Pierre Léonard – Little Green Dots

Pierre Léonard - Little Green Dots - Kaya

Pierre Léonard – Little Green Dots – Rubrique Kaya. Midoricast : Podcast #198

Pierre Léonard de « Little Green Dots », membre de la coalition « Kaya », et expert, nous donne des clés pour faciliter l’économie circulaire.

Dans ce nouvel épisode de Midoricast, nous accueillons Pierre Léonard, facilitateur en économie circulaire. Ensemble, nous explorons les enjeux de la transition écologique, les solutions concrètes pour les entreprises et les citoyens, et l’importance de la sensibilisation.

Découvrez comment :

  • Devenir acteur du changement : Pierre Léonard partage son parcours et ses motivations pour accompagner les entreprises vers une économie plus circulaire.
  • Comprendre les enjeux de l’ESG : Décryptage des notions clés et dernières réglementations européennes.
  • S’engager pour l’avenir : Les actions concrètes à mettre en œuvre, de la sensibilisation à la participation à des initiatives citoyennes.

De la Fresque du climat à l’engagement citoyen, découvrez des pistes concrètes pour agir et inspirer votre entourage avec Pierre Léonard.

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Séquençage du podcast avec Pierre Léonard :

  • [00:00:18] Introduction et contexte
  • [00:00:35] Présentation de Pierre Léonard
  • [00:01:04] Présentation de « Little Green Dots » par Pierre Léonard
  • [00:01:15] En quoi te différencies-tu des autres offrant les mêmes services ?
  • [00:01:39] Pierre Léonard nous explique la différence entre ESG – RSE ?
  • [00:02:14] La raison d’être de ton écoentreprise ?
  • [00:02:52] Qu’est-ce qui t’a poussé à changer ?
  • [00:03:41] Au niveau de la gouvernance, une fierté ?
  • [00:04:25] Les plaidoyers de Kaya
  • [00:05:15] Pourquoi avoir rejoint Kaya ?
  • [00:06:13] Un changement pour que ton activité ne soit plus considérée comme une alternative mais bien plutôt une normalité ?
  • [00:07:11] Les principaux freins ?
  • [00:10:27] Si tu avais une baguette magique ?
  • [00:11:23] Qu’est-ce que tu souhaiterais dans un avenir proche ?
  • [00:12:44] Comment te sens-tu en tant qu’éco-preneur ?
  • [00:13:10] Qu’est-ce que « Kaya » peut faire d’autre pour toi, pour ton entreprise ?
  • [00:15:03] Clôture du podcast avec Pierre Léonard et appel à action

La transcription du podcast avec Pierre Léonard :

Michel Godart: [00:00:18] Bienvenue pour un nouvel épisode « Midoricast »! « Midori » veut dire vert en japonais, « Cast » pour Broadcast, c’est un podcast qui ouvre aujourd’hui sa rubrique « Kaya » avec, comme invité, Pierre Léonard que j’ai rencontré au salon « Hope » à Namur, il y a deux ans?

Pierre Léonard: [00:00:34] À peu près oui, 18 mois.

Michel Godart: [00:00:35] Alors Pierre, la première question va être de te présenter en quelques mots, ça c’est très important. Dis-nous un peu qui es-tu?

Pierre Léonard: [00:00:42] Alors, je suis, le titre du métier c’est « facilitateur en économie circulaire », c’est un peu ronflant, ça veut juste dire que je vais dans les entreprises, dans les organisations, pour les aider à trouver, par elles-mêmes, grâce à des outils d’intelligence collective, les façons les plus fluides et les plus efficaces d’adopter ou d’approfondir les pratiques de l’économie circulaire.

Michel Godart: [00:01:04] On va dire aussi pour quelle société tu es ici, qui tu représentes?

Pierre Léonard: [00:01:07] La société, c’est « Little Green Dots » qui en fait est plutôt une enseigne qu’une société, puisqu’en réalité je suis consultant indépendant.

Michel Godart: [00:01:15] Ce qui m’intéresse ici, c’est en quoi elle se différencie des autres entreprises offrant le même service en fait?

Pierre Léonard: [00:01:21] Je vais refaire un peu l’historique en deux trois mots: on a commencé il y a environ huit ans avec du zéro déchet. Et puis, petit à petit, je suis monté en compétence, j’ai suivi diverses formations qui ont débordé d’abord sur l’économie circulaire et puis sur tout ce qui est ESG, donc Environnement Social, Gouvernance.

Michel Godart: [00:01:39] Ça c’est bien de le rappeler parce que parfois les gens se disent tiens, on parlait des RSE, maintenant on parle de ESG. Pardon pour l’interruption, mais chapeau de l’avoir rappelé

Pierre Léonard: [00:01:45] Il y a une petite confusion: « RSE », c’est la responsabilité sociale de l’entreprise (Michel Godart: Exact), donc on est plus dans le « S » de « ESG », voilà. Mais ça se recouvre hein, finalement assez souvent, au niveau de la différenciation et en fait c’est plus dans ce qu’on me demande de faire que dans ce que je fais. Dans la mesure où je fais beaucoup de formations de type cours, d’une demi-journée, de sensibilisation, notamment sous la forme d’ateliers, comme des formats de fresque, fresque du climat, mais pas que… Ça on peut y revenir un petit peu plus tard, je pense, dans l’interview.

Michel Godart: [00:02:14] Si on devait te demander de présenter la raison d’être de l’éco entreprise en question, comment tu le présenterais?

Pierre Léonard: [00:02:20] A la base c’est un besoin, mais qui est né chez moi, par rapport au fait qu’on est dans une situation, dans une crise, dans une multi-crise environnementale, on parle beaucoup du climat mais il n’y a pas que ça, il y en a d’autres aussi. Et c’est ce besoin d’y répondre qui est né il y a une dizaine d’années, après que je sois retourné voir un glacier où je m’étais rendu dans les années 1980, et je me suis rendu compte que le glacier n’était plus là, donc ça m’a fait un gros choc. Et puis à partir de là, il y a une prise de conscience qui s’est opérée et voilà, me voilà devant vous aujourd’hui.

Michel Godart: [00:02:52] Ce que tu faisais avant d’en arriver à cette étape, c’était quoi ton métier à la base? Qu’est-ce qui t’a poussé à changer?

Pierre Léonard: [00:02:58] À la base, j’ai une formation de traducteur, langue germanique, et donc j’ai passé une bonne partie de ma vie à traduire des textes dont je n’entendais plus jamais parler. C’est une page qu’on a fini par tourner, pour un métier qui finalement m’apporte beaucoup plus à moi et dans lequel j’ai l’impression d’être aussi plus utile.

Michel Godart: [00:03:15] Est-ce qu’on peut dire que tu as atteint un bien-être en faisant cette transition?

Pierre Léonard: [00:03:19] Un bien être, alors c’est beaucoup dire parce qu’il y a toujours quand même une éco-anxiété qui est là.

Michel Godart: [00:03:24] Oui, (Pierre Léonard: Parce que…) mais il y a une recherche de sens et il y a une réponse (Pierre Léonard: Voilà, alors…) au sens aussi qui se passe!

Pierre Léonard: [00:03:27] Au niveau, voilà c’est ça, au niveau de la recherche de sens, là, j’ai trouvé un travail qui répond vraiment à mes valeurs profondes. Mais comme je disais, plus j’en apprends, plus je me rends compte qu’on est sur une pente très glissante et qu’on continue à la savonner!

Michel Godart: [00:03:41] Au niveau de la gouvernance des entreprises, tu sais que les modèles changent, est-ce qu’il y a une pratique dont tu es particulièrement fier?

Pierre Léonard: [00:03:48] Je ne sais pas s’il faut parler de fierté, mais par contre, je suis content d’avoir aussi un métier qui oblige à ne pas faire du sur place. Il y a toujours des nouvelles choses à apprendre, il y a des législations qui évoluent, il y a des pratiques qui évoluent. Voilà, ici par exemple, on a toute une série de législations européennes qui sont arrivées, obligation de rendre des comptes sur le plan non financier pour les grandes entreprises, bientôt directives sur l’économie circulaire, etc. Donc ça c’est très intéressant parce que, ben justement, ça oblige à mettre ses compétences, ses connaissances à jour en permanence et à rester au fil de l’eau pour ne pas se laisser dépasser.

Michel Godart: [00:04:25] Tu es intervenu au sein de la coalition « Kaya », tu as joué un rôle par rapport au plaidoyer où tu as pris position par rapport à tout ça?

Pierre Léonard: [00:04:31] Non (Michel Godart: Tu peux…), je n’ai pas encore travaillé énormément avec « Kaya ». Par contre, à la marge de ça, je fais partie d’un petit groupe, on se nomme les Fresqueur et donc ce sont des personnes qui donnent des fresques, ces fameux ateliers, et notamment Fresque du climat. Et on a créé avec une douzaine de personnes, un groupe qui s’appelle Fresquons les décideurs, qui est active depuis un peu plus d’un an. Et le but était d’aller sensibiliser les instances politiques, donc au niveau des instituts d’études mais, en fait ça allait des instituts d’études aux conseils communaux, justement, sensibiliser les élus, les responsables, les décideurs politiques à la nécessité de prendre en compte le changement climatique dans leurs politiques par rapport aux élections qui arrivent.

Michel Godart: [00:05:15] Ça veut dire aussi que c’est une des raisons qui t’a poussé à rejoindre « Kaya »? Parce que j’y vois un match parfait, puisque Kaya, comme tu le sais, est une coalition qui joue beaucoup sur le plaidoyer et la sensibilisation du politique.

Pierre Léonard: [00:05:25] Tout à fait. Et c’est d’ailleurs une des choses qui m’a attiré dans le travail de « Kaya », c’est le plaidoyer. Parce que, bon voilà, il y a d’autres organisations qui font d’autres choses, on a les organisations d’activistes comme « Extinction Rebellion », qui ont une (Michel Godart: On les salues hein? Moi je les aime bien) tout à fait différente, qui est nécessaire aussi. Mais ici on travaille, on va directement chercher le niveau des décisionnaires, un peu comme ce que font les Shifters, par ailleurs, avec les propositions de loi, les études qu’ils élaborent pour décarboner l’économie. J’ai vraiment été attiré par cet aspect-là du travail de « Kaya ».

Michel Godart: [00:05:54] Parenthèse aussi par rapport à ça, quand tu me cites d’autres organisations, d’autres mouvements, vous voyez vraiment la complémentarité de chacun, quelle que soit sa différenciation dans son approche.

Pierre Léonard: [00:06:04] On est complémentaires, définitivement (Michel Godart: D’accord), parce que ça permet justement d’aller travailler à tous les niveaux, depuis la rue jusqu’aux instances parlementaires. On couvre tout le spectre des publics possibles, à nous tous.

Michel Godart: [00:06:13] S’il y avait un changement à faire dans un avenir proche, pour que ton entreprise ne soit plus considérée comme une alternative mais bien plutôt une normalité, dans ce système, est-ce que tu as des mesures que tu proposerais?

Pierre Léonard: [00:06:24] Il y en a une, je pense que (Michel Godart: Tu peux en dire plusieurs hein?). Il y en a une en particulier, parce que je me rends compte, au jour le jour, qu’il y a encore énormément de travail à faire au niveau de la sensibilisation (Michel Godart: C’est clair). On reste quand même encore dans un entre-soi hein? On dit « bobo écolo », bon c’est caricatural, mais c’est vrai que le seul moyen finalement de toucher toutes les couches de population, c’est d’aller travailler en entreprise, d’aller sensibiliser en entreprise. Et donc il y en a déjà pas mal qui s’y sont mises, mais, pour certaines le prix reste un point bloquant. Et donc si j’avais une mesure plutôt politique à recommander, au niveau par exemple de la Région de Bruxelles-Capitale, ce serait: mettre en place une prime, spécifique, pour la formation aux questions environnementales. Ça, c’est quelque chose qui manque encore à mon avis.

Michel Godart: [00:07:11] Je vais rebondir sur ce que tu viens de dire, tu parles de « écolo-bobos », c’est un cliché qu’on me répète souvent au micro et qui a, moi, le don de m’énerver énormément, je vais t’expliquer pourquoi. On peut faire trois files, il y a ceux qui observent et qui ne font rien, il y a ceux qui critiquent et puis il y a ceux qui se bougent… Et c’est souvent ceux qui ne font rien, qui passent très vite dans la « Je critique et je mets une étiquette », mais ils feraient peut-être mieux de se questionner sur ce qu’ils font eux pour améliorer. Parce que critiquer c’est facile quand on ne fait rien ou qu’on observe, maintenant il faut peut-être prendre son courage à deux mains, et intervenir, et peut être commencer par arrêter ces étiquettes. Parce que maintenant la mode c’est: dès que tu dissocie par rapport à un groupe, hop tu es « complotiste », hop tu es « écolo bobo », c’est une fuite, moi j’appelle ça une fuite de ses responsabilités. Et j’invite à cette réflexion, c’est mon point de vue, c’est personnel, je n’implique pas ici « Kaya » dans ce que je dis mais voilà, j’aimerais partager ça avec toi. Puisqu’on continue, puisqu’on est dans le chapitre politique, en plein dedans, quels sont les principaux freins que vous rencontrez finalement? C’est quoi la pierre d’achoppement auquel tu te dis « Mais allez, encore une fois, il faut se battre contre ça! ».

Pierre Léonard: [00:08:07] C’est souvent, mais bon, dans une autre vie j’ai aussi été patron de « PME » donc c’est quelque chose que je comprends tout à fait, ce qui se passe c’est que, souvent, les responsables, tout simplement ils n’ont pas le temps. Parce qu’ils sont pris par le quotidien, par la gestion du personnel, par le fait qu’il faut faire tourner la boutique, tout simplement.

Michel Godart: [00:08:23] La tête dans le guidon comme on dit.

Pierre Léonard: [00:08:24] Un peu la tête dans le guidon (Michel Godart: Oui). Et c’est compliqué d’arriver à sensibiliser des « PME », pour cette raison-là (Michel Godart: Ouais, il y a des enjeux qui sont financier aussi). Il y a des enjeux qui sont financiers aussi, effectivement, mais même dans des grosses « PME », il y a encore ce déclic qui ne se fait pas et je pense que c’est par manque de temps pour se sensibiliser, on en revient encore une fois à ça.

Michel Godart: [00:08:42] C’est vrai que ça c’est: le temps ne s’achète pas, et le temps ne se récupère pas, et ça c’est valable en tant que privé que comme en entreprise, c’est une réflexion pertinente.

Pierre Léonard: [00:08:50] Ça c’est un obstacle, alors même que, il faut vraiment très, très, peu de temps pour se rendre compte des avantages que, ben par exemple l’économie circulaire, peut apporter à une entreprise, même à une « PME », même à une entreprise de services (Michel Godart: Et même lui dégager du temps), ce qu’on ne dit peut-être pas assez, et même finalement en se réorganisant, pourquoi pas, se dégager du temps. Et ça peut passer par des nouveaux canaux de distribution, des économies d’énergie, des économies au niveau des déplacements, etc. Enfin, je ne vais pas faire tout le tableau maintenant, mais c’est dommage, vraiment, qu’on ait ce point d’achoppement-là qui empêche ces entreprises de pouvoir s’y mettre.

Michel Godart: [00:09:24] Moi je ferai référence à une simple réflexion à nouveau, c’est que: quand j’observe et que j’échange avec beaucoup d’entrepreneurs à mon micro pour d’autres sujets podcasts sur les ressources humaines ou l’entrepreneuriat, je constate que les feedbacks que je reçois, off micro ou en ligne au micro avec les gens avec qui j’échange, c’est souvent: ben quand on a la tête dans le guidon, on ne prend pas le temps de se poser, on réfléchit pas et on fait souvent les mauvais choix ou les mauvaises décisions. Et en fait c’est une politique, « la tête dans le guidon », qui fonctionne à court terme, mais sur le long terme ça peut avoir des conséquences très lourdes. Et ici, dans le cas présent, je rappelle que avoir une politique à court terme, c’est pas intelligent, parce qu’à un moment donné ça va revenir en effet boomerang, il faudra assumer aussi l’impact financier sur vos entreprises, petites « PME » ou grandes, qu’auront ces changements auxquels on va faire face. Et il faut arrêter de se voiler la face, ça va arriver!

Pierre Léonard: [00:10:05] Tout à fait. Si on prend l’exemple du reporting non financier qu’on évoquait tout à l’heure, ben on y est (Michel Godart: Exact). C’est maintenant (Michel Godart: Exact) qu’il faut commencer à se préparer, et il y a encore beaucoup de gens qui ne savent pas que ça existe ou qui n’en ont pas entendu parler, ou qui se disent on verra. Mais voilà, c’est ceux qui se préparent dès maintenant finalement, qui seront les moins coincés et qui pourront faire le meilleur boulot à la fin quand ça deviendra obligatoire.

Michel Godart: [00:10:27] J’apprécie beaucoup que tu fasses cette remarque, elles sont super importantes, maintenant j’ai envie de te demander: allez, soyons un peu utopiste, tu aurais une baguette magique, tu aurais un super pouvoir, tu ferais quoi? Là tout de suite!

Pierre Léonard: [00:10:37] On a vraiment l’embarras du choix mais, je peux donner un exemple d’une chose qu’on fait justement, à la fin de certains ateliers de sensibilisation, on fait un exercice de visualisation. On demande aux participants de fermer les yeux et on leur dit « Voilà, on est en 2050, la crise climatique est résolue. On a réussi à respecter les accords de Paris, tout va bien. Imaginez que vous vous promenez dans la rue, qu’est-ce que vous voyez autour de vous? », et on les invite à détailler ce qu’ils voient. Et ça c’est, finalement c’est intéressant parce que, on rend, on les projette dans un avenir qui est désirable. Et si j’avais une baguette magique, peut-être que ce serait ça que je ferai, c’est: faire en sorte que tous les récits qu’on entend sur le changement climatique nous parlent, ou la crise environnementale, nous parle ou nous rendent la possibilité d’un avenir désirable.

Michel Godart: [00:11:23] Je me suis posé la question quand je suis devenu papa, ça a fait le lien chez moi, c’est pas ça qui fait le lien chez tout le monde mais je partage ça, je me suis posé la question « Pourquoi je n’ai pas agi plus tôt? », et je me rendais compte qu’en fait on est face à une montagne parce qu’il y a trop de communication négative et on abaisse les bras, on se sent impuissant, on a l’effet de l’iceberg tu vois ? Face auquel on est tout petit, minuscule, face à cet iceberg, sachant qu’il y a encore le double ou le triple en-dessous. Et en fait, c’est pour ça que « Midoricast » est né, c’est pour mettre des gens comme vous à l’honneur, pour montrer ben voilà il y a des gens qui sont inspirants, et ça peut stimuler plus que freiner. Est-ce que c’est un point qui toi te parler? Qu’est-ce que tu souhaiterais dans un avenir proche pour toi finalement?

Pierre Léonard: [00:11:54] Ben pour moi continuer ce que je fais, maintenant j’ai aussi des enfants, et c’est vrai que pour eux, ce que je souhaite évidemment, c’est que… Alors il y a une chose que j’ai pas dite là tout de suite, mais que j’aurais dû ajouter, c’est que les solutions existent. Les technologies existent, spécifiquement pour le changement climatique, on a les moyens de le combattre, et ça passe par des choses qui, vraiment, qui existent. Je peux renvoyer à un site qui s’appelle « Drawdown », « D.R.A.W.D.O.W.N » qui les énumère, et c’est pas toujours des solutions « high tech », c’est pas toujours des usines de captation de carbone, etc. Et donc moi ce que je souhaite, finalement pour mes enfants et pour les générations qui viennent, c’est qu’on commence à mettre, à implémenter ces solutions-là, parce qu’on a encore le temps de réagir, on a encore le temps de limiter la casse. Plus vite on prendra le taureau par les cornes, ben finalement moins il y aura de dégâts, et plus on pourra continuer à vivre sur une planète qui est habitable et accueillante.

Michel Godart: [00:12:44] Comment tu te sens, en tant que écopreneur membres de « Kaya » maintenant? Est-ce que ça change quelque chose pour toi dans…?

Pierre Léonard: [00:12:50] Oui, oui. Oui, oui tout à fait, tout à fait. C’est à dire que (Michel Godart: Moins seul?) voilà, exactement, c’est exactement ça. C’est très, très, chouette de voir qu’on fait partie d’un tout qui est plus grand que soi, qu’on fait partie d’un mouvement de fond, qu’on fait partie d’un mouvement qui bosse, qui est efficace, qui atteint des résultats. Et le fait de faire partie de ce mouvement là c’est, oui c’est, effectivement, tu as mis le doigt dessus, c’est assez réconfortant.

Michel Godart: [00:13:10] Je vais encore faire une remarque par rapport à ce que tu disais juste avant. Il y a des solutions qui existent, mais ce qu’il faudrait aussi faire, c’est peut-être arrêter de dire: ben la solution qui est une amélioration, qui n’est peut-être pas la bonne tout de suite, je pense notamment à l’exemple de la voiture électrique. C’est un exemple fort discutable et qui déclenche beaucoup de débats actuellement, on nous a présenté ça comme une solution, ce n’en est pas une, c’est une légère amélioration. Et finalement on se rend compte qu’il y a d’autres choses auxquelles on n’a pas pensé, on a peut-être été trop vite, c’est un débat que je ne vais pas lancer ici. Mais si on met d’office, dans la critique et à l’écart, toute initiative d’amélioration, ce n’est pas comme ça qu’on va avancer non plus. À un moment donné, il faut être un peu ouvert d’esprit, essayer. On peut se casser la gueule, on rebondit, on tire les leçons, on recommence. Et c’est comme ça finalement que l’évolution de l’espèce humaine s’est toujours faite. Qu’est-ce que « Kaya » peut faire d’autre pour toi, pour ton entreprise?

Pierre Léonard: [00:13:52] Ils sont déjà vraiment au top de ce qu’il y a moyen de faire et, ils sont partout, « kaya » ne se borne pas à Bruxelles, il y a des événements qui se font en Wallonie…(Michel Godart: Et il y a des néerlandophones chez « Kaya »). Il y a des néerlandophones (Michel Godart: On va le signaler aussi, c’est important) aussi, oui. Voilà, même dans des endroits en Wallonie, a priori auxquels on ne pense pas pour des manifestations comme ça. Mais donc, non, je crois que « Kaya » est très bien, très efficace. Éventuellement, peut-être essayer de continuer à recruter un maximum de membres pour, je ne vais pas dire faire tache d’huile, pour…

Michel Godart: [00:14:17] Non mais c’est mon message aussi.

Pierre Léonard: [00:14:18] Plutôt pour faire boule de neige (Michel Godart: Je te rejoins), Voilà.

Michel Godart: [00:14:20] C’est mon message aussi. Et je pense qu’ils sont bien occupés à y contribuer, et j’espère y contribuer avec mes podcasts, à stimuler d’autres qui nous écoutent, auditeurs, auditrices, éco-preneurs, à rejoindre l’ensemble. Aurais-tu un conseil pour un autre éco-preneurs ou une autre écopreneuse?

Pierre Léonard: [00:14:34] C’est maintenant, faut foncer. Même sensibiliser une personne sur une semaine c’est bien, même faire avancer les choses, que ce soit en organisant un ramassage de déchets, que ce soit en défilant avec une pancarte, que ce soit, je pense que tout, voilà, au stade où on en est tout est bon à prendre (Michel Godart: C’est la technique du Colibri). Je voulais dire aussi que… Voilà c’est la technique du colibri, et puis à la fin le colibri, bon il y a deux versions hein? Il y a la version où il meurt épuisé parce que les autres n’ont pas bougé, mais moi je crois plutôt dans l’autre version, tous les autres se disent on va donner un coup de main et finalement, tous ensemble, ils éteignent l’incendie.

Michel Godart: [00:15:03] Chers auditeurs, chères auditrices, on vous invite à rejoindre la masse en mouvement de colibri que nous essayons de créer avec « Kaya ». Et bien entendu, devenez membre, c’est une première action qui est facile à faire et qui peut stimuler la démarche plaidoyer de l’association. Je suis heureux de t’avoir reçu à mon micro, je suis heureux de sentir ta passion, ta motivation et ton envie de changer le monde finalement pour nos générations futures. Et je crois que ça c’est: on dit « Chapeau monsieur, chapeau bas ». Et je te retrouve à mon micro quand tu le souhaites. Les auditeurs et auditrices peuvent te laisser un message vocal, il y aura un lien dans le texte du podcast. Ils cliquent, ils s’enregistrent, ils t’envoient le message avec leur mail. Et s’ils me disent « Je suis d’accord de partager ça sur les réseaux sociaux », et bien je mettrai, quand je poste le podcast en commentaire sur les réseaux sociaux, le lien vers leur intervention, tu pourras les écouter et répondre de la même manière. Ça risque d’être très fun, même si pour l’instant c’est un peu frileux, les gens n’osent pas trop se lancer dans la parole au micro. Mais n’ayez pas peur, on ne mange personne, à bientôt.

Michel Godart: [00:15:57] Ce projet de podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org », avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground », et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be ».

Télécharger ( Click droit : « Télécharger le fichier lié ») ou suit ce lien vers un nouvel onglet pour lire la transcription du podcast avec Pierre Léonard (sans les times codes pour les assistants de lecture).

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