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À côté de moi, j'ai une secouriste et que les secouristes, sans eux, aucun événement ne serait possible. Alors je vais te laisser nous dire quel est ton prénom. Patricia Wéry: Je m'appelle Patricia. Michel Godart: Tu es infirmière, tu es secouriste? Raconte-nous! Patricia Wéry: Je suis secouriste et pédicure médicale, c'est mon métier. Et je suis secouriste volontaire depuis quelques années maintenant. Michel Godart: Pour le Relais pour la Vie? Patricia Wéry: Non. J'étais une fois pour une autre association et maintenant j'ai intégré cette association-ci qui est HHT. Demain j'ai ma fille qui vient avec, elle a quinze ans, elle veut devenir médecin et elle est secouriste aussi (Michel Godart: Waouh), donc elle sera là demain. Michel Godart: Votre rôle, cette tournée, c'est d'être vigilantes, c'est de dépister les faiblesses, les détresses humaines en termes de santé? Patricia Wéry: Exactement. Donc on était à deux, donc il y en a un, il y a toujours quelqu'un en poste secours, qui reste dans le poste secours. Une autre personne, quand on est que deux, qui fait un tour pour voir ce qui se passe et puis on retourne bien là où est le poste secours. Et on reste toujours en contact notre fameux talkie-walkie. Michel Godart: Voilà. Et donc si ça bipe et que tu pars, c'est normal c'est que tu vas (Patricia Wéry: Voilà, exactement) en intervention. On a convenu qu'on interromprait le podcast dans ce cas-là (Patricia Wéry: D'accord). Qu'est ce qui te motive? Patricia Wéry: Il y a un choix personnel, ma grand-mère est décédée quand j'avais neuf ans d'un cancer, en trois mois. Michel Godart: J'en suis désolé. Patricia Wéry: C'est pas grave. J'ai mon frère, un de mes frère, qui vit aux Etats-Unis ben qui vient de m'apprendre qu'il avait le cancer de la peau au niveau de la tête, donc il est en traitement. Et puis bon j'ai ma meilleure amie qui en a aussi et j'ai d'autres connaissances, on va dire des patients, qui sont en récidive pour l'instant. Michel Godart: Tu as la passion de ton métier, mais en plus tu es concerné à multiples reprises. Patricia Wéry: Oui, oui. J'ai travaillé onze ans dans le pharmaceutique avant, j'ai toujours été secouriste, même dans le pharmaceutique. Michel Godart: C'est dans ton ADN? Patricia Wéry: C'est dans mon ADN et je crois que c'est vraiment une volonté qui se transmet puisque ma fille aimerait passer l'année prochaine le concours de l'examen d'entrée en médecine. Michel Godart: Ça te rend fier qu'elle veut suivre cette voie? Patricia Wéry: Oui, je suis très heureuse parce que sa mamie était médecin et maintenant on apprend que, bon, on le voyait depuis longtemps puisque je l'ai formé au benjamin secouriste avant. Elle a un don, elle m'a sauvé la vie quand elle avait neuf ans, je venais de l'apprendre, elle m'a désobstruer à ce moment-là. Michel Godart: Waouh! Patricia Wéry: Et oui! Et maintenant on voit (Michel Godart: Oh mon Dieu) vraiment que c'est sa volonté et je pense qu'elle va aller... Quand elle m'a demandé de devenir secouriste, j'avais arrêté un peu. Je lui ai dit "Écoute, oui, d'accord". Et comme je faisais partie aussi de la protection civile, mais le groupe (Michel Godart: Oui) de volontaires en prévention civile, j'ai demandé via mes contacts s'ils connaissaient une association qui faisait des secours, et qui acceptait les jeunes de quinze ans, parce qu'elle n'a que quinze ans. Avec un BEPS, parce qu'elle a passé son BEP à douze ans, à sa demande. Donc j'ai dit "Oui" Michel Godart: Je suis admiratif de ce que tu me dis là. Patricia Wéry: Voilà, donc heu...(Michel Godart: Je suis scié!). Oui, non, je trouve que c'est bien parce que on a tous une particularité à la maison, c'est-à-dire qu'on a tous un TSA Asperger et un TDAH. Et son frère, un de mes enfants, un de mes fils, mon deuxième fils est plus atteint que les autres, un autistes plus profonds. Et elle l'est elle-même, mais elle est Asperger de haut niveau, HPI très fort. Et je trouve que, se donner, donner l'envie d'aller aider les autres, et aller sur le terrain avant de commencer médecine si elle y arrive, normalement ça devrait aller, et bien ça donne déjà une idée de l'approche vers le patient. Comment on va être (Michel Godart: Exact), et ça fait un bon médecin, ce qui, maintenant, ben c'est triste à dire, des médecins qui ont vraiment une passion, il y a des moments où on se demande quoi. Michel Godart: Oui et puis il y a le côté (Patricia Wéry: Humain) valeurs, (Patricia Wéry: Valeurs). Oui, les valeurs, c'est important. Comme les gens qui sont dans cette catégorie ne supporte pas l'injustice, très émotif (Patricia Wéry: Oui) donc ça nous touche énormément forcément, c'est des choses qui nous parlent au plus profond. Patricia Wéry: Oui, c'est tout à fait ça. Michel Godart: Alors justement, toi qui as cette capacité de perception qui n'est pas forcément donné à beaucoup de monde, comment tu ressens l'ambiance de cet événement, comment tu ressens ta présence ici? Patricia Wéry: C'est très particulier parce qu'on sait que la plupart soit se sont battus, ou se battent encore pour l'instant. Michel Godart: Ou sont des aidants proches. Patricia Wéry: Ou sont des aidants proches, et on connaît la charge en tant qu'aidants proches, on sait exactement, on connaît la charge. Michel Godart: Mentale et... Patricia Wéry: Mentale, et physique, parce qu'il ne faut pas oublier que la charge physique aussi. Et qu'on n'est pas bien, enfin, moi je trouve qu'on n'est pas bien soutenue (Michel Godart: Non) à l'heure actuelle. On nous envoie trop les diagnostics comme ça et puis (Michel Godart: Brut) après. Brut, et puis on est là, on fait quoi? Michel Godart: Comment est-ce qu'on peut améliorer? Parce que je crois que critiquer c'est très facile, proposer des solutions (Patricia Wéry: C'est vite... Oui, c'est ça), c'est un petit peu challenge, un peu plus intelligent. Comment est-ce qu'on peut proposer des alternatives ou des solutions pour que le corps médical prenne, peut-être quoi? Des cours, ou soit sensible un peu plus? Alors on ne mets pas tout le monde dans le même sac (Patricia Wéry: Non, non, non). Ne faisons pas d'amalgame, parce que tout le monde ne se met pas dans un sac unique, il y a des différences, on est d'accord. Mais malgré tout il y a un constat, c'est que c'est pas forcément évident de tenir compte de la différence de chacun pour annoncer un verdict. Qu'est-ce qu'on peut faire comme proposition qui pourrait aider le corps médical à être plus humain? Patricia Wéry: Ils ne sont pas tous inhumains, heureusement. Michel Godart: On est bien d'accord, je l'ai précisé. Patricia Wéry: Il y en a qui vont aller plus doucement. Alors, il faut voir aussi, il y a des personnes où il vaut mieux aller directement, leur dire directement les choses. Michel Godart: Mais ils doivent le cerner parfois en très peu de temps, et se protéger aussi. Patricia Wéry: C'est pas évident (Michel Godart: Non), non c'est vraiment, je crois qu'il faudrait un cours, je ne sais pas s'ils ont un cours, je saurais dans quelques années avec ma fille. Un cours qui les sensibilise vraiment à ça en disant "Bon ben voilà, dans quel cas... Dans ce cas-là, agissez plutôt comme ça que comme ça". Michel Godart: De ce que je connais, on aborde le sujet dans certains cours, mais moi ce que je pense qui manque, et ce serait ma suggestion à moi, c'est de faire aller des acteurs dans les facultés de médecine, avoir régulièrement des exercices de simulation, de pronostic à annoncer. Patricia Wéry: Pour tout hein? Moi, je pars du principe que la personne qui pourrait le mieux former c'est une personne concernée (Michel Godart: Exactement), fait venir des personnes qui ont un cancer, qui ont un TSA. On explique aux futurs médecins, et même aux gens, aux politiques ou quoi que ce soit, on ne va pas le citer, comment on réagit, comment on ressent les choses. Et ce que l'on aimerait bien avoir en retour. Michel Godart: Oui et puis la question qui se pose c'est "Et si c'était à moi que ça arrivait, médecin, d'être de l'autre côté de la chaise et du bureau?". Patricia Wéry: Ben voilà. Et là c'est pas toujours, c'est vraiment une question de sensibilité en disant "Bon, moi je dois l'annoncer, comment je vais faire quoi? Est-ce que je lui dis directement comme ça? Ou bien est-ce que je vais tout doucement?". Maintenant, s'il a vu plusieurs fois le patient, il doit l'avoir cerné pour moi et il doit dire "Bon lui, je vais pouvoir aller directement". D'un autre côté, je lui dit peut-être "Soyez accompagné quand vous venez". Rien que ça, on doit avoir la puce à l'oreille, ça va aller. Maintenant je sais qu'il y a des endroits, je parle en autisme, pour mon fils, le centre de St-Luc, le centre de diagnostic, ben petit à petit nous préparait au diagnostic. On savait, on s'en doutait, mais ils ont été très intelligents. Michel Godart: Crescendo. Patricia Wéry: Crescendo. Pour dire "Bon ben voilà". Surtout quand ça arrive le 23 décembre, "C'est ça". Et je pense qu'il faut vraiment avoir des personnes sensibles qui puissent, et c'est pas évident, c'est ça tout l'enjeu. Mais expliquer dans des auditoires en disant "Bon ben voilà, dans ce cas-là...on ressent" Michel Godart: Oui, et il n'y a pas une règle définie quoi, (Patricia Wéry: Voilà). Et puis on a tous nos vécus (Patricia Wéry: Voilà), même il y aurait une règle définie, moi ma perception ne sera pas la même que la tienne selon nos vécus (Patricia Wéry: Voilà) respectifs. Patricia Wéry: Et ici on parle du cancer. Quand parle d'autisme on se dit que les filles vont réagir d'une manière, les garçons vont réagir de l'autre parce qu'ils vont réagir (Michel Godart: C'est vrai aussi. C'est vrai aussi, ouais) tout à fait différemment. On est plus sensible en filles, les garçons c'est plus carré mais ils craquent après. Michel Godart: Mais là aussi, on ne va pas faire de clichés parce qu'il y a des garçons très sensibles hein? Patricia Wéry: On parle de caméléon et de zèbres et d'ailleurs j'ai une idée qui germe, je pense créer une association même là-dessus, j'ai déjà mascotte et tout. Pour le cancer évidemment ça m'a touché, quand j'ai vu ma grand-mère comme ça en trois mois, la voir partir ça m'a... Michel Godart: Qu'est-ce qui est le plus dur pour toi dans ton vécu? Parce que tu m'as dit que tu n'as pas une personne mais plusieurs personnes touchées dans l'entourage, est-ce qu'il y a un point commun de difficultés qui apparaît de façon évidente? Une récurrence? Patricia Wéry: C'est, pour moi hein je parle. Michel Godart: Dans ton cas, oui. Patricia Wéry: Dans mon cas, quand on me connait, et je pense que ma meilleure amie si elle entend ça, Sylvie, elle va se rendre compte. Je vois très vite les choses, mais surtout dans ce domaine-là. Donc quand j'ai vu ma grand-mère et qu'on m'a dit "Non, il ne faut pas lui dire", ma maman m'a dit "Non, on ne dit pas à ma maman qu'elle a le cancer", j'ai très mal pris, et puis un jour je me suis fâchée, j'ai dit à ma grand-mère "De toute façon, tu vas mourir", et ça, je m'en suis voulu toute ma vie. Parce que c'est moi qui ai annoncé à ma grand-mère qu'elle avait le cancer, indirectement. Et ma grand-mère m'a répondu "Patricia, je le sais", "tu vas mourir donc très vite", et elle m'a dit "Je le sais, je suis au courant et ils me le cachent mais toi tu me l'as dit, tu as osé me le dire et je... Je suis contente, je m'en vais... Michel Godart: Je crois que tu ne devrais pas t'en vouloir. Patricia Wéry: Non, mais ça reste pesant parce que a neuf ans ma grand-mère était ma seconde maman et même plus, d'ailleurs je trouvais que c'était assez fort et c'est un peu... Michel Godart: Ça me touche beaucoup. J'ai vécu la même chose, j'ai perdu ma grand-mère qui était comme ma vraie mère pour moi et dans le même contexte, avec un cancer et des choses horribles et... Sur son lit de mort elle m'a dit "Tu ne seras jamais infirmier". Et j'ai tout fait pour être infirmier, mais mon parcours familial fait que je n'ai pas pu continuer donc j'ai... Patricia Wéry: Ouais voilà. Moi mes diagnostics ont été fait trop tard, par refus, on ne va pas revenir en arrière. Et ben j'aurais pu aller plus loin... Mais maintenant j'ai la relève qui est là donc... Michel Godart: Et ça c'est bien. Alors justement, dans les doses d'espoir, qu'est-ce que tu vois comme espoir? Qu'est-ce que tu vois comme message fort que tu voudrais partager avec nos auditeurs auditrices, qu'ils soient concernés ou non par le cancer ou qu'ils soient simplement accompagnants aussi? Qu'est-ce que tu en as comme message d'espoir? Qu'est-ce que tu peux porter? Patricia Wéry: Moi je dis qu'il ne faut pas perdre espoir, parce que la médecine évolue tellement vite en ce moment. Michel Godart: Ouais. Et avec les IA ça va s'accélérer. Patricia Wéry: Avec les IA, avec les bons qu'on a fait. Quand j'étais dans le pharmaceutique, on est en recherche et développement, il se trouvait qu'on a avancé très vite. Je garde la touche de vraiment cette évolution au niveau pharmaceutique, les recherches, je pense qu'il y a moyen. À un certain moment on va agir, que ce soit au niveau des cellules. Et puis tout ce qui est génétique, on peut voir dans les prises de sang génétiques, qui hélas ne sont pas remboursées, parce qu'il y a un problème de remboursement. Michel Godart: Ça, c'est encore un autre débat. Patricia Wéry: Voilà. Qui coûte très cher mais, j'espère, si on pouvait, à partir du moment où une personne dans la famille proche est décédée d'un cancer ou à une autre maladie Michel Godart: Faire une série de tests. Patricia Wéry: Faire une série de tests, proposer au moins, pas obliger. Pour voir l'évolution et les risques, ben on pourrait peut-être agir bien plus tôt et sauver plus de vies. Michel Godart: Alors ça m'intéresse ce que tu dis parce que, tu sais, il y a le focus sur le soin, la recherche, ça c'est clair et ça paraît acquis pour tout le monde. Il y a aussi la prévention qui s'est récemment installée à petite échelle, à mon goût trop petite échelle, qui sont les tests réguliers pour le cancer du côlon, de la prostate, les mammographies chez les femmes et je crois qu'on peut pas en citer beaucoup plus, ou alors je suis peut-être mal informée. Mais je trouve, et tu parles aussi de la recherche et le développement dans le milieu pharma, mais il y a un facteur qui est bien plus important encore parfois, et on n'en parle pas assez, c'est notre hygiène de vie. C'est quels aliments on choisit d'ingurgiter? Quels sont les contrôles qui sont faits sur les perturbateurs endocriniens? Tout ce qu'on nous met dans la nourriture qu'on appelle les aliments transformés. Et là, je crois qu'il y a un vrai combat à mener, tu es de mon avis aussi ou... ? Patricia Wéry: Je suis entièrement de ton avis. Je vais prendre un simple exemple, il y a deux ans j'avais 38 kilos de plus, j'ai arrêté tout ce qui est sucre raffiné. Le sucre raffiné, ce sont les bonbons, c'est tout ce qu'on ajoute en sucre dans les pâtisseries et des choses comme ça, et on nous donne ça depuis qu'on est tout petits, on ajoute du sucre dans tout. Or, si on apprend à un enfant à manger sans ces fameux mauvais sucres, on peut manger autant de fruits qu'on veut, on ne va pas prendre un gramme, parce que c'est ce que j'ai fait, et c'est reconnu. Et on a constaté à plusieurs que, quand on fait ça on se sent mieux, beaucoup mieux. Il y a plein de choses qu'on n'a plus. Le diabète, ben on va en diminuer le taux, on aura moins de cholestérol, l'effet boule de neige sera moins, tu vois? Donc pour moi, il faudrait vraiment réapprendre à manger aux gens, convenablement, et en fonction de l'âge peut-être ajouter certaines choses, c'est ce que je fais en ce moment. Regarder, ben oui on doit manger un peu moins gras, un peu, mais il ne faut pas non plus supprimer tout, parce qu'on en vient dire "Vous avez du cholestérol, on va devoir supprimer". Mais non, on fait attention, faites attention un peu à... Michel Godart: C'est rééduquer l'alimentaire. Patricia Wéry: Voilà. Je pense que l'alimentation... Michel Godart: Alors il n'y a pas que l'alimentaire (Patricia Wéry: Oui il y a le sport), il y a les produits cosmétiques, il y a, enfin il y a plein de choses Patricia Wéry: Plein de choses. Ben moi j'avais une belle-mère homéopathe donc, il y a du pour et du contre pour l'homéopathie, je soigne beaucoup dans mon métier, ben on va me dire "Tu as une mycose, dis-moi ce que je dois mettre". Moi je vais aller vers les huiles essentielles si on peut, parce que j'ai une formation là-dedans. Je vais toujours privilégier le naturel avant d'arriver à tout ce qui est allopathie. Michel Godart: Est-ce que c'est pas une question de bon sens finalement? Patricia Wéry: Oui, maintenant il faut aussi. Michel Godart: Qu'on a oublié? Patricia Wéry: Il faut aussi ne pas être buté (Michel Godart: Ouais). Je prends l'exemple de mon mari, pour lui donner un médicament c'est très dur, mais il faut se dire que, admettre qu'il y a certaines limites. Encore une fois l'homéopathie a ses limites, l'allopathie, la phytothérapie et tout ça ont leurs limites. Et quand on a tout essayé, et bien il faut passer à l'allopathie. Michel Godart: Moi je dis toujours il ne faut pas les opposer, l'une doit être complémentaire de l'autre (Patricia Wéry: Voilà) et travailler en harmonie quand c'est nécessaire, c'est une balance. Patricia Wéry: C'est une balance. Michel Godart: On est d'accord. Patricia Wéry: On est bien d'accord avec ça. C'est vraiment la chose la plus importante, c'est de trouver vraiment le bon dosage et dire "Bon, ben maintenant on a atteint les limites, donc je dois prendre un médicament donc... J'ai tout essayé avant, ben non, ben maintenant il faut que je prenne. Ok". Michel Godart: Dernière question avant qu'on clôture tout doucement cette interview, parce que je ne vais pas prendre trop de ton temps (Patricia Wéry: Non), je sais qu'il est précieux (Patricia Wéry: Oui) et qu'il est dans la vigilance. Quelles sont les interventions classiques par défaut qu'on rencontre dans ce genre d'événements? Patricia Wéry: Ici, pour l'instant, et j'espère que ça va rester. Michel Godart: Pas eu d'intervention nécessaire. Patricia Wéry: On n'a pas eu d'intervention mais c'est plutôt, ben si on marche de trop, ça va être la bobologie des pieds, ça va être des entorses ou peut-être des ampoules. Michel Godart: Oui, parce qu'on rappelle qu'il y a une marche aujourd'hui hein! Patricia Wéry: Oui il y a une marche et on marche vraiment pour quelque chose d'important. Il y a les ampoules, les... (Michel Godart: Les petits bobos comme l'a dit), les petits bobos et on est là pour ça. Maintenant on est prêt à intervenir pour de grosses choses, on est formés pour, on fera ce qu'on peut hein! Et même quand on fait un poste SOS secours, en général moi j'aime bien d'aller avant, sur le terrain. Bon ici comme, étant de la commune, ben je connais le terrain. Michel Godart: Et rencontrer les gens aussi dans le public. Patricia Wéry: Rencontrer les gens et aller voir le public et faire (Michel Godart: Ouais je vois ce que tu veux dire) un tour, et quand on arrive voir un peu comment ça se passe. Hier, t'as Olivier Debus qui avait fait une vidéo, il l'a posté sur Facebook, moi j'ai tout de suite regardé la vidéo en disant "Tiens, ils ont implanté comment? Où va être le poste secours? Comment on fait venir l'ambulance en, (Michel Godart: Ah ouais donc heu...) quand on a un vent de panique". Ah oui tout est... Michel Godart: Ce n'est pas qu'un métier, il y a la passion derrière. Patricia Wéry: IL y a la passion derrière et le responsable, celui qui a créé HHT, c'est comme ça. On ne fait rien sans au moins penser à : faire en sorte qu'il y ait moins de vent de panique possible et que ça soit le plus discret, qu'on puisse évacuer mais en toute discrétion. Il faut vraiment... Michel Godart: Jauger. Patricia Wéry: Jauger et anticiper. Et ça c'est une formation qu'on a tous, on est souvent passée par une grosse école, je ne peux pas la citer d'ailleurs, on a tous une expérience derrière assez... Et on est en formation régulière, on va encore... Michel Godart: C'est assez rassurant ce que tu me dis. Patricia Wéry: Quand on est secouristes comme nous on est formés. Ici on va bientôt avoir deux journées de formation, on en a régulièrement et on se remet à niveau, on en discute, on a des briefings avant, des débriefings après. Et on voit ce qui va et ce qui ne va pas. Michel Godart: Quelle était la plus grosse épreuve dans ce métier? Patricia Wéry: Moi pour l'instant (Michel Godart: Le plus gros choc) ça va, je n'ai encore rien eu de catastrophique. Je dois dire que ça va, très contente pour ça. Ou bien je ne perçois pas de danger imminent, puis on a le secret médical donc on pourra rien dire non plus Michel Godart: Ouais on est d'accord, on est d'accord. Patricia Wéry: Bon ben moi j'étais en formation, je refaisais mon brevet de secouriste quand il y a eu les attentats du 22 mars. Mon fils aîné était dedans. Michel Godart: Oufff, ouais d'accord. Patricia Wéry: Ça a été assez prenant parce que avoir son enfant qui téléphone de Bruxelles en disant "Maman, on m'évacue", on a beau être secouriste, on n'est pas prêt à ça. Michel Godart: Non, et je dirais même pire, comme tu es secouriste ou quand tu es dans le soin, tu vois aussi les pires situations trop souvent. Patricia Wéry: Oui et d'autant plus. Michel Godart: Donc tu imagines, notre cerveau travaille très vite (Patricia Wéry: Très vite), il ne faut pas le négliger. Patricia Wéry: Et là j'ai, ben comme dans les films je me suis effondré au téléphone. Michel Godart: Je peux comprendre, je peux comprendre. Patricia Wéry: Et puis j'ai appelé mon mari qui est à la police fédérale, justement qui n'était pas très loin, et il m'a dit "Bon ben écoute, ça va, je l'ai vu, il a été évacué mais il est pas passé par les secours". Mais ça c'est, le choc ça a été les attentats. Pour moi, ça a été les attentats et c'est toujours dire "Ben oui". Et je le vis, étant avec un mari, un époux, même s'il est "CALog" et qu'il est plus au service informatique d'une direction, on se rend compte du travail qu'il y a derrière. Eux aussi, et on se rend compte de tout ce qui se passe. Et on est... Michel Godart: Respect à tous ces gens qui sont dans l'ombre et qu'on ne mentionne pas assez je pense (Patricia Wéry: Oui). Dont vous, parce que vous êtes toujours un peu dans l'ombre là hein? (Patricia Wary: Oui, oui, on est toujours dans l'ombre). J'avais envie de vous avoir à mon micro parce que je crois que c'est important. Patricia Wéry: Je vous remercie. Michel Godart: C'est moi qui vous remercie, on vous remercie tous! Alors, j'ai envie de dire, on va clôturer cette interview par un message fort, on va rappeler aux auditeurs et auditrices que le but de cet événement c'est quand même de faire des appels aux dons. Faites un don s'il vous plaît, ils sont bien utilisés et à bon escient. Maintenant je peux comprendre que les temps sont difficiles et que vous n'êtes peut être pas les moyens de faire un don, alors il existe des petites magies dans le format podcast, c'est que vous pouvez partager, liker et commenter ce podcast qui le rendra plus visible. Et le rendre plus visible veut dire qu'il peut tomber sous le regard ou à l'oreille de quelqu'un qui lui, a peut-être les moyens de faire des dons. Donc c'est important ce petit geste de partager, de liker, commenter, on sera bientôt sur toutes les bonnes plateformes de podcast. Et vous pouvez retrouver dans le texte descriptif de cette interview un lien vers un Voice mail. Et dans ce Voice mail, moi je vous invite à faire quelque chose de très important à mes yeux, envoyez un petit message vocal à notre invitée aujourd'hui, qui est à côté de moi ici, pour dire une gratitude, un remerciement, un encouragement, un petit mot gentil, c'est hyper important aussi. Et ça leur fera un bien fou, et ça j'en suis persuadé. Maintenant, si vous avez envie d'utiliser ce lien de Voice Mail pour déposer votre histoire parce que vous êtes confronté à la maladie ou à une difficulté, ou que vous avez des questions, faites-le aussi, on transférera. Tout ce que je peux utiliser comme format que je peux republier en podcast je le fais, mais si c'est un témoignage, mais si c'est une question ou destiné à quelqu'un qui vient à mon micro, je peux le transférer à la personne en direct. Elle pourra l'écouter puisque vous encodez votre email dans l'envoi du message. Merci de votre écoute à tous et à toutes et à très bientôt.