Bien-être en mode full digital

Série spéciale – Viviane Kock – Nest Your Desk : le bien-être en télétravail mode full digital. Podcast #472 hrmeetup. ©
Dans cette capsule Viviane va nous parler de bien-être au travail. Mais de bien-être dans le scénario d’une entreprise où tous seraient en télétravail en permanence, en « full time ». Nous avions pris l’usage de full digital que nous gardons ici avec l’acronyme FDWOW.
Oui, certaines sociétés avant-gardistes ont déjà eu l’intelligence de proposer à leurs employés ce choix du nombre de jours en télétravail partant de 0 à 5, donc en « Full Time », pour le bien-être notamment.
La question est partie non pas du bien-être mais de « pourquoi venir encore au bureau?« . Écoutez le « WeX TALKs Podcast | belfa », l’épisode 8 avec Caroline Rombaut Head of Talent Management chez Makro (l’interview est en néerlandais).
Ah!!!! Le bien-être au travail ! Bien-être : un « rêve d’idéal » ? (ça sonne comme les paroles d’une chanson ? c’est le cas « un peuple, une humanité qui rêve d’idéal, d’évasion dans l’imaginaire ») ou douce utopie donc ?
Certains sont convaincus que pour le bien-être au travail il est possible de trouver une base qui puisse satisfaire tout un chacun alors que nous sommes pourtant tous si différents!
D’autres argumentent que l’humain est sempiternellement insatisfait et ne croient tout simplement pas à la notion du bien-être au travail… « le bien-être ? On ne peut pas rendre tout le monde heureux, c’est impossible » : vraiment ?
La crise sanitaire est passée par là et a mis en évidence que quand certains s’épanouissaient enfin pleinement grâce au télétravail, atteignaient leur bien-être, d’autres vivaient un enfer face à la solitude, à l’ambiance à la maison, une réelle souffrance et manifestaient parfois même des signes de détresse…
Le bien-être au travail est un thème vaste et large aux frontières parfois floues….
Le bien-être, un sujet qui a souvent été abordé dans nos capsules hrmeetup et où j’ai relevé que la recette la plus simple pour atteindre un bien-être serait peut-être d’abord de sonder ses employés sur ce que serait leur bien-être car finalement, à notre image, aucune société n’est similaire à une autre et donc aucun modèle de bien-être ne sera jamais parfaitement transposable : ce n’est pas votre avis ? N’hésitez pas à commenter pour me donner VOTRE point de vue! Je vais même plus loin, je propose un plan cafétéria du bien-être et un bien-être propre aux types de fonctions…
En attendant écoutez ce podcast de 28 minutes et laissons Viviane Kock nous partager ses multiples réflexions sur le sujet du bien-être. Experte elle accompagne les entreprises et les travailleurs dans l’organisation de leur sphère de travail.
Et nous le savons tous, si un bien-être au travail existe, il commence par l’ambiance et l’environnement de travail. Dans le cas du télétravail s’ajouteront d’autres bienfaits pour nous….et pour la planète !
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Séquençage du podcast :
- 00:14 Introduction du sujet du bien-être au travail et qu’est-ce qui rebute certains ?
- 01:43 Une définition unique du bien-être au travail ?
- 02:38 Des effets pervers des enquêtes à répétition sur le bien-être ?
- 03:20 Et si on prévoyait des approches de bien-être par fonctions ?
- 04:53 Interroger avant d’imposer un bien-être
- 05:24 Un plan cafétéria du bien-être au travail ?
- 06:53 Le bien-être ça commence dès l’onboarding
- 07:12 Isolement social : les coworkings, nos alliés
- 07:51 Stress individuel et stress collectif
- 08:26 Le rôle du leader se transforme
- 10:28 La récession et ses impacts, rester dans la réactivité ou anticiper!
- 13:42 Le salaire ne se limite pas au compte en banque : quid du « Family Friendly » ?
- 14:52 Des solutions pour répondre aussi à la pénurie de talents
- 16:51 Calibrer les coeurs pour plus de bien-être
- 18:08 La confiance, un incontournable
- 20:36 Gérer les tensions mais surtout les prévenir
- 20:59 La fin des emails!
- 22:06 Gérer l’absence, la communiquer et anticiper les effets
- 25:35 Conclusions sur le bien-être en mode full digital
Transcription du podcast sur le bien-être en mode full digital
Transcription du podcast avec séquençage du temps
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00:00 Michel Godart : Ce projet podcast est un projet proposé par l’asbl The Podcast Factory Org avec le sponsor de transforma bxl, espace de coworking et surtout innovation playground.
00:08 Jingle intro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory »
00:14 Michel Godart : Je retrouve mon amie Viviane Kock avec toujours le même sourire, la passion et la bonne humeur !
00:18 Viviane Kock : Hello Michel
00:19 Michel Godart : C’est notre cinquième podcast sur le sujet du « Full télétravail ». Un concept que tu vois et que tu anticipes, parce que on l’a déjà démontré par le passé, tu as quand même un petit côté de clairvoyance dans ce que tu penses du monde du travail et je suis assez admiratif de ce côté-là, je l’ai déjà répété plusieurs fois aussi. Dans cet épisode on a convenu qu’on allait parler d’un truc super important, parce qu’on avait clôturé l’épisode précédent par du fun, et qui dit du fun dit du bien-être (Viviane Kock : Tout à fait) – Rires communs – Voilà pourquoi le sourire sera important dans ce podcast, on va beaucoup rire je pense. Alors on va parler du bien être parce que c’est un élément essentiel. Surtout que la première chose qu’on a dit du télétravail, quand on travaille en « remote », déjà en mode hybride, c’est que certaines personnes n’y trouvaient pas du bonheur. Parce qu’elles se sentaient un peu délaissées ou distantes des collègues, ça c’est une première chose. Une autre forme de bien-être au travail, et là je vais peut-être un peu te piquer où te secouer un peu sur ça (Viviane Kock : Oui), tu ne t’y attends pas, je surprends on va dire. Moi j’ai aussi pris conscience que certains collègues, il voyait à la limite ça comme une agression. C’est à dire que pour eux, selon les cultures, selon l’éducation qu’on a, la maison c’est le privé, le privé c’est sacré, on ne mélange pas les deux. Je sais qu’il y a des gens qui se sont opposés au télétravail en disant « télétravail, pas à la maison : vous trouvez une solution, mais pas à la maison » Donc plutôt coworking effectivement et on revient sur nos amis des coworking hein, on leur refait encore un clin d’œil !
01:34 Viviane Kock : Mais tu ne penses pas que justement, que ce rejet était parce qu’on était pas préparé et qu’on était forcé, pendant le COVID, tout simplement ? Aujourd’hui on a le choix, ils ne sont pas obligés hein !?
01:43 Michel Godart : Ben, n’étant pas dans la tête de ces gens, ni dans la société en question, je peux pas juger (Viviane Kock : Oui). Mais je prenais cet exemple là pour se dire, tiens, le bonheur de travail c’est peut-être plus large que ce qu’on imagine. C’était un peu pour ça que je parlais de cette boutade (Viviane Kock : Oui). A l’époque j’avais reçu Laurence Vanhee (Viviane Kock : Oui) quand elle avait sorti son ouvrage, au tout début de notre projet hrmeetup. Et aussi, c’était une question qu’on s’est très vite posée après, est-ce que finalement avoir un concept de bien-être et de bonheur travail ce n’est pas imposer quelque chose qui ne peut pas forcément fonctionner pour tout le monde, avec tous les mêmes profils.
02:09 Viviane Kock : Alors le bonheur il peut signifier différentes choses selon les personnes (Michel : Et les cultures et les gens, oui c’est clair) mais il doit être présent ! Il va devoir être présent et c’est pour ça qu’on ne peut pas juste avoir une approche qui est collective. Ce sera aussi le rôle du manager d’apprendre à connaître de mieux en mieux les individus pour avoir cette empathie et d’adapter justement le degré de satisfaction de bonheur dont il a besoin et pour après même adapté encore mieux cette cohésion de groupe.
02:38 Michel Godart : Donc on garde l’idée qu’on avait dans le podcast précédent où on dit : bah, finalement il faut repenser cette approche « Lean start-up » où on interroge les paliers, on les valides et quand c’est validé on va au suivant… Mais, à la limite, on doit les remettre en question tout le temps !
02:49 Viviane Kock : Oui, ça, ça reste. Alors il y a eu pendant le COVID des belles initiatives comme des enquêtes pour savoir comment est-ce que les personnes vivaient les conditions du télétravail et du COVID. Aujourd’hui on continue. En revanche ce qu’on a remarqué c’est que les gens se fatiguent avec des grandes enquêtes, parce qu’alors ils sont partis pour 10 minutes….
03:06 Michel Godart : Et puis c’est lourd de tout le temps t’entendre (Viviane Kock : Et ça peut être un petit peu lourd) dire… C’est un peu comme le réflexe « ça va ? Tu vas bien ? » (Viviane Kock : Oui) Mais si je te le dis une fois ça va (Viviane Kock : Après ça énerve hein ?!). Mais si je te le demande tous les jours, tu as envie de dire « mais, fous moi la paix ! »
03:16 Viviane Kock : Ou bien on va dire « oui » juste pour faire plaisir et les chiffres ne sont pas correctes !
03:20 Michel Godart : Voilà il n’y a plus de cohérence. Alors moi j’ai envie de faire un bond en arrière. Je me dis que finalement, avant de faire l’enquête et de se dire « est-ce que vous êtes heureux au travail », est-ce que ça ne serait pas plus intelligent de, dès le départ, définir avec les employés quelles sont vos attentes pour être heureux au travail. Et d’interroger l’employeur en disant « voilà, on a une culture d’entreprise, on a un objectif » parce qu’il faut rester en cohérence avec le but et l’objectif (Viviane Kock : Bien sûr) « quelle est, selon vous, la meilleure manière de faire pour que tout le monde soit heureux dans chaque fonction et qu’est-ce qui attend chacun de vous ? ». Et puis faire peut-être un bilan, faire des statistiques aussi mais dans un sens « faisons par groupe, ce qui marche bien dans tel département ». Parce qu’il ne faut pas aussi oublier une chose c’est que, ça c’est une chose que je reproche à des gens qui ont une démarche de bonheur au travail généralisée, c’est… (Viviane Kock : Oui) Le bonheur au travail pour une entreprise : non, parce qu’en fait les gens qui travaillent dans le marketing ne sont pas des ingénieurs IT qui sont plutôt dans l’introversion par exemple. Et donc ce que des éléments de bonheur au travail vont être pour l’un, sera une véritable galère pour d’autres. Et je dirais que dans l’entreprise même, on pourrait imaginer plusieurs « persona », scénarios de bonheur au travail (Viviane Kock : Et c’est à la carte aussi un petit peu hein ?) un scénario. Voilà, un scénario pour les IT, un scénario sur le marketing… Le danger là-dedans c’est de tomber dans l’injustice
04:28 Viviane Kock : Ou en silo, ce serait dommage que chacun garde son bonheur sans le partager et sans (Michel : Oui), on va dire, ouvrir la curiosité enfin l’exploration en fait du bonheur. Mais le bonheur, oui, on en a parlé dans l’autre podcast sur la culture, ça se fait en cocréation. En co dialoguant c’est quoi le bonheur dans notre entreprise. Et ce sera le rôle du manager de régulièrement checker si on est toujours encore sur ce chemin-là !
04:53 Michel Godart : Mais je dirais plus maintenant que jamais ce débat à la limite, qui se posait déjà avant même qu’on parle de télétravail (Viviane Kock : Eh Oui) parce que dans l’entreprise elle-même si on interroge pas les gens de qu’est-ce qui vous rend heureux (Viviane Kock : On en revient), on joue un peu au poker quoi !
05:03 Viviane Kock : Bien sûr et on en revient à ce qu’on a déjà dit aussi : il faut trouver le sens du travail hein ? Parce que si ces personnes sont confrontées, seules avec leur métier, en dehors des quatre murs, du bureau où il y a cette convivialité du présentiel ; il faut vraiment trouver le sens. Et ça sera à nouveau le rôle du manager de checker si le sens il ne faut pas le faire évoluer aussi !
05:24 Michel Godart : Ca veut dire que, à la limite, que dans chaque entreprise il y aura un menu « à la carte » du bonheur au travail, un peu un plan cafétéria du bonheur au travail ? (Viviane Kock : Joli – Rires communs)
05:32 Michel Godart : Et, à mon avis, il y aura même d’une entreprise à l’autre plusieurs plans cafeteria mais ça nous complique la tâche dans ce podcast parce qu’on était censé résumer (Viviane Kock : Rires) qu’est-ce qui va me rendre heureux au travail ! Mais ça va être difficile parce que (Viviane Kock : C’est tellement large) il n’y aura pas deux entreprises qui vont se ressembler mais (Viviane Kock : Oui) par contre, j’en suis persuadé, c’est qu’il y a des points communs qu’on peut retrouver ! Alors ces points communs, moi tu m’as dressé une petite liste hein ? Tu m’en avais touché un mot. Tu m’as parlé de d’ailleurs qu’on pouvait investir, l’argent qu’on économise dans l’espace de bureau, dans des investissements pour ce bonheur au travail. Alors comment est-ce qu’on peut faire ? Des pistes, tu as des pistes ?
06:01 Viviane Kock : Bien sûr. Alors (Michel : Ben je te connais hein ?) d’abord c’est effectivement de sonder. De sonder régulièrement, ben ça a un coût ça ! Il faut avoir de l’accompagnement dans ce sens-là
06:10 Michel Godart : Et même gratuitement ça prend du temps donc c’est un coût. (Rires communs).
06:12 Viviane Kock : Voilà, donc sonder, être curieux de la situation actuelle. Après c’est d’investir dans des événements réels, investir dans le digital, avec la gamification vraiment : pourquoi pas des jeux vidéo qui sont en train de se mettre en place dans les équipes ? Alors ce n’est pas juste pour le divertissement, c’est beaucoup plus que ça ! (Michel : Oui) ça permet vraiment d’apprendre à mieux se connaître. Ça pourrait être même un très bel outil pour faire du « onboarding », quand il y a une nouvelle personne qu’on recrute à distance (Michel : Lui faire une fête ?) surtout qu’il puisse savoir quelles sont les marges de manœuvre au niveau humour, quelle est l’énergie du groupe dans lequel je me trouve, aussi, je l’ai encore eu la semaine passée.
06:53 Michel Godart : Je crois qu’à une époque chez Google il faisait ça. On s’inspire souvent de Google (Viviane Kock : Eh oui) reprenons-les parce que franchement il avait parfois des bonnes idées. Il y a une époque il faisait ça, et je crois qu’ils le font encore, il faisait un peu la fête au niveaux collaborateurs : on les présentait, on le mettait sur le web « ouais, regardez le mec qui vient nous rejoindre »
07:06 Viviane Kock : Il y a déjà des interactions Fun, on va dire, même quelques semaines avant que la personne commence en fait !
07:12 Michel Godart : Alors en termes d’investissement on va encore une fois lancer une perche, mais phénoménale, aux espaces de coworking : ben oui, on peut investir en espace de coworking, ça on l’avait déjà dit et je crois que c’est important, parce que là aussi il y a du fun. Quand tu vois des espaces comme celui-ci, franchement, il y a plaisir à venir y travailler donc !
07:26 Viviane Kock : L’isolement sociales c’est bien sûr le point faible de travailler de la maison mais elle a été surtout reliée avec le confinement. Maintenant on peut télétravailler dans une brasserie ou… par exemple moi je prends mon train, je vais à la mer, je bosse très bien avec mon chien, je fais mes balades et hop je reviens le soir, c’est des journées productives en fait, aussi ! Donc oui, pour moi ça c’est le bonheur aussi, d’avoir cette liberté de choix dans les divers lieux aussi.
07:51 Michel Godart : Mais dans ce que j’écoute, dans ce que tu me dis, je pourrais dire qu’il y a tout ce qui est le stress individuel auquel on va pallier par des mesures privées plutôt (Viviane Kock : Oui), à la maison. Et puis on va lutter contre le stress collectif, parce qu’il existe aussi, on n’en parle peut-être pas assez (Viviane Kock : Oui) par rapport à des mesures comme : aller faire une fête, aller faire un évènement, les « Team Events » en fait c’était ça, c’était une lutte contre le stress collectif !
08:09 Viviane Kock : Ouais c’est clair, des team building c’est quelque chose qui revient vraiment en force ; on a trop bien compris l’importance de se connecter, de se comprendre et de se ressentir en fait ! De comprendre les sensibilités de l’un et de l’autre. L’empathie à distance c’est primordial sinon on va tomber dans le piège de la déshumanisation hein !
08:26 Michel Godart : Je me suis déjà fait la réflexion mais finalement le leader il est en train de petit à petit se transformer, il va devenir un marketeur ! Alors, je m’explique, il va devoir vendre le bonheur au travail aux employés (Viviane Kock : Oui, oui), l’objectif, les targets, l’ambition de la société, maintenir le cap (Viviane Kock : Oui, oui), parce que c’est ça. Et puis vendre aussi au management qui fait avec ses gens et ses budgets qu’il dépense (Viviane Kock : Mais oui) pour le bonheur au travail. En fait, il va tout le temps être dans la vente (Rires Communs). On va voir des vendeurs (Viviane Kock : C’est la négociation quoi !), on va avoir des vendeurs au-dessus de nous ! Et il va devoir se vendre auprès des coworking aussi (Viviane Kock : Oui), négocier des prix, enfin tu vois c’est un peu… je crois que la fonction va littéralement changer pour les managers.
08:58 Viviane Kock : Elle va fortement changer et j’aime beaucoup la manière dont tu amènes la chose parce que ça veut dire aussi que ça va inviter les leaders à être beaucoup plus dans la délégation, d’être dans des process qui permettent de l’autonomie (Michel : Et de la cocréation) et pas…. Et de la cocréation, il ne va plus être tout seul en fait aussi !
09:10 Michel Godart : Et de la cocréation parce qu’il ne va plus tout seul à décider. Il va devoir incorporer les gens du coworking parce qu’il va devoir aussi les interroger, il ne peut pas faire ce qu’il veut. Il ne peut pas faire (Viviane Kock : Non) une nouba jusque 3h du matin si le coworking ne l’autorise pas et qu’il n’est pas ouvert quoi, (Viviane Kock : Rires, non) tu vois ?
09:24 Viviane Kock : Ca c’est vraiment ses défis dans lesquels il va devoir investir du temps, on parle de management de proximité. C’est prendre le temps de faire ces check-ins avec ses collaborateurs. J’entends encore trop souvent les managers « oui mais je n’ai pas vraiment le temps et tout » mais il ne faut pas oublier que le collaborateur, pour une grande partie, va se sentir abandonné si on ne fait pas ces petits check-ins, de 10 min hein ? on ne parle pas, ce n’est pas long quoi !
09:48 Michel Godart : Mais mon image du vendeur – marketeur va beaucoup plus loin que ça ! Qu’est-ce que fait un vendeur – marketeur, il est tout le temps dans sa voiture devant faire des trajets. Le manager il va aussi faire des trajets (Viviane Kock : Et oui il va rentrer dans l’énergie de ses collaborateurs) parce que si on parle. Oui, il ne va pas aller faire du domicile (Rires) mais si on parle d’espace coworking près de chez soi (Viviane Kock : Ah oui). Il faut bien se rendre compte que son équipe, il a un gars à Gand, à Bruxelles, à Namur, à Arlon, à Charleroi et à Mons.
10:09 Viviane Kock : Les équipes de vente font ça déjà depuis des lustres
10:11 Michel Godart : Le gars (Viviane Kock : Effectivement) il va, il a besoin de sa voiture de société lui par contre hein !
10:14 Viviane Kock : Ah oui, oui, oui. On va continuer à bouger. Des sociétés internationales qui recrute quelqu’un, et bien le manager, on va prévoir un budget, il prend son avion, prend son train ou sa trottinette, je n’en sais rien et il va aller rencontrer cette personne en vrai.
10:28 Michel Godart : Et je vais rebondir sur un truc qui va te faire bondir (Viviane Kock : Je t’écoute) Actuellement, au moment où on enregistre ce podcast, on va le dévoiler aux auditeurs on est fin mars, je crois qu’on est le 27 mars, et bien on est en plein dans l’actualité de la montée des prix du carburant ! (Viviane Kock : Ahhh)
10:42 Viviane Kock : Quel sujet d’actualité que tu amènes là !
10:45 Michel Godart : Parce que tu me parlais de l’avion, moi je trouve l’avion polluants donc forcément (Viviane Kock : Oui) mon petit côté écologie et (Viviane Kock : Clair) éco responsable qui remonte à la surface. Mais, ce que je ne suis, moi, en train de ne pas comprendre dans l’actualité. Quand j’entends dans un JT qu’un gars se met en maladie parce que finalement il n’a plus le choix, de choisir entre remplir le frigo ou son carburant… Je me dis « mais qu’est-ce qu’attend le gouvernement pour recommander de façon ferme et autoritaire, comme il l’a fait pendant le COVID, de travailler de la maison ? » parce que…
11:07 Viviane Kock : Mais est-ce qu’on a encore besoin d’une autorité ? Est-ce qu’aujourd’hui (Michel : Mais voilà) les entreprises n’ont toujours pas appris d’avoir maintenant ce réflexe d’utiliser le télétravail aussi comme… ?
11:13 Michel Godart : Alors oui, si tu parles. Si tu parles de nouvelles entreprises, oui. Malheureusement il faut une autorité parce que : elles ne vont pas forcément être spontanément dans cette voie-là. Je crois que les employés sont convaincus déjà. Allez, le gars qui doit dépenser 100€ par semaine pour aller travailler, voir plus, inutile de te dire que lui, il a peut-être déjà pensé au télétravail !
11:31 Viviane Kock : Mais c’est quand même dommage, après deux ans, il y a quand même certaines entreprises qui ont considéré vraiment le télétravail comme un kit d’urgence pour pandémie. Et qu’il n’y voit pas de potentiel aujourd’hui, peut-être à court terme je l’espère, du potentiel pour du télétravail structurel. Mais le télétravail va de toute façon répondre à plein de crises du futur et tu parles justement ici du prix des transports, moi j’ai vraiment envie de lancer la question sur LinkedIn : est-ce qu’on ne repasserait pas un p’tit coup à la maison là ? Pour essayer de faire des économies. Mais apparemment…
12:02 Michel Godart : Alors certains vont te répondre « oui mais, pendant l’hiver on va chauffer plus aussi parce qu’on est à la maison » bon, ceci-dit le chauffage on ne le coupe pas complètement en hiver d’une part. (Viviane Kock : Bon ben on fait les calculs alors) mais non ! Mais non mais ça me lance une autre perche (Viviane Kock : Oui) parce que figures-toi que ici, quand je parle du transport, on parle du bien-être au travail parce que c’est être moins dans les files, dans les bouchons aussi ! Parce que ces files elles recommencent et les bouchons ils commencent aussi (Viviane Kock : Et oui). En plus on correspond à une problématique d’actualité sur le marché et la montée des prix qui flambent, ça c’est un aspect. Mais on pourrait aussi se dire que finalement le questionnement qu’on avait déjà élaboré dans certaines capsules précédentes, et qu’on a déjà abordé dans un des tout premiers podcasts sur le télétravail (Viviane Kock : Oui), c’est l’intervention de l’employeur dans les coûts de transport, ce qui est maintenant dans l’actualité. Mais on pourrait transposer et dire, finalement si on disait à ses employeurs « vous gardez la même contribution ou vous faites une prise en charge totale des frais de transport pour les gens qui n’ont pas le choix que de se déplacer » et transposer cette intervention financière pour les frais de chauffage et une facture d’électricité à la maison. Par rapport à cette différence ((Viviane Kock : L’innovation) qu’est ce qui coûterait moins cher ? Payer un peu la facture d’électricité de chauffage de la maison de l’employé ou payer la moitié du plein de carburant supplémentaire tout le temps ?
13:10 Viviane Kock : C’est ça, je pense que le calcul sera vite fait quoi
13:13 Michel Godart : Voilà. Et là on parle aussi de bonheur au travail parce que le bonheur au travail c’est aussi le gars qui, quand il a été travailler, se rend compte qu’à la fin du mois, alors qu’il a bossé tout le mois, il ne lui reste pas : moins 100€ sur son compte.
13:22 Viviane Kock : Cet argent on va dire qu’on n’a pas dépensé, moi j’invite aussi les entreprises à réfléchir à continuer à investir dans l’ergonomie. Parce que ça c’est aussi important. Souvent c’est quoi, c’est un petit élévateur de PC, parfois une souris ergonomique et puis ça s’arrête là ! Ça en « Full Remote » il va falloir vraiment étoffer la gamme de mobiliers !
13:42 Michel Godart : Mais on est passé d’une extrême à l’autre, moi je me rappelle une époque, et c’est pas si lointain que ça. Où, notamment dans les télécoms, les boîtes quand elles se lançaient c’était : on fait venir le masseur (Viviane Kock : Ah ? Oui, ah oui tout ça !) dans le bureau pour des massages au bureau. (Viviane Kock : Ah oui), tu pouvais amener ta manne à linge et aller (Viviane Kock : Choyer ses collaborateurs) faire laver le linge, repasser… Oui, oui, voilà. On était dans des extrêmes parfois comme celle-là et puis tout d’un coup ça s’est dégonflé comme un ballon de baudruche, on n’en parle plus et maintenant ce serait le Momentum pour remettre des choses comme ça à jour ! Pourquoi pas, une entreprise, dire aux employés « au lieu d’un bonus annuel et bien, si votre boulot était bien fait, l’année prochaine pendant un an l’entreprise vous paye l’intervention d’une femme de ménage pour aider Madame à faire le ménage et garder les enfants ou une garde d’enfant.
14:22 Viviane Kock : Mais c’est complètement ça, dans les statistiques ils ont bien vu aujourd’hui que d’avoir un bon salaire et une voiture de société ça ne suffit pas (Michel : Non) du tout ! Donc du coup c’est, les entreprises, surtout en « Full Remote », elles vont être comme tu as dits au tout début, impactés quand même par la vie privée de ses collaborateurs. Et d’être beaucoup plus « Family Friendly » et de carrément créer des chartes de parentalité, et de faire en sorte, d’offrir des accompagnements pour le confort à domicile, allez, soit beaucoup mieux en fait.
14:52 Michel Godart : Alors tu sais que j’aime pousser le bouchon, je vais encore pousser le bouchon (Viviane Kock : Allons-y) un petit peu plus loin, on a parlé souvent des espaces coworking comme allié (Viviane Kock : Oui) c’est aussi un Momentum pour se dire : si les coworking en question avaient dans leurs infrastructures une crèche ? (Viviane Kock : J’allais juste y venir), une école… Tu imagines ? (Viviane Kock : Mais complètement). Les moments où tu passes ton temps en coworking, tu es en plus à côté de tes enfants qui sont gardés par une professionnelle ! (Viviane Kock : Oui), waouh : là c’est du vrai bonheur au travail ! Moi je ne quitte le boulot quoi ! (Viviane Kock : Mais c’est sûr ça !) Moi je trouve que c’est un bon plan (Viviane Kock : Tout à fait). Et je vais encore pousser le bouchon un petit peu plus loin, je pourrais même dire qu’on pourrait pousser ça plus tard dans la scolarité. Parce que combien de fois on a dit avec les entreprises et l’enseignement qu’il y a un écart entre la demande des entreprises et l’enseignement (Viviane Kock : Oui). Et combien de fois on s’est posé la question : est-ce que finalement l’entreprise ne devrait pas être l’école des nouveaux métiers et l’école des métiers, et finalement cette proximité est aussi belle à faire (Viviane Kock : C’est vrai). On pourrait même imaginer que des écoles et des coworking puissent fusionner et donc tu vas faire du coworking dans un espace qui est en fait dans une école ou tes enfants sont à l’école et ils sont confrontés à la réalité de l’entreprise. Donc c’est un trois fois « win » : le parent, l’enfant, il est gagnant parce qu’en plus il voit la réalité des parents au travail (Viviane Kock : Oui) et le coworking qui serait dans ce type d’établissement serait gagnant parce qu’ils ont une garantie d’avoir un public en permanence (Viviane Kock : Les coworking dans les universités) voilà. Et les entreprises gagnantes parce que les gens prendraient conscience de, non seulement à la réalité du travail, mais ça pourrait motiver à des métiers. Par exemple je prends le secteur du bâtiment qui à difficile de trouver des employés (Viviane Kock : Oui), imagine que ce secteur ait des espaces dans des écoles et que les écoles voient les parents travaillant dans le secteur du bâtiment, parce qu’ils sont en mixité, en proximité… Mais tu vas créer des vocations, la pénurie des métiers c’est fini !
16:33 Viviane Kock : Ce que tu dis là c’est qu’aussi les enfants, tout d’un coup pendant le COVID, ils ont vu travailler leurs parents. Ils ont vu ce que c’était de voir des parents qui sont concentrés (Michel : C’était déjà une belle leçon je trouve). C’est déjà une leçon de la réalité. « Ok maintenant je comprends d’où vient le salaire, comment moi je reçois mon argent de poche en fait »
16:51 Michel Godart : Ou pourquoi papa ou maman sont nerveux ce jour-là (Viviane Kock : Tout ça fait et de comprendre ça) parce qu’il a pas eu une bonne journée, ou un collègue pas sympa ! (Viviane Kock : Oui, tout à fait, le fait de voir les métiers) ça existe aussi hein ! Parce qu’on parle de bonheur au travail, les collègues pas sympas ça existe aussi ! (Viviane Kock : Oh oui c’est ça on reste dans l’humain hein Michel). Ce n’est pas du négatif, ce n’est pas le fait qu’on ne veut pas de ses collègues comme ami, c’est le fait qu’on fait un split, et encore une fois je reviens sur ça : il y a des gens qui ont besoin de séparer les choses.
17:11 Viviane Kock : Voilà, de cloisonner (Michel : Oui) et tout dépend si on a déjà une vie sociale étoffée à titre privé et qui nous convient, on peut être complètement focus sur le business, et en même temps, ce sera quand même un minimum : va falloir être calibré au niveau des cœurs hein ? A nouveau hein, c’est important parce que les conflits à distance, les tensions, c’est souvent parce que le cœur ne s’exprime plus. Et ça on va dire, qu’on soit introverti ou pas, ce sera nécessaire de développer tout ce qui est gestion de feedback, d’avoir de l’assertivité et d’oser dire les choses avec toute la diplomatie humaine.
17:45 Michel Godart : Je pense qu’il y a encore une fois cette fameuse limite dans la balance entre les deux : entre mon cœur et la raison
17:51 Viviane Kock : Oui. C’est pour ça, pour une partie, les initiatives de cohésion sociale, elles sont volontaires : on ne peut pas obliger tout le monde à participer à chaque team building. Par contre les Bootcamp c’est vraiment le rituel d’une entreprise en « Full Remote » sur lequel il n’y a pas lieu de skyper, que du contraire.
18:08 Michel Godart : Alors dans le télétravail à distance il y a quand même encore un point que je veux discuter avec toi parce qu’il touche à la fois le bonheur au travail mais à la fois le management. (Viviane Kock : Oui). C’est ce manager qui, dès qu’il constate une anomalie ou un petit retard de quelques secondes, va immédiatement t’envoyer un chat Skype (Rires), ou un message, ou un pop-up apparait (Viviane Kock : Ouffff) « où est-ce que tu en es ? Où est-ce que tu es ? Qu’est-ce que tu fais ? » (Rires) et on revient sur la notion de confiance (Viviane Kock : Oui) à l’employé.
18:33 Viviane Kock : Là voilà, si on a une culture du feedback, ça veut dire quoi aussi : c’est que le collaborateur va pouvoir, dans un lieu sécurisé psychologiquement, avec son manager, lui dire « écoute je me sens trop contrôlé ». A un moment donné ça va toucher aussi la culture, les valeurs de ce manager. A un moment donné c’est d’accompagner toujours encore ce manager-là mais un moment donné si ça ne fait plus un « culture fit », comme on a dit, si la confiance n’y est pas, ces types de manager seront invités à remettre en question leur place dans un contexte de « Full Remote » parce que c’est (Michel : Ou le rapproche) ou leur approche.
19:10 Michel Godart : Et j’ai envie de dire peut-être même leur organisation du travail parce que : il y a le contrôle dont on parle, il y a le stress qui pourrait être vécu comme du harcèlement parce qu’on est trop présent. Mais il y a une autre façon de stresser les gens : c’est de leur envoyer un boulot à 14h45 en leur disant aujourd’hui ça doit être fait. Alors que toi t’as prévu un planning, parce que quand on travaille en Remote on s’organise mieux (Viviane Kock : Tout à fait, on doit, on doit), on a un agenda, des tâches, et on ne communique pas (c’est peut-être un tort) mais on ne communique pas forcément le détail de toutes ces tâches la journée d’office, pro activement (Viviane Kock : Non) et si ton manager arrive, où ton responsable arrive, en disant dans 1h30 cette quantité de travail qui prend normalement 4h doit être faite… Déjà il y a un mismatch entre le temps et la cohérence, mais en plus si tu le reçois en dernière minute et que tu as déjà, toi, prévu quelque chose. Ça met une forme de stress, et là on rejoint encore une fois le bien-être au travail. Comment atteindre le bien-être au travail si je sais que je vais avoir une fois sur 10 ou plusieurs fois par semaine une tâche en last minute avec une dose de stress parce que mes deadlines sont trop courtes ?
20:01 Viviane Kock : Ce que tu mentionnes là pour moi est pour une grande partie liée au travail hybride. Si on est tous en « Full Remote », on est tous à la même enseigne, à un moment donné bah on est obligé d’une certaine façon… Comme maintenant, déjà pendant le COVID les managers ont été obligés de faire beaucoup plus vite la confiance. Mais je pense qu’aujourd’hui justement, quand on a encore en tant que manager cette possibilité de bénéficier du présentéisme, il y aura toujours encore aussi ce besoin de contrôler, de mettre la pression. Quand on passe en « Full Remote » souvent c’est quelque chose qui s’évapore quand même assez vite.
20:36 Michel Godart: En « Full Remote », s’il y a une tension qui s’installe, ce que le manager devra apprendre à mon sens : c’est que, ici, il ne sera plus témoin. Comment est-ce qu’on peut détecter qu’une tension s’installe, et que la situation dégénère entre deux collègues, pour pouvoir venir dire « les gars, attendez, ça a déjà été trop loin » (Viviane Kock : C’est souvent ce qu’on voit), on a des outils pour ça ?
20:53 Viviane Kock : Alors la gestion des mails est pour ça un beau laboratoire humain pour voir ce qui se passe…
20:59 Michel Godart: Moi je, j’ai tendance à dire qu’on a envie de s’en débarrasser des mail s non ? (Viviane Kock : Oui je sais bien mais je dis ça avec de l’ironie parce que en fait on voit…) C’est souvent par mail qu’on interprète mal !
21:07 Viviane Kock : Oui, parce que on fait ça trop vite, on met trop de gens en copie, il y a trop de ping-pong et souvent alors le manager est mis dedans parce que les gens veulent se couvrir, parce qu’on est dans un contexte de méfiance. Donc le manager il voit ça, tous ces ping-pong, c’est à ce moment-là qu’il faut qu’il intervienne. Donner un appel en disant « c’est quoi ces vas et viens, il faut vous appeler » (Michel: Ben finalement ça ne change pas de sa situation précédente quelque part). Donc il y aura des signes, il y a par exemple des personnes qui vont envoyer un peu tard, juste à la dernière minute, des informations à un collègue qui sera coincé, qui va devoir faire des heures sup parce qu’il a reçu ça vraiment pas dans des temps respectueux. Il y a par exemple aussi des absences de réaction à des mails. Ça ce sont tous des petits signes de mini « abus de pouvoir » à distance. Donc le manager il sera formé pour ça, il va détecter ces signaux là et de surtout, d’intervenir quoi, de vraiment, de très, très, vite dire « ça, il ne faut plus faire ». Parce qu’il va avoir tout un impact, en effet, de domino en fait sur le travail des autres.
22:06 Michel Godart: Je vais rebondir sur un mot que tu as utilisé qui est l’absence. Parce que ça aussi c’est un point dont on doit parler en termes de bonheur au travail et de respect des collègues. C’est qu’avant quand on allait au bureau, si on tombe malade ou qu’on sait qu’on va être ko pour la journée, en incapacité de travail bah ça paraît assez évident d’appeler le patron et dire « je ne pourrais pas venir au bureau ». Ici, on est déjà à la maison ! Est-ce que quelque part certains ne seraient pas trop distraits que pour oublier cette étape ? Qui pourrait passer moins pertinente mais qui pourtant en l’est et le reste, déjà ne fus-ce qu’au niveau règlement de travail. Et que le gros danger c’est que parfois certains oublient mais « Oh zut, je n’ai pas travaillé parce que j’ai eu un problème de santé et j’ai complètement oublié de dire que… et de remettre un certificat » donc le côté administratif le côté informatif (Viviane Kock : Ah oui, oui, oui, oui) tu vois ?
22:49 Viviane Kock : Là tu touches, de un des processus, et de 2 c’est le management de proximité à nouveau. Si tu es régulièrement en contact avec tes collègues tu vas sentir à un moment donné que quelqu’un a une surcharge de travail ou qu’il y a une période très, très, intense. Et que pour que ces personnes-là puissent récupérer ce sera le rôle du manager de déjà rappeler en disant « écoute, je sais que tu passes un moment très dense au niveau travail, avec des délais vraiment très serrés, peut être avec des heures sup va falloir que tu me planifies un moment de récup. Je veux voir ça dans ton agenda ». Et ça c’est pour éviter justement ce « drive » de continuer à bosser parce que l’on adore ce que l’on fait.
23:24 Michel Godart: Ici je prenais même l’exemple : tu imagines, tu prends vite ta douche, tu descends et tu es un peu en retard, tu es en chaussettes « boum », tu glisses dans les escaliers et tu te casses la figure : hôpital… (Viviane Kock : Ah accident carrément) Urgences (Viviane Kock : Oui, oui, oui, oui) Urgences. Si parce que tu es à la maison tous les jours, tu en oublies d’appeler ton manager et d’informer tes collègues que tu es à l’hosto (Viviane Kock : Oui). Il y a un problème quand même et la question que je me posais c’est tiens est-ce que quand on est en « Full télétravail » il n’y a pas un risque à un moment donné, c’est process, ces étapes pertinentes et obligatoire légalement et contractuellement (Viviane Kock : Oui), qu’elles ne passent parfois dans l’oubli plus facilement qu’en temps normal ? Ça c’était la question que je me posais. Pour clôturer la boucle des conventions de travail, en télétravail, c’est qu’il faut refixer ses règles, les rétablir, les reformuler. Normalement, il y a moins d’absentéisme en télétravail (Viviane Kock : Tout à fait) on est moins tenté de prendre l’excuse de dire « je, pfff, je ne me sens pas bien, j’ai la grippe ».
24:08 Viviane Kock : D’ailleurs le retour au bureau, Michel, le taux d’absentéisme est à nouveau en train de grimper hein !
24:13 Michel Godart: Oui mais alors il y a aussi la parallèle avec le carburant peut-être ? On ne sait pas ! (Viviane Kock : Oui) – (Rires)- (Viviane Kock : Oui). Avant quand tu étais absent du bureau, je vais dire, le manager il n’a pas à le communiquer, tout le monde voyait que tu n’étais pas là. Par-contre ici, et là je rebondis encore une fois vers le manager : tu appelles, tu es à l’hôpital, tu ne bosses pas, le manager le sait tu l’as prévenu. Admettons que tu as même pris la peine de respecter les anciens process, qui restent d’actualité je le répète, (Viviane Kock : Oui) mais malheureusement tes autres collègues, eux, ils ne le savent pas forcément si le manager ne l’a pas communiqué et on revient sur l’aspect important de la communication ! Le collègue bêtement n’est pas informé, et puis il se dire mais « il se tourne les pouces ou quoi ? Il ne fait rien ? ».
24:46 Viviane Kock : Ca bien sûr, le rôle du manager sera, dès qu’il reçoit cet appel, il doit prévenir l’équipe et il doit voir si l’impact sur la charge de travail sera court ou moyen ou bien long terme, c’est primordial et c’est important à nouveau de communiquer. Je le vois, dans un contexte hybride, que souvent le cadre légal n’est informé que par un simple mais, très sec et pour de plus amples informations s’est mis sur l’Intranet. On sait trop bien que combien de gens ne vont plus sur l’Intranet. Le rôle du manager sera vraiment de revisiter tout le cadre légal pour être sûr que tout le monde ait bien compris là même chose (Michel : Et le canal de communication). Et le canal de communication, et de bien préciser « voilà, ça ce sont les process RH qui ont toujours été mis d’application déjà quand on était sur site, et bien tout ça, ça continue » quoi ! Bien sûr oui, oui, oui !
25:35 Michel Godart: On pourrait dire que la conclusion de ce podcast, Viviane, si tu es d’accord avec moi, c’est que le manager va changer de casquette, il va changer de look (Rires communs) – (Viviane Kock : Je suis curieuse de son look). Il aura son pantalon de pyjama en bas, et la cravate au-dessus : non, parce que lui il va se déplacer, déjà (Viviane Kock : Oui). Il va devenir le marketeur et le businessman du plan et puis il va devenir un expert en communication (Viviane Kock : Oui, oui). Et je crois qu’une des compétences requises en termes de leader et de management dans le futur, pour les entreprises qui seront en full télétravail, je crois que le focus ça va être 100% sur la communication. Parce que, quelque part dans tout ce qu’on a échangé aujourd’hui, 90% de ce qu’on a dit c’est focalisé sur la communication, transparente, claire, précise et honnête.
26:10 Viviane Kock : Tout à fait, et de choisir les bons outils, et d’investir du temps. Ça fait partie du rôle du manager d’investir du temps là-dedans mais pour ça il faut peut-être déléguer un peu plus et ce sera alors plus facile aussi.
26:21 Michel Godart: Et ça c’est aussi une autre chose qu’on va voir se modifier dans les profils de recrutement de leaders ou de managers, c’est vraiment insister sur le côté où le manager ne mettra pas « la main à la pâte » (Viviane Kock : Non, et ça…) quitte à ce qu’on attende de lui qu’en général il montre l’exemple, ici il ne pourra plus (Viviane Kock : Non). Parce qu’il doit communiquer avant tout et assurer le bon fonctionnement, avant tout, de la structure, de l’organisation globale.
26:40 Viviane Kock : Le manager à distance va avoir aussi une sorte de posture de « low profile » pour pouvoir justement plus facilement mettre en lumière les compétences, qui sont latentes dans les équipes, mais que lui il voit déjà et de se mettre plutôt en background et laisser fleurir ça. Et ça c’est aussi un de leur rôle c’est d’accompagner les ambitions de carrière, ce n’est pas juste leur offrir quelques formations, non, c’est vraiment qu’ils puissent déjà prendre la parole, avoir ce pouvoir de décision de temps en temps dans des réunions où justement le manager reste en retrait. C’est important parce que ça touche à nouveau la motivation et l’engagement. Et à distance c’est essentiel (Michel : Et le bien être au final) et le bien-être au final Michel.
27:20 Michel Godart : Beau mot de conclusion. Merci Viviane pour ce partage, cette bonne humeur comme toujours (Viviane Kock : Merci à toi), ces échanges riches. On espère que nos auditeurs sont inspirés et trouvent des points pertinents dans ce qu’on leur racontait ce qu’on leur donne comme info. Alors on vous inviter à participer à la petite question qu’on vous a posé tout à l’heure, à faire des commentaires et puis si vous aimez ce podcast faites un like, un partage, c’est la plus belle récompense à ce qu’on vous offre gratuitement quand même. Et vous pouvez nous soutenir avec une donation vers l’ASBL. Si vous avez envie aussi de venir à notre micro, je le rappelle, on ne va pas oublier de le dire, vous êtes les bienvenus. Venez parler de votre passion au travail, venez de parler du thème RH, de ce qui vous préoccupe et pourquoi pas de comment vous voyez le « Full télétravail » pour vous, dans le futur ! Voilà, welcome !
27:58 Viviane Kock : A bientôt Michel
27:59 Michel Godart : A bientôt.
28:00 Jingle intro: Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne se capte et le son se stabilise : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».
28:05 Michel Godart : Ce projet podcast est un projet proposé par l’asbl The Podcast Factory Org avec le sponsor de transforma bxl, espace de coworking et surtout innovation playground.
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