Animaux et cancer : le témoignage de Marion Noël

Animaux et cancer, ce qu’une présence peut changer - Marion Noël au relais pour la vie

Animaux et cancer : ce qu’une présence peut changer – Marion Noël au relais pour la vie !

Animaux et cancer, le lien? Un animal ne sait pas annoncer un diagnostic et ne va pas non plus nous parler avec des mots, une phrase parfaite…
Pourtant, lorsqu’une personne traverse la maladie, sa présence peut parfois accomplir ce que les mots ne parviennent plus à faire.

Dans cet épisode d’ »Au cœur du relais », Michel Godart rencontre Marion Noël, bénévole au sein de l’équipe « Les amis à quatre pattes contre le cancer », présente au Relais pour la Vie de Braine-l’Alleud.
Psychologue de formation et cofondatrice de l’association « Nothing But Pets », Marion œuvre depuis plusieurs années en faveur du bien-être et de la bientraitance animale.

Elle évoque le « Pet Effect », les effets physiques et émotionnels associés à la relation avec les animaux, les recherches sur la détection de certaines maladies par les chiens, mais aussi la médiation animale et la place des chiens auprès des personnes hospitalisées. Peu à peu, la conversation dépasse la relation humain-animal.

Marion raconte le rétinoblastome dont elle a été atteinte à l’âge d’un an et demi, les maladies chroniques auxquelles elle fait aujourd’hui face et l’errance médicale qu’elle a connue.
Son témoignage interroge la manière dont la souffrance est entendue, dont une maladie est annoncée et dont un soignant peut accompagner sans prétendre tout savoir.
Pour elle, les praticiens les plus précieux ne sont pas ceux qui promettent l’impossible, ce sont ceux qui savent dire avec compétence et humilité : cette bataille, nous allons la mener ensemble.

Au Relais pour la Vie, les chiens deviennent aussi des intermédiaires, on commence par parler d’un animal, puis une histoire personnelle apparaît.
Des personnes qui ne se connaissaient pas déposent une expérience, une peur ou un souvenir. La science ouvre la discussion; la rencontre lui donne sa profondeur.

Cet épisode rappelle enfin qu’un geste apparemment modeste peut changer la trajectoire de quelqu’un : donner, devenir bénévole, parler de l’événement, partager un épisode ou simplement offrir une présence attentive.
Parce qu’aider ne signifie pas nécessairement pouvoir tout résoudre mais de parfois refuser de rester passif avec ce que l’on peut offrir, ici et maintenant.

Vous pouvez soutenir le Relais pour la Vie par un don, par votre présence, par du bénévolat ou en faisant connaître ses actions autour de vous.

  • Au micro : Marion Noël
  • Interview : Michel Godart
  • Podcast : Au cœur du Relais
  • Événement : Relais pour la vie de Braine-l’Alleud

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Note Importante :

Ce podcast se veut un espace de parole libre et bienveillant, où tous et toutes, bénévoles, participants et participantes, battants et battantes peuvent se déposer, partager, transmettre leurs expériences, leurs espoirs, leurs vécus et leurs épreuves. Un tel espace nécessite, de la part de chaque auditeur et auditrice, une écoute empathique, ouverte, sans jugement. Il est également essentiel que cette parole déposée ne soit pas freinée par la crainte d’une censure. La confiance est au cœur de ce projet : aucun passage ne sera coupé du simple fait qu’il contient une critique, un ressenti ou un constat vécu. Les histoires et les visions appartiennent à celles et ceux qui les partagent.
Notre intention, et cela se reflète dans la manière dont nous posons nos questions, est de créer un espace sans tabous, où tout peut être exprimé avec sincérité et aussi questionné. Nous n’avons aucune volonté de dénoncer ni d’accuser qui que ce soit, et certainement pas les médecins ou les soignants. Bien au contraire, nous souhaitons mettre en lumière les réalités, les émotions et les questionnements pour permettre un dialogue plus juste et humain.
Si certaines paroles peuvent paraître dérangeantes, il est important de se rappeler que toute critique exprimée avec sincérité peut devenir une formidable occasion de réflexion, d’évolution et d’amélioration.
D’autre part, le répondeur mis en place permet à chacun et chacune d’exercer un droit de réponse libre, pour autant que les propos restent respectueux et bienveillants. Merci à toutes et tous pour votre humanité, votre ouverture et votre compréhension. Les acteurs et actrices qui pourraient se sentir concernés par cette note ne le sont jamais à titre personnel. C’est d’un système dans son ensemble dont il est question, un système qui, pour évoluer, a besoin d’écoute, de dialogue et de prises de conscience.

Liens Utiles :

Écoutez ce podcast « Animaux et Cancer » avec Marion Noël via notre chaîne Youtube (abonnez-vous, merci ! ) :

Séquençage du podcast Animaux et cancer, ce qu’une présence peut changer – avec Marion Noël :

  • [00:00:00] Présentation de Marion Noël et de l’équipe « Les amis à quatre pattes contre le cancer »
  • [00:00:17] Quel est le lien entre les animaux à quatre pattes et le cancer ?
  • [00:02:03] Les animaux peuvent-ils détecter la souffrance et certains cancers ?
  • [00:03:16] Pourquoi participer au Relais pour la Vie de Braine-l’Alleud ?
  • [00:04:14] Présentation du stand et de ses activités
  • [00:04:45] L’association Nothing But Pets et engagement pour le bien-être animal
  • [00:06:01] Comment le cancer touche-t-il Marion personnellement ?
  • [00:07:26] Le dépistage et la manière d’annoncer la maladie peuvent-ils être améliorés ?
  • [00:08:48] Faut-il éviter les jugements trop rapides face aux symptômes ?
  • [00:09:22] Comment mieux annoncer un diagnostic de cancer ?
  • [00:10:16] Quelles solutions proposer pour améliorer l’annonce de la maladie ?
  • [00:11:39] Retrouver l’esprit de partage du Relais pour la Vie
  • [00:12:11] Qu’est-ce qui crée cet esprit de communauté ?
  • [00:12:58] Participer au Relais pour la Vie est-il une source d’énergie ?
  • [00:13:34] Les chiens facilitent-ils le dialogue entre les personnes ?
  • [00:13:53] Quel message adresser aux personnes qui souhaitent soutenir le Relais pour la Vie ?
  • [00:15:22] Comment chacun peut agir grâce au podcast et soutenir le Relais pour la Vie ?

La transcription du podcast Animaux et cancer, ce qu’une présence peut changer – avec Marion Noël :

Télécharger la transcription du podcast.

Présentation de Marion Noël et de l’équipe « Les amis à quatre pattes contre le cancer »

[00:00:00] Michel Godart: Bienvenue pour un nouvel épisode « Au cœur du relais ». Alors aujourd’hui à côté de moi, j’ai une personne qui est bénévole, qui a une équipe qui est dans un stand. Alors je vais te laisser me donner et me rappeler ton prénom et le nom du stand.

[00:00:12] Marion Noël: Je m’appelle Marion et le nom de l’équipe du stand c’est « Les amis à quatre pattes contre le cancer ».

Quel est le lien entre les animaux à quatre pattes et le cancer ?

[00:00:17] Michel Godart: Alors ça, c’est un sujet qui est super important (Marion Noël: Oui). Parce que les gens qui nous écoutent, auditeurs et auditrices, pourraient se dire que fait une histoire d’animal à quatre pattes dans un truc humain où on parle de cancer.

[00:00:30] Marion Noël: C’est quoi le lien?

[00:00:31] Michel Godart: C’est quoi le lien (Marion Noël: Qu’est-ce qui…) et je peux peut-être répondre à ça, tu me diras si j’ai tort, je vais essayer de deviner (Marion Noël : Ok) mais moi j’ai un sentiment profond, je suis même persuadée de cela (Marion Noël: Oui). L’animal à quatre pattes, l’animal que l’on caresse, scientifiquement il est démontré que le fait d’avoir un simple chien, un simple chat que l’on caresse tous les jours, diminue le risque de maladies cardiovasculaires énormément. Et en fait, l’animal est capable de détecter la souffrance, il est un réconfort et une valeur de don d’amour plus immense que toute la planète humaine réunis. Et les animaux à quatre pattes sont nos meilleurs amis, il sont, il n’y a pas plus sincère qu’un animal (Marion Noël: Ouais). Voilà, ça c’est ma réponse, est-ce que j’ai répondu?

[00:01:03] Marion Noël: C’est clair que est-ce qu’on a vraiment besoin de faire des études scientifiques pour le prouver, je ne pense pas. Maintenant, les choses qu’on peut penser ou sentir intuitivement, c’est vrai que on a peut-être besoin d’en passer par la science pour le démontrer, et il y a de plus en plus d’études en ce sens-là, d’ailleurs on en parle sur le stand, qui montre qu’effectivement c’est ce qu’on appelle « The Pet Effect ». C’est-à-dire tout ce que l’animal nous apporte en terme de bien-être physique mais aussi mental, donc on démontre les effets sur le système cardiovasculaire, sur le sentiment de bien-être que ça apporte au quotidien. Ça amène à bouger plus aussi au quotidien, enfin voilà donc, il y a énormément d’effets qui sont intuitivement ressenti mais qui ont été, je vais dire, prouvé par des études encore très récemment. Donc ça c’est pour un peu monsieur et madame tout le monde évidemment. Il y a aussi énormément d’études qui se font maintenant pour entraîner les chiens à détecter, par exemple aussi (Michel Godart: Exactement) les cancers. Les chiens qui peuvent détecter précocement certains cancers. Et puis quand la maladie survient, tout le monde peut imaginer que ça apporte d’avoir ce soutien de cet être qui, sans une parole, arrive à nous réconforter, qui est là auprès de nous.

Les animaux peuvent-ils détecter la souffrance et certains cancers ?

[00:02:03] Michel Godart: L’amour qu’il donne, et je rajoute avec ce que tu viens de dire, non seulement l’amour mais l’humilité que nous devrions avoir et d’arrêter d’être prétentieux, pensant que l’homme est supérieur à l’animal (Marion Noël: Tout à fait). On est en train de dire ici, je ne sais pas si vous réalisez, qu’un animal est capable de percevoir ce que des scanners, ou des machines, ou des médecins diplômés à l’université ne peuvent pas toujours détecter tout de suite, et eux, spontanément ils le sentent (Marion Noël: Oui). C’est incroyable.

[00:02:25] Marion Noël: Et c’est difficile encore, enfin il y a encore tellement de choses à démontrer, la science doit encore démontrer énormément. Mais c’est clair que ils sentent bien souvent la maladie, ou même au-delà, l’état émotionnel ou physique d’une personne. Ils ont accès probablement à des niveaux de conscience aussi qu’on n’a pas encore vraiment développé. On est encore sur un niveau très, très, humain mais il faut un petit peu dépasser tout ça pour voir du point de vue de l’animal ce qu’il peut nous apporter. Mais en tout cas c’est clair que voilà, souvent les êtres humains ils ne savent pas quoi faire de la douleur, ils ne savent pas quoi faire de la souffrance, ils ont envie de dire des phrases et puis souvent c’est un peu à côté, on ne sait pas quoi faire de tout ça. Et un animal, il est là, juste il est là, il vit dans l’instant présent, au jour le jour, on a beaucoup à apprendre de la manière dont les animaux abordent la vie.

[00:03:06] Michel Godart: La souffrance, la maladie aussi même.

[00:03:08] Marion Noël: Voilà. Et donc ils sont en général très résilients, très endurants par rapport à la souffrance. Donc vraiment, c’est des modèles et c’est pour ça qu’on est là, c’est pour ça qu’on a choisi d’être là aujourd’hui.

Pourquoi participer au Relais pour la Vie de Braine-l’Alleud ?

[00:03:16] Michel Godart: C’était une de mes questions. J’allais te demander pourquoi être présent? C’est la première année que tu participes?

[00:03:21] Marion Noël: Oui, parce que en fait, je connais « via, via », la présidente du Relais pour la vie (Michel Godart: Catherine) de Braine-l’Alleud, Catherine. Je connais Noël aussi et Caroline, qui sont de la famille donc de Catherine et Hugues. On s’est rencontrés au fil des événements animaliers, ça s’est mis, et ils ont proposé de venir sur le stand, venir proposer une petite activité pour les chiens, donc une petite plaine de jeux où ils peuvent un peu se détendre, où ils peuvent un peu jouer et aussi apprendre à développer la complicité avec leurs maîtres.

[00:03:44] Michel Godart: Il y a plein de toutous d’ailleurs aujourd’hui.

[00:03:46] Marion Noël: Il y a plein de toutous, c’est très gai, moi je suis, je suis au paradis là. Et puis on parle aussi donc des études et tout ça, on parle un petit peu. Et alors ce qui est touchant c’est que, on part un petit peu de la science et on en arrive après à justement, ce qui est beaucoup plus subjectif, et les gens viennent raconter un peu leur histoire.

[00:04:01] Michel Godart: Ils témoignent?

[00:04:01] Marion Noël: Ils témoignent. On part d’un peu de l’objectivité, des faits établis, pour aller vers finalement l’histoire particulière de chacun, qui est à la fois, il y a des choses qui se retrouvent chez chaque histoire, chaque personne qui est confrontée au cancer, et chaque histoire est différente en même temps.

Présentation du stand et de ses activités

[00:04:14] Michel Godart: Pour clarifier, Noël, il a un stand où il vend du matériel en fait pour les animaux? (Marion Noël: Oui, c’est ça). Une partie est reversée au relais.

[00:04:20] Marion Noël: Alors peut-être, j’espère ne pas dire de bêtises, je pense qu’il n’y avait jamais eu d’équipe, on va dire tournée chien.

[00:04:25] Michel Godart: Oui, c’est ça.

[00:04:25] Marion Noël: C’était un peu une innovation, et en même temps ça fait tout à fait sens. On se demande pourquoi ça n’a jamais été fait (Michel Godart: Oui) avant.

[00:04:30] Michel Godart: Et il participe en fait je veux dire (Marion Noël: Voilà). Et toi, tu es dans son stand?

[00:04:33] Marion Noël: Et moi je suis dans son stand (Michel Godart: Comme bénévole?). Oui, et il y a plusieurs autres activités. Il y a aussi une partenaire qui est là pour faire des soins bien-être (Michel Godart: Voilà), des soins énergétiques. Il y a aussi un atelier de confection de jouets pour chiens, voilà, il y a plein de choses de super chouette.

L’association Nothing But Pets et engagement pour le bien-être animal

[00:04:45] Michel Godart: Comme Le monde est petit, on m’a dit aussi que tu avais ta propre association (Marion Noël: Oui), de quoi est-ce qu’on parle? On peut en toucher un mot rapidement? (Marion Noël: Oui), même si c’est pas le sujet du podcast, mais j’ai envie d’en toucher un mot. Qu’on sache d’où tu viens et quelle est ta passion?

[00:04:55] Marion Noël: Ah oui parce que, on n’arrive pas là comme ça, par hasard (Michel Godart: Ben non, voilà), évidemment.

[00:04:58] Michel Godart: Exactement.

[00:04:59] Marion Noël: J’ai créé avec des amis, et mon compagnon il y a dix ans, une association qui s’appelle « Nothing But Pets ». Et qui finalement était tournée vers le bien-être animal, qui voulait organiser des ateliers, des activités aussi, pouvoir référencer des professionnels sur son site, parler des bonnes pratiques en matière de bien-être animal et de bientraitance on va dire de l’animal.

[00:05:18] Michel Godart: Et avec ce qu’on a dit au début, on comprend que si l’animal va bien, son maître va mieux aussi.

[00:05:22] Marion Noël: Voilà, ça va ensemble. Et il y a aussi beaucoup de gens qui ne veulent pas se contenter, entre guillemets, de soigner leur animal correctement, ils veulent aller vers la meilleure qualité de vie possible. Et donc ça s’est tellement bien développé que les activités se sont un petit peu déployées dans toute la Wallonie. Et puis on a créé plus dernièrement, mais ça fait déjà cinq ans maintenant, aussi un refuge pour lapins et cochons d’Inde qui sont un peu on va dire les parents pauvres dans la protection animale.

[00:05:48] Michel Godart: C’est vrai.

[00:05:48] Marion Noël: Puisqu’il y a peu de refuges qui sont spécialisés vraiment, en général ils aboutissent dans les refuges un peu tout venant. C’est des animaux qu’on voit partout mais qu’on connaît très peu et il y avait une forte demande, on a décidé de créer ça. Nos journées sont bien remplies!

Comment le cancer touche-t-il Marion personnellement ?

[00:06:01] Michel Godart: J’imagine. Comment ça te touche le cancer? Parce que, on parlait des raisons qui te motivent à venir, j’imagine que ça te touche aussi la cause (Marion Noël: Oui). Est-ce que tu as des proches concernés? C’est indiscret de te poser ce type de questions?

[00:06:13] Marion Noël: Non c’est pas indiscret du tout, c’est pas… Justement, alors après chacun place sa pudeur là où il le souhaite. Je pense que rares sont les gens qui ne connaissent pas quelqu’un qui a été atteint par le cancer. Moi j’ai plusieurs proches, même déjà, j’ai 41 ans bientôt mais, même plus jeune j’ai connu des amis qui sont partis très jeunes. Et puis moi-même j’ai été malade quand j’avais un an et demi, j’ai eu un rétinoblastome, donc un cancer de l’œil chez l’enfant, qui est relativement rare. J’ai été soignée par des équipes absolument formidables à Saint-Luc.

[00:06:42] Michel Godart: La question c’est : est-ce que ça a joué un rôle?

[00:06:44] Marion Noël: Bien sûr.

[00:06:45] Michel Godart: Voilà. Donc on est bien (Marion Noël: Bien sûr) clairement dans une situation (Marion Noël: Bien sûr) où toi tu te sens concernée aussi (Marion Noël: Bien sûr). Tu connais le combat, tu connais un peu (Marion Noël: Bien sûr) ce qui se passe dans le mental (Marion Noël: Bien sûr) et dans le vécu.

[00:06:53] Marion Noël: Oui, oui. J’ai eu ce cancer de l’œil quand j’avais un an et demi. Je refais face à la maladie maintenant en tant qu’adulte, donc j’ai trois maladies chroniques, dont une qui demande des traitements chimio-thérapeutiques pour éviter justement le cancer, et donc la maladie c’est mon quotidien. Et je suis touchée profondément par ça, et je sais aussi à quel point la recherche, la prévention est importante, et aussi tout ce qui permet de venir soutenir les malades. J’ai eu des choses dans la prise en charge des patients, comme par exemple des ASBL qui venaient en aide aux enfants qui avaient des cancers hémato-oncologiques, ils ont vraiment créé un changement déterminant dans ma trajectoire.

Le dépistage et la manière d’annoncer la maladie peuvent-ils être améliorés ?

[00:07:26] Michel Godart: Merci déjà pour ce partage (Marion Noël: Voilà), je suis désolé d’entendre que tu es encore confronté à devoir te battre. Le corps médical a ses qualités, il a aussi parfois les choses qu’il peut améliorer, notamment dans le dépistage et puis dans les façons d’annoncer les choses aux patients. Est-ce que tu as des remarques ou des partages à faire sur cet aspect-là? Parce que j’ai entendu une journaliste qui me disait récemment : statistiquement, quand un homme et une femme se plaignent avec la même plainte de symptômes (Marion Noël: Ouais), malheureusement, parfois et même souvent, ben la femme on a tendance à lui dire « On va prendre des antidépresseurs, ça ne va pas très bien à la maison c’est ça? ». Et on va peut-être prendre moins vite le relais pour faire des examens approfondis (Marion Noël: Ouais), que chez un homme ce serait plus facile. Ça te parle ce genre de feedback?

[00:08:04] Marion Noël: Je ne sais pas si c’est en terme de genre. C’est pas forcément évident d’identifier les symptômes, d’en référer suffisamment vite, d’être pris au sérieux. L’errance médicale, je connais, clairement, pendant des années à s’entendre dire que à tel âge, on n’est pas fatiguée. Ma mère, quand elle disait, quand j’avais un an et demi que j’avais un problème à mon œil et que c’était pas normal, on ne l’a pas crue. On l’a accusé d’être dépressive, de dire qu’elle avait quatre enfants, qu’elle était fatiguée, qu’il fallait qu’elle arrête.

[00:08:31] Michel Godart: Tu viens de confirmer ce que je viens de dire. C’est triste à dire (Marion Noël: Et donc…) mais tu viens de confirmer ce que je viens de dire, oui.

[00:08:36] Marion Noël: Voilà. Et donc ça a été comme ça jusqu’au moment où elle m’a embarqué chez l’ophtalmologue. Elle a expliqué en deux trois mots les symptômes que j’avais, l’ophtalmologue m’a fait passer devant tout le monde, elle savait déjà (Michel Godart: Ouais d’accord). Un enfant d’un an et demi, elle savait déjà.

Faut-il éviter les jugements trop rapides face aux symptômes ?

[00:08:48] Michel Godart: Est-ce qu’il serait pas temps que les gens arrêtent d’avoir ce genre de clichés rapides et de jugements rapides justement? (Marion Noël: Ben…). Est-ce que ce serait un message qu’on devrait faire passer?

[00:08:56] Marion Noël: Oui, je pense qu’il y a beaucoup à faire. Alors moi, il se trouve aussi que ma profession de base c’est psychologue. J’ai travaillé aussi dans ce milieu-là et je sais aussi que les médecins savent pas faire, c’est pas quelque chose que forcément… Si c’est pas quelque chose qu’ils ont intrinsèquement ou qu’ils cherchent à développer, c’est vrai qu’on ne leur apprend pas forcément non plus à l’école. Tout ce qui est humain, les cours de psycho c’est du vite fait.

[00:09:12] Michel Godart: Ben on le ressent sur la façon d’annoncer un verdict aussi.

[00:09:16] Marion Noël: Ouais. En général (Michel Godart: Tu ne trouves pas?) c’est une petite pièce (Michel Godart: Ouais), avec une boîte de mouchoirs sur la table (Michel Godart: Ouais), et avant même qu’on ait dit quoi que ce soit, on sait que c’est ça en général.

Comment mieux annoncer un diagnostic de cancer ?

[00:09:22] Michel Godart: Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour changer? Toi qui est psychologue justement, qu’est-ce qu’on pourrait proposer comme suggestions pour améliorer la situation? Parce que, je crois que les médecins s’en rendent compte eux-mêmes, annoncer un cancer en phase terminale ou même un cancer tout simplement, même bénins, c’est difficile (Marion Noël: C’est difficile), on est des humains.

[00:09:37] Marion Noël: Est-ce qu’il y a une bonne manière d’annoncer? Parce qu’en fonction des gens aussi, chaque personne est différente. Ça veut dire que là…

[00:09:41] Michel Godart: Alors il y a ce constat mais à côté il y a, sans guidance, on peut s’exposer au pire, dans la façon d’annoncer (Marion Noël: Ouais). Et c’est ça (Marion Noël: Ouais) qui moi, me travaille.

[00:09:48] Marion Noël: Parce qu’il faut vraiment la capacité à s’adapter à chaque patient, pour qu’il s’engage aussi dans un processus de traitement.

[00:09:53] Michel Godart: C’est où je mets le curseur entre la connaissance médicale médecine pure experte et (Marion Noël: Ouais), la connaissance de l’humain pour avoir un peu d’empathie, suffisamment que pour prononcer et cerner la personne pour lui annoncer son verdict.

[00:10:05] Marion Noël: Ouais. Et en même temps les médecins doivent se protéger aussi, c’est, voilà, il y a tellement de variables à prendre en compte. Mais c’est clair que l’annonce de la maladie peut être d’une violence, moi j’ai, en tout cas (Michel Godart: C’est pour ça tu vois, pardon de t’interrompre…) dans ma vie, j’ai tout connu.

Quelles solutions proposer pour améliorer l’annonce de la maladie ?

[00:10:16] Michel Godart: Mais la critique est facile. Par contre, proposer des solutions c’est un challenge. La question que je te pose c’est ça c’est, finalement quelles solutions pourrions-nous proposer au corps médical pour peut-être mieux gérer ces effets d’annonce qui peuvent être quand même (Marion Noël: Moi je pense que…) très ravageur .

[00:10:29] Marion Noël: C’est aussi une position de ne pas se mettre en position de sachants, de ne pas se dire « Bon bah, enfin voilà, on va un peu se mettre à appliquer quelque chose un peu tout fait pour tous les patients » mais d’avoir la capacité à sentir aussi la personne, de poser des questions ouvertes aussi, et de voir un petit peu comment on peut demander simplement à la personne de, rien que ça, de quoi elle a besoin?

[00:10:50] Michel Godart: Ouais, pas mal. Et là, on sent que tu maîtrises bien ton métier.

[00:10:53] Marion Noël: Oui. Simplement, parfois on se dit, parce que le médecin aussi il peut parfois peut-être être pris un peu dans dire « Ah je suis médecin, il faut que j’assure quoi. Il faut que je sois un peu la personne qui assure ». Mais, il a aussi, parfois moi je sais pas.

[00:11:04] Michel Godart: On est dans une situation où il s’agit d’humain à humain.

[00:11:07] Marion Noël: Voilà (Michel Godart: Ne l’oublions pas), et donc c’est vraiment ça. Les médecins. J’ai connu vraiment le pire du pire, et j’ai aussi des médecins extraordinaires, et ils sont extraordinaires pourquoi? Pas parce qu’ils savent tout, pas parce qu’ils me disent « Je vais vous guérir », pas parce que ils se disent parfait, mais parce que ils disent « Bon, en tout cas, cette bataille on la mène ensemble ». Et je pense que ce qui distingue le bon praticien du mauvais patricien, c’est quand même l’humilité aussi, la capacité.

[00:11:29] Michel Godart: Exactement, exactement, ouais

[00:11:29] Marion Noël: La capacité à se dire… Parce que, pour un même cancer, une même personne, ça peut être une issue différente. Donc au final, qu’est ce qui fait qu’une personne ça va? Donc il faut rester humble face à la maladie, on peut pas…

Retrouver l’esprit de partage du Relais pour la Vie

[00:11:39] Michel Godart: J’adore tes mots! J’espère qu’un maximum de thérapeutes les entendront (Marion Noël: Oui). Je pense que ce message est puissant, qu’il est important, et je ne veux pas ici dans une position de dire « On va faire la leçon de morale », ni encore moins dans une position de mettre tout le monde dans le même sac (Marion Noël: Non), il y a des exceptions dans tout, et tout le monde n’est pas à cataloguer (Marion Noël: Ouais). Mais il y a malheureusement des constats et on entend souvent des témoignages où les gens ont des épreuves à l’annonce (Marion Noël: Oui). Et c’est pour ça que je t’ai posé ces questions, ça tombe bien, c’est ton métier, donc je crois que c’était bien pertinent et utile. On va revenir aux relais (Marion Noël: Oui), à des choses un peu plus positives aujourd’hui (Marion Noël: Oui), on est dans le partage, dans l’esprit de communauté. Est-ce que tu le ressens cette communauté avec le relais pour la vie?

Qu’est-ce qui crée cet esprit de communauté ?

[00:12:11] Marion Noël: Oui. Oui, oui c’est…

[00:12:11] Michel Godart: C’est quoi la formule magique d’après toi? Qui fait que ça fonctionne comme ça?

[00:12:15] Marion Noël: Déjà il y a le côté où on est sur une commune, donc c’est vrai que peut-être il y a des gens qui se connaissent.

[00:12:19] Michel Godart: C’est local.

[00:12:20] Marion Noël: Il y a un côté local, voilà. Et puis j’ai vraiment rencontré, je sais plus si c’était le patro et, des Petits scouts, enfin voilà, on embarque un peu la jeunesse là-dedans. Et il y a un peu, je vais dire, tous des différents lieux d’une même commune qui vont finalement s’unir autour d’une même cause.

[00:12:35] Michel Godart: Et plusieurs expertises différentes (Marion Noël: Oui). C’est un peu sur tout (Marion Noël: Oui), c’est magique.

[00:12:39] Marion Noël: C’est chouette. Et c’est chouette aussi parce que c’est vrai que, bon après moi, au quotidien c’est parfois très seul face, et là aussi il faut rester très humble, quand on fait de la protection animale parce que : on peut pas sauver tout le monde, là aussi on peut pas sauver tout le monde. Et c’est vrai que il y a toutes les émotions aujourd’hui, il y a des gens qui disaient des choses très tristes et cinq minutes après, ben c’est l’espoir qui surgit quoi! C’est vraiment un mélange un peu.

Participer au Relais pour la Vie est-il une source d’énergie ?

[00:12:58] Michel Godart: Est-ce que cet événement te ressource?

[00:13:00] Marion Noël: Oui. Ah oui.

[00:13:01] Michel Godart: Ça t’apporte quelque chose?

[00:13:02] Marion Noël: Ah oui, oui. C’est, rien que les rencontres, rien que ça. Moi c’est…

[00:13:06] Michel Godart: Je te confirme que c’est magique. J’en ai les larmes aux yeux depuis tantôt tellement c’est magique.

[00:13:10] Marion Noël: Rien que de rencontrer des gens et que…

[00:13:12] Michel Godart: J’appelle ça la good vibe.

[00:13:13] Marion Noël: Ouais (Michel Godart: Tu vois?), voilà. Et le truc se fait, on se met à se parler, à se raconter des petits trucs. Et puis après on se reverra plus jamais, mais juste, il y a quelque chose qui s’est passé quoi.

[00:13:20] Michel Godart: Oui, puis il y a des gens qui tout d’un coup font des formules de politesse, il se rend très vite compte qu’ils ont plein de points communs sur la souffrance, la maladie, le partage, le déposer (Marion Noël: Ouais). Et le déposer c’est puissant parce qu’on écoute l’autre et on entend une autre version de (Marion Noël: Ouais) ce qu’on aurait pu appréhender soi.

Les chiens facilitent-ils le dialogue entre les personnes ?

[00:13:34] Marion Noël: Et c’est marrant parce que du coup, sur notre stand, ça passe par le chien

[00:13:36] Michel Godart: Il sert d’intermédiaire (Marion Noël: Voilà), de dialogue.

[00:13:38] Marion Noël: On est un peu dans la posture « Ben on se connaît pas », et puis on parle du chien, et puis à un moment donné, sans qu’on s’en rende compte (Michel Godart: Hop, transition), on passe au-dessus, et hop, on parle de nos expériences. Et le chien voilà, aussi, j’en ai pas parlé mais il y a évidemment tout ce qui est médiation animale et tout ça, et les chiens dans les hôpitaux et tout ça, ça c’est aussi heu…

Quel message adresser aux personnes qui souhaitent soutenir le Relais pour la Vie ?

[00:13:53] Michel Godart: La thérapie par les animaux (Marion Noël: C’est extraordinaire) c’est aussi tout un sujet (Marion Noël: Ouais). Je vais te réinviter à mon micro tu sais. Est-ce qu’on peut laisser un message de clôture (Marion Noël: Oui), aux auditeurs et auditrices, pour les motiver sur plusieurs aspects? Quel message on leur dirait pour s’impliquer dans le Relais pour la vie de Braine dans le futur. Qu’est-ce qu’on pourrait dire pour qu’il y ait des gens qui nous rejoignent, qui rejoignent cette grande solidarité?

[00:14:13] Marion Noël: Ben en fait, au début on se dit « Mais qu’est-ce qu’on fait ici? ». Et c’est comme dans la protection animale, c’est que : un petit geste peut faire la différence (Michel Godart: Exact). Alors ça peut être un mot, ça peut être un regard, ça peut être un sourire, ça peut être aussi un peu d’argent. Parfois il y a des gens qui disent « Je suis désolé, je peux vous donner que 5 € par mois ». Mais s’ils savaient…

[00:14:31] Michel Godart: Ce que, tout ce qu’on peut faire avec 5 € par mois fois x personnes. Ah oui c’est ça c’est, en fait ce qu’ils oublient c’est le fois X personnes.

[00:14:36] Marion Noël: Oui c’est ça, c’est que eux ils ont l’impression qu’à leur niveau ça change pas grand-chose. Mais si tous les Belges ou même toute une province donnait 5 € par mois, on peut changer. Et moi je pense aux activités dont j’ai pu bénéficier quand j’étais enfant, par des ASBL qui venaient un petit peu se dire « Ouais, les enfants qui ont un cancer, ils ont besoin d’école, ils ont besoin de faire des activités ». Ça a changé ma vie, vraiment ça a changé ma vie, donc on peut changer la vie de quelqu’un. Et si on peut pas donner d’argent parce que vraiment il y a des gens qui sont, ils regardent à l’Euro près chaque mois, ça existe.

[00:15:04] Michel Godart: Mais parlez de l’événement (Marion Noël: Voilà), parlez de l’événement autour de vous

[00:15:05] Marion Noël: En parler (Michel Godart: Voilà) ou même venir. Il y en a qui peuvent venir faire du bénévolat, qui peuvent venir aider. On peut aider aussi autrement (Michel Godart: On a besoin de…) qu’en donnant de l’argent.

[00:15:11] Michel Godart: Petit main aussi (Marion Noël: Voilà), beaucoup de petites mains.

[00:15:14] Marion Noël: Donc il faut faire, peu importe comment, mais il ne faut pas rester passif face aux malheurs dans le monde. Il faut faire ce qu’on peut à notre niveau, en fonction de nos capacités!

Comment chacun peut agir grâce au podcast et soutenir le Relais pour la Vie ?

[00:15:22] Michel Godart: En fait auditeurs et auditrices, vous avez un super pouvoir aujourd’hui en nous écoutant. Et dans ce super pouvoir d’écoute, et de compréhension, et d’accueillir les paroles de chaque partage, vous avez encore des actions possibles magiques que vous pouvez faire. Alors vous n’avez pas d’argent? Pas de problème, vous avez entendu ce podcast? Vous l’avez découvert? Et bien faites un like, un partage, rediffuser-le. Parce que, en le faisant, on va peut-être avoir la chance que ce podcast soit écouté par quelqu’un qui a un peu de moyens, qui pourrait faire un don déjà. Donc vous voyez, vous avez déjà un super pouvoir magique. Le deuxième super pouvoir magique que vous avez, c’est que vous n’étiez pas là aujourd’hui, peut-être êtes-vous souffrant, peut-être à l’hôpital, ou en incapacité de vous déplacer, et bien ne soyez pas frustré, vous avez aussi votre voix qui peut porter et votre parole peut se déposer. Comment? Dans le texte de ce podcast, je le rappelle, il y a un lien, vous cliquez dessus, vous avez un bouton « Enregistrer », il faut avoir un micro évidemment connecté à l’ordinateur. Vous enregistrez, vous réécoutez autant de fois que voulez jusqu’à ce que votre message vous convienne. N’oubliez pas de vous présenter, vous n’êtes pas obligé de donner le nom de famille mais présentez-vous un minimum. Dites-nous pourquoi vous laisser un message et ce que vous voulez dire? Quand le message est prêt, que vous l’avez écouté, vous indiquez votre email, vous faites envoyer, je le reçois. Quand je le reçois je fais un petit montage, et un peu de temps plus tard c’est diffusé sur la chaîne podcast et les gens pourront l’entendre, l’écouter, réagir. Vous pouvez aussi faire à notre invité un petit message vocal pour la féliciter, la remercier ou lui poser une question. Je le transmettrai.

[00:16:35] Marion Noël: Ça me fera super plaisir.

[00:16:36] Michel Godart: Avec joie. Merci beaucoup. Et alors bien entendu (Marion Noël: Merci), le relais pour la vie, c’est un appel avant tout au don (Marion Noël: Oui). Et donc si vous avez ne fut-ce que 1 € de don possible, faites-le, ça a un poids, donc ne le négligez pas. Merci de votre écoute et à très bientôt.

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