Béatrix Charlier – P’OP Positive and Optimistic Mind

Béatrix Charlier

Béatrix Charlier, P’OP Positive and Optimistic Mind – Podcast #497 hrmeetup. ©

Découvrez notre 501e épisode du podcast hrmeetup.©, avec Béatrix Charlier, elle nous partage sa vision novatrice de la gestion des talents et l’importance de l’intergénérationnel en entreprise.
Une discussion enrichissante sur l’activation des talents individuels et collectifs, ainsi que sur la manière dont les crises peuvent ouvrir des opportunités inattendues.

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Rencontrez Béatrix, faites appel à ses services dans votre entreprise, vous ne le regretterez pas. Et si je peux vous donner un feedback personnel, non seulement Béatrix est une référence dans son approche, mais elle incarne également de très belles valeurs qu’elle vit et assume pleinement. Pas de « Value-Washing » ici, mais une personne dont l’authenticité ne peut vous laisser indifférent.e.

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Béatrix révèle ses méthodes éprouvées pour cartographier les compétences et promouvoir un environnement de travail inclusif et épanouissant.

Auteure de l’ouvrage « Activez les talents de votre entreprise », préparant un second ouvrage ainsi qu’un podcast, elle offre des stratégies concrètes pour inspirer votre pratique RH et améliorer le bien-être de vos équipes.

Ne manquez pas cette occasion de transformer votre approche managériale en écoutant dès maintenant cet épisode !

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Séquençage du podcast avec Béatrix Charlier :

  • [00:00:18] Introduction et contexte du podcast
  • [00:00:48] Le rêve d’adolescente
  • [00:01:49] Les études
  • [00:02:35] Refaire des études à 33 ans !
  • [00:03:48] Vie professionnelle
  • [00:04:26] Devenir enseignant et faire des constats
  • [00:06:09] La pression sur les jeunes d’une « réussite » scolaire
  • [00:06:59] C’est à l’école qu’on commence à éteindre les talents
  • [00:08:05] « Activez les talents de votre entreprise »
  • [00:10:22] Empêcher le décrochage
  • [00:11:04] L’influence du contexte familial
  • [00:12:31] L’exemple, c’est nous…
  • [00:16:18] Des valeurs en entreprise aux complaintes sur les générations…
  • [00:21:25] Le « Talent Management »
  • [00:23:18] Autres approches entrepreneuriales
  • [00:23:38] Dans quels pays ?
  • [00:24:37] Le test pour détecter et activer les talents
  • [00:26:08] Qui contacte « P-OP »
  • [00:27:05] Combien de temps ça prend ?
  • [00:27:57] Le site internet
  • [00:28:12] Où se procurer le livre ?
  • [00:28:42] C’est quoi un bon RH ?
  • [00:30:08] Un effet « Waouh »
  • [00:31:41] Un message pour les DRH, patron.ne.s ou managers
  • [00:32:56] Conclusion et clôture du podcast

La transcription du podcast avec Béatrix Charlier :

Michel Godart: [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’asbl « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground », et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».

Michel Godart: [00:00:18] Bienvenue pour un nouvel épisode hrmeetup.©, votre podcast sur les passions au travail et les ressources humaines. Et devant moi, j’ai le plaisir de retrouver quelqu’un avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger un peu, qui est Béatrix Charlier, bonjour

Béatrix Charlier: [00:00:29] Bonjour Michel, merci de me recevoir dans ton super studio.

Michel Godart: [00:00:33] On signale aux auditeurs qu’on a été mis en contact grâce à Jean-Marc André, un monsieur formidable que j’aime beaucoup et je le salue, je le remercie pour cette belle rencontre.

Béatrix Charlier: [00:00:39] Alors merci Jean-Marc et cette relation avec Jean Marc est due à Nathalie De Cnijf, que j’ai envie de saluer aussi pour sa générosité, aujourd’hui.

Michel Godart: [00:00:48] Et tu es venu à une formation « Podomicast », donc une formation sur le podcasting, une fois un dimanche par mois, ce mois-ci il y en avait deux. Et on va mettre en pratique en faisant un podcast « hrmeetup.© » pour te présenter. On a une question, traditionnelle, de ton rêve d’adolescente à ce jour, et ça va être pertinent pour toi, que s’est-il passé, est-ce que tu es alignée avec ton rêve? Beatrix, raconte…

Béatrix Charlier: [00:01:07] Alors mon rêve d’adolescente, c’était de devenir historienne de l’art et archéologue. C’est un rêve complètement fou parce que mon milieu d’origine n’était pas du tout ouvert à cela. Si on était un garçon, chez moi on est six, donc trois garçons, trois filles, soit on était destiné à des carrières d’ingénieurs ou des carrières d’infirmières, donc très scientifique au départ. Donc ce rêve d’adolescente, il a fallu attendre quelques années avant que je le réalise, mais je l’ai réalisé beaucoup plus tard, à 33 ans, en reprenant des études. La vie m’a quelque part écarté de mon rêve, et puis comme un GPS, je l’ai retrouvé à un moment donné, je me suis donné les moyens.

Michel Godart: [00:01:49] T’as fait quoi comme études finalement?

Béatrix Charlier: [00:01:51] J’ai fait des études d’architecte d’intérieur dans un premier temps, parce que j’étais persuadé comme j’avais pris sciences fortes, maths fortes, et bien que c’était impossible pour moi de suivre des études d’historienne de l’art, je pensais qu’il fallait absolument le latin. Et donc j’ai été architecte d’intérieur, designer de mobilier contemporain pendant quinze ans, j’ai monté ma structure. Et puis un jour, un moment, il y a eu une très, très, belle affaire : l’aménagement de l’aérodrome de Saint-Hubert. Ça m’a permis à ce moment-là de me dire « Ok, je peux vraiment reprendre mes études, les études dont je rêve », et c’est une liberté que je me suis octroyée. En fait, c’est un retournement, donc c’était le moment pour être de nouveau alignée avec qui j’étais.

Michel Godart: [00:02:35] C’est important à ce qu’on est en train d’échanger parce qu’il va y avoir un lien avec ce que tu fais, évidemment, mais ça on va le découvrir après, on va laisser un peu de suspens dans l’histoire. Finalement, tu t’es alignée avec ton rêve, concrètement

Béatrix Charlier: [00:02:47] Je me suis alignée avec mon rêve et c’est très particulier de dire ça, je pense que je ne l’ai jamais dit avec ces mots-là, mais c’est une manière de me réconcilier avec moi-même, de me retrouver dans mes propres pas et pas ceux que l’on m’avait quelque part dicté, ou les pas attendus. Même si le choix d’être architecte d’intérieur, c’était déjà une petite révolution, dans ma famille, même une grosse révolution, ce n’était pas compris. Mais ce rêve-là, y accéder c’était vraiment fondateur, fondateur de se dire parce que, oui, j’avais 33 ans, je n’avais plus étudié depuis belle lurette, j’allais à l’université, je ne connaissais pas, tout le monde était beaucoup plus jeune évidemment. Je faisais 1000 kilomètres semaine Marbehan-Liège pour aller suivre mes cours, j’ai besoin d’entendre et de voir ce qui se passe. Quand j’ai fait ça, bien sûr la peur des examens, tout ça, tout ça, mais au moment où j’y étais, je savais, je vibrais, je savais que j’étais au bon endroit. Enfin, arriver à une espèce de port en fait.

Michel Godart: [00:03:48] Ça t’a mené à quoi Béatrix, maintenant, finalement?

Béatrix Charlier: [00:03:50] Alors la vie est bien faite, je suis fondamentalement optimiste, je crois que je suis de plus en plus optimiste, plus le temps passe, plus je suis optimiste et positive parce que je trouve que la vie est bien faite, même… Même quand on est désalignée, même quand elle prend des détours, même quand elle nous confronte. Ce que je fais, c’est que ces études d’historienne de l’art m’ont permis de devenir d’abord une des spécialistes des décors monumentaux du 17ᵉ et XVIIIᵉ siècle, les stucs. Évidemment, il n’y a pas de travail, ça ne paye pas, c’est un super hobby, comme souvent dans la culture.

Michel Godart: [00:04:26] Comme beaucoup de passion, j’ai envie de dire.

Béatrix Charlier: [00:04:28] C’est une vraie passion, c’est une vraie passion parce qu’il n’y a pas de source, il y a très peu de sources, les artisans stucateur ne signent pas. Donc c’est une recherche, il faut aller regarder ce que la main a réalisé, et au travers de la réalisation de la main on va trouver des symboles, des signes, enfin, c’est passionnant. Et les études d’histoire de l’art m’ont appris à être une chercheuse, en réalité. Et ensuite, forcément, je suis rentrée dans l’enseignement comme prof d’histoire, et quand je suis rentrée dans l’enseignement comme prof d’histoire, je me destinais absolument pas, ce n’était pas du tout dans l’ordre de mes rêves, c’était même un peu à l’inverse, si je dois dire, j’avais des préjugés. Là, j’ai eu une fameuse claque, je me suis rendu compte que les élèves que j’avais, en face de moi, c’était à peu près par année, entre 200 et 220 élèves, un cours d’histoire c’est 2 h. J’avais les trois dernières années des humanités, du secondaire, et je me rendais compte: un, qu’ils n’étaient absolument pas préparé pour l’université, qui venait en fait de digitaliser les choses. Deux, qu’ils n’avaient pas les codes pour beaucoup de choses, moi j’en sortais mais en décalé. Et trois, je me suis rendu compte que ces jeunes étaient passionnants parce qu’il y avait chez chacun d’eux quelque chose, une étincelle, et que quelque part ils se faisaient éteindre à l’école, alors que c’est un lieu où on doit cultiver la curiosité intellectuelle, etc. Je ne suis pas en train de dire que mes collègues de l’époque éteignaient ces jeunes, mais c’est le fonctionnement de l’école qui les éteignaient.

Michel Godart: [00:06:09] Je crois que c’est plus un système hein?

Béatrix Charlier: [00:06:11] Oui, exact, c’est un système. Et, à partir de là, c’est resté pour moi une injustice terrible, je me suis dit « Mais comment? » – Et je prenais souvent cette formule – « Comment on a pu aller sur la lune et comment on n’est pas capable aujourd’hui de donner à nos jeunes une impulsion pour… Mais être dans leur plein potentiel ». Donc j’ai démarré avec eux, le temps de midi, des trucs, des astuces, juste pour qu’ils réussissent, pas pour qu’ils réussissent le test, mais pour qu’ils ne s’abîment pas dans une espèce de, ben voilà « Je suis nul, je ne vaux rien ». Et puis…

Michel Godart: [00:06:47] On entend beaucoup ça hein?.

Béatrix Charlier: [00:06:48] Surtout, moi ce que je trouve délétère, c’est le mal que ça fait dans les familles, un enfant qui n’a pas de bons résultats scolaires, comment est-ce que cela est reçu par ses parents?

Michel Godart: [00:06:59] Mais c’est plus vicieux que ça. Parce que moi, ce que je dénonce dans l’enseignement, et je ne suis pas là pour les critiquer, ce n’est pas le but de ce podcast mais, tu sais déjà rien que le système de mettre des codes, c’est mettre les gens en compétition les uns contre les autres. Alors quand tu entends déjà, dans tes observations, qu’il y a une difficulté d’avoir l’estime de soi parce qu’on se cherche, parce qu’on est ado, on se questionne c’est normal, on a déjà facilement des doutes en soi. Et tu sais, quand tu réfléchis, dans le monde des entreprises, on réentend ces doutes, et le nombre de personnes qui ne s’aiment pas, j’ai l’impression qu’il est en croissance, et ça me fait peur. C’est ma perception, et j’ai envie de changer la donne.

Béatrix Charlier: [00:07:29] On est totalement aligné là-dessus en fait Michel, c’est à l’école qu’on commence à éteindre les talents, en tout cas la lumière intérieure qu’on a tous. Un enfant avant d’aller à l’école, il a cet enthousiasme de voir les copains, d’aller s’amuser, d’aller apprendre l’anglais. Et puis six mois après, c’est juste l’angoisse d’avoir loupé un test, c’est juste l’angoisse de ne pas être à la hauteur, de se faire enguirlander quand il rentre à la maison, de se faire traiter d’imbécile, enfin, je ne grossis même à peine le trait quand je dis ça. Et donc, ça, pour moi, ça a été vraiment la claque.

Michel Godart: [00:08:05] Et finalement tu en as fait un projet, tu as même écrit un ouvrage!

Béatrix Charlier: [00:08:07] Ça m’a amené là où je suis aujourd’hui. C’est vrai que ces élèves que j’ai rencontrés, quand j’ai commencé c’était en Belgique, et puis j’ai été travailler dans une école à Luxembourg. Luxembourg, c’est très exigeant, il y a cinq langues, ils sont évalués sur trois langues et puis il y a leur langue à eux. L’école privée dans laquelle je travaillais, et bien c’était une forte immigration portugaise cap-verdienne, donc les gamins avaient cinq langues, c’était très compliqué de réussir. Donc je suis arrivé là avec mes méthodes que j’ai affinée, et puis on est devenu une école pilote pour un projet européen que j’ai coordonné, la prévention du décrochage scolaire. On a travaillé avec les meilleurs et onze pays, et dans ces onze pays on a beaucoup appris et on travaillait sur le profil du décrocheurs. Et en fait on s’est rendu compte assez vite que le décrochage scolaire à l’époque, on était, on voulait descendre objectif 20-20 Europe, en dessous des 10 %, on a atteint 30 % pendant la covid, je peux le dire, ça, ça a été terrible. Ces projets continuent et l’approche du décrochage scolaire c’est de dire simplement: ce n’est pas l’élève qui est débile, ce n’est pas l’élève qui manque de compétences. La faute n’est pas chez, ou fainéant, je l’entends aussi beaucoup. Non, c’est simplement que le système n’est plus à jour et que ça crée du lag dans la relation enseignant et qu’on devrait dans l’apprenance constante, et tout ça on l’a beaucoup travaillé, c’est évidemment extrêmement compliqué à implémenter, dans les écoles, parce que le système est assez monolithique. Et donc je me suis retirée du projet école et j’ai monté ma boîte à 50 ans en me disant « Maintenant, il faut vraiment faire quelque chose, et on passe à l’action ». Et donc j’ai démarré avec la création d’un test qui est venu de toutes mes rencontres, qui est basé sur la théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner. J’ai commencé en format papier, un petit test vraiment minimaliste, je vais dire, que je lisais… Si je vois comment je lisais le test il y a sept ans, même avant encore, c’était vraiment pas du tout amplifié, et puis au fur et à mesure du temps, et bien ce test permettait de valider chez les jeunes qui venaient me voir leur orientation professionnelle. Qu’est-ce que je peux faire comme métier? C’était souvent la question des parents et beaucoup la question des jeunes.

Michel Godart: [00:10:22] Mais là on répond aux besoins (Béatrix Charlier: Oui) d’empêcher le décrochage scolaire (Béatrix Charlier: Oui) c’est vraiment l’idée?

Béatrix Charlier: [00:10:26] On l’anticipe en fait (Michel Godart: C’est ça), on est en amont, et le décrochage scolaire n’est même plus la question, et la réussite d’une année n’est même plus la question, je n’en fais plus une question. Il faut qu’on travaille le truc, ok, mais pour quoi faire? C’est quoi le rêve de ta vie? Tu as envie d’être qui?

Michel Godart: [00:10:42] Tiens on revient à la question du rêve, tu vois?

Béatrix Charlier: [00:10:44] Moi je travaille beaucoup, parce que je les appelle les moteurs de la fusée. Et donc quand nos moteurs de la fusée sont activés, on ne se trompe pas de rêve hein? L’humain ne se trompe pas de rêve, et quand j’entends un rêve en face de moi, je regarde comment est-ce que cette personne va pouvoir, ce jeune, va pouvoir monter dans son rêve et le réaliser.

Michel Godart: [00:11:04] Il y a encore trop souvent l’influence du contexte familial des parents, « des attentes de », on n’a pas que l’école a réinventé, on doit réinventer la relation parent-enfant. Il est temps que les parents se disent « Il faut arrêter de transférer mon idéal de carrière chez mon enfant. Mon enfant n’est pas ma copie, n’est pas mon objet, n’est pas là pour m’en servir ». C’est un individu en tant que tel, adulte, intelligent, avec des potentiels, des compétences, et il faut le laisser s’exprimer. Et au lieu de le réfréner, il faut l’encourager dans le sens où il veut aller, moi je dis toujours aux jeunes « Écoute ton cœur, c’est ton cœur que tu dois écouter ». C’est ça le rêve en fait, c’est écouter son cœur, non?

Béatrix Charlier: [00:11:36] Totalement, et aussi, je donne le modèle qui a été écrit par Malène Rydahl, le bonheur à la danoise, c’est bien de s’en inspirer, les pays scandinaves ont des modèles très intéressants mais, au Danemark, à 18 ans, le jeune reçoit une bourse d’études pour quitter la maison familiale, pour ne pas avoir de pression. Mais en Europe centrale, la réussite universitaire, le diplôme universitaire des enfants, c’est un attribut de réussite sociale pour les parents. Et malheureusement, on est encore là-dedans, on n’en est pas encore sorti, ça commence, ça démarre, on a des petites bulles à gauche, à droite et… Surtout moi, ce qui me cultive mon optimisme, c’est que la jeune génération est en train de sortir de là, ce n’est pas ça qui compte pour eux, c’est le sens. Et donc le sens il est lié à notre rêve, à ce qu’on a au fond, au fond de nous-même en fait. Et ça, ça nous donne la direction de la vie. Et dans ce cas-là, on reste aligné.

Michel Godart: [00:12:31] Il y a des tas de professions, on ne trouve plus personne, c’est des métiers où il y a beaucoup de burnout, des horaires difficiles, un problème de lien avec le salaire, et au final, qu’est-ce que les gens oublient? Ben c’est que leurs ados et leurs jeunes, ils les ont vus, eux, parents, rentrer en burnout, être malheureux au travail, avoir le stress au quotidien, ramener le stress du travail dans la maison. On parle de toute cette pièce de théâtre où on se ment à nous-même. Et nos jeunes nous ont vus nous mentir à nous-mêmes, est-ce que vous croyez, auditeurs et auditrices, qu’ils ont envie de suivre cet exemple? Parce que je vous rappelle que l’exemple, c’est nous.

Béatrix Charlier: [00:13:03] J’entre beaucoup en entreprise depuis sept ans aussi, parce qu’effectivement ce que j’avais fait pour les jeunes, je l’ai transposé pour les adultes. Ces tests pour les jeunes, évidemment fonctionnent pour les adultes, si les jeunes ont des questions d’orientation, les adultes il y a sept ans, en avaient aussi. Aujourd’hui Post-covid, soyons clair, ça fuse de partout, est-ce que c’est vraiment la vie que je veux avoir? Ou est-ce que c’est la vie qui me correspond? Quand on a été en lockdown pendant un certain temps, on s’est posé des questions absolument sur tout. Est-ce que c’est la bonne personne avec laquelle je vis? Tiens, j’ai des enfants, je le découvre 24h sur 24, ça change un peu. C’est quoi d’être parent? Est-ce que ce métier me convient? Quel sens je donne à ma vie? On a eu un premier symptôme, si tu veux Michel, en 2008, tu sais la crise des « Subprimes », et là en fait, on a eu une rupture de confiance entre les collaborateurs et l’entreprise. Il y a eu une crise financière terrible et donc les entreprises ont commencé à virer des gens. Alors jusque-là, ok, ça fait partie de la vie de l’adulte, on est tous traversé par des choses compliquées. Mais comme tu le dis très bien, et ce que je dis toujours dans mes conférences c’est que: n’oubliez-pas qui vous regarde… Et vos témoins, nos témoins, et c’est ça que j’ai envie de dire aux auditeurs aujourd’hui, nos témoins ce sont nos enfants. Et si nos enfants en 2008, ont vu que les parents ont été jetés alors que, ces mêmes enfants, on essayait de trouver des gardes, de les placer parce qu’on faisait des heures supplémentaires pour son entreprise (Michel Godart: He oui!). Et quand je dis ça, je caricature très, très, peu les choses (Michel Godart: Non, c’est la réalité) et nous sommes arrivés en entreprise, à un moment donné et ça a été la question fondatrice de Pop quand j’ai ouvert ma boîte, c’est le turn-over de la génération « Y » en entreprise qui est effectivement complètement en lien avec le décrochage scolaire de nos jeunes. Et cette question du « Why » qu’ont posé les « Y », alors à l’époque ils étaient 30 % de représentants de la cohorte « Y », parce qu’on fait des enquêtes sur le terrain, eh bien, c’était le fruit de cela. Mais aujourd’hui, ça va vraiment beaucoup plus loin, la génération « Z » dont on parle et qui est compliqué, elle, elle réinvente le modèle parce qu’elle constate, elle observe, que le modèle actuel est absurde. Pourquoi devrions-nous nous soumettre? Pourquoi est-ce qu’à un moment donné, on ne peut pas avoir une espèce de liberté de parole, de pensée, d’action, de proposer… Pourquoi est-ce qu’il faut un jeu politique au sein des entreprises? A quoi sert la politique? Et là c’est très intéressant, parce que ces « Z », qui sont nées après 1995, ces « Z » là, il repense les choses, mais complètement. Et ils sont sur de la diversité, de l’inclusion, et ils montent au créneau très facilement en fait. Ce sont les Lumières, les fameuses lumières de la Révolution française, ces philosophes, moi j’ai envie de dire, peut-être que ça va faire hurler certains derrière les micros, mais j’ai envie de dire que ces « Z » là nous éclairent de sens. Ils viennent avec le leur, et là c’est fantastique, parce qu’ils vont repenser le modèle.

Michel Godart: [00:16:18] Cette vague nous amène une prise de conscience en entreprise où on met des valeurs, on essaie de s’adapter, on essaie de ces fameux programmes pour attirer les talents et ces jeunes qu’on veut tant. Mais d’un autre côté, il y a encore des gens pour pointer du doigt cette génération.

Béatrix Charlier: [00:16:30] Je pense qu’il y a plusieurs types de niveaux de conscience j’ai envie de dire, dans les entreprises. Et au niveau des gouvernances des entreprises, qu’est ce qui fait bouger l’humain? La crise, le manque, le besoin, la survie, et bien nous y sommes, et voilà le Momentum très intéressant, pourquoi? Eh bien parce que l’entreprise aujourd’hui n’a absolument pas de vision, on ne sait pas ce qui va se passer d’ici deux ans. On a une multi-crises, et on a une rupture techno, la rupture techno c’est l’intelligence artificielle. J’ai l’habitude de dire, c’est l’historienne qui va parler deux secondes, pas trop, j’ai l’habitude de dire que cette époque, c’est un changement civilisationnel. Les crises du XIVᵉ siècle ont permis l’époque de la Renaissance au XVᵉ siècle, où on a tout revu, crise du 14ᵉ, la guerre de 100 Ans, la guerre de 30 Ans, la peste noire, l’imprimerie. Et les migrations, c’est un flux migratoire sur le plateau anatolien qui a provoqué la migration des érudits de Constantinople vers l’Italie. Et là, tout d’un coup, ils partent, comme j’avais l’habitude de le dire, avec leurs clés USB, leurs manuscrits en langue grecque. Et on redécouvre, et c’est aussi une connotation de notre époque, et on redécouvre les philosophes, et les philosophes, leur discours, tend vers « Comment atteindre le bonheur? ». Épicure, Platon, Socrate, tous, tous ceux-là vont nous parler que de cela, quelque part, le but ultime: comment être heureux? Aujourd’hui, oui, on est dans les crises du XIVᵉ siècle, j’ai envie de dire. Je n’ai pas dit que c’était super, ce n’est pas facile à vivre, mais tant mieux. Et par contre, il y a une opportunité de changement, on y est, on a tous du coup un rôle à jouer, parce qu’il va falloir basculer dans la nouvelle époque, dans la nouvelle civilisation, avec des nouveaux codes. Ça c’est intéressant de se dire ça, et aussi de se dire que, et je les côtoie les entrepreneurs, j’en vois beaucoup. Eh bien les entrepreneurs qui n’ont pas compris qu’il fallait croire en demain, être un levier pour la nouvelle génération, et celle d’après, parce que il y a celle d’après, qui n’ont pas compris ça, sont vouées à disparaître. Parce qu’une entreprise qui n’est pas capable d’intégrer la jeune génération, mécaniquement ne peut que disparaître. Alors Michel, quand je dis ça, je ne suis pas en train de prôner juste la jeune génération en disant il faut tous s’adapter par rapport aux jeunes, ce n’est pas ça, il faut tous être sur TikTok, je n’ai pas dit ça non plus, même si TikTok est intéressant, il faudrait quand même que je commence à m’y intéresser. Et qui me permet de faire le pas, c’est évidemment les jeunes avec leurs repères. Mais en entreprise, nous avons toutes les générations, et moi je crois dans la force des générations, des réalités croisées. La génération qui est en train de partir, les baby-boomers, certains n’ont pas envie de quitter la boîte, certains sont épuisés mais d’autres n’ont pas envie. Ils ont connu les crises, ils ont survécu, ils sont résilients, ils vont pouvoir donner un peu de racines à ces jeunes qui arrivent et qui sont effrayés. Parce que notre génération « Z », on a parlé de Burnout tout à l’heure, elle a un nouveau syndrome que l’on appelle « L’éco-anxiété ». Le problème de ce syndrome, c’est qu’il est si tu veux, pluggé à l’intérieur parce qu’il s’est pluggé pendant leur construction psychologique. Donc ce sont des gens, qui pour combattre ce symptôme d’éco-anxiété, il va falloir que les entreprises pensent faire des actions pour réparer la planète, pour donner un sens concret. Sur le terrain, ce que je constate, c’est qu’il y a beaucoup de jeunes qui montent leur boîte, il y a une grande partie de la génération « Z » qui est auto-entrepreneur, ou alors qui restent dans une boîte open, et qui devient intra-entrepreneur dans la boîte.

Michel Godart: [00:20:20] Ou dans des boîtes avec des valeurs et des choses fortes, avec un fort engagement

Béatrix Charlier: [00:20:23] À condition qu’elle ne soit pas placardé sur le site internet ou derrière l’hôtesse d’accueil, alors on peut peut-être s’imaginer que les valeurs sont incarnées et traduites en action, sinon c’est un plan marketing, et donc généralement, comme tu l’as dit avant, il n’y a rien du tout. Mais ces jeunes-là, oui, mais ce n’est pas seulement eux, c’est vraiment le travail de collaboration intergénérationnelle au sein des entreprises qui compte. Donc les entreprises qui disent aujourd’hui, ah, j’ai entendu l’expression dernièrement Le désert des talents: « Nous sommes arrivés dans un désert des talents ». Mais c’est dingue, parce que dans nos entreprises, tous ceux qui occupent des postes, un sur deux à peu près, ça c’est nos résultats d’enquêtes et de testing, un sur deux n’est pas sur ses talents ou travaille à contre-talents, donc s’épuise. Mais on a tous des talents, exploités ou pas exploités. D’abord, avant même d’aller recruter à l’extérieur, regardez et faites une cartographie des talents. Regardez ce que vous avez en interne et qui n’est pas exploité: un. Deux, ah c’est très compliqué d’embaucher des jeunes…

Michel Godart: [00:21:25] Alors chez les HR ils les analysent hein? Mais ils les analysent en termes de « Qu’est-ce que je ferais de ma ressource, donc comment je la fais évoluer? » Mais elle n’est pas dans l’analyse que tu fais, elle n’est pas dans l’analyse que tu décris, c’est un autre débat, c’est un autre discours, c’est un autre niveau de pensée et de raisonnement.

Béatrix Charlier: [00:21:38] À un niveau utilitaire (Michel Godart: C’est ça?) Et moi je parle du niveau existentiel, si la personne est au courant de comment elle est câblée au niveau de ses talents et de ses potentiels, elle va devenir responsable de sa réussite. Et je pense que tout n’est pas à mettre sur le dos de l’entreprise, je crois qu’on a tous notre responsabilité à dire « Je ne suis pas bien, là, dans mon job, qu’est-ce que je peux faire? Comment est-ce que je peux évoluer? Je suis responsable de ma vie ». On est responsable de sa vie, donc le temps de vie que l’on donne à une entreprise ou ailleurs, c’est nous qui décidons de ça. Je veux juste rappeler une chose: nous ne sommes pas en guerre ici, ok? On est dans un pays quand même plus ou moins libre, on peut le dire, on a une possibilité d’agir, clairement. Je veux dire qu’il y a une double responsabilité: d’un côté il y a l’entreprise, elle doit muter, et de l’autre côté il y a ses collaborateurs qui doivent prendre leur propre pleine responsabilité de dire « Ok, comment moi je suis câblé, où est-ce qu’il est mon bonheur professionnel? ». Et là je voudrais ajouter une chose, et je crois que c’est une piste de développement pour les RH entre autres de réfléchir autrement. Il n’est pas question de jeter le bébé et l’eau du bain, la question c’est de se dire comment je fais? Peut-être que je peux rester dans l’entreprise part-time et développer une activité complémentaire sur le côté. Contribuer à une entreprise qui me donne un salaire, contribuer dans cette boîte et puis développer un projet personnel à côté. Parce que cette génération « Z » va avoir entre 7 à 12 métiers différents. Il y a des mutations et il y a des cross-fertilisation, je crois, dans la fertilisation croisée.

Michel Godart: [00:23:18] Maintenant, je rencontre de plus en plus d’entrepreneurs qui raisonnent comme moi et qui se disent « On a essuyé plusieurs crises économiques, j’ai plusieurs talents, plusieurs compétences, je crée plusieurs activités. Quand une est plus calme, l’autre me permet de vivre et inversement. Et on joue sur des leviers, je joue sur des niveaux et je surfe entre deux vagues ».

Béatrix Charlier: [00:23:32] Les crises ouvrent des possibilités et aussi des manières de voir les choses autrement, oui.

Michel Godart: [00:23:38] Sept années d’expérience déjà, tu as parlé du Luxembourg, tu as parlé de la Belgique, tu agis dans les entreprises dans combien de langues et ou dans le monde? Parce que la Belgique est un pays compliqué, il y a trois langues nationales hein?

Béatrix Charlier: [00:23:48] En fait je n’agis pas seul, je crois à la pluralité des talents. Et donc autour de moi il y a des gens qui sont indépendants, et qui développent à leur rythme, mais qui utilisent mes outils, qui sont formés, c’est de la cocréation et on continue à travailler là-dessus et à développer constamment, je crois que le jour où on s’arrête, ça n’aura plus de sens.

Michel Godart: [00:24:07] Mais t’intervient en Belgique et au Luxembourg.

Béatrix Charlier: [00:24:09] J’interviens en France, en Belgique, au Luxembourg et maintenant en Suisse. On est même intervenu au Népal, et on intervient à distance, c’est le miracle aussi des teams etc. Donc on intervient dans le monde entier et les activatrice de talents, donc qui sont autour de moi et formée interviennent dans plusieurs langues: luxembourgeois, allemand, anglais, français, néerlandais, enfin, italien, espagnol, et on ne s’arrêtera plus en réalité, voilà

Michel Godart: [00:24:37] Tu as développé un test qui permet d’aller au bout de cette analyse, il y a un futur, tu peux en parler rapidement?

Béatrix Charlier: [00:24:43] Le futur, c’est la mission de « POP ». Là où on veut aller, ce qui nous conduit, c’est de vouloir éclairer les talents des individus, parce que l’entreprise est constituée d’individus. Et que, lorsqu’un individu est aligné avec lui-Même il est en paix, et donc on aimerait vraiment beaucoup éclairer de plus en plus d’individus, que ce soit des jeunes, que ce soit des adultes, pour retrouver l’estime de soi, retrouver le bon « topos ». J’aime beaucoup ce que les antiques disaient, on se pose beaucoup la question d’identité « Qui suis-je? ». Et si tu regardes hein Michel, si tu vas chercher dans l’étymologie du mot identité, tu vas voir deux acceptions: identiques, le même, singulier, différent. Il n’y a pas de réponse à « Qui suis-je? ». Par contre, les antiques disent « C’est pas qui suis-je qui compte, mais c’est où puis-je exercer mes talents? Le topos? ». Et sachant que les choses bougent, donc c’est là-dessus qu’on veut donner les clés, en réalité. Et on est en train de diffuser au plus grand nombre les clés de découverte des talents, et, en même temps, de réconciliation intergénérationnelle en entreprise parce que c’est la valeur de base si tu veux, c’est l’intergénérationnel, pour nous c’est de l’interculturel. Et quand on aura réussi à éclairer un certain nombre de personnes, je pense qu’on aura peut-être mis une petite goutte d’eau dans l’océan.

Michel Godart: [00:26:08] Ça veut dire que si je suis un DRH, j’ai écouté cette interview, je suis secoué par ce que tu viens de m’apporter, parce que c’est un peu ce que je ressens maintenant. Il y a beaucoup de choses qui me parlent, dans ce que tu dis, il y a beaucoup de bon sens. J’ai envie d’être avec toi, je te contacte, on va donner l’adresse de ton site internet…

Béatrix Charlier: [00:26:22] Parfois c’est le dirigeant qui me contacte, l’entrepreneur, parfois c’est le DRH et on intervient gentiment: on ne fait pas de révolution dans les boîtes parce que ce sont des systèmes en équilibre, même s’il y a des tensions et des problèmes. On va commencer par intervenir sur une problématique, une équipe pour aboutir à une cartographie des talents, c’est à dire un mapping des talents, sachant que: tout le monde a du talent. Et donc on démarre par là en individuel, chacun reçoit son programme à lui de talents, comment ça résonne, comment il peut se développer, et puis par équipe, et puis en entreprise. Et notre promesse, c’est relever le nombre de contributeurs dans l’entreprise.

Michel Godart: [00:27:05] On implique les gens à nouveau. Combien de temps ça prend?

Béatrix Charlier: [00:27:07] C’est assez court, on fait sur du temps court. Parce que quand on commence à révéler aux gens leurs talents, d’abord il y a un effet « waouh »! C’est sans doute la première fois de leur vie à qui, au moment où on leur donne ça, où ils apprennent comment ils sont talentueux. L’école leur a repéré leur faute, l’entreprise les met au défi parfois, donc c’est: il y a un effet waouh! Le danger, c’est de ne pas continuer tout de suite derrière donc, on fait ça, cartographie, et puis on dit « Voilà, voilà ce qui se passe, voilà où sont vos tensions, voilà les remèdes » et on met en place les remèdes. Ça se fait très rapidement en fait hein? Dans les deux mois, en général c’est fait. On a fait notre mission et on revient, l’année d’après, et on refait une cartographie pour voir comment ont bougé les talents, et on leur dit « Regardez, c’est magnifique, on est en plein développement » et donc les gens continuent à prendre confiance en eux.

Michel Godart: [00:27:57] Un site internet où je peux aller pêcher l’information qui manquerait ici dans ce podcast?

Béatrix Charlier: [00:28:01] Le site c’est « POP ». Alors « p », « – » , le petit tiret « op.lu ». Mais là où j’ai laissé le plus d’informations c’est dans mon livre « Activer les talents de votre entreprise ».

Michel Godart: [00:28:12] Et on le retrouve?

Béatrix Charlier: [00:28:12] Sur mon site, sur le site Amazon il est en rupture de stock, donc sur mon site dans la boutique on peut le trouver. Et puis le deuxième, qui sort au mois de novembre: « Réveillez vos talents! » (Michel Godart: Ahh). Donc comment les collaborateurs, le jeune, l’adulte, ou même la personne à la retraite, peut réveiller ses talents?

Michel Godart: [00:28:31] Et je comprends mieux pourquoi tu m’as dit « Ah, tu connais Fred Colantonio »? Bah oui, évidemment (Béatrix Charlier: Ben oui), le monde est petit

Béatrix Charlier: [00:28:38] C’est l’éditeur du premier livre, et le deuxième sort en novembre chez Racine.

Michel Godart: [00:28:42] Dans le texte du podcast il y aura un lien vers un Voice mail, j’invite les auditeurs et auditrices à te poser une question, à faire un commentaire, surtout s’ils ont lu déjà ton premier livre, qu’ils donnent un feedback sur ton premier livre. Vous pouvez réécouter, pas de panique, autant de fois que vous voulez et recommencer autant de fois que vous voulez, et quand le message vous plait, que le son est bon, et bien vous indiquez votre email, vous faites envoyer, on le reçoit. Et si vous me dites « Je suis d’accord de le partager sur les réseaux », vous aurez le plaisir d’entendre votre jolie voix, en commentaire de ce podcast quand il sera mis en ligne. On a trois questions de clôture. C’est quoi bon RH pour toi?

Béatrix Charlier: [00:29:11] C’est une question pertinente et difficile parce que la posture, la position du RH, c’est quand même très compliqué aujourd’hui hein Michel, on ne va pas se mentir, entre le marteau et l’enclume. Un manque de liberté d’action, tout de même, parce qu’il faut suivre la ligne. Un bon RH pour moi, c’est quelqu’un qui aime l’humain, qui l’aime fondamentalement, pas dans sa tête, dans ses tripes, et qui donne une chance, et qui donne une chance… Et un bon RH, c’est sans doute quelqu’un qui comprend aussi que c’est un métier tellement exigeant, tellement usant, qu’il ne faut pas avoir peur de se réinventer quand on a tout donné. Parce que je connais des RH, et je les salue vraiment, les RH que je connais, dans les entreprises elles donnent tout, parfois elles donnent trop. Et donc un bon RH, c’est quelqu’un qui s’écoute beaucoup, et qui est en prise directe avec ses émotions. Le matin, si ça ne va pas, elle va se préserver, elle ne va pas aller au front, ben voilà.

Michel Godart: [00:30:08] Ma deuxième question, c’est tu sais cet effet « Waouh! ». C’est un endroit, ou quelqu’un que tu rencontres, et tu dis « Waouh! »

Béatrix Charlier: [00:30:12] Alors l’effet waouh, je l’ai, j’ai une chance exceptionnelle, c’est d’avoir des clients exceptionnels, je le dis très sincèrement. Et l’effet « Waouh », c’est quand, et je vais la saluer, je vais la saluer, c’est quand l’enfant, qui n’a pas sa place en entreprise, est considéré et occupe un espace, et quand on le sent… Et il y a quinze jours Michel, j’avais une réunion de management, et est arrivée une participante qui venait d’accoucher il y a trois semaines, avec son bébé dans les bras, et elle voulait être à la réunion. Tout le monde a respecté ce petit bébé, elle n’était absolument pas obligée, elle avait juste envie, elle disait « Je savais pas si j’allais venir ». Mais en réalité, dans cette boîte, les enfants font partie des murs, et j’ai plusieurs boîtes, et ce n’est pas de l’utilisation, ce n’est pas un truc fake, c’est vraiment: les enfants des collaborateurs font partie des murs. Eh bien moi, quand j’ai ça, j’ai un effet « Waouh » démultiplié et je sais que, là, battent plusieurs cœurs en fait, avec plusieurs dimensions.

Michel Godart: [00:31:20] On peut citer cette boîte parce que franchement, chapeau quoi!

Béatrix Charlier: [00:31:22] C’est « Solis » et puis « Tetralow » aussi, il y en a plusieurs, je crois que je pourrais citer presque tous mes clients, en réalité. Je pourrais citer presque tous mes clients, ouais.

Michel Godart: [00:31:33] « Waouh », ça c’est mon petit effet « Wouaw » de la journée du coup.

Béatrix Charlier: [00:31:34] Et l’effet d’un nouveau-né dans une réunion où on discute quand même de choses assez serrées, il amène la paix avec lui quoi!

Michel Godart: [00:31:41] J’ai jamais vu ça, mais j’aimerais beaucoup (Béatrix Charlier: Ouais, ouais). Et ma dernière question: les auditeurs et auditrices qui sont DRH, managers, patrons d’entreprises qui t’écoutent actuellement, qu’aurais-tu envie de leur dire en clôture de cette émission?

Béatrix Charlier: [00:31:52] Je vais dire ce que Gatien Laloux nous a dit, je te salue Gatien parce que tu es super inspirant, c’est un entrepreneur, il a hérité de la boîte de son papa et il a fait fois deux: les collaborateurs et le chiffre d’affaires en quatre ans, Gatien c’est une success story, mais c’est pas ça que je retiens de Gatien. Gatien Laloux, et pour moi c’est le résumé que tous les patrons et les DRH devraient faire, est-ce que j’ai envie de me lever le matin, est-ce que j’aurais envie de me lever le matin pour travailler pour un boss comme moi? Ça veut tout dire, voilà, ça c’est Gatien! Et ça veut dire quoi, est-ce que je suis aligné, encore, avec ma mission d’être? Ou bien est-ce que mon temps ici est terminé, et je peux l’octroyer à d’autres choses? Donc c’est un peu ça que j’ai envie de dire. Autorisez-vous à transmettre, autorisez-vous à ne pas vous exposer quand ça ne va pas bien, autorisez-vous à connecter à votre vulnérabilité. C’est là où on est le plus authentique et le plus fort, personne ne tire sur l’ambulance vous savez, jamais, plutôt que de forcer le trait, c’est un peu ça.

Michel Godart: [00:32:56] Ben j’ai deux conclusions: ma première conclusion c’est qu’il faut que je te réinvite au micro parce que j’ai une grosse frustration, il y a trop de choses que j’ai envie d’encore d’échanger avec toi. Et la deuxième certitude et conclusion que j’ai, c’est que comme tu suis une formation pour lancer ton propre podcast, à mon avis il va arriver, il faudra patienter mais il va arriver, et à entendre ce que j’ai entendu, ça ne donne qu’une envie, c’est d’être ton futur prochain auditeur et auditrice.

Béatrix Charlier: [00:33:15] Merci beaucoup Michel, merci de m’avoir invité (Michel Godart: Welcome) et oui on sera super ravi hein? C’est avec Caroline qu’on va monter ça, et il va arriver, oui

Michel Godart: [00:33:22] À très bientôt (Béatrix Charlier: À très bientôt) et suivez-nous, abonnez-vous et on reste en contact.

Béatrix Charlier: [00:33:26] Avec plaisir, (Michel Godart: Au revoir). À bientôt Michel.

Michel Godart: [00:33:33] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground », et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».

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