CAP toi M’aime – Spécial Podcasthon

CAP toi M’aime – Spécial Podcasthon via What’s Your Story Podcast #113 épisode Bonus
Dans le cadre du Podcasthon, un événement caritatif rassemblant plus de 450 podcasts, « What’s Your Story » produit par « The Podcast Factory Org » asbl-vzw vous présente un épisode spécial mettant en lumière l’association « CAP toi M’aime« .
CAP toi M’aime : une association dédiée à offrir de nouvelles perspectives à la jeunesse genevoise en défocalisant sur l’école et en ouvrant les portes à une variété d’opportunités.
À travers des pratiques innovantes, ils encouragent l’amour-propre, la confiance en soi et la croissance personnelle.
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Dans cet épisode, les fondateurs de Cap toi M’aime, Marine Chambat et Arnaud Eugster, partagent leur vision inspirante pour aider les enfants à s’épanouir au-delà des normes scolaires traditionnelles. Arnaud, kinésiologue de profession, apporte son expertise précieuse en travaillant avec les jeunes pour les aider à se reconnecter à leur corps et à leurs émotions, favorisant ainsi leur bien-être global.
Nous vous invitons à écouter cet épisode captivant et à vous laisser inspirer par leur passion et leur dévouement envers la jeunesse.
De plus, vous aurez l’opportunité de soutenir cette noble cause en participant au Podcasthon.
Faites une différence : En donnant votre soutien à « Cap toi M’aime » lors du Podcasthon, vous contribuez à créer un impact positif dans la vie des jeunes générations. Rejoignez-nous dans cette aventure altruiste et aidez-nous à construire un avenir meilleur pour tou.te.s.
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Séquençage du podcast avec Marine Chambat et Arnaud Eugster de CAP toi M’aime :
- [00:00:18] Introduction et contexte Podcasthon pour CAP toi M’aime
- [00:00:47] Présentations de Marine
- [00:03:06] Présentation d’Arnaud
- [00:03:50] L’association Cap toi M’aime
- [00:04:03] Pourquoi ce nom: Cap toi M’aime ?
- [00:04:43] Le public cible de Cap toi M’aime
- [00:09:12] Le rôle d’Arnaud au sein de Cap toi M’aime
- [00:10:42] La main légère sur la pharmacopée, les étiquettes TDA
- [00:11:58] Une détresse ressentie
- [00:12:32] Le manuel des bons parents
- [00:13:51] Faut-il être le parent exemplaire à tout prix ?
- [00:14:26] Est-ce qu’un homme peut pleurer?
- [00:15:07] Les causes de décrochage scolaire
- [00:16:14] Les besoins financiers de Cap toi M’aime
- [00:16:46] Où se fait la rencontre des enfants ?
- [00:16:57] De la consultance de coach
- [00:17:17] Qu’est-ce qu’un Kinésiologue
- [00:18:58] Les freins aux changements pour Cap toi M’aime
- [00:19:54] Gagner la confiance des parents et des enfants
- [00:20:44] Avons-nous le luxe d’1h d’introspection quotidienne ?
- [00:21:59] Prendre le temps de revenir à son corps
- [00:22:58] Comment, adulte, accepter d’être imparfait
- [00:23:57] Où ? Un objectif de s’étendre ensuite ?
- [00:24:14] La connexion à la nature avec Cap toi M’aime
- [00:24:30] Clôture du podcast et appel aux dons pour Cap toi M’aime
Le transcript du podcast avec Marine Chambat et Arnaud Eugster de CAP toi M’aime :
Michel Godart: [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground » et vous retrouverez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story be ».
Jingle: [00:00:16] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne est captée et le son du grésillement se dissipe alors : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».
Michel Godart: [00:00:18] Épisode très spécial aujourd’hui puisqu’il s’agit d’un épisode du Podcasthon, c’est la deuxième année consécutive que nous participons à cette mobilisation internationale de tous les podcasteurices francophones du monde. Et l’idée, c’est de mettre en avant des associations avec un rôle social et un impact social important. Donc, je suis très fier de participer d’une part à cet épisode spécial Podcasthon, et j’ai une deuxième fierté, c’est de recevoir quelqu’un qui se déplace expressément, avec son compagnon, de Suisse pour venir me rencontrer et c’est Marine. Bonjour Marine!
Marine Chambat: [00:00:45] Coucou Michel
Michel Godart: [00:00:45] Je te laisse nous présenter ton amoureux!
Marine Chambat: [00:00:47] Il va le faire lui-même.
Arnaud Eugster: [00:00:48] Bonjour tout le monde, moi c’est Arnaud, je viens de Suisse, compagnon de Marine et je participe aussi à l’association.
Michel Godart: [00:00:52] Alors Marine je le disais, tu as fait le déplacement pour nous présenter un projet, le Podcasthon en général on présente des assos qui sont déjà existantes… Et je me dis, « Ben, à un moment donné, on aura fait le tour de toutes les assos avec autant de podcasteurs dans le monde francophone », je me dis « Mais pourquoi pas présenter une association en création ». Et donc plutôt que de lancer un crowdfunding, sur une page crowdfunding, on s’est dit « Tu sais quoi Marine? Viens me voir à Bruxelles, on va faire un podcast spécial Podcasthon et l’appel aux dons », et je crois qu’il fait sens, et qu’en nous écoutant, les auditeurs et les auditrices vont comprendre à quel point il a un rôle social qui s’y prépare. Un petit mot de présentation sur toi, qui tu es, quel est ton parcours, rapidement? Et puis on va cadrer le sujet avec le qui, quoi, quand, où, pourquoi, comment, et faire l’appel aux dons.
Marine Chambat: [00:01:30] Alors donc, moi je m’appelle Marine Chambat, je suis la co-fondatrice de l’association « Cap toi M’aime », cofondateur avec mon compagnon Arnaud Eugster. Et j’ai un parcours, je pense atypique, en tant qu’enfant et en tant que adulte où j’ai beaucoup cherché, je me suis beaucoup cherchée avant de pouvoir me trouver, des fois en empruntant des sillons qui étaient même dangereux parfois.
Michel Godart: [00:01:48] Des chemins de traverse?
Marine Chambat: [00:01:49] Des chemins de traverse, voilà.
Michel Godart: [00:01:50] On a ça en commun (Rires communs)! Ton compagnon aussi, il a un sourire!
Marine Chambat: [00:01:55] On s’est reconnus comme ça. Oui, et donc en empruntant des chemins de traverse. Et l’idée c’est de se dire « Bah tout le monde devrait pouvoir trouver sa voie, sa place. Et on n’est pas forcément obligé de passer par ces chemins de traverse. Être en réactivité », parce que moi c’est parce que j’étais en réactivité que j’ai pris ces chemins-là, pour pouvoir trouver sa voie. Et donc, en fait l’association « Cap toi M’aime », l’idée c’est de créer un incubateur holistique pour les projets des enfants, des adolescents et des jeunes adultes qui sont motivés, qui sortent des sentiers battus, qui ont un parcours ou un profil atypique.
Michel Godart: [00:02:22] Ta passion, c’est quoi Marine?
Marine Chambat: [00:02:23] Ce que je dis, j’adore surfer avec les émotions, avec les mondes intérieurs des gens, et notamment avec ceux des enfants, je trouve que c’est… J’ai l’impression de faire de l’aïkido tous les jours dans mon travail d’éducatrice où en fait on reçoit l’énergie des enfants et puis comment on joue avec, comment? Enfin voilà, c’est ça ma passion. Leur énergie elle vient, et en fait c’est comment on utilise cette énergie et comment en fait…
Michel Godart: [00:02:44] La leur rendre enrichie, c’est ça? (Marine Chambat: Ouais c’est ça, c’est ça) c’est ça la métaphore que je voulais faire.
Marine Chambat: [00:02:47] Et puis, aussi ce que j’adore c’est comment on peut aller chercher la conscience, derrière en fait, c’est pas un travail du bien-être, on n’est pas en train de faire du bien-être pour les enfants, du développement personnel, c’est un travail de conscience. Comment on peut ramener la conscience qui est déjà présente chez les uns et chez les autres, pour qu’elle puisse illuminer le monde. On a un monde, on est de plus en plus intelligent, et donc on a besoin d’avoir une conscience qui va avec cette intelligence.
Michel Godart: [00:03:06] Alors je vais quand même demander à Arnaud de nous dire un petit mot sur ce qu’il fait dans la vie, et sa passion?
Arnaud Eugster: [00:03:11] Alors moi je suis kinésiologue. Ma passion c’est le corps, le corps humain, mais sous toutes ses formes: ça a été dit « holistique ». Moi j’aime le corps physique, parce que je pense qu’il y a des choses, des mémoires qui s’engramment dans le corps physique et puis qu’on peut les rencontrer, et avec douceur. Et le fait de les rencontrer ça peut les transformer, les transmuter, et on peut devenir un peu plus doux, un peu meilleur, moi j’ai beaucoup été dans la souffrance, dans la dureté. Et ben justement, adolescent, les chemins de traverse ont été assez violents pour moi aussi et… J’aurais envie de tendre la main à des enfants, il suffit des fois d’un petit impulse dans des vies, une rencontre pour changer une vie, et j’ai envie d’en faire partie et je sais que ça m’a aidé. Donc le transmettre aux autres aussi.
Michel Godart: [00:03:50] Alors Marie on va revenir à ton projet, rappelle moi le nom?
Marine Chambat: [00:03:52] « Cap toi M’aime », et toi m’aime c’est M apostrophe A.I.M.E., parce qu’on part du principe que, déjà: s’accueillir, s’aimer, se faire confiance et ben c’est ce qui nous aide à trouver notre voie et notre place.
Michel Godart: [00:04:03] Et le nom il a été choisi pourquoi? C’est basé sur quoi?
Marine Chambat: [00:04:06] On parle beaucoup du décrochage scolaire actuellement. Pour moi c’est de me dire « Ok, le décrochage scolaire mais, ce qui est le plus important c’est, est-ce que l’enfant il n’a pas décroché de sa propre vie? Un décrochage de sa vie finalement? ». Et donc c’est: comment on peut retrouver sa voie, comment on peut retrouver son cap, et comment on peut revenir à soi, apprendre à s’aimer.
Michel Godart: [00:04:21] Ah! Un cap dans ce sens-là, cap orientation, pas « cap » et « pas cap ».
Marine Chambat: [00:04:25] Et « cap » ou « pas cap », il y a aussi ça, est-ce que tu oses être toi-même? Est-ce que tu oses être toi-même? C’est dur quand on est atypique, c’est dur quand on ne ressemble pas à ce que les autres attendent de nous etc. D’oser être soi-même. Mais c’est des enfants en général qui sont d’une telle sensibilité et d’un….Enfin ça me touche quand j’en parle mais, et c’est de se dire « Ose être toi-même, tu as tellement à offrir au monde ».
Michel Godart: [00:04:43] Pas mal, c’est beau, j’aime bien (Rires émus), on a tous des yeux qui brillent là. Alors dans ce que j’entends, je me dis « Mais finalement, on en a parlé dans l’épisode précédent, on va peut-être faire une répétition ici mais je pense qu’elle est importante, parce que les auditeurs et auditrices n’ont peut-être pas écouté l’autre épisode. Est-ce que quand on parle d’enfants, d’adolescents, on n’est pas confrontés tout de suite à une problématique qui est de se dire qu’en fait ils ne font qu’évoluer dans un monde qui est plus grand qu’eux, qui les englobe, et ils sont dans un environnement où il faudrait prendre une approche holistique et systémique pour le comprendre. C’est à dire qu’ils ont des parents, ils ont une famille, un milieu social, une richesse, une pauvreté, une détresse, pas de détresse, on n’est pas tous égaux on le sait, c’est chaud non? Comment on cible? Il y a un public ciblé spécifique ou tu ne fais pas de distinction dès le départ?
Marine Chambat: [00:05:21] En fait, c’est marrant que tu me poses la question et les synchronicités, je ne savais pas comment expliquer mon public, notre public plutôt. Mais c’est le public du radar de l’âme en fait, simplement moi les enfants en général qui sont comme ça je les repère direct quoi. Et je sais que, je le sens en fait, et en fait c’est ouvert à tous ceux qui veulent venir, mais ceux qui ont envie de plus en général, voilà, moi j’arrive à les repérer. Et par rapport à l’environnement, je pense que Arnaud il pourra aussi répondre par rapport à ça mais on hérite de tellement de choses, on hérite de ce qui nous a été transmis dans les générations passées, il y a notre environnement familial qui nous influence, enfin, on est une combinaison de divers facteurs qui font qu’à un moment donné, on va être, réagir, plus ou moins à certaines choses.
Michel Godart: [00:06:02] Tu peux avoir un enfant qui a une intention, une prise de conscience, un éveil, et puis tu as le problème c’est que les adultes ne lui font pas confiance, ne lui donne pas la marge de manœuvre pour établir sa confiance et sa confiance en soi, et ça c’est peut être un gros challenge. Alors à la fin je me dis « Mais finalement, est-ce qu’il ne faudrait pas toi, qui fasses cette démarche, avec ton projet, mais est-ce qu’il ne faudrait pas un deuxième projet pour les adultes?
Marine Chambat: [00:06:22] Certainement, mais il y en a déjà tellement pour les adultes. Et puis nous, je crois que, nous ce qui nous appelle c’est vraiment (Michel Godart: L’enfance), les enfants. Et d’ailleurs, par rapport à ce que tu viens de dire, donc « Cap toi M’aime » c’est aussi un podcast, et dans ce podcast c’est un podcast qui donne la parole aux jeunes, aux enfants, aux adolescents. Et à chaque fois quasiment, les jeunes ils me disent « Mais moi j’en ai marre de ne pas être considéré comme un humain à part entière ». C’est comme si, en tant qu’enfant, ils étaient déconsidérés, ils se sentaient déconsidérés parce qu’ils étaient plus petits, mais c’est pas une histoire de… c’est une histoire d’expérience, mais pas d’humanité, on est tous des êtres infinis au final.
Michel Godart: [00:06:55] Est ce que, finalement, ce n’est pas nos peurs d’adultes qui font qu’on ne laisse pas la place aux enfants et qu’on ne leur laisse pas leur personnalité le plus tôt possible?
Marine Chambat: [00:07:02] Ah ben Complètement. Souvent c’est nos peurs, c’est comme si on se sentait en devoir, oui on a un devoir d’éducation, mais peut-être que ça ce serait à redéfinir et à questionner. Moi, j’ai eu des enfants, ben quand je travaillais dans les écoles démocratiques, où finalement ils répondent avec leur voix, avec qui ils sont pleinement. En fait ils osent être, s’adresser d’humain à humain, comme un adulte s’adresserait à un autre humain. Et en fait, nous des fois, en tant qu’adulte, notre ressource c’est un petit peu notre pouvoir d’adulte où on va répondre en disant « Tu me parles pas comme ça, machin, t’es un enfant (Michel Godart: Ben ouais), je suis un adulte (Michel Godart: Ben ouais) » et c’est de se dire: « Mais, si tu enlèves ça en fait, comment tu peux faire rayonner une autorité et un respect de ta personne, pas par emprise mais par rayonnement? Et en fait l’enfant il va être sensible à ça, il va pas… Oui un enfant questionne les limites tout le temps, c’est normal il est en train de grandir, il est en train d’apprendre c’est quoi que je peux faire ou pas faire? Mais après c’est arrêter d’utiliser son pouvoir d’adulte et ne plus avoir peur en fait, des enfants, c’est comme si on avait peur des enfants des fois.
Michel Godart: [00:07:55] J’aime bien le mot que tu as utilisé, il est très illustratif: l’emprise. En fait les parents ont une emprise sur les enfants, et ça c’est malsain. Et je crois que ce qu’il faut laisser place, c’est le dialogue. Quand j’écoute ton projet, parce qu’on en a parlé un peu avant de venir au micro, c’est ce que j’entends, c’est que tu proposes du dialogue en fait (Marine Chambat: Ouais) à ces jeunes en décrochage. Alors quand on parle de jeunes en décrochage, on parle de quel âge? À partir de quel âge, à quel âge tu es confronté à eux, à leur décrochage et à l’envie de les aider?
Marine Chambat: [00:08:17] Je dirais que ça commencerait plus ou moins vers plutôt neuf ans, neuf-dix ans, et puis après jusqu’à début de la vingtaine, et voilà. Et nous, on a envie de s’orienter sur les trois plans, c’est à dire on part du principe qu’on a plusieurs dimensions de l’être le physique, l’émotionnel et le mental. Et c’est comment les accompagner, leur donner des clés, pour venir nourrir ça, nettoyer le passé aussi avec la thérapie que Arnaud proposera. Parce que malheureusement, si on n’a pas nettoyé son passé, c’est difficile de vivre son présent sereinement et sans être en réactivité. Et ensuite avec le coaching que moi je proposerais, d’accompagner les jeunes dans leur projet pour créer quelque chose qui soit à leur image. Donc voilà, donc il y aura la thérapie, le coaching et aussi ce côté éducation holistique des corps, comment je prends soin de ma tête, comment je prends soin de mes émotions et comment je prends soin de mon physique aussi parce que tout est relié.
Michel Godart: [00:09:07] J’ai l’impression que tu es en train de me parler d’un super pouvoir que tu veux rendre aux ados.
Marine Chambat: [00:09:10] Complètement, complètement, bien sûr.
Michel Godart: [00:09:12] Arnaud, comment tu peux accompagner ces jeunes? Comment tu le vis? Est-ce que tu as envie de partager ça?
Arnaud Eugster: [00:09:16] Ouais je veux bien partager, je veux bien partager. Déjà, moi j’en accompagne quelques-uns dans mes séances en kinésiologie et, et je vois que, déjà tu parlais de dialogue, je vois déjà une écoute, mais une écoute sincère, une écoute du cœur, une écoute de l’âme comme tu as dit. Ça fait vraiment, déjà il y a une reconnaissance de qui il est, juste avec la posture et une écoute je dirais vraiment, saine, sans jugement, sans conseil, sans vouloir solutionner juste « Ah ouais, voilà tu es là » déjà, ça c’est hyper curatif, c’est hyper, je dirais, thérapeutique, c’est déjà énorme. Et puis après, moi je reviens au corps, au mouvement, à la respiration, à revenir au moment présent. Et après, je suis en train d’étudier là par exemple la psycho-généalogie où ils disent le mot « adulescent »: adulte et adolescents, en même temps. Dans les vieilles tribus, il y avait vraiment des rituels de passage, qu’on a un peu oublié, des choses voilà, à treize ans tu deviens adulte, à quelque part il y a un rituel, il y a l’homme qui conseille le masculin, la femme qui conseille le féminin, des conseils qui se donnaient entre générations, qu’on a perdu. Et ben c’est peut-être aussi de revenir à ça, et je me disais quand je vous écoutais parler, aussi dans la conscience, dans les décisions qu’ils prenaient, dans les tribus primaires et tout ça, c’était des décisions qui prenaient pour les sept générations suivantes. Maintenant, on est beaucoup dans l’instant, ça va vite (Michel Godart: Et la patience), tout va très vite (Michel Godart: Et l’impatience), et l’impatience ouais
Michel Godart: [00:10:27] L’impatience et la patience!
Arnaud Eugster: [00:10:29] L’impatience et la…. Exactement, exactement, on oublie d’écouter, ce qui se passe. On en parlait tout à l’heure tu vois, d’écouter les réponses de la vie au fait, et du vivant, et c’est peut-être de revenir à ça, ralentir un peu. Ça va vite, les enfants ils sont stimulés à plein de niveaux.
Michel Godart: [00:10:42] C’est le moment de se calmer. Mais le problème c’est que pour l’instant, ce que je constate, c’est que les parents qui sont confrontés à un enfant qui va à 300 kilomètres/h parce que son cerveau grandit et les adultes comprennent pas, on dirait qu’ils sont bêtes ou quoi mais, les synapses se créent, se multiplient, donc c’est logique que ça part dans tous les sens, c’est sain, c’est serein, c’est être en bonne santé. Et le réflexe qui me choque, c’est que ses parents, ils vont voir leur médecin en disant « Tu sais quoi, mon enfant il est hyperactif », et on va lui donner des cachets pour le calmer parce qu’il est hyperactif quoi! je veux dire, mais c’est le préliminaire à la drogue! Et après ce sont les mêmes parents qui vont s’étonner que leurs gosses vont avoir recours à des substances interdites ou illicites parce qu’il y a une détresse, alors je n’excuse pas et je couvre pas ça, et je ne cautionne pas, ne me comprenez pas mal, mais je veux dire, ne semons pas les grains, nous en tant qu’adulte, déjà, tu n’as pas une pathologie parce que tu es hyperactif, on est d’accord? J’entends dans ton discours, si je te comprends bien c’est, non, ce qu’il faut faire c’est: prendre le temps et laisser le temps au temps, et calmer le jeu, leur faire prendre conscience que ce silence qu’ils peuvent instaurer entre deux phrases, ça peut leur être riche!
Arnaud Eugster: [00:11:39] Il y a de ça, puis d’écouter, s’ils sont hyperactifs, simplement de laisser le vivant opérer quoi, et de ne pas l’étouffer avec des médicaments, de ne pas l’étouffer avec des solutions, des ordres ou des, ou des lois, ou des règles, qui sont saines aussi. Mais non, laisser le vivant opérer, et s’il est hyperactif, il va être créatif à un moment. Et le laisser retoucher à ce qu’il aime quoi, vraiment, ça c’est important!
Michel Godart: [00:11:58] Et là on est dans un vrai, vrai, véritable rôle social, et c’est ce qui fait que cet épisode a toute sa place dans le Podcasthon et dans la sensibilisation à une cause. Parce que moi je vois ça plus qu’une éducation, plus loin que votre projet, moi j’y mets carrément le titre et le mot de cause, parce qu’il y a une détresse dans la société actuellement. Vous la ressentez cette détresse tous les deux? C’était ce qui vous a motivés?
Marine Chambat: [00:12:16] Ouais, on la ressent, fort. Du côté des parents, du côté des enfants, l’incompréhension, les gap. On demande aux parents d’accompagner leurs enfants sur des choses qu’ils ont eux-mêmes pas accompagnés pour eux-mêmes en fait. Donc on leur demande d’être outillés pour des choses où ils n’ont pas les outils pour eux-mêmes.
Michel Godart: [00:12:32] Ça me fait penser à l’univers de l’informatique. Tu sais en informatique, quand tu as un client qui te pose des questions bêtes, en fait les blagues entre copains, qu’on ne dit pas devant le client évidemment, mais entre nous, entre copains, quand j’ai travaillé c’était « RTFM, Read The Fucking Manual » et à la fin tu te dis « Mais, il est où ce fucking manuel pour apprendre à être parent? Qui a pensé à l’écrire? Il est où le manuel? ». Et je crois que quand on est parent, il se pose la question de « Est-ce que je suis un bon père? Est-ce que je suis une bonne mère? » Mais qu’est-ce que c’est que d’être un bon père ou une bonne mère? Est-ce que vous pouvez essayer de répondre à cette question que les adultes se posent?
Marine Chambat: [00:13:00] Et ben.
Michel Godart: [00:13:00] T’y as pensé?
Marine Chambat: [00:13:01] Ouais, justement, des fois on recherche un petit peu des outils, qu’est-ce qu’être un bon père ou une bonne mère, c’est: avoir les outils ou avoir des qualités qu’on pourrait développer. Et en fait, pour moi, c’est vraiment déjà travailler sur sa posture, il y a tellement une grosse différence. Enfin, moi je vois dans mes accompagnements avec les enfants, la différence que je fais c’est dans ma posture, il y a des choses qui deviennent possibles parce qu’à un moment donné, intérieurement, beaucoup de choses se passent à l’intérieur en fait (Michel Godart: Dans les tripes) ouais, dans les tripes, dans le (Michel Godart: Dans le coeur), dans ce qui émane, dans le cœur, etc. Et donc, pour moi être un bon père et une bonne mère c’est déjà, comment je peux travailler sur moi pour aller nettoyer mes blessures, pour aller apaiser mon intériorité, pour qu’ensuite en fait ça émane et ça dégage avec mon enfant. Donc ça c’est, pour moi c’est une des clés de base, et après les outils ben c’est des marteaux et des clous quoi. Enfin, ils fonctionnent si à l’intérieur on.
Michel Godart: [00:13:48] On se questionne suffisamment que pour bien les employer!
Marine Chambat: [00:13:50] Voilà, c’est ça.
Michel Godart: [00:13:51] Et tu as remarqué que dans ma question, elle est provocante hein? Où est le manuel du bon papa et de la bonne maman? Parce que comme si on était obligé d’être un bon papa et une bonne mama. En fait, en sous-entendu on pourrait dire ça, la question que je pose aux auditeurs et auditrices: avez-vous envie d’être un papa et une maman parfaite? Est-ce que c’est ça le but? Est-ce qu’à un moment donné on devrait pas tous lâcher prise et se dire j’ai le droit de pas être parfait, j’ai le droit d’être imparfait, et mon enfant pour lui l’observer c’est aussi un apprentissage et c’est peut être lui mettre moins de pression parce qu’il a le droit lui aussi, si son père ou sa mère n’est pas parfait, de se dire j’ai aussi le droit d’être pas parfait, j’ai pas une perfection absolue à atteindre, un but ultime à atteindre, on est humain et nos erreurs nous rendent forts, nos erreurs sont des leçons. Tu en penses quoi?
Arnaud Eugster: [00:14:26] Ben j’en reviens justement, c’est rigolo mais au dialogue au fait, et à oser ses peurs et à oser les reformuler aux enfants, à oser les montrer, à oser être vulnérable devant nos enfants.
Michel Godart: [00:14:35] Est-ce qu’un homme peut pleurer?
Arnaud Eugster: [00:14:36] Est-ce qu’un homme peut pleurer, ouais, exactement, exactement. Et même les verbaliser pour qu’ils puissent les comprendre et les faire, moi j’aime bien dire faire monter à la conscience quoi. Et l’enfant il est capable de comprendre, bien sûr il y a une prise de mesure à avoir, mais je veux dire, il a les capacités de comprendre tout ça. À force de vouloir être parfait, on bloque tout, et on bloque même l’échange avec l’enfant. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’il y a aussi 10 % de verbal soit disant et nonante pour 100 de non verbal, donc on parlait de la posture, de ce qu’on dégage, de tous les outils qu’on peut utiliser pour revenir dans une bonne vibration énergétique. Mais voilà, d’oser être j’ai envie de dire, oser être!
Michel Godart: [00:15:07] Mais on disait tantôt avec Marine, le système est vicieux, parce que même si tu as envie de prendre cette posture en tant que parent, tu as le système scolaire classique et archaïque qui vient, et qui fait quoi? Il met des points, des côtes! Et donc cette notion toujours se surévaluée, de jouer, de surenchérir, d’être le meilleur de la classe, d’avoir la meilleure note que, le meilleur point que, mais c’est malsain à mort. Comment est-ce qu’on peut combattre ça Marine dans ton projet? (Marine Chambat: Ben je dirais que…) Ce n’est pas là une des causes du décrochage tu crois?
Marine Chambat: [00:15:33] Alors c’en est une. La première, en tout cas à Genève c’est aussi les conditions familiales, qui font qu’à un moment donné, un enfant il n’a plus la disponibilité intérieure pour suivre l’école. Et puis la deuxième c’est les profils atypiques, voilà. Après, pour moi je dirais ce serait de, et nous c’est ce qu’on cherche à faire avec l’association « Cap toi M’aime », c’est de défocaliser sur l’école et de juste ouvrir le champ des possibles et des perspectives. « Ok, dans ce système-là, ça ne fonctionne pas forcément pour toi, mais en fait il y a plein d’autres choses que tu peux faire » et c’est comment on ouvre ça en fait, on défocalise, on amène plus de vastitude et je pense que ça, c’est comme ça qu’on aide. Et on apprend à l’enfant en fait à s’aimer, à avoir confiance en lui, en ce qu’il fait. Et ensuite c’est beaucoup plus facile en fait (Michel Godart: De grandir), de grandir, (Michel Godart: De grandir tout simplement), exactement.
Michel Godart: [00:16:14] Quand a commencé l’aventure, ben elle est en train de se faire, de se créer, de naître. Vous avez besoin de fonds, alors pourquoi est-ce que vous auriez besoin de fonds financiers? C’est évidemment couvrir les heures de travail, c’est pas négligeable le temps que vous devez mettre pour préparer un tel projet, mais est-ce qu’il y a d’autres ambitions derrière? Est-ce qu’il faudra des locaux? Une fois que tu es prête avec Arnaud, comment ça va se mettre en place dans la pratique? Comment vous vous voyez fonctionner, à partir de quand, quel budget il faut atteindre pour démarrer? Vous avez déjà pensé à tous ces aspects-là ou c’est encore en création, c’est encore trop tôt?
Marine Chambat: [00:16:40] On est encore vraiment en création, mais l’idée pour l’instant ce serait, ben déjà de faire un accompagnement sur Genève, là où on vit où proposer.
Michel Godart: [00:16:46] En déplacements dans des écoles ou chez vous, ou?
Marine Chambat: [00:16:48] En se déplaçant auprès des enfants (Michel Godart: D’accord), directement
Michel Godart: [00:16:51] Quitte à aller chez eux, dans leur famille?
Marine Chambat: [00:16:52] Quitte à aller chez eux dans leur famille, ou alors de les faire venir aussi dans les cabinets. Donc ce serait plutôt, comment dire…
Michel Godart: [00:16:57] De la consultance de coach en fait?
Marine Chambat: [00:16:58] Ouais de la consultance, exactement. Mais après à terme, ce serait d’avoir un lieu où on puisse les accueillir, et en fait qui puisse vraiment développer tout ça sur un temps donné, un espace, etc, qui puisse vivre en fait ben: comment je prends soin de mes corps au quotidien et j’apprends à l’incarner en fait dans mon quotidien, je suis suivie, etc. donc voilà.
Michel Godart: [00:17:17] Dans ton rôle, parce que tu m’as dit que tu étais kinésiologue, et d’ailleurs j’aimerais que tu me fasses une petite définition de cette particularité d’énoncé de kinésiologue.
Arnaud Eugster: [00:17:24] Le kinésiologue il travaille avec un test musculaire, avec le corps on pose des questions au corps, puis qui va nous donner des réponses spontanées, sans passer par la tête ni par les émotions, de ses besoins du moment. Et après on travaille de manière holistique, on travaille sur les ressources aussi, sur la capacité de résilience, on travaille aussi sur l’auto régulation, redevenir autonome, et ça c’est très important pour nous aussi. On travaille sur des instants coaching aussi justement, comme disait Marine, mais moi je dirais que je
Michel Godart: [00:17:51] Toi tu veux faire bouger le corps?
Arnaud Eugster: [00:17:52] Ouais c’est ça, c’est ce que j’allais dire. Ça c’est ma particularité en cabinet, mais c’est vraiment une question, c’est des séances complètes, mais après moi je reviens souvent dans les pratiques, les pratiques du quotidien, les pratiques du corps, qui sont essentielles pour moi. Et le matin, que ce soit par un chi gong, ou un tandava, ou une méditation, mais vraiment de revenir dans des petits rituels qui ancrent. On parlait d’incarnation, qui ancrent dans le corps, qui permettent d’avoir un alignement, la pensée juste au bon moment et puis équilibrer le corps physique, les émotions et la tête. On parle beaucoup de charge mentale actuellement (Michel Godart: Énormément), ouais beaucoup. Ben justement, en kinésiologie on peut aussi faire redescendre cette charge mentale, justement en redescendant par des petits rituels. Et je pense que c’est d’apprendre à l’enfant, déjà de mettre ça en avant, et après il va connecter ce qu’il aime beaucoup plus facilement. Il va pouvoir vraiment redevenir responsable et, mais responsable dans le bon sens, on a un mot, ça a toujours plusieurs sens les mots, et ça dépend de la manière dont on le dit, c’est pas responsable de la manière dont peut-être on me l’a appris, à moi, mais c’est juste responsable de mes émotions, responsable de ce que je ressens.
Michel Godart: [00:18:54] Je me reconnais dans le miroir
Arnaud Eugster: [00:18:55] Je me reconnais, et je te vois, exactement.
Michel Godart: [00:18:58] Ouais j’aime bien l’image, c’est sympa, ça me parle immédiatement quand tu parles de ça (Arnaud Eugster: Oui ). Est-ce que vous avez identifié des freins? Évidemment il y a les parents hein? Si tu vas leur dire un truc pareil, « Qu’est-ce qu’ils vont faire avec mes enfants? C’est une secte, ils utilisent des mots bizarres », non? Il y a un peu cet aspect de rejet, non? Il y a des freins?
Marine Chambat: [00:19:13] Oui, il y aurait des freins potentiels, ben justement dans ce qu’on propose, nous on propose quelque chose de mystique aux enfants dès le plus jeune âge. D’ailleurs par rapport à ça, je voulais faire une parenthèse, les corps, enfin, donc physique, émotionnelle et mentale, en fait tous les corps ils ont les mêmes besoins que notre corps physique: ils ont besoin de se reposer, ils ont besoin d’être nourris, ils ont besoin de mouvement, etc. Et donc nous c’est comment on partage ça aux enfants, au travers de groupes en fait, réguliers, qu’on fait hebdomadaires, pour qu’ils puissent en fait apprendre à nourrir leur corps émotionnel, à nourrir leur mental, à nourrir, voilà etc. Donc ça c’est ce qu’on veut mettre en place, c’est les pratiques dont Arnaud a parlé, et donc potentiellement les freins aussi c’est l’investissement que ça représente en se disant « Bah mince, investir… »
Michel Godart: [00:19:54] La confiance d’abord (Marine Chambat: Ouais, la confiance ouais, clairement). La confiance des parents, la confiance d’enfant, ça c’est un premier investissement, avant même l’argent.
Marine Chambat: [00:19:59] Complètement. Est-ce que je confie mon enfant à ces personnes-là? C’est pour ça qu’on a créé ce podcast, pour que les parents ils puissent aussi voir (Michel Godart: Entendre), entendre ce qui se passe, comment on travaille, quelle est notre vision. Freins de l’investissement aussi, de l’argent, et puis le frein aussi des enfants de, ben ça demande en fait du temps. Aujourd’hui, on est dans une société un peu consumériste et puis du « tout tout de suite ». Et c’est comment enseigner aux enfants en disant « Ben, ouais ça prend du temps en fait d’apprendre à gérer ses émotions ». En fait souvent, par exemple là les derniers accompagnements que j’ai fait, il y avait beaucoup de « J’ai du mal à faire des efforts, je veux les choses tout de suite. Si j’y arrive pas tout de suite et bah je laisse tomber ». Et en fait j’ai l’impression que c’est quelque chose qui est très récurrent, dans la nouvelle génération, parce qu’ils ont, voilà cette habitude de zapping, et donc l’idée c’est, ouais ça, ça peut être aussi un frein. Et puis comment leur enseigner un peu la discipline et tout ça
Michel Godart: [00:20:44] C’est la patience qui est le gros frein chez l’enfant? c’est cette question de réapprendre la patience quand on n’a plus l’exemple de la patience, d’une part des parents. Parce que quand je lis les études qui ont été faites pour comprendre les comportements humains, tu te rends compte que les gens passent trois secondes avant de décider s’ils vont rester sur un site Internet ou pas, qui mettent 23 secondes pour décider s’ils lisent un post LinkedIn ou pas, enfin tu comprends. Tout est à la microseconde et à la seconde quand il nous faudrait entendre plutôt « Mais moi je prends 1 h de mon temps pour réfléchir à qui je suis ». Qui actuellement, je vais peut-être être surpris, j’aimerais être surpris par la réponse en commentaire, qui prend actuellement, minimum 1h chaque jour, pour penser: où j’en suis, ce que je fais, où en est ma vie et ce que je veux faire demain? Est-ce qu’on peut tous se dire « À partir de demain? Chaque jour je prends 1 h pour y penser? » Est-ce que c’est utopiste ou c’est envisageable? Et la réponse à cette question, si elle n’est pas positive, je trouve qu’elle est interpellante, parce que ça voudrait dire qu’on n’a plus 1h à s’accorder à soi-même. Qu’est-ce que tu en penses?
Marine Chambat: [00:21:34] Mais j’imagine que c’est ce que je consacre quand je fais mes pratiques, et encore je…
Michel Godart: [00:21:38] Tu vis ta passion.
Marine Chambat: [00:21:39] Ma passion et puis les pratiques au quotidien, enfin j’estime que si on veut partager ça aux enfants, on doit aussi l’incarner, donc il y a ça.
Michel Godart: [00:21:45] En dehors du fait que c’est ta passion, maintenant que tu veux ce projet, mais est-ce que tu pourrais prendre 1h de temps, un luxe de prendre 1h de temps pour te dire chaque jour « Je me regarde dans la glace et je me dis qu’est-ce que je fais là? Est-ce que je suis alignée? Est-ce que je me sens bien? Est-ce que les choses me parlent? »
Arnaud Eugster: [00:21:57] Ça me fait penser, je rebondis juste, ça me fait penser…
Michel Godart: [00:21:59] Oui bien sûr, j’allais te poser la question de toute façon!
Arnaud Eugster: [00:22:02] À l’ennui, tu sais. Les enfants qui apprennent à s’ennuyer, qui apprennent à reconnecter, à jouer avec un petit bout de bois en bord de forêt (Michel Godart: Exactement), à être créatif tu vois? (Michel Godart: Exactement). Et là, ça vient au fait, mais si on ne prend pas ce temps-là, on n’apprend pas, ou on ne prend pas ce temps-là, et bien peut-être que la créativité elle diminue, peut-être qu’on oublie, et puis on est pris par une inertie, ce qui est ok hein? Avec les temps actuels, on voit ça, tout va très vite, et en même temps c’est un apprentissage. Et moi ce que je dis à mes patients, qu’ils soient adultes ou enfants, c’est des fois d’essayer de, justement, s’arrêter des fois même, entre les choses qu’on fait. Je fais une tâche, 1h et demie de temps, je suis au bureau, je vais changer de tâche, je m’arrête cinq minutes, je reprends des respirations, je reviens au corps, qu’est-ce que je ressens, est-ce qu’il y a des émotions? Tout simplement. Et puis hop, je me mets au service de la tâche suivante, je me mets au service de la rencontre suivante, je me mets au service de… Et ça ouvre des espaces, et le faire trois ou quatre fois dans la journée, cinq minutes, parce que 1h ça peut paraître long, et poum, et poum, ça opère des changements.
Michel Godart: [00:22:58] Je suis ravi que tu fasses cette réflexion et cette intervention parce qu’effectivement moi j’ai pris 1h de façon symbolique, mais évidemment, cette heure elle peut être répartie. Mais l’essentiel ici, c’est quoi, c’est comme tu le dis, c’est de faire le décrochage, de prendre une distance et d’avoir surtout, et surtout, le moment de la réflexion de se dire « J’ai pris conscience d’une erreur que j’ai faite, et est-ce que je veux la corriger ou pas? Est-ce que je suis bien avec cette erreur ou pas? Quelle leçon j’en tire et comment je me grandis avec cette leçon? ». On est dans le monde de l’entreprise, en tant qu’adulte, confronté à des évaluations, à toujours être rentable, être productif, mais qui encore prend le temps de se dire « Je n’ai pas le droit à l’erreur, j’ai le droit à une erreur, qu’est-ce que j’en apprends de cette erreur, qu’est-ce que j’en fais et comment est-ce qu’elle me grandit? ». Voilà, c’était un peu le message que je voulais lancer.
Marine Chambat: [00:23:37] Et puis tu vois, pour rebondir là-dessus, regardons aussi le temps qu’on passe, en plus les écrans nous permettent de calculer ça. Finalement, on les a les heures (Michel Godart: Ben oui), parce que quand on regarde le temps qu’on passe, par exemple, je sais pas, sur les réseaux sociaux ou ce genre de choses, et bien en fait à la fin de la journée on se rend compte que c’était des micro-pratiques de réseaux sociaux de cinq minutes (Michel Godart: Oui) qui cumulées, font peut être plusieurs heures.
Michel Godart: [00:23:57] C’est ça? Où est-ce que vous êtes actifs? Genève? Mais l’ambition est de grandir et de faire des petits, de grandir vous, ou plutôt de contaminer d’autres?
Marine Chambat: [00:24:04] Pour l’instant on se situe à Genève et on veut opérer à Genève parce qu’on en est au début, par contre à terme on aimerait bien trouver un endroit dans la nature, on sait pas si ce sera en Suisse ou ailleurs.
Michel Godart: [00:24:14] La connexion à la nature dans votre projet est l’évidence.
Marine Chambat: [00:24:17] Ben ouais c’est, la nature elle permet vraiment d’apaiser le système global, donc oui c’est essentiel et on souhaite l’intégrer pour qu’ensuite on puisse accueillir des jeunes, voire proposer des voyages initiatiques à vélo. Parce que nous, on est très voyage à vélo, tout ça.
Michel Godart: [00:24:30] Je sais que les thérapeutes, quand tu es en burnout, ils te conseillent en premier lieu d’aller te reconnecter la nature et de faire des balades en nature hein? Les bons thérapeutes, avant même de prendre un antidépresseur, c’est marquant quand même, ça veut tout dire! Ok, alors on va clôturer tout doucement cette interview, j’ai plein de frustration parce que je crois qu’il y a encore tant de choses à débattre et à dire, et je pourrais parler avec vous pendant des heures, vous êtes passionné, je suis passionné. Ce qu’on va faire c’est que: on n’a pas encore un site Internet, il est en construction, on va travailler dessus. Restez attentifs, venez voir cet épisode de temps en temps, dans le texte à un moment donné on va rajouter le lien vers le site Internet. Mais ce qu’on va déjà faire c’est mettre un lien pour pouvoir faire des dons, parce que vos dons vont pouvoir aider ce projet à naître, à vivre, à porter son nom, ses couleurs et son ambition, et à réussir. Et alors le petit cadeau supplémentaire, si vraiment vous n’avez pas les moyens, il y a une autre solution, prenez ce podcast, partagez-le, likez, commentez-le, faites-le circuler dans votre réseau, faites-le circuler autour de vous, qu’un maximum de monde l’écoute et qu’il puisse participer à ce qu’à un moment donné, quelqu’un qui a les moyens puisse faire un don et rentrer dans l’action du Podcasthon. Petite cerise sur le gâteau dans ce podcast, il y a un lien dans le texte descriptif, qui est un lien vers un message vocal. Sur ce lien, vous autorisez votre navigateur à accéder au micro, c’est important, vous enregistrez votre jolie voix avec un beau micro, vous pouvez réécouter avant de l’envoyer je vous rassure, ça ne part pas tout de suite. Vous mettez votre email, vous faites envoyer, et nous on reçoit un message vocal. Et si dans votre message vocal vous dites « Je veux bien qu’on partage ma voix sur les réseaux », votre réaction à ce podcast, on le mettra en commentaire quand on publie le podcast sur les réseaux sociaux et les gens pourront vous écouter comme si vous étiez en live avec nous en train de réagir au podcast, on peut vous laisser des messages, des remerciements, de la gratitude, vous poser des questions. Et si vous ne dites rien, alors j’enverrai le lien vers le message vocal à Marine et Arnaud, ils écouteront, et ils répondront en privé puisque vous aurez à ce moment-là souhaité une réaction en privé. Merci de votre écoute attentive et on se retrouve bientôt, et certainement l’année prochaine, pour encore une action Podcasthon Marine, bon retour en Suisse, Arnaud pareil (Arnaud Eugster: Merci), et merci infiniment de s’être déplacés.
Marine Chambat: [00:26:16] Merci à toi Michel (Arnaud Eugster: Merci beaucoup).
Jingle Outro: [00:26:21] Recherche de fréquence radio (mode anciens postes de radio : grésillements), une chaîne est captée et le son du grésillement se dissipe alors : on entend « You’r listening The Podcast Factory ».
Michel Godart: [00:26:23] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground » et vous retrouverez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story be ».
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