Talant ASBL accompagne les réfugiés

TALANT

Talant – Bernard Delwiche & Alina Shkoryna (Алина Шкорына). Midoricast : Podcast #143.

TALANT ASBL : grâce à un échange de bons procédés et de synergies avec l’un de nos membres d’honneur, Vincent Danniau, nous avons eu la possibilité et la joie de réaliser dans nos studios l’interview de Bernard Delwiche. Accompagné d’une réfugiée ayant fui la guerre en Ukraine, Alina Shkoryna (Алина Шкорына), ils vont nous expliquer la mission de TALANT.

Наприкінці подкасту – повідомлення для українців у Бельгії, рідною мовою.

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Crédit photo Bernard Delwiche Virginie van Elmbt
Photographe Révélatrice de lumière.

L’histoire commence avec Vincent Danniau, un podcast dont le son posait un souci inattendu lié aux conditions d’enregistrement… l’une des facilités que notre ASBL « The Podcast Factory Org » propose à ses membres, c’est du support et, au besoin, un studio d’enregistrement de podcasts. 

Vincent est donc venu ré enregistrer son épisode avec ses invités pour présenter le parcours incroyable d’une jeune Ukrainienne arrivée en Belgique il y a à peine 4 mois et qui parle déjà très bien l’une de nos langues nationales. Elle collabore et aide une ASBL nommée Talant qui aide les immigrés…

Cette association, Bernard Delwiche, un citoyen de la commune de Grez-Doiceau, la porte et la fait vivre. Il y investit son énergie et avec ses valeurs, ses convictions, il joue plus que le rôle d’un colibri. 

Dans ses échanges avec Vincent, il va mentionner « nous aidons TOUS les immigrés« . Mon coeur est touché, moi qui suis heureux de l’élan de solidarité en cours et toujours soucieux de combattre l’injustice… Une injustice qui pour moi consisterait à limiter notre aide à un seul peuple en détresse et qui ne souhaite qu’une chose : qu’elle soit étendue à tous les peuples qui en ont besoin. Ne sommes-nous finalement pas tous sur un même tout petit caillou dans l’espace ? Que représentent finalement ces petits points sur une carte, décidés et dessinés par l’homme ? Mère nature s’en moque bien !

Mais quel est le rapport avec la transition ? L’environnement ? Et bien je vous propose de le découvrir dans cet épisode…
Un épisode où j’ai estimé que les tabous n’avaient pas leur place aux vu des enjeux qui nous attendant dans le futur.

Faites un don sur Okpal pour aider et supporter les actions positives de l’association « Talant ». 

Si un passage en particulier vous intéresse, nous vous proposons un séquençage de l’épisode ci-dessous.

Pour les personnes sourdes, malentendantes ou rencontrant des difficultés d’audition, nous proposons une transcription intégrale en fin d’article.
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Liens utiles:

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Séquençage du podcast « TALANT »:

  • 00:19 Introduction avec le contexte du podcast et présentation des invités
  • 02:20 Quel est l’objectif de l’ASBL « Talant » ?
  • 03:04 Le lien avec le podcast de Vincent Danniau
  • 03:33 Quel est le lien direct que tu fais entre le nom choisit « Talant » pour les talents, et l’activité, l’objectif même de l’ASBL ?
  • 03:56 Alina, où as-tu appris le Français ?
  • 05:44 Qu’est-ce qui peut justifier qu’on ne détecte pas le talent de quelqu’un ? Vous avez identifié les points bloquants ?
  • 06:20 L’importance des diplômes ? Une excuse facile ?
  • 07:32 Du discours du politique au terrain : première incohérence, une facilitation pour obtenir un document de séjour mais les mêmes exigences administratives des employeurs…
  • 09:00 Depuis a été créé Talant ?
  • 09:26 Autre incohérence : loger chez les citoyens et une quantité énorme de logements ou de bureaux inoccupés !?
  • 11:23 Deux poids deux mesures pour les immigrés : certains sont accueillis avec publicité et bras ouvert, d’autres se noient dans l’indifférence ?
  • 13:36 Comment pouvons-nous, auditeurs et auditrices, aider Talant et cette belle initiative ?
  • 15:01 Boutade : et si une pandémie surgissait à nouveau, recruter les talents du secteur médical chez les immigrés serait un début vers une plus grande ouverture ?
  • 15:53 Est-ce que le parcours entrepreneurial est quelque chose que Talant stimule ?
  • 16:39 Un univers artistique pour montrer aussi les talents de la scène!
  • 16:56 Alina : quelles sont les angoisses les plus fréquentes des compatriotes qui arrivent lorsque tu les aides à leur arrivée ?
  • 18:43 Comment fais-tu pour vivre ici Alina ?
  • 18:58 Une passion : le Hip-Hop
  • 19:30 Et pour les études ?
  • 20:25 Un message d’Alina en Ukrainien pour aider ses compatriotes qui sont en Belgique
  • 21:24 Vincent : ton mot de la fin?
  • 22:39 Bernard : même question!
  • 23:18 Alina, cette fois un message en français pour tous les auditeurs et auditrices ?
  • 23:54 Message de fin de Michel et clôture du podcast.

Le transcript du podcast de « TALANT » :

Si tu apprécies notre démarche de transcrire les podcasts : parle de ce podcast à ton entourage

Nous pouvons allouer des ressources aux transcription grâce aux donations reçues vers notre association The Podcast Factory Org.

00:00 Michel : Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor des transforma bxl innovation playground et vous retrouvez tous les épisodes sur le site : what’s your story.be

00:14 Jingle intro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

00:19 Michel : Bienvenue pour un nouvel épisode « Midoricast ». « Midori » vert, un mot inspiré du japonais je le rappelle, « cast », broadcast, podcast sur l’environnement. Alors on se retrouve aujourd’hui dans une émission spéciale, je vais un peu situer le contexte… Dans l’environnement et la cause de la transition, on se rend bien compte tous, et on en a déjà suffisamment parlé dans les grands médias… Que l’impact direct d’une surconsommation et d’une surpopulation sur la planète c’est qu’on s’attend dans le futur à avoir : le réchauffement climatique et ses effets, les tempêtes et les intempéries, mais aussi des flux migratoires entre pays qui souffrent des changements climatiques et les pays qui peuvent recevoir. Qui sont dits plus riches mais aussi, souvent, les plus gros pollueurs. L’actualité nous montre qu’il y a des pays aussi qui rentrent en guerre, des guerres qui, peut-être, vont – sans vouloir jouer l’oiseau de mauvaise augure – probablement se multiplier. Vu qu’il y a moins de ressources, il y aura des tensions entre les peuples pour avoir ces mêmes ressources. J’ai un ami qui s’appelle Vincent Danniau, qui fait un podcast « Trouvez votre voie/voix », récemment il a fait une interview d’une ASBL qu’on appelle « Talant » et alors cette ASBL aide les personnes en situation d’immigration en Belgique. Alors évidemment ils ont un focus pour l’instant sur l’Ukraine comme beaucoup d’organisations. Mais grâce à Vincent j’ai l’honneur de les recevoir aujourd’hui au micro. Et donc c’est un sujet qui est lié quelque part, indirectement, à la transition et au changement par rapport à l’environnement et la planète. Et à tous les enjeux, il y a plein de réflexions qui peuvent se faire, alors je ne vais pas être trop long dans cette présentation. Maintenant que j’ai bien situé le contexte, on va faire un petit tour de table pour présenter les intervenants : j’ai Vincent Danniau

01:36 Vincent Danniau : Salut Michel, merci pour ton invitation.

01:39 Michel : Voilà, ben c’est moi qui te remercie hein ? Bernard, alors Bernard je n’ai pas ton nom de famille je te laisser le dire…

01:43 Bernard Delwiche : Alors c’est Delwiche (Michel : Bernard Delwiche) Bonjour Michel, bonjour Vincent que je connais bien. Merci beaucoup de m’accueillir dans ce très beau studio

01:51 Michel : Je te connaissais un peu hein, je ne vais pas tricher, j’ai écouté déjà ta première intervention chez Vincent et j’avais déjà été pas mal inspiré par ce que tu fais avec beaucoup d’admiration, donc j’ai l’occasion de te le dire en face : un honneur pour moi aussi ! Merci Bernard. Et puis tu n’es pas venu seul, tu es venu avec une personne qui est ukrainienne d’origine, qui est en Belgique depuis 4 mois si j’ai bien écouté le podcast de Vincent ! Elle t’aide et on va un peu expliquer le comment et le pourquoi : Alina

02:13 Alina Shkoryna (Алина Шкорына) : Bonjour à tous, je m’appelle Alina Shkoryna. Je suis Ukrainienne et Merci beaucoup pour m’avoir ici.

02:20 Michel : Un grand honneur aussi pour moi de te recevoir, tu es une des personnes qui aide Bernard dans l’activité de son ASBL, on va commencer par le début Bernard : pour nous expliquer ce qu’est « Talant ». Quel est son objectif ? Comment est-ce qu’elle se définit ?

02:31 Bernard Delwiche : C’est une ASBL en création. Nous cherchons des bénévoles même si on est déjà actif, des bénévoles pour nous aider dans différentes actions. Au profit des réfugiés en général, pas juste au profit des réfugiés Ukrainiens. Mais le nom que l’on a choisi qui est en fait « Talant » ça signifie talent en ukrainien. Donc l’ASBL c’est T.A.L.A.N.T. On a un site en construction, enfin il est déjà accessible : « talent.be » et donc nous voulons aider un maximum de réfugiés à trouver leur voie en Belgique.

03:04 Michel : Et c’est là où ça sonne avec le podcast de Vincent finalement ?? – Rires. 

03:06 Bernard Delwiche : Oui voilà, petit clin d’œil à Vincent, et à ces podcast. Parce qu’il y a énormément de talents dans les réfugiés. C’est incroyable, je rencontre des artistes, je rencontre des personnes qui sont vraiment très douées au niveau informatique, au niveau graphisme, au niveau nouvelles technologies, même pour travailler dans le bâtiment et cetera. Et ce n’est pas évident pour eux de trouver un boulot ! Ce n’est déjà pas évident pour les belges hein, dirons-nous, mais pour les réfugiés ce n’est pas évident de trouver un boulot, trouver un logement et cetera.

03:33 Michel : Quel est le lien direct que tu fais entre le nom choisi « Talant » pour les talents, et l’activité, l’objectif même de l’ASBL ?

03:39 Bernard Delwiche : Il y a plus de 50000 réfugiés qui sont arrivés récemment en Belgique. C’est très dommage que ces personnes retournent dans leur pays faute de moyens en Belgique parce qu’ils n’ont pas trouvé… Leur talent n’a pas été détecté. Parce que leur talent n’a pas été mis en avant, parce qu’on ne leur a pas permis de trouver un boulot.

03:56 Michel : Et ce n’est pas un problème lié à la langue parce que ça c’est le petit clin d’œil, pardon de t’interrompre, que je fais aujourd’hui, c’est pour ça qu’Alina est parmi nous aujourd’hui, c’est que la langue n’est pas un problème ! Je vais laisser parler quelques minutes Alina, elle est en Belgique depuis 4 mois. Je crois que certains ont à rougir, dans d’autres communautés belges, de ne pas maîtriser le français aussi bien qu’elles ! Alina, tu peux me dire un peu où est-ce que tu as appris le français ?

04:16 Alina Shkoryna (Алина Шкорына) : Oui, j’ai commencé à apprendre le français en Ukraine. La langue ici, c’est un défi pour les Ukrainiens parce qu’imaginez-vous que vous ne pouvez pas communiquer sur vos besoins, sentiments, problèmes et tout ça… C’est presque chaque cas, comme à chaque jour, pour les personnes déplacées.

04:35 Michel : Et on va signaler que toi en fait, qui maîtrise mieux le français en si peu de temps, tu t’es dévoué dans l’ASBL de Bernard pour apprendre le français aux ukrainiens qui arrivent. Et donc on tire un gros coup de chapeau à cette démarche qui est très belle !

04:46 Alina Shkoryna (Алина Шкорына) : Oui, merci beaucoup. J’essaye d’améliorer mon français, j’ai déjà fait beaucoup de fautes – je sais ça – mais j’essaye de m’améliorer.

04:54 Michel : Alina en Belgique il y a 3 langues nationales : l’allemand, le français (Alina Shkoryna (Алина Шкорына) : Oui, je sais), le néerlandais. Certains néerlandophones ne parlent pas aussi bien le français que toi. Les wallons parlent encore moins bien le flamand que ce que toi tu parles le français. Et alors les Allemands on n’en parle même pas… C’est les oubliés des 3 communautés, c’est injuste, mais c’est une réalité. Il y a très peu de gens qui parlent assez bien l’Allemand ou les 3 langues nationales, ce qui est un comble dans un pays où il y a 3 langues nationales, la majorité ne parle pas les 3. Donc c’est un peu dommage, on ne va pas généraliser mais donc moi, quand je t’entends je dis chapeau et respect Madame !

05:21 Bernard Delwiche : Respect, vraiment. Et je voudrais corriger quelque chose : en fait, ce n’est pas Talant qui a mis Alina en avant, c’est Talant qui a vu « Oh, wow, elle a des compétences au niveau linguistique, au niveau communication » et Alina aide maintenant Talant à se développer grâce à ses idées, grâce à ses compétences qu’elle peut mettre en avant, voilà. 

05:44 Michel : Ce qui nous ramène à la question que je te posais avant qu’on fasse un écart vers Alina, pour une parenthèse justifiée, du lien entre le Talant et le fait qu’on retourne et qu’on ne trouve pas d’emploi pour s’insérer alors que la langue n’est pas vraiment, on le voit ici, un vrai problème… Il y a des solutions pour la langue. Alors qu’est-ce qui peut justifier qu’on ne détecte pas le talent de quelqu’un ? Vous avez identifié les points bloquants ?

06:01 Bernard Delwiche : On a beaucoup de préjugés en fait, encore, en Belgique. Et c’est très basé sur les diplômes en fait. Pour pouvoir trouver un job eh bien il faut avoir autant d’expérience dans un job, de préférence en Belgique, pour…. Dans certaines structures il faut pouvoir montrer des diplômes.

06:20 Michel : Je vais être cash et un peu te choquer, et t’interrompre, mais… Tu ne crois vraiment que c’est pas une excuse ? Parce que, désolé hein, mais ce qui distinguait beaucoup le marché belge de l’emploi – parce que j’ai un sujet RH, donc un podcast sur les thèmes RH – ce qui distinguait beaucoup la Belgique et la France c’est que justement en France on est exigeant sur le fait d’avoir un diplôme pour atteindre une fonction. Alors qu’en Belgique, pendant de nombreuses années, quelqu’un d’autodidacte trouvait un job sans problème. Et là, tout d’un coup, on parle de remettre ce diplôme en avant alors que ce n’était pas vraiment la cause. D’autre part, moi qui analyse le marché de l’emploi avec tous les RH qui côtoient mon univers et que je côtoie au quotidien, j’entends tous les jours dire que le marché de l’emploi est difficile pour l’instant parce qu’il y a trop peu de gens, trop peu de main d’œuvre… Donc il y a un paradoxe entre le discours « on veut un diplôme », une histoire où on a ignoré ce diplôme, on l’a laissé un peu comme critère moins important dans la sélection, et une forte demande de main-d’œuvre à laquelle on ne peut pas répondre. Donc je suis étonné quand je t’entends, alors je joue l’avocat du diable évidemment

07:12 Bernard Delwiche : Voilà, tout à fait. Mais Michel merci pour cette réflexion et effectivement on constate que les employeurs demandent aux réfugiés d’entrer des dossiers avec l’équivalence de diplôme… Ils doivent vraiment montrer patte blanche. Plutôt que de leur donner quand même un job, ne fut ce qu’un essai.

07:32 Michel : Mais est-ce qu’il faut pointer l’employeur ou est-ce qu’il faut pointer les politiques qui jouent un peu le jeu de l’hypocrisie ? Parce que, désolé, mais il y a un double discours aussi là de dire – alors je suis très trash aujourd’hui hein ? Mais c’est naturel, c’est authentique, les échanges ne sont pas préparés – C’est un peu hypocrite, je trouve, de dire aux gens « chers citoyens, nous politiciens, allons aider les Ukrainiens et leur faciliter la démarche de rentrer dans le pays et de s’inscrire comme immigrants ici en Belgique » et d’un autre côté maintenir dans les entreprises des obligations. Alors est-ce qu’ils sont trop bêtes que pour ne pas s’en rendre compte, je ne pense pas ! Et maintenir ces obligations où l’employeur est forcé de demander tous ces critères pour pouvoir engager : il y a un double discours encore une fois !

08:07 Bernard Delwiche : Oui. Alors je voudrais, juste pour parler des politiciens, j’ai rencontré personnellement des politiciens qui étaient vraiment formidables mais plutôt au niveau local (Michel : Oui) mais je ne veux pas entrer dans un débat parce qu’au niveau fédéral je ne sais pas du tout ce qui (Michel : Non, non mais ce n’est pas le but politique) ce qui se passe mais en tout cas (Michel : Ce n’est pas un podcast politique je te rassure) j’ai eu la chance en tout cas d’avoir été sollicité, parce qu’il avait détecté quelque part aussi mes compétences de formateur, par le bourgmestre de ma commune àGrez-Doiceau. Paul qui m’a dit « Bernard, j’ai envie d’aider un maximum les Ukrainiens, comment est-ce qu’on peut travailler ensemble ? » et pendant 2 mois environ j’ai coordonné une équipe de formateurs dans ma commune de Grez-Doiceau. Et cette même initiative, Alina l’a rencontrée dans sa commune, la première communauté où elle s’est installée Chaumont-Gistoux. Maintenant Alina vous expliquera peut-être qu’elle a déménagé récemment mais en tout cas, au niveau local, on a eu beaucoup de soutien politiques…

09:00 Michel : Alors les actions de l’ASBL, qui est créée depuis quand dis-moi ?

09:03 Bernard Delwiche : Je vais dire qu’on est en pleine rédaction de statut, on doit encore s’enregistrer à la banque carrefour ou au moniteur, voilà. 

09:10 Michel : C’est quelques semaines, un mois que ça existe ?

09:11 Bernard Delwiche : Oui, peut-être même un peu plus. Et on cherche des administrateurs, encore des bénévoles même s’il y en a déjà pas mal qui sont à l’action. Au niveau des services il y a de l’aide pour trouver un logement, c’est vraiment un gros problème hein ! Le logement, c’est le problème numéro un.

09:26 Michel : Et on est dans le 3e paradoxe, on en parlait offline, on a des gens qui nous disent « je vais vous accueillir » mais qui au bout d’un moment ben vivre avec 2 familles c’est pas aussi simple qu’on le croit – même quand tu es dans la même culture, alors une culture différente c’est encore plus dur – et puis faut pas oublier une chose : faut pas penser en égoïste. L’action qui devrait suivre c’est : penser au bien-être de l’autre que je reçois. Et penser au bien-être de la personne que l’on reçoit c’est de se dire « est-ce que le matin, quand elle se lève, elle se sent chez elle ? » jamais, parce que c’est une cohabitation. Le paradoxe que je veux mettre ici en évidence encore dans débat c’est, ce sont ces fameux logements inoccupés, ces fameux bureaux inoccupés. Avec, de nouveaux, nos politiciens qui nous disent « on accueille, on facilite » mais concrètement : pourquoi est-ce qu’on ne met pas ces bâtiments, et ces locaux abandonnés, ces logements abandonnés, à la disposition des ukrainiens, de tous les immigrés qui frappent à notre porte ? Ce qui veut dire qu’il se sentirait chez eux et cette fois accueilli pour du long terme et intégralement, complètement. Avec, après, le support de citoyens : « why not » ?

10:17 Bernard Delwiche : Tout à fait. Et certains bâtiments inoccupés pourraient même être rénovés par des Ukrainiens qui sont très forts en construction, en parachèvement et cetera (Michel : Avec leur talent). Avec leur talent et cetera ils pourraient déjà avoir un travail, un travail officiel, qui leur permettrait eux aussi de pouvoir se loger, de loger leur famille. Parce que trouver des propriétaires qui acceptent, et on sait que les loyers sont très élevés, des Ukrainiens qui n’ont pas de boulot comme locataire… C’est vraiment très, très, compliqué hein !? C’est une chasse !

10:48 Michel : Et c’est pour ça que je pointe les politiciens ! Il y a tellement d’incohérences pour moi, que ça devrait être la clé, ça devrait être la première clé à mettre en place avec la facilitation de l’accès avec les papiers, c’est… L’accès au logement qui devrait être obligatoire, je dirais, la cohérence voudrait qu’on sorte une loi qui dise « tout propriétaire qui n’occupe pas son bâtiment, qui le laisse, à l’obligation de mettre gratuitement son bâtiment à disposition d’immigrés qu’il puisse être logés ». Qu’on ne retrouve pas des scénarios comme le parc Maximilien où ce sont les citoyens qui ont été solidaires de gens livrés à eux-mêmes, dans le froid, en plein hiver, avec des enfants quoi !

11:17 Bernard Delwiche : Ce serait une super proposition de loi Michel ce que tu proposes, voilà. Tu es dans politique Michel ? Tu devrais peut-être, non ?

11:23 Michel : Non, non et je ne voudrais pas. C’est un monde qui me répugne un peu je vais être honnête avec toi (Bernard Delwiche : Oui). C’est facile de critiquer, de ne pas donner les exemples et bien moi je les critique mais je donne aussi des pistes de solution, voilà (Bernard Delwiche : C’est super) ça c’est la démarche que je veux avoir ici. Mais ce n’est pas un podcast, encore une fois, politique. Mais si je parle de cette manière-là et si je secoue un peu le cocotier sur tous ces points-là. C’est parce que si on ne tire pas les leçons aujourd’hui des aberrations qu’on constate, de ce qui ne fonctionne pas, on ne dit pas pour autant que tout fonctionne mal, on dit « tirons la sonnette d’alarmes sur ce qui ne fonctionne pas ». Et bien on ne vas pas tirer les leçons et donc dans le futur, quand ces phénomènes de migration de populations vont se répéter, se multiplier – parce que ce sera le cas, on ne peut pas se voiler la face – et bien on ne sera pas suffisamment prêt. Et on ne va pas tirer les bonnes leçons, les bons actes, les bonnes méthodes. Prenons cette opportunité unique qu’on a avec l’Ukraine, qui est triste mais qui est aussi une opportunité d’apprendre : comme disait Mandela « _Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends_». Eh bien on a ici une opportunité d’apprendre et de se préparer pour un futur de façon plus positive que ce qu’on nous dit, en apprenant à être solidaire de manière plus cohérente, avec du bon sens. Et c’est ce que j’aime bien dans ce que tu fais ! Parce que tu m’as présenté ton ASBL en disant « on accueille tous les immigrés, pas spécifiquement les Ukrainiens ». C’est aussi une justice dans la balance, parce qu’actuellement on aide les Ukrainiens – et je vais peut-être choquer certains – et d’un autre côté des gens se noient sur des bateaux de fortune avec un bébé dans le ventre pour essayer d’arriver en Europe, et on les rejette… Il y a là aussi quelque chose d’incohérent et qui est triste. On peut justifier tout ce qu’on veut, mais un coup de machette ou un viol, pour moi, ou une bombe sur la tête… Dans les 2 cas c’est aussi catastrophique, aussi horrible.

12:45 Bernard Delwiche : Et heureusement qu’il y a la mobilisation citoyenne pour pouvoir aider toutes ces personnes. Maintenant c’est plutôt le focus sur les Ukrainiens (Michel : Oui) évidemment. Mais les citoyens – et c’était déjà là même chose pendant la période Corona virus – où ce sont les couturières, avec leurs petites machines, qui fabriquent des masques parce que voilà, il n’y avait pas les solutions (Michel : Exact) au niveau national, voilà.

13:05 Michel : On a sentiment que les politiciens sont un peu trop présents sur certains aspects qui sont « je me fais de la popularité, des grandes annonces à grand vent hein, je lance de la poudre aux yeux » mais dans les faits concrets, dans la cohérence, ce sont les grands absents j’ai l’impression !

13:17 Bernard Delwiche : En tout cas moi je suis vraiment très heureux, au quotidien, de rencontrer de personnes très souvent bénévoles sur le terrain (Michel : Des citoyens qui se battent) qui se battent vraiment. Encore hier, des citoyens qui prenaient leur voiture, leur camionnette, pour aller chercher des colis venant d’Ukraine. Voilà, parce que la plupart des Ukrainiens n’ont pas de moyens de transport, n’ont pas leur propre véhicule.

13:36 Michel : La solidarité est une belle chose et moi (Bernard Delwiche : Vraiment, vraiment génial) elle m’éblouis de jours en jour. Et quand je vois tous ces pays qui se mettent enfin à bouger pour les immigrés, j’ai juste envie de leur dire « les gars, continuez mais pour tout le monde quoi hein !? », c’est un peu le message qu’on lance aujourd’hui. On va s’intéresser maintenant aux grands enjeux, finalement. Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous aider ? Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ? Qui sont les plus grandes, les plus insurmontables, où les citoyens qui nous écoutent, les auditeurs, pourraient dire « Ben moi j’ai envie d’agir, je ne vais pas me contenter d’aller porter des vivres il y a déjà 100000 personnes qui le font, je vais faire un acte plus concret, précis, pour vous, pour aider à cette intégration de talent ! »

14:05 Bernard Delwiche : Merci beaucoup Michel. Ben tout d’abord, tous ces bénévoles qui nous aident, quelque part il ne faut pas qu’il se découragent. Donc le minimum c’est de les défrayer de leurs frais kilométriques, de leurs différents frais. Et voilà, il y a des bénévoles qui mettent des milliers d’Euro quelque part pour des Ukrainiens, qui donnent leurs meubles, qui donnent leurs vêtements, qui achètent pour eux. Et c’est vraiment magnifique, mais sur le long terme ce n’est pas tenable. Donc au moins pouvoir donner quelque chose en retour à toutes les personnes qui aident vraiment avec le cœur, c’est vraiment le minimum du minimum. Alors on a lancé une plateforme de crowdfunding, sur Okpal, vous découvrirez le lien, voilà, c’est une plateforme qui marche bien. Tous les jours on met de l’actualité, on suit les talents ukrainiens, tous les jours une petite actualité sur les progrès d’un projet d’un ukrainien ou d’une ukrainienne, ou d’une famille. Donc vous pourrez découvrir ça sur le site internet et sur la plateforme Okpal.

15:01 Michel : Je vais pousser le bouchon de « l’avocat du diable » encore un petit peu plus loin.. On s’attend à ce que les chiffres remontent dans la pandémie malheureusement, c’est un bruit qui circule déjà, on espère que ça n’est qu’un vent et rien de plus pour l’instant. Mais si jamais ça dégénère encore, est-ce que dans le peuple ukrainien qui est immigré, il y a pas mal d’infirmiers, de médecins, qui pourraient nous être utile aussi ? (Rires amusés de Bernard). Si on montre l’exemple de pouvoir aller recruter dans ce secteur-là, et qu’on facilite les démarches dans ce secteur-là, on dirait aux politiciens « Ben faites-le plus globalement, faites-le pour tous les talents et pas seulement les talents médicaux »

15:28 Bernard Delwiche : Tout à fait, tout à fait, c’est une bonne chose. Et on récolte les CV des différents talents parmi les réfugiés et il y a effectivement des personnes dont le talent c’est dans le domaine médical, ou l’expérience, et effectivement ce serait vraiment dommage que tous ces talents reste à la maison et ne progresse plus quelque part. Il faut que ces personnes soient mises au travail et la société en bénéficiera !

15:53 Michel : J’ai une question encore pour toi. Est-ce que, face à ce constat où il y a une difficulté de se faire engager, le parcours entrepreneurial est quelque chose que vous stimulez ?

16:02 Bernard Delwiche : Tout à fait, voilà. Tout à fait, on est encore dans des schémas (Michel :  Parce que j’ai envie de voir un restaurant ukrainien, ça ressemble à quoi ?), voilà. On est encore dans des schémas où la sécurité c’est d’avoir un job de salarié. Mais effectivement, si on parvient à récolter des fonds pour pouvoir, ouvrir un établissement qui propose des plats ukrainiens ben voilà c’est vraiment génial. Mais parmi les artistes par exemple : nous avons des talents, des chanteuses, des danseuses (Michel : Une danseuse de hip-hop même !) une danseuse de hip-hop (Michel : Elle est à côté de toi), voilà. Et donc pour pouvoir se produire : on a une magicienne, enfin, on a plein de personnes qu’on côtoie au quotidien. Des dessinateurs, on a des vidéastes et tout…

16:39 Michel : Je lance un appel (Bernard Delwiche : Oui). Je voudrais que quelqu’un, ou plusieurs personnes, se décident à nous faire une activité genre : un spectacle, un évènement artistique, avec des personnes d’Ukraine, et montrer leur talent.

16:50 Bernard Delwiche : Eh bien, allons-y ! Il y a des talents à profusion. Voilà, allons-y, allons-y, on va créer quelque chose de vraiment très, très, chouette

16:56 Michel : Alina je vais revenir vers toi. Parce que comme tu aides les autres Ukrainiens à s’intégrer à la population par la langue, tu es aussi la première personne et le premier témoin de leurs craintes, de leurs difficultés, de leurs questionnements, de leurs angoisses. Et je crois que c’est important de savoir non pas seulement donner, mais avant tout, écouter. Si tu devais résumer, quel sentiment on a quand on arrive en Belgique, qu’on vient d’Ukraine avec toutes ces horreurs qu’on a dans la tête. On ne sait pas où on va arriver, on ne sait pas chez qui on va tomber, on ne sait pas ce qui va se passer, on est dans l’inconnu complet… Quelles sont les questions qui viennent chez toi en priorité ? Quelles sont les angoisses que tu relèves être les premières ? 

17:30 Alina Shkoryna (Алина Шкорына) : En fait ça dépend. Ça dépend beaucoup d’où ils viennent par exemple. Parce que j’ai des connaissances, mes amis, ils ont perdu leurs maisons parce qu’ils viennent de Donetsk, ou de …, ou Kharkiv. Donc ce sont les villes où se passent (Michel : Les plus gros bombardements ?) oui, c’est ça (Michel : Donc ils ont quoi ? Plus d’espoir de retour chez eux, proche quoi, c’est plus compliqué pour eux, c’est ça ?) bien sûr hein parce qu’il n’y a pas de maison là-bas. Ils veulent retourner mais ils ne peuvent pas. Par exemple moi je suis arrivée de Kiev donc c’est plus facile au niveau du mental on peut dire, parce qu’en fait ma maison elle reste et c’est bien, ma famille elle reste là-bas encore… Mais je suis seule ici, je n’ai pas de famille (Michel : La solitude est difficile) oui. Je suis une personne sociale donc c’est facile pour moi de communiquer avec les gens mais ce n’est pas la même chose donc ça me manque beaucoup.

18:24 Michel : On ne remplace pas un ami de 10 ans, on ne remplace pas un ami de 20 ans (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): C’est ça) avec juste la communication (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): C’est ça).

18:28 Alina Shkoryna (Алина Шкорына) : Ca dépend beaucoup et le sentiment est trop « controversial » on peut dire !

18:32 Michel : Oui, avec ses contradictions (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): C’est ça) et ses diversités…

18:34 Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Ca change beaucoup, chaque jour. C’est en fait de deux vies différentes on peut dire. Pour moi j’ai vécu deux vies différentes et en fait c’était toujours comme ça

18:43 Michel : C’est indiscret de te demander comment tu vis maintenant ? Comment tu fais pour vivre ?

18:46 Alina Shkoryna (Алина Шкорына): C’est plutôt un revenu d’intégration mais oui je travaille avec Bernard. Je voudrais maintenant entrer à l’université ici, faire deux universités en même temps : je crois que c’est possible.

18:58 Michel : Alors tu fais du hip-hop dans tes loisirs, tu es une danseuse, tu m’as parlé de ça « off » (Rire court un peu gêné d’Alina) c’est ta passion. (Rires de Michel) J’ai vu le sourire s’allumer directement quand j’ai cité le nom « hip hop » (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Oui)

19:06 Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Oui c’est ça. Mais en fait ici je ne danse pas beaucoup (Michel : Ah dommage !) oui. En fait peut-être…

19:14 Michel : Bernard ? Une petite séance de hip hop dans l’ASBL 

19:16 Bernard Delwiche : Oui dans le spectacle, Alina ça va hein ?

19:17 Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Et peut-être avec mes amis, oui. Mais pas dans un studio quoi parce que en fait, chaque jour, je trouve beaucoup de choses qui sont plus importantes à faire. Par exemple l’enregistrement (Michel : En termes de priorités), oui c’est ça. Et donc pour l’instant c’est….

19:30 Michel : Et au niveau des études ? Tu me dis « j’aimerais bien reprendre où continuer les études ». Tu faisais quoi quand tu étais en Ukraine comme étude ?

19:36 Alina Shkoryna (Алина Шкорына): J’étudié maintenant en fait aussi les technologies sociales : c’est plutôt comme la sociologie mais avec différents sujets. Et ici je voudrais bien entrer à l’université à l’UCL, dans le programme des sciences philosophiques, économie et politique.  

19:51 Michel : Waouh ça te ressemble tellement par rapport aux idées et aux valeurs que tu défends, je crois que tu as tout intérêt à y être et à y aller. Tu crois que tu aurais des difficultés par rapport à ça ? Il y a des difficultés spécifiques pour se réinscrire dans un cycle scolaire (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): La langue, la langue), oui mais la langue tu la maîtrises assez bien déjà ! (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Mais ce n’est pas assez en fait) pas assez, (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Il y a encore du chemin pour m’améliorer) d’accord (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Donc heu) on te fait confiance parce que tu es talentueuse et c’est bien qu’on fasse le lien avec talent le Talant. Et avoir appris le français aussi bien en 4 mois, dans 6 mois tu maîtrisais parfaitement : on peut apprendre une langue en 6 mois, je connais des gens qui l’ont fait donc ce n’est pas inaccessible

20:24 Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Mais oui bien sûr !

20:25 Michel : Tu as envie de donner un message d’espoir aux ukrainiens qui sont autour de toi, et si tu pouvais leur parler tous. Parce que là tu les vois un par un, ou par petits groupes… Si tu pouvais leur dire à tous un message ? Tu peux parler en ukrainien, puisque c’est destiné à eux. Si tu as envie de passer un message en ukrainien à tous les Ukrainiens qui nous entendent et qui ont des craintes, qui ont des peurs, tu leur donnerais quelques conseils… Tu as deux minutes, en ukrainien, vas-y, lâche-toi ! Ce n’est pas important que nous on ne comprenne pas, ce qui est important c’est que eux comprennent : pense en terme de priorités !

20:48 Alina Shkoryna (Алина Шкорына): Напевно найголовніше це буде не закриватися в домівках, не закриватися в кімнатах і просто виходити, не боятися спілкуватися. Нічого страшного якщо не будуть вас розуміти. Просто головне виходити зі своєї зони комфорту і докладати багато зусиль. В плані, нічого не падає з неба. Потрібно не забувати хто ми є, а саме дуже сильна нація, дуже прекрасна. Просто… Обожнюю своїх людей! Тому працюємо!

  • Traduction : La chose la plus importante sera probablement de ne pas s’enfermer dans les maisons, de ne pas s’enfermer dans les chambres et de simplement sortir. De ne pas avoir peur de communiquer. Ce n’est pas grave s’ils ne vous comprennent pas. L’essentiel est de sortir de sa zone de confort et de faire beaucoup d’efforts. Dans le vie, rien ne tombe du ciel. Il ne faut pas oublier qui nous sommes, à savoir une nation très forte, très belle. Simplement… J’adore mon peuple ! C’est pourquoi nous travaillons!

21:24 Michel : Alors, je vais dire un truc hein, j’ai pas tout compris, je vais être honnête. Par contre s’il y a une chose dont je suis certain c’est que dans ton message j’ai vu trois choses : de l’espoir, du sourire et de la bienveillance. C’est juste ? (Alina Shkoryna (Алина Шкорына): C’est juste) merci. Je crois que ça va être le mot de la fin pour clôturer ce podcast. Vincent est-ce que tu voulais faire un petit mot de la fin dans cet échange qu’on a fait différemment, avec une autre approche ici ?

21:42 Vincent Danniau : Voilà c’est ça. Donc Alina j’ai compris qu’il fallait sortir de sa zone de confort à un moment donné. Donc c’est ça, c’est l’idée de mon podcast : de permettre aux gens de, comme on l’a dit, trouver leur voies « o.i.e » et « o.i.x » et d’oser des choses, de se dire – quand ils ont la chance de réécouter aussi leur passage – « Ah oui, ma voix permet telle chose ou je ne me pensais pas capable de ». Et en fait les retours qu’ils ont, où leur propre écoute, quand c’est fait avec bienveillance, quand c’est fait avec l’intelligence, le recul parfois nécessaire, tu vois ? On a toujours cette envie de faire des choses à chaud dans la vie et « Ah, ce n’est pas parfait, je vais directement l’améliorer » … Non parfois c’est le but, c’est de se poser, de prendre par exemple une semaine pour refaire un podcast. Un petit clin d’œil à ces deux invités qui sont face à nous et que je remercie pour ce très agréable moment que j’ai pu revivre avec eux.

22:39 Michel : Clairement. Alors Bernard, pareil, un petit mot de la fin. Si tu voulais dire un mot avant de nous quitter, de quitter nos auditeurs, tu aurais envie de leur dire quoi ?

22:46 Bernard Delwiche : Moi je voudrais juste dire que la vie est magique. Rien que cette rencontre aujourd’hui ici dans le studio avec toi Michel, avec Vincent, avec Alina : c’est magique (Michel : Un cadeau de la vie) c’est vraiment… Malgré, je veux dire, les moments difficiles que nous passons tous. Parce que la société, l’Europe qui accueille aussi tous ces immigrés, souffrent énormément. Malgré ces moments très difficiles en Ukraine, en Russie, et ailleurs. Eh bien la vie est magique, il faut essayer de voir le positif à chaque instant, et profiter. Profiter de la vie, c’est ça un message.

23:18 Michel : Carpe Diem ! Alina, tu veux aussi dire un mot en français cette fois ? Un mot de la fin pour nos auditeurs francophones qui t’écoutent ? Tu voudrais leur passer un message, une demande, une gratitude ?

23:27 Alina Shkoryna (Алина Шкорына) : Une gratitude en fait. J’ai une gratitude pour tous les gens qui ouvrent leur cœur (Michel : Et leur porte, et leur maison parfois) c’est ça. Oui, c’est ça. Et donc ce que j’ai compris c’est qu’on a déjà parlé de ça, que le plus important c’est humanité donc le « Humanity maters ». Comme je l’ai déjà dit en fait, quand il se passe quelque chose comme la guerre, la maladie, de penser juste que les gens qui sont à côté de nous sont importants. On ne doit pas l’oublier.

23:54 Michel : J’ai aussi un message pour nos auditeurs, pour conclure ce podcast. Rappelez-vous : l’environnement et les enjeux de la transition, c’est aussi savoir s’entraider, c’est la priorité parce qu’on va dans un monde où il faudra s’entraider. Et ça s’apprend et on ne l’a peut-être pas fait assez, on n’a peut-être pas assez appris. Et là on a une opportunité avec ce qui se passe en Ukraine, et avec les immigrés qui veulent venir d’Afrique et qui veulent frapper à nos portes et venir. On a une opportunité d’apprendre, d’ouvrir nos cœurs, d’ouvrir nos bras, nos portes, et de montrer qu’on n’est pas égoïstes, concentrés sur nos nombrils, mais qu’on est des humains. Et si on prétend être humain, il faut l’assumer jusqu’au bout. Alors, s’il vous plaît, pensez à ça et pensez que les enjeux climatiques et les manifestations du climat ce n’est pas seulement « le climat », ce n’est pas seulement « le réchauffement climatique », c’est aussi la place de l’humain et la place des populations. On est une planète, les frontières ce sont des points sur une carte, c’est dans vos esprits, dans l’histoire… Mais concrètement on est sur un tout petit caillou dans le monde et dans l’univers, et je pense qu’il serait temps de se le rappeler. Merci à tous, à bientôt, au revoir.

24:47 Jingle intro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».

24:52 Michel : Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor des transforma bxl innovation playground et vous retrouvez tous les épisodes sur le site : what’s your story.be

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