Michel : Tu as vu ce que j’ai mis sur Linkedin ? Chasseur de passion, je ne t’aurais pas invité autrement – Rires) oui voilà donc… Donc ça c’est une des graves… Et donc ce que ce que j’ai essayé de faire, avec l’âge, 47 ans (Michel : Ça va tu es jeune – Rires) exactement, on commence à avoir un petit peu de recul. Je me suis sérieusement posé cette question : « est-ce que d’autres personnes que moi peuvent être sensibles à ce à cette démarche ? Est-ce que ça peut être réfractaire pour beaucoup ? », je pense que c’est réfractaire pour beaucoup. Il y a ce côté dépassé et c’est pour ça que je faisais ce point juste avant. « Ah c’est dépassé, les hommes en armes… c’est dépassé » (Michel : Oui mais n’empêche mais qu’est-ce qui se passe si tu les enlèves quoi ? Oui c’est ça) et voilà. Une des raisons pour lesquelles on peut se permettre de dire que c’est dépassé c’est parce qu’ils font ce travail dans l’ombre, le soir, la nuit et qu’on n’ait pas besoin de le voir. Le jour où ils disparaissent, et ça a été testé aux États-Unis hein : « Oui, oui, dix forces de police hein, on va arrêter la police et il n’y a pas besoin tout ça » et puis on voit malheureusement la nature humaine (Michel : Reprendre le dessus) reprendre le dessus. Et donc ce sont des gens qui sont, qui jouent un rôle extrêmement important qu’ils assument. Et on a cette capacité de dire, pour répondre à ta question, « oui mais on n’a pas besoin de ça, c’est un peu, c’est un peu du passé » et je trouve ça dommage. Alors peut-être que c’est réfractaire, je trouve ça… Tout à fait compréhensible (Michel : Mais je crois qu’il faut le vivre pour vraiment juger quoi). Je pense qu’il faut le vivre, peut-être que ce que je peux dire c’est que ce sont des gens extrêmement gentils, extrêmement paisibles, de ceux que je connais en tout cas, extrêmement attentionnés… 

23:16 Michel : Ben de la vidéo que j’ai vue, je vais être honnête avec toi, c’est le sentiment que j’ai eu (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), on voyait que c’était mouvementé, actif, qu’il y a un bon jingle – On mettra peut-être la vidéo dans l’article du podcast – Mais moi observateur un peu des humains, qui sont sur l’image, j’avais l’impression que c’était quand même assez… Il y a un côté zen (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), un coté rassurant !

23:36 Pierre-Yves Hittelet : Ce sont des personnes de famille, ce sont des personnes qui font un métier qui est difficile mais ce sont des personnes avant tout qui recherchent à ce que les choses se passent le plus calmement possible. Et donc voilà c’est pas du tout va-t-en-guerre, que du contraire. 

23:51 Michel : Pour revenir à l’entreprise, comment ça se passe dans la pratique, quand tu viens et que tu fais une activité comme celle-là. Est-ce qu’elle est vouée à être répétée, est-ce qu’elle est vouée avec un suivi ? Est-ce que c’est un one-shot ? Comme comment tu vois les choses dans l’idéal par rapport à… parce que tu débutes ce projet ! Tu le commence, tu le mets en pratique depuis quoi ? Tu as fait quoi comme expérience, comme quantité d’essais ? 

24:09 Pierre-Yves Hittelet : Alors ici, on a eu un événement test l’année passée. Moi je m’entraîne et je les connais depuis plusieurs années et au quotidien je travaille sur des programmes de leadership ou dans des grandes institutions (Michel : D’accord) Commission européenne, je travaille beaucoup avec la STIB, je travaille avec différentes banques… Donc c’est mon métier au quotidien de faire du coaching et de la formation. Ici la manière dont… Et je ne travaille quasiment plus, quand je dis « on » : moi et mes collègues, on ne travaille quasiment plus du tout en One-Shot. Et ça c’est quelque chose que j’ai espéré en début de carrière parce qu’on commence une carrière de coach avec beaucoup de One-Shots. Et puis j’ai cette chance aujourd’hui d’accompagner des départements ou des entreprises dans la transformation sur parfois plusieurs années et donc on ne travaille quasiment plus en One-Shot. Et donc il dit l’idée ici c’est d’utiliser cet événement comme un point de parcours (Michel : Et un point de débriefing par la suite), un point débriefing qui donne lieu à un peu à une prise de conscience de ce qu’il y a à mettre en place pour pouvoir provoquer une évolution (Michel : Et le coaching évolutif en question, d’accord) voilà : coaching, formation, workshop. Et créer ou deviser à partir de ce qu’on voit, donc c’est un peu une prise de température et puis on peut rejouer un événement similaire plus tard pour voir un petit peu le cap hein, qu’on espère positif avec la mise en place entre les deux événements du Coaching, de la formation et du workshop. 

25:36 Michel : Alors ne vois pas chez moi une intention de ne voir que le mauvais, mais il faut être conscient qu’on vit dans un pays qui est trilingue, avec trois langues nationales (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), tu t’adresses à des entreprises de grande envergure qui ont un public multilingue. Il faut reconnaître que c’est quand même une difficulté qui va s’ajouter parce que travailler en cohésion hein… On a déjà entendu parler de ces événements, ces crises où, parce qu’il y a une mauvaise communication et un problème de langue, ça peut tourner en catastrophe (Pierre-Yves Hittelet : Ouais). C’est aussi une belle leçon finalement, comment tu gères cet aspect linguistique dans les « Team Event » de ce type ? (Pierre-Yves Hittelet : Ouais),

26:03 Pierre-Yves Hittelet : Alors toute l’équipe de coaching, mes collègues, sont bilingues. Et on est soit néerlandophone, soit francophone et on travaille toujours en tandem. Donc on a toujours, et dans le cadre d’un accompagnement d’une équipe qui est bilingue, on a un coach néerlandophone et un coach francophone. On se débrouille voir on est bilingue dans les deux langues et il en va de même pour les personnes des forces spéciales qui ont des compétences en langue. C’est obligatoire, notamment à la police fédérale d’avoir, et surtout à ce niveau-là, une compétence (Michel : Bilingue), bilingue, dans les deux langues… (Michel : Voir trilingue puisqu’il y a l’Allemand donc…) et trilingue aussi évidemment en anglais. Moi j’ai beaucoup travaillé en anglais dans ma carrière donc ça c’est (Michel : Et l’Allemand non ?), c’est tout à fait… Non, ça non, pas encore (Michel : Pas encore, c’est dommage), pas encore ! 

26:50 Michel : C’est un pays avec trois langues nationales mais bon, on ne va pas polémiquer là-dessus… (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) – Rires – il faudrait peut-être changer ça (Pierre-Yves Hittelet : Il ne reste plus que l’allemand). Ouais c’est ça il faudrait bien l’inclure un moment donné ! Ok super, est-ce qu’on a abordé un peu tous les sujets de ces événements que tu organises, est-ce que tu aurais un point que tu aurais encore envie de mettre en avant ? (Pierre-Yves Hittelet : Ben je voudrais juste…), je crois qu’on a bien compris comment ça se passe mais bon je voudrais que tu puisses dire tout ce qui te passe par la tête sur ça (Pierre-Yves Hittelet : Ouais tout à fait !).

27:13 Pierre-Yves Hittelet : Je vais insister sur le fait que c’est pas du tout physique (Michel : Ouais) donc on a malheureusement été exposé à ce concept des forces spéciales via des émissions télévisées, ou des films, où on voit en fait des gens qui sont très robocops et qui ont des compétences (Michel : Il ne faut pas faire 50 pompes chaque matin pour y aller) voilà, absolument pas. Ici c’est du travail d’équipe et du travail d’intelligence, donc on n’est pas du tout – forcément on est à l’extérieur donc il y a un peu de marche, c’est sûr – mais quand bien même, comme je le disais, si dans une équipe il y a quelqu’un qui est à mobilité réduite, ce n’est pas grave, il y a un rôle pour cette personne où elle est accompagnée par son équipe. Donc ça « ça fait partie de ». Et vraiment l’intérêt premier c’est de mobiliser l’intelligence collective de l’équipe à résoudre des problèmes sous stress, c’est ça qu’on fait, pas du tout l’aspect physique, ça c’est tout à fait autre chose. Et d’ailleurs eux-mêmes, je parle donc de ces personnes des forces spéciales – bien sûr ce sont maintenus pour la plupart en bonne santé, parce que forcément ils se déplacent avec 20 kilos de matériel sous le dos aux échelles et cetera – mais ce n’est pas ce qu’ils ont envie de transmettre. Ce qu’ils ont envie de transmettre et ce qu’ils transmettent c’est : comment est-ce que, en équipe, on peut résoudre des défis dans des situations changeantes rapidement pour le bien être d’autrui et notamment des personnes qu’on essaye de sauver. Donc ça c’est vraiment, l’aspect il est là, créativité, travail d’équipe, communication. C’est pas du tout un aspect sportif, ça c’est autre chose, ça je le fais en dehors pour, mon bien-être, dans mes cours de Tai-chi. Là on travail sur la santé, on travail, sur le sport mais c’est pas du tout le contexte ici.

28:51 Michel : Quand on a échangé, on avait mentionné en off hein, hors micro, que tu avais trois gros piliers d’activité. Donc il y avait le Tai-chi, le coaching en entreprise (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), les exercices ici avec les forces spéciales, est-ce qu’il y a autre chose aussi que tu fais ?

29:04 Pierre-Yves Hittelet : Oui, oui, mais (Michel : Il faudrait refaire un nouveau podcast mais rapidement, en quelques mots – Rires) oui, rapidement quelques mots. Ma femme et moi on a créé il y a 5 ans une ASBL, une ferme pédagogique. Donc ça a commencé comme un centre de équithérapie. 

29:17 Michel : Merci d’en parler, ça me touche beaucoup (Pierre-Yves Hittelet : Voilà) et je trouve que c’est en plus en lien aussi (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), parce que l’équithérapie devrait être amenée, je trouve, plus souvent en entreprise (Pierre-Yves Hittelet : Ouais, ouais, tout à fait) 

29:25 Pierre-Yves Hittelet : Et on commence les « Team Building » également donc ça c’est (Michel : Ben tout est en lien, encore une fois hein ?) voilà, ça c’est un aspect qui est plus récent. Donc la ferme se situe à La Hulpe, on a une cinquantaine d’animaux à peu près, on a beaucoup de personnel, beaucoup de gens qui travaillent dans cette ASBL. C’est quelque chose qui nous a un petit peu dépassé parce qu’assez rapidement en fait (Michel : Il y avait un intérêt quoi !), la reconnexion à la nature, voilà, là reconnexion à la nature, le besoin de reprendre contact avec l’animal, la nature, la simplicité, ça nous a un peu pris par surprise. Et donc aujourd’hui on accueille – là où on enregistre le podcast maintenant, on est en pleine période de vacances – donc le lieu est pris d’assaut par les enfants (Michel : Rires) je regardes le langage du précédent projet – et donc ici bah y a plusieurs dizaines d’enfants sur place qui redécouvrent ce qu’est une poule, ce qu’est un poney, comment on en prend soin avant tout. Ça c’est un point très important de l’ASBL c’est de ne pas être un consommateur mais d’être quelqu’un « qui contribue ». Donc je suis content de faire ce podcast ici chez transforma où on vient de voir les ruches. Où on vient de voir ce contact avec la nature (Michel : Ben ils ont un Green Label donc c’est un peu logique hein), voilà. On est dans cette même démarche de : retrouver, refaire un lien avec la nature. Avec compréhension et respect, on n’est pas consommateur, on n’a pas payé pour monter sur un cheval, on vient pour redécouvrir c’est quoi un cheval, un poney, une poule, pour en prendre soin et jouer sa part dans cette prise de conscience de cette connectivité qu’on a avec la nature qui est essentielle.

31:00 Michel : Le terme et qui thérapie, en général, est utilisé pour expliquer qu’on peut faire de la thérapie (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) de personnes parce qu’au contact de l’animal et notamment des chevaux (Pierre-Yves Hittelet : Ouais), on peut se guérir de beaucoup de choses (Pierre-Yves Hittelet : Ouais). C’est aussi comme ça qu’on peut le lire hein, on est bien dans ce secteur là aussi ?

31:14 Pierre-Yves Hittelet : Je vais devoir faire un lien entre tout, je vais essayer… Hier on avait des poneys qui étaient sortis d’une clôture, on devait les ramener mais c’est trop amusant d’être dans la prairie où on ne peut pas être donc c’est très, très, difficile de recanaliser les poneys. Et ce qui est très intéressant c’est qu’il faut pouvoir détecter dans quoi l’animal se trouve pour pouvoir lui envoyer le message correct (Michel : La bonne réponse), que maintenant il va falloir retourner vers (Michel : Les enclos ou sa place) les enclos, ou sa place, ou l’autre prairie. Et tout est visible pour un cheval, un poney dans la posture, la manière dont on se déplace. Même à 50 M, l’animal voit l’émotion, l’énergie, la posture dans laquelle on se trouve et il va se comporter en fonction de ça. Et donc c’était un défi assez extraordinaire et le lien que je fais c’est que dans les arts martiaux c’est la même chose. On parle beaucoup de self-défense, on parle beaucoup de connaissances de soi et en fait le meilleur aspect de la self-défense c’est de comprendre son environnement, de comprendre comment on se sent et de comprendre les intentions des personnes autour de soi. Et donc il y a une connaissance de soi, une connaissance de son physique et de… (Michel : La morphopsychologie compte) voilà (Michel : Tous les détails comptent) et de détecter le regard, la posture des personnes autour de soi, ça c’est le règle numéro un de la self-défense. Même chose ici avec les poneys c’est, qui faisait la récréation dans la prairie d’à côté, ils savent… Et donc ce chemin il se fait à travers de l’ASBL. Et pour d’être plus petits parce qu’on ne fait pas que de la thérapie, on fait aussi l’aspect je dirais récréatif, donc en stage vacances, les enfants viennent pour simplement vivre cette expérience de ferme (Michel : Ben c’est déjà les sensibiliser au plus tôt donc c’est intelligent aussi quoi !) exactement. Et là ils apprennent à « si je me comporte comme ceci, si je suis dans cette énergie-là, si je suis dans cette émotion-là, le poney va se comporter de cette manière-là, donc je dois apprendre à faire ce lien-là et me connaitre ». 

33:10 Michel : J’ai envie de dire une autre conclusion qui est « le coaching par excellence », dans toutes ses phases et dans tous les domaines possibles »  (Pierre-Yves Hittelet : Je te remercie). Ce qui est important et ce qu’on va faire avant de quitter, de fermer et de clôturer cette émission, c’est de signaler pour nos auditeurs peut-être, Pierre-Yves, les liens des sites Internet sur lesquels on peut aller retrouver, alors : les événements « Team Event » avec les forces spéciales (Pierre-Yves Hittelet : Ouais) on va sur quel site ? 

33:32 Pierre-Yves Hittelet : Ouais, alors ça c’est www.spécialmissionteam.com

33:36 Michel :  Voilà, on mettra le lien de l’article, de toute façon (Pierre-Yves Hittelet :  Voilà). Et pour l’équithérapie et la ferme, l’ASBL ?

33:42 Pierre-Yves Hittelet : Alors la ferme équilibre c’est « equi- libres » (avec s) .be (Michel : Que je suis sur la page FaceBook) et on a aussi une page FaceBook, exactement. La page Facebook est assez bien alimentée, vous voyez un petit peu la vie au quotidien (Michel : Ouais c’est ça !  C’est inspirant) de nos poules, de nos hamsters, de nos lapins, de nos poneys. Donc ça c’est une tranche de nature à disposition. 

34:01 Michel : Ouais il va falloir que je passe un jour par là – Rires (Pierre-Yves Hittelet : Tu es le bienvenu,  tu es le bienvenu). En tout cas moi je te remercie pour la confiance que tu m’octroie à nouveau, pour ce partage et cette passion qu’on sent vraiment bien chez toi.  Je crois qu’on est, on n’a pas été convaincu, on est convaincu d’office quand on t’écoute sur la passion de ton métier et du coaching. Et on le voit dans tout ce que tu mets en place pour le mettre en pratique et amener l’individu à évoluer, à l’accompagner je crois que c’est le bon terme. Alors on invite aussi les auditeurs qui le souhaiteraient à venir partager leur passion, leur thème RH au micro, avec moi, s’ils le veulent. Ils peuvent aller sur le site de thepodcastfactory.org, dans la page de contact, il y a un formulaire, envoyez-moi votre demande et j’aurais plaisir de vous recevoir ici chez transforma dans un lieu avec un Green label comme on l’a dit, mais aussi inspirant et super sympa. Merci, à très bientôt

34:43 Pierre-Yves Hittelet : Merci à toi Michel, au revoir (Michel : Au revoir).

34:45 Jingle Outro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

34:50Michel : Ce podcast est une initiative de l’ASBL The Podcast Factory Org, avec le sponsor de transforma bxl innovation playground et vous retrouver tous les épisodes sur le site what’s your story.be

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