Laurence Ortegat invitée de Business de Meufs à PodBXL 2025

Replay Podbxl Business de Meufs avec Laurence Ortegat

Replay PodBXL 2025 : Business de Meufs, l’invitée d’Astrid Louise est Laurence Ortegat – Podcast #029 PodBXL

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Imaginez : la lumière tamisée d’une salle, des regards tournés vers la scène. Astrid Louise prend le micro, le public retient son souffle. Lors de ce festival PodBXL, l’aventure entrepreneuriale au féminin se raconte en direct, sans filtre, portée par la voix de Laurence Ortegat.

Laurence n’a pas seulement quitté le salariat pour suivre sa passion : elle a bâti un métier sur mesure, où chaque livre devient un outil de transmission, de confiance et de transformation. Coach d’auteurices, elle accompagne celles et ceux qui veulent écrire pour transmettre, pas seulement pour vendre. Ici, pas de recette miracle : l’écriture se vit comme une introspection, un cheminement personnel, un acte d’affirmation.

Au fil de l’épisode, vous entendrez :

  • Les étapes concrètes pour passer du rêve à la réalité entrepreneuriale, avec ses doutes, ses peurs, ses déclics.
  • Comment construire un livre qui fait sens, qui rassemble et qui attire la communauté que l’on souhaite toucher.
  • Les coulisses de l’édition aujourd’hui : maison d’édition ou autopublication ? L’importance de la communauté, la réalité du marché, la liberté de choisir sa voie.
  • Le pouvoir du collectif, du réseautage et de la sororité dans la réussite des femmes entrepreneures.

Ce podcast, c’est aussi un hommage aux participantes du festival : relever le défi du live, devant un public engagé, n’est pas anodin. Chapeau à toutes celles et ceux qui ont osé partager leur parcours, et merci au public dont la présence et les questions ont enrichi la discussion.

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Plus nombreux nous serons, plus loin nous pourrons porter les voix de celles et ceux qu’on n’entend pas assez, plus puissant sera le média podcast et plus belle, plus riche sera notre communauté. Car, pour rappel, PodBXL est le festival POUR, PAR et AVEC les podcasteurices.

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Espagnol : La transcripción completa de este pódcast está disponible como subtítulos del vídeo en cinco idiomas: francés, neerlandais, allemand, anglais et espagnol

Séquençage du podcast Business de Meufs au PodBXL avec Laurence Ortegat :

  • [00:00:21] Introduction et présentation de Laurence Ortegat
  • [00:01:43] La genèse du projet
  • [00:03:04] Rédaction et commercialisation : deux approches différentes
  • [00:04:43] La rédaction est-elle aussi une introspection ?
  • [00:05:56] Le besoin de transmettre
  • [00:06:40] À quel moment se déclenche l’envie d’entreprendre ?
  • [00:08:25] Ce processus a-t-il nécessité beaucoup de temps ?
  • [00:10:13] Se sentir prêt·e
  • [00:11:12] Comment ça se passe, quelle est la durée de l’accompagnement ?
  • [00:13:41] On évolue pendant le processus de rédaction : un facteur à prendre en compte
  • [00:14:41] Faut-il déjà avoir une communauté ?
  • [00:17:10] Comparaison entre créer une communauté via LinkedIn ou par la rédaction
  • [00:18:52] L’intérêt d’avoir un livre, la puissance de l’objet matériel
  • [00:19:22] Un livre délivre bien plus (les pensées, par exemple) qu’une série ou un film
  • [00:19:46] Public cible
  • [00:21:01] Le potentiel de s’adapter et de comprendre tous les sujets
  • [00:21:45] Le plus grand apprentissage d’entrepreneur·e
  • [00:23:30] Question du public : Les hommes sont-ils les bienvenus ?
  • [00:25:18] Question du public : Des conseils pour trouver le bon angle
  • [00:28:54] Question du public : Accompagnement et obligation de résultat ?
  • [00:30:47] Question du public : La tendance à attendre une notoriété de départ
  • [00:33:27] Dépister les bon·ne·s auteurices quand on focalise sur la communauté avant tout
  • [00:34:49] Est-ce qu’il arrive que l’on écrive pour elleux ?
  • [00:35:02] Être une femme dans ce secteur : des a priori ?
  • [00:37:49] La prochaine étape ?
  • [00:39:18] Remonter le temps et se donner un conseil : lequel ?
  • [00:40:20] Clôture de l’épisode

La transcription du podcast Business de Meufs au PodBXL avec Laurence Ortegat :

Astrid Louise: [00:00:21] Bonsoir! Bonjour à tous, merci beaucoup de nous recevoir aujourd’hui au PodBxl. Merci beaucoup. Je tiens à remercier le festival de nous avoir invité aujourd’hui, je vous remercie d’être là et je remercie les auditeurs et auditrices qui vont nous écouter. Aujourd’hui, je reçois Laurence qui est la fondatrice de sa boîte d’édition, qui va nous expliquer un petit peu comment elle travaille et comment elle a lancé son activité. Donc je vais pas tarder, je vais poser des questions à Laurence. Laurence, est-ce que tu peux nous dire qui tu es, et ce que tu fais comme activité.

Laurence Ortegat: [00:01:01] Avec plaisir. D’abord, je suis ravie d’être là, c’est très, très, sympa d’être à un podcast en live avec les gens qui nous écoutent dans la salle. Donc moi je m’appelle Laurent Ortegat, je suis belge, j’exerce mon activité de coach d’auteur depuis 2018. Et concrètement, j’accompagne des entrepreneurs, donc des coachs, des thérapeutes, des consultants, des experts à écrire un livre en lien avec leur pratique professionnelle, dans le but à la fois de transmettre leur message et leur savoir, leur savoir-faire de manière plus large, mais aussi de gagner en visibilité et en notoriété pour attirer à eux finalement des nouveaux clients, que leurs lecteurs aient envie de travailler avec eux après la lecture du livre.

Astrid Louise: [00:01:43] D’accord, comment t’es venue un peu cette idée de devenir éditrice? Tu étais déjà dans l’édition, tu écrivais des livres? Enfin, explique moi un petit peu.

Laurence Ortegat: [00:01:52] Moi, j’ai toujours baigné dans ce milieu-là, dans le sens que depuis que je suis toute petite, je lis et j’écris beaucoup. J’ai participé à des ateliers d’écriture créative, j’ai été moi-même animatrice d’ateliers d’écriture. J’ai fondé en 2012 une ASBL, une association sans but lucratif, qui s’appelle Cléa, compagnie de lecteurs et d’auteurs qui a pour mission de relire des romans, avant leur publication. Et on a formé tout un pôle de lecteurs bénévoles à une méthode, méthode que j’utilise aujourd’hui dans ma pratique aussi. Donc je baigne quand même dans le monde du livre depuis… Depuis maintenant presque quinze ans. Et vraiment, mon activité, ça a été en fait au contact avec des réseaux de femmes entrepreneurs. En fait, j’ai vu une autre femme qui faisait ce métier, qui accompagnait des entrepreneurs dans la publication de leur livre, mais elle ne lisait pas. Et alors moi je comprenais pas, moi qui aime tellement les textes, je comprenais pas comment on pouvait ne pas s’intéresser au contenu et uniquement à l’enveloppe et au marketing, donc je me suis dit… Et elle a dit « Ah mais si vous voulez vous faire lire, Laurence elle adore faire ça ». Et donc en fait, j’ai eu mes premières clientes grâce à elles et puis je me suis dit mais en fait « Je vais faire ce métier, moi », mais je vais lire aussi les textes, voilà.

Astrid Louise: [00:03:04] Parce qu’elle dissociait les deux fonctions, c’est à dire toute la partie commercialisation (Laurence Ortegat: Oui) du livre et la partie rédaction édition (Laurence Ortegat: Oui). C’était deux approches complètement différentes?

Laurence Ortegat: [00:03:12] C’était très, très, marketing, donc elle utilisait juste le livre d’un point de vue marketing, donc tout miser sur la couverture, sur la promotion, la communication. En disant le contenu, je fais confiance à l’auteur quoi, or moi je pense que le…(Astrid Louise: C’est un peu compliqué) Non, c’est possible, je pense qu’il y a deux écoles. Moi je pense que le livre est une carte de visite de luxe, comme je dis souvent, mais c’est une carte de visite à double tranchant. C’est à dire que, effectivement tu peux être bluffée parce que je suis autrice et tu dis « Oh trop bien, elle écrit un livre, ça doit être une femme passionnante et passionnée ». Mais si tu l’achètes, que tu lis et que tu tombes sur trois vieux conseils pourris que tu as déjà lu et entendu, ça peut, voilà, donc moi je trouve que d’avoir un contenu de qualité c’est c’est quand même intéressant. Et puis surtout, du côté de l’auteur et je me rends compte que le fait de prendre le temps de réfléchir à un fil rouge, à une structure, à comment je vais transmettre tout ce savoir que j’ai dans un premier livre, il y a un travail vraiment très intéressant pour l’auteur de prendre le temps. Donc moi c’est vrai que je, voilà on en reparlera peut-être, mais je milite un peu contre cette tendance un peu de: écrire son livre en 48 h, écrire son livre en quatre jours en partant à Malaga. Moi je pense qu’écrire un livre, c’est, c’est un processus de transformation, de prise de confiance. Enfin, il se passe plein de choses quand on écrit un livre et donc oui, j’accorde beaucoup d’importance aussi au contenu.

Astrid Louise: [00:04:43] Donc toi, tu vois plus la rédaction d’un livre comme une introspection finalement. De réfléchir à qui on est, qui on a envie d’être, qu’est-ce qu’on a envie de transmettre à son lecteur plutôt que d’un simple outil marketing avec dix astuces qu’on peut trouver sur Internet, finalement (Laurence Ortegat: Oui), si je traduis.

Laurence Ortegat: [00:04:59] Oui, c’est vrai, on va plus…

Astrid Louise: [00:05:00] Et en l’écrivant au soleil.

Laurence Ortegat: [00:05:03] Oui, on peut quand même (Astrid Louise: On peut) l’écrire au soleil. Je n’interdis pas aux gens d’écrire au soleil, je les emmène-moi même aussi parfois en boost d’écriture donc… Et je pense que quand on, par contre à l’inverse, c’est vrai que quand on porte son livre depuis très longtemps en soi, ça peut aller vite. Et donc je n’ai rien non plus contre les personnes qui partent écrire quinze jours au soleil. Je pense néanmoins que c’est un très bel outil marketing tu vois, je pense que là c’est quand même une manière que le lecteur fasse connaissance avec toi de manière peut-être plus, plus approfondie, plus personnelle. Et après ça peut lui donner envie de travailler avec toi aussi, tu vois. Tu ferais un livre sur « Comment lancer votre podcast », ben peut-être qu’après j’aurai encore plus envie, après avoir lu, avoir lu ton parcours, ce qui t’anime, comment tu t’es lancé toi, comme podcasteurice? Peut-être qu’après j’aurais envie de bénéficier de tes conseils pour lancer un podcast ou, tu vois, il y a quand même le côté marketing qui est là, oui.

Astrid Louise: [00:05:56] D’accord, donc tu… Enfin ton approche c’est vraiment de te dire que la personne avec qui tu vas travailler, c’est quelqu’un qui a envie de transmettre, mais c’est aussi quelqu’un qu’on va connaître à travers son livre. C’est pas juste rédiger des conseils, c’est donner un peu de sa personnalité, un peu de soi en fait dans son écriture.

Laurence Ortegat: [00:06:14] Oui, tout à fait, c’est vraiment ça. C’est pour ça aussi que je propose, j’impose à l’auteur de l’écrire lui-même. Donc je ne vais pas écrire à la place de l’auteur parce que je pense que, on a chacun une voix, on a chacun un ton, un vocabulaire qui nous est propre et c’est vraiment important que la personne écrive avec sa personnalité. Et si j’écris à ta place, ça va se sentir (Astrid Louise: Oui ça va se voir), ça va être du Laurent, ça va pas être du Astride quoi. Donc oui.

Astrid Louise: [00:06:40] Donc… Et à quel moment tu t’es dit, parce que tu as eu une carrière en tant que salarié, à quel moment tu as switché? Tu t’es dit « Bon, là ça ne me convient plus, il faut que je change et j’ai envie de faire de ça mon métier »?

Laurence Ortegat: [00:06:53] En fait, c’est venu quand même par une… Je pense que je m’ennuyais sérieusement en fait dans mon job de salarié, j’étais… Je travaille pour une grosse boîte de consultants informatiques, en back office, enfin c’était pas très créatif et je comprends pas pourquoi je suis resté si longtemps en fait, je crois que j’avais une peur comme beaucoup. Enfin, t’es un peu lié à ta sécurité financière, voilà, je me disais « De toute façon ». Puis mon père lui-même avait été entrepreneur, avait fait faillite, donc enfin, on entend beaucoup aussi que… Souvent en tant qu’entrepreneur, il y a des croyances qui nous empêchent de nous lancer alors qu’en fait je ne fais pas du tout faillite, ça va très bien et je connais plein de gens qui réussissent très bien, mais je pense que j’avais toutes ces peurs. Et puis un jour, oui, je… En fait, je suis passé d’abord à mi-temps comme première étape, puis ensuite j’ai commencé à faire des petites missions en communication parce que ma sœur a une agence de com. Et donc, petit à petit, puis je suis rentré dans ce fameux réseau d’entrepreneurs féminins, où j’ai vu plein d’autres femmes (Astrid Mouise: Dans un réseau Belge?). Oui, c’était un réseau belge, même pas. J’étais à plusieurs événements en fait et dans plusieurs réseaux de l’entrepreneuriat féminin. Et là, j’ai vu toutes ces femmes qui vivaient de leur passion, et là je me suis dit, là j’ai démissionné. Et puis, et puis je t’ai dis, je suis tombée sur cette femme qui faisait ce métier et je me suis dit « Mais en fait, j’ai toutes les compétences pour le faire, j’ai le côté littéraire, j’ai le côté marketing, j’ai le côté business et puis j’ai le côté passion », donc je me suis lancée, oui.

Astrid Louise: [00:08:25] D’accord. Et quand tu as lâché ton job de salariée, oui, tu as eu peur par rapport par rapport à toutes les croyances qu’on peut avoir du fait de quitter son emploi et quitter sa stabilité. C’est pas forcément évident non plus d’expliquer à sa famille qu’on va quitter son job. Donc tu l’as fait crescendo, c’est à dire que tu t’es mise à mi-temps, tu as travaillé ton expertise en travaillant avec, dans l’agence de comm de ta sœur. Combien de temps ça t’a pris en fait ce processus, à peu près, avant de te dire « ok, c’est bon, je lâche »?

Laurence Ortegat: [00:08:57] Je pense qu’à un moment donné, ça m’a pris, je dirais peut-être deux ans, de vraiment complètement lâcher. Parce qu’en plus, dans la boîte où je travaillais, la fille qui devait reprendre mon job a fait un burnout. Donc en fait, ma boîte m’a dit mais tu veux pas rester comme freelance encore un jour par semaine ou deux parce que…? J’ai mis un peu de temps à complètement couper le lien avec mon employeur. Mais je dirais deux ans, et en même temps moi je recommande à tout le monde de se lancer à un moment donné à temps plein. Parce qu’en fait le faire sur le côté, en fait tu, ta boîte pas ta boîte peut pas prendre de l’ampleur, ça reste un espèce de hobby, de truc qui te passionne, mais tu ne mets pas toute ton énergie dedans, tu ne te dis pas je vais avoir plein de clients, je peux en vivre. Donc moi je pense qu’à un moment donné il faut sauter, et ça, voilà, de plus moi j’ai, j’avais aussi l’âge, enfin tu sais c’était, donc je trouve aussi, et je vois de plus en plus de femmes de mon âge qui se lancent. Donc j’ai fait le grand saut à 48 ans, 49 ans, j’en vois dans plus en plus de ma génération qui le fait, et donc voilà. Donc je trouve qu’en plus si vous êtes jeunes, ben sautez quoi? Faites-le, faites-le plus vite, que d’attendre deux ans comme moi et tirez le… Le.

Astrid Louise: [00:10:13] Ben il y a le fait aussi de se sentir prêt. Enfin, des fois, on reste un petit peu plus longtemps parce qu’on se demande: est-ce que c’est encore le bon moment? Mais on se dit « Est-ce que je suis prête? Est-ce que je suis prête à sauter le pas? Est-ce que je suis prête à me lancer et est-ce que c’est maintenant? ». Je pense qu’on attend un petit déclic, quand même, enfin, je pense.

Laurence Ortegat: [00:10:32] Moi le gros déclic aussi ça a été mon livre, parce que j’ai écrit mon livre et quand le livre est sorti, enfin mon premier livre, quand le livre est sorti, ben il y a eu une espèce de… J’étais devenue une experte dans mon domaine et donc il y a une espèce de (Astrid Louise: Légitimité?) légitimité qui était vraiment complètement assumée. Ce qui se passe d’ailleurs avec beaucoup de mes auteurs.

Astrid Louise: [00:10:54] D’accord donc ça a fait aussi te rendre compte que, « J’ai une expertise, je l’ai prouvé, par mon livre, et je me sens légitime de dire que: voilà, aujourd’hui je peux faire ce métier là parce que, voilà la preuve de ce que j’ai fait ».

Laurence Ortegat: [00:11:07] Oui, c’est exactement ça.

Astrid Louise: [00:11:09] Voilà, si je résume hein!

Laurence Ortegat: [00:11:10] Oui, oui, tout à fait, tu as bien senti le…

Astrid Louise: [00:11:12] Oui. Et justement, quand on veut travailler avec toi, comment, comment on travaille, comment ça se passe pour rédiger un livre, comment ça se passe? Quelqu’un vient te voir, dit « J’ai envie d’écrire un livre », il y a une phase de réflexion, une phase de travail? De ce que tu as dit? (Un GSM sonne dans la salle) C’est une phase de… (Rires) Qui dure un an, a peu près?

Laurence Ortegat: [00:11:32] Oui c’est… Donc c’est, en général mes programmes dure un an, les deux premiers mois on va surtout réfléchir à la stratégie. Parce qu’en fait il faut vraiment réfléchir: pourquoi en fait tu veux écrire ce livre tu vois? Est-ce que c’est parce que tu veux donner des conférences? Est-ce que tu veux lancer? Est-ce que tu es formateur et que ça va être un peu comme ton syllabus « plus-plus »? Est-ce que c’est une carte de visite que tu vas vraiment distribuer? Est-ce que tu cherches à passer par une maison d’édition ou en auto publication? Il y a toute une série de décisions et aussi de quel est ton public cible? Quel type de lecteur tu veux attirer à toi? Parce que je dis toujours « Attention, il faut attirer les bonnes personnes » donc si par exemple tu es en train de changer d’activité et que tu dis « Ah je vais écrire un livre sur… » Imaginons que tu étais, je ne sais pas moi, dans heu, j’ai eu le cas par exemple, j’ai accompagné une femme qui accompagnait des femmes à perdre du poids, et elle avait décidé de maintenant accompagner les femmes entrepreneurs à lancer leur business. Et elle me dit « Ah je vais tout écrire sur la minci thérapie dans un livre, comme ça c’est fini, j’ai déposé tout mon savoir et je peux passer à mon nouveau métier ». Je dis « Ben non, parce que tu vas attirer à toi toutes des femmes qui veulent maigrir alors que toi tu ne veux plus les accompagner sur ce sujet-là ». Donc il faut quand même bien réfléchir au type de personnes qu’on va attirer dans à la lecture de notre livre, et qui auront envie de travailler avec nous après. Et ensuite, il y a trouver l’angle unique, qui est de: Comment, quel livre écrire pour que ce livre soit différent des autres livres qui existent sur le marché quoi? »

Astrid Louise: [00:13:00] D’accord, donc c’est une question d’angle, de timing (Laurence Ortegat: Oui, oui) et d’implication finalement.

Laurence Ortegat: [00:13:05] Oui, exactement. Et après on démarre alors, une fois qu’on a posé ça et qu’on a défini le fil rouge et la table des matières, en générales ça prend deux mois, et ensuite on commence à écrire pendant plus ou moins une période de six mois, 4 h par semaine en parallèle de son activité. Et puis….

Astrid Louise: [00:13:20] C’est assidue hein!

Laurence Ortegat: [00:13:23] Oui, c’est vrai que ça prend… Moi je dis il faut compter 4 h par semaine pour arriver à un résultat. Et ensuite il y a une phase, deux mois de relecture et de, par un panel de lecteurs dans le public visé, et un mois de re travail, et puis il y a les deux mois de fabrication. Et donc deux mois, plus six mois, plus deux mois, plus deux mois ça fait un an.

Astrid Louise: [00:13:41] Un an. Donc pour rédiger un bon livre, faut dire que ça prend… Est-ce que ça t’es déjà arrivée d’avoir des personnes qui ont pris plus de temps (Laurence Ortegat: Oui, oui) justement pour…? Oui d’accord, ok (Laurence Ortegat: Oui. Oui, oui, oui) donc c’est courant.

Laurence Ortegat: [00:13:52] Après, j’essaye de leur faire prendre conscience que c’est, on peut évidemment écrire plus longtemps que six mois, parce que c’est comme tu dis c’est assez dense, mais le problème c’est que ta pensée continue à évoluer. Donc si tu mets deux ans à l’écrire, quand tu vas relire ce que tu as écrit deux ans après, en fait tu es plus tellement d’accord avec ce que tu as écrit au début, parce que tu as… Même ton expérience, ton expertise a changé, donc tu te dis « Ah mais j’ai plus envie de parler de ce…de ce… » (Astrid Louise: De ce sujet-là), ben voilà je suis beaucoup plus experte et j’ai plus envie de… Moi j’ai eu des auteurs comme ça qui ont changé de public, enfin, ils se sont rendu compte à un moment donné qu’ils avaient peut -tre plus envie d’accompagner des novices, qu’ils avaient envie d’accompagner des gens qui étaient un peu plus expérimentés. Donc plus tu tires ton écriture en longueur, plus en fait là…

Astrid Louise: [00:14:41] Ça correspond plus (Laurence Ortegat: Voilà) à la personne que tu es à l’instant « T ». (Laurence Pertegat: Voilà, exactement) donc c’est pour ça que (Laurence Ortegat: Oui, moi je trouve) il faut limiter dans le temps, ok. Et du coup, est-ce que tu penses qu’il faut avoir déjà une communauté avant de se lancer dans l’édition d’un livre? Pour te dire « On a une communauté qui existe déjà » et du coup on va en vendre ce, enfin vendre ce livre, proposer ce livre à sa communauté, ou le livre peut-être un vecteur d’acquisition de nouveaux clients ou de personnes qui vont finalement adhérer à notre communauté. Comment tu vois un petit peu les choses sur cet aspect-là?

Laurence Ortegat: [00:15:18] C’est typiquement quelque chose qu’on va voir, justement dans un peu la phase de stratégie. Je pense que les deux fonctionnent, c’est sûr que ça va dépendre aussi, si tu cherches, si tu veux absolument passer par une maison d’édition, la maison d’édition va regarder quelle est ta communauté. Et parce qu’ils veulent en fait que tu fasses le travail de vente, en fait c’est pas la maison d’édition qui vend ton livre, c’est toujours l’auteur qui vend. La maison d’édition place le livre en librairie, mais c’est l’auteur qui est porteur de sa com. Et donc c’est sûr qu’une maison d’édition va regarder ta communauté. Donc plus la communauté est déjà là, plus tu vas vendre ton livre facilement, c’est clair. Mais en même temps, le livre est un très bon moyen pour créer cette communauté. Donc moi par exemple, dans les accompagnements que je propose on travaille très tôt sur le marketing, et notamment par exemple, moi je suggère à beaucoup d’auteurs de lancer une enquête, lancer un appel à témoignages. Du coup, ça leur permet de dire « À l’occasion je suis en train d’écrire un livre sur… ». Voilà, par exemple là j’accompagne une jeune femme qui écrit un livre sur l’endométriose. Donc elle a lancé une enquête auprès des femmes qui souffrent d’endométriose pour leur demander comment vous le vivez au quotidien, quelles sont les questions que vous vous posez, etc. Elle a plein de matière hyper intéressante pour son livre. Elle a eu 150 personnes qui ont répondu, c’est 150 femmes qui potentiellement sont intéressées par acheter un livre, mais c’est surtout 150 femmes qui découvrent qu’elle peut les aider éventuellement à avoir moins mal, à se sentir mieux au quotidien. Donc en fait, du coup, tu développes ta communauté en parallèle de l’écriture. Donc elle avait peut-être une trentaine de femmes qui savaient qu’elle avait, qu’elle avait envie de développer un accompagnement (Astrid Louise: Oui) pour l’endométriose. Et maintenant elle en a 150 qui sont en train de parler d’elle avant même que le livre soit sorti, tu vois donc pour moi les deux…

Astrid Louise: [00:17:10] Se (Laurence Ortegat: Oui) se complètent (laurence Ortegat: Oui), d’accord. Et, enfin, la rédaction d’un livre comparé au développement d’une activité, de visibilité sur LinkedIn, comment tu compares les deux? Parce que écrire un livre, ça va te prendre beaucoup plus de temps, beaucoup plus d’engagement. Et alors que tu peux aussi développer une communauté, par exemple sur LinkedIn, pour aussi bien vendre tes produits services. Comment tu compares les deux? Est-ce que un est plus actionnable que l’autre à l’instant « T »? Ou les deux sont possibles mais en fonction de ce que tu as à mettre en place?

Laurence Ortegat: [00:17:44] Je pense que les deux sont complémentaires, non mais c’est une bonne question, c’est vrai c’est… On m’a pas encore posé celle-là, donc je réfléchis un peu avant de répondre quand même. Je pense que les deux sont complémentaires, moi je comparerais plus le livre avec une chaine YouTube ou un podcast quoi, tu vois, c’est voir quel est le média, en format long, parce que le livre est un format long, donc les gens ont envie d’approfondir un sujet, ils ont envie d’aller un peu plus en profondeur. Ça c’est… Que peut-être que, voilà les podcasts c’est des formats longs aussi, c’est ça que je trouve chouette dans le podcast par rapport à, je ne sais pas, justement des publications sur Linkedin qui sont très courtes. Maintenant, je sais qu’il y a de plus en plus de gens qui utilisent LinkedIn comme, avec des formats longs de newsletter. Et finalement, je pense que les deux formats fonctionnent bien. Le livre reste, il n’y a rien à faire, il y a le côté objet du livre que, qui reste, que tu peux te prêter, dans lequel tu peux noter, tu peux gribouiller, tu ne dois pas aller retourner dans un mail, dans une newsletter, dans le podcast, en disant « C’est encore à quel moment qu’elle disait ça? ». Donc heu.

Astrid Louise: [00:18:52] Il y a le côté objet qui est assez heu…

Laurence Ortegat: [00:18:53] Il y a le côté objet, il y a le côté par exemple, qui peut être très utile si tu veux donner des conférences. Il y a beaucoup de gens qui aiment écouter un conférencier et après repartir avec le livre. Si t’es formateur, c’est super puissant aussi, tu peux donner le livre en préparation à ta formation ou comme suivi de ta formation. Donc en fait, je pense que le livre n’est pas utilisé complètement de la même manière. C’est quand même un outil de transmission, je pense qu’il va plus en profondeur que un outil de communication ou d’information (Astrid Louise: D’accord), mais c’est mon avis en tout cas.

Astrid Louise: [00:19:22] Mais quand tu parlais de profondeur… Moi, je pensais typiquement à une série qu’on va regarder sur Netflix, et quand on va lire le livre ce sera, on aura deux niveaux de détails différents parce que dans le livre, on aura le détail de la pensée du personnage principal par exemple, etc. Si on explique, on ne va pas retrouver tout ça. Donc c’est un peu le comparatif que tu fais entre les deux, je trouve.

Laurence Ortegat: [00:19:42] Oui, en tout cas entre le format vidéo et le format livre, oui, je trouve que ça c’est très complémentaire.

Astrid Louise: [00:19:46] On perd un niveau de détail (Laurence Ortegat: Oui) sur certaines choses. Et justement, avec quel type de client tu travailles en général?

Laurence Ortegat: [00:19:54] Alors c’est chouette pour moi parce que moi j’adore rencontrer des gens et j’adore apprendre, donc j’ai la chance d’accompagner des personnes de tous, d’expertise très différentes. Donc j’ai eu des nutri-thérapeutes, des médecins, des gynécos, des sexologues, ça c’était plutôt au niveau de la santé. J’ai eu beaucoup de gens qui sont dans le leadership, le management, la gestion d’équipe, et qui développent en fait des modèles un peu d’entreprise, un peu entreprise 2.0 pour essayer de faire un peu changer les choses dans notre société. J’ai eu pas mal d’auteurs aussi qui ont fait sur le développement des livres de développement personnel, évidemment, parentalité, de développement spirituel beaucoup, il y a trois ou quatre ans, j’ai énormément et vraiment senti une vague de besoin de personnes qui ont beaucoup parlé de l’invisible et de l’influence de l’invisible dans nos vies. Là, pour l’instant, j’accompagne pas mal de personnes sur la question de la neurodivergence et des atypiques, donc je vois aussi l’évolution de la société en fonction des.

Astrid Louise: [00:20:57] Des livres que tu reçois?

Laurence Ortegat: [00:20:58] Des experts, des experts qui ont envie de transmettre, oui.

Astrid Louise: [00:21:01] D’accord. Et du coup, toi ça te force, enfin force, ça te demande quand même de t’intéresser à plein de sujets différents, enfin, entre tout ce qui est dans le secteur médical, tout ce qui est dans le secteur de l’accompagnement, enfin, comme tu relis en fait ces documents, c’est les propositions qui tombent…

Laurence Ortegat: [00:21:19] Oui mais moi j’aime bien, je pense que ça c’est un peu ma force et je suis un petit caméléon donc en fait j’arrive à me mettre dans la peau du lecteur, bon sauf quand c’est vraiment des sujets très techniques. Mais en général, les gens qui écrivent une thèse de doctorat ou des livres très, très, techniques viennent pas nécessairement vers moi.

Astrid Louise: [00:21:34] C’est plus quand c’est de la vulgarisation (Laurence Ortegat: Oui) finalement?

Laurence Ortegat: [00:21:36] C’est ça, Exactement.

Astrid Louise: [00:21:37] Et donc du coup, si tu arrives à comprendre, c’est qu’ils ont bien fait leur job quoi!

Laurence Ortegat: [00:21:40] Je leur dis souvent, je leur dis « Si je comprends, bien normalement tout le monde devrait comprendre », mais…

Astrid Louise: [00:21:45] Et depuis que tu as lancé ta boîte, quel a été ton plus grand apprentissage finalement? T’es pas obligé d’en donner qu’un, tu peux en donner plusieurs…

Laurence Ortegat: [00:21:56] Ouais, ouais, je réfléchis. Je pense que ne pas se décourager, je pense que c’est, on n’a pas tout de suite les bons clients, on n’a pas tout de suite le bon programme. Enfin, moi j’ai testé différentes choses, j’ai fait un programme en douze semaines, puis un programme en six mois, puis un programme en un an, puis j’ai essayé des formats, en gros des formats, enfin, tu vois. J’ai testé beaucoup de services que j’ai trouvé intéressant, c’est un conseil qu’on m’avait donné, c’était « Vend d’abord, puis tu le développe ». Et ça, j’avais trouvé un très bon conseil donc propose, je ne sais pas, tu vois, tu dis « Ah je vais faire un séminaire de deux jours », ben tu fais juste, tu expliques en gros ce qu’il y aura dans le séminaire. Et puis une fois que tu as un nombre de personnes suffisant, là tu commences à dire « Bon, là, maintenant, il va falloir (Astrid Louise: Oui il va falloir que je bosse quoi) que je bosse, que je réfléchisse vraiment au contenu, que je trouve les intervenants ». J’ai fait la même chose pour ma formation en ligne, et ça j’ai trouvé intéressant, ce qui n’était pas du tout ce que dans mes études avant j’avais compris, c’est tu développes un produit puis tu le vends. Et ici j’avais trouvé que l’idée de d’abord proposer, voir s’il y a du répondant, et puis développée par après, je trouvais que c’était, ça c’est un des gros, comment on appelle, de mindset que j’ai dû, que j’ai dû changer d’état d’esprit. Et alors s’entourer, moi vraiment, c’est, je me suis rendu compte qu’il faut vraiment, il faut trouver d’autres ressources: que ce soit des coachs, que ce soit des gens comme toi, qui se pose plein de questions sur l’entrepreneuriat et d’échanger, etc. Et pas de rester tout seul dans son petit coin, voilà.

Astrid Louise: [00:23:30] Oui. Est-ce qu’il y a des questions? Peut-être dans le public par rapport au sujet? D’accord, il y a un monsieur qui a une question. Bonjour.

Public Christian: [00:23:51] Bonjour (Laurence Ortegat: Bonjour) donc je m’appelle Christian, je trouve que ton parcours est vraiment très, très intéressant. Et moi je voulais savoir si, par rapport à ton accompagnement pour les lecteurs, pour former les gens à la lecture, lecture de livres, tu travailles aussi avec les hommes? Parce que moi ça m’intéresse!

Astrid Louise: [00:24:13] Rires – On travaille avec tout le monde hein.

Laurence Ortegat: [00:24:15] Oui, alors dans la compagnie de lecteurs que j’ai fondée en 2012, donc c’est plus ou moins qui la coordonne au quotidien, mais on cherche toujours des lecteurs et c’est plutôt des lecteurs passionnés de romans là pour le coup, des romans, des récits de vie, des recueils de nouvelles et évidemment que c’est mixte. De mon côté, on cherche toujours des relecteurs, mais c’est vraiment au cas par cas, c’est à dire que sur mon profil LinkedIn notamment, quand un de mes auteurs a fini l’écriture du livre, à ce moment-là, on poste sur LinkedIn et sur Facebook et on me dit « On cherche trois lecteurs passionnés par la parentalité ou trois dirigeants d’entreprise ». Et donc ça va dépendre à ce moment-là de ton profil, on ne cherche pas vraiment des relecteurs du coup stylistiques, on cherche vraiment des bêta lecteurs, ce qu’on appelle des bêta lecteurs qui sont vraiment les premiers lecteurs et qui sont passionnés par le sujet, enfin en tout cas intéressés par le sujet, et voir s’ils ont trouvé que le livre leur apporter des réponses en fait, mais volontiers pour Cléa. Et puis, même si tu es peut-être dans la cible des prochains livres qui vont sortir, donc volontiers.

Astrid Louise: [00:25:18] Il y a peut-être d’autres questions? Oui merci.

Public Maha: [00:25:29] Merci, c’est super intéressant. J’ai une question un petit peu plus d’ordre pour avoir une idée un peu plus mentale du projet, enfin, des personnes qui viennent et qui s’adressent à toi. Comment? Comment ça se passe? Donc on prend contact avec toi sur LinkedIn, et puis est-ce que toi tu donnes, tu dis « Voilà, moi j’ai suffisamment d’expérience et aujourd’hui je sais que quelque chose sur l’endométriose, ok, on y va, ça va intéresser », mais quelque chose, je ne sais pas sûr, extrêmement technique ou extrêmement très manuelle, on va dire. Je dis n’importe quoi, genre je suis passionné d’écrire sur comment fonctionnent les réfrigérateurs, est-ce que… Et du coup je veux monter ma boîte de réparation de réfrigérateur? Est-ce que voilà, est-ce qu’il y a des choses où tu dis « Là, c’est dans l’air du temps? Ok, on y va. Je pense que tu peux trouver ton public ». Est-ce que tu donnes aussi ce type de conseils? Ou est-ce que tu ensuite tu réoriente en disant peut-être que ça c’est plus du blog, ou plus de la newsletter, ou plus des choses comme ça?

Laurence Ortegat: [00:26:32] Merci pour la question, c’est une bonne question, je pense que je pense qu’il y a toujours de la place pour un, pour un livre, il faut juste trouver le bon angle. Donc typiquement, si tu veux faire un livre sur comment bien entretenir son frigo pour consommer dix fois moins, ben pourquoi pas. Peut-être est-ce qu’il y a un public? Est-ce que ça intéresse les gens? Je ne sais pas si tout un livre de 200 pages sur le frigo, ça marcherait, donc peut-être que là, je te dirais « Il va falloir, peut-être qu’on pourrait faire tous les appareils électroménagers. Voilà, comment diminuer sa consommation d’électricité en prenant soin de tous ces appareils » donc voilà. Donc on va essayer de trouver quand même, de vérifier qu’il y a un petit, on peut avoir un marché de niche, mais il faut quand même qu’il y ait un minimum de personnes intéressées par le sujet. Moi c’est plutôt dans l’autre sens parfois que je déconseille de, enfin, que je challenge un peu la personne sur le sujet. Donc j’ai eu énormément de personnes par exemple qui veulent écrire sur le burnout, et je comprends tout à fait la démarche. Donc la personne est sortie de son burnout, elle a découvert un nouveau sens à sa vie très souvent, et elle a envie de partager ça au plus grand nombre en disant c’est possible et de raconter son parcours. Or là, il y en a beaucoup. Donc du coup, là, ça va vraiment, là, je vais parfois dire « Attention, est-ce que on ne peut pas trouver un angle un peu particulier quand même? ». Par exemple, là j’accompagne une personne qui m’a contactée, mais elle est médecins. Et je trouve que là je me dis « Tiens, un burnout alors que toi-même tu es jeune médecin et soignante ». Je me dis « Là il y a un angle intéressant parce qu’il y a plein de soignants qui en fait sont au bord de l’épuisement, on n’en parlent pas. Et donc là je me dis Waouh! Là, je vois un angle », tu vois donc ça va plus être… Mais en même temps, des livres sur le couple, il y en a 100000 et quand tu as une crise dans ton couple, tu vas acheter tout ce qui est en librairie et il y aura toujours bien un conseil que le… voilà

Astrid Louise: [00:28:25] Que l’autre n’aura pas donné.

Laurence Ortegat: [00:28:27] Voilà, toujours parce qu’on a chacun notre histoire aussi. Donc moi je pense que tous les livres ont leur place en fait, je suis assez, je décourage pas, mais j’encourage à trouver l’angle unique. Il est parti avec le…

Astrid Louise: [00:28:47] Le micro a disparu.

Team Podbxl: [00:28:52] Je suis pas attentive.

Public Anonyme: [00:28:54] Merci. Merci beaucoup, effectivement c’est super intéressant. Moi j’avais plus la question de savoir donc sur les auteurs et autrices que tu accompagnes, elles ont un livre à la fin de leur accompagnement, elles ont un produit fini. Est-ce qu’il y a, est-ce que tu les accompagne aussi sur la partie démarchage des maisons d’édition et dans quelle mesure tu interviens sur cet aspect-là? Et je vais le mettre de manière peut-être un peu « agressive » mais dans l’obligation de résultat de publication du livre? Est-ce que…

Laurence Ortegat: [00:29:23] J’ai, oui j’ai une obligation de moyens mais pas de résultat, clairement. Je ne suis pas agente littéraire donc je, et je ne veux pas l’être parce que je veux rester indépendante. Donc j’ai des contacts dans des maisons d’édition, je leur propose des projets auxquels je crois, mais parfois la meilleure maison d’édition pour un projet, j’ai personne que je connais dans cette maison, donc voilà, donc je ne peux pas garantir. Et puis en plus, même quand je connais les personnes, ben parfois elles me disent, voilà j’ai encore eu le cas récemment, elle me dit « Non, ce projet là ça nous intéresse pas », mais elle me dit mais par contre tu pourrais peut-être essayer telle autre maison donc… Le monde de l’édition est compliqué parce qu’il y a de plus en plus de gens qui écrivent des livres, donc, mais comme je te disais ils vont regarder aussi ton potentiel commercial et… Et c’est un peu l’œuf et la poule. C’est à dire que toi tu écris un livre pour avoir de la visibilité, et avoir des personnes pour augmenter en notoriété, et la maison d’édition te publie si tu as de la notoriété. « Oui mais en fait, j’en ai pas encore énormément, j’écris un livre pour en avoir », donc il peut y avoir un clivage là, et après, j’accompagne en tout cas dans ce trajet-là, donc je monte des dossiers en mettant tous les éléments, et en partageant le dossier, pour essayer de maximiser tes chances d’en trouver un, mais je peux pas le garantir, non

Astrid Louise: [00:30:44] Oui, vas-y.

Public Anonyme: [00:30:47] Another question. Et je me demandais justement si c’était une tendance maintenant, avec les réseaux sociaux etc, d’avoir besoin de cette notoriété déjà dès le départ, que les maisons d’édition demandent. Parce qu’au départ, être un écrivain ou être un auteur, une autrice, en général c’est: on devient auteur, alors que là on demande d’avoir une communauté, et ensuite on peut être publié. Est-ce que c’est quelque chose qui est nouveau dans ton expérience ou pas?

Laurence Ortegat: [00:31:07] Non, ce que je vois beaucoup, c’est que les éditeurs font du, un peu de scouting, comme dans le foot, ils vont faire du repérage. Moi j’ai des auteurs qui m’ont contacté parce qu’ils avaient été approchés par une maison d’édition, parce qu’ils étaient podcasteurices, ils étaient youtubeurs, ils étaient blogueurs, ils avaient déjà une communauté et la maison d’édition se dit « Ouh là, c’est tout bon! Je ne sais pas combien des dizaines de milliers de personnes qui la suivent, donc on va lui proposer d’écrire un livre sur son expertise, sachant qu’en fait elle va le vendre toute seule, comme une grande » enfin toute seule, il y a aussi des hommes bien sûr. C’est juste que les deux exemples auxquels je pense, que j’ai accompagné, ces six derniers mois c’est deux femmes mais j’ai accompagné aussi par exemple Nicolas de Vic, que vous avez entendu tout à l’heure, qui est un homme pour le coup, et qu’on est aussi venu chercher, parce qu’il avait une communauté donc… Les éditeurs vont plutôt aller repérer des experts et vont leur proposer d’écrire un livre. Et à ce moment-là, moi je vais les aider à structurer leur contenu dans une forme qui fait que l’éditeur ne va pas changer d’avis, mais. Donc moi je vois plutôt cette tendance-là, mais je pense aussi que l’auto publication en tant qu’entrepreneur, c’est la voie de la liberté. L’auto publication, quand on livre est fini, deux mois après tu l’as en main, tu peux l’utiliser comme outil marketing comme tu le veux, tu as la grosse partie du revenu dans ta poche, alors qu’avec une maison d’édition, c’est entre huit et 10 % du prix de vente. Donc tu as 2 € par livre en poche, alors que c’est toi qui as fait tout le travail, et c’est normal, c’est même pas l’éditeur qui se prend plein d’argent, c’est tous les, le gars (Astrid Louise: Intermédiaires), les distributeurs, les diffuseurs, les libraires, etc. Les librairies en ligne. Et donc pour moi, l’auto publication c’est aussi la liberté. Et quand moi j’accompagne beaucoup d’entrepreneurs, il y en a beaucoup qui me disent « Non, non, mais moi c’est mon livre, je vais le sortir comme je veux, que le titre que je veux, que la couverture que je veux, au moment où je le veux » donc il y a du pour et du contre dans les deux démarches, même s’il y a des maisons d’édition évidemment qui font un travail fantastique et que j’aime travailler avec elles aussi. Je ne les décries pas mais je trouve qu’on ne peut pas dévaloriser l’autopublication. L’autopublication c’est pas « Le truc en fait, on est tellement nuls que en fait, on doit s’auto-publier parce que personne n’a voulu notre livre ». Non, j’accompagne plein de livres géniaux, avec des auteurs qui ont vraiment fait un choix conscient, stratégique, business, de s’auto-publier.

Astrid Louise: [00:33:27] Est-ce qu’il y a d’autres questions? Justement, la dernière question ça me fait rebondir sur le fait que est-ce qu’on ne passe pas à côté de bons auteurs finalement, avec la stratégie des maisons d’édition qui vont plus aller tabler sur des personnes qui ont des grosses communautés mais qui ne sont pas in fine des, pas des personnes qui écrivent des livres quoi, je sais pas comment on dit ça, mais, voilà la question principale. Parce que un youtubeur, un influenceur, enfin c’est pas quelqu’un qui, c’est pas un écrivain!

Laurence Ortegat: [00:34:02] C’est pas un écrivain, mais il a des choses à dire donc je pense qu’ils partent du principe que, là où parfois je ne suis pas toujours convaincu c’est qu’effectivement, il y a parfois des auteurs qui ont déjà une très chouette communauté, par exemple ils s’adressent à des ados et ils sont hyper puissants sur TIkTok. Je leur dis « Mais les ados, ils lisent pas vraiment des livres en fait. Donc, alors écrire un livre pour les parents de ces ados. Mais il faut aussi réfléchir aux moyens ». Et donc c’est vrai que je ne suis pas sûr que certains influenceurs, qui sont tellement bons en vidéo et qui ont une communauté qui ont envie de les voir agir, bouger, etc. aient spécialement envie d’avoir un produit livre, donc là je suis assez d’accord avec toi, on peut. Ils sont pas tous… Mais en même temps, ils vont être accompagnés en général par la maison d’édition, et essayer de quand même…

Astrid Louise: [00:34:49] Est-ce que ça arrive qu’on écrive à leur place?

Laurence Ortegat: [00:34:51] Oui, oui.

Astrid Louise: [00:34:52] Oui, d’accord.

Laurence Ortegat: [00:34:53] Oui, oui. Il y a beaucoup de maisons d’édition alors qu’ils proposent un journaliste qui va les aider à écrire, si vraiment ils ne sont pas du tout à l’aise avec l’écriture, oui (Astrid Louise: Oui), ça se fait.

Astrid Louise: [00:35:02] Et est-ce que, en tant que femme, tu as ressenti des aprioris ou tu as eu des difficultés, justement, dans ton activité, même par rapport aux maisons d’édition? Peut-être qu’elles font plus confiance à un monsieur, plutôt qu’à une femme, c’est un exemple hein! (Laurence Ortegat: Heu). Ou même dans…

Laurence Ortegat: [00:35:22] Mais non je pense que c’est une bonne question, je pense que c’est, c’était plus le côté… Je ne crois pas que c’est parce que j’étais une femme, mais au début c’était plus, en tout cas les hommes, quand je leur disais « Oui, mais je suis ingénieur commercial de formation », c’est « Ah oui quand-même » donc tu vois, tu n’es pas juste un illuminé qui tient la plume, donc je sens que chez les hommes, mon parcours professionnel d’avant, sérieux, commerce, etc marketing et tous, les rassurent alors qu’une femme va plus facilement embrayer en se disant « Je fais confiance à la personnalité, à l’intuition, voilà, la fille me plaît, je m’embarque », elle va moins regarder mon parcours. Là, je vois un petit peu une différence mais sinon, dans le monde de l’édition, il y a beaucoup de femmes aussi, donc c’est un milieu justement qui est assez ouvert aux femmes. Donc, non ça j’ai pas trop senti (Astrid Louise: Oui) non.

Astrid Louise: [00:36:25] Ça t’as jamais desservie ou freinée sur une action finalement?

Laurence Ortegat: [00:36:30] Non. Après j’ai été très active, et je le suis encore, dans les réseaux d’entrepreneuriat féminin et donc c’est vrai que parfois les hommes me disent « Mais est-ce que vous accompagnez quand même des hommes? ». Et donc il peut y avoir un frein comme ça, et c’est vrai que j’accompagne plutôt, je dirais trois quarts de femmes, un quart d’hommes, mais aussi parce que je pense que les hommes… Les femmes, on a le syndrome de l’imposteur, donc on se dit « Ah, mais qui suis-je pour écrire un livre? » et elles cherchent aussi une espèce de validation, de ma part, que leur projet, qu’elles sont des expertes, qu’elles ont des choses à dire. Un homme a un peu moins le syndrome de l’imposteur, en général il est un peu plus: il est expert, « De toute façon je ne connais pas peut-être grand-chose encore à fond, mais je suis déjà expert » tu vois? Il y a vraiment ce côté la femme (Astrid Louise: Rires), elle va se, non mais, on en a vraiment discuté avec plein de formateurs et, enfin c’est pas moi qui le dit, ça a été prouvé dans des études et tout mais, c’est qu’une femme elle va se multiformer 22 fois et elle va toujours pas se sentir expert, et un homme très vite il se débrouille, il va dire « Non, non mais t’inquiète, je suis expert, ça va aller quoi ». Et donc je le sens aussi dans, ils vont peut-être moins facilement avoir un coach en se disant « Je sais me débrouiller ». Donc je pense aussi qu’il y a ce phénomène qui fait que j’ai plus de femmes qui viennent chez moi pour chercher cette espèce de validation de: « Est-ce que tu crois que je suis assez experte pour écrire un livre? » Mais évidemment, tu es experte pour écrire un livre

Astrid Louise: [00:37:49] Oui. Et quelle sera la prochaine étape, justement pour toi et ta maison d’édition?

Laurence Ortegat: [00:37:58] Mais moi ma prochaine étape c’est de lancer en fait vraiment ma maison d’édition. Donc ça, c’est ma prochaine étape et je lance une collection « Conseils d’entrepreneures » donc j’assume complètement, donc destiné…, des conseils de femmes entrepreneurs pour les femmes entrepreneurs et des ouvrages collectifs. Donc le principe, c’est dix expertes autour d’une thématique qui écrivent chacune un chapitre avec des conseils sur une sous-thématique. Donc le premier ouvrage ça va être sur « S’entourer et réseauter », qui est pour moi le premier conseil que je donne aux femmes entrepreneures. Le deuxième livre ça va être sur « Oser faire de l’argent », et donc là je vais réunir des experts en gestion financière, en finances personnelles parce que, en tant que femme entrepreneure, si on veut vivre de notre activité, on doit aussi développer nos finances personnelles et notre relation à l’argent. Le troisième, ça va être « Entreprendre sans s’épuiser » et l’idée c’est chaque fois de prendre dix experts francophones, donc des Belges, des Suisses, des Françaises et des Québécoises, et de les mettre ensemble pour à la fois apporter plein de valeur aux lectrices et en même temps, entre-elles, s’entraider et créer des liens pour avoir un accès sur le marché d’autres pays. Donc en fait il y a, c’est un projet à la fois pour les lectrices entre femmes entrepreneures, mais qui va aussi permettre aux autrices de faire (Astrid Louise: De se connecter entre elles) de se connecter entre-elles et de s’ouvrir leur marché respectif.

Astrid Louise: [00:39:18] D’accord. Et si tu devais donner un conseil à toi d’il y a quelques années, quel serait-il? C’est ça…

Laurence Ortegat: [00:39:27] Je lui aurais dit de le faire beaucoup plus tôt (Astrid Louise: Oui). Qu’est-ce que tu as foutu treize ans dans cette boîte quoi? Tu vois, vraiment. Je lui aurais dit « Mais Laurence tu as tout ça en toi, fonce quoi! ». Oui vraiment, je pense qu’en fait, quand vous sentez que vous avez une idée, il faut y aller à fond quoi. En fait vous risquez rien, au pire le truc se plante, il n’y a pas mort d’homme quoi. Et en plus aujourd’hui, même dans le salariat, on peut prendre une année sabbatique, il y a moyen vraiment de, je trouve, de se lancer plus tôt, se lancer plus tôt et s’entourer, et les deux vont pour moi de pair. Donc si vous osez pas aller rentrer dans ces réseaux, il y a plein de réseaux d’ailleurs, bon moi je suis dans les réseaux de femmes entrepreneurs, mais je suis aussi dans des réseaux mixtes, mais allez dans ces réseaux, allez parler avec d’autres entrepreneurs et discuter avec eux de qu’est-ce que tu penses de mon projet? Il y a tellement de choses à faire quoi. Puis le monde a besoin des entrepreneurs pour que ça bouge, donc heu.

Astrid Louise: [00:40:20] Exactement. Merci beaucoup Laurence.

Laurence Ortegat: [00:40:23] Merci à toi.

Astrid Louise: [00:40:23] Merci beaucoup à vous d’avoir écouté. Merci.

Laurence Ortegat: [00:40:29] Merci!

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