Julie Bérard & Marcel Van Meesche – 21 solutions

Julie Bérard et Marcel Van Meesche - 21 solutions - Kaya

Julie Bérard et Marcel Van Meesche, 21 solutions – Rubrique Kaya. Midoricast : Podcast #196

Dans ce nouvel épisode de Midoricast, nous recevons Julie Bérard et Marcel Van Meesche, deux passionné·e·s de la transition environnementale et sociale, représentants de « 21 Solutions« .

Découvrez comment « 21 Solutions » façonne un avenir durable grâce à ses initiatives.

Une Entreprise au Cœur de la Transition :

« 21 Solutions » est bien plus qu’une entreprise de conseil en gestion environnementale et en éco-conseil. Fondée par Marcel Van Meesche et sa compagne en 2008, cette société se distingue par une approche centrée sur l’humain et la participation citoyenne.

Julie Bérard, employée depuis 12 ans, nous partage son parcours, de ses études en design industriel à son engagement pour une ville plus résiliante et à l’écoute des besoins sociaux et environnementaux.

Julie souligne l’importance de l’écoute dans toutes leurs démarches. Que ce soit à travers des projets urbanistiques ou des formations en éco-conseil, « 21 Solutions » s’efforce de comprendre et d’intégrer les besoins des citoyens pour créer des espaces de vie harmonieux et durables.

Marcel, de son côté, raconte son parcours atypique et sa quête de sens qui l’ont conduit à fonder une entreprise où la collaboration et le bien-être des employé·e·s sont au centre des préoccupations.

L’épisode explore également comment « 21 Solutions » accompagne divers acteurs – administrations publiques, entreprises, et citoyens – dans leurs démarches de transition.

De la gestion environnementale à la circularité, en passant par des projets participatifs comme « Good Move » et « Good Food », cette équipe dynamique s’engage à soutenir des initiatives ayant un impact positif sur l’environnement et la société.

Gouvernance Collaborative et Partage :

Une des grandes forces de « 21 Solutions » réside dans sa gouvernance collaborative. Marcel et Julie nous expliquent comment l’entreprise a évolué pour inclure ses employé·e·s dans l’actionnariat et partager les bénéfices.

Une approche qui, selon eux, non seulement motive l’équipe, mais crée également un environnement de travail épanouissant et juste.

Un Réseau d’Éco-Preneurs :

En rejoignant « Kaya », un réseau d’éco-preneurs et éco-preneuses, « 21 Solutions » s’inscrit dans une dynamique de partage et de collaboration. Julie et Marcel insistent sur l’importance de ces réseaux pour porter ensemble des messages forts et promouvoir une économie durable.

Écoutez cet épisode de Midoricast , une véritable invitation à découvrir comment des entreprises comme « 21 Solutions » transforment des idées en actions concrètes pour un monde plus vert et plus juste.

Appel à l’action :

N’hésitez pas à laisser un message vocal sur notre plateforme pour partager vos réactions et vos questions à Julie & Marcel. Vos témoignages nous sont précieux pour enrichir les échanges et co-construire un avenir plus durable ensemble.

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Écoutez ce podcast avec Julie Bérard et Marcel Van Meesche via notre chaîne Youtube (abonnez-vous : merci! ):

Séquençage du podcast avec Julie Bérard et Marcel Van Meesche :

  • [00:00:34] Présentation de Julie Bérard et Marcel Van Meesche
  • [00:03:22] Marcel Van Meesche: qu’est-ce qui vous différencie des autres offrant le même type de service ?
  • [00:04:22] Julie Bérard: quelle est la raison d’être de l’entreprise ?
  • [00:05:25] Julie Bérard: en termes de gouvernance
  • [00:07:32] Marcel Van Meesche: quels sont les changements que cela a apportés pour toi ?
  • [00:08:20] Marcel Van Meesche: la plus grande fierté
  • [00:08:36] Marcel Van Meesche: en quoi cette mesure faciliterait-elle le développement de votre entreprise ?
  • [00:10:12] Julie Bérard & Marcel Van Meesche: quel changement faudrait-il apporter pour que votre entreprise ne soit plus considérée comme l’exception, mais plutôt comme la norme ?
  • [00:13:03] Julie Bérard: quels sont les freins aux changements ?
  • [00:14:15] Julie Bérard & Marcel Van Meesche: et si vous aviez une baguette magique ?
  • [00:14:50] Julie Bérard: qu’est-ce que vous souhaitez pour un avenir proche ?
  • [00:14:58] Julie Bérard & Marcel Van Meesche:  comment vous sentez-vous en tant qu’entrepreneur éco-responsable ?
  • [00:15:26] Julie Bérard: pourquoi rejoindre « Kaya » ?
  • [00:15:51] Julie Bérard: un conseil pour d’autres entrepreneurs éco-responsables ?
  • [00:16:07] Marcel Van Meesche: qu’est-ce que « Kaya » peut vous apporter ?
  • [00:16:49] Clôture du podcast et appel à action

La transcription du podcast avec Julie Bérard et Marcel Van Meesche :

Michel Godart: [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’asbl « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground », et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».

Michel Godart: [00:00:18] Bienvenue pour un nouvel épisode de « Midoricast »! « Midori » veut dire vert en japonais, « Cast » pour Broadcast, et c’est un podcast avec une rubrique aujourd’hui qu’on ouvre avec « Kaya ». La rubrique Kaya, les éco preneur et éco preneuses. Alors je fais un petit tour des micros, et je vais laisser chacun de vous se présenter avec son nom, son prénom.

Julie Bérard: [00:00:34] Bonjour Julie Bérard, 45 ans, mère de deux enfants et employée depuis douze ans chez « 21 Solutions ».

Michel Godart: [00:00:41] Tu es accompagnée de…

Marcel Van Meesche: [00:00:42] Marcel Van Meesche, 51 ans, co-fondateur de « 21 solutions » et papa d’une petite fille.

Michel Godart: [00:00:47] Vous êtes aujourd’hui ici parce que vous êtes intervenus, vous avez participé, à une proposition, chez « Kaya », et qui consiste à dire « Mieux soutenir l’entrepreneuriat pour les projets à impact environnemental et social positif ». On va un peu détailler ça tout à l’heure. Si tu devais te présenter un peu plus en détail sur ce qui te passionne, ton métier, raconte-nous!

Julie Bérard: [00:01:06] Moi, j’ai fait des études à Saint-Luc et La Cambre de design industriel, architecture d’intérieur. En fait, le fil rouge de mon parcours, c’est vraiment l’humain au cœur de l’habitat. Parce que déjà en tant qu’indépendante dans des bureaux d’architectes, c’était le bien-être du client dans son futur habitat. J’ai eu envie de plus de sens, au niveau social et environnemental, et donc je suis partie un peu barouder puis je suis revenue après deux ans et j’ai fait la formation à l’Institut Eco-conseil à Namur. Et là, j’ai découvert la participation citoyenne, entre autres, avec les enjeux urbanistiques et les enjeux de mobilité. Et puis j’ai commencé un stage d’abord, et puis tout de suite employé chez « 21 solutions ». C’était ce fil rouge du bien-être de l’humain au cœur de son habitat, et de l’écoute, avec la participation citoyenne de ce que les gens souhaitent, de ce que les gens ressentent, au cœur de leur ville pour que celle-ci soit plus résiliante et plus à l’écoute des besoins sociaux et environnementaux des gens.

Michel Godart: [00:02:03] Il y a un mot clé qui revient chez toi beaucoup et que j’adore, c’est écoute, écoute, écoute. Alors le CEO, on peut dire comme ça?

Marcel Van Meesche: [00:02:09] J’assume pas toujours. CEO parce qu’on est vraiment une grande équipe. J’ai fondé « 21 solutions » avec ma compagne, seize ans maintenant, et depuis lors c’est devenu une famille quoi, avec toute une série de collègues super compétents, super engagés.

Michel Godart: [00:02:21] Et c’était quoi ton background alors?

Marcel Van Meesche: [00:02:23] Je suis né en 1972, c’était l’année du Club de Rome et du rapport sur les limites de la croissance (Michel Godart: Exact), rapport que je n’ai pas lu avant d’avoir 20 sur 25 ans. Mais j’en ai pris conscience quand j’étais en cours d’études « sciences commerciales et financières », où je trouvais que ce qu’on m’inculquait était trop: vide de sens en fait, trop orienté sur une démarche capitaliste, monétaire, et il me manquait un certain sens. Donc du coup, je suis tout de suite parti sur des plates-bandes différentes, et donc j’ai tout de suite proposé à mes profs de l’époque de faire une thèse sur la gestion de l’environnement, et c’était très neuf, on était en nonante six, j’étais un peu perdue avec ça. Je ne voyais pas du tout travailler, comme mes autres collègues étudiants, chez « PWC » ou dans d’autres grosses boîtes, j’avais besoin de beaucoup plus de sens. Donc j’ai aussi entamé des études d’éco-conseiller, et puis je me suis lancée dans une activité indépendante, je suis tout de suite passée en tant qu’indépendant dans la gestion de l’environnement et l’éco conseil. Donc ça fait 26 ans que je fais ça maintenant.

Michel Godart: [00:03:22] Quelle est ton entreprise et, je sais qu’on parle de conseil, qu’est-ce qui vous différencie d’une autre entreprise offrant peut être le même type de service finalement?

Marcel Van Meesche: [00:03:29] Oui, ce que nous faisons, on accompagne différents publics cibles: les administrations publiques d’une part, les entreprises, les citoyens, dans leurs démarches de transition. On les accompagne de A jusqu’à Z: diagnostic, vision, stratégie, mise en œuvre d’un programme d’actions, etc. On les aide surtout à se prendre en main, ce n’est pas nous qui faisons à leur place, on les coache. Nous avons trois gros volets: on a la gestion environnementale et la circularité, les stratégies plus régionales telles que « Good Move », « Good Food » (Michel Godart: Ouais), « Shifting Economy », etc. Et alors les approches participatives citoyennes.

Michel Godart: [00:04:01] Est-ce qu’il y a d’autres acteurs qui font la même chose que vous en fait?

Marcel Van Meesche: [00:04:03] Il y en a, oui.

Michel Godart: [00:04:04] Oui, et qu’est-ce qui vous distingue alors? Vraiment?

Marcel Van Meesche: [00:04:06] Je crois que ce qui nous distingue fortement, c’est la place qu’on donne à l’humain dans nos approches. Donc on n’est pas du tout technocratique, nous ne sommes pas un bureau d’études où on fait des études que l’on livre, et puis à l’autre de se mettre en marche. On est vraiment un bureau qui mettons l’humain au centre des accompagnements.

Michel Godart: [00:04:22] Quelle est la raison d’être de les entreprises d’après toi? Puisque on est dans l’humain et dans « Chacun a le pied pour parler », j’ai envie de te demander à toi de me décrire comment tu perçois les choses?

Julie Bérard: [00:04:30] « 21 solutions » a été lancé en 2008 par deux associés, Marcel et Annick. Je pense qu’on a toujours eu cette même ambition, je vais reprendre cette expression de fil rouge, de mettre l’humain au cœur du changement, d’avoir une approche « sur mesure » avec les clients, avec les personnes avec qui on travaille et cette envie de transition durable, de société écologique et socialement juste, ça ce serait un peu les mots clés que je mettrais. Et en fait, je pense aussi qu’il faut favoriser l’intelligence collective de toutes les parties prenantes qui participent au projet, parce que ça c’est aussi une de nos spécificités, et c’est quelque chose auquel on croit fort, c’est le fait de rassembler, d’être transversal. Rassembler toutes les parties prenantes d’un même projet pour que cette intelligence collective crée ce projet déco-entreprise, de transition.

Michel Godart: [00:05:25] J’ai envie de parler du côté gouvernance humaine hein? Puisque mettre l’humain au centre, c’est facile à dire, mais c’est une autre chose de le faire… C’est parfois plus compliqué en terme de communication déjà, en terme de gestion du management, le self leadership, où est-ce qu’on est par rapport à ça?

Julie Bérard: [00:05:38] Moi ça fait douze ans que j’y suis. Enfin, j’ai commencé en tant qu’employé, après j’avais déjà un petit background donc ce n’était pas non plus mon premier emploi. Mais je pense que le fait qu’en douze ans, je n’ai pas encore trouvé d’herbe plus verte à côté, j’y ai déjà pensé, marcel le sait. On a toujours dans toute l’équipe une relation assez vraie et assez ouverte .

Michel Godart: [00:05:58] Je vais prendre (Julie Bérard: Sur les besoins des uns…) le mot-clef de tout à l’heure, il y a une écoute

Julie Bérard: [00:06:01] Voilà, il y a une vraie écoute sur les besoins des uns et des autres. Pour être mère de famille de deux enfants, j’ai pu, au retour de mon congé de maternité, expliquer et dire « Voilà, moi les projets en soirée, le Weekend, pendant un an, ça va être plus difficile » et c’était tout à fait ok. Alors c’est vrai qu’on a eu parfois des couacs, il y a des personnes, on ne va pas le cacher, il y a des personnes qui sont parties parce que besoin de se reposer heu…

Michel Godart: [00:06:26] C’est la vie de l’entreprise (Julie Bérard: Burnout) partout, éco-responsable ou pas.

Julie Bérard: [00:06:28] Voilà, on est continuellement en apprentissage de ça, et en rééquilibre de nos modes de fonctionnement. C’est aussi, et ça il faut le féliciter par rapport à Marcel qui est à l’écoute en tant que CEO avec 25 guillemets autour, qui est à l’écoute de tout ça et donc c’est vraiment une entreprise… Enfin moi quand je suis arrivé on était quatre, maintenant on est douze, et donc c’est vraiment une équipe qui a évolué et qui a grandi. Et c’est aussi une équipe qui, au départ ils étaient deux actionnaires, les deux fondateurs. Maintenant par exemple, allez, une de mes collègues et moi, on a pu rejoindre l’actionnariat de l’entreprise, il y a ça qui est ouvert aussi. Aux employés qui si, après un certain temps dans l’entreprise parce qu’on veut quand même aussi qu’il y ait une certaine (Michel Godart: Qu’ils soient suffisamment impliqués) fidélité, voilà, implication, ils peuvent rejoindre l’actionnariat. Et l’année passée les dividendes ont été partagés avec tous les employés et tous les employées, au prorata de leur équivalent temps de travail, on put percevoir une prime de bénéficiaires et donc il y a des liens, il y a vraiment une ouverture sur les besoins et sur le partage des choses dans l’équipe.

Michel Godart: [00:07:32] Et bien tu m’as convaincu que ce n’est pas du value washing, donc tu as été efficace dans ta communication, ça j’insiste pour le dire. J’ai envie de revenir vers le CEO et lui demander un peu, malgré qu’il est à l’origine de ce projet, ou en partie, c’est quoi le changement dans ta vie maintenant?

Marcel Van Meesche: [00:07:44] Ma première carrière était dans un bureau de conseil. J’ai beaucoup appris, j’ai beaucoup essayé de désapprendre… Parce que c’était (Michel Godart: La déconstruction) un bureau qui était très pyramidal et très à l’inverse de ce qu’on fait maintenant, donc j’ai renversé la pyramide. J’ai pris une distance par rapport à la relation d’une part à l’argent, j’ai un salaire qui est suffisamment confortable pour vivre, je n’ai pas besoin de plus. Du coup, il y a deux ans, quand on a vu qu’on faisait du bénéfice malgré la période de covid et de stress extrême pour certaines entreprises, j’ai mis 100.000 € sur la table en fait. J’ai dit « Ben, ce n’est pas mon bénéfice à moi, c’est le bénéfice de l’équipe et j’en suis ressortie beaucoup plus riche ».

Michel Godart: [00:08:20] C’est une fierté pour toi? (Marcel Van Meesche: Oui, oui, oui) Finalement en termes de gouvernance, quelle est ta plus grande fierté? Est-ce que c’est celle-là ou une autre?

Marcel Van Meesche: [00:08:25] De pouvoir partager le quotidien et de me reposer aussi sur toute l’équipe quoi! Personne chez nous ne travaille seul, et dans certains bureaux de consultants j’ai vraiment l’impression que c’est une somme d’individus, mais ce n’est pas une somme globale.

Michel Godart: [00:08:36] Je vois ce que tu veux dire, pas mal (Marcel Van Meesche: Tu vois?). Ah bah dis donc, ça me retourne, j’ai plein de belles vibes (Julie Bérard: Ça donne envie de venir chez nous hein?) en vous écoutant. Ouais, ouais mais, je crois que les auditeurs et auditrices qui vont nous écouter, il y a des CV qui vont tomber chez vous je crois, hein? Je suis pas très loin de la vérité. Je crois qu’on a fini les premières questions qui consistent à présenter l’entreprise et un peu ce qui vous distingue, et votre parcours personnel. On va passer un peu dans un contexte politique, première question que je vais vous poser, en quoi cette mesure faciliterait le développement de votre entreprise à vous?

Marcel Van Meesche: [00:08:58] Cette mesure est intéressante donc parce qu’on y contribue de manière directe, ou indirecte, chaque jour en fait, de par les projets que l’on mène. Notamment les projets pour la Région bruxelloise, tels que la stratégie « Shifting Economy », etc. Sur base de cette approche-là, on est tout à fait en soutien à cette mesure-là. Vu qu’on a déjà seize ans d’âge, ben toute une série de sous mesures telles que la défiscalisation dans les premières années de démarrage d’une entreprise ne nous concerne plus (Michel Godart: Oui). Mais c’est très, très, utile pour l’ensemble des écorepreneurs qui démarrent une activité. Ce qui serait intéressant, c’est d’insister aussi sur les mesures de soutien financier aux entreprises, on travaille nous notamment sur un appel à projet bruxellois qui s’appelle « Be Circular », ce serait intéressant de le généraliser dans l’ensemble des trois régions, et qui soit vraiment accessible aux startups et aux écopreneurs pour que ce soutien soit là. Nous venons de finir une étude, d’ailleurs pour la région, sur les lauréats de cet appel à projets, dont beaucoup sont des membres de « Kaya », cette étude montre notamment que jusqu’à 78 % des lauréats de l’appel à projets sont toujours actifs après trois ans, ce qui est au-dessus des statistiques régionales. C’est possible, et avec le soutien financier d’une région, c’est possible d’aller plus loin. Donc on trouve vraiment que ce type de soutien devrait être généralisé.

Michel Godart: [00:10:12] S’il y avait un changement à faire, dans un avenir proche, pour que votre entreprise ne soit plus considérée comme l’exception, mais plutôt comme la norme.

Julie Bérard: [00:10:19] Alors moi, comme je suis plus sur les enjeux de participation citoyenne, et de démocratie participative, je pense qu’il faudrait que cette démarche soit vraiment insufflée à tous niveaux, que ce soit tant auprès des acteurs économiques que administratifs, au sein des administrations régionales, ou communales, ou autres (Michel : Donc auprès du politique aussi!). Auprès du politique. Mais alors il y a ce point d’attention sur le fait que: participation citoyenne, démocratie participative, sont des mots qui sont vraiment très, très, galvaudés pour le moment. On fait des panels et des assemblées, en veux-tu en voilà, à tous les niveaux de pouvoir. Sur Bruxelles il y a trois assemblées différentes: parlement francophone, parlement régional, et puis après il y en a dans chaque commune. Et donc là je pense qu’il y a vraiment une culture. D’abord, il y a une culture à mettre en place, et puis ensuite, tant il ne faut pas créer des modèles à recopier-coller partout, mais je pense qu’il faut vraiment avoir un point d’attention sur le « Pourquoi on le fait » en y mettant de nouveau ce mot-clé, en y mettant du sens, et en ayant eu aussi une écoute vraie des citoyens ou des acteurs qu’on consulte. Parce que dans le cadre d’une stratégie, régionale par exemple, c’est intéressant de consulter un large panel de personnes. Et donc c’est toujours cette question « Pourquoi on les questionne et ensuite que va-t-on faire de cette matière récoltée? ». La mettre au fond d’un tiroir, c’est justement tuer toute cette démarche, qui est pourtant si riche, et donc moi je pense, ce serait vraiment intéressant de travailler à cette culture de l’intelligence collective, de la participation citoyenne, des délibérations collectives, tout en faisant attention au pourquoi et à la suite qu’on donne à tout ça.

Marcel Van Meesche: [00:12:03] Je crois que la mesure qui serait vraiment pertinente, tant pour nous que pour les éco preneurs, c’est de réorienter fortement les fonds et les aides économiques publiques vers des entreprises qui ont de l’impact environnemental et de l’impact social. C’est en cours, on y travaille, notamment nous, sur la Région bruxelloise avec l’exemplarité des entreprises et le financement supplémentaire, la majoration des aides économiques, pour des entreprises exemplaires. Mais ce sont encore des petits montants, des petites cacahuètes, quand on voit les gros montants, les gros financements qui sont en jeu et les gros montants qui sont octroyés notamment à des entreprises actives dans les énergies fossiles, dans le nucléaire, ou dans des pratiques sociales qui sont totalement défavorables. Donc de diminuer vraiment les financements vers des entreprises qui ont un impact finalement négatif sur l’environnement et la société, parce qu’on doit quand même refinancer d’autres projets pour combler le déficit à un moment donné, et d’augmenter le financement vers les entreprises, je veux dire les entreprises à mission.

Michel Godart: [00:13:03] Oui, ça c’est un bon terme. Parce que d’ailleurs on a un podcast avec « Kaya » qu’on a fait ça sur les entreprises à mission, on fait le lien vers cette interview, je vous invite à aller revoir la liste des interviews podcast dans la rubrique « Kaya ». Si je t’écoute bien, il y a quand même la pierre d’achoppement majeure hein, c’est souvent sur le thème financier que ça tourne hein, c’est normal, on est dans un monde entrepreneurial, c’est quand même un enjeu pertinent. Quels autres freins vous constatez, vous, quand vous approchez une entreprise, quand vous approchez les gens concernés par votre démarche?

Julie Bérard: [00:13:27] Le temps?

Michel Godart: [00:13:28] Est-ce que c’est pas un mauvais calcul de dire ça? Parce que finalement, le temps (Julie Bérard: Oui) de courir la tête dans le guidon et finalement se rendre compte qu’on va droit dans le mur, mais on s’en rend compte trop tard, c’est pas un investissement rentable?

Julie Bérard: [00:13:36] C’est un peu le coût investissement sur la durée, c’est ça qu’il faut essayer de regarder. C’est un petit peu comme prendre soin de son corps, c’est un investissement pour le futur (Michel Godart: Belle métaphore ça!) et donc heu… Voilà, moi je pense que il faut essayer de sortir de ce paradigme capitaliste, de rentabilité immédiate, et se dire que les choses se mettent en place petit à petit et qu’il faut en prendre soin.

Michel Godart: [00:13:59] Et pour toi, c’est quoi un frein identifié, autre?

Marcel Van Meesche: [00:14:01] L’un des freins, c’est le trop d’information donc… (Michel : Tue l’info) tue l’info, exactement. Et donc on voit des entreprises qui ne savent pas du tout par où commencer quoi. On parle de la CSRD, des ESG, on est là pour les aider à remettre les pieds sur terre et à prioriser.

Michel Godart: [00:14:15] Et faire la part des choses (Marcel Van Meesche: Voilà). Si vous aviez chacun une baguette magique, en deux mots, vous feriez quoi avec votre baguette magique?

Julie Bérard: [00:14:20] Je trouve que le politique actuellement n’est plus beaucoup au service du citoyen et donc je crois que (Michel Godart: Sur ça on est tous d’accord), je revois beaucoup de choses là-dessus. L’air de rien, ils tiennent beaucoup de ficelles et donc je revois certains enjeux.

Marcel Van Meesche: [00:14:31] Je dirais rapprocher le citoyen de l’entreprise, aussi, parce que tu disais « Le politique au service du citoyen », l’entreprise aussi au service du citoyen (Michel Godart: Ah bien vu!). Et donc c’est l’une des mesures que j’aimais bien aussi, c’est de proposer que les citoyens s’investissent aussi dans les choix des financements des entreprises. Parce que finalement, on est là aussi.

Michel Godart: [00:14:50] Qu’est-ce que vous souhaitez dans un avenir proche? Quel serait votre souhait?

Julie Bérard: [00:14:52] Moi j’ai envie de donner un gros coup de pied à « Good-Move », pour que ça avance encore plus vite. Mais c’est une réponse très personnelle.

Michel Godart: [00:14:58] Comment vous sentez vous en tant que éco preneur?

Julie Bérard: [00:15:01] Moi je pense que c’est un beau réseau qui permet d’être porte-voix des entreprises qui portent des valeurs similaires aux nôtres. Et puis il y a cette idée de, voilà, de ensemble, d’être plus forts ensemble et de porter des messages qui nous réunissent.

Michel Godart: [00:15:15] Et pour toi?

Marcel Van Meesche: [00:15:16] Depuis 25 ans, je suis un fan des réseaux, donc j’ai toujours été actif dans le réseau des éco-conseillers, dans les réseaux de transition citoyenne, et donc c’est naturel de rejoindre « Kaya » aussi, voilà.

Michel Godart: [00:15:26] Tu serais éco-preneuse, toi, seul dans ton coin, tu rejoindrais « Kaya » pour quelle raison?

Julie Bérard: [00:15:26] De faire partie d’un réseau permet d’avoir un plaidoyer, en effet, plus fort parce qu’on est ensemble à porter un même message. Cette idée de réseau, de rencontrer des personnes avec qui on peut échanger, construire ensemble, et ça je pense que ça rejoint aussi un peu l’idée de notre baguette magique que, en fait, on est un écosystème et il faut qu’on fonctionne tous ensemble.

Michel Godart: [00:15:51] Un conseil pour d’autres éco preneurs?

Julie Bérard: [00:15:53] Inscrivez-vous dans un réseau, tel le réseau « Kaya », faites-vous accompagner par des entreprises comme la nôtre, ou d’autres, qui pourront vous permettre d’avancer pas à pas vers vos idéaux, vers vos ambitions.

Michel Godart: [00:16:07] J’aime bien ta réponse, tu vois, parce qu’en fait elle casse un certain tabou qui est présent chez les éco preneurs, c’est que parfois c’est presque tabou de faire sa propre publicité alors qu’en fait vous êtes dans une démarche super positive. Donc je dirais que s’il y a bien une entreprise qui devrait faire sa pub, c’est des entreprises comme les vôtres. Qu’est-ce que Kaya pourrait vous apporter?

Marcel Van Meesche: [00:16:23] Nous sommes assez modestes, et on a une certaine humilité, donc on n’a pas une culture du marketing ou du commercial. « Kaya », je crois que la démarche intéressante est de mettre nos pratiques en avant pour qu’elles soient inspirantes pour d’autres. Et notamment nos pratiques de gouvernance, gouvernance collaborative, nos pratiques de postures de consultants en mettant l’humain, du coup en première ligne, ça peut-être inspirant. Et surtout sur la gouvernance, n’ayez pas peur de le faire aussi parce que ça rapporte beaucoup.

Michel Godart: [00:16:49] Moi j’invite les auditeurs et auditrices à réagir, c’est à dire qu’ils ont dans le lien, le texte du podcast, un Voice mail, donc ils clic sur le lien, il y a une page qui s’ouvre, autoriser le micro, on parle, on peut vous laisser un message vocal et vous dire « Chapeau, je vous encourage, je suis d’accord avec vous, j’ai une question ». Et puis si vous dites dans l’enregistrement vocal, vous pouvez l’écouter avant de l’envoyer et l’envoyer et recommencer plusieurs fois: « J’autorise qu’on partage mon intervention sur les réseaux sociaux », quand je publierai votre podcast sur les réseaux sociaux, en commentaire, ben on mettra le lien, pour écouter directement et réagir de la même façon, et répondre à l’internaute ou l’auditeur auditrice, par le même canal (Julie Bérard: Ah chouette). Donc je vous encourage à le faire, partagez ce podcast, faites un commentaire, likez-le, ça aidera aussi à mettre en visibilité ces belles initiatives et ces belles personnes que j’ai devant moi. Moi j’étais ravi de vous rencontrer et enchanté, et on se retrouve certainement dans une réunion de « Kaya », et puis dans d’autres occasions. Merci à tous pour votre écoute, à très bientôt.

Julie Bérard: [00:17:34] Merci à toi, (Marcel Van Meesche: Merci beaucoup) à bientôt.

Michel Godart: [00:17:41] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground », et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».

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