« Je pensais que j’étais la seule » au festival PodBXL.

Replay PodBXL 2025 : Je pensais que j’étais la seule – Ménopause sans tabou : réhumaniser la santé des femmes – Podcast #032 PodBXL
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Ménopause sans tabou : réhumaniser la santé des femmes
Enregistré en public lors du festival PodBXL, cet épisode exceptionnel de « Je pensais que j’étais la seule » donne la parole à Nina Noorali et Nana_b, deux femmes qui racontent, sans filtre, leur traversée de la péri et de la ménopause. Sous l’impulsion bienveillante et engagée de Maha Ganem, la conversation redonne son sens à une période encore trop souvent réduite au silence : fatigue, bouleversements hormonaux, émotions amplifiées, errance médicale, mais aussi résilience, humour et transmission.
Entre récits personnels et analyse systémique, les invitées questionnent la manière dont notre société, et notamment le monde du travail, aborde la santé des femmes.
- Comment mieux préparer, accompagner et reconnaître ce passage universel ?
- Comment ouvrir le dialogue pour que la ménopause ne soit plus perçue comme une faiblesse, mais comme une transformation ?
Une rencontre vivante, sincère et puissante, rythmée par les rires, l’émotion du public et la complicité partagée.
Cet épisode rediffusé de PodBXL incarne l’esprit du podcast : amplifier les voix des femmes, remettre leurs vécus au centre, et ouvrir des espaces de parole où la santé devient affaire collective.
Écouter, comprendre, transmettre, parce que parler, c’est déjà agir.
Ce podcast, c’est aussi un hommage aux participantes du festival : relever le défi du live, devant un public engagé, n’est pas anodin. Chapeau à toutes celles et ceux qui ont osé partager leur parcours, et merci au public dont la présence et les questions ont enrichi la discussion.
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Liens utiles :
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Séquençage du podcast « Je pensais que j’étais la seule » au PodBXL 2025 :
- [00:00:02] Introduction du live
- [00:01:29] Présentation de Nina
- [00:01:49] Présentation de Nana_b
- [00:01:57] Comment se sent Nina ce jour ?
- [00:02:19] Comment se sent Nana_b ce jour ?
- [00:02:38] Qu’est-ce que la périménopause ?
- [00:03:36] Le vécu pour Nina
- [00:04:16] Le réflexe de l’auto-justification féminine
- [00:07:48] Le silence des gynécologues consultés
- [00:08:44] Système immunitaire affaibli et errance médicale
- [00:11:42] Le vécu pour Nana_b
- [00:14:42] Le traitement hormonal substitutif (THS)
- [00:16:32] Peurs, effets secondaires, fatigue…
- [00:17:41] L’errance médicale et la solitude
- [00:22:44] Travail, performance féminine, éducation des entreprises
- [00:25:28] Le corps se manifeste en opposition à nos besoins
- [00:27:14] Éducation des générations futures
- [00:30:04] Public : flexibilité au travail & disparition de la honte
- [00:34:27] Public : témoignage de “Maman Mimi”
- [00:38:41] Public : réflexion systémique, médecine occidentale, IA
- [00:44:37] Conclusion et rituel “Je pensais que j’étais la seule…”
- [00:45:29] Un mot pour votre version dans le passé
- [00:46:19] Que pouvons-nous vous souhaiter ?
- [00:47:32] Clôture finale
La transcription du podcast « Je pensais que j’étais la seule » au PodBXL 2025 :
Maha Ganem: [00:00:02] I like it, Houuuu ! Pod.B.X.L Bienvenue! Bonjour PodBxl et bienvenue dans l’enregistrement de ce premier épisode en public de « Je pensais que j’étais la seule ». Je suis particulièrement émue et ravie d’être ici puisque tout l’objectif de « Je pensais que j’étais la seule » et bien, c’est de remettre dans l’espace public et politique la santé des femmes, la parole des femmes, de les soutenir, de nous encourager afin que l’on puisse dire sans honte et sans tabou ce qui nous arrive dans nos corps et dans notre santé mentale au quotidien. Et ce qui me rend particulièrement émue d’être ici, et bien c’est que l’un des organisateurs est Michel Godart, mon coproducteur, waouh! Merci. Et donc, comme je le disais souvent, la santé des femmes, de nos premières règles jusqu’aux dernières, eh bien elles restent assez tabou. Et donc aujourd’hui on va parler des dernières règles, et plus précisément de la ménopause, c’est vrai ou c’est pas vrai? (Nina Noorali: Tout à Fait) Voilà, on va dire les choses, on va dire les choses. Les gens qui ne veulent pas, c’est pas le bon podcast pour elle. Et donc on va parler de ce moment de transition, de bouleversement qui est encore entouré de flou, d’ignorance et voire même de moqueries. Et moi, je pense qu’il est temps que ça change, et je pense que des millions de femmes pensent qu’il est temps que ça change. En tout cas, c’est le cas des deux invitées qui sont aujourd’hui ici, avec moi et devant vous, et avec vous. Nana_b, bonjour, Nina bonjour.
Nina Noorali: [00:01:28] Bonjour.
Maha Ganem: [00:01:29] Et merci d’être là. Wouh! On les applaudit. Et bien j’ai envie de vous dire « Le micro est à vous »! Vous pouvez vous présenter en quelques mots?
Nina Noorali: [00:01:41] Ah ben voilà, moi je m’appelle Nina, j’ai 53 ans et je suis entrée en ménopause il y a un an.
Nanna_b: [00:01:49] Alors moi c’est Nana_b, j’ai 54 ans et ça fait six ans je pense, mais j’ai l’impression que ça fait dix ans, voilà.
Maha Ganem: [00:01:57] Comment vous vous sentez aujourd’hui?
Nina Noorali: [00:02:00] Alors chaud – Rires.
Maha Ganem: [00:02:03] Et ce n’est pas la ménopause.
Nina Noorali: [00:02:04] Mais ce n’est pas la ménopause, justement j’ai pu gérer les bouffées de chaleur. Mais, non sinon je me sens très bien et très enthousiaste en fait pour ce podcast et d’être ici. Donc merci beaucoup pour l’invitation, et merci à l’audience aussi pour votre écoute.
Maha Ganem: [00:02:19] Merci d’être venu. Nana_b, comment on se sent aujourd’hui?
Nanna_b: [00:02:22] Je me sentais un peu intimidée en fait, par le sujet, par le fait d’en parler et puis c’est la raison pour laquelle je suis venue finalement, pour surmonter, pas seulement ma timidité mais aider les autres, passer le relais. Et puis j’ai été super bien accueillie par beaucoup de gens dans l’audience, donc c’est nickel, je me sens super bien.
Maha Ganem: [00:02:38] Oh mon Dieu! Super, parfait! On a la meilleure audience et le meilleur public de Bruxelles (Nanna_b: Oui), voilà, merci. Nina on va commencer avec toi, et j’aimerais avec toi parler de… Donc parce que la ménopause c’est des stades, c’est des étapes, et j’aimerais parler avec toi de ce qu’on appelle la péri ménopause, c’est-à-dire que tu vas nous expliquer ce que c’est, peut-être?
Nina Noorali: [00:02:59] Oui, en fait la péri ménopause c’est un terme que j’avais jamais entendu parler avant. Quand moi-même j’étais en péri ménopause, si au moins je savais que le terme existait… Mais en fait, ce sont les 7 à 10 ans avant la ménopause. Et la ménopause c’est le jour, c’est 24 h en fait, qui symbolise que pendant 1h, heu 1h, pendant un an, on n’a pas été réglée en fait. Et donc la péri ménopause commence 7 à 10 ans avant. Donc, très souvent on est en péri ménopause et on ne se rend pas compte, et c’était un peu ça mon cas personnel en fait.
Maha Ganem: [00:03:36] D’accord. Et comment est-ce que, ces 7 à 10 ans, comment ça s’est passé pour toi?
Nina Noorali: [00:03:41] Bah pour moi c’était très compliqué en fait. À l’époque, donc j’avais 44-45 ans, je travaillais dans l’humanitaire, donc j’allais beaucoup au Moyen-Orient, dans les zones de guerre en Syrie, je travaillais dans les camps de réfugiés en Jordanie, au Liban. Ici aussi, j’avais ouvert une ONG qui travaillait aussi avec Fedasil et les populations vulnérables on va dire. Et en fait, j’ai pas réalisé avec le temps et tous les avions que je prenais, je commençais à perdre mes cheveux par exemple, et je me disais « Ah oui, non, c’est la fatigue, je dors pas, je mange pas bien, je dors pas bien, voilà, on justifie en fait » et puis…
Maha Ganem: [00:04:16] C’est un truc qu’on fait beaucoup les femmes, non? (Nina Noorali: Oui, mais…). Quand il y a quelque chose qui ne va pas dans notre corps, on passe beaucoup de temps à justifier (Nina Noorali: Mais on s’auto-justifie) et à s’auto gaslighter aussi (Nina Noorali: Tout à fait) parce que parfois je parle du gaslighting du système de soins, mais en fait déjà nous-même on passe beaucoup de temps à faire ça, non?
Nina Noorali: [00:04:28] Ah tout à fait, non tout à fait. Et puis on cherche des solutions, donc on achète des produits très chers et plein de shampooing et des traitements et… Et on va chez le docteur et il dit « Bah oui, c’est normal, ça arrive », Voilà. Et en fait, mais bon, j’avais aucune idée, j’ai pas fait le lien parce que je ne savais même pas que la péri ménopause existait. Pour moi la ménopause c’était les bouffées de chaleur, c’est tout (Maha Ganem: C’est tout). Et pendant tous mes voyages, j’ai réalisé aussi petit à petit que je commençais à devenir très sensible en fait. Donc quand je regardais, quand je revenais sur Bruxelles et je regardais un film, tout d’un coup je commençais à avoir des larmes. Et mon conjoint me regardait et me dit « Mais qu’est-ce que tu as quoi? Je veux dire heu ». Et ce n’était pas souvent, je veux dire, ce n’était pas que des larmes de tristesse, même quand il y avait une scène joyeuse je pleurais (Maha Ganem: C’est ça). Et je me suis dit « Ce n’est pas moi, parce que je ne suis pas quelqu’un comme ça qui pleure facilement », auparavant. Et alors bien sûr, on en discutait, il me dit « Mais parce que tu travailles avec des réfugiés (Maha Ganem: Ben c’est ça tu devais faire face), parce que tu es tout le temps face aux histoires tellement tristes, avec des gens qui ont perdu tellement, que ça te touche et tu dois arrêter de travailler (Maha Ganem: Ahhh) parce que ce n’est pas le genre de target, audience (Maha Ganem : La cible), qui te convient ». Ce n’est pas la cible (Nana_b: Et c’est l’environnement, oui) qui te convient en fait. Et moi aussi je me justifie en disant « Non, c’est ma passion, je veux aider, je suis dans l’humanitaire »… Et c’est seulement maintenant, avec le recul en fait, que je réalise que « Mon Dieu, cette sensibilité, ça ne m’appartenait pas mais elle a commencé à être très présente dans ma vie en fait ».
Maha Ganem: [00:05:51] Elle était hormonale. On peut le dire !
Nina Noorali: [00:05:53] Elle était hormonale, (Maha Ganem: On peut le dire) elle était hormonale, ou peut-être un mélange des deux, on ne sait pas (Maha Ganem: Ouais). Mais c’est vrai que je ne me reconnaissais plus (Maha Ganem: C’est surtout ça) en terme de gestion d’émotions. Et puis une troisième chose qui m’a aussi beaucoup frappée, et que j’ai beaucoup souffert par la suite, c’était mon système immunitaire en fait (Maha Ganem: Ok). J’ai commencé à tomber malade tout le temps, donc chaque fois que j’étais en Jordanie, Liban, je revenais avec une grosse bronchite, j’avais trois ou quatre semaines d’antibiotiques et puis la machine pour respirer. Et dès que j’allais mieux, je retournais là-bas et je revenais malade, et je continuais. Encore une fois, je justifiais par « Ah oui, il y a de la poussière, il y a de la poussière en Jordanie, il y a de la poussière au Liban. On n’est pas dans des environnements de luxe là-bas. On est dans les… »
Maha Ganem: [00:06:38] Dans les camps de réfugiés quoi!
Nina Noorali: [00:06:39] On est vraiment dans les villages, on est dans les terrains, quand même, des environnements assez difficiles. Et donc je justifiais toujours tout ça. Et en fait, j’étais au point où, voilà, je suis allée voir plein, plein, plein de docteurs différents différent pour mon immunité. Et ils ont dit « Ben non tant pis, tu dois plus aller dans des lieux publics, tu peux plus aller dans le métro, tu peux plus aller dans les concerts et dans des endroits où il y a beaucoup de gens ». Parce que du coup ben je suis exposé à plusieurs virus différents. Et voilà, et en fait nulle part et à aucun moment il y a un docteur qui m’a dit « Tiens, quel âge as-tu? Comment vont tes règles? Est-ce que tu as déjà fait un test hormonal? Ou est-ce que tu es allé voir ton gynéco? En fait il n’y a jamais eu de lien (Maha Ganem: Qui a été… Chaque symptôme a été pris…) individuellement, individuellement. Et entre temps, ben voilà, je veux dire j’ai vécu la péri ménopause très mal sans savoir que c’était ça. Et maintenant que je me concentre plus sur, professionnellement, pour aider les femmes dans cette période-là, maintenant, avec le recul, je réalise « mon Dieu mais », même les docteurs en fait, même les gynécos ne disent rien!
Maha Ganem: [00:07:48] Même les gynécos ne disent rien!
Nina Noorali: [00:07:50] Même les gynéco que j’allais régulièrement, jamais, pas une fois il m’a dit « Tiens, t’as 45 ans, t’as 46 ans, t’as 47 ans ».
Maha Ganem: [00:07:56] Viens on va regarder tes niveaux …
Nina Noorali: [00:07:57] Tu entres dans une période, tu vois. Donc j’avais de temps en temps des règles irrégulières, et ça c’est un des symptômes, on va dire, les plus flagrants. Mais tous les autres, il y a plus de 100 symptômes dans la péri ménopause et la plupart sont très, très subtils. Ça veut dire qu’on ne se rend pas compte! On dort mal, on va blâmer autre chose, on perd les cheveux, ben ça doit être la nutrition, on prend du poids, ah oui, mais c’est parce que Nani Nana… Donc en fait, il y a beaucoup, beaucoup de, même la sensibilité, tu vois, on ne va jamais faire ce lien, c’est très subtil en fait, c’est pas comme ça arrive du jour au lendemain, c’est petit à petit comme ça.
Nanna_b: [00:08:35] Moi j’aime bien cette sensibilité, c’est une des choses où on en parle jamais en fait. Mais finalement c’est une petite phrase, et tout à coup on se met à pleurer on se dit « Mais moi je ne suis pas comme ça » (Nina Noorali: Ouais).
Maha Ganem: [00:08:44] Oh Nana_b, raconte-nous pour toi comment c’était? Mais d’abord, j’aimerais juste revenir sur plusieurs choses que Nina a dites et que je trouve qui sont extrêmement intéressantes et, ben tout est intéressant forcément, mais qui sont très révélatrices. Donc toi, tu travailles beaucoup dans ce qu’on appelle depuis l’Europe, le Moyen-Orient et… Et toi tu te dis quand tu as ces problèmes immunitaires ça doit être la poussière, bon la poussière ça fait quand même un moment qu’elle est là quoi… Mais ce côté autojustification, tu vois que je trouve absolument (Nina Noorali: Tout à fait) incroyable. Et on est toutes, allez, je ne vais pas parler pour les autres, mais en tout cas je sais que moi aussi je suis coupable de ça, quand j’ai eu ma maladie, mon système immunitaire, je pensais que… Moi j’ai blâmé la Belgique et les avions (Nina Noorali: Les avions), et la climatisation. J’étais comme c’est, parce qu’il y a trop de clim, c’est j’étais comme « Pourquoi est-ce qu’en Pologne, en plein hiver, en plein mois de novembre, on met la clim dans les hôtels, tu vois? » J’étais comme… « Ça doit être à cause de ça que je suis malade » (Nina Noorali: tout à fait). Et en fait, non, le jour où tu sors plus de ton lit, tu te dis « Non, c’est pas la clim et c’est clairement pas la météo de Bruxelles (Nina Noorali: Non mais quand tu ne…), c’est qui se passe un truc »
Nina Noorali: [00:09:42] C’est ça le truc, c’est que quand tu ne sais pas qu’il y a un déséquilibre hormonal et qu’il peut avoir des conséquences à tel niveau, tu ne sais, en fait c’est de l’ignorance parce qu’on ne sait pas. Donc c’est normal que le cerveau ne fait pas le lien. Maintenant, de plus en plus on en parle, sur la ménopause, sur les symptômes. Et encore ça reste encore, on est au début on va dire.
Maha Ganem: [00:10:04] On est au début, c’est pour ça qu’on est là aujourd’hui.
Nina Noorali: [00:10:06] En fait on ne fait pas le lien. Parce que, pour te dire que, même les docteurs ne font pas le lien.
Maha Ganem: [00:10:11] Mais c’est ça, et c’est ça qui est assez effrayant. Et moi, ce que je retiens aussi dans ton parcours, et j’en parle assez souvent dans le podcast, c’est cette curiosité intellectuelle en fait, qu’on devrait attendre de n’importe quelle personne qui se dit professionnelle. Voilà, moi je vais, normalement dans les épisodes je suis un petit peu plus mesuré, mais là aujourd’hui, non. Aujourd’hui je le dis.
Nina Noorali: [00:10:27] Elle est déchaînée.
Maha Ganem: [00:10:28] Tu es, aujourd’hui tu as un travail bon Dieu, tu fais des études n’est-ce pas? Quelqu’un vient te voir avec des symptômes qui paraissent décousus. Est-ce qu’à un moment tu te dis pas « Bon, on va prendre un petit peu de recul, on va regarder ça de façon un peu méta et voilà ». Et faire preuve de cette curiosité intellectuelle, ou faire preuve de cette intégrité intellectuelle, et de dire « Ben en fait je ne sais pas, mais vas y viens, on va (Nina Noorali: On va regarder) découvrir ensemble. Parenthèse refermée.
Nina Noorali: [00:10:50] Non, non. Tu sais que je suis même allé à Anvers, à l’Institut Tropical, comment… Institut tropical, des maladies tropicales, parce en fait (Maha Ganem: Parce que tu pensais…) aucun docteur ne trouvait pourquoi mon immunité chutait, en fait (Maha Ganem: C’est ça). Et même là, ils m’ont dit, ils ont fait tous les tests, il dit « Écoutez, on trouve rien. Donc par défaut vous avez chronic fatigue syndrom, le syndrome de la fatigue chronique » (Maha Ganem: Par défaut!). Je dis pardon, par défaut, en fait c’est par défaut. (Maha Ganem: Maintenant on fait par… C’est par défaut.
Maha Ganem: [00:11:18] D’accord. On a étudié dix ans pour faire par défaut.
Nina Noorali: [00:11:20] Et, et voilà. Et maintenant que je suis, bon bien sûr plus dans ce sujet, j’interviewe aussi les docteurs et je réalise que dans leur curriculum de médecine, la ménopause ce n’est qu’un tout petit, tout petit chapitre en fait.
Maha Ganem: [00:11:33] Oui, c’est pas le corps de l’homme.
Nina Noorali: [00:11:33] Et donc quelque part c’est, oui, c’est pas de leur faute mais je veux dire quelque part ils représentent quand même le corps médical. Donc en fait, il y a un souci, il y a un souci quelque part.
Maha Ganem: [00:11:42] C’est pas de ta faute, mais en même temps quand la moitié de la population mondiale sont des femmes (Nina Noorali: Oui) et que tu étudies pas la ménopause. Parce que toutes les femmes, toutes les femmes, on ne va pas toutes devenir mères (Nina Noorali: Non), on a toutes, voilà. Par contre, on va toutes passer par la ménopause (Nina Noorali: Tout à fait), voilà. Donc à un moment, une fois de plus, c’est ton métier, tu es professionnel non? Donc tu te renseignes, tu progresses, mais ce sera pour un autre épisode. Nana_b Comment ça va?
Nanna_b: [00:12:05] Moi je vais très bien. Je vais rebondir sur ce que tu dis avec: donc le parcours de soin (Maha Ganem: Ouais). Et c’est ce que je voulais partager avec vous. Et c’est comme ça d’ailleurs qu’on s’est connu, c’était… Je voulais juste que les gens sachent qu’il y a un parcours qui peut être très, très compliqué. Donc pour ma part, en fait je me reconnais beaucoup mais pas les allergies, mais en tout cas je ne savais pas ce que j’avais, ça c’est clair. J’étais très fatiguée, j’avais une vie à 200 à l’heure au boulot, pas du tout dans l’humanitaire, monde corporate, un monde assez traditionnel je dirais. Donc c’est certainement pas là que j’allais commencer à parler de ça. Mais par contre, je commence à, la première personne à qui vous avez confiance c’est votre généraliste. Ensuite, je vais voir un gynécologue. Et c’est à partir de, moi je pense qu’on a fait une fois pour ce qui est les hormones. Péri ménopause, jamais entendu parler, jusqu’à ce que je sois ménopausée. (Nina Noorali: Ah oui) Et puis ça a été posé, ménopause et basta, ben j’ai eu une prescription, je suis repartie. Et puis les symptômes devenaient véritablement handicapants, et à côté de ça vous avez une vie à mener. Et donc c’est là où… C’est pas tant, tu as utilisé le terme de pour (Maha Ganem: Curiosité) trouver, voilà (Maha Ganem: Curiosité). Mais d’aller chercher au-delà de juste « Ah, elle est fatiguée peut-être? ». J’ai aussi fait les voyages en Inde, et c’est vrai que j’ai failli aller voir, j’étais fatiguée, j’étais stressée. Le généraliste va venir avec, le stress vient toujours hein mesdames, donc (Maha Ganem: Ah mais…) heu, ça c’est le stress. Je suis repartie de là avec une prescription, du Xanax, heureusement j’ai appelé, j’ai appelé ma sœur, stress Oui (Maha Ganem: Oui. Mais oui). Après ça effectivement, mais j’ai gardé les prescriptions, je les ai gardées, j’ai pas utilisé. Et puis le sommeil a été le déclencheur pour moi, de commencer, non pas utiliser le Xanax, mais le sommeil, le fait de perdre le sommeil pendant, je pense que j’ai tenu huit mois, donc j’étais une véritable, sincèrement une épave. Et en fait, j’aurais pu savoir dès le départ combiner l’approche traditionnelle et une approche plus « non traditionnelle » avec des plantes, mais avoir la possibilité, puis mesurer le risque de la prise des hormones et le fait d’amener un complément mais plus naturel. Et je n’ai pas eu tout ça, et en fait, les rendez-vous continuaient et puis j’ai pris le risque, parce qu’en fait il n’y a que vous, personne ne peut vous, on va vous dire… Les risques pour les hormones X, Y, Z, si la personne croit en cette thérapie, il ne va pas vous donner les avis, les avis négatifs, ou en tout cas il va les shut down.
Maha Ganem: [00:14:42] Je vais juste Interrompre ici (Nana_b: Oui) donc, et en effet, pour tout ce qui est la ménopause, la péri ménopause, il existe un traitement classique (Nina Noorali: Hormonal) on va dire (Nana_b: Oui) hormonal. Et qui est ce qu’on appelle le traitement de remplacement hormonal (Nana_b: Oui) pour remplacer les œstrogènes, puisque la ménopause, la péri ménopause c’est: on commence un peu à avoir les hormones qui commencent à disparaître on va dire, et notamment l’œstrogène. Et donc il y a cette thérapie avec des hormones qui permet (Nana_b: Oui) de remplacer en fait ce que les ovaires normalement devraient produire. Et donc, souvent, les symptômes ils sont dus à ça, au fait que les hormones, les ovaires commencent à dire « Bah c’est bon, moi ciao (Nina Noorali: J’ai fait mon travail). Ciao les filles, moi j’ai fait le travail, tu as eu tes enfants, t’as pas eu tes enfants, c’est pas mon problème. Mais moi maintenant je fais une pause » et avant que… Puisqu’on a quand même besoin de ses hormones pour vivre, donc œstrogènes, progestérone et un petit peu de testostérone. Et donc il y a des petites glandes au-dessus des reins qui vont prendre le relais des ovaires mais pour que le projet arrive à complétion, on va dire, ça prend quand même pas mal d’années puisque ben en moyenne on a nos règles, quand on a 50 ans, en moyenne ça fait quand même plus de 30 ans qu’on a nos règles donc il faut quand même que ça se fasse. Et en même temps que ça arrive, le cerveau aussi doit compenser. Donc, en vrai, on est en train de vivre la recomposition de tout notre corps, et c’est quand même pas rien (Nina Noorali: Non). Donc cette thérapie hormonale, et bien elle aide un petit peu, c’est un peu comme la pilule on va dire, mais inversée, elle aide un petit peu à aplanir les symptômes (Nina Noorali: Oui). Et une des choses qui fait peur aux femmes, ou en tout cas on voit dans les études qui fait que les médecins ont un peu de mal à la prescrire, effectivement c’est le risque de cancer, et notamment de cancer du sein pour les femmes, voilà.
Nanna_b: [00:16:32] Mais pas que le cancer du sein maintenant.
Nina Noorali: [00:16:34] Il y a aussi l’Alzheimer aussi (Nana_b: Oui, voilà), mais ça dépend du…
Nanna_b: [00:16:37] On vous donne une liste, vous pouvez choisir, c’est (Maha Ganem: He, 140!) vous choisissez, puis vous prenez le risque de toute façon.
Nina Noorali: [00:16:44] Ça dépend de la génétique. Mais aussi, le remplacement des hormones, il faut aussi savoir que ça ne règle pas tout, ça aide.
Nanna_b: [00:16:50] Ça aide (Nina Noorali: Ça aide). Certaines personnes, effectivement ça ne règle pas tout, dans mon cas ça a pas mal aidé. Mais ce qui n’a pas aidé par contre, c’est: on vous parle de tous les effets négatifs, et sincèrement choisissez le vôtre, mais j’ai eu un épisode malheureusement où j’ai fini aux urgences. Que ce soit le gynéco, le neurologue, personne n’a pu trouver pourquoi j’avais eu ce souci là et personne n’a pu me dire est-ce que ça vient des hormones? On l’a dit à demi-mot donc j’ai arrêté pendant un temps, tous les problèmes avant évidemment… J’adore quand on dit bouffées de chaleur, forgot zeg! C’est que c’est pas des bouffées de chaleur, on vous arrache ce que vous avez à l’intérieur et boum on vous le remet dedans. Et vous devez, vous avez ça cinq six fois par nuit, vous devez vous lever, laver, changer, enfin c’est horrible, donc c’est pas bouffées de chaleur. Faut changer la terminologie.
Maha Ganem: [00:17:40] C’est un euphémisme. C’est ça
Nanna_b: [00:17:41] Voilà, donc on se retrouve en fait finalement à prendre de nouveau le choix. Et là, c’était vraiment un problème conséquent mais vous devez prendre le choix toute seule. Il n’y a personne, personne va… Donc je retourne chez mon généraliste et elle me dit « Mais enfin, c’est bien de l’arrêter » ben de toute façon c’est pas une maladie (Nina Noorali: Non). C’est, en fait faut bien vous dire que la plupart des médecins vont peut-être vous dire ça: c’est pas une maladie. Ce qui est peut-être vrai c’est un, c’est l’évolution naturelle du corps d’une femme, on nous l’a pas appris mais c’est l’évolution naturelle du corps. Alors il faut passer au-delà, il ne faut pas s’agripper sur ce terme, il faut ouvrir le dialogue. Et quand tu parlais de l’errance médicale, moi je dis finalement j’ai connu plein de spécialistes qui m’ont, à chacun à leur niveau m’ont conforté dans l’idée je vais, pour moi en tout cas, ce qui a commencé, et j’ai commencé à aller mieux, c’est de trouver un docteur avec qui je peux discuter et c’est devenu mon copilote, moi je l’appelle comme ça. Mais il faut se créer son propre cercle. Et puis vous parlez des plus, des pour et des contres de ce que vous avez, votre expérience pas les autres. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je voulais partager parce qu’on est différents. Et c’est ce qu’on nous ressert d’ailleurs « Oui, mais un cas n’est pas un autre ». Et cette problématique-là, en l’occurrence, vous avez 10000 différentes réactions chez les femmes. Oui bon, on peut la restreindre avec les bouffées de chaleur, les machins mais, effectivement les femmes ne le vivent pas de la même manière. Et donc moi, j’ai ce parcours où cette errance, comme tu dis, médicale, ça a été plutôt une construction. Mais j’avoue, jusqu’à l’année dernière je ne comprenais toujours pas la ménopause, quand même. Et la périménopause, je l’ai pas entendue pendant tout ce cheminement, ça fait six ans. Je suis plus à l’aise maintenant parce que j’ai pu connecter avec des femmes qui ont qui sont passées par là. J’ai pu, comme je vous le dis, j’ai vraiment ce copilote qui est le généraliste. Et si vous n’êtes pas contente de votre généraliste, c’est pas très grave, il faut en changer mais ,croyez-moi, il y a des professionnels de santé qui sont là aussi à l’écoute, ancienne génération, ça n’a pas d’importance, c’est la personne en tant que telle. Et une fois que vous avez ce copilote, après vous devez, et c’est là où on dit « Mais on nous a saucissonné. La gynécologie est censée s’occuper de la ménopause ». What the had? Non, parce qu’en fait, ça vous change complètement, Ça part de là-haut jusqu’à vos pieds. Et je dis jusqu’au pied, dernièrement, j’étais super motivée, j’ai trouvé un centre spécialisé en ménopause, je me dis « Oh c’est fini d’aller trouver les rendez-vous soi-même ». J’arrive, mais vraiment super enthousiaste, je vois la gynéco super gentille, tout ce que vous voulez mais il y a rien d’autre qui est fait. Et puis on me dit « Ah il faudrait voir un rhumatologue ». Mais c’est à vous à trouver le… « Et pourquoi je dois voir un rhumatologue? », j’ai pas de réponse… Donc c’est un peu frustrant mais, oui c’est, on nous saucissonne quelque part. Et nous on a juste envie de se retrouver en une seule personne, parce que, au fur et à mesure, on se perd un peu dans le chemin (Nina Norali: Tout à fait), on se dit « Mais est-ce que c’est moi? ». Elle a parlé de voir quelque chose d’heureux mais elle pleure, moi je me rappelle d’un épisode, mon frère me dit une petite phrase, c’est quelqu’un d’hyper bienveillant, et je suis en voiture et je pleure. Et je lui dis « Non, je m’excuse, je crois que c’est la ménopause ». Mais oui parce qu’il me dit « Mais qu’est-ce que j’ai fait? ». Non, en fait c’est vraiment ça, vous vous décomposez, on a juste qu’une envie c’est de se retrouver en fait. Et si on vous pousse à aller voir X, Y, Z. Ok, chacun va apporter une petite solution mais, si on pouvait avoir un centre qui nous aiderait à naviguer. Parce que c’est ça, il faut juste passer, juste, comprenons-nous bien hein (Maha Ganem: 7 à 10 ans), il faut passer. 7 à 10 ans d’ailleurs on devrait en parler (Nina Noorali: Seulement voilà)
Maha Ganem: [00:21:12] Il faut les naviguer.
Nanna_b: [00:21:13] Oui mais, voilà. Mais naviguez mais imaginez. Vous êtes dans une tempête, et ça tangue, préparez-vous, mettez les gilets de sauvetage. Je suis contente de connaître des gens comme Nina par exemple, parce que ça vous prépare, vous savez, et c’est la raison pour laquelle j’ai accepté aussi ce podcast, parce qu’il faut préparer (Maha Ganem: Oui) les gens. Vous êtes bien préparé, vous êtes bien armé, l’estomac mesdames, l’estomac accroché, c’est pas des bouffées de chaleur, moi c’est vraiment ce qui me reste. Vous êtes bien armée, et en fait finalement vous arrivez, parce qu’on parle du milieu professionnel aussi. Je vivais à 200 à l’heure, j’ai, monde corporate, c’est pas, on vous laisse pas « Ah oui mais faites votre ménopause, revenez après ». Non, vous devez performer autant que ces messieurs. No offence messieurs hein, pas de soucis. Mais il faut continuer à performer mais vous, vous ne vous reconnaissez pas, vous oubliez. Vous avez des « to do list », enfin! Donc qu’est-ce que vous devez faire à ce moment-là? Ah ben il faut donner le change. Et si on était mieux préparée, moi je ne serais pas passé par ces… Aller à des board où je n’entendais même plus ce qu’on me disait, tellement que vous êtes fatigué. Si j’avais été préparée, et c’est ce que j’espère par via ces podcasts, via d’autres interventions, les filles soient préparées, qu’elle arrive et qu’elle performent aussi bien qu’un homme finalement, parce qu’elles sont « ready to go ».
Maha Ganem: [00:22:31] Mais alors moi ma question c’est, premièrement, j’ai un peu plus d’ambition dans la vie. Et une fois de plus, désolé, que de performer comme un homme. C’est pas ça mon ambition de vie.
Nanna_b: [00:22:41] C’est bien dit. C’est bien dit.
Maha Ganem: [00:22:44] Voilà, j’ai un peu plus d’ambition que ça parce que, réchauffement climatique, planète qui est en train de crever, c’est de la performance masculine, masculine. Je ne vais pas dire masculiniste mais, voilà. Donc non, j’ai un peu plus d’ambition que ça dans la vie. Par contre, ce que je trouve très intéressant, enfin tout est intéressant, attention. Mais là où j’aimerais revenir, sur lequel j’aimerais revenir, c’est justement dans le monde du travail et le fait de pouvoir préparer ou pas les employeurs, de pouvoir (Nana_b: Ouais) en parler ou pas. Parce que, ben là, dernièrement encore en France, et en Grande-Bretagne, et au Canada, des statistiques, généralement je ne donne pas de statistiques mais aujourd’hui c’est un épisode spécial. Mais quand on voit que, en Grande-Bretagne, 10 % des femmes qui ont la ménopause ont décidé de quitter leur le milieu du travail. Et une fois de plus, c’est une question de santé qui fait que quand on est une femme, l’une des premières choses qui fout le camp, quand un problème de santé se pose, qu’on soit patiente, qu’on soit aidante, c’est quand même notre capacité à gagner notre vie et à pouvoir être indépendante et autonome, une fois de plus, dans un monde qui est patriarcal, ce qui est quand même assez important. Et donc vous, par rapport à ça, est-ce que aujourd’hui, en regardant en arrière, il y a des choses que vous pensez qui pourraient être intéressantes de mettre en place? Ou des choses que vous auriez aimé qu’on mette en place?
Nina Noorali: [00:24:02] Ben si je peux.
Maha Ganem: [00:24:03] Bien sûr (Nana_b: Oui, oui, vas-y).
Nina Noorali: [00:24:04] De mon côté, je pense que, premièrement, avoir plus d’informations (Maha Ganem: Ouais). Donc déjà ça (Nana_b: Oui), je pense que on est déjà en bonne voie. Alors, actuellement c’est vrai que moi je donne déjà aussi des programmes de ménopause au travail dans certaines entreprises, et chaque fois que j’y vais je les félicite d’être (Maha Ganem: Mais oui!) proactif dans le domaine.
Maha Ganem: [00:24:25] Mais oui.
Nina Noorali: [00:24:26] Alors, il y en a une qui m’a dit « Oui, oui, mais tu vas donner ta formation sur la ménopause au travail, mais après nous on ne va pas offrir trop de flexibilité aux employés. On ne va pas offrir des solutions, mais au moins on augmente la prise de conscience ». Alors j’ai dit « Écoutez, c’est quand même un premier (Maha Ganem: C’est un premier) pas ».
Maha Ganem: [00:24:43] Et il faut commencer quelque part.
Nina Noorali: [00:24:44] Donc, je pense qu’en Belgique surtout. Bon, voilà, moi j’ai eu l’occasion, et j’ai aussi une collègue qui donne aussi des formations en entreprise sur la ménopause, et maintenant je dois le faire sur la santé des hommes, donc ça c’est un autre challenge. Mais je pense que ce n’est pas une majorité. Donc, on est encore au tout début de la prise de conscience au niveau RH pour se dire « Ah tiens c’est important parce que, voilà une femme qui a 40 ans elle est déjà en péri ménopause ». 45 ans, 50 ans, souvent elles ont des postes à très hautes responsabilités. Elles ont des enfants, elles ont des parents aussi qu’elles doivent s’en occuper. Donc elles sont, plus à la maison, plus le couple, plus le quotidien.
Maha Ganem: [00:25:23] Mais c’est ça, et tu te dis comment, c’était quand même un miracle (Nina Noorali: Et en plus), qu’il y ait des femmes de plus de 60 ans dans ce monde.
Nina Noorali: [00:25:28] Mais c’est incroyable! Mais en plus, non seulement ça, c’est qu’on a besoin d’un corps de 20 ans, et c’est le contraire en fait.
Maha Ganem: [00:25:33] Mais c’est ça.
Nina Noorali: [00:25:34] Donc c’est justement quand le corps, on a besoin de tout le soutien du corps et de l’énergie, on ne l’a pas. Parce qu’il va contre nous et donc.
Maha Ganem: [00:25:40] Ben parce qu’il est occupé à faire son truc quoi!
Nina Noorali: [00:25:41] Mais voilà. Non, mais lui il est en chaos total, il ne comprend pas, il a moins d’hormones quand il a fonctionné avec des hormones pendant 30-35 ans. Et donc, justement, si les entreprises mettaient en place plus de flexibilité pour cette tranche d’âge, parce qu’elle est quand même de 40, 45 ans à, on va dire, 55, 57 ans, jusqu’au moment où le corps commence à s’habituer. Ça aide les femmes en fait, parce que c’est pas qu’elles deviennent, elles deviennent pas bêtes (Maha Ganem: Merci). Si on a des trous de mémoire, non mais, non mais c’est con à dire mais, si on a des trous de mémoire, ça ne veut pas dire qu’on est bête tout d’un coup, c’est tout d’un coup il y a un blanc, il y a un blanc.
Maha Ganem: [00:26:16] C’est ça. Le cerveau doit se remettre.
Nina Noorali: [00:26:18] Ben le cerveau, il doit se réhabituer parce que l’œstrogène nourrit aussi le cerveau comme neurotransmetteur. (Maha Ganem: Oui) Tout d’un coup, il reçoit plus. Donc, en fait, c’est éduquer, et l’éducation en entreprise, pour moi, c’est vraiment du long terme. Parce que les jeunes générations sont ouvertes, ben les générations plus âgées masculines sont moins ouvertes. Et du coup, il y a des gens qui n’osent pas, moi j’ai des clientes, elles n’osent pas parler à leur supérieur en disant « Écoute, cette semaine, vraiment, je passe une très mauvaise phase. Est-ce que je peux travailler de la maison toute cette semaine? ». Elles n’osent même pas demander ça.
Maha Ganem: [00:26:51] Tout à fait.
Nina Noorali: [00:26:52] Parce que la mentalité des senior manager et comité de direction, etc. Ben c’est un peu plus traditionnel.
Maha Ganem: [00:26:59] Lorsque le patriarcat rencontre sa meilleure amie capitalisme. Ça, c’est les femmes qui trinquent, voilà, tout le monde, non, tout le monde trinque. Mais les femmes particulièrement. Voilà
Nina Noorali: [00:27:10] On a un peu difficile.
Maha Ganem: [00:27:10] C’est ça que je voulais dire. Nana_b Tu voulais rebondir?
Nanna_b: [00:27:14] Non, parce que je voulais juste dire capitaliste…. Enfin, je suis un peu moins, moi je me dis, je me dis juste que ce qui va servir, c’est à éduquer les générations qui suivent. Les générations existantes, j’ai eu la chance de collaborer énormément avec les pays scandinaves, et là très sincèrement la parole est beaucoup plus ouverte que, je dirais, le milieu français ou belge que je connais encore très, très peu. Donc oui, éduquer les générations qui suivent, ceux qui sont actuellement en poste, bien faire en sorte que des interventions comme celles de Nina ou les podcasts, ben ça leur permet aussi de réaliser parce qu’ils ont tous finalement une femme dans leur entourage, avec le minimum, ce serait leur mère, donc ils sont capables de comprendre. Je suis beaucoup moins dans l’approche où il faudrait que, mesdames, il faudrait créer quelque chose de spécial. En fait, c’est un événement qui fait partie de la vie, donc qui fait partie d’une organisation puisque les femmes travaillent pour cette organisation, mais je ne suis pas partisan de, par exemple, donner des vacances ou… Non, c’est juste éduquer les gens pour que les gens puissent prendre soin d’eux avant, être préparé et avoir, je savais, et avoir cette flexibilité (Nina Noorali: Voilà c’est ça, c’est la flexibilité, voilà), cette flexibilité, mais ça ne veut pas dire préparer quelque chose parce qu’on va arriver à des sociétés où on va s’opposer un peu avec nos petites différences les unes les autres. Je préfère plutôt qu’on aille tous ensemble et qu’on passe les étapes ensemble. Et si un moment où moi, moi par exemple, dans mon cas j’avais des, oui, j’avais des oublis, effectivement. Et puis je disais « Oui mais attends, il va falloir que… ». Et finalement on en parle, on fait une « to do list », je l’ai encore ici, et on arrive à passer. C’est pas avec une femme que j’en ai parlé dans le cadre du boulot, c’était avec un homme. Donc c’est plutôt dans, moi, j’ai plutôt envie de dire, on ne crée pas une catégorie différente, on se met ensemble. Pour rebondir « performer comme un homme », parce qu’il fallait bien que je trouve une comparaison, (Maha Ganem: Mais vas-y) et donc voilà. Et donc je me dis en fait qu’on soit tous, moi je suis pour la méritocratie à arme égale quelque part, voilà, (Maha Ganem: Heu j’ai tellement…) et c’est tout ce que je voulais dire par rapport à ça, oui
Maha Ganem: [00:29:19] J’ai tellement de choses à raconter sur la méritocratie aussi (Nanna_b: Oui, je sais) aussi. Bref, les gens qui me connaissent savent.
Nina Noorali: [00:29:22] Ça ouvre un autre thème!
Nanna_b: [00:29:23] On va en faire un autre
Maha Ganem: [00:29:24] On va faire un autre podcast. Sur tous les mensonges de la politique, bref, sur tous les mensonges de la politique, la méritocratie. En tout cas merci, merci beaucoup. À ce moment du podcast en public, j’aimerais savoir si dans la salle il y a des questions, des commentaires, des, je ne sais pas, des « Waouh, je ne savais pas, je suis complètement choquée ». Et si sur la santé des femmes, je tiens à dire que déjà toute personne qui n’écoute pas ce podcast, pour moi c’est problématique. Parce que toutes les personnes présentes ici aujourd’hui sont le produit de la santé d’une femme.
Nina Noorali: [00:29:55] Ah ben tout à fait.
Maha Ganem: [00:29:56] Donc rien que pour ça, tout le monde doit écouter le podcast, voilà. Merci.
Public 1: [00:30:04] Bonjour, ben merci beaucoup. Je suis un peu triste parce que ma maman n’est pas là alors qu’elle est censée être là, elle est quelque part dans Bruxelles et elle serait très heureuse de vous écouter. Parce que j’ai beaucoup reconnu ma mère dans ce que vous avez dit, surtout la sensibilité par exemple. Et je ne trouve pas que ce soit un problème, enfin disons que sur les questions des femmes, je trouve que c’est, encore une question de plus. Et ce n’est pas tant une question de femmes que ça, concerne toute la société, et je pense que les hommes mériteraient beaucoup d’écouter cet épisode aussi. Pour comprendre ce que moi je vais traverser dans le futur, probablement parce qu’en fait, je ne me rendais même pas compte de l’ampleur en termes d’années, 7 à 10 ans ça me paraît énorme, etc. Vous avez un petit peu déjà répondu à la question que j’avais, c’est à dire, moi donc je viens d’une génération, j’ai la trentaine, où c’est ok maintenant de parler, ça dépend des milieux j’imagine, mais c’est ok de parler de quand on a nos règles et au travail de dire « Bon là c’est une journée où je ne peux pas en fait ». Et du coup, je me posais la question dans quelle mesure est-ce que vous avez vu, depuis les dernières années que maintenant la discussion s’ouvre, parce que péri ménopause je connaissais, ménopause aussi bien sûr mais pas dans cette ampleur. Dans quelle mesure est ce que c’est ok de dire « Bah là c’est une journée là, j’ai pas un symptôme, ou là aujourd’hui c’est une journée sans et et c’est lié à ma condition, là, aujourd’hui, j’ai besoin de flexibilité ». À quel point la parole elle est ouverte dans le milieu du travail, ou même ailleurs, je ne sais pas, peut-être dans la famille de dire « Ben là c’est un jour sans ». Et cette question de la honte autour de la question de la ménopause, parce que je trouve que ma génération s’est un peu débarrassée de la honte autour du thème des règles. Rien que le fait qu’on en parle très librement aujourd’hui, pour moi, c’est un grand changement par rapport à quand moi j’ai commencé à avoir mes règles. Et est-ce que c’est la même chose avec le thème de la ménopause?
Maha Ganem: [00:31:42] Merci pour cette question. Nina, Nana_b?
Nanna_b: [00:31:46] Je vais peut-être laisser Nina là-dessus.
Nina Noorali: [00:31:48] Ah ok. Ben oui j’allais dire c’est, ça dépend, ça dépend, ça dépend de beaucoup de choses. Je veux dire, il y a des personnes déjà qui sont plus extraverties, donc qui sont déjà elle-même à l’aise. Les autres qui sont timides sont déjà, ils ont, elles ont moins difficile à parler, pardon. Et deuxièmement ça dépend aussi de la relation avec les collègues en fait. Donc il y en a qui parlent très, très ouvertement en disant « Écoute, oh là, là, moi j’ai besoin de m’asseoir à côté d’une fenêtre aujourd’hui, il faut absolument que j’amène un ventilo aujourd’hui parce que franchement, je transpire tout le temps ». Il y en a qui sont très à l’aise, et en fait, le plus elles sont à l’aise, le plus elles brise le tabou et du coup elles mettent les autres à l’aise en fait. Donc c’est, il n’y a pas une réponse mais je veux dire ça dépend vraiment, voilà, beaucoup des relations qu’on a, de l’ambiance au travail, du bagage génétique aussi qu’on a, de l’éducation, des traditions aussi qu’on a culturellement. Donc voilà mais, je pense qu’avec tout ce que je vois dans les entreprises, ça s’ouvre, ça s’ouvre. Et quand moi j’ai donné, quand je donne les formations, je dis toujours aux entreprises « Je ne fais pas cette formation pour les femmes, c’est pour tout le monde (Maha Ganem: Tout le monde), c’est pour les hommes, les femmes et les managers, et les senior manager surtout! Parce que c’est chez eux que les employés vont aller pour dire « Écoutez, c’est vraiment, j’ai une semaine difficile, je dors pas la nuit. Est-ce que ça vous dérange que je travaille de la maison à des horaires différents? ». C’est le signe manager, si eux savent, si eux sont conscientisés, et donc ils comprennent, il y a un peu de compassion, il y a un peu de compréhension, il y a un peu d’empathie et d’écoute, ben alors les employés vont se sentir de plus en plus à l’aise en fait. Donc, c’est un chemin, je dirais, c’est un chemin.
Maha Ganem: [00:33:26] C’est un mouvement, (Nina Noorali: C’est un mouvement, voilà), c’est un mouvement.
Nanna_b: [00:33:28] Mais le mouvement il est lancé. J’espère pour toi que 30 ans, donc tu as encore une bonne dizaine d’années j’espère, que en fait, finalement, tu arriveras au moment où la ménopause, exactement comme tu viens de dire (Nina Noorali: Ça sera comme les règles), les règles. En Espagne je pense qu’il y a même des jours, en Espagne je pense qu’il y a, c’est voté, il y a des jours (Maha Ganem: En Espagne c’est voté, ouais, ouais). Oui, tout à fait donc voilà, où tu n’auras pas mais. Pour rebondir sur ce qu’elle vient de dire, et pour avoir vécu ça au sein du travail, la solution elle est: développe un relationnel en interne. Parce que je n’ai pas encore entendu, en tout cas autour de moi, quelqu’un qui va dire « Oh non » si tu as développé ce relationnel. Et puis après ça passe. Mais voilà, je souhaite que le mouvement.
Nina Noorali: [00:34:12] Ouais le mouvement s’amplifie quoi.
Nanna_b: [00:34:13] Fait en sorte que toi, voilà, tu arrives et tu en parles comme les règles.
Public 1: [00:34:18] C’est plus de travail pour moi du coup.
Nina Noorali: [00:34:19] Ah bien pas de souci, non, non, mais c’est devenu (Maha Ganem: Et on contribue) ma nouvelle passion.
Maha Ganem: [00:34:22] On contribue. Moi je dis toujours ce sont les femmes qui aident les femmes.
Nina Noorali: [00:34:27] Une autre question.
Maha Ganem: [00:34:27] Je suis extrêmement fier, sur une note personnelle, de dire que dans l’assistance aujourd’hui, il y a ma maman d’adoption, ma maman Mimi et qui vient de prendre le micro pour poser une question. Et pourquoi je dis ça? Parce que c’est aussi grâce à elle que ce podcast, que ce podcast existe. Grâce à son soutien et grâce à tout l’amour qu’elle me donne, et grâce à la façon dont elle m’a littéralement ramené à la vie après quatre années difficiles.
Nina Noorali: [00:34:51] Magnifique.
Maha Ganem: [00:34:51] Maman Mimi!
Nina Noorali: [00:34:52] Bravo!
Nanna_b: [00:34:54] Bravo maman!
Public, Maman Mimi : [00:34:56] Merci beaucoup. Alors c’est pas une question mais c’est plutôt une expérience de vie. Donc j’ai travaillé dans une entreprise de soins, je ne veux pas la nommer, où nous avions tous le même âge quand on a commencé il y a de ça plus de 40 ans. Et nous avons tous, et c’est un milieu typiquement féminin, et donc nous avons toutes évoluée vers l’âge de 40 ans, 50 ans, avec des plus jeunes qui se sont mis par après dans l’entreprise. Mais on voit la transformation physique de toute, de toutes les femmes qui sont là. C’est à dire qu’on perd la taille, on perd, on prend du poids, et puis on est, on fait semblant de rien, on a un petit éventail, et puis on enlève le pull, et puis qu’on remet. Et puis on ouvre la fenêtre parce qu’on a trop chaud, et puis on la referme cinq minutes après. Et au fil des années, voilà, les jeunes sont arrivés et il y a un dilemme. C’est-à-dire on ouvre les fenêtres parce que nous avons chaud, et les petites, les petites jeunes qui sont toute minces, toute frêle, ben elles ont froid. Et donc quand on est dans une pièce comme ça, on parvient à en rigoler. Et là je pense que les langues se délient en disant « Bon, ça y est c’est, tu rentres en ménopause » et c’est surtout les coups de chaleur effectivement, le restant des autres symptômes, on les cite pas. On parle souvent de problématique dans le sommeil, c’est-à-dire on commence, on rentre dans le lit, on a froid, on est avec des chaussettes, des surpulls, et au fil de la nuit, on enlève tout et, voilà, c’est le compagnon qui reçoit tout sur lui, c’est lui qui a chaud après. Mais bon voilà. Donc je pense que, quand on est dans des milieux typiquement féminins, on en parlera beaucoup plus facilement. Bon s’il y a des hommes qui sont là, ils se font parfois discrets, ils sortent, ils ont peut-être pas envie d’entendre nos problèmes de santé féminine. Mais voilà, c’est surtout je pense, l’aspect physique qui démontre qu’on rentre en ménopause. Donc cette perte de taille, cette perte, cette prise de poids où on devient un peu comme un poteau quoi. Voilà c’est…. (Maha Ganem: Rires – Maman Mimi). Voilà, ça c’est une expérience que j’ai vécue.
Nanna_b: [00:37:26] Je vais à la gym juste après.
Public, Maman Mimi : [00:37:28] Oui, oui, oui. On va tous à la gym juste après. Et souvent les médecins disent « Ben voilà, vous devez changer votre comportement dans votre vie, c’est à dire manger moins et faire plus de sport ». Et à ce moment-là, on fait le contraire, on fait moins de sport parce qu’on est fatigué, et on mange plus parce qu’on ne fait rien d’autre. Enfin rien d’autre, je veux dire on a du temps pour manger à ce moment-là. Et c’est vrai que c’est difficile de réadapter sa vie. Et dans le milieu professionnel, je vais vous dire une chose, et j’en ai parlé il n’y a pas longtemps avec les responsables de mon ancienne entreprise, on ne tient pas compte du vieillissement de la population dans les entreprises. Donc on ne tient pas compte des difficultés, pas que de la ménopause, mais de symptômes autres, donc articulo-articulaires, osteo-musculaire et tout ça, qui sont peut-être dus justement à la ménopause (Nina Noorali: Oui. oui, tout à fait) et au dessèchement de la peau. Donc quand vous êtes dans des milieux où on met de la clim, vous avez une peau qui deviennent tout crocodile, enfin voilà. Et c’est vrai que la prise hormonale fait beaucoup pour qu on maintienne un peu ce semblant de bien-être au niveau corporel quoi. Voilà, ça c’est mon expérience, je vous remercie.
Maha Ganem: [00:38:41] Merci pour ce partage. Est-ce que on a d’autres questions? Venez, venez vous installer, venez vous installer. Bienvenue, bienvenue. Est-ce qu’on a d’autres questions? Commentaires? Et moi j’aimerais juste rebondir sur ce que vient de dire ma maman Mimi donc. Je pense que, en effet plus globalement en fait, c’est aussi pour ce que tu disais tout à l’heure Nana_b, sur « Performer comme un homme », chacun fait comme, chacune fait comme elle veut. Mais je pense qu’il y a quelque chose de toute façon de plus global sur: on engage des personnes à un certain âge, on va leur permettre d’évoluer ou pas d’évoluer dans leur carrière, mais effectivement, il y a cet impensé social global qui est que, un qu’un jour ou l’autre, oui, on va tous vieillir et on va tous et toutes mourir, voilà. Pour finir sur une note positive. (Nina Noorali: Voilà). Mais ça l’entreprise, à la limite elle s’en fout quoi.
Nina Noorali: [00:39:27] Ouais voilà, tout à fait. C’est après, après l’âge de la retraite
Maha Ganem: [00:39:30] C’est ça, c’est « Ce n’était plus notre problème ».
Public 2 : [00:39:33] Bonjour, moi c’est…
Maha Ganem: [00:39:34] Un homme!
Public 2 : [00:39:34] Woh!
Maha Ganem: [00:39:35] Yeah!
Public 2 : [00:39:36] Mais il a les cheveux longs alors il compte qu’à moitié (Maha Ganem: Qu’à moitié). Moi Plus qu’une question aussi, c’est plus une remarque, enfin une réaction par rapport au podcast. Merci de tous ces partages, de toute cette réflexion, et de tout ce festival etc. Je vais arrêter les mercis. Il y a, à un moment donné tu parlais du fait que les médecins ont une, devraient avoir la conscience professionnelle de s’occuper, s’intéresser plus etc. Et plus que pour moi remettre la responsabilité sur l’individu, moi je suis un grand fan de systémie (Maha Ganem: Pareil) et, voilà. On va discuter après, mais (Maha Ganem: On va parler) il y a, je ne sais pas comment ça se passe en Belgique, mais en France la manière dont on sélectionne les médecins, c’est pas sur leur capacité d’empathie ou leur capacité intra intelligence, intra ou interpersonnelle. C’est sur le fait d’être capable d’apprendre des choses et de les recracher. Donc il y a, pour moi du coup c’est un problème de la manière dont on éduque les médecins. Et aujourd’hui, bon ça a ses côtés négatifs et positifs aussi, mais il y a les intelligences artificielles qui font ça très bien, de recracher la matière, la grosse masse d’informations où avant, et pendant des milliers et des milliers d’années on n’avait pas accès à ça dans l’humanité. Aujourd’hui, c’est très facile et sûrement qu’on pourrait du coup plus utiliser l’IA pour ressortir des diagnostics et des pronostics. Parce que lui, dans toute sa bande de données, il peut savoir et donner toute la liste. Et du coup, c’est facile, il n’y a pas besoin d’avoir un cerveau humain qui dit « Bon bah c’est peut-être plus ça ou plus ça ». Lui la machine elle va faire le tri et avoir un humain qui est plus là pour être en lien, en connexion, créer justement quelque chose d’entités, une entité un peu ouverte et entière. Mais il y a aussi ce côté où dans la société occidentale qu’on a, c’est le chemin qu’a pris la science en général et la médecine en partie, de segmenter les choses. Et de voir les choses comme, je ne sais plus comment ça s’appelle (Maha Ganem: En silo), comment?
Maha Ganem: [00:41:32] En silo
Public 2 : [00:41:33] En silo, ouais. Plutôt que l’homéostasie, non pas l’homéostasie, (Maha Ganem: Holistique), holistique voilà. Oui, mais on n’a pas trop, on a perdu l’approche holistique.
Maha Ganem: [00:41:46] On a perdu l’approche holistique.
Public 2 : [00:41:47] Et moi c’est là que je vois, et les échos que ça me fait c’est que, bon dans l’Orient il y en a un petit peu plus, mais en Occident on a pas mal perdu l’approche holistique et du coup on est décomposé alors que les choses sont en lien, alors que les choses (Nina Noorali: Tout à fait. Sont interdépendantes en fait) et on a besoin. Ouais
Maha Ganem: [00:42:02] On est interdépendants et on essaye de nous faire croire au mythe de l’individu. Et tout à l’heure, on parlait de méritocratie et du, le fait de se faire soi-même dans la vie, mmm, mais on fera… Alors l’IA, j’ai tellement de choses à dire. À commencer, non mais à commencer par dire que l’IA elle se nourrit de ce qui existe dans la réalité d’accord. Et ce qui existe dans la réalité, c’est un système de soins, et notamment en Occident, qui est organisé en silos. Et surtout qui est non bénéficiaire aux femmes, c’est-à-dire qu’on a un système de soins, on nous fait croire que la médecine c’est quelque chose de neutre, de scientifique et d’égal, et notamment en France, parce que je suis française, alors que pas du tout. La médecine, elle est basée sur la physiologie et la physionomie des hommes, des premières souris qu’on recrute, enfin qu’on recrute pauvres souris, c’est pas une annonce mais voilà, les premières souris qu’on utilise qui sont masculines, jusque les tests sur les humains. Ce qui fait que les femmes, quand on va chez notre médecin pour dire « Bah tel médicament ça ne me va pas, j’ai tel effet secondaire, j’ai machin ». On te dit « Ah prends un Xanax » ou « Ah c’est dans ta tête » ou « Ah, il faut arrêter de chouiner ». Alors qu’en fait, dès le départ, on a on part déjà sur une base qui est qui est fausse. Et donc du coup, moi l’IA, j’ai encore, j’en ai parlé dans un congrès avec des pharmaciens, l’IA je trouve ça top pour beaucoup de choses, mais je trouve que, une fois de plus, la façon un peu patriarcale de s’en servir. Quand je vois que l’IA elle sert à diagnostiquer, alors qu’en fait non, l’IA elle devrait te permettre de dégager du temps pour que toi tu passes plus de temps avec tes patientes et tes patients pour pouvoir les diagnostiquer. Parce que l’IA, elle est aussi biaisée, et je le dis aussi en tant que femme noire, et on voit que sur un sample de 700000 radios des poumons aux États-Unis. En fait, l’IA, elle diagnostiquait bien les hommes blancs, et ça c’est normal c’est là-dessus que la médecine est basée. Mais quand tu es une femme afro-américaine ou une femme hispanique, hispano-américaine, parce que, aussi aux États-Unis, si jamais tu es autre chose que blanc, tu es forcément afro, enfin américain quelque chose, bref, je digresse. Et donc là, elle reconnaissait pas les maladies graves et notamment les cancers. Et donc du coup moi l’IA ce qui me fait peur c’est que, toute, déjà cette inégalité, on est en train de la coder dans le futur. Alors que l’IA, t’es comme mais fieu, l’IA ça devrait nous permettre en tant qu’êtres humains de nous dégager du temps. Moi les IA qui font des dessins, bref, moi je veux que l’IA elle fasse la vaisselle, je veux que l’IA elle fasse le ménage, je veux que l’IA, tu vois ce que je veux dire? Je ne veux pas que l’IA elle fasse des, elle fasse des poèmes ou qu’elle fasse des œuvres d’art. C’est comme, quel est le gars qui délire? Parce que ce gars-là, je te le dis, toi tu n’as jamais passé l’aspirateur de ta vie. On arrive à la fin de cet épisode. On arrive à la fin de cet épisode.
Nanna_b: [00:44:34] Il ne fallait pas la lancer sur l’IA.
Maha Ganem: [00:44:37] Non mais on va on va parler après, on va parler, il y a tellement d’idées d’épisodes qui vont venir. Et vraiment merci pour ton intervention. On arrive à la fin de cet épisode et donc j’aimerais vous demander, comme dans chaque épisode, et bien de finir la phrase « Je pensais que j’étais la seule… »
Nina Noorali: [00:44:53] Je pensais que j’étais la seule à avoir un corps qui avait 80 ans quand moi j’en avais 46.
Maha Ganem: [00:45:00] Oh chérie, mon Dieu! Moi j’ai une dame de 86 ans qui vit dans mon corps, carrément! Ah! Tellement! On en parlera. Épisode un pour les personnes qui n’ont pas encore écouté le podcast, épisode un de « Je pensais que j’étais la seule ». Merci Nina. Nana_b, « Je pensais que j’étais la seule… »
Nanna_b: [00:45:16] Mais j’étais perdue en fait.
Nina Noorali: [00:45:18] D’être perdue?
Nanna_b: [00:45:18] Oui voilà. Je me suis retrouvée une fois que j’ai pu entendre les témoignages. Et reconstruire les petits morceaux, le silo, je me suis retrouvée, oui.
Maha Ganem: [00:45:29] Vous avez un petit peu commencé à y répondre tout à l’heure, mais si vous aviez un mot, une parole à soi, la « vous » de l’époque, soit une personne qui est en train de passer à travers ça aujourd’hui, ou pour les générations futures du coup?
Nina Noorali: [00:45:40] Moi mon conseil serait de ne pas s’arrêter à ce que vous entendez, et d’aller vraiment plus loin, et questionner, questionner, questionner. Changer de docteur, changer de, voilà, changez, changez, questionnez jusqu’au moment où vous avez trouvé quelque chose qui résonne en vous et qui est aligné à vous quoi!
Maha Ganem: [00:46:00] Faites-vous confiance, Carrément. Nana_b?
Nanna_b: [00:46:04] Oui j’avais dit, effectivement, changer, oser, oser parler, parler, oser parler. Et puis j’avais pensé à, moi c’était « T’es pas tout seul. Allez Jeff, t’es pas tout seul », voilà, c’est juste ça en fait.
Maha Ganem: [00:46:19] Exactement. Et alors, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite? Non, non mais prenez, prenez votre. Une photo du public et heu…
Nina Noorali: [00:46:29] Et quoi nous on doit se souhaiter à nous?
Nanna_b: [00:46:32] Se souhaiter pour nous?
Maha Ganem: [00:46:32] Qu’est-ce que nous on peut vous souhaiter à vous pour la suite?
Nina Noorali: [00:46:36] Ah ben écoute, ben voilà moi c’est, ce que j’aimerais, parce que bon je donne des ateliers sur la ménopause justement pour les femmes, la périménopause ouverte aux femmes de 40 ans où j’amène justement la science orientale, l’Ayurveda, la naturopathie, la nutrition, bon bref, plein d’autres choses pour justement offrir aux femmes, belges, plus d’options que ce qu’on donne dans la médecine traditionnelle. Donc voilà, c’est the spread the world, c’est de partager.
Maha Ganem: [00:47:08] Merci Nina. Et on mettra tes réseaux (Nina Noorali: Oui c’est shift2light, ouais) dans la description de l’épisode.
Nina Noorali: [00:47:14] shift2Light point com
Maha Ganem: [00:47:14] Nana_b, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite?
Nanna_b: [00:47:19] Bah, honnêtement, que ça passe tranquillement comme pour l’instant, et que j’apprenne aussi, que je m’éduque, que je continue à partager l’expérience, c’est tout en fait.
Maha Ganem: [00:47:32] Ben c’est déjà pas mal. J’aime beaucoup Nina ce que tu as dit sur la médecine orientale et pas autre chose, parce que il y a des systèmes de médecine qui sont millénaires. N’oublions pas que la médecine occidentale, telle qu’on la connait, c’est post-seconde guerre mondiale, il faut aussi remettre les choses. Tellement de choses à dire dans ce podcast (Nina Noorali: Mais oui), tellement de choses à dire dans ce podcast. Et donc ben voilà, vraiment merci à vous deux, merci d’être venus partager ça en toute authenticité, en toute force que vous êtes, c’était, je pense que c’est important de faire tomber ces tabous. Et en effet, la ménopause en vrai, et là-dessus, je vais être un petit peu plus gentille avec le corps médical dans le sens de, en effet c’est pas une maladie (Nanna_b: C’est pas une maladie), techniquement c’est pas une maladie (Nina Noorali: Ah non c’est pas une maladie), Toutefois ça touche le corps humain de, le corps de 50 % de la population, et si jamais ton truc c’est quand même d’aider les gens à aller bien, mais que tu es un petit peu plus que 3 h dessus pendant ton cursus médical, je pense que ça vaut le coup quand même de te poser une question et de t’éduquer par toi-même. Parce qu’une fois de plus, moi je comprends, tu fais des études qui sont très longues et à l’école tu n’apprends que ce qu’on t’enseigne. Mais tu as aussi le droit d’être une personne indépendante et de te dire que tu vas te former, je dis ça, je ne dis rien. Après, moi, j’ai une passion pour l’école. Merci à toutes et à tous eh bien d’avoir participé à ce podcast avec nous aujourd’hui et…(Le jingle démarre trop fort) Wow!
Maha Ganem: [00:49:01] Et c’est pas grave. Et merci au public ici présent. Et merci, et merci toi qui nous écoute sur ta plateforme habituelle. Ensemble, on est là pour réhumaniser et bien les parcours des femmes dans leur santé, les soutenir parce qu’on ne veut plus se laisser réduire à de simples numéros, et on ne veut plus se laisser réduire à de simples morceaux de corps. Et chez « Je pensais que j’étais la seule » et bien c’est pour ça que vraiment je suis contente de faire ça en public, on dit que « Parler c’est agir, qu’agir c’est commencer à guérir et qu’ensemble on est plus fortes ».
Nina Noorali: [00:49:39] Merci. Merci merci. Oh my god! Merci beaucoup. Merci, merci PodBXL
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