Joli Papa : le rôle des beaux-pères, un podcast au festival PodBXL.

Replay PodBXL 2025 : Joli Papa, le beau-papa, un rôle sans nom? – Podcast #031 PodBXL
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Joli Papa — Le beau-papa qui achète une place… dans une rangée invisible
« Être beau-papa, c’est comme acheter une place de cinéma rangée 13, puis réaliser que cette rangée n’existe pas. » C’est ce constat puissant qui ouvre Joli Papa, le podcast d’Antoine Rudi.
Avec Joli Papa, on brise le silence autour des beaux-papas, souvent invisibles et sans statut officiel dans les familles recomposées. Dans les épisodes du podcast Joli Papa, Antoine raconte avec authenticité, humour et justesse ces parcours complexes, où se mêlent défi, amour et revendication d’une place légitime.
Cet épisode de Joli Papa, enregistré en public au festival PodBXL 2025, donne voix à celles et ceux qu’on entend peu, offrant un regard neuf sur la parentalité et la richesse des familles modernes.
Avec un récit fluide et sincère, Joli Papa invite à repenser ce rôle méconnu, pour mieux l’inclure dans le grand récit familial.
Un podcast proposé par The Podcast Factory Org, avec le soutien de transforma bxl & Plugin Company. Membres de la coalition KAYA – Écopreneur·es, et partenaires du Love Health Center.
Ce podcast, c’est aussi un hommage aux participantes du festival : relever le défi du live, devant un public engagé, n’est pas anodin. Chapeau à toutes celles et ceux qui ont osé partager leur parcours, et merci au public dont la présence et les questions ont enrichi la discussion.
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Séquençage du podcast « Joli Papa » au PodBXL 2025 :
- [00:00:03] PodBXL : lancement du podcast “Joli Papa” par Antoine Rudi
- [00:02:08] Antoine pose la question des beaux-papas au publics
- [00:02:55] Les sobriquets des beaux-papas : humour et malaises
- [00:04:05] La fête des pères, statut flou des beaux-papas à l’école
- [00:05:33] Le manque de reconnaissance officielle du beau-papa
- [00:06:08] La place de cinéma 13 : invisible, mais achetée !
- [00:06:56] Limites administratives et intention de beau-papa
- [00:07:31] Créer sa “case” de beau-papa, sans rivalité
- [00:08:23] La liberté d’être beau-parent et d’innover
- [00:08:50] Définir clairement son rôle de beau-papa
- [00:09:45] Des rôles sur-mesure : le pacte d’associés familial
- [00:11:52] Ajuster sa place selon les besoins, rien n’est figé
- [00:13:26] La créativité, moteur de la parentalité recomposée
- [00:14:24] Composer avec le planning familial et la liberté
- [00:15:16] Le cadre, clé de la créativité parentale
- [00:16:59] Clarté et cadre : secret de l’harmonie familiale
- [00:21:15] “Un plus un égal trois” : enrichir la famille recomposée
- [00:23:06] Additionner les différences, la vie est plus riche
- [00:26:24] Partager, c’est grandir : l’enrichissement par le partage
- [00:27:25] L’origine du nom “Joli Papa” expliquée
- [00:30:39] Joli Papa: des parcours divers de familles recomposées
- [00:31:44] Pacte familial et pacte d’associés : anticiper les sujets sensibles
- [00:32:59] Frustrations et limites non clarifiées dans la famille recomposée
- [00:34:29] Définir ensemble les règles et finances familiales
- [00:36:13] “Pacte” familial : dialogue constant
- [00:36:37] Joli Papa au festival : partage improvisé plutôt que plan structuré
- [00:36:50] Quiz interactif et réalité des familles recomposées
- [00:37:55] 1000 nouvelles familles recomposées par jour aux USA
- [00:38:25] L’IA : un soutien pour les parents en crise
- [00:39:25] L’exemple du Manchot Empereur, champion de la parentalité
- [00:40:43] Clôture du podcast Joli Papa et invitation à PodBXL
- [00:41:05] Remerciement de Michel
- [00:41:09] Antoine conclut l’épisode de Joli Papa
La transcription du podcast « Joli Papa » au PodBXL 2025 :
Antoine Rudi: [00:00:03] Bienvenue tout le monde donc dans ce nouvel enregistrement de podcast, un enregistrement estival, un enregistrement particulier puisque pour les personnes qui me réécouteront en rediffusion, nous sommes en public aujourd’hui, la foule est en délire. Il y a des t-shirts qui ont volé quand je suis rentré, c’était complètement, complètement fou (Réaction du public). Et donc, désolé pour nous qui vous qui écoutez en replay, vous ne pouvez pas profiter de cette ambiance. Mais pour ça il fallait venir au PodBxl, à Bruxelles. Voilà, Michel organise, avec toute son équipe, ça aux petits oignons. Et donc on va parler, on va passer ce petit temps ensemble autour de Joli Papa. Je vais vous donner l’explication aussi du contexte, pourquoi Joli Papa? Donc pour faire clair, on parle des beaux-pères, d’accord, comme ça, ça va être très direct. Et je vais vous expliquer pourquoi ce Joli Papa. J’ai démarré ce podcast en janvier, donc voilà, là on arrive au septième mois de publication hebdomadaire, donc ça faisait quand même 25 épisodes et je me suis dit que pour cet épisode estival, on allait faire un peu une petite synthèse de ce que j’avais découvert, de ce que j’avais appris à travers les interviews de beau-père que j’ai pu mener, à travers les réflexions, à travers les discussions que j’ai pu avoir. Et donc j’ai envie de partager ça avec vous. On va essayer de rendre le truc aussi un petit peu interactif, parce que d’habitude, moi, je suis tout seul avec mon micro en pyjama. Bon, là, j’ai dû me vêtir pour l’occasion et donc voilà, on va peut-être profiter de cette interactivité, on va voir si ça fonctionne. Voilà, je crois qu’on est assez clair pour le pour le programme, on va pouvoir lancer la petite introduction qui va réveiller la foule en délire, et puis après ça ben on va pouvoir, on va pouvoir rentrer dans le vif du sujet.
Antoine Rudi: [00:02:08] Alors les jolis papas, est-ce qu’il y a des jolis papas dans la salle? Ah oui, il y a des jolis papas dans la salle. Est-ce qu’il y a des belles mamans dans la salle? Non, d’accord. Des fois j’ai des femmes qui m’écrivent sur Instagram et qui disent « Voilà, moi je suis une Jolie Maman », alors je me dis pourquoi elles se présentent comme ça? C’est bizarre. Puis après je dis « Ah oui ok, Jolie Maman, le podcast ». Super cool, juste un petit truc, c’est que je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de, bon ce n’était pas tellement nouveau, mais beaucoup de pudeur chez les hommes. Peut-être un petit peu plus que chez les femmes, et donc quand j’ai commencé à réfléchir à cette idée, j’ai fouillé sur Instagram, sur les réseaux, j’ai vu pas mal de belles-mamans qui partageaient leurs aventures et pas du tout de beaux-pères. Je me suis dit « Bon bah tiens, on va on va ouvrir une parole sur ce sur ce sujet ».
Antoine Rudi: [00:02:55] Alors il y a plein de petits sobriquets, j’ai envie de commencer par ça. On parle de beau-papa, beau-père, mais il y a plein de petits sobriquets, je me suis amusé à les recenser. Il y en a peut-être, si ça vous parle, vous pourrez lever la main, moi je les trouve rigolos. Alors il y a le premier, c’est « papa en carton », Papa en carton. Il y a papa de pacotille, ça c’est un peu quand on est un peu énervé quoi! « Ouais de toute façon tu es un papa de pacotille! ». Ah ça, c’en est un que j’ai eu: « Pseudo-Papa », Pas mal. En fait, alors en fait très gentiment, on était chez la dentiste, et la dentiste savait pas trop, enfin pour elle, dans son monde, c’était un petit peu nouveau d’avoir un adulte, homme, qui ne soit pas le papa, qui emmène l’enfant pour des soins. Et donc à un moment elle lui dit « Mais toi, quand tu te brosses les dents avec… » Puis là elle me regarde et elle dit « Ben avec ton pseudo papa ». Et là j’ai rigolé parce que j’ai vu qu’elle était vraiment plus embarrassée que moi. Et après elle a dit « Enfin bon, non je sais pas, enfin bon je sais pas comment tu l’appelles mais enfin bref, quand tu te brosses les dents ». Et puis elle s’est énervée un petit peu comme ça.
Antoine Rudi: [00:04:05] Mais tout ça pour dire quoi? Pour dire que, ben ce nommage, c’est pas si anodin. On sait pas trop quoi faire de cette case. Cette case, elle est pas forcément dans les arbres généalogiques. Elle est pas dans les fêtes, dans les fêtes des pères, dans les fêtes des mères. Moi je sais qu’à l’école, les enfants, la maîtresse a dit « Bah écoute non, tu feras qu’un dessin, c’est la fête des pères, il y a qu’un seul papa, donc un seul dessin ». Mais moi, ma fille elle voulait faire un deuxième dessin parce que c’était la semaine où elle était chez nous. Elle a dit « Ouais, mais c’est embêtant. Moi ce soir… », la maîtresse a dit « Bah non, tu peux faire qu’un seul dessin » bon. Alors elle est rentrée le soir, très embêtée, elle a dit « Bah écoute là j’ai un dessin pour mon papa, mais je suis désolée, j’en ai pas pour toi ». J’ai dit « C’est pas grave ». Mais ce qui est très rigolo c’est de voir que cette petite particule, donc Pseudo Papa, papa de pacotille, faux Papa aussi. On a papa de seconde zone. Ah celui-là est rigolo aussi: le mec de maman. Elle est bien celui-là hein? Ah celui-là il fait plus réagir voilà, ça c’est bien. Le mec de maman, faudra qu’on parle de ça aussi, que le fait de te mettre en couple avec leur mère ne fait pas de toi un beau-père, j’avais fait un épisode là-dessus, faudrait qu’on en parle. Bon ben beau-père ok, a il y a le « Plan B », celui-là. Et puis après il y a l’autre, celui-là qui désigne vraiment rien, donc c’est « l’autre ». L’autre… Ben donc c’est celui qu’on ne peut pas nommer.
Antoine Rudi: [00:05:33] Et ça c’est vraiment quelque chose qui était un peu ce fil rouge dans les interviews que j’ai pu mener, c’était cette question de place. Parce que, en effet, il y a, dans les formulaires Cerfa, il n’y a pas, il n’y a pas cette place, c’est pas dans l’arbre généalogique. Et pourtant, les enfants, la famille, les co-parents vivent ce truc, comme il y a quand même bien une personne dans la pièce qui peut apporter soit de l’amour, soit du soin, soit juste de la présence, soit rien du tout, soit de l’argent, enfin, après chacun fait son deal comme il veut.
Antoine Rudi: [00:06:08] Mais il y a ce truc de ok, mais c’est quoi la place? Et c’est là que j’ai observé pas mal de maladresses qui m’ont été partagées de « Bon ben, il faut du coup que je prenne ma place ». Et puis en plus, c’est hyper à la mode dans les citations, vous savez, motivationnelles, sur internet on dit « Il faut que tu prennes ta place et tout ». Sauf que ça, du coup, dans la tête d’un mec, « prendre sa place », il y a un truc un peu guerrier. « Il faut que je prenne ma place ». Mais sauf que le gars n’a pas compris que, en fait, il a acheté la place de cinéma treize. Treize A! Et donc il est là, « Je cherche ma place. Elle est où ma place? ». Sauf qu’il n’y a que douze rangées, d’accord, la rangée numéro treize n’existe pas, donc il cherche une place qui n’existe pas parce qu’elle n’est pas définie, elle n’est pas définie administrativement, elle n’est pas définie.
Antoine Rudi: [00:06:56] Ben je ne sais pas, au périscolaire simplement pour chercher les enfants, etc. On, mes parents et, moi au début je ne pouvais pas récupérer les enfants parce que je ne pouvais pas être renseignée dans la case parents. Pareil, pour donner un numéro de téléphone, il faut donner le numéro de téléphone d’un parent. On va prendre « Oui, mais il n’est pas parent ». « Oui, mais si vous l’appelez, probablement qu’il viendra quand même chercher les enfants s’ils sont malades ». Donc, il y a toutes ces discussions qui sont assez…que moi, j’ai trouvé assez amusantes, parce que j’ai posé une intention aussi sur la chose, et je me suis aussi beaucoup posée de questions avant de devenir beau-père.
Antoine Rudi: [00:07:31] Et c’est ce qu’on va pouvoir partager, partager ensemble. Et donc ce gars qui cherche cette place-là, qu’il a acheté, numéro treize, alors qu’il a acheté juste parce qu’il s’était mis en couple avec la maman hein? Puis lui il s’est dit bah du coup c’est bon, j’ai acheté la place de beau-père, elle n’existe pas. Mais la bonne nouvelle, c’est que du coup, on va pouvoir la créer, on va pouvoir faire une case sur mesure. Et ça, je trouve que c’est beaucoup plus sympa de voir les choses comme ça. Et en tous cas dans Les Beaux-pères, dans les partages que j’ai reçus, c’est à dire « Ben finalement, puisque cette place elle n’existe pas, je vois bien qu’il n’y a pas d’intérêt d’essayer de piquer la place d’un autre qui de toute façon n’est pas la mienne, je ne serai jamais le géniteur de ses enfants et c’est très bien comme ça. Ils ont leur histoire, ils ont un papa biologique. Mais puisque je fais partie de leur vie et que je suis co-parent en tant qu’adulte responsable, eh ben je peux dessiner ma case, je peux décider de la créer ».
Antoine Rudi: [00:08:23] Et là, j’ai beaucoup plus de liberté, ce qui est l’un des super-pouvoirs d’ailleurs, j’ai remarqué, des beaux parents. Parce que il y a cette liberté de ne pas hériter du passif familial, Il y a cette liberté de ne pas hériter des traumas passés. La personne elle arrive, avec une vision différente, avec une posture un peu différente. Et si finalement on réfléchit puis se dire « Ok, qu’est-ce que j’ai envie, qu’est-ce que j’ai envie déjà de, qu’est-ce que j’ai envie d’être? Qui j’ai envie d’être? ».
Antoine Rudi: [00:08:50] Parce que je vois des fois des beaux pères qui me partagent « Ouais ça me saoule, en plus de toute façon il ne m’écoute pas, et puis…. » Et donc quand je partage, quand on échange, finalement je perçois qu’il y a une sorte d’autorité un peu mal placée que le beau-père voudrait imposer comme ça, décrété parce que je suis avec votre mère, donc je suis votre beau-père. Donc en gros, vous devez m’écouter. Et quand on retrace un petit peu la discussion, au fil de l’interview, ben e m’aperçois que la personne n’a jamais défini le rôle qu’elle voulait avoir, ni vis à vis d’elle-même. Elle n’a jamais défini le rôle avec sa conjointe, sa compagne de finalement quelle place elle pouvait prendre, quelle place ce n’était pas ok. Et du coup, à partir du moment où il n’y a pas cette intention qui a été posée, bah c’est un petit peu facile de reprocher à l’entourage, à l’environnement, de dire oui, vous me reconnaissez pas comme si, vous me reconnaissez pas comme ça, si toi-même tu t’es déjà pas mis au clair avec « OK quelle place je veux avoir ».
Antoine Rudi: [00:09:45] Moi j’ai des beaux pères qui m’ont dit « Moi je m’entends très bien avec la maman, mais honnêtement, les enfants c’est pas mon business, elle les a eu avant, c’est pas mon histoire, c’est pas ma décision. Et donc il faut que ça soit clair dans le deal que je pourvoirai une sécurité à cette cellule familiale, mais aucun investissement vis à vis des enfants ». Et je trouve que la position, sans mettre de jugement dessus, très, je dirais, honnête et factuelle, de dire « Ben voilà, moi je pose le deal comme ça ». Ou d’autres de dire « Ben moi j’ai failli me séparer à plusieurs reprises de ma compagne parce que j’ai senti qu’en fait je n’aurais jamais vraiment une place de co-parent », et donc c’était des situations où, ben c’était ok de dépanner pour aller chercher les enfants à l’école, c’était ok de, je ne sais pas, de les accompagner à la compèt de judo. Mais par contre, dès qu’il y avait une décision un peu sérieuse choix d’études, choix des études, décisions médicales, orientations, etc. Là on dit la personne « Non, par contre non, toi tu es gentil, tu peux aller chercher les enfants à l’école…, par contre, là, nous, enfin là on parle de choses vraiment sérieuses, donc tu n’as pas ta discussion là-dedans ». Et donc je me suis retrouvé comme ça dans des échanges avec des beaux-pères très frustré de dire « Bah en fait je comprends pas trop parce que, j’ai pourtant l’impression de m’investir dans cette famille, et je vois bien qu’il y a des sujets où c’est chasse gardée ». Et ça c’est plus intéressant de le savoir avant. Et il y a un outil, il y a un outil dont je vous parlerai après, que j’appelle le pacte d’associés, comme on fait un peu dans les start-up où on dit « Tiens, on va, on va s’associer dans une start-up, on va essayer de faire grandir cette entreprise. Tiens, si on se mettait d’accord sur nos désaccords tant qu’on est d’accord ». Parce que c’est plus facile d’échanger avant, tant qu’on n’est pas en bisbille, de se mettre d’accord, « OK, est-ce que ce type de sujet c’est des sujets sur lesquels je peux avoir mon mot à dire? Est-ce que tu… Bon non, ça c’est une décision que je veux garder ». Par contre, « Non, ça c’est carrément ça. Moi j’ai envie d’ailleurs, j’ai envie que tu prennes une place dans cette décision parce que j’ai besoin qu’on échange, j’ai besoin que tu sois là ». Et donc ça, ça va être intéressant. On en reparlera dans le dans le pacte d’associés.
Antoine Rudi: [00:11:52] Donc, si je reviens à mon histoire de de design de place sur mesure, ben moi je trouve ça super chouette parce que ça permet vraiment de régler un curseur, qui en plus n’est pas définitif. Parce que, en tant qu’êtres humains, on a toutes et tous des besoins à un instant T. Peut-être que là j’ai des besoins pendant trois ans qui ne seront pas forcément les mêmes trois ans plus tard. Moi j’ai un beau père qui me disait « Alors moi la galère c’est que je suis un loup solitaire ». Et il dit « J’ai toujours vécu comme un loup solitaire ». Alors il dit « Avant, dans ma précédente union, on n’avait pas d’enfants donc on faisait chacun nos loups solitaires quand on avait besoin ». Il dit « Sauf que là, maintenant, j’ai une famille recomposée et il y a des enfants. Et je ne suis pas, je ne suis pas trop… Enfin, je n’étais pas trop à l’aise en fait à leur dire que là j’ai besoin de m’extraire un peu. J’ai besoin de partir en retraite, comme nous partageaient les artistes dans le précédent podcast, en retraite d’écriture par exemple ». Et donc là, il n’était pas à l’aise de dire « Bah, j’ai besoin de là, de m’extraire un petit peu de de ce cercle-là ». Sauf que du coup, c’est vraiment en apprenant à se connaître et en posant les choses sur la table que, au contraire, on peut designer cette place sur mesure et de montrer que chaque humain a des besoins différents, qui en plus, dans le temps, peuvent évoluer. Et tout comme des enfants à un moment peuvent avoir envie qu’on leur lâche la grappe. Et à d’autres moments, on peuvent avoir envie qu’on soit là pour les soutenir, qu’on soit là pour les guider, pour les conseiller ou juste peut être pour les écouter, et ça peut être déjà largement suffisant à ce moment-là.
Antoine Rudi: [00:13:26] Donc ce rôle il est, il est sur mesure. Moi je trouve ça, je trouve en tout cas que ça offre beaucoup de liberté. En tous cas, quand je me suis fait cette réflexion de me dire « Mais finalement, à partir du moment où je le partage avec ma compagne, à partir du moment où j’en discute avec les enfants, ben on peut, on a une toile blanche, on peut tout dessiner ». Sauf que cette toile blanche elle est justement définie, par un cadre. Souvent les artistes disent « Moi, je ne veux pas de contraintes, je ne veux pas de contraintes, je veux imaginer, je veux être créatif ». Et donc dans cette belle parentalité, moi je vois beaucoup de créativité à mettre, qui est un des super-pouvoirs de dire « Bah finalement j’ai pas cette norme de: il y a un papa, il y a une maman, voilà qui ont eu des enfants ensemble. Ben là, il y a un papa qui est arrivé en cours de route de l’histoire » et du coup on peut mettre de la créativité en route. D’ailleurs, des fois c’est très salvatrice, C’est très salvateur de mettre de la créativité quand on est un petit peu en en difficulté.
Antoine Rudi: [00:14:24] Moi par exemple la question de planning, au début c’est un truc ça a été hyper compliqué pour moi parce que, moi j’ai une de mes valeurs principales qui est la liberté. Alors en plus je suis un artiste, donc comprendre qu’à un moment il y avait un planning scolaire. « Ah bon? Non mais sérieux. C’est à dire que là, les six prochaines semaines, il faudra qu’ils aillent à l’école tous les jours? Vraiment? Vous êtes sûrs? ». « Oui, oui, c’est comme ça que ça se passe ». « Ah d’accord ». Et donc du coup, ça veut dire que si on voulait partir en vacances, il faudrait qu’on réfléchisse, là, les six semaines? « Ah d’accord ». Moi j’avais jamais fait ça en 20 ans. Donc là, tout d’un coup, je découvrais un calendrier scolaire. Je peux vous dire qu’au début… C’était un petit peu compliqué pour moi. Et donc là, il a fallu être créatif, il a fallu faire appel à cette créativité et dire « Ok, ben comment finalement je peux mélanger le meilleur des deux mondes? Comment je peux garder une forme de liberté et qui colle aussi avec les plannings scolaires? Et comment? »
Antoine Rudi: [00:15:16] Et donc cette créativité, elle est salvatrice je trouve, mais elle a aussi besoin d’un cadre parce que j’ai remarqué que, par exemple, le peintre, même s’il veut exprimer sa créativité, il choisit quand même un support. Il dit quand même « Tiens, ok, ça va être une fresque magistrale, ça va être sur ce mur-là ». Ou alors il dit « Ça va être une petite forme de 80 par 80. Et je définis ce cadre. Et à l’intérieur de ce cadre, je vais pouvoir exprimer ma créativité ». Le sculpteur, lui, il travaille, il a une image de là où il veut aller, mais il travaille d’un rocher, d’un bloc de pierre. Il a sélectionné un moment une pierre qui peut-être des veinages, qui a peut-être pas de veinages. Et il sait que c’est en enlevant de la matière, de cette pierre qu’il va pouvoir créer la forme qu’il voudrait obtenir. Et donc du coup, en réfléchissant à ce que font les créatifs, les artistes, en disant « Oui mais finalement, ok, il y a beaucoup de liberté là-dedans mais il y a quand même un cadre ». Ben ça c’est quelque chose qui m’a beaucoup aidé de me dire « Ok, c’est quoi le cadre? ». Ben le cadre c’est que, si je fonde une famille recomposée, alors c’est vraiment un noyau dont je fais partie et c’est pas juste « OK, en fait, il y avait une maman Solo et deux enfants. Et moi je papillonne. J’arrive, je repars, je machin. Je fais ma vie. Quand ça m’arrange, je dis c’est pas les miens, joker. Quand ça m’arrange, je dis oh ben non quand même mais oh, j’ai envie de passer du temps avec eux ». Donc non, finalement, je me suis aperçu, et dans les échanges que j’ai eus avec les beaux-pères, dans ces clés de réussite, quelque part si on peut appeler ça, qu’ils m’ont partagée, c’est de se dire ben « En fait, finalement tout est ok à partir du moment que c’est cadré quoi. A partir du moment que c’est expliqué, à partir du moment qu’il y a un cadre ».
Antoine Rudi: [00:16:59] Moi par exemple je travaille le dimanche, en tant en tant qu’artiste je vais travailler les dimanches, les week-ends. Et les enfants, au début, ils avaient du mal à comprendre ça en disant « Mais en fait, la semaine, on n’est pas forcément là, on est avec toi le week-end, puis le week-end tu pars travailler ». Bah oui, c’est vrai que c’est un peu bizarre ça, à comprendre cette affaire. Et alors la question de dire « Mais, dans ton travail, qui est le chef? ». Parce que les enfants ils sont pragmatiques! Bah j’ai dit « Le chef c’est moi ». On dit « Ben voilà la solution, tu vas te faire un mot, en tant que chef, et tu dis que dimanche… Et ben dimanche tu ne peux pas travailler ». Et je me suis dit mais comment? Comment on peut expliquer de manière créative cette situation? Et, finalement je me suis dit mais dimanche quand je pars, est-ce que je vais vraiment travailler? Alors dans le sens de gagner de l’argent, oui, je vais faire quelque chose qui me permet de gagner de l’argent, mais est-ce que c’est vraiment du travail? Parce que moi je m’éclate, en fait dans mon travail, j’ai pas cette impression de travailler. Et donc je suis revenu avec ça en me disant « Mais en fait les enfants, dimanche, j’ai bien réfléchi, je ne vais pas travailler ». « Ah bon? », « Non, en fait dimanche je vais faire des trucs qui me plait avec des gens que j’aime, pour des gens qui vont apprécier ça », « Ah! ». Et là du coup ce n’était plus du tout la même histoire en fait, c’était plus « Joli Papa, il part à son travail comme une contrainte et du coup il y a ce temps-là, il le passe pas avec nous ». C’est « Joli papa, il va s’éclater, Il va apporter de la valeur à des gens, il va les faire rire, il va leur donner du plaisir. Tout comme nous quand on va dans un parc d’attractions, où tout comme nous quand on va à un anniversaire chez les copains, c’est vrai qu’on n’y va pas avec les parents, et on va s’amuser avec les copains. Et on est super contents que nos parents, qu’aux parents, ils soient contents pour nous qu’on aille s’amuser chez les copains ». Et du coup, là les enfants ont commencé à se dire « Trop bien, alors c’est demain que tu vas t’amuser? » Parce que c’est pas tous les dimanches mais « Donc demain tu vas t’amuser avec les copains et tout ça? ». « Ouais, c’est demain, je vais m’amuser ». « Oh c’est super, ben tu passeras une bonne journée alors. Puis on espère que tu que tu t’amuseras bien ». Et quand je rentre le soir de cette question « Alors Toi-Toine » parce qu’ils m’appelles comme ça, « Tu t’es bien amusé?. » Et moi de leur dire « Ah oui, aujourd’hui on a vraiment passé une bonne journée, on a fait ci, on a fait ça ». Et en fait à partir de ce moment-là, je me suis aperçu que ben en fait, je suis en train de dessiner ma case, je suis en train de designer le sur mesure de ben oui, j’ai une vie avec un agenda qui est pas un agenda classique, mais de leur partager que, ben quand je vais à ce que certaines personnes appelleraient travailler, en réalité, je vais m’amuser, je vais prendre du plaisir. Ce qui a redimensionné aussi ce qu’ils apprennent à l’école. Et j’ai remarqué très tôt, qu’à cinq ans on leur dit « Il faut que tu travailles bien, pour bien gagner ta vie, et si tu t’amuses, attention, c’est pas compatible ». Et ça, c’était un questionnement dire « Mais, en fait… », parce qu’ils sont revenus après, parce qu’ils réfléchissent, ils m’ont dit « Là tu nous as raconté un truc, là tu es, là tu as essayé de nous avoir parce que tu nous as dit qu’en vrai, dimanche, tu partais t’amuser. C’est vrai? ». « Oui, je vous ai dit ça ». « Oui, mais avant tu nous disais que tu partais travailler ». « Oui, c’est vrai ». « Alors du coup, il faut que tu nous dises vraiment maintenant, parce que c’est important », parce que les enfants ils sont comme ça, ils se plantent comme ça et ils disent « Tu dois me le dire vraiment maintenant, est-ce que tu vas travailler ou est-ce que tu vas t’amuser? ». Et donc de leur expliquer Moi en réalité quand je travaille, je m’amuse. Et donc là c’était pas possible parce que, dès l’âge de cinq ans déjà, ils avaient déjà appris à l’école que ce n’était pas compatible. C’est à dire que c’est soit c’est récréation, on s’amuse, soit c’est travail et c’est sérieux quoi. Et ça m’a beaucoup amusé parce que je me suis dit « Tiens, bah tiens ça c’est quelque chose de nouveau que j’apporte, que j’apporte dans la casserole. Finalement, si petit qu’il soit de dire bah oui, il existe peut-être un modèle où on peut s’amuser en travaillant ». Et ça c’est particulier parce que leurs parents biologiques sont salariés, font un travail on va dire, normal, si je peux le dire comme ça. Versus moi qui crée du contenu, qui qui accompagne des gens, etc. Et de me dire « Bah tiens, d’ouvrir cette case assez petit, de dire bah finalement, il existe aussi d’autres, d’autres routes ». Alors évidemment, elles peuvent être plus compliquées parce que la route, elle n’a pas été tracée, il faut la défricher, il faut, faut tracer son chemin, faut creuser son sillon, mais que quand même, il y a ce truc-là qui existe.
Antoine Rudi: [00:21:15] Et ça m’a fait vraiment comprendre ce concept que j’aime bien partager dans mes épisodes, qui est que le que le « un plus un » est pas forcément égal à deux, mais que le « un plus un » peut être égal à trois, dans une famille recomposée. Je me suis rendu compte que c’est en fait hyper facile. Et en vrai, au début, j’avais presque même ce réflexe précâblé que c’est hyper facile d’opposer les familles. C’est à dire que vous avez un papa biologique qui a donc sa vie avec les enfants, quand ils sont chez lui. Vous avez une maman biologique qui a sa vie avec ses enfants, et puis ils peuvent avoir chacun des partenaires: belle-mère, beau-père. Et en fait pour plein de trucs, c’est hyper facile d’opposer les approches. Par exemple: le rapport aux écrans. Chez nous, il est assez simple, il n’y a pas d’écran, il n’y a pas de télé, il n’y a pas, il n’y a pas d’écran. De l’autre côté, ils ont accès à des écrans. Ok, donc là c’est assez facile d’opposer le truc, dire « Ouais mais de toute façon les écrans c’est nul, etc ». Mais quand je fais ça, j’oppose…. Et quand j’oppose, je rassemble pas, j’unis pas. C’est aussi facile sur les les rythmes de lever les calendriers, les lieux de vacances, les choix d’activités, les simples manières de vivre en fait. De, peut-être que dans une famille j’ai des horaires de repas qui sont très calés, et puis peut-être que dans une autre famille, je ne dis pas laquelle au hasard, mais bref, il y a la guitare qui est là, il y a le violon, on est sur un super truc, on est en train de machin « Ah il est 2 h, vous avez faim les enfants? », « Oui, c’est vrai qu’on pourrait peut-être manger à cette heure-ci en effet ». Et donc ce n’est pas les mêmes rythmes de vie. Et en fait, je me suis aperçu que la liste des choses qu’on peut opposer, en réalité, elle est magistrale. Périscolaire, pas périscolaire, enfin, il y a vraiment plein, plein, plein de choses. Sauf que je me suis dit attends, en fait, quand on oppose, on rassemble pas. Quand on oppose, on divise. Quand on divise, il y en a moins.
Antoine Rudi: [00:23:06] Et il y a cette question de jeux fini et de jeux infini que j’aime bien et que je voudrais vous partager. Si je prends une part de, une part de quiche, tiens il y avait des, il y avait des quiches là tout à l’heure. Si je prends une part de quiche et que je la sépare en deux et que je la donne à une jeune fille. Si je te donne ma part de gâteau, si je te donne la moitié du gâteau, toi, il va te rester combien de gâteaux? La moitié tu es d’accord? Donc toi, tu repars avec une moitié de gâteau et moi il me reste plus que la moitié du gâteau. Donc toi, tu as gagné un demi gâteau parce que tu n’en avais pas, grâce à mon partage tu as gagné un demi gâteau, mais moi j’ai perdu un demi gâteau, d’accord. Donc là, je suis dans un jeux où quand je quand je découpe quelque chose, quand je le partage, je le divise. Et en fait chacun repart avec moins. Moi j’avais un gâteau, j’avais une tarte et ben toi comme tu repars avec la moitié, ben moi il m’en reste plus que la moitié. Sauf que, en réfléchissant à ça, je me suis dit « Oui mais attends, dans l’amour est-ce que c’est le cas? ». Si mes beaux enfants ils m’aiment, est-ce qu’il leur reste moins d’amour pour leur papa biologique? En fait non. Si moi, un beau-père me disait « La peur que j’ai eu, quand mes enfants sont arrivés ». Un beau père me partageait, il avait deux beaux-enfants, et ensuite avec sa compagne ils ont décidé d’avoir des enfants. Donc ils se retrouvent dans cette situation où il a deux enfants nés d’une précédente union et deux enfants qu’ils ont eu ensemble. Et il disait « Moi la crainte que j’avais, c’était du coup de ne plus avoir assez d’amour pour tous ses enfants » parce qu’il s’est dit « Ça se trouve, à un moment je vais prioriser mes vrais enfants ». Alors que ça faisait déjà cinq ans qu’il vivait avec ses beaux enfants et il n’avait pas de doutes là-dessus. Mais le doute a quand même surgit. Et il s’est rendu compte qu’en fait, l’amour c’est pas un truc qui se divise quand on le partage. C’est à dire je peux aimer autant l’un et il me restera assez d’amour pour aimer l’autre. Et c’est là où j’en arrive à ce « un plus un égale trois », c’est à dire que plutôt que de voir les choses en les opposant, en les divisant, en réalité, c’est finalement plus d’amour, plus d’options, plus de vision de la vie, plus d’approches différentes. Et après, ma foi, les enfants vivront leur vie, ils choisiront bien. Et quand on voit du coup la richesse de réfléchir comme ça, la richesse que ça peut apporter et les conflits aussi que ça peut dissoudre en se disant « Ben finalement, ok, quand ils sont de l’autre côté ils ne vivent pas comme nous, mais est-ce que notre approche est la meilleure? » C’est celle qui nous plaît, mais est-ce que finalement la vie n’est pas plus riche si on propose aux enfants plusieurs approches? Et finalement c’est un petit peu comme un buffet, ils auront plus de choix. Si j’arrive à un restaurant et on me dit le plat du jour c’est celui-là. Bon bah il faudra espérer que j’aime le plat du jour. Si j’arrive dans un restaurant, et comme tout à l’heure on dit tenez, il y a un buffet, il y a des salades, il y a aussi des quiches, il y a ceci, il y a cela. Finalement, ma vision devient plus grande, mon champ de choix est plus grand. Et à partir de là, les décisions que je pourrais prendre, ou que les enfants pourront prendre, elles seront peut-être avec un niveau de conscience un peu différent, parce que ce ne sera pas juste noir ou blanc, ça sera « Ah il y a peut-être du vert, du vert foncé, du vert clair et du vert un peu plus pâle ». Et il y a du coup beaucoup plus de nuances. Donc je voulais vous partager cette affaire-là du « un plus un égale trois ».
Antoine Rudi: [00:26:24] Est-ce que, est-ce que c’est clair pour vous? Est-ce que ça vous parle cette idée de: finalement, quand on partage les choses, il y a des choses qui se divisent pas. Est-ce que c’est quelque chose qui vous parle, ou est-ce que ça vous paraît abstrait? Non. Ça te parle? Cool, ça marche! Est-ce que, juste de se le dire, parce que c’est vrais que ça peut paraître complètement trivial aussi de se le dire, mais juste de de se le dire là. Est-ce que potentiellement pour vous, je ne sais pas si vous aviez un petit sujet en tête. Est-ce que finalement ça pourrait changer la donne de se dire « Ah mais attends, finalement on n’est pas en train de diviser, on est en train d’additionner ». Est-ce que ça peut changer la donne pour vous? Peut-être pour un sujet que vous auriez… Et pour les personnes qui nous écouterons en replay ben je vous pose cette question. Est-ce que ça peut changer la donne pour vous sur un sujet où aujourd’hui vous aviez l’impression de voir plus de pertes, finalement que de gains, de se dire « Mais finalement, est ce que les choses ne sont pas en train de s’additionner, même si je ne les vois pas maintenant à court terme », parce que c’est peut être juste qu’une question de temps finalement.
Antoine Rudi: [00:27:25] Je voudrais vous partager quelques outils, mais avant, je vous avais promis de vous expliquer d’où venait ce mot Joli Papa. Alors, pour rendre à César ce qui appartient à César, il n’est pas de moi. Comment? Alors, peut-être, mais en fait il est des enfants. C’est à dire qu’au début ils voyaient, ils me voyaient juste comme « l’amoureux de maman ». Donc eux c’était assez clair que j’étais l’amoureux de maman et donc on se voyait de temps en temps, il y avait l’amoureux de maman qui était là. Et puis un jour ils m’ont dit « Oh, ça serait cool qu’on invite en vacances l’amoureux de maman » C’est eux qui ont proposé, ils ont dit « Tu sais, on a réfléchi, ça serait bien que tu partes en vacances avec nous ». « Ah D’accord », et donc on a vécu deux semaines ensemble. Et puis, donc on a créé cette unité de lieu qui n’existait pas encore, avant. Et puis là, à un moment, donc on a ensuite, on s’est installé ensemble et puis à un moment il y a cette question qui leur est venue de dire « Mais comment on doit appeler? ». Parce qu’ils avaient besoin, parce qu’il y avait tonton un tel, il y avait Tatat tout ça, ils disaient « Mais toi, finalement comment on peut t’appeler? ». Alors ils voyaient bien que si le mot papa sortait comme ça, ils se récupéraient des fois des regards approbateurs d’adultes. Alors moi j’ai vu ça, j’ai vu ça à l’école, j’ai vu ça au périscolaire. Quand à un moment je viens chercher et puis ils disent « Ah, il y a papa qui est là ». Et là, la, je sais plus comment on appelle ça, enfin l’accompagnante qui dit « Mais non, ça c’est pas ton papa. Ton papa, c’est celui qui est venu hier ». Et bon, on avait compris, l’enfant disait il y a l’adulte, en fait, l’adulte de référence qui a le droit de venir me chercher en fait, c’est ça que ça voulait dire. Mais donc ils ont compris à un moment qu’il y avait quand même un micmac avec ce nom qu’on pouvait pas, attention, il fallait pas déconner avec le mot papa, il était quand même réservé. Et ce qui est assez rigolo, c’est que c’est vraiment l’entourage en fait qui a amené ça, et pas les parents en fait. C’est vraiment l’entourage: des enseignants, des accompagnants qui les reprenaient en fait en disant « Mais non, tu peux pas, il n’y en a qu’un, il y en a qu’un qui a le droit de porter ce nom-là ». Et donc à un moment, ils ont posé la question, ils ont dit « Bon, comment on doit t’appeler? C’est quoi le nom? ». Donc eux, ils voulaient commencer à créer une case en fait, ils avaient besoin de ce nommage. Et donc là de leur expliquer, bah voilà, en fait ce qui se passe, c’est que dans la littérature on trouve ce terme de beau-père. Donc on rajoute cette petite particule devant. D’accord, beau-père, bon ok, donc l’information était passée. Mais dans la tête d’un enfant, d’une petite fille, elle avait quatre ans, bon, c’est assez abstrait quand même. Beau-père, déjà père, c’est assez formel, ce n’est pas un mot qu’elle utilise déjà au quotidien. Et un coup, il y a ce truc qui sort de, elle avait retenu beau et par association en fait jolis, synonymes. Et puis père, c’était papa et puis un coup c’est joli-papa qui sort. Et j’ai trouvé ce mot, mais tellement mignon et tellement joli que je me suis dit « Ah tiens, ça c’est quand même intéressant ». Et donc le jour où j’ai décidé de lancer ce podcast, je me suis dit « Mais en fait, le nom, je ne vais pas chercher bien loin, il est tout trouvé. Ça s’appellera Joli Papa ». Et donc voilà comment est arrivé ce nom!
Antoine Rudi: [00:30:39] Je vous parlais de justement de cette période un peu transitoire. Moi j’ai des beaux-pères qui m’ont partagé justement comment se passait la transition. Donc il y a aujourd’hui des jolis papas qui ne vivent pas avec leurs beaux enfants, qui ne vivent pas avec leur compagne et qui ont décidé d’un commun accord de dire on garde chacun nos lieux et puis on se rassemble pour des événements de vie. Il y a des gens qui ont partagé longtemps des lieux séparés et qui, quand le jour où un enfant est arrivé de leur union, là ils ont dit « Bon ben là, maintenant on a un enfant ensemble, donc il faut qu’on rassemble les lieux ». Donc c’est assez rigolo de voir que les logiques ne sont pas toutes les mêmes. D’autres ont dit, ce qui a plus été mon cas, notre cas, c’est bon, on a, on va dire, une période un peu de transition, une période SAS, où on va faire un petit peu notre pacte d’associés, notre pacte de famille recomposée. Et puis une fois qu’on sera d’accord sur nos désaccords, tant qu’on est d’accord, et ben on verra comment on peut gérer l’onboarding.
Antoine Rudi: [00:31:44] Tout ça, ce sont des mots un petit peu, très business. Et je vous parle de ça parce que c’est vraiment en fait des clés de réussite que j’ai identifiées dans les dans les interviews que j’ai pu mener. Et moi qui navigue aussi dans le monde de l’entreprise, je me suis dit mais en fait, c’est exactement ce qui se passe dans les startups, le pacte d’associés où on dit « Tiens, on va mettre des millions ensemble et on espère qu’on s’entendra bien. Hein copain, on s’entendra bien quand ça générera des milliards? ». En fait, ils savent que ça ne va pas marcher comme ça. Et donc ils font un pacte d’associés en disant « OK, on va mettre sur la table tous les points qui pourraient merder dans notre association, et on se met d’accord maintenant ou on a encore quelques neurones, plutôt que plus tard quand on sera brouillés et qu’on sera incapables de se parler en dehors que par avocats interposés ». Et ça, je trouve que c’est assez astucieux de se dire « Ok, ben là c’est cool, en ce moment les enfants sont en bas âge, mais le jour où il y aura un choix d’études, le jour où je ne sais pas, les études supérieures par exemple pourraient se présenter. Comment ça se passe? Est-ce que tu veux mon avis? Est-ce que j’ai envie de le donner? Est-ce que tu l’attends? Est-ce que c’est un truc qu’on fait ensemble? Est-ce qu’on se met d’accord ou est-ce que tu dis? Ben non, c’est ma biologie, donc la chair de ma chair, c’est moi qui aurait la signature finale ». Et donc ça c’est intéressant en fait de l’identifier.
Antoine Rudi: [00:32:59] Le beau-père dont je vous parlais, qui a élevé ses beaux enfants pendant c’était 8 ans, là il se sentait investi d’une forme de parentalité, ils ont un enfant ensemble, donc ils se sont encore plus investis. Et à un moment il y a deux décisions qui arrivent: une décision médicale et une décision d’orientation professionnelle. Et là, sa compagne lui dit « Ah non, en fait, t’as pas compris. Ton avis, je veux même pas entendre ton avis en fait. Parce qu’il compte pas, tout simplement. Enfin, je veux même pas le connaître ton avis ». Et là, ça a été la douche froide pour lui. Mais en fait, ce truc-là, pour elle, c’était clair depuis le début. Et elle lui a dit après quand ils ont, en laissant reposer tout ça plusieurs mois plus tard, pu en reparler. Elle depuis le début c’était clair de dire « C’était ok que tu apportes de l’amour aux enfants, c’était ok que tu apportes du soin et de la protection et une forme de sécurité. Mais par contre moi ces sujets-là, ça a toujours été ok dans ma tête que je serai les seuls à les prendre. Et c’est même pas pour t’exclure toi en tant que beau-père, c’est à dire que j’exclus même le père dans cette décision-là ». Et la maman disait, exprimait le fait que, « En fait je les ai porté, j’ai neuf mois d’avance sur vous les gars. Donc la décision finale, si elle est vraiment importante pour de la santé par exemple, c’est moi qui la prendrais ». Mais sauf que, comme personne n’était au courant de ça, évidemment, ça a créé des sacrées frictions. Du fait de toute l’antériorité qui avait été créée avant.
Antoine Rudi: [00:34:29] Donc c’est vrai que cette histoire de pacte de famille recomposée, on peut l’imaginer sur tout, on peut l’imaginer sur les finances. Est-ce que quand le Père Noël décharge les cadeaux de sa hotte pour les mettre sous le sapin, puisque je vous le rappelle, c’est comme ça que ça se passe! Qui contribue pour nourrir les rennes? Qui contribuent pour nourrir, pour payer le foin, pour nourrir les rennes? Est-ce que ce sont les parents biologiques? Est-ce que les coparents y participent? Ils ont envie, ils ont pas envie? Est-ce que, évidemment c’est une évidence on partage tout ça? Et ben je peux vous dire qu’en fonction des familles, il y a plein de règles différentes. Et encore une fois il n’y a aucun jugement là-dessus parce que, à partir du moment où ce truc-là est cadré, soyons fous, il y a plein de choses possibles. Et juste c’est que, là où ça se passe le mieux c’est quand c’est cadré en fait, c’est quand ces règles là… Et c’est pas au restaurant de dire « Ah donc en fait attends donc, ceux-là ils sont de ma famille, ça c’est les enfants mais c’est pas ceux que j’ai conçu, ceux-là c’est les miens ouais je paye. Donc là il y en a plus, là il y en a cinq, là il y en a trois. Bon ok, vas-y, c’est moi qui paye ». Vous voyez la situation? Je vois que ça vous fait rire mais, cette situation elle existe, enfin voilà dans les partages que j’ai pu recueillir en vrai. Il y a des gens qui m’ont expliqué qu’ils mettaient en place des stratégies en fait pour ça. Et il y en a qui disaient « Bon moi les cadeaux de Noël, j’en parle pas. Comme je sais que de toute façon, elle, elle va vraiment s’en occuper, on ne va pas me demander d’argent ». Et d’autres de dire « Bah en fait. Enfin pour moi c’est une évidence que le Père Noël il a besoin de foin pour ses rennes quoi. Donc on y contribue, on y contribue ». Et donc ça c’est tout un tas de sujets.
Antoine Rudi: [00:36:13] Alors quand je vous parle de pacte de famille recomposée, ce n’est pas forcément un pacte, un contrat, un truc signé d’accord? C’est plutôt des discussions, c’est pas des trucs à bâtons rompus, c’est plutôt des échanges, du partage, de l’écoute et dire « Tiens, je vois que les enfants font du vélo là, c’est cool. Ah tiens, il s’est écorché le genou. Bah tiens, je me posais la question: si un jour il y avait un truc grave, qu’est-ce qu’on devrait faire?
Antoine Rudi: [00:36:37] Je vois que le chrono tourne alors je vais du coup pas du tout vous parler de ce dont j’avais prévu de vous parler, en fait, parce que je vois que je suis partie en impro depuis le début et finalement c’était assez cool quand même, enfin j’ai l’impression.
Antoine Rudi: [00:36:50] On va faire juste un petit quizz: Vrai-Faux. Donc on va faire à main levée, comme ça les gens qui nous écouterons en replay seront vraiment dégoûtés parce qu’ils ne verront pas… L’histoire de créer de la frustration voyez, pour qu’ils viennent au PodBxl la prochaine fois, qu’ils se déplacent à Bruxelles. Alors question vrai ou faux? 64 % des beaux-pères déclarent vivre en permanence avec leurs beaux-enfants, contre seulement 18 % des belles-mères. Info ou intox? Vrai ou faux? Qui pense que c’est vrai? À main levée…. Ok. Qui pense que c’est faux? Ok. La salle pense que c’est faux. Et bien en fait c’est vrai, c’est vrai. Alors en fait, c’est vrai que en fait il y a plus de beau-père qui vivent dans l’unité familiale que de belle-maman. Et ce qui crée du coup pas mal de problèmes. Donc les beaux-pères ayant répondu à l’étude que ça crée des problèmes sur le fait d’habiller les enfants, et de suivre les devoirs, c’était les difficultés majeures qu’il rencontrait dans le sondage.
Antoine Rudi: [00:37:55] Chaque jour, c’est l’équivalent de plus de 1000 nouvelles familles recomposées qui se créent. Alors ça, c’est un chiffre aux États-Unis, 1000 par jour. Est-ce que ça vous paraît faisable ou pas? (Public: Oui) Oui, tout à fait, c’est même un petit peu plus, c’est 1300 familles recomposées. D’ailleurs aux Etats-Unis, on est bientôt à un mariage sur deux qui est en fait une famille recomposée qui se marie. Très bien.
Antoine Rudi: [00:38:25] 43 % des parents utilisent l’intelligence artificielle pour gérer les crises de colère de leurs enfants. Alors vrai ou faux? Et bien en fait c’est vrai. Et en fait, c’est ChatGPT qui a publié cette… Qui a publié l’éditeur de ChatGPT qui a qui a publié ça parce qu’ils ont accès en fait, ils ont accès à toutes les conversations en fait. Et donc ils ont sorti cette statistique que 43 % des parents posaient la question « ChatGpt, aide-moi, il fait une grosse colère. Qu’est-ce que je dois faire? » Donc vous voyez, c’est intéressant parce que ça veut dire que, c’est aussi l’idée de ce podcast, alors c’est pas un podcast en parentalité d’accord, c’est un podcast qui parle des beaux-pères, de la place qu’ils peuvent avoir dans la société. Mais finalement, cette question de podcast, d’avoir une parole, d’échanger sur des sujets, qu’on peut écouter même tout seul en faisant du sport, ou qu’on peut venir écouter ici en public, je trouve que c’est assez intéressant parce qu’on voit que le réflexe des gens de plus en plus, ça va être de poser la question à l’intelligence artificielle.
Antoine Rudi: [00:39:25] Et puis pour… Touk touk touk touk. Allez, une dernière question pour ne pas trop déborder sur le timing. Ah oui, une étude sur les papas du monde animal cite le manchot empereur comme un exemple où le mâle s’investit beaucoup dans les soins parentaux, notamment pour l’unique œuf pondu par la femelle chaque année. Alors est-ce que c’est vrai que le manchot empereur est le champion de la parentalité au masculin? (Public: Oui) Oui c’est vrai? Mais vous avez tout à fait raison, c’est vrai. En fait qu’est-ce qui se passe? C’est que la maman est tellement épuisée de toute la période de gestation, que dès que l’œuf est pondu, elle le confie donc au manchot empereur mâle. Il doit surtout pas toucher la glace pour pas tuer le bébé dedans. Et donc le manchot empereur va cacher, il va cacher l’oeuf dans un pli de graisse comme ça, et donc il n’a plus le droit de bouger, le temps que la maman aille pêcher en mer pour récupérer des forces. Et donc ce petit temps de pêche peut durer entre un et deux mois. Et donc pendant ce temps, le papa manchot, il attend avec son œuf et il jeûne… Avec surtout la mission de ne pas le laisser tomber parce qu’il ne faut surtout pas qu’il touche, qui touche la glace, voilà.
Antoine Rudi: [00:40:43] Je vous remercie Pour votre écoute. J’ai vu des fois des paupières cligner, j’ai vu des fois des gens se redresser sur certains sujets, donc merci beaucoup à vous. Je remercie Michel pour son accueil et toute l’équipe du PodBxl. Michel j’ai fait exprès, pour les gens qui écouteront le replay, de créer de la frustration à ne pas être venu en présentiel.
Michel: [00:41:05] Génial! On te remercie tous, et toutes.
Antoine Rudi: [00:41:09] Merci tout le monde! Et puis on peut lancer la fin.
Michel: [00:41:12] Hihihiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
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