Podcasthon Belgique 2026 LHC : Corps, consentement et estime de soi chez les adolescents

« Just Be Wow » : Corps, consentement et estime de soi chez les jeunes. Podcast #009 Le Podcast High Tech – Spécial Podcasthon Belgique 2026
À l’occasion du Podcasthon, mobilisation internationale de podcasteur·ices en soutien aux associations, cet épisode de Le Podcast High Tech met en lumière une initiative éducative portée par le Love Health Center, on parle de corps, de consentement et d’estime de soi chez les adolescents.
L’objectif du Podcasthon est simple: donner de la visibilité aux associations et encourager les dons en expliquant concrètement leurs actions et leurs besoins.
Dans cet épisode, Sophie Mentior et Olivier Mageren présentent un projet qui aborde des sujets souvent difficiles à traiter avec les jeunes: la relation au corps, l’estime de soi, les émotions, et la question du toucher et du consentement. À partir d’ateliers menés dans des écoles et d’initiatives comme les stages Totem, ils partagent ce qu’ils observent sur le terrain: les fragilités, les pressions sociales, les préjugés liés au corps, mais aussi les outils qui permettent d’ouvrir le dialogue.
La conversation explore notamment:
- comment parler du corps et du consentement avec des adolescents
- pourquoi la relation au corps influence profondément la confiance en soi
- comment créer un espace de parole sécurisant à l’école
- pourquoi l’intention derrière un geste ou un contact change tout
- et quels besoins émergent aujourd’hui chez les jeunes.
Un épisode qui illustre l’esprit du Podcasthon: mettre en lumière celles et ceux qui agissent concrètement pour le bien-être et l’éducation des jeunes.
Si vous souhaitez soutenir les initiatives mises en avant dans cet épisode, toutes les informations sont disponibles via le site du Love Health Center
Cet épisode Le Podcast High Tech est publié dans le cadre du Podcasthon Belgique, une mobilisation mondiale de podcasteurs pour soutenir les associations.
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Épisode disponible avec transcription complète et traductions (sous titres sur Youtube @thepodcastfactoryorg)
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Français : La transcription intégrale de ce podcast est proposée en sous-titrage de la vidéo en cinq langues : français, néerlandais, allemand, anglais et espagnol.
Néerlandais : De volledige transcriptie van deze podcast is beschikbaar als ondertiteling van de video in vijf talen: Frans, Nederlands, Duits, Engels en Spaans.
Allemand : Die vollständige Transkription dieses Podcasts ist als Untertitel des Videos in fünf Sprachen verfügbar: Französisch, Niederländisch, Deutsch, Englisch und Spanisch.
Anglais : The full transcript of this podcast is available as video subtitles in five languages: French, Dutch, German, English, and Spanish.
Espagnol : La transcripción completa de este pódcast está disponible como subtítulos del vídeo en cinco idiomas: français, neerlandais, allemand, anglais y español
Séquençage du podcast spécial Podcasthon Belgique 2026 — Just Be Wow :
- [00:00:01] Introduction
- [00:00:32] Présentation de Sophie Mentior
- [00:01:11] Présentation d’Olivier Mageren
- [00:02:00] Intention d’Olivier
- [00:02:43] Intention de Sophie
- [00:03:21] Le concept du « radar de l’âme »
- [00:03:40] Présentation de « Just Be Wow »
- [00:05:05] Les besoins observés chez les jeunes
- [00:06:43] Le corps comme source de préjugés
- [00:07:50] L’intention derrière le toucher
- [00:08:08] Les besoins des jeunes face au contact physique
- [00:10:21] Prise de conscience et rôle des mots
- [00:10:34] Service multilingue
- [00:11:27] Spécificités de l’approche
- [00:12:45] Positionnement des intervenant·es
- [00:13:16] La confiance dans les espaces éducatifs
- [00:14:42] La relation éducateur–élèves
- [00:15:43] Le positionnement et le rôle perçu
- [00:17:55] Trois postures pour Olivier
- [00:18:56] Le « slow » comme approche éducative
- [00:22:26] Conclusion sur les spécificités
- [00:22:41] Les challenges pour Olivier
- [00:24:14] Les challenges pour Sophie
- [00:26:45] Les stages Totem
- [00:28:15] Depuis quand ces stages sont-ils proposés ?
- [00:29:25] Importance d’un groupe suffisant
- [00:31:08] L’intelligence émotionnelle et la maturité
- [00:33:31] L’ambiance Totem et la confiance collective
- [00:33:50] Durée du stage Totem
- [00:33:51] Transition vers l’atelier sur violence et consentement
- [00:35:16] Un manque de temps pour les acteurs traditionnels
- [00:36:48] Les découvertes des jeunes lors des ateliers
- [00:38:43] L’importance de la récurrence
- [00:38:54] Création d’une « tribu » de jeunes et lutte contre l’isolement
- [00:39:25] Apprentissage mutuel et outils de communication
- [00:40:51] Lien entre accompagnement des jeunes et relations familiales
- [00:42:12] L’atelier clé en main
- [00:43:30] Transition vers la vision globale du projet
- [00:44:15] Ce que les jeunes pourraient retenir des ateliers
- [00:44:37] L’amour de soi et la joie de communiquer
- [00:45:10] La conscience de son unicité et de ses talents
- [00:45:41] Le rôle du Love Health Center
- [00:46:54] Projets futurs – appel aux dons et besoins de financement
- [00:48:53] Présentation du système de donation « Les Lucioles »
- [00:49:45] Message de gratitude et appel au partage
- [00:50:06] Clôture et invitation à laisser un message vocal
La transcription du podcast spécial Podcasthon Belgique 2026 — Just Be Wow :
Introduction
[00:00:01] Jingle in: Your are listening to The Podcast Factory Org.
[00:00:01] Michel Godart: Comme chaque année, nous sommes honorés de participer à l’événement Podcasthon, qui est une mobilisation internationale des podcasts et podcasteurices qui vont choisir une association qu’ils vont mettre en avant dans leurs épisodes même si le thème n’est pas lié. Et le but de mettre ces assos en avant, c’est de mettre en lumière leurs missions, leur travail, leur utilité, les besoins auxquels ils répondent et derrière de faire un appel aux dons. Ça c’est l’objectif de cet événement, et donc la publication se fera entre le 14 et 20 mars 2026.
Présentation de Sophie Mentior
[00:00:32] Michel Godart: Alors Olivier, tu as un rituel sacré dans les épisodes d' »Entr’Nous » c’est le rituel de l’intention, mais avant de parler d’intention, on va quand même présenter Sophie. Tu es notre invitée clé aujourd’hui, qui tu es? Qu’est-ce que tu fais? Sophie? Tu peux te présenter brièvement?
[00:00:45] Sophie Mentior: Je suis Sophie, et pour l’instant je suis professeur de mathématiques dans un collège à Court-Saint-Étienne. Et je suis également massothérapeute et thérapeute corporelle. Et j’ai un projet « Just be Wow » que l’on développe avec Olivier, qui est en lien avec les adolescents, et l’idée c’est de créer un espace d’accueil des ados, de leurs questions dans lequel ils peuvent se déposer, se rencontrer eux-mêmes et créer du lien et des relations respectueuses avec les autres.
Présentation d’Olivier Mageren
[00:01:11] Michel Godart: Olivier, est-ce qu’on doit te présenter? Sexologue, diplômé de l’Université de Bruxelles, passionné d’amour, passionné du bien-être et passionné des humains. Est-ce que je t’ai présenté correctement?
[00:01:22] Olivier Mageren: Oui, merci. Je dirais que ce qui est particulier par rapport à ce podcast, c’est que Sophie et moi on s’est rencontré il y a juste un an sur un podcast, ici présent, ouais. Le podcast sur l’intelligence artificielle. Et entre temps, on a continué à travailler chaque semaine ensemble pour aboutir à des offres qu’on va présenter aujourd’hui pour les jeunes. Pour me présenter, pour ceux qui ne le savent pas, c’est que je travaille avec la jeunesse en milieu scolaire depuis sept ans, et donc c’est déjà une passion d’être en contact avec eux chaque semaine, j’ai encore eu deux journées de travail à l’école cette semaine, j’adore ça, c’est vraiment fabuleux. Et en étant en contact avec eux, ça permet de voir où on va, ce qu’ils vivent est ce qu’on peut leur apporter.
Intention d’Olivier
[00:02:00] Michel Godart: Alors c’est un double anniversaire aujourd’hui, c’est un anniversaire d’une belle rencontre qui s’est faite ici il y a un an, et je vois les sourires banane de chacun, les auditeurs ne le voient pas mais on les entendra dans les voix qui vont suivre. Et le deuxième anniversaire, c’est que je l’ai entendu off micro, c’est aussi l’année où vous recevez un subside pour votre projet, on en parlera aussi tout à l’heure. D’abord, merci pour cette présentation. Alors, on va venir à cette fameuse question de l’intention. Olivier Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par toi, quelle est ton intention dans cet épisode?
[00:02:28] Olivier Mageren: Alors mon intention, c’est justement de parler de cet accompagnement pour les jeunes qu’on a cocréé avec Sophie. Donc vraiment, c’est de présenter nos services, de permettre aux gens d’en parler, de diffuser le podcast, voilà, de le relayer, de s’y intéresser, de nous contacter aussi.
Intention de Sophie
[00:02:43] Michel Godart: Derrière le Love Health Center se cachent multiples activités chers auditeurs et auditrices, je vous invite à être curieux et aller sur le site du Love Health Center point org, parce que vraiment, vous sous estimez très certainement, même en les écoutant et même en étant fidèle, l’ampleur de tout ce que Olivier nous propose dans le bien-être et l’accompagnement des personnes. Sophie, je vais te demander la même chose, quelle est ton intention à toi dans cet épisode?
[00:03:05] Sophie Mentior: Et bien mon intention c’est effectivement de pouvoir expliquer, peut-être en profondeur, tout ce qui nous anime, Olivier et moi, et tout ce qu’on souhaite développer avec les jeunes, tout ce qu’on a perçu comme besoins et à quoi on souhaite répondre, et les outils qu’on met en place.
Le concept du « radar de l’âme »
[00:03:21] Michel Godart: Alors j’ai entendu des mots-clés importants. Sophie & Olivier, d’ailleurs, si ça matche entre vous, ce n’est pas pour rien (Sophie Mentior: C’est toi…), une collaboration réussie.
[00:03:28] Sophie Mentior: Je t’avais appelé pour le podcast sur Aéridia et tu m’avais dit « Viens 1h plus tôt, j’ai quelqu’un que tu dois absolument rencontrer », effectivement, un match incroyable. On avait tellement de choses en commun qu’on ne pouvait pas ne pas travailler ensemble.
Présentation de « Just Be Wow »
[00:03:40] Michel Godart: J’appelle ça le radar de l’âme (Sophie Mentior: Ouais). C’est Sophie qui veut expliquer?
[00:03:44] Sophie Mentior: Pour notre projet « Just Be Wow » avec les adolescents, c’est en lien avec notamment le corporel, le fait de pouvoir toucher son corps. Parce qu’on se rend compte qu’aujourd’hui notre société est parfois déconnecté du corps. On peut d’ailleurs voir le nombre de burnout qui sont liés à ça en fait, où on a beaucoup d’injonctions dans le mental à faire des choses à réaliser, à être. Et où en fait, on n’est pas suffisamment connecté à notre corps. Et donc c’est effectivement de revenir au corps, aussi au cœur. A savoir, comment se connecter par notre cœur aux autres et pas par les injonctions mentales, comment est-ce qu’on peut apprendre à s’écouter, à intérioriser, à comprendre qui on est, vers quoi on va, en s’autorisant de s’écouter nos émotions. Et donc c’est le souhait qu’on a, c’est d’aider les jeunes à pouvoir revenir à qui ils sont à l’intérieur, quels sont les messages qu’ils reçoivent corporellement, comment les écouter et de sentir que tout est okay. Que voilà, on peut ressentir de la colère, comment est-ce qu’on peut accueillir la colère qu’on sent en nous? Comment est-ce qu’on peut accepter d’être traversé par des vagues de tristesse? Comment est-ce qu’on ressent aussi la joie? Voilà, le but est vraiment d’ouvrir des espaces sécurisés dans lesquels les jeunes peuvent s’écouter et qu’ils peuvent partager aussi ce qu’ils vivent avec les autres. Le but, c’est qu’ils puissent s’enrichir les uns les autres de tout ce qu’ils vivent, et donc mieux comprendre qui sont les autres, avoir plus de tolérance. Donc ça, c’est vraiment la base du projet.
Les besoins observés chez les jeunes
[00:05:05] Michel Godart: Tu touches beaucoup de choses qui m’interpellent en t’écoutant. La première, ben je vais revenir dessus après, c’est le public visé, on parle des jeunes. Mais quand tu dis la relation au corps et que tu parles de la relation au corps, j’ai envie d’aller plus loin, l’exemple c’est nous, l’exemple c’est les adultes, donc première remarque je me dis « C’est bien qu’une fois des adultes viennent vers des jeunes avec un message différent », déjà, donc félicitations pour ça. La deuxième chose, c’est que je me dis quand on est dans la détresse scolaire, elle se fait surtout dans le rejet des autres et du fait de vouloir être accepté par un groupe. Et c’est vrai que la relation au corps, elle est souvent pointée. L’amour de soi et de son corps est souvent pointé, c’est ce qui mène parfois des adolescents vers la boulimie, l’anorexie ou du harcèlement scolaire, donc tout ça est interpellant, ça réveille plein de choses ce que tu es en train de me dire. Et ça va mener à la question la plus importante qu’est-ce que vous avez constaté comme besoin qui vous a conduit à ce projet?
[00:05:50] Olivier Mageren: Mais une chose que j’ai constatée chez les jeunes, mais aussi chez les adultes, mais particulièrement chez les jeune, c’est pendant la période du confinement. Les distanciations sociales, ça a eu des impacts énormes sur le bien être des jeunes. Enfin certains jeunes étaient vraiment en détresse, c’était presque une torture sociale de devoir être en distanciation, de ne plus pouvoir avoir une vie sociale. Et je me dis que le contact fait partie du développement sain d’un humain. Et je rajouterais même le contact sain, être sain dans la manière d’être en contact corporellement avec quelqu’un, crée en fait quelqu’un qui peut se développer psychologiquement et relationnellement de manière saine. Et donc ça c’est vraiment quelque chose que je trouve fondamental, c’est de comprendre que le corps, il est omniprésent. On s’adresse d’abord à un humain qui a un cœur, qui a une âme, dont la première chose qu’on voit en général c’est le corps en fait. Avant même de savoir comment quelqu’un s’appelle, ses idées, ses pensées, ses croyances, ses limites qu’on peut parfois découvrir, ou ses peurs qu’on peut parfois découvrir après 20 ans de vie commune, on voit d’abord un corps quoi!
Le corps comme source de préjugés
[00:06:43] Michel Godart: Et c’est même ça parfois qui est problématique. Parce que le corps c’est aussi le sujet du préjugé parfois.
[00:06:48] Olivier Mageren: Ouais. Et donc par rapport à ce que je vois chez les jeunes, c’est que même dans l’enseignement en milieu scolaire, on voit que le corps est encore un tabou. C’est presque un interdit parfois, alors que les jeunes se touchent tout le temps quoi, on dirait comme des chiens ou des chiots et des chatons, ils se touchent tout le temps en fait. Mais le corps reste comme quelque chose qu’on ne peut pas aborder. On se sent déconnecté et il y a encore une gêne. D’autre chose que j’ai vu dans les besoins pour les jeunes, cette semaine j’ai travaillé justement en EVRAS, dans une école où on travaille avec des élèves de quinze seize ans, et on leur demandait de faire des saynètes en petit groupe où il y a un défaut de consentement. Et il y a deux groupes de filles sur cinq qui ont présenté une saynète ou en fait, entre elles, donc c’est un groupe de filles, où en fait elles se touchent mais sans consentement. Et elles ont dit… Et puis après tout le monde questionne un peu « Mais ok, vous avez présenté ça, mais qu’est-ce que vous avez voulu transmettre? ». « Mais en fait, on s’est rendu compte que nous, entre nous, on se touche parfois les cheveux, le corps et ci et là, mais on n’est pas ok nécessairement. En fait, on est entre filles et on sent que, déjà là, ça arrive régulièrement que, en fait l’effet de groupe fait qu’on s’oublie en fait. Et après coup on se dit mais c’est pas ok, je ne me sens pas. Il y a des jours où j’ai pas envie d’être touchée ».
L’intention derrière le toucher
[00:07:50] Michel Godart: On va revenir à ta première question de l’intention. C’est différent quand tu vas te dire « On va se toucher pour gagner une confiance, pour montrer à l’autre je suis là, c’est un soutien ». Tu vois, il y a, l’intention peut changer complètement l’approche du toucher. C’est des réflexions que tu t’es faites aussi sur les besoins des jeunes?
[00:08:02] Olivier Mageren: Évidemment, dès qu’on ouvre une boîte, il y a 1000 questions en fait (Michel Godart: Ben oui). Et c’est sûr que les auditeurs et auditrices ont encore plein de questions derrière quoi.
Les besoins des jeunes face au contact physique
[00:08:08] Michel Godart: Tu viens de la faire exploser dans ma tête (Olivier Mageren: Oui) la boîte à questions.
[00:08:10] Olivier Mageren: Et donc c’est ça qui est chouette, on ouvre enfin un point essentiel, c’est: OK, on accepte le corps, il existe, il est beau, il est… De toute façon un bébé, la première chose qu’il fait c’est: il est touché, il touche les objets, il ramène tout au corps, et en fait, on grandit comme ça. Et que, peu importe le milieu dans lequel on grandit, on ne peut pas faire l’économie d’aller voir ou mettre ça de côté quoi! Ça a trop longtemps été mis de côté je trouve, on s’adresse à un cerveau mais pas à des gens qui sont développés, qui se développent, et je trouve que c’est un peu étonnant de se dire que dans la loi, un jeune est majeur à seize ans, en Belgique, cette majorité sexuelle, mais ça veut dire majorité relationnelle et corporelle. Et en fait, il n’y a rien qui est transmis et ça reste encore un tabou. Alors que dans certains pays c’est quinze ans en France, c’est quatorze ans au Portugal ou en Italie, on voit bien qu’en fait, wouaw, on est censé intégrer le corps, et lui parler, et le conscientiser.
[00:08:57] Sophie Mentior: D’après moi, en fait, ce qu’on ne souhaite pas, c’est enlever la spontanéité du toucher des jeunes entre eux. C’est quelque chose de tout à fait sain qu’ils aient envie, besoin d’entrer en relation par du corporel, et à aucun moment on ne veut stopper cet élan naturel que les jeunes ont entre eux. Par contre, ce qu’on souhaite, c’est que: si à un moment donné, un jeune sent que ce n’est pas juste pour lui, qu’il puisse s’autoriser déjà à le ressentir, et qu’ensuite il puisse oser l’exprimer et qu’il ait des outils pour l’exprimer de façon respectueuse. Sans agresser l’autre dans le fait que lui s’est peut-être senti agressé par le toucher qu’il y a eu, mais qu’il puisse le verbaliser d’une façon respectueuse sans créer, justement… Voilà, de pouvoir juste dialoguer en disant « Écoute, là tu me touches et en fait ça ne me convient pas », enfin voilà, qu’il puisse le verbaliser, qu’il puisse s’écouter, s’autoriser à le dire, c’est tout ce travail-là qu’on veut faire avec les jeunes. Parce que les relations, on est tous des humains, avec de l’inné, avec de l’instinctif, et donc à aucun moment on va enlever cette spontanéité qui est une des beautés de l’humain. Mais par contre, on veut créer pour les jeunes une sécurité corporelle suffisante pour qu’ils se sentent capables d’écouter ce qui se passe à l’intérieur d’eux. Et on veut qu’ils aient des outils de verbalisation et de lexique, créer du vocabulaire et une manière d’exprimer les choses de façon à ce qu’ils puissent se sentir légitime de le dire d’une belle manière, pour rester en lien, pour pas que le fait d’avoir été touché d’une manière qui ne leur correspond pas casse quelque chose avec l’autre.
Prise de conscience et rôle des mots
[00:10:21] Michel Godart: Si je t’écoute bien, j’ai le sentiment que tu m’expliques que vous avez amené la magie des mots et de la prise de conscience pour positionner correctement un curseur dans un équilibre de « Je me respecte et je respecte les autres ».
[00:10:32] Sophie Mentior: Absolument.
[00:10:33] Michel Godart: C’est une belle façon de résumer?
Service multilingue
[00:10:34] Sophie Mentior: Absolument.
[00:10:34] Michel Godart: On a parlé de qui est le public, mais on est dans un pays compliqué. On est dans un pays trilingue avec des régions. Une petite parenthèse quand même importante, dans le qui, on va parler de géographie parce que on va aller dans des endroits peut-être pas à pas d’autres, parce que peut-être il y a une barrière de la langue, que les nuances des mots ici sont extrêmement importantes, tu peux nous en parler?
[00:10:52] Olivier Mageren: L’offre qu’on propose est effectivement en français. A priori, on est localisé dans la province du Brabant wallon, donc c’est à dire au sud-ouest de Bruxelles, mais on est actif, on va dire en Belgique, en Wallonie, nos services qu’on propose touchent toute la Wallonie, Bruxelles. Et on est aussi ouvert, évidemment, à être appelé à l’étranger si on peut couvrir les frais, évidemment, on le cœur (Michel Godart: Mais en francophonie) à voyager, oui, en francophonie. Et donc voilà, on ne se met pas de limites ou de frontières par rapport à ça, même si notre cœur d’activité est en Belgique quoi.
[00:11:19] Sophie Mentior: On peut aussi dire on serait capable aussi d’animer en anglais, si nécessaire. Voilà, donc on est tous les deux aptes à pouvoir animer en anglais.
Spécificités de l’approche
[00:11:27] Michel Godart: Si on revient au sujet, avant de parler des services que vous allez proposer, moi ce qui m’intéresse ici encore un petit peu, c’est de développer les spécificités de votre approche.
[00:11:36] Sophie Mentior: Moi, je peux peut-être commencer. D’abord en te donnant peut-être un petit exemple de ce que je peux vivre parfois en classe. Cette semaine, j’avais un petit atelier de méthodo avec des élèves de cinquième et de rhéto. Des élèves qui provenaient de classes différentes et qui, pendant la période de décembre, ben par rapport à leurs bulletins il y avait plusieurs difficultés donc, voilà, j’avais un petit groupe d’une quinzaine d’élèves. Et ce que j’ai fait, je leur ai proposé quatre ateliers de méthodologie dans lequel je les ai mis face à une tâche et ils devaient en fait réaliser, ils devaient commencer la tâche, mais surtout ce que je leur demandais c’est de sentir à l’intérieur d’eux qu’est ce qui se passait? Est-ce que c’était le fait de planifier par exemple un travail? Est-ce que ça diminuait la pression ou est-ce que ça augmentait leur stress? Est-ce qu’ils sentaient leur corps s’ouvrir, se fermer? Et c’était très intéressant de voir que les élèves, à la fois ils étaient preneurs et à la fois je les sentais un peu décontenancés parce qu’ils n’avaient pas pris l’habitude de sentir à l’intérieur d’eux qu’est-ce qui se sent? Et je leur expliquais qu’en méthodologie, il n’y a pas une bonne méthodologie, il y a eux, et la manière dont ils fonctionnent et qu’est-ce qui est bon pour eux. Et que l’idée de ce que je proposais, c’était quatre ateliers différents pour qu’ils puissent sentir qu’est-ce qui leur correspond, qu’est-ce qui leur correspond moins et qu’ils puisse apprendre de ça.
Positionnement des intervenant·es
[00:12:45] Michel Godart: Quand tu es à l’école, tu es dans un autre cadre. Tu ne vas pas dire à un prof ce que tu vas raconter à tes parents par exemple (Sophie Mentior : Tout à fait) parce qu’il y a des sujets qui ne sont pas appropriés peut-être pour toi en tant qu’ado. Est-ce que le positionnement de l’adulte, dans l’école, il fait une différence par rapport à vous? Toi aussi tu es maman (Sophie Mentior: Oui), tu as aussi des ados… Donc je me dis tiens, tu dois certainement remarquer une différence dans l’approche. Est-ce que le positionnement va être important? Et la question va se porter pour toi, mais aussi pour Olivier parce qu’en plus, lui, il a la casquette, qu’il le veuille ou non, « sexologue ». Ou alors tu n’en parles pas?
[00:13:10] Sophie Mentior: C’est les mots qu’on va utiliser avec les jeunes. C’est ça qui pose en fait le cadre de sécurité. Et c’est aussi…
La confiance dans les espaces éducatifs
[00:13:16] Michel Godart: Mais ils ont une difficulté pour déclencher la parole (Sophie Mentior: En fait c’est…). Tu sens une difficulté, un frein, une pudeur?
[00:13:20] Sophie Mentior: Oui, notamment, donc moi ce que j’avais fait, c’est souvent et c’est parfois la beauté je trouve du travail qu’on fait avec Olivier, c’est la manière dont on va créer l’atelier, c’est tout le déroulé de l’atelier, dans lequel, de façon sous-jacente, les ados ne le savent pas, mais nous on construit quelque chose qui les sécurise de plus en plus (Michel Godart: D’accord). Et notamment ce qu’on utilise énormément, c’est: d’abord le retour à soi, donc d’abord d’introspecter pour savoir qu’est-ce qu’il sentent, les questions qu’ils se posent.
[00:13:45] Michel Godart: Mettre les bons mots sur les bons sentiments
[00:13:47] Sophie Mentior: Voilà. Et pour ça, on a créé un outil, un carnet notamment, dans lequel on leur propose soit d’écrire, soit de dessiner, d’utiliser l’artistique, etc pour essayer de voir ce qui se passe à l’intérieur d’eux et de pouvoir le sortir concrètement avec des mots, avec des dessins dans un carnet. Et ensuite, une fois qu’ils se sont enrichis de leur perception d’eux-mêmes, de pouvoir le partager avec le collectif. Alors ici, ben moi j’avais un atelier d’une heure et demie, avec tous mes élèves qui ne se connaissaient pas, et c’est vrai que quand on est arrivé à la phase de partage collectif, j’ai vu que le travail que j’avais fait n’avait pas été suffisant pour créer la cohérence du groupe et faire en sorte que les élèves se sentent sécurisés. Et donc notamment, ben j’ai pu constater que les élèves ont eu des difficultés à échanger entre eux ce qui s’est passé, et donc je me suis dit « Mais pas de souci, tout est toujours accueilli comme c’est ». Je leur ai proposé de travailler en autonomie et moi alors je suis passé chez chacun pour prendre les différents renseignements, voir comment ils avaient vécu les choses, qu’est-ce que je pouvais apporter à l’atelier suivant, etc.
La relation éducateur–élèves
[00:14:42] Michel Godart: C’est une preuve de respect pour eux (Sophie Mentior: Oui) c’est-à-dire que tu les écoutes aussi.
[00:14:44] Sophie Mentior: Je les écoute, je vois qu’il y a un malaise, et j’accepte le fait qu’il y ait un malaise et qu’ils ne se sentent pas en sécurité de partager avec le groupe. Et donc pour moi, c’est factuel, c’est ainsi, et je vois comment est-ce que là-dedans je peux écouter ce signal-là et remettre de la confiance. Et donc me diriger moi vers chaque élève, prendre soin d’eux en particulier, pour qu’ils sentent le lien et qu’ensuite ils se sentent suffisamment sécurisés pour pouvoir repartager dans le groupe. Et donc c’est vraiment le cœur de ce qu’on fait, c’est vraiment sécuriser les élèves dans le dialogue qu’on peut avoir avec eux, les choses aussi qu’on va leur partager de notre expérience. Qu’ils puissent sentir la profondeur de ce que nous on partage, que ça les incite à eux pouvoir aussi délivrer la profondeur de ce que eux ressentent à l’intérieur. Et créer aussi des contextes dans lesquels on les questionne, on crée une émulation pour faire naître des sujets, des contextes, qui font parler de choses qui leur permettent de dire qui ils sont, de partager et de s’autoenrichir les uns les autres des expériences qu’ils vivent et de ce qu’ils ressentent.
Le positionnement et le rôle perçu
[00:15:43] Michel Godart: Par rapport à ton positionnement puisque, que tu le veuilles ou non, quand tu rentres dans la classe tu es prof. Pour eux tu es prof, tu vois? (Sophie Mentior: Oui). Donc, dernier point à clarifier, comment tu enlèves cette barrière? Puis je vais faire le passage vers Olivier pour la même question, parce que c’est là où l’enjeu se joue aussi.
[00:15:55] Sophie Mentior: Ok. J’entends en fait que quand tu dis ça, tu prends le prof avec une posture pyramidale. Où tu mets le prof supérieur qui va avoir un ascendant entre guillemets, une sorte de pouvoir ou d’autorité sur les élèves?
[00:16:06] Michel Godart: On va dire que je me rappelle de mon adolescence, et que je crois que quand j’écoute les adolescents actuellement, c’est qu’on a tous une figure d’autorité du monde adulte (Sophie Mentior: Mm). Et parfois même dans une école d’une institution, et d’un État, et d’un gouvernement, d’une autorité presque judiciaire dans une école (Sophie Mentior: Mm), parce qu’il y a une autorité. Et donc, que tu le veuilles ou non, quand tu es ado, tu as ce sentiment au fond de toi quelque part, qui est caché et qui vit, que tu en sois conscient ou pas, tu as tendance à symboliser la posture de l’intervenant en face comme étant « Oui mais ça c’est l’autorité ». C’est cette question-là qui m’interpelle parce qu’ici on va dans l’intime, et c’est peut-être aussi la question du sexologue par rapport à l’ERAS aussi. On va dans l’intime de l’ado, et donc ce n’est pas du tout la posture de l’autorité. Là, il y a un côté humain qui s’installe, qui est plus proche, un côté de lien (Sophie Mentior: Mm) et c’est magique et c’est fantastique de pouvoir mettre ça dans une école quoi.
[00:16:48] Sophie Mentior: Tout à fait. Et je pense que ça, les ados se sentent dans la façon dont on s’exprime. Ça veut dire qu’ils sentent qu’on est des accompagnants et qu’on est des coachs. Et qu’on se met au même plan qu’eux, qu’on ne se porte (Michel Godart: Voilà) pas supérieur à eux, et que c’est peut-être la beauté de la posture qu’on peut prendre, où justement il y a une horizontalité qui fait que on se met à leur niveau. Et, aussi dans ce qu’on fait avec Olivier, c’est toujours de partir d’eux. Ça veut dire que souvent ce qu’on commence par faire, c’est les questionner, pour faire émerger certaines choses. Et ça, c’est aussi la magie de tous les groupes différents qu’on va pouvoir aborder. Olivier a énormément d’histoires là-dessus, mais on peut interroger un groupe et voir émerger comme il dit, des filles qui réalisent qu’entre elles, elles se touchent parfois sans consentement et qu’elles se sentent dérangée mais que elles n’osent pas spécialement en parler. Et en même temps, il peut travailler la même journée avec un autre groupe, où là il va voir émerger des scènes extrêmement violentes, voire d’agression, alors que c’est la même question qui est posée. Le fait de partir en les questionnant, en leur proposant des choses créatives qui émergent d’eux-mêmes. Ça permet vraiment d’être proche de ce dont ils ont besoin qu’on parle aujourd’hui, de ce qui est vivant à l’intérieur d’eux, et de ce qu’on a besoin d’aborder avec eux aujourd’hui.
Trois postures pour Olivier
[00:17:55] Michel Godart: Toi, tu as deux aspects, tu as le côté humain de ce que tu fais, en tant que sexologue, tu as ton aspect au Love Health Center… Je dirais même une troisième casquette, c’est l’EVRAS encore!
[00:18:02] Olivier Mageren: Oui, et donc on parlera des services, on peut intervenir dans différents milieux, on parle du scolaire où en tant que parent, mais c’est vrai que, peu importe où on se situe dans la société, que ça soit dans un club de sport ou peu importe. Oui, on a une figure d’adultes, et c’est d’ailleurs dans nos ateliers où on parle du consentement, on peut décliner et en parler longuement, un des biais, qui est peu conscientisé, c’est l’âge et l’autorité (Michel Godart: Et voilà). Et donc on sait que c’est délicat, mais on en est conscient. Ce que je voudrais rajouter c’est que, comme dit Sophie, ben on part d’eux, donc en fait ça change tout.
[00:18:32] Michel Godart: Exactement.
[00:18:33] Olivier Mageren: On dit pas « On sait », on dit « Ça vous interpelle comment par exemple, les défauts de consentement c’est quoi? ». Et on part d’où ils sont en fait, de ce qu’ils ont vu, compris ou commence à conscientiser, et on rajoute des nuances. Mais surtout, aussi, on a la chance qu’on est des externes, qu’on n’est pas professeurs pour les juger, on ne va pas noter, ils savent bien que notre intention, nos besoins, c’est pas d’avoir huit sur dix à la fin du cours, il n’y a pas de point.
[00:18:55] Michel Godart: Très juste.
Le « slow » comme approche éducative
[00:18:56] Olivier Mageren: Ensuite, on n’est pas les parents, ça aide énormément. On a beau être le meilleur parent du monde, on fera un super boulot, certes, mais notre enfant est de toute façon différent dans chacun des milieux dans lequel il se trouve. Et avoir des adultes, voilà, qui ne connaissent pas toute l’histoire et avec qui ils peuvent se poser, il n’y a pas d’antériorité quelconque. On a aussi la chance, mais il faut avoir la délicatesse aussi de conscientiser tout ça, et de laisser déposer ce qui peut se poser, donc moi je suis aussi de l’esprit, comme vous le savez, au Love Health Center, slow sex, mais c’est-à-dire une approche slow. Slow comme le slow food, pensez plutôt au slow food, c’est plus facile pour les gens de le comprendre. C’est de conscientiser, faire moins c’est plus, on vise la qualité et ralentir. Et c’est souvent quand on ralentit qu’on se pose et qu’on voit les choses. Si on roule à 200 à l’heure sur l’autoroute, on n’a peut-être pas vu, je ne sais pas moi, un hérisson au bord de la route. Par contre, si on roule doucement, on voit plein de choses, limite on voit les moustiques, et on voit les oiseaux, on entend les oiseaux. Donc c’est ça le slow, c’est de dire « On va ralentir », et c’est à ce moment-là que les choses se déposent. Donc on n’est pas en train de forcer, on ne vient pas avec un savoir froid. D’autant plus que dans nos spécificités, tu demandais quelles sont nos spécificités, on sait que quasiment 80-90 % du langage non verbal (Michel Godart: Ouais), on s’adresse toujours aux connaissances, au cerveau, aux savoirs, 90 % du langage non verbal. Déjà juste ralentir et décoder. Parce que, qu’on le veuille ou non, inconsciemment on le fait. Et donc y passer le corps ou ne pas le considérer c’est presque absurde, parce que si on veut vraiment qu’un humain se développe de manière équilibrée, saine et épanouissante, qu’il soit heureux dans sa vie, autonome et souverain, et bien il faut s’adresser au corps, il faut développer le rapport au corps et la conscience du corps pour pouvoir s’adresser davantage… Parce qu’on va atteindre un plafond de verre en fait, si on ne parle pas, et si on n’ose pas aller vers le toucher. Aujourd’hui, il y a comme un tabou, on ne peut pas toucher les jeunes, c’est quand même…. Enfin, mais nous on ne va pas les toucher, on va parler de la manière dont on touche et que eux se touchent, et ainsi de suite. Et c’est: comment eux ils sont en relation, c’est de considérer intégrer le corps, donc ça c’est une innovation en soi, on va parler aussi des émotions, des aptitudes relationnelles.
[00:20:46] Michel Godart: Dans le slow, ce que moi je retiens surtout, c’est qu’on va enlever la partie injonction. Parce qu’on est plutôt dans l’observation, l’attente, le lentement, s’écouter, du coup ça enlève toutes les injonctions verbales, injonction de principe, de contexte s’enlèvent, non?
[00:20:59] Olivier Mageren: Non, il y a une notion de ralentir pour être authentique (Michel Godart: Oui). Si on ralentit, on se voit dans le miroir tel qu’on est. Et limite beaucoup de croyances ou de préjugés ou d’aprioris s’écroulent. Parce qu’en fait, si on s’arrête sur l’image, ben voilà comment je suis quoi? Qui je suis à l’intérieur de moi quoi? Finalement qui suis-je? Et donc, si on ne va pas toucher, qui suis-je? Comment je peux interagir avec l’autre? Parce que c’est la base du consentement aussi. Une des caractéristiques, tu demandais les spécificités de ce qu’on crée avec Sophie, c’est d’avoir des moments liés au corps, des jeux, de l’amusement, de la conscience, des outils de communication, mais surtout l’introspection (Michel Godart: Ouais). Ça, c’est un des trois piliers de notre spécificité, c’est d’aller vers… Donc il y a le corps, mais l’introspection. On s’arrête après un exercice, et on a un carnet de notes, et on va écrire dedans des apprentissages. Et pourquoi c’est important? C’est parce qu’en fait, comment on peut même penser à une relation saine, où le consentement, si on ne s’arrête pas pour savoir qui on est, qu’est-ce que j’offre à l’autre, comment je me présente à l’autre, ou qu’est-ce que l’autre me dit de lui? Qu’est-ce que l’autre reçoit ou comment je veux recevoir moi des autres? C’est pas possible, il faut ralentir, faire une introspection et dire « Ça, ça vous concerne de vous à vous », il n’y a pas de posture comme disait Sophie de « On sait ». Nous on est à l’horizontale, tout adulte sur terre peut se poser la question. Je ralentis, je prends mon carnet et je me pose la question: « Qui je suis? Comment je ressens? Qu’est-ce que j’apprends? Qu’est-ce que je découvre? Qu’est-ce que je veux faire évoluer? Qu’est-ce qui me fait du bien? Et ensuite on est plus apte à être authentique pour aller vers l’autre. Donc les relations sont d’autant plus belles et nourrissantes.
Conclusion sur les spécificités
[00:22:26] Sophie Mentior: Donc si je résume nos spécificités c’est: de travailler avec le corps, d’avoir un carnet d’introspection, et le lien entre le corps, le cœur, le mental. En fait de créer une cohérence et de faciliter l’expression et la relation à l’autre.
Les challenges pour Olivier
[00:22:41] Michel Godart: C’est quoi les challenges déjà observer dès le départ?
[00:22:44] Olivier Mageren: Premier enjeu que je vois dans cette innovation, et qui pour moi est incontournable hein? C’est l’interprétation des adultes par rapport à l’offre qu’on propose (Michel Godart: Ah ouais). Parce que nous, on sait qu’on peut offrir énormément, et qu’on s’amuse, et que les jeunes ils apprennent, et que les jeunes ils vont sortir un sourire, une banane, ils vont dire « Waouh, je me sens plus apte dans mes relations, je me sens plus adulte. On me considère comme un adulte ». Parce qu’aussi, ça je ne l’ai pas dit tout à l’heure, mais quand on les considère comme des adultes compétents, autonomes, souverains, et on sait pas où ils sont dans leur vie et leur talent, ça change tout hein? On n’a pas une posture top-down, mais donc c’est surtout de se dire « Tiens, entre adultes, il y a ce que je sais, mais tiens, si j’étais une petite souris à voir comment ça se passe? Qu’est-ce que je souhaiterais pour les jeunes en fait? ». Parce que mon premier obstacle avant tout, je le vois, c’est l’interprétation des adultes qui vont dire « Oui je veux ça dans mon institution ou pas, oui je veux ça pour mon enfant » parce qu’en fait, il y a des blocages et des non, et des non, et des non et des non régulièrement qui sont presque… Ok, je comprends les peurs, mais en fait au final, la plupart sont infondées en fait. Donc, c’est un peu l’inertie, ce qu’on a toujours fait, on a toujours fait comme si ça sécurise. Alors que moi j’ai l’impression que ça m’insécurise plus de dire « Mais on voit tous les travers, on ouvre les yeux, on ne voit que des violences, des difficultés, des difficultés relationnelles ». Donc on se dit « Mais non, en fait, on sait d’où vient la plupart des problèmes, il faut agir de manière responsable ». Et donc c’est ça, pour moi c’est: soyons vrai par rapport à la réalité du monde, soyons innovants et donc l’acceptation qu’on peut apporter du changement dans la relation aux jeunes. L’éducation elle n’est pas figée, peu importe où on se trouve dans la société, elle est en constante évolution.
Les challenges pour Sophie
[00:24:14] Michel Godart: Sophie, quels sont tes challenges?
[00:24:15] Sophie Mentior: Clairement, notre challenge, c’est pacifier le lien au corps. Et donc notamment la première difficulté qu’on a, c’est dans la vision, la projection, que font les adultes qui eux-mêmes n’ont pas pacifié leur lien au corps et qui le voient encore comme un tabou parce que, en tous cas, ils n’ont pas appris. Et effectivement, ça n’est pas appris nulle part, donc… On a quand même la religion catholique qui a un rapport parfois très tabou avec le corps, et c’est plutôt ces vestiges-là qu’on a hérité. Et donc notre lien au corps n’est pas pacifié, il faut vraiment avoir fait tout un travail aujourd’hui pour pacifier ce lien-là, pour se rendre compte à quel point c’est quelque chose de pacifiant pour soi- même, dans sa relation à soi et dans sa relation aux autres. Et donc c’est ça qu’on essaie d’apporter. Mais donc on a la difficulté que les adultes n’ont pas pacifié leur lien encore, et donc ils ne perçoivent pas l’enjeu à cet endroit-là. Et les enfants, les ados, ont eux aussi la peur de ce corps. Quand on propose des ateliers, moi par exemple j’ai eu la chance d’organiser un atelier de massage avec des ados, clairement, j’avais convaincu les parents de l’utilité, ils m’avaient fait confiance. Les enfants, on les avait invité à venir, certains n’étaient pas spécialement enchantés d’être là, mais l’atelier a été extraordinaire, à la hauteur du défi pour les ados. Un garçon de quatorze ans qui peut masser une jeune fille de treize ans sans que ce soit sexuel, c’est extraordinaire. De se dire qu’on peut toucher l’autre sur le dos, avec de l’huile.
[00:25:37] Michel Godart: Sans arrière-pensée, sans rien de mal
[00:25:38] Sophie Mentior: Sans arrière-pensée, sans qu’il y ait de connotation sexuelle. Simplement parce que se toucher, ça nous fait du bien. Parce que c’est quelque chose de ressourçant pour l’être. Et donc on est dans un vrai défi d’apporter à la société, on n’ira pas jusque-là évidemment dans nos ateliers, ce n’est pas le propos de faire du massage avec les ados, mais on a conscience. C’est pour dire qu’on a conscience de où en est la société dans le rapport au corps, et de où on pourrait aller. Le jour où notre société accepte que des ados se massent sans que ce soit sexuel et qu’on a un rapport au corps qui est extrêmement sain, mais je pense que la société est transformée.
[00:26:13] Olivier Mageren: Ici, on fait un podcast, on s’adresse aux parents, évidemment, on s’adresse à des professionnels qui travaillent en institution ou avec des jeunes, dans des maisons de jeunes ou que sais-je, donc on s’adresse à tous des professionnels. Mais aussi, notre public ici, on s’adresse aux grands-parents qui peuvent diffuser, qui ont peut-être plus de temps d’écouter ou de relayer, de filtrer, dire « Tiens, j’ai entendu un chouette podcast », et on l’envoie dans sa famille, que sais-je? Et puis il y a toute personne qui peut diffuser et peut-être nous aider à faire émerger nos services. Pourquoi pas en Afrique ou partout ailleurs, on est partant quoi en fait. On a une vision à long terme, on la partagera tout à l’heure.
Les stages Totem
[00:26:45] Michel Godart: On va présenter donc vos services, alors ils sont subdivisés en trois catégories, on va peut-être parler de la première partie, on va parler d’un stage Totem. Alors moi quand j’entends Totem, ça me fait penser à des bandes dessinées, tu vois, ça me fait penser à des choses un peu gai, joyeuse aussi. Et un petit côté spirituel, j’étais intriguée par le nom, donc je vais vous laisser, peut-être on commence par toi Sophie? Tu nous expliques un peu (Sophie Mentior: Oui tout à fait) c’est quoi l’atelier Totem?
[00:27:09] Sophie Mentior: L’atelier totem c’est un atelier qui va se dérouler en nature, ça veut dire qu’on invite (Michel Godart: Ahhh) les jeunes à camper. C’est un stage en résidentiel, donc il y a cinq jours où on est, voilà, autour d’un feu de bois tous les soirs, on fait la cuisine, donc il y a une ambiance un peu scout. Et le stage totem, le but en fait c’est d’aider les adolescents à prendre conscience de qui ils sont. Donc on va leur proposer pendant tout ce stage, tous ces cinq jours, on leur propose plein d’ateliers corporels, relationnels, émotionnels, mais aussi des balades, du créatif. Et plein de moments d’introspection, si vous nous écoutez vous savez qu’on aime beaucoup ça, et le but ça va être de faire émerger chez eux plus de conscience de qui ils sont, leurs talents, les acquis qu’ils ont, leurs sensibilités. Et ils vont réaliser au fur et à mesure du stage un Totem, qui les représente, dans lequel ils vont pouvoir graver, donc sur un morceau de bois, soit un bâton, soit un bloc de bois, ils vont pouvoir graver des symboles qui représentent qui ils sont. Et nous notre idée c’est qu’ils repartent enrichis de tout ce qu’ils auront appris pendant le stage avec ce symbole puissant de la semaine qu’ils auront passé avec nous.
Depuis quand ces stages sont-ils proposés ?
[00:28:15] Michel Godart: Ils ont déjà eu lieu ces stages Totem? Parce que j’ai vu passer des communications sur les réseaux déjà!
[00:28:19] Olivier Mageren: On a lancé le concept, les inscriptions et le premier atelier en été 2025.
[00:28:25] Michel Godart: Oui, c’est parce qu’il y a un an.
[00:28:26] Olivier Mageren: Il y a eu quelques inscriptions, mais pas suffisamment que pour maintenir l’atelier, donc malheureusement la première édition on a dû l’annuler. Les parents étaient tristes, les ados aussi mais bon, voilà, on devait avoir une taille de groupe suffisante. On s’est dit voilà, c’est nouveau, faut le temps qu’on se fasse connaître, que il y ait le bouche à oreille qui fonctionne, qu’on soit peut être relayé par des médias.
[00:28:42] Sophie Mentior: D’où ce podcast, pour faire connaître les valeurs de ce qu’on partage. Et c’est vrai que, comme le but c’est de créer un groupe, on a besoin en fait, comme c’est dans le corporel, on a besoin qu’il y ait un groupe suffisant pour que les jeunes puissent choisir (Michel Godart: Oui, sinon c’est pas réalisable) avec qui ils ont envie de travailler. Pas qu’ils soient forcés de travailler avec telle personne, etc. Donc on a vraiment besoin d’avoir un groupe suffisant pour qu’il y ait cette énergie, cette dynamique. Cette liberté aussi de pouvoir être, de pouvoir dire, de pouvoir partager. Et donc pour nous, le nombre était important et on a préféré annuler l’édition, dire qu’on allait travailler à diffuser mieux la proposition qu’on fait, pour trouver un public et pouvoir créer cette première expérience avec les jeunes.
Importance d’un groupe suffisant
[00:29:25] Michel Godart: On va avoir un groupe qui va se créer, j’en suis convaincu. Ce groupe, qu’est-ce qu’il va apporter dans le processus? Parce qu’on l’a compris, c’est important d’avoir des échanges mais, la capacité de choisir aussi, mais qu’est-ce qu’il apporte d’autre le groupe? Parce qu’on travaille sur l’individuel au départ, sur l’introspection personnelle (Sophie Mentior: Tout à fait). Il y aura des échanges dans le groupe?
[00:29:39] Sophie Mentior: Oui, absolument. Donc en fait, ce qu’on fait la plupart du temps c’est: on crée des expériences, on crée un laboratoire, dans lequel on laisse émerger ce qui vient des jeunes. Et ensuite, quand les jeunes ont fait émerger à l’intérieur d’eux, par l’expérimentation des ressentis, un vécu, etc. On les invite à coucher sur le papier par de l’artistique ou des mots, ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont ressenti, etc. Et donc là, on essaye nous de mettre en place des process pour enrichir ça. Et après, il y a toutes des phases de partage. Et pour tout qui a déjà vécu des partages de groupe, il y a un enrichissement collectif qui est extrêmement puissant.
[00:30:15] Michel Godart: Oui, parce qu’on découvre la perception de l’autre, on se dit « Mais je ne l’ai pas pensé comme ça (Sophie Mentior: Exactement), maintenant je comprends par ses mots ».
[00:30:19] Sophie Mentior: Et puis l’hétérogénéité d’un groupe, parfois au niveau des âges, notamment avec Olivier on aime beaucoup avoir une mixité des âges. Par exemple, on va faire un groupe avec les 15-18, et le vécu d’un ado de quinze ans n’est pas celui d’un ado de 18 ans, la façon de s’exprimer non plus. Ils sont suffisamment proches pour parler la même langue, et avoir les références communes de la jeunesse de cette tranche d’âge-là, et donc d’avoir des affinités. Mais ils ont aussi, ils proviennent parfois de milieux différents, ils n’ont pas du tout la même fratrie, ils n’ont pas du tout les mêmes parents, la même éducation. Et donc cette hétérogénéité-là va enrichir le groupe. Parce que ça va permettre à tout jeune qui va raconter son histoire, raconter ce qu’il perçoit, raconter son vécu, d’enrichir la vision que les autres jeunes peuvent avoir. Et, par cette richesse ça va augmenter aussi la tolérance que les jeunes vont avoir entre eux.
L’intelligence émotionnelle et la maturité
[00:31:08] Michel Godart: Et ça me fait penser au côté sexologue d’Olivier hein? Parce qu’il y a parfois des gens qui ont, par rapport à leur âge, plus de maturité émotive et d’intelligence émotionnelle que d’autres, alors qu’ils sont plus jeunes. Olivier Un petit mot là-dessus, puis je te laisse compléter ce que Sophie nous dit.
[00:31:20] Olivier Mageren: Oui, ce que j’avais envie de dire c’est que le stage Totem, c’est un stage qui peut être extra-scolaire ou inclus au scolaire, sorties scolaires ou jeunes en décrochage scolaire peut-être pour notre amie Marine Chambat en Suisse qui travaille avec (Michel Godart: On lui fait un petit coucou), on fais un petit coucou. C’est de créer comme dit Sophie, une atmosphère, une ambiance collective, de camp scout grosso modo. Et on se situe entre, à la fois intégrer du fun et du pédagogique. C’est pas que du fun, on n’est pas juste là pour s’amuser, j’ai envie de dire on passe du bon temps. On n’est pas que là pour faire du pédagogique et d’instruire, c’est quand même un moment de, où on souffle. Et je pense que, voilà, ce qu’on propose c’est: des moments de jeu, qu’on a créé, ou des moments de jeux, jeux de société tout simplement, c’est-à-dire aussi des moments collectifs qui sont, voilà, simplement (Sophie Mentior: Du loisir), simple et bon, du plaisir. Offrir du temps libre aussi aux jeunes, ça c’est important. Prévoir des feux le soir, c’est magique, un camp scout avec un feu et papoter, de créer des moments de papote, de paroles. Et je remarque par rapport à mon expérience depuis sept ans dans les écoles, j’ai jamais eu aucun groupe qui a été formé à avoir un dialogue de groupe. Et on commence à dire « Vous mettriez quoi comme cadre? Quels seraient les trois, quatre ou cinq règles qu’on doit mettre ici, parce qu’on est assis en cercle, et comment ça va se passer? Comment tout le monde va se sentir bien, quelles sont nos intentions, qu’est-ce qu’on va mettre comme règles? ». Ils n’ont jamais eu ça, ils disent « On ne nous a jamais posé la question, on ne sait pas, on n’a pas cet espace où en fait on travaille de manière collective, où on distribue la parole parce qu’on est un petit collectif ». Donc ça, c’est important, c’est déjà des trucs tout simples. Ensuite, comme c’est « jeux pédagogiques », il y a ces moments où il faut pouvoir digérer, respirer. Donc voilà, on n’est pas à remplir un agenda, on est quand même en mode chill, et dire « On est là pour s’amuser, mais aussi apprendre », et je crois qu’on n’apprend jamais aussi bien que quand on s’amuse.
[00:33:00] Michel Godart: On est bien d’accord. D’ailleurs le monde adulte l’a compris, dans les entreprises ils font du « serious gaming » comme ils appellent ça.
[00:33:05] Olivier Mageren: Oui. Et pour compléter ce que Sophie disait aussi, parce que voilà, on en parle depuis un an, on cogite depuis un an, on travaille effectivement sur l’identité qui ils sont: dans leur authenticité, sur les soft skills, pas les hard skills qu’on leur apprend à l’école ou qu’on cherche un diplôme, une certification ou que sais-je, on s’adresse plutôt ici aux soft skills, aux aptitudes relationnelles. Également à la créativité, à l’artistique, une grande place pour le relationnel hein? La connaissance de soi, de soi et vers les autres, et la confiance.
L’ambiance Totem et la confiance collective
[00:33:31] Michel Godart: Dans cette atmosphère: chaudron magique, feu de bois, Totem… Je crois que ça va aussi aider pour la confiance.
[00:33:36] Olivier Mageren: On se rend compte qu’un atelier Totem, ben on se lève le matin, il y a des routines yoga et puis on va faire le déjeuner ensemble, et puis après il y a un atelier pédagogique (Michel Godart: Wouaw) où on va apprendre un peu de conscience corporelle. Puis l’après-midi un peu de conscience relationnelle, et puis des jeux de société donc on voit que ça va être rythmé.
Durée du stage Totem
[00:33:50] Michel Godart: Ça dure combien de temps?
Transition vers l’atelier sur violence et consentement
[00:33:51] Sophie Mentior: Cinq jours.
[00:33:51] Michel Godart: Tantôt tu faisais référence à Marine en Suisse, qui fait de l’accompagnement pour la phobie scolaire, et ça mène vers le deuxième atelier que vous avez présenté. Parce qu’il y a un atelier où vous vous concentrez sur la violence, le consentement, le harcèlement. Ça vient de ton boulot? Ou c’est plutôt Sophie qui, dans l’école, a constaté des choses?
[00:34:07] Sophie Mentior: On a vu qu’il y avait un appel à subsides, notamment pour des ateliers pour diminuer la violence et le harcèlement dans les milieux non scolaire. Et donc on a remis un dossier et on a obtenu les subsides pour animer justement neuf groupes, de quatre fois 2h à chaque fois, avec un public non scolaire pour des jeunes de 15 à 25 ans. Et donc c’est dans ce cadre-là qu’on a pu réfléchir à nos ateliers, comment on les présenterais sous un format de quatre fois 2h. Enfin, je dis 2h mais c’est deux périodes, ça peut être des ateliers d’une 1h30 ou 2h. Et comment est-ce qu’on aborde la violence, le harcèlement, comment les jeunes le vivent? Et donc de nouveau, on va leur poser des questions. C’est quoi pour vous la violence? Comment vous l’avez vécue, est-ce que vous avez dans votre histoire de la violence, du harcèlement? Et on va démarrer de ce que les jeunes font émerger, et ensuite en fonction de ce qu’ils nous disent, on va adapter et on va voir comment on peut les outiller, qu’est-ce qu’on perçoit aussi qui est le plus utile pour eux? Est-ce que c’est par exemple d’enrichir leur vocabulaire émotionnel, pour qu’ils puissent mieux décrire ce qui se passe à l’intérieur d’eux? Est -ce que c’est d’enrichir, on va essayer de voir comment est-ce que nous adultes, avec l’expérience qu’on a, on peut leur apporter des choses qui vont leur être utiles dans ce qu’on perçoit qu’ils sont en train de vivre et qui va être bon pour eux.
Un manque de temps pour les acteurs traditionnels
[00:35:16] Michel Godart: Dans les écoles il y a les centres PMS qui aident déjà beaucoup (Sophie Mentior: Tout à fait), mais parfois ils n’ont pas assez de temps. Et vos ateliers, votre solution, c’est une réponse.
[00:35:23] Olivier Mageren: La particularité de l’offre qu’on propose c’est que, justement il y a un suivi, on ne vient pas une fois. Parce que les élèves, on sait très bien qu’ils oublient. Et pour mémoriser, il faut que ça passe par le corps et l’expérience. C’est-à-dire on s’adresse d’une manière ou d’une autre au corps. C’est pour ça que, ce qu’on propose c’est de venir quatre fois. Un des piliers, c’est la conscience corporelle, l’introspection, le carnet de notes, le relationnel, les aptitudes relationnelles, mais surtout le fait de revenir, de répéter et d’aller chaque fois un peu plus loin, se remémorer ce qu’on a appris la fois précédente. De comprendre comment chacun, soi-même on évolue, et donc il y a un carnet de suivi. Je trouve que ce qui est chouette quand on parle des violences, c’est de conscientiser c’est quoi une violence, où sont les violences. Mais faire la distinction entre une émotion, par exemple, comme la colère ou une frustration, et ensuite les comportements, par exemple: la colère, l’agressivité, la violence, c’est trois choses différentes, mais souvent c’est un amalgame, c’est ce qui est bon ou mauvais et on classe tout dans la même catégorie. Alors que la colère, c’est quelque chose en soi, et conscientiser son corps et être d’abord en connexion avec ça, avant même ce qu’on va faire avec, comment on va l’interpréter, quels sont nos comportements, puis tout le côté systémique, en collectif ou en système. Et donc c’est vaste, et on peut aller crescendo pour mettre de la conscience, et donc nourrir des plus belles relations, désamorcer au plus vite. C’est un peu la loi de Pareto, avec 20% d’effort on 80% des problèmes, si déjà on fait ça, on peut déjà se féliciter d’avoir tous collaboré entre le politique, les financements, les institutions et nous des acteurs de terrain au quotidien quoi! Donc on pourrait se dire « Chouette, on y va! ». Et si les parents sont partenaires, on a besoin d’eux aussi hein?
Les découvertes des jeunes lors des ateliers
[00:36:48] Michel Godart: Qu’est-ce que les jeunes découvrent souvent, et qui les surprend eux-mêmes? Sophie.
[00:36:52] Sophie Mentior: Et bien le lien au corps en fait, le fait qu’on n’a pas appris à s’écouter.
[00:36:56] Michel Godart: C’est une surprise, vraiment pour eux?
[00:36:57] Sophie Mentior: Alors déjà, au départ c’est très inconfortable (Michel Godart: Ah ouais j’imagine). Déjà quand dans une classe, on dit aux élèves « Ça vous dirait, on va faire une petite minute de méditation. ». Ça leur paraît très, très, long la première fois parce que c’est très inconfortable tant ils n’ont pas l’habitude d’être en contact avec eux-mêmes, à juste s’écouter, ce qui se passe à l’intérieur. Donc au départ, on sait qu’on les met dans des postures inconfortables, mais on prend le pari de se dire que c’est nécessaire parce qu’on sait quel confort ça va leur apporter par la suite. Et alors ce que je voulais dire aussi c’est: dans l’atmosphère de sécurité qu’on tente d’instaurer avec Olivier, et je pense qu’on y arrive, la beauté de ce que nous on vit, c’est de voir combien les jeunes, le fait qu’on puisse revenir plusieurs fois, ça leur permet entre chaque fois de penser à ce qui a été dit et de soulever des questions, des interrogations qui vont de plus en plus profond. Ça veut dire que on va avoir des témoignages qui vont être de plus en plus proches des interrogations qu’ils ont fondamentales, où ils remettent en question des choses qui sont extrêmement importantes dans leur vécu.
[00:37:53] Sophie Mentior: Et donc ça, c’est vraiment la beauté de ce qu’on essaie de construire, c’est cette relation de confiance dans laquelle ils vont se sentir 1. respectés 2. Sécurisés et qu’il y a un cadre bienveillant dans lequel il n’y a pas de jugement, dans lequel tout ce qu’ils vivent est accepté tel que c’est, et on en parle, et on n’est pas moralisateur. On va essayer de comprendre, d’abord de bien les écouter, d’essayer de comprendre qu’est-ce qu’ils vivent. Et on peut parfois aussi faire appel à la dynamique de groupe, de dire « Ben comment est-ce que vous vous le vivez? Qu’est-ce que vous auriez fait? ». Et on n’est pas, nous adultes, à déverser notre connaissance et notre savoir, mais on va aussi stimuler le groupe et le réseau de dire aux jeunes « Mais comment vous, vous auriez réagi? Qu’est-ce que vous feriez? Qu’est-ce que vous pourriez proposer comme solution? ». Donc voilà, c’est tout ce qu’on essaie de mettre en place dans ces groupes avec de la récurrence.
L’importance de la récurrence
[00:38:43] Michel Godart: Est-ce qu’il y a des choses à ajouter Olivier?
[00:38:45] Olivier Mageren: Le fait de se revoir plusieurs fois, il y a une progressivité. Une ambiance camp Totem, c’est particulier, c’est une bulle, on passe plusieurs jours ensemble, on vit ensemble, c’est en mode camping nature.
Création d’une « tribu » de jeunes et lutte contre l’isolement
[00:38:54] Sophie Mentior: On crée une tribu (Michel Godart: Ouais c’est ça. C’est le côté tribu quoi) une tribu de jeunes, c’est vraiment… C’est pour des jeunes aussi qui peuvent se sentir isolés, qui ont du mal à établir des (Michel Godart: Et ça c’est important aussi) relations. Parce qu’il y en a quand même beaucoup, malgré les réseaux qui promeuvent des liens un peu superficiels. Et donc ici, nous, ce qu’on a envie de créer en fait c’est: une tribu de jeunes qui sont fortement liés les uns avec les autres, de par le fait qu’on aura partagé des choses importantes et profondes. Et peut-être même, dans l’idée qu’on avait avec Olivier c’est, même d’avoir une tribu qui se revoit, qui a du plaisir en fait à se retrouver, peut-être une fois par an.
Apprentissage mutuel et outils de communication
[00:39:25] Olivier Mageren: Il y a aussi le fait d’être entre jeunes, c’est d’apprendre des uns des autres. Il y a quelque chose aussi où on se pose, on écoute, on comprend la réalité des autres, les nuances, les sensibilités. Donc on apprend beaucoup des uns des autres et entre eux quoi! Si on les laisse dialoguer, il y a beaucoup de sagesse ou de réflexion, de réalité du quotidien toutes simples. Et de se dire que: voilà, les violences parfois c’est, il y a des trucs tout simples qui partent en vrille parce que on ne sait pas comment en parler à son papa, ou du papa vers l’enfant parce qu’il est nerveux, il rentre du travail, je sais pas il y a plein de petits trucs du quotidien tout simples qu’on peut désamorcer pour amener plus de clarté d’esprit, de conscience corporelle, de simplicité, des outils pour communiquer. Comment le jeune peut naviguer parce que, les jeunes, je t’assure depuis sept ans que je travaille avec eux, quand on me pose la question et de se dire « En fait ça vous intéresse, enfin, comment vous pourriez mieux communiquer avec vos parents? Parce que vous voulez plus d’autonomie, de liberté, qu’on vous fasse confiance. Comment on va faire ça? Tu as un challenge, un truc tout simple du quotidien hein? Est-ce que je peux sortir ce soir? Vous y faites comment? Parce que souvent, si c’est juste oui ou non, quand c’est oui tant mieux, mais si c’est non, je fais quoi? ». Le parent il veut que l’enfant soit autonome, mais l’enfant il veut de l’autonomie. Mais souvent ça bug, il y a des frictions, il y a des conflits, il y a des incompréhensions, et il y a plein d’outils, des possibilités d’amener de l’apaisement et une visibilité plus lumineuse pour ne pas se sentir coincé, frustré. Parce qu’alors, évidemment, on va directement… Quelqu’un de frustré, qui n’a pas de solution, à un moment ou un autre, soit il s’éteint, et la violence se retourne contre lui, de lui à lui, il s’éteint. Ou bien la violence va sortir vers l’autre, parce que il n’y a rien de plus dangereux que quelqu’un qui n’a pas de solution, il va devoir sortir cette énergie qui le bloque en fait.
Lien entre accompagnement des jeunes et relations familiales
[00:40:51] Michel Godart: C’est extrêmement important ce que tu es en train de dire. Parce que quand on est face à du harcèlement scolaire et de la violence scolaire, il y a un travail qui se fait en groupe à l’école, souvent un accompagnement. Mais il faut aussi que le relais se fasse à la maison, c’est-à-dire que le jeune puisse interpeller ses parents sur leur façon d’avoir une idée préjugée, une idée arrêtée ou ils pensent avoir la solution et la bonne réponse. C’est peut-être pas assez à l’écoute de l’enfant. Et là en fait, tu redonnes les codes à l’enfant de ré interroger l’adulte, sa perception, lui dire « Ben laissez-moi peut-être plus de place de parole, laissez-moi peut être plus la place pour m’exprimer ». Et renouer le lien familial avec ses parents s’il y a une coupure, une incompréhension on va dire, par la posture des parents, ou la posture de l’enfant de son côté aussi, ce que vous allez amener va refaire du lien là aussi. Et donc c’est cette chaîne de lien entre les parents, l’enfant, l’école et le centre d’accompagnement et vous, qui va faire cette magie et reconstruire. Je comprends bien les choses?
[00:41:39] Olivier Mageren: Oui, surtout que quand on travaille avec les ados, à la fois ils veulent se détacher des parents, ils veulent leur vie autonome, libre, ils veulent développer des aptitudes pour être adulte en soi. Mais aussi ils sont très à l’écoute des aptitudes comment communiquer avec leurs parents, comment s’émanciper, comment être bien avec eux, comment créer. Ils sont très ouverts, même si le regard vers l’extérieur, ils se doutent bien que parfois à la maison, comment je communique, c’est difficile. Nous, le but c’est de développer cette aptitude-là aussi, c’est-à-dire d’embellir toute forme de relation qui concerne le quotidien de l’enfant. Et d’office, évidemment, les parents sont centraux dans cette situation, donc si on peut améliorer ça, et c’est le but, eh bien on est heureux.
L’atelier clé en main
[00:42:12] Michel Godart: Alors on va passer au troisième atelier, parce qu’on a un troisième atelier: c’est l’atelier clé en main. Alors tu m’avais dit « pour une structure ».
[00:42:18] Sophie Mentior: L’idée de l’atelier clé en main, c’est le fait que ben on a énormément d’outils avec Olivier, et qu’on peut s’adapter à beaucoup de situations. C’est vrai qu’ici on a répondu à une offre sur le harcèlement et les violences, mais on est également outillés si on est face à des élèves qui ont une perte de motivation, par exemple, et qui sont en décrochage, on peut tout à fait intervenir. Les ateliers qu’on a créés, et la façon dont on les développe, est bénéfique pour un très grand nombre de cas. Et donc on se donne l’opportunité, en plus Olivier et moi sommes très créatifs et très innovants, et donc on se donne l’opportunité de répondre à des besoins spécifiques de différentes structures. Ça peut être des AEMO, ça peut être des clubs sportifs, ça peut être des scouts, ça peut être tout type d’encadrement à la jeunesse qui rencontrerait une difficulté avec son public de jeunes, qui peuvent nous contacter, nous exposer les difficultés auxquelles ils font face. Et on peut créer un atelier sur mesure pour ce groupe de jeunes, pour cet âge-là, en lien avec les pratiques que nous ont fait, faire une proposition en tous cas.
[00:43:13] Olivier Mageren: C’est justement d’être à l’écoute en disant « Ben, voilà, si ce qu’on a dit vous parle, vous vous sentez qu’il y a des liens, des synergies, des collaborations possibles. On est ravi de cocréer, d’animer, de vous aider à faire des ateliers, sur mesure, par rapport à vos réalités de terrain. Donc c’est très vaste, c’est juste porte ouverte en disant contactez-nous, on va s’entraider ».
Transition vers la vision globale du projet
[00:43:30] Michel Godart: On a fait le tour des trois ateliers aujourd’hui, donc merci à tous les deux, on va tout doucement arriver à la clôture de ce podcast, et je vais vous demander quand même quelle est votre vision globale et l’impact, vos désirs en fait, quelque part.
[00:43:40] Sophie Mentior: Alors, la vision globale qu’on a, c’est que, à terme Olivier et moi on aimerait, cette année en tout cas l’année qui vient de s’écouler, on construit vraiment tous nos outils, on l’expérimente sur le terrain, on affine aussi parce que, clairement on apprend tous les jours. C’est notre richesse à nous, c’est notre bonheur c’est de continuer évidemment d’apprendre tous les jours au contact des jeunes, on affine nos outils. Mais c’est vrai qu’à terme, ce qu’on aimerait c’est: pouvoir enseigner tout ce que nous on est en train de créer, former en fait des collaborateurs avec qui on pourrait avoir plus d’impact dans le sens où on pourrait accueillir plus de groupes et avoir une portée plus grande. Donc ça c’est notre souhait.
Ce que les jeunes pourraient retenir des ateliers
[00:44:15] Michel Godart: Je me posais la question Sophie, si on revient vers le jeune, et qu’il repart de ces ateliers avec une seule chose, ce serait quoi?
[00:44:21] Sophie Mentior: Une meilleure connaissance de soi, et on espère une pacification. Pacification intérieure d’avoir une meilleure connaissance de qui il est, et d’avoir un plus grand respect pour qui il est, une meilleure conscience.
[00:44:31] Michel Godart: C’est une mise en cascade après sur l’école, la relation de groupe, les parents, enfin on l’a compris hein dans ce que vous avez dit.
L’amour de soi et la joie de communiquer
[00:44:37] Olivier Mageren: Moi ça serait l’amour de soi, que le jeune s’aime encore plus, surtout dans cette période de transformation où tout bouge, où… Le contexte d’un ado c’est pas évident donc, déjà je trouve, s’aimer c’est déjà fabuleux. Et ensuite trouver du plaisir et de la joie à aimer communiquer. Parce que qu’on le veuille ou non, même se taire c’est communiquer. Et donc c’est: comment trouver de la joie et du plaisir à communiquer? Comme ça on crée des relations plus belles, et pour prendre du plaisir, ben il faut développer des aptitudes. Je pense qu’un violoniste y prend du plaisir parce qu’il l’a pratiqué et puis qu’ensuite il peut en faire des prouesses (Sophie Mentior: Partager) et il peut partager, il peut inspirer les autres. Donc je pense que c’est ça.
La conscience de son unicité et de ses talents
[00:45:10] Sophie Mentior: Et moi j’ajouterais peut-être aussi: je souhaiterais qu’il reparte avec la conscience de son unicité, qu’il puisse se rendre compte de la diversité des talents entre guillemets multiples que tout le monde a autour de lui, de tous les jeunes qu’il aurait rencontré, mais du coup qui se rendent compte aussi du cadeau que lui il est pour la société, pour les jeunes.
[00:45:27] Michel Godart: Tu m’as volé le mot de la bouche, j’allais y venir, la gratitude. J’ai le sentiment quand je vous écoute, que c’est aussi apprendre la gratitude envers soi, sa vie, envers son environnement, ses proches, son groupe, ses parents. Parce qu’il y a de belles choses en fait dans tout, même quand on pense que tout est mauvais, tout est pire.
[00:45:40] Sophie Mentior: Tout à fait.
Le rôle du Love Health Center
[00:45:41] Michel Godart: Alors Olivier, c’est quoi le lien avec le Love Health Center finalement? (Olivier Mageren: Oui) On pourrait se poser la question, non?
[00:45:46] Olivier Mageren: Oui. Mais le lien c’est (Michel : il parait évident hein?). Oui, il est évident c’est, à la fois on est un centre créateur et innovateur, on aime innover parce qu’en fait, voilà, si on s’adapte au monde on innove.
[00:45:58] Michel Godart: Ah vous êtes super innovant, la preuve il y a un podcast.
[00:46:00] Olivier Mageren: Ensuite de travailler tant sur l’individuel que le collectif. Et dans ce projet-ci avec les jeunes on travaille sur ça, sur l’individuel, le collectif et le futur de la société. On travaille sur le bien-être et l’intégration du corps. Certes, voilà, c’est pas directement lié à la sexualité mais de toute façon, dès qu’on parle de sexualité, on parle d’attirance, de désir d’aller vers l’autre pour différentes raisons. Attirance, attraction ou rejet, distance, mais on est toujours dans cette même dynamique, et on sait qu’une fois qu’on ouvre une porte, on peut parler de plein de sujets.
[00:46:27] Michel Godart: C’est l’ADN du Love Health Center ça?
[00:46:29] Olivier Mageren: On est aussi dans une ADN de pionniers, d’oser proposer des choses, de ne pas accepter ce qui existe comme « la solution finale » et que tout va bien, et qu’il faut perpétuer ce qui existe. C’est de dire « Ben on est acteur ». Moi, j’aime bien que ma vie soit passionnante parce que ça inspire la vie des jeunes, et les jeunes ils adorent travailler avec des adultes passionnés, inspirants, qui bougent, qui créent, proposent autre chose… Et donc ça fait une émulation aussi, des vies beaucoup plus complètes et épanouissantes.
Projets futurs – appel aux dons et besoins de financement
[00:46:54] Michel Godart: Le soin du lien, ça c’est ta force, c’est le soin du lien aux autres. Et ça j’admire, j’admire chez vous deux d’ailleurs, c’est peut-être ce qui vous rejoint le plus. Alors, on va parler maintenant d’un autre mot-clé qui est le mot clé don. C’est bien, vous avez des subsides, mais je rappelle que c’est quand même un appel au don le message. Donc c’est clair que les dons, c’est hyper nécessaire. Ce serait encore mieux si vous pouviez aller plus loin et plus fort. On parle des projets futurs, rapidement?
[00:47:16] Sophie Mentior: On cherche encore aujourd’hui des groupes à animer, donc des groupes de jeunes non scolaires de 15 à 25 ans, avec qui on pourrait proposer justement ces quatre fois 2h de session autour des violences et du harcèlement. Donc, s’il y a parmi les auditeurs des gens en lien avec des structures qui pourraient faire appel à nous, ben qui nous contactent, on serait ravis de collaborer avec eux. Et la deuxième chose, c’est qu’Olivier et moi, on aimerait énormément créer une permanence en fait pour les jeunes. On aimerait nous mettre à disponibilité pour que les jeunes puissent venir nous poser leurs questions, etc. Et que tous ces jeunes qu’on aurait eu l’occasion de rencontrer, ben notamment dans toutes les activités qu’on propose, puissent revenir vers nous à un moment de leur vie où ils en ont besoin, où ils ont des questions, qu’on soit facilement accessible. Mais donc, évidemment, on souhaite que ce soit gratuit pour ces jeunes, pour qu’ils n’aient pas la barrière de l’argent, d’où le besoin de dons.
[00:48:03] Michel Godart: Et je dirais bénévole aussi? Pour le téléphone où…
[00:48:06] Sophie Mentior: On ne compte pas mettre une permanence téléphonique, on souhaite vraiment faire une permanence physique, on va plutôt (Michel Godart: Plus riche) chercher un local, Voilà. Et donc ça on s’est dit qu’on allait voir un peu avec peut-être des maisons de jeunes ou quoi, si on pouvait avoir un local et ce genre de choses à notre disposition pendant 1h, 1 fois par mois, à différents lieux comme ça les jeunes savent quand et où nous trouver. Mais donc pour nous rétribuer pour ces heures-là qu’Olivier et moi on souhaiterait vraiment mettre en place pour ces jeunes, on aimerait recevoir du soutien. Et donc on invite toutes les personnes qui nous écoutent à transférer le message à toutes les personnes qui peuvent être susceptibles de rentrer en résonance avec notre projet, et nous soutenir financièrement. C’est vrai que tous les dons font la différence: 3€ ça peut paraître pas grand-chose, mais 3€ plus 3€ plus 3€, ça peut financer 1h de notre temps.
Présentation du système de donation « Les Lucioles »
[00:48:53] Olivier Mageren: On enregistre le podcast en janvier 2026, on a mis en place un nouveau système de donation qui s’appelle « Les Lucioles » du Love Health Center. Donc c’est un nom un peu poétique pour les contributeurs donateurs, où on propose des mensualités de 3, 6, 9, 12, 20 ou 40 € par mois, selon les moyens de chacun. Et de se dire que, on a besoin en tant que pionnier et innovateur, d’avoir du soutien et de l’aide. Et je sais aussi que beaucoup de gens ont la possibilité de financer 3, 4, 5 assos, si c’est 3€ par mois on peut parfois se le permettre. Je connais des gens qui adorent « Oui, j’ai une passion pour l’écologie, les animaux et la jeunesse et je donne 5€ chaque mois à trois assos différents ». Je suis un peu dans cet état d’esprit de se dire que dans l’écosystème sociétal, on peut créer une communauté, même qui ne se connaît pas, mais en tout cas de lucioles, qui nous permettent de proposer nos activités, entre autres avec les jeunes, et de simplement œuvrer à la création d’une plus belle société.
Message de gratitude et appel au partage
[00:49:45] Sophie Mentior: On est plein de gratitude évidemment si vous avez l’envie de soutenir notre projet. Nous, en tout cas, on a plein d’énergie à offrir à ces jeunes, on a plein d’idées, on voit qu’il y a beaucoup de travail qui nous attend. On est très enthousiaste en tout cas de faire ce qu’on fait, ça nous anime, ça nous rend vivants. Un grand merci en tout cas déjà d’avoir écouté jusqu’au bout. Et merci si ça résonne de partager effectivement…
Clôture et invitation à laisser un message vocal
[00:50:06] Michel Godart: Vous savez, il y a un message Voice mail possible qu’on peut laisser aux Love Health Center en dessous de ce podcast avec un lien. Merci à tous et à toutes.
[00:50:12] Sophie Mentior: Merci beaucoup, à bientôt.
[00:50:14] Olivier Mageren: À bientôt.
[00:50:14] Michel Godart: Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground », espace de coworking à Evere. Depuis janvier 2025, et pour cinq années, nous sommes aussi sponsorisé par « Plugin Company », notre opérateur de bornes et de cartes de recharge privilégié. « The Podcast Factory Org » est très fier d’être membre de « KAYA » – Coalition des Écopreneur et Écopreneures, et de collaborer avec le « Love Health Center ». Vous retrouverez tous les épisodes de tous nos podcasts sur le site « What’s Your Story point be ». N’oubliez pas de vous abonner à notre chaîne YouTube @thepodcastfactoryorg, nous y proposons le podcast en format vidéo avec la transcription en sous-titres en plusieurs langues.
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