Timothy Doig – REGGLO

Timothy Doig - REGGLO- Kaya

Timothy Doig, REGGLO – Rubrique Kaya. Midoricast : Podcast #194

Une interview inspirante avec Timothy Doig pour le projet REGGLO: nous sommes ravis de vous présenter cette nouvelle capsule de Midoricast, le podcast produit par notre association The Podcast Factory Org asbl.

Cet épisode s’inscrit dans notre engagement pour la transition écologique et la mise en avant des initiatives inspirantes à travers notre collaboration avec la coalition Kaya.
Nous y accueillons Timothy Doig, un écopreneur passionné et membre de Kaya. Cette coalition rassemble des écopreneur·euse·s déterminé·e·s à promouvoir des solutions innovantes pour un avenir durable. Kaya nous propose régulièrement des invité·e·s inspirant·e·s comme Timothy Doig, afin de partager leurs expériences et leur engagement pour l’environnement.

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Timothy Doig nous partage son parcours unique, ses défis et ses réussites dans le domaine de l’écopreneurship. Son récit est une véritable source d’inspiration pour toute personne souhaitant s’impliquer dans la transition écologique. En écoutant ce podcast, vous découvrirez comment des actions concrètes peuvent avoir un impact significatif sur notre planète.

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Ne manquez pas cet épisode captivant de Midoricast avec Timothy Doig. Écoutez, engagez-vous et faites partie du changement avec nous et Kaya, ensemble nous pouvons faire la différence.

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Séquençage du podcast avec Timothy Doig :

  • [00:00:18] Introduction et présentation de Timothy Doig en quelques mots
  • [00:00:57] Est-ce qu’on rentre ici dans le cadre de l’up-cycling ?
  • [00:01:23] Qu’est-ce qui a amené Timothy Doig à cette activité ?
  • [00:01:45] Le profil client, le persona
  • [00:02:18] Qu’est-ce qui vous distingue d’autres entreprises offrant les mêmes produits ?
  • [00:03:16] Le côté « local »
  • [00:04:03] Quel type de produits ?
  • [00:05:29] Et l’aspect architecture d’intérieur ?
  • [00:07:24] Que ce soit en termes de gouvernance, de business model ou de gestion de projet, y a-t-il une pratique dont vous êtes particulièrement fier·e et que vous cultivez ?
  • [00:08:53] Le plaidoyer Kaya
  • [00:10:38] Qu’est-ce qui peut faire la différence pour votre entreprise ?
  • [00:11:17] Timothy Doig, si tu avais une baguette magique, qu’en ferais-tu ?
  • [00:12:29] Pourquoi avoir rejoint la coalition des écopreneur·euse·s Kaya ?
  • [00:13:49] Appel à action pour les auditeur·rice·s et clôture du podcast

La transcription du podcast avec Timothy Doig :

Michel Godart: [00:00:00] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground » et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be »

Michel Godart: [00:00:18] Bienvenue pour un nouvel épisode « Midoricast », alors « Midori » veut dire vert en japonais, « Cast » pour podcast, et c’est une rubrique Kaya – Coalition des Eco preneur et Eco preneuses. Et c’est un éco preneur que je reçois, aujourd’hui, à mon micro chez transforma à Bruxelles, qui n’est autre que Timothy Doig. Un petit mot de présentation sur toi, qui es-tu? Après, on va passer à: quel est le nom de ton entreprise et qu’est-ce que tu fais comme activité? Je crois que c’est important de situer le contexte.

Timothy Doig: [00:00:41] Donc moi c’est Timothy, j’ai 43 ans, j’habite Bruxelles, j’ai trois enfants et je suis designer de formation. Il y a trois ans, j’ai lancé avec mon ami et associé Matthieu Michotte le projet « REGGLO ». Et donc « REGGLO » c’est quoi, c’est de la conception et de la fabrication de mobilier à partir de réemploi, à Bruxelles.

Michel Godart: [00:00:57] Est-ce qu’on rentre ici dans le cadre de L’up-cycling? Donc ce qu’on définit comme up-cycling c’est des choses qui existent, qu’on récupère, et on reconstruit au-dessus.

Timothy Doig: [00:01:03] C’est exactement ça. D’ailleurs, pour la petite histoire, on avait mis comme baseline « Recycler, Local, Design », on avait fait ça volontairement parce qu’on pensait que c’était plus accessible pour les gens de parler de recyclage. Et en fait, effectivement nous on fait plutôt de l’up-cycling, donc on va utiliser une matière qui n’a plus de valeur, ou en tout cas qui en a moins, et on va la revaloriser pour en re fabriquer quelque chose de plus intéressant et du coup allonger sa durée de vie évidemment.

Michel Godart: [00:01:23] Est-ce que tu as une spécificité au départ dans ta formation? Qu’est-ce qui t’a amené à cette activité-là précisément?

Timothy Doig: [00:01:28] Je parle de design produit, donc designer industriel.

Michel Godart: [00:01:31] C’est important de préciser.

Timothy Doig: [00:01:32] Voilà, et donc dans la carrière précédente, on travaillait plutôt dans le secteur du retail, donc des points de vente. On concevait des présentoirs mais aussi du coup l’habillage graphique, et les packaging et ce genre de choses-là, donc c’est toujours très lié en fonction du domaine dans lequel on travaille.

Michel Godart: [00:01:45] Pour illustrer, si je viens à Bruxelles, vous avez une boutique?

Timothy Doig: [00:01:47] Non. On travaille en B2B. On travaille avec des architectes d’intérieur, des architectes, des entrepreneurs, ou des entreprises en direct.

Michel Godart: [00:01:55] Pas pour le particulier?

Timothy Doig: [00:01:56] Non, pas encore pour le particulier (Michel Godart: Voilà). On a voulu démarrer à la base, parce qu’on était très enthousiaste même avec le nouveau concept qu’on lançait, on a décidé après un certain temps de se recentrer sur le B2B. Pourquoi? Parce que ça nous permettait de faire des volumes plus importants et d’avoir du coup un projet qui pouvait avoir une incidence plus importante aussi au niveau durabilité. Et aussi plus facile à gérer pour une petite équipe, pour une startup, plutôt que de gérer des ventes vers les particuliers en tout cas.

Michel Godart: [00:02:18] Finalement, qu’est-ce qui vous distingue d’autres entreprises? Parce qu’en fait, vous êtes confrontés à un marché, et certainement le marché du B2B, qui a des exigences, qui a aussi des préoccupations. Certains ils vont mettre en avant des valeurs, qui n’assume pas toujours, d’autres oui. C’est quoi le challenge qui vous différencie et qu’est-ce qui vous met en difficulté ou qui facilite les choses dans votre démarche?

Timothy Doig: [00:02:36] On a décidé de vraiment se situer un petit peu entre le bricolage sur mesure à partir de bois de palette, pour un petit peu caricaturer, et alors la solution linéaire traditionnelle qui est de la production en grande série à l’étranger. Ce qui nous distingue des solutions existantes, c’est qu’on veut prouver que c’est possible de faire des produits professionnels qu’on peut utiliser dans les aménagements d’espaces à grande échelle, mais sans utiliser de ressources naturelles, en travaillant avec du réemploi. Et donc ce qui nous distingue, c’est notre postulat, c’est d’essayer de dire: envisagez des solutions réemploi professionnel, nous on ne fait pas de compromis, on essaye d’avoir des produits design, de qualité, qui sont réparables, c’est tout à fait une alternative concrète possible au traditionnel quoi!

Michel Godart: [00:03:16] Dans l’up-cycling, l’étiquette qui colle aussi à la peau du concept, c’est « local ». Ici, c’est pas forcément local?

Timothy Doig: [00:03:23] Dans notre cas, si, on essaie de rester très local. Ça veut dire que, nous on est installé à Bruxelles, la matière de base ce sont des cloisons de bureaux en aggloméré. Donc ça veut dire que quand on transforme des bâtiments de bureaux de plus en plus à Bruxelles en logements, ou qu’on fait juste une transformation de plateau, en fait toutes ces cloisons sont démontées et pour l’instant brûlé en fait; incinérées (Michel Godart: Wow). Maintenant bon, ça fait quand même trois ans qu’on est là, et donc il y a des choses qui changent, on n’est pas les seuls non plus. Ça veut dire que ces cloisons, en fait, elles proviennent en général de Bruxelles ou de pas loin. On les transforme à Bruxelles et après on ré équipe des projets qui sont belges principalement. Donc ça reste très local, notre circuit est très, très, court. Par rapport, justement à, ne fut-ce que d’aller acheter de la matière neuve qui est produite peut-être  voilà en Pologne ou ailleurs, peu importe…

Michel Godart: [00:04:03] Quel type de produit je peux trouver chez vous?

Timothy Doig: [00:04:05] En fait on a des produits qu’on a développés nous-même, donc des produits on va dire standards qui sont: des bureaux, des casiers, des tables, des assises. Et en fait, comme on travaille de manière numérique, on peut adapter facilement les dimensions de nos produits, ou concevoir de zéro un produit sur mesure. C’est notre métier, c’est ce qu’on aime faire aussi. C’est le challenge de pouvoir utiliser cette matière, et on en a aussi d’autres maintenant. Ce sont les projets qui étoffe un peu notre catalogue au fur et à mesure, donc ça s’est fait de manière un peu empirique et c’est chaque fois cadré, mais donc ça nous permet de répondre à la majorité des demandes. Et parfois la matière va être limitative et on va peut-être se pencher vers une autre matière, ou on va tout simplement décliner ou rediriger vers un projet qui pourrait solutionner le problème. Parce que, notre idée c’est aussi, ce n’est pas d’équiper tout un plateau avec du « REGGLO » en aggloméré, ça va être aussi de dire « Voilà, envisagez votre projet comme un tout, et il faut faire votre mixte durable, ça veut dire qu’il y a une partie, ça va être du réemploi pur, de la seconde main, parce que vous avez encore une table de réunion en bon état. Les assises des chaises de bureau, ça coûte une fortune et nous, on ne sait pas fabriquer ça en aggloméré. Donc, plutôt que d’acheter du neuf dirigez-vous vers des projets qui remettent dans le circuit des produits de qualité à des prix vraiment imbattables. Par contre, voilà, vous avez envie d’avoir 30 bureaux les mêmes parce que vous voulez un peu de cohérence et nous on veut pas sacrifier non plus le confort au travail et le bien-être, c’est aussi une de nos valeurs. Ben venez chez nous, on peut vous proposer un design de bureau, vous n’avez pas besoin de tiroirs, on ne met pas de tiroirs, etc. Mais du coup, vous aurez un ensemble cohérent et franchement qui fait illusion pour le neuf quoi »

Michel Godart: [00:05:29] Ça allait être ma question. C’est parce que finalement quand tu parles Up-cycling, ben tu sais jamais trop ta source d’où elle va venir tu l’as dit, il y a une grande adaptabilité, une grande agilité à produire et à proposer des solutions adaptées et au cas par cas. Mais du coup, la question qu’on peut se poser en t’écoutant c’est « Ouais, mais la cohérence, est-ce que je vais avoir un patchwork hétéroclite de couleurs et de design et de formes complètement catastrophique? Ou est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un qui vous accompagne pour le côté design architectural des lieux? » Une approche holistique…

Timothy Doig: [00:05:54] On s’est limité, on est designer, donc on dessine des produits. On n’est pas architecte d’intérieur, ce qu’on va faire c’est de travailler plutôt avec quelqu’un qui va, lui, agencer tout l’espace. Et notre but, c’est plutôt qu’il pense à « REGGLO », ou à d’autres acteurs, pour dire « Ah tiens là, je verrais bien tel type de, voilà pour dire des casiers », j’aime bien utiliser les casiers comme exemple parce que c’est un produit qui est assez simple et il n’y a aucune limite à la matière qu’on utilise dans notre cas (Michel Godart: Ouais) puisque ça fait le boulot, c’est propre. Et pour répondre à la question de la cohérence au niveau, par exemple des teintes ou des matières, justement, notre but c’est de stocker de la matière assez homogène. On va avoir des panneaux de cloisons d’aggloméré qui vont être blanches. Alors, il y a parfois des variantes de teintes, il y a parfois une face qui est grise ou beige, et on s’arrange pour mettre les faces les moins bien à l’intérieur de nos meubles pour aussi travailler avec le même lot pour la même commande, comme ça le blanc va être plus ou moins le même partout. Et alors il y a aussi la question de qui on a en face de nous. On va avoir des clients qui vont être, eux, très sensibles au côté réemploi et à la limite qui vont demander que ça se voit un maximum, qui est justement cet effet patchwork. Par exemple, nous, on travaille les champs, donc le côté, le bord de nos panneaux, soit on le laisse apparent quand ça ne pose pas de problème au niveau de la fonctionnalité. Donc une table, on va la cacher, et la protéger. Mais par exemple des portes de casiers, on pourrait voir L’aggloméré sur la tranche, et ça, ben voilà certains clients trouvent ça super et d’autres nous ont déjà demandé « Non, nous on veut que ce soit, que ça ait l’air d’être du neuf, 100% neuf ». C’est un peu moins notre démarche, mais par contre si on veut faire de l’effet, il faut qu’on puisse répondre à ça aussi, et donc on le fait. Et il y a vraiment des projets pour lesquels on ne voit pas la différence sérieusement entre du neuf et du réemploi, c’est une façon pour nous de répondre un petit peu à tous les profils de clients.

Michel Godart: [00:07:24] Alors Timothy, une question qui est importante aussi pour « Kaya » c’est: la gouvernance, dans le sens où les échanges qu’on a avec les partenaires, les autres entreprises, parce que tout le monde n’est pas membre de Kaya, hélas. Est-ce qu’il y a un point dont tu es fier dans tes collaborations, dans les choix que tu fais? Est-ce quelque chose que tu veux mettre en avant?

Timothy Doig: [00:07:38] Donc justement, ce qui a changé pour nous, quand on s’est lancé dans « REGGLO », c’est s’ouvrir à cet écosystème circulaire. On travaillait de manière très linéaire avant, on protégeait nos idées, on cachait nos clients ou nos fournisseurs. Et puis ça c’est quelque chose qui a vraiment changé très rapidement, on s’est rendu compte que pour pouvoir avancer dans le projet, il fallait rencontrer un maximum de gens, partager nos connaissances, profiter des leurs. C’est vraiment ce qui a boosté le projet, la première année certainement, on s’est installé au Circular qui est un espace partagé entre plusieurs projets d’économie circulaire. Ça veut dire qu’on avait accès quelque part à de la main d’œuvre via des freelances autour de nous, de la matière, parce qu’il y a des constructeurs de réemploi qui se sont installés aussi, et voilà, des collaborations. On peut se renvoyer des projets les uns les autres, faire des équipes pour répondre à des appels de projets, voilà, ça c’est quelque chose, je pense, qui est vraiment très important pour nous, c’est cette collaboration et cette ouverture d’esprit par rapport à, on va dire, au monde traditionnel de l’entreprise.

Michel Godart: [00:08:30] Et qui vous enrichit, parce que finalement ces gens vous renvoient l’ascenseur à leur méthode à un moment ou l’autre.

Timothy Doig: [00:08:34] Parfois ça vient même longtemps après, mais on a toujours un retour. Et pour nous en fait, ça ne coûte pas grand-chose de partager aussi, et autant avant on était un petit peu réticent à l’idée « Oui, mais non, après ils vont peut-être faire la même chose », mais en fait c’est pas grave parce qu’il y a assez de place, pour l’instant en tout cas, il y a vraiment moyen de renverser tout le système. Et à notre échelle, vraiment, autant qu’on soit le plus possible et qu’on fasse le poids et la différence.

Michel Godart: [00:08:53] On va maintenant passer au plaidoyer, la mesure de ne pas produire au-delà des limites de la planète, dans ton projet, on est clairement aligné dans cette optique. Moi ce qui me questionne c’est, finalement, vous devriez être, dans votre projet, une normalité. Qu’est-ce qui pourrait faire changer la donne? Est-ce que la mesure proposée par « Kaya » pour toi te semble être un élément qui va faire poids?

Timothy Doig: [00:09:10] C’est certain. Et j’ai un cas très concret, c’est que: l’année passée, on a fait une bonne année avec notre projet et c’est notamment dû au fait qu’on a participé à un marché public qui a été rédigé de manière à ce qu’il puisse être accessibles à des projets comme nous, ça veut dire avec, je vais reprendre les points qui sont importants justement pour pouvoir répondre. C’est une échelle humaine, donc ça veut dire les gros marchés d’un million d’euros pour une Start-Up, ben c’est difficile de pouvoir y répondre. Par contre, quand on fractionne les postes et qu’on peut faire plusieurs marchés différents, plusieurs lots différents, ben ça permet à plus de monde de pouvoir y accéder. Ensuite, quand on met évidemment les critères d’attribution assez haut au niveau du réemploi, dans notre cas par exemple, maintenant ça peut être aussi, voilà, réemploi mais ça peut être aussi l’écoconception ou…. Et bien ça, ça peut faire la différence pour une boîte. C’est aussi en même temps l’exemple à suivre pour tout ce qui est administration publique, à savoir: rentrer dans leur cahier des charges l’aspect écologique, donc on le voit de plus en plus, et ça c’est un petit peu ce qui me motive, c’est que, non seulement on voit que ça peut faire la différence pour nous, mais en plus on voit que ça arrive de plus en plus. Et là où la mesure peut être intéressante, c’est d’arriver à justement cadrer toutes ces demandes parce qu’on voit encore trop, on va par exemple demander 80 % de taux de réemploi dans un projet, mais après dans la grille de répartition, on voit qu’il n’y a qu’un seul critère c’est le prix. Et donc c’est un peu bizarre parce qu’au final on peut se battre contre des gens qui vont faire beaucoup moins de réemploi, mais qui vont être beaucoup moins cher, et qui donc vont se voir le marché attribué. Ou dans le même ordre d’idée, c’est d’avoir une grille de répartition qui finalement donne un côté un peu anecdotique à l’aspect durable, à savoir voilà 40 points pour le prix et 30 %…

Michel Godart: [00:10:38] Si je te comprends bien, c’est là où la coalition « Kaya » et ses plaidoyers peuvent vraiment, déjà ne fut-ce que par le message qu’elle communique et le changement qu’elle veut insuffler, la sensibilisation qu’elle veut provoquer, c’est là où ça peut faire la différence pour ton entreprise, clairement?

Timothy Doig: [00:10:50] Ah oui, certainement, ouais, certainement. Nous, si on a un accès plus important, et quand je dis des marchés publics, ben voilà, là on est vraiment au niveau politique, institutionnel, ça peut être aussi des plus gros projets. Et cette idée de susciter en tout cas cette nécessité de travailler en durable. Et de nouveau, je reviens là-dessus mais, je parle vraiment de mixte, c’est pas forcément tout en up-cycling, mais ça peut être une partie en seconde main ou voilà, de pouvoir introduire ça.

Michel Godart: [00:11:12] Fait, en tout cas, intelligemment que pour ne pas prendre au-delà des ressources nécessaires, de ce qui est disponible sur la planète.

Timothy Doig: [00:11:17] Tout à fait.

Michel Godart: [00:11:17] Ok, super. Si tu avais une baguette magique, j’aime bien cette question parce qu’elle fait rêver puis on nous traite parfois d’utopiste, mais moi j’y crois et je crois qu’on peut vraiment changer le monde. Alors du coup, si tu avais une baguette magique Timothy, et que tu peux changer quelque chose, tu en ferais quoi de cette baguette magique?

Timothy Doig: [00:11:31] Je vais changer quelque chose juste pour notre projet d’abord, ce serait avoir un gros hangar dans lequel on peut stocker toute la matière qu’on nous propose ou à laquelle on pourrait avoir accès, la matière de réemploi. Parce que, en fait nous c’est notre métier, on voit tout de suite le potentiel de quelque chose, et après on n’a pas forcément le projet derrière pour pouvoir l’utiliser tout de suite, on a besoin de sous et certainement de place pour pouvoir stocker des lots de matière important. Et pour l’instant, ben voilà on refuse et on reste focus sur une ou deux matières qu’on sait qu’on va pouvoir transformer facilement…

Michel Godart: [00:11:58] Ouais donc là on rate un peu le coche par rapport aux déchets qu’on jette, ok. Et le deuxième morceau de la baguette magique t’en ferais quoi alors? Parce que tu m’as dit j’ai deux aspects hein?

Timothy Doig: [00:12:04] J’aimerais bien pouvoir développer la conscience collective tout simplement. Quand on voit la manière dont toute une partie de la population raisonne et arrive déjà à réfléchir, j’ai parfois un peu peur qu’on soit coincé dans une espèce de petit écosystème lié à, justement, aux algorithmes.

Michel Godart: [00:12:19] Et au confort de chacun.

Timothy Doig: [00:12:20] Voilà, et donc quand je vois plus large, parfois je suis un petit peu découragée quand je vois « Ok, on est plusieurs à penser comme ça, mais il y a une tellement grande partie qui est encore des œillères et heu… »

Michel Godart: [00:12:29] On est plusieurs à penser comme ça, on est plusieurs à penser positif, on est plusieurs à vouloir montrer de l’inspiration, et c’est le but de ce podcast. Et j’ai envie de te dire, on est plusieurs à rejoindre la coalition « Kaya » puisque nous l’avons rejointe aussi, et ça mène à la question de: pourquoi est-ce que toi tu as rejoint la coalition « Kaya »?

Timothy Doig: [00:12:42] Mais justement, comme je disais, on pense qu’on est plein à penser la même chose et puis on se rend compte qu’en fait « Non, finalement il y a… » (Michel Godart: C’est ce déclic-là qui a joué?) plein de choses qui ont joué mais c’est surtout le temps disponible aussi. Nous, on essaie de développer notre projet et on aimerait bien pouvoir faire beaucoup plus au niveau du poids de notre voix, on va dire. Et là, le côté de rassembler, mais surtout avec une volonté d’agir concrète, c’est vraiment ça, voilà, nous on ne peut pas être membre de toutes les coalitions ou de tous les groupements. Et surtout, il y en a beaucoup où quelque part il y a un côté idéaliste, mais où ça reste malheureusement, voilà on se rencontre, on échange, mais il ne se passe pas grand-chose derrière. Et ici, ce qui nous a attiré vraiment chez Kaya, c’est ce côté « OK, il y a des entrepreneurs de toutes les tailles, avec de plus ou moins grosses entreprises, des gens qui sont là depuis longtemps qui veulent changer, des gens qui ont lancé des nouvelles idées, dans tous les secteurs d’activité aussi ». Ça, c’est très important, je pense que c’est là-dessus que nous on compte aussi, c’est arriver à montrer à un maximum de gens qu’il y a vraiment une solution alternative dans tous les secteurs quoi! Et qu’il ne faut pas juste se dire « Oui ok, c’est super l’écologie au sens premier (Michel Godart: Théorique), mais voilà, ça concerne que la bouffe bio et voilà… Non, il y a vraiment, dans tous les domaines, il y a moyen de faire autrement et mieux ».

Michel Godart: [00:13:49] Et c’est le point commun qui nous réunit tous, c’est qu’on a envie de bouger, qu’on a envie de changer le monde et qu’on a envie d’avoir un poids d’action et un pouvoir d’agir, et ça c’est génial. Alors moi, j’invite les auditeurs et auditrices à faire la même chose, c’est à dire qu’ils ne sont pas forcément membres de la coalition « Kaya », ils sont pas forcément entrepreneurs, ça peut être une employée, un employé qui nous écoute. Mais sachez que dans le texte de ce podcast, il y a un lien qui sera mis, et ce lien mène vers un Voice mail. Donc vous cliquez dessus, vous autorisez le micro à fonctionner, vous enregistrez votre message à destination de Timothy, et vous pouvez lui dire un mot d’encouragement, poser une question ou interpeller, ou remercier tout simplement. Et ce message, vous le réécoutez avant de l’envoyer, vous indiquez votre mail, vous faites envoyer. Et si vous nous dites que vous acceptez qu’on partage votre témoignage, et bien on le mettra en commentaire du podcast et on entendra, les auditeurs – auditrices entendront votre voix réagir. Et si vous ne le faites pas, Timothy recevra le message en privé et il pourra choisir d’y répondre en privé. Voilà, vous avez aussi un pouvoir d’agir, un pouvoir de faire entendre votre voix dans la coalition « Kaya », même en étant auditeur – auditrice de « Midoricast », et je vous invite à le faire. Timothy, merci pour ton temps, merci de t’être déplacé jusqu’ici chez « transforma », et merci pour ta passion qu’on a bien ressentie.

Timothy Doig: [00:14:47] Merci à toi, et merci pour l’invitation.

Michel Godart: [00:14:52] Ce projet podcast est une initiative créée et proposée par l’ASBL « The Podcast Factory Org » avec le sponsor de « transforma bxl – Innovation Playground » et vous retrouvez tous les épisodes sur le site « What’s Your Story point be »

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